Cinq expos à voir cet été à Lyon

Bons Plans | Picasso en tête, les musées et les galeries proposent cet été nombre de belles expositions. Nous en avons sélectionné cinq, mais la liste est loin d'être exhaustive !

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 15 juillet 2020

Photo : Pablo Picasso, Femme assise sur la plage, 10 février 1937. Legs Jacqueline Delubac, 1997. Lyon, musée des Beaux-Arts, inv. 1997-45. © Succession Picasso 2020. Image © Lyon MBA - Photo Alain BassetMarc Desgrandchamps, Sans titre, triptyque, 2005Coiffe de la collection Antoine de GalbertJacques Damez, Saint-Saint-Simon, 2015NörKa, Egérie


De la nature, au Musée Dini

Piochant dans ses collections modernes et contemporaines, le Musée Dini présente une exposition autour du thème, tout simple et vaste, de la nature : avec des plages fantomatiques signées Marc Desgrandchamps, une nature morte de Antoine Vollon, des paysages recomposés par Jérémy Liron… Et d'autres œuvres de Auguste Morisot, Jacques Truphémus, Marie-Anita Gaube….

Au Musée Paul Dini à Villefranche-sur-Saône jusqu'au dimanche 20 septembre


Picasso, l'expo événément

Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant, l'exposition du Musée des Beaux-Arts parcourt toutes les grandes étapes de la carrière de l'artiste : cubisme, néo-classicisme, surréalisme, primitivisme... Tout en présentant de nombreuses œuvres d'autres artistes ayant influencé Picasso (Cézanne, Manet, Gauguin, Degas....), ou ayant été influencés par lui (Niki de Saint Phalle, David Smith, Francis Bacon...). Une passionnante et éclairante traversée artistique.

Au Musée des Beaux-Arts jusqu'au dimanche 3 janvier 2021
Notre critique complète de l'expo à lire ici


Tous recoiffés au Musée des Confluences

À la suite d'une donation du collectionneur Antoine de Galbert, le Musée des Confluences présente quelque 350 coiffes du monde entier, datant essentiellement des XIXe et XXe siècles. Cérémonielles, ornementales, hiérarchiques, guerrières ou autres, ces coiffes fascinent par leur inventivité esthétique, leur prolixité symbolique, leur aspect parfois un peu délirant.

Parallèlement, le musée présente une exposition sur les Traces du vivant et une autre sur l'univers surréaliste et drolatique de Plonk & Replonk.

Au Musée des Confluences jusqu'au dimanche 23 août


Au Reverbère, c'est voyages, voyages

Le Réverbère réunit quatre photographes qui ont le voyage dans le sang de leur création : Bernard Plossu et ses intuitions visuelles à Rome, Serge Clément photographiant le frémissement de l'activité humaine partout dans le monde à 5h du matin, Thomas Chable captant des atmosphères poétiques en Éthiopie, et Jacques Damez fixant de beaux paysages en Gaspésie...

Au Réverbère jusqu'au samedi 25 juillet


La nouvelle galerie à visiter : NörKa

La nouvelle galerie NörKa expose.... NörKa ! Pseudonyme d'une photographe qui inaugure le lieu en présentant une série d'images réalisées à Lyon, Londres, Paris, Los Angeles... Des corps anonymes en mouvement se déplacent sur fonds de « surfaces urbaines » : murs tagués, vitrines, panneaux publicitaires... Une séduisante exploration des corps dans les villes et des jeux de signes urbains.

À la galerie NörKa jusqu'au samedi 29 août
Notre article sur la galerie ici

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Dix expos à cocher dans votre agenda

Bons Plans | Des grands noms avec Picasso ou Doisneau, des méconnus comme Edi Dubien, de l'Histoire et du vinyle, le graphiste du label 4AD ou encore les nouvelles expos du Musée des Confluences : on vous dévoile tout ce qui va se passer dans les mois à venir dans les galeries et musées.

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2020

Dix expos à cocher dans votre agenda

Doisneau à Lyon Le plus célèbre des photographes français, Robert Doisneau (1912-1994), fait l’objet d’une exposition originale au Musée Jean Couty. À travers quatre-vingt dix images, on découvrira ses portraits d’artistes (Tinguely, Derain, Picasso…) et quelques ateliers d’artistes (Giacometti, César…). Une seconde section de l’exposition se penche sur une commande du magazine Vogue au photographe sur la cité lyonnaise à la sortie de la guerre en 1950. Images lyonnaises inédites présentées en parallèle avec des vues de Lyon peintes par Jean Couty. Robert Doisneau, Portraits d’artistes et vues de Lyon Au Musée Jean Couty du vendredi 16 octobre au dimanche 11 avril 2021 Picasso à la plage Se confrontant à ses maîtres (Ingres, Manet, Cézanne...), Picasso a peint, dessiné, sculpté de très nombreuses scènes de baignade. À travers ce thème estival et revivifiant,

