Rémy Jacquier prend son temps à l'URDLA

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 21 octobre 2021

Photo : © DR


Difficile d'enclore Rémy Jacquier dans une catégorie, et c'est… très bien ainsi ! L'artiste dessine, fabrique des objets, grave, organise des performances... Ses œuvres hétéroclites ont souvent comme point de départ une procédure précise, en lien avec la musique, les sciences, la littérature. Mais laissent aussi une grande place au hasard. Dans le train entre Lyon et Saint-Étienne, Rémy Jacquier a laissé son crayon se déplacer sur une feuille au gré des vibrations et des secousses du train. S'emparant de partitions de Beethoven ou de Messiaen, il en fait bouger les lignes jusqu'à les rendre plastiques et explosives.

Pour son exposition à l'URDLA, Rémy Jacquier présente notamment une série d'eaux fortes destinées à illustrer le singulier journal du non moins singulier écrivain Marc Pierret (1929-2017), intitulé La Vie hors sac (éditions Hippocampe). L'artiste expose aussi deux objets musicaux, de grands dessins qu'il travaille régulièrement en couches successives dans son atelier depuis plusieurs années, et un ensemble de dessins décrivant le cycle de la lumière sur une journée.

« L'enjeu de l'exposition, nous confie l'artiste, c'est la question du journal intime, du quotidien, des traces artistiques du temps ». Un temps dont il fait advenir non seulement la ligne, mais bien des bifurcations !

Rémy Jacquier, Advenances
À l'URDLA à Villeurbanne jusqu'au samedi 20 novembre


Rémy Jacquier


URDLA 207 rue Francis de Pressensé Villeurbanne
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Expo / Rémy Jacquier est, si l’on nous passe l’expression, un drôle de zèbre. Pas seulement parce que ses œuvres comportent nombre de zébrures, ratures, ou autres tremblements browniens crayonnés ou gravés. Mais aussi et surtout parce que sa démarche artistique mêle paradoxalement le plus grand sérieux (rigueur, complexité, références culturelles…) et des aspects totalement loufoques. Né en 1972 à Chambéry, formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Saint-Étienne et vivant actuellement à Nantes, ville des surréalistes, Rémy Jacquier est un jeune descendant de Fluxus ou des règles arbitraires de l’Oulipo. Il fabrique par exemple des instruments à vent totalement délirants avec lesquels il exécute des performances, ou bien loge et observe un bourdon dans la maquette d’un pavillon… L’URDLA présente la quasi totalité de son œuvre gravée ainsi que trois étranges maquettes noires de bâtiments industriels. Des bâtiments indéterminés et quasi autistes, ne comportant aucune fenêtre et dont les escaliers semblent s’enrouler sur eux-mêmes. Parmi ses estampes on découvre des eaux fortes au trait emberlificoté et sismique traduisant le roulis d’un train emprunté par l’artiste, de grandes partitio

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