Derrière les portes du paradis

GUIDE URBAIN | Lyon renoue avec le music-hall. Visite de Oh ! Paradis ! qui a installé ses paillettes, ses plumes et ses miroirs dans le plus grand local de la rue Sainte-Catherine, dans le premier arrondissement. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 6 février 2012

Qu'est-ce que le Paradis et qui êtes-vous ?
Jean-Jacques Mazars :
 Le Paradis est un music-hall qui peut accueillir 80 couverts. Le lieu a ouvert ses portes rue Sainte-Catherine, le 18 novembre 2011. Personnellement, je m'occupe de la revue : mise en scène du spectacle, création des chansons… Je suis très impliqué dans ce lieu, mais le gérant, c'est Éric Rocha.
Éric Rocha : Je suis chef de cuisine. Ici, je souhaite proposer une cuisine du marché. Comme nous ne travaillons que sur réservation, j'achète à la demande et je peux proposer un nouveau menu chaque jour.

En province, les cabarets s'étaient ringardisés et avaient souvent fini par disparaître. Comment expliquez vous ce regain d'intérêt soudain ?
JJM :
Entre 1975 et 1980, tout s'est arrêté, les cabarets ne fonctionnaient plus, il n'y avait plus le public pour ce genre de lieux à Lyon. D'ailleurs, il y a encore deux ans, personne ne croyait à notre projet ! Aujourd'hui, les banquiers nous suivent, Nathalie Perrin-Gilbert, la maire du premier arrondissement nous suit et nous sentons qu'il y a une véritable attente du public. Sans doute le public a-t-il envie de se retrouver dans des lieux accueillants, avec une vraie identité et où l'on fait attention à eux.

L'image de la rue Sainte-Catherine : jeune, très festive, n'est pas forcément celle que vous souhaitez associer à votre lieu…
JJM : Notre présence rue Sainte-Catherine s'explique par la volonté de la maire du premier d'améliorer la gestion de la nuit à Lyon pour la rendre plus attractive. Désormais, le seul problème de la rue Sainte-Catherine, c'est sa réputation ! On n'y trouve quasiment plus de lieux de nuit et les rares qui sont restés ouverts disposent de personnel de sécurité !

Quelle clientèle visez-vous ?
JJM : Nous sommes un music-hall, nous visons plusieurs types de clientèle et notamment celle qui vient voir le spectacle !

Votre «modèle», c'est Michou ?
JJM : J'ai toujours travaillé dans le music-hall, j'adore aller au Moulin rouge ou chez Michou. Oh ! Paradis !, comme chez Michou, ce sont les personnes qui font le service qui font également le spectacle, mais nous avons également une vraie identité. Oh ! Paradis ! n'est pas un Michou lyonnais, c'est un vrai lieu avec des vraies personnalités. Nous voulons revenir à l'essence du music-hall : la proximité avec le public, une très bonne cave et une très bonne cuisine.

Oh ! Paradis !
13, rue Sainte-Catherine, Lyon 1er
Du mercredi au dimanche à partir de 19h30

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Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

MUSIQUES | Les choses ont pas mal bougé à Grenoble ces derniers mois depuis l'élection d'un maire vert. Mais pas Cabaret Frappé, festival d'été de la ville, si éco-citoyen que sa programmation semble être le fruit d'un tri de talents hautement sélectif. Exemples. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Le Cabaret Frappé en quatre coups de cœur

Sallie Ford Avec Slap Back (littéralement "gifler en retour" ou "rendre une gifle"), la rockeuse vintage à lunettes Sallie Ford a laissé de côté le revival rock fifties et ses oripeaux de Buddy Holly 2.0 à chromosomes XX pour un garage rock à fort effet décapant sur lequel elle a entièrement pris les rênes après la séparation d'avec The Sound Outside – remplacé par un groupe 100% féminin. Et c'est un peu des Breeders – et même des Pixies parfois – en mode psychédélique que l'on entend au détour de ces pop songs cinglantes.

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Bien frappé

MUSIQUES | Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, (...)

Stéphane Duchêne | Jeudi 26 juin 2014

Bien frappé

Cette année encore, le festival d'été de la Ville de Grenoble a frappé très fort en termes de programmation : l'éventail est non seulement toujours aussi large, mais en plus le beau linge est de la plus belle étoffe. Question éventail, une belle tranche sera notamment donnée au maloya avec la présence de Maya Kamati et de la grande Christine Salem – cette dernière dans un exercice d'hybridation avec ses amis de Moriarty. Pour le reste, toutes les esthétiques imaginables sont représentés ou presque : reggae (Ki-Mani Marley, fils de qui vous savez, Meta & the Cornerstones), blues sous toutes ses déclinaisons, du swing à l'électro (Stracho Temelkovski, They Call Me Rico, St.Lô), électro, elle-même en tous genres, avec une forte inclination tout de même pour ses versants pop et indie rock (As Animals, Natas Love You, As a New Revolt)... Au-delà de ce brassage, le Cabaret Frappé n'a pas son pareil pour attirer dans ses filets ces jeunes chanteuses irrésistibles qui nous font perdre tout sens commun et nous rendent plus prosélytes qu'un témoin de Jéhovah, à l'instar de l'éblouissante Joe Bel et de la ténébreuse Lou Ma