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"Femme assise sur la plage", 1937, de Pablo Picasso

Une œuvre dans l'expo | C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 9 juillet 2020

C’est parfois sur la plage, là où tout devrait être clair et précis sous la lumière et dans le dénuement, que les choses paradoxalement peuvent se révéler complexes, confuses, en devenir… Rappelons-nous, par exemple, le meurtre commis par Meursault dans un éclat de soleil, dans L'Étranger de Camus, ou bien la baignade en mer de Thomas l’obscur (Maurice Blanchot) où dedans et dehors s’inversent sans cesse. Esseulée dans une clarté sans ombre ou presque, la Femme assise sur la plage (1937) de Picasso se gratte un pied. C’est aussi simple et trivial que cela. Mais, plus avant, est-ce vraiment une femme ou est-ce un monstre quasi extra-terrestre, est-elle de profil ou est-elle de face, est-elle débordante de chair et de vie ou figée dans la pierre et la mort, est-elle en deux ou en trois dimensions ? Est-elle un peu simplette concentrée sur sa tâche triviale ou plongée dans une profonde boucle mélancolique ? Avec Picasso ce type d’alternatives semble s’ouvrir sur un rap

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Picasso, vamos a la playa

Musée des Beaux-Arts | L’exposition Picasso, baigneuses et baigneurs réunit quelque 150 dessins, sculptures et peintures de Picasso sur ce motif et… de nombreux autres artistes l’ayant influencé (Ingres, Cézanne, Manet, Degas...) ou ayant été influencés par lui (Francis Bacon, Niki de Saint Phalle…). Soit une double et passionnante traversée au fil de l’eau : de la modernité et de l’œuvre profuse de Picasso.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 8 juillet 2020

Picasso, vamos a la playa

« Cela fait des années que je désirais faire une exposition autour de la Femme assise sur la plage de Picasso » s’enthousiasme Sylvie Ramond devant la presse. Un rêve qui se réalise presque idéalement en plein mois de juillet pour la directrice du musée et co-commissaire de Picasso. Baigneuses et baigneurs, avec Émilie Bouvard, ancienne conservatrice du Musée Picasso à Paris. Dans l’exposition, ce tableau de Picasso (voir notre encadré) côtoie deux autres baigneuses, peintes elles-aussi en février 1937, et très rarement réunies ensemble. Cette même année, Picasso s’attellera à la composition de... Guernica. Pour l’heure, en février, le peintre renoue avec son goût pour les baigneuses, dont les premières dataient de 1908, et les plus connues jusqu’alors étaient celles de la série dite des baigneuses de Dinard de 1928. À travers ce motif, comme Sylvie Ramond nous le rappelle, « Picasso voulait rivaliser avec ses maîtres (Ingres, Manet,

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L'expo Picasso débutera le 15 juillet

Musée des Beaux-Arts | C'est officiel : l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Pablo Picasso, autour du thème des baigneuses, ouvrira le mercredi 15 juillet au public et (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 11 juin 2020

L'expo Picasso débutera le 15 juillet

C'est officiel : l'exposition du Musée des Beaux-Arts consacrée à Pablo Picasso, autour du thème des baigneuses, ouvrira le mercredi 15 juillet au public et sera prolongée jusqu'au 3 janvier 2021. C'est l'une des expositions les plus attendues à Lyon. Selon le musée, il s'agit d'une « relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso avec des contrepoints d’œuvres d’artistes du passé, comme Jean Auguste Dominique Ingres, Paul Cézanne, Auguste Renoir, qui ont influencé Picasso dans le traitement de ce sujet. D’autres artistes contemporains ou suiveurs de Picasso (Henry Moore, Francis Bacon) seront également présentés alors qu’ils se sont intéressés aux baigneuses picassiennes. » Bien entendu, la touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997 sera présente aussi. C'est un tour de force réalisée par Sylvie Ramond la directrice car il a fallu négocier la prolongation du prêt d'œuvres circulant peu auprès des collectionneurs comme du Musée Picasso d

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Cinq expos à voir en mars

Bons Plans | Utopies, expériences sonores, souffles peints, voyages photographiques : sous le signe de la diversité des sens, voici cinq bonnes expos à découvrir ce mois-ci.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 3 mars 2020

