Lyon Art Paper au Palais Bondy

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 7 octobre 2020

Photo : © Pat Andrea


Le dessin est un médium qui a le vent en poupe depuis quelques années. Depuis 2016, il a même un salon qui lui est entièrement dédié à Lyon : Lyon Art Paper, du 7 au 11 octobre au Palais Bondy. On pourra y découvrir cette année quelque 600 œuvres signées par presque soixante-dix artistes contemporains, s'exprimant aussi bien à travers le crayon, que le fusain, l'aquarelle, le collage, voire des outils numériques… Cette édition 2020 a pour invité d'honneur l'artiste néerlandais Pat Andrea (né en 1942). Son œuvre singulière et osée met en scène surtout des jeunes femmes en proie à d'étranges métamorphoses, ou figurées dans des scènes à haute teneur fantasmatique.

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L'instant où tout bascule

ARTS | Dessinées ou peintes, les femmes prennent le pouvoir et saisissent le regard dans les œuvres de Pat Andrea (né en 1942 à La Haye). Mais sont-ce réellement des (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 mars 2014

L'instant où tout bascule

Dessinées ou peintes, les femmes prennent le pouvoir et saisissent le regard dans les œuvres de Pat Andrea (né en 1942 à La Haye). Mais sont-ce réellement des femmes, ces figures qui souvent n'ont ni torse ni bras, qui rajeunissent soudainement à l'état de fillettes dignes de l'univers de Lewis Carroll, qui se jouent de la pesanteur en cabrioles acrobatiques, qui exhibent sans ambages les fantasmes les plus crus ? «Je voulais peindre des choses horribles, mais les peindre très bien, de façon très esthétique, afin d’obliger les gens à les regarder et à prendre conscience des éléments horribles du réel. Rendre ce réel beau, le plus beau possible, voilà ce qui me motivait, bien que je n’aie jamais su exactement ce qu’était le beau», déclarait l'artiste dans un entretien. La perversité, comme chez les artistes Balthus ou Pierre Klossowski, est ici un élément positif et puissamment fertile en créativité : elle déjoue les codes de la grande peinture classique, déchire le voile de la pudibonderie réaliste, puise aux ressources sulfureuses des pulsions de vie et de mort, condense en une scène simple bien des extravagances de la pensée et du corps imaginaire. «

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Pervertir la réalité

ARTS | L'hyperréalisme trop lisse de Brann Renaud cache bien son jeu, sinon ses jouets. Le jeune peintre (exposé à la galerie Elizabeth Couturier jusqu'au 4 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 janvier 2012

Pervertir la réalité

L'hyperréalisme trop lisse de Brann Renaud cache bien son jeu, sinon ses jouets. Le jeune peintre (exposé à la galerie Elizabeth Couturier jusqu'au 4 février) reproduit par exemple sur ses toiles des mises en scène de figurines, légos, poupées, sur une surface réfléchissante et baignées d'une nuit artificielle. Une série intitulée Les Nuits du chasseur, en hommage au chef-d’œuvre de Charles Laughton. Un indescriptible malaise en émane, quand ce n'est pas une angoisse franche et massive devant, par exemple, la vue rapprochée des bustes de deux poupées aveugles. Brann Renaud a été l'élève de Pat Andréa aux Beaux-Arts de Paris, artiste qui sait si bien mêler l'innocence à la luxure ou à la transgression et à la perversion (Pat Andréa expose d'ailleurs deux dessins dans la galerie en lien avec l'univers de Lewis Carroll). Brann Renaud part toujours de photographies pour composer ensuite des tableaux les plus réalistes possibles. Il présente d'autres œuvres récentes réussies comme cette femme à la robe chatoyante gisant sur le sol d'un parking souterrain

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Le théâtre fantasmatique de Pat Andrea

ARTS | La galerie Pallade expose des œuvres récentes de Pat Andrea. Un grand artiste qui bouscule les lois de la morale et de la logique, en toute indécence et liberté. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 30 septembre 2010

Le théâtre fantasmatique de Pat Andrea

Ô quel univers délicieusement pervers ! Féminin en diable, toutes vulves exhibées, et corps recomposés, membres et physionomies redistribués à l'envi... Ô quel univers construit avec aplomb aussi, et un sens de la mise en scène et du dessin d'une puissance immédiatement fascinante ! Dans ses espaces à la fois charpentés et dramatisés, Pat Andrea distribue ses personnages imaginaires «en proie à de petites catastrophes», comme il le dit dans un entretien avec Jacques Henric. S'intéressant et cherchant à rendre sur la toile ou sur le papier «le moment où une situation change, se renverse, l'instant où quelque chose bascule et provoque un nouvel état des choses et des êtres». Sur fond d'onirisme, de surréalisme et de références mythologiques, des livres piégés explosent aux mains de fillettes, des jeux de construction s'écroulent de tables surdimensionnées, une étrange partie de colin-maillard se déroule dans une sorte de théâtre aux décors de couleurs vives... Autant de chocs visuels, de saynètes glissant vers un érotisme sulfureux, ou vers la violence des rapports de domination. Sous l'œil d'Alice D'origine néerlandaise (né en 1942), marqué par

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