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Elyas Khan, boule de nerfs

MUSIQUES | Échappé de Nervous Cabaret, Elyas Khan présente ce jeudi au Kao "Brawl in Paradise", son premier album solo. Un disque œcuménique et ensorcelant, qui achève de faire de ce New-Yorkais aux mille vies l'un des musiciens les plus singuliers du moment. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 5 novembre 2013

Elyas Khan, boule de nerfs

À quoi reconnaît-on un bon groupe de musique amplifiée ? Ni à sa popularité auprès des oto-rhino-laryngologistes, ni au nombre de musiciens qui l'ont quitté avec pertes et fracas – un pléonasme en soi. Un groupe de musique amplifiée est estimable dès lors qu'il parvient à faire se lever le public du Ciel. C'est en tout cas le dicton qui circule parmi les habitués de cet ancien cinéma grenoblois devenu antichambre du son indie de pointe. Et, mine de rien, ils sont quelques-uns à avoir passé cette épreuve avec succès, d'Alec Empire et ses sidekicks aux airs de repris de justice, accueillis à coups de plongeons inter-rangées, aux Hollywood Porn Stars, qui firent de quelques élus des Hendrix d'un soir. Mais, de mémoire de spectateur céleste, aucun n'est parvenu à l'accomplir aussi rapidement que Nervous Cabaret, incarnation à six têtes et deux batteries de la classe américaine dont l'espèce de mambo punk (si Lou Bega et Nick Cave composaient ensemble la BO d'un film de Tarantino, le résultat sonnerait sans doute comme les deux album

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Grenoble rocks

MUSIQUES | L’été, à Grenoble, c’est Cabaret frappé, et on ne discute pas. Chaque mois de juillet, le traditionnel festival de musiques actuelles investit, sur une (...)

Dorotée Aznar | Jeudi 21 juin 2012

Grenoble rocks

L’été, à Grenoble, c’est Cabaret frappé, et on ne discute pas. Chaque mois de juillet, le traditionnel festival de musiques actuelles investit, sur une semaine depuis quelque temps, le Jardin de Ville, avec de nombreux concerts, certains gratuits (en première partie de soirée), d’autres non (sous le chapiteau). Et il faut le rappeler aux non autochtones sarcastiques, on a bel et bien affaire ici à un excellent festival, qui a su habilement conjuguer têtes d’affiche et découvertes, le tout dans une ambiance conviviale et apaisée que l’on ne retrouve pas forcément dans tous les grands raouts de ce type. Au programme cette année, niveau noms qui claquent, on a rendez-vous avec les Rémois de The Shoes, et leur pop dansante à l’efficacité redoutable qui usera à coup sûr les semelles des festivaliers – pas grave, ils sont programmés le dernier soir ! On croisera aussi le monumental Tony Allen, co-fondateur du style Afrobeat, avec son intriguant projet Black series from Lagos to Detroit ; le classieux Rover, sorte de Bowie des années 2000 ; les folkeux d’Ewert And The Two Dragons ; ou encore l’écrivain et musicie

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Cabaret frappé

SCENES | C’est un véritable show qui va s’installer pour dix jours aux Célestins : Catherine D'Lish, Dirty Martini, Julie Atlas Muz, Kitten on the Keys et Mimi Le (...)

Dorotée Aznar | Lundi 4 juin 2012

Cabaret frappé

C’est un véritable show qui va s’installer pour dix jours aux Célestins : Catherine D'Lish, Dirty Martini, Julie Atlas Muz, Kitten on the Keys et Mimi Le Meaux vont en mettre plein la vue à coups de tableaux tantôt drôles, tantôt osés, tantôt carrément barrés. Depuis que Mathieu Amalric l’a dévoilée dans son film Tournée, la petite bande féminine (plus un valeureux cow-boy) n’arrête pas de parcourir les scènes françaises, déclenchant à chaque fois un véritable tsunami (notamment après la représentation). En assumant leurs corps atypiques pour ce genre d’exercices (la revue glamour), et en en faisant même un produit d’appel, les girls du Cabaret New Burlesque remportent le morceau haut la main face à leurs collègues plus jeunes et plus sages, mais tellement moins naturelles et sincères. Ainsi, ce sont les filles elles-mêmes qui ont élaboré leurs numéros, d’où certaines entournures artisanales. Bien sûr, Mathieu Amalric ayant senti le potentiel visuel de l’aventure dès le début, les spectateurs du film connaissent déjà la plupart des saynètes (l’effeuillage érotique, la danse très politique, la chorégraphie sensuelle dans une bulle...), mais qu’importe. Car s’il n’y a fin

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En musique

SCENES | Festival / Projet initié par le directeur du Théâtre de la Renaissance, Jean Lacornerie, en 2009, le Festival Tempo Cabaret se donne pour ambition de (...)