Cinq expos à voir en mars

Retour vers le futur Fabien Giraud et Raphaël Siboni présentent à l'IAC une exposition protéiforme des plus étranges. On y déambule parmi des objets recouverts de sel, des flaques d'eau, des projections de films durant vingt-quatre heures, des fragments de masques, des tubes métalliques qui tournent sur eux-mêmes, des immortels dormant sur le sol du musée... Il y est question de la naissance d'un enfant virtuel, de subversion du capitalisme, de nouvelles formes d'échange, et d'un laps de temps utopique s'étirant de 1894 à 7231 ! Fabien Giraud & Raphaël Siboni, Infantia À l'Institut d'Art Contemporain jusqu'au dimanche 3 mai Origines du monde Pendant huit ans, le photographe brésilien Sebastiao Salgado a parcouru les endroits les plus reculés et les plus préservés de la planète, dont il présente à La Sucrière

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Fondus au monde

Photographie | Le Réverbère réunit quatre photographes qui ont le voyage dans le sang de leur création : Thomas Chable, Serge Clément, Jacques Damez et Bernard Plossu.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2020

Fondus au monde

Il est cinq heures du matin à New York, à Dakar, Mumbai, Istanbul, Bangkok... Aux pays des ombres, la vie doucement s'éveille : au pied d'un pont, en bordure de plage, à l'intérieur d'une voiture, ou au reflet d'une vitrine... Et, dans cette montée timide de la lumière, le photographe canadien Serge Clément capte le lent remuement de silhouettes sombres à l'orée du jour. L'accrochage, au Réverbère, de ses images prises aux quatre coins du monde, toujours à la même heure, nous saisit par sa dominante de noirs, cette sorte de brume sombre et flottante d'humanité, parmi laquelle, peu à peu, les images comme les corps se dessinent, se précisent. Ce fondu des formes, cet entre-deux du flou et du réel nous renvoie à l'image d'un autre photographe, Bernard Plossu, métamorphosant un car touristique à Rome en présence fantomatique. Comme si chez l'un et chez l'autre de ces photographes voyageurs, le

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Les expos à ne pas manquer cette année

Art | Les expositions de ce début d'année nous emmèneront en bord de plage avec Picasso, parmi différentes formes de contre-cultures futuristes avec Fabien Giraud et Raphaël Siboni, ou s'attarderont sur les figures moins connues d'Edi Dubien, Oumar Ly ou Claire Vaudey : visite guidée.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 janvier 2020

Les expos à ne pas manquer cette année

Avec une bonne édition de la Biennale d'Art Contemporain et une passionnante exposition consacrée au drapé (au Musée des Beaux-Arts jusqu'au 8 mars), la saison a commencé sur les chapeaux de roue ! Et l'année 2020 s'annonce sous de très bons augures, avec pour premier grand rendez-vous une exposition autour du thème des baigneuses chez Picasso (au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet), avec pour point d'accroche la si étrange et si touchante Femme assise sur la place (1937) que détient le musée depuis le legs Delubac en 1997. De l'autre côté du spectre artistique, on attend aussi beaucoup des deux larrons quadragénaires de l'art contemporain français, Fabien Giraud et Raphaël Siboni qui occuperont tous les espaces de l'Institut d'Art Contemporain (du 21 février au 3 mai) avec un important dispositif artistique, rassemblant sculptures, vidéos et performances, pour envisager les futurs possibles

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Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Décoration | Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le (...)

Jean-Emmanuel Denave | Samedi 9 novembre 2019

Catherine Dérioz nommée Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres

Cela fait rien moins que trente-huit ans que Catherine Dérioz (et son complice et compagnon le photographe Jacques Damez) défendent dans leur galerie Le Réverbère à Lyon une photographie exigeante et de grande qualité (William Klein, Denis Roche, Bernard Plossu et beaucoup d’autres artistes). Catherine Dérioz a été nommée, le 16 septembre dernier, par le Ministère de la Culture, Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres. Une reconnaissance qui fait chaud au cœur à l’intéressée et aux amateurs de création photographique !

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Picasso, en vrac

Art | « Hors norme, exposition immersive, nouveau genre, performance technique et technologique, avant-première mondiale... » : les promesses de l’exposition-spectacle Imagine Picasso sont-elles tenues ?

Sarah Fouassier | Mardi 22 octobre 2019

Picasso, en vrac

Nous ne pouvions être qu’enthousiastes à la lecture des qualificatifs brossant le portrait de cette exposition-spectacle consacrée à Picasso qui s’est ouverte le 17 octobre à La Sucrière. La société de production Encore, chapeautée par Pascal Bernardin, avait déjà fait étape à Lyon en 2008 avec la sulfureuse exposition Our body, à corps ouvert, interdite à Paris sur décision de justice : 17 cadavres humains d’origine chinoise, disséqués et plastinés, étaient alors montrés. Encore Productions affirmait que les corps avaient été donnés à la science, mais aucune preuve n’avait pu démontrer qu’ils ne provenaient pas d’un trafic de condamnés à mort chinois. Pascal Bernardin revient en terres lyonnaises avec une exposition beaucoup plus consensuelle : la projection en “images totales” de 200 œu

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Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

Peinture | « Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 octobre 2019

Dame nature est morte à la Galerie Michel Descours

« Je ne crois pas aux paysages. Parfaitement. » écrit, en refusant de se justifier, le poète Fernando Pessoa. Sans se justifier beaucoup plus, la Galerie Michel Descours a invité trois artistes contemporains sous l'égide de cet athéisme paysager. C'est curieux pour Marc Desgrandchamps qui ne fait, depuis bien des années, quasiment que cela : peindre des paysages ! Mais ça l'est moins lorsqu'on découvre concrètement ses toiles qui ne cessent de faire dégouliner les perspectives, trembler les lignes d'horizon et les motifs, rendre aussi fantomatique que vaporeuse toute réalité, qu'elle relève de dame nature ou de ses excroissances humaines. C'est aussi assez curieux pour Frédéric Khodja qui dessine, surtout, des architectures imaginaires et des espaces improbables, en ouvrant des fenêtres quasi "paysagères" ou (plutôt) cinématographiques sur le monde. L'artiste se révèle être aussi, par la bande, un post-romantique : certes moins versé vers le rendu paysager scrupuleux de l’Éco

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Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

Bons Plans | Voici cinq petites expositions en galeries qu'il vous faut cocher sur votre agenda.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Cinq expositions à voir dans les galeries ces prochains mois

S'inspirer de Pessoa Je ne crois pas au paysage rassemble trois artistes à la galerie Descours. Le titre est du poète Fernando Pessoa, extrait du Livre de l'intranquillité. Une intranquillité qui sied si bien avec le travail de chacun des artistes : l'évanescence et l'incertitude ontologique des peintures de Marc Desgrandchamps, les topologies imaginaires et les géométries alternatives de Frédéric Khodja, les formes végétales incertaines entre douceur et angoisse de Mélanie Delattre-Vogt... Je ne crois pas au paysage À la galerie Michel Descours jusqu'au 31 octobre Voir enfin l'URDLA La nouvelle exposition de l'URDLA a un double intérêt : nous faire redécouvrir ce lieu atypique et nous faire découvrir un artiste méconnu, Mark Geffriaud. Le plasticien (performeur, vidéaste, sculpteur...) s'approprie les espaces du centre international de l'estampe et ses impressionnantes presses ou autres objets. Il invite le spectateur à un parcours entre fiction et réalité, objets réels et artefacts artistiques... Mark Geffriaud À l'URDLA ​jusqu'au 30 octobre

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Ce qui vous attend dans les musées

Les Expos à venir | Un mastodonte avec Picasso, une intéressante perspective autour du drapé, des locaux à Villefranche et des découvertes : voici ce qui va se passer dans nos musées cette saison.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Ce qui vous attend dans les musées

Picasso voit triple Comme Monet, Van Gogh et quelques autres, Picasso est un artiste bankable depuis plusieurs années. Lyon et sa région n'échapperont pas à la règle, même si les musées font l'effort d'approcher le maître andalou sous des angles originaux. Nos voisins du Musée de Grenoble ouvrent la marche avec Picasso au cœur des ténèbres (1939-1945) en se focalisant sur le travail de Picasso pendant la guerre à Paris. Parallèlement, à La Sucrière à partir du 11 octobre, Imagine Picasso proposera une plus spectaculaire immersion, en images projetées de quelque deux-cents œuvres de l'artiste. Enfin, du 18 mars au 13 juillet, le Musée des Beaux-Arts s'attellera à une relecture du thème de la baigneuse dans l’œuvre de Picasso et de quelques autres artistes du 19e siècle l'ayant influencé. Imagine Picasso À La Sucrière à partir du vendredi 11 octobre 2019 Picasso Au Musée des Beaux-Arts du 18 mars au 13 juillet 2020

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Immersion Picasso à La Sucrière

À venir | L'exposition multimédia "Imagine Picasso" sera présentée en première mondiale à La Sucrière, à partir du 11 octobre.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 9 juillet 2019