Dorotée Aznar | Lundi 13 décembre 2010

En musique

Festival / Projet initié par le directeur du Théâtre de la Renaissance, Jean Lacornerie, en 2009, le Festival Tempo Cabaret se donne pour ambition de dresser un panorama de la création contemporaine dans le domaine du cabaret. Pour cette deuxième édition, qui se déroulera jusqu’au samedi 18 décembre, on notera la présence du metteur en scène argentin muti-primé Alfredo Arias (directeur du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers entre 1985 et 1990) qui présentera deux spectacles : «Tatouage» ou la rencontre de deux marginaux, Miguel de Molina et Eva Perón, «la folle et la pute» réunis dans un spectacle de music hall et «Cabaret Brecht tango Broadway», un spectacle où les chansons de Brecht et de Weill se mêlent au tango, à Blondie et à Nouvelle Vague. Autre metteur en scène sous les feux des projecteurs depuis quelques jours, Jean Lacornerie présentera sa dernière création au Théâtre de la Renaissance : «Applause, Broadway notre monde», inspirée par des comédies musicales (Applause, The Producers…), des pièces de théâtre (The Fabulous Invalid, Light up the sky…) et des chansons, notamment celles de Kurt Weill. À découvrir également, un petit tour de chant déjanté avec "Marie Dubas, de

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Deuxième tempo

CONNAITRE | Dès mardi 14 décembre, le Théâtre de la Renaissance à Oullins invite les spectateurs à la deuxième édition du festival Tempo Cabaret. Au menu ? Cinq soirées de fête qui (...)

Dorotée Aznar | Samedi 4 décembre 2010

Deuxième tempo

Dès mardi 14 décembre, le Théâtre de la Renaissance à Oullins invite les spectateurs à la deuxième édition du festival Tempo Cabaret. Au menu ? Cinq soirées de fête qui débutent par un spectacle dans la Grande Salle à 19h30 et se poursuivent, à 21h, par un spectacle dans la Petite Salle, aménagée en cabaret. Plus d’informations sur ce festival dans le prochain numéro…

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Cabaret frappé

MUSIQUES | Pour sa douzième édition, le festival Cabaret Frappé s'installe pour dans le parc grenoblois Paul Mistral. Neuf jours, trois scènes et plus de cinquante (...)

Dorotée Aznar | Mercredi 16 juin 2010

Cabaret frappé

Pour sa douzième édition, le festival Cabaret Frappé s'installe pour dans le parc grenoblois Paul Mistral. Neuf jours, trois scènes et plus de cinquante artistes. Au menu, deux soirées pour célébrer la nouvelle scène française au cours desquelles se succèderont la pop féerique de Lilly Wood & the Prick, le rock instrumental de Narrow Terence ou encore le trio rock Revolver. Pour les amateurs de hip-hop, la date à retenir est celle du lundi 26 juillet, avec le retour de deux voix du Saïan Supa Crew, Leeroy pour une rencontre avec l'électro de Molecule, et Féfé, projet slo de Féninski. Côté électro, c'est une version latino que l'on découvrele 22 juillet avec deux groupes venus d'Amérique du Sud, Systema Solar et Novalima, et on termine le 29 avec le magicien expérimental Chapelier Fou et Dj Oof, pionnier du cinémix. LM Cabaret frappéÀ Grenoble (38), du 20 au 29 juillet.

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Onzième frappe

CONNAITRE | Cette année encore, le festival Cabaret frappé vous donne rendez-vous du 20 au 29 juillet à Grenoble. Une programmation variée, à des tarifs abordables, pour (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

Onzième frappe

Cette année encore, le festival Cabaret frappé vous donne rendez-vous du 20 au 29 juillet à Grenoble. Une programmation variée, à des tarifs abordables, pour des concerts en deux temps. Première salve dès 19h sous le kiosque du Jardin de Ville, où la douceur de la fin d’après-midi et l’apéro tant attendu seront synonymes de séances de découvertes musicales gratuites, avec des artistes encore méconnus mais de qualité : du festif avec Emzel Café ou Syrano, de la folk avec Naosol & the Waxx Blend (que l’on vous conseille vivement), du blues avec les Suisses de Hell’s Kitchen, du hip-hop électro avec Ghostown ou encore du reggae avec Natty. Après une légère pause pour se rafraîchir le gosier, un appel au mouvement dirigera le public sous le chapiteau (payant cette fois-ci, mais très accessible) pour profiter d’artistes confirmés comme (Sir) Joseph Arthur, Dj Cam, Jazz Liberatorz ou encore Tahiti 80. Ce dernier sera chargé de l’ouverture du festival à la piscine Jean Bron ; une date à noter dans vos agendas pour profiter d’un concert indie pop, les pieds dans l’eau… Mais le festival connaît visiblement quelques difficultés : sa durée diminue d’année en année et le grand concert de «prés

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