Immersion Picasso à La Sucrière

À Paris, les expositions immersives consacrées à Klimt puis, en ce moment, à Van Gogh (à l'Atelier des Lumières) connaissent un engouement public exceptionnel. On peut y plonger dans les toiles des artistes grâce à un jeu impressionnant de projections d'images et de motifs. Imagine Picasso s'annonce comme un événement spectaculaire du même type, avec la projection géante de quelque deux cents œuvres du maître espagnol. Cette exposition multimédia sera présentée en première mondiale à Lyon à La Sucrière, à partir du 11 octobre. Au même moment, nos voisins du Musée de Grenoble présenteront une exposition plus traditionnelle : Picasso 1939-1945, Au cœur des ténèbres (du 5 octobre au 5 janvier 2020) sur la vie et le travail de Picasso pendant les années sombres de la guerre. De son côté, le Musée des Beaux-Arts de Lyon prépare une exposition Picasso autour du tableau Femme assise sur la plage

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Picasso, Matisse : grave bien !

Peinture | La petite galerie-appartement le 1111 présente une quinzaine de gravures et de lithographies de Picasso et de Matisse. L’occasion de s’attarder, hors des foules des grandes expositions muséales, sur quelques aspects du travail des deux grandes figures de la modernité.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 14 mai 2019

Picasso, Matisse : grave bien !

En 1905, Picasso est à Paris depuis un an. Agé de 24 ans, en couple avec Fernande Olivier, il voit la vie, et ses toiles, en rose, après une période bleue mélancolique (1901-1904) et le deuil de son ami suicidé Carlos Casagemas. Il dessine et il peint alors beaucoup le monde du cirque, des clowns, des acrobates, des dompteurs, ou encore cette figure qui le fascine tant, Arlequin. À Paris, Picasso fait ses débuts aussi dans les techniques de la gravure et l’on retrouve, dans trois estampes présentées au 1111, des arlequins et le monde des saltimbanques. Picasso y représente notamment la scène biblique de la danse de Salomé devant son père Hérode, Salomé qui se trémousse en échange de la tête décapitée et placée sur un plateau de Jean Baptiste. Il y a là encore une maladresse touchante dans la composition de cette scène, avec une danseuse exécutant nue un grand écart sur pointe, devant un Hérode bouffi, aussi adipeux qu’œdipien. Le sexe, la mort, la transgression, le corps dans tous ses états : bien des éléments de l’œuvre à venir de Picasso sont présents dans cette petite g

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Éclairs de lucidité au Reverbère

Photographie | Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu présentent au Réverbère leurs éclats photographiques, visions fugaces ou fulgurantes de leurs rencontres avec le réel.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 février 2019

Éclairs de lucidité au Reverbère

En exposant quatre photographes aux styles différents (Serge Clément, Baudoin Lotin, Julien Magre et Bernard Plossu), aux formats allant de la quasi miniature au grand format, et utilisant aussi bien le noir et blanc que la couleur, Le Réverbère s'est donné beaucoup de liberté pour son nouvel accrochage. L'improvisation, le jazz, la poésie sont d'ailleurs convoqués dans le texte accompagnant l'exposition. D'une plume lyrique, Jacques Damez écrit encore que ces quatre photographes « font se confronter les plans, les surfaces, les valeurs, les couleurs, les miroitements, les échos, les contrastes, le temps et la lumière pour, dans l’éclair de leurs états d’âme, foudroyer leur sujet. Ils mettent à vif le réel, ils ne lui laissent pas d’échappatoire. » Ce serait donc à force de volonté d'approcher, au plus près, de la peau du "réel", que ces quatre artistes trouveraient leur univers poétique et formel, parfois jusqu'à l'abstraction (le Canadien Serge Clément et ses jeux de reflets, de résonances et de doubles, notamment). Espaces transitionnels On découvre ainsi le rée

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Des artistes aux semelles de vent

Art Contemporain | Derniers jours pour découvrir au Musée Paul Dini une exposition collective d'art contemporain consacrée au thème large du vagabondage.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 septembre 2017

Des artistes aux semelles de vent

Toute œuvre d'art exige a minima, de l'artiste comme du spectateur, un déplacement. Déplacement du regard, déplacement de valeurs esthétiques et éthiques, déplacement de notre perception du monde, des autres et de soi. Parfois, l'œuvre nous pousse jusqu'à la perte de notre identité et de notre rapport quotidien au monde, elle devient alors vertige, rencontre essentielle, métamorphose. Le thème large du vagabondage semble alors idoine à une exposition d'art contemporain, thème proposé en l'occurrence par le Musée Paul Dini pour la 14e édition de son Été contemporain (une exposition annuelle réunissant plusieurs artistes contemporains de la région). Lignes d'erre L'exposition ouvre l'errance vagabonde à toutes ses dimensions possibles : « Au-delà de l'arpenteur des campagnes, écrivent les commissaires de l'exposition, l'artiste peut en effet saisir la modernité urbaine, entre effet diurne et effet nocturne. Avec ses moyens propres, en deux ou trois dimensions, il évoque le rêve éveillé, l'évasion, le cheminement au travers duquel l'esprit ou le corps se meut, dans un espace et un temps parallè

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Les 5 expos à voir cet été

ARTS | Non, tout ne ferme pas au 1er juillet : les galeries sont encore actives, et les musées vous accueillent durant toutes les vacances. Voici nos cinq expos à voir cet été, que vous soyez adeptes de photographie, d'art contemporain ou de visite pour toute la famille.

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 2 juillet 2017

Les 5 expos à voir cet été

1/ Lumière ! Le cinéma inventé au Musée des Confluences jusqu'au 25 février 2018 Inventeurs hors du commun (ils ont cosigné à peu près 240 brevets !), Auguste et Louis Lumière ont non seulement mis au point le cinématographe, mais aussi l'autochrome couleur, le photorama, les prémices du cinéma en relief... L'exposition du Musée des Confluences retrace, à travers une très agréable scénographie, cette saga de l'image en mouvement, qui est aussi une saga collective, familiale, industrielle et lyonnaise. 2/ Maria Loboda et Charwei Tsai à l'Institut d'Art Contemporain à Villeurbanne jusqu'au 13 août L'IAC ouvre ses espaces à deux artistes dont l'univers poétique et esthétique est aussi un univers fort énigmatique. La polonaise Maria Loboda propose un parcours entre architecture et archéologie imaginaires ; et la taïwanaise Charwei Tsai des vidéos, des aquarelles et des installations fl

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Muriel Pic et Marc Desgrandchamps : les mots et les images

Littérature | Deux très prometteuses rencontres ont lieu cette semaine autour des liens entre les images et les mots, avec, respectivement, l'écrivaine Muriel Pic et le peintre Marc Desgrandchamps.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Muriel Pic et Marc Desgrandchamps : les mots et les images

« Devant la caméra de Franju, les animaux me regardent. Ils me regardent avec cette insistance muette, sans concept, qui me fait penser, parler, réfléchir à mon humanité » écrit Muriel Pic dans En regardant le sang des bêtes. Ce petit livre est né du visionnage du court documentaire de Georges Franju, Le Sang des bêtes (1949), sur les abattoirs de la banlieue parisienne. Autour des images cruelles de ce film, Muriel Pic (écrivaine, critique littéraire et traductrice) a composé cent fragments qui entremêlent archives visuelles et textuelles relatives au tournage du documentaire, retours sur son autobiographie, portraits d'écrivains en lien avec les animaux (La Rochefoucault, Michel Leiris, etc.)... Comme dans d'autres de ses livres, Muriel Pic s'empare à la fois de l'archive et de l'art du montage, cher à Walter Benjamin. Montage dont la part magique, selon elle, « tient à la liberté de l'attraction entre les fragments qui n'a rien de systématique ni d

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Bernard Plossu ou la photo vagabonde

ARTS | A l'occasion de deux expositions de Bernard Plossu à Lyon, évoquons ici son univers photographique de manière impressionniste : en des bribes de poésie, de biographie et de théorie mêlées. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 février 2014

Bernard Plossu ou la photo vagabonde

Il est "10 : 10" sur l'autoroute. A travers un pare-brise invisible, le photographe Bernard Plossu a saisi cette symétrie temporelle sur le grand panneau d'information des réseaux routiers. On nous a beaucoup rebattu les oreilles (et les yeux) avec «l'instant décisif» de Cartier-Bresson, avec cette photographie censée être liée par essence à un laps de temps plein de signification ou de cocasserie. Ce n'est nullement inintéressant, mais réducteur. Sur cette image d'autoroute, exposée à l'ENS Lettres, la mesure du temps, quasi-absurde, est enveloppée de brouillard, de silence et de vide. La trop rationnelle et raide ligne droite de la chronologie se dérègle soudain parmi l'épaisseur et l'incertitude brumeuses de l'espace. Le temps météorologique, circulaire, cosmologique a eu raison du temps linéaire, calculé, rassurant. Aussi bien, l'abstraction vaporeuse y engloutit la figuration et le réalisme précis que l'on croyait si naturels au médium photographique. «Homme approximatif ou magnifique ou misérable / Dans le brouillard des chastes âges / Habitation à bon marché les yeux ambassadeurs de feu / Que chacun interroge et soigne dans la four

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Sur la route des expos

ARTS | Qu'ils voyagent dans des espaces fictifs ou réels, les (bons) artistes opèrent toujours chez nous un déplacement du regard. Petite sélection, non exhaustive, des expositions attendues en ce début d'année 2014. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 2 janvier 2014

Sur la route des expos

Après avoir accueilli une partie de la Biennale, le Musée d'art contemporain semble vouloir décompresser avec la curieuse et vrombissante exposition Motopoétique (du 21 février au 20 avril). Soit 200 œuvres signées par 38 artistes (BP, Alain Bublex, Ange Leccia, Xavier Veilhan...) et réunies par le critique d'art Paul Ardenne (auteur notamment du très intéressant Art, l'âge contemporain), toutes en rapport avec... la moto ! Les non bikers auront quelques doutes sur l'intérêt de ladite thématique, mais Paul Ardenne nous assure percevoir et ressentir la moto comme «un outil essentiel mis au service d'un sensualisme total». «La moto condense tout à la fois le mécanique, le viscéral, l'animal, le brut» et le critique fonceur n'hésite pas à y voir jusqu'à un «objet transitionnel» en citant le psychanalyste Winnicott ! A moto, en auto ou en bus, le photographe Bernard Plossu a depuis longtemps fait de l'errance une ligne à la fois éthique et esthétique. Après ses voyages au Mexique ou aux Etats-Unis, il présentera au Réverbère (du 18 janvier au 12 avril) des photographies glanées au Portugal et en G

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Collection 2013/2014

ARTS | Dix expositions à ne pas rater cette saison. Où l'on apprendra que les artistes figent l'eau de la Saône, passent le permis moto, trompent l'oeil parmi des friches, lisent Virginia Woolf, retournent angoissés en enfance ou bien encore résument en quelques images toute (ou presque) la philosophie de Peter Sloterdijk ! Jean-Emmanuel Denave

Benjamin Mialot | Lundi 16 septembre 2013

Collection 2013/2014

Anna et Bernhard Blume Les époux Anna et Bernhard Blume ont l'air de bien s'amuser chez eux. Ils se mettent en scène et se photographient dans des perspectives baroques, avec des objets ou de la nourriture qui voltigent, des regards hallucinés, des corps presque contorsionnés... Au-delà de cet aspect comique, les deux photographes interrogent autant qu'ils se réfèrent à l'abstraction géométrique, au Bauhaus et à la grande histoire de la photographie.   Au Centre d'Arts Plastiques de Saint-Fons, jusqu'au 31 octobre   Myriam Mechita Née en 1974, vivant à Berlin, Myriam Mechita surprend par l'hétérogénéité des moyens plastiques qu'elle emploie, autant que par la diversité des formes qu'elle déploie. On verra à l'URDLA de grands dessins inte

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Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

ARTS | La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 11 novembre 2010

Bernard Plossu, Then and now, L'Ouest américain

La poésie, l'errance, la liberté en photographie riment pour nous avec le nom de Bernard Plossu. Le Réverbère consacre à l'artiste une superbe exposition (jusqu'au samedi 20 novembre), rassemblant une centaine d'images prises dans l'Ouest américain ou au Mexique de 1970 à 1985. La plupart sont des petits formats noir et blanc où l'on retrouve cette manière, si légère et touchante, d'appréhender les hasards de la vie, l'érotisme des femmes, l'incongruité d'un quartier urbain ou d'une bâtisse, la trivialité de la vie quotidienne, la beauté d'individus anonymes croisés l'instant d'un regard... On y découvre aussi un Bernard Plossu «paysagiste» et fasciné par le désert. Sur le sable ou le bitume, l'artiste poursuit sa route artistique singulière, pudique et émouvante.JED

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Prendre son pied avec les Modernes

ARTS | Avec 180 oeuvres (sculptures, peintures, dessins) issues, pour les deux tiers, des collections du Musée, l'exposition « Les Modernes » traverse le 20e Siècle. L'occasion de redécouvrir des chefs-d'oeuvre mais aussi des « petits maîtres », capables aussi de provoquer bien des émotions oculaires... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Prendre son pied avec les Modernes

Tu montes ? Allez, oui, pourquoi pas, j'ai payé pour «ça» après tout, et les marches ne sont ni trop nombreuses ni trop raides. En haut, assise sur son canapé, elle m'attend. Une jolie petite rousse aux formes rondes. Elle est nue (hormis une paire de bas rouge très «professionnels») et ses yeux noirs se plantent, avec aplomb, dans les miens... Elle avait une vingtaine d'années en 1901. Alors en 2009 ? Toujours vingt ans, toujours le même regard, et le corps toujours enfoncé dans une sorte d'épaisse mousse blanche, verte, bleue. C'est Picasso qui, dans ce tableau de prostituée parisienne, a arrêté, autant qu'intensifié, le temps, le regard, le désir... Qu'une exposition, portant sur la modernité artistique, s'ouvre sur une telle toile en dit long à la fois sur l'importance de la figure de Picasso au XXe siècle, et sur l'invitation du musée à approcher les œuvres par le biais des sens, du plaisir, des émotions, et pas seulement à travers les concepts balisés de l'histoire de l'art. C'est nu, déshabillé de toute connaissance, qu'il faut donc aussi parcourir, flâner, hasarder, percevoir, parmi les petits espaces d'exposition (25 «écrins» au total) aux cimaises grises et percés d'ouver

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Bacon, la chair de la peinture

ARTS | «Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

Bacon, la chair de la peinture

«Eh bien, c'est sûr, nous sommes de la viande, nous sommes des carcasses en puissance. Si je vais chez un boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l'animal», dit Francis Bacon (1909-1992) dans ses éclairants ‘Entretiens’ avec David Sylvester. Dans l'une des sections les plus impressionnantes de l'exposition du Musée des beaux-arts, intitulée «Animalité», on découvre notamment une toile de l'artiste, Carcasse de viande et oiseau de proie (1980). Entrer dans la chair des choses, sa beauté et son horreur mêlées, entrer dans la sensation et ses abysses, tel est le but de Bacon, pour qui la peinture est «une tentative pour que la figuration atteigne le système nerveux de manière plus violente et plus poignante». De nerfs à nerfs, d'os à os, de viande à viande, de cri à cri, court-circuitant la raison et l'intelligibilité, l'art de Bacon va au cœur du mouvement, du hasard, de la violence, des élans et des instincts vitaux. À côté de la Carcasse, on peut découvrir une autre toile où une autre «bête» est cette fois-ci bien vivante, convulsive, au milieu de l'arène d'une corrida. ‘Étude pour une corrida’ No 2 (1969) fait partie d'une série

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«Braconner, trouver des chemins de traverse»

ARTS | Entretien / Sylvie Ramond, directrice de Musée des Beaux-Arts de Lyon depuis février 2004 et commissaire de l'exposition «Les Modernes». Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 octobre 2009

«Braconner, trouver des chemins de traverse»

IntentionsCette exposition est un peu particulière car, pour l'essentiel, elle est constituée d'oeuvres du XXe siècle issues des collections du musée. Aujourd'hui, le XXe siècle est une période close et on peut donc se permettre d'y réfléchir, d'en tirer quelques conclusions. À Lyon, contrairement au Centre Georges Pompidou, nous n'avons pas la capacité de présenter des oeuvres représentatives de la totalité de l'histoire de l'art au XXe siècle. La configuration de nos collections nous a donc obligés à braconner, à trouver des chemins de traverse, et à effectuer aussi des choix très personnels. L'exposition se subdivise en 25 sections, avec un parcours assez pédagogique, mais qui sort des catégories habituelles des spécialistes. Nous avons composé, presque musicalement, une suite d'impromptus, plutôt qu'une histoire canonique. La collection du XXe siècle du muséeLa collection du XXe siècle du musée est tout à la fois importante, très belle et lacunaire. Nous manquons de place pour pouvoir la présenter en permanence dans son intégralité. Parmi ses caractéristiques, notons que le musée a été l'un des tout premiers en France à acheter des toiles impressionniste

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Les Modernes

ARTS | Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Les Modernes

Au-delà de bien des définitions possibles, l'art moderne c'est : des Fauves (Suzanne Valadon, Raoul Dufy, Van Dongen...) qui peignent des visages en vert et des forêts en rouge, des Russes (Malevitch) qui jouent les avants-gardes radicales, des Cubistes (Braque, Gleizes...) qui éclatent le réel en kaléidoscopes, des Surréalistes (Masson, Ernst, Miro, Brauner...) qui vous jettent du rêve ou du cauchemar à pleines palettes, des électrons libres (Picasso, Matisse, Léger) qui accouchent de chefs-d'oeuvre à foison, des abstraits (Tapiès, Soulages, De Staël, Hartung, Rebeyrolle...) qui vous enfoncent du noir, des signes ou des matières dans les yeux pour mieux ramoner vos émotions les plus enfouies, des Bruts ou des Singuliers (Dubuffet, Bettencourt, Chaissac, Ughetto...) qui jouent quelques jolis tours à la folie, des Narratifs qui peignent l'urgence de l'actualité du monde et un Francis Bacon qui clôt la ronde, arrachant des cris à la barbaque humaine... Tout ce petit monde sera réuni au Musée des Beaux-Arts à travers 130 sculptures et peintures issues des collections du musée, de fondations ou de galeries privées. « Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon… Les modernes s’exposent au Mus

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