Winner, L'Ourson

GUIDE URBAIN | Vous connaissiez la blague potache : «sauvez un bambou, mangez un panda». Bien. Mais on a mieux pour sauver votre bourse et faire un succulent repas : manger à L’Ourson Qui Boit. Qui dit miam ? Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Jeudi 19 avril 2012

Photo : Stéphanie Lopez


«La gastronomie est l'art d'utiliser les saveurs pour créer le bonheur», avons-nous lu un jour sur le site du Do-Mo. On est bien d'accord, mais quitte à recopier cette maxime quelque part, on la ficherait plus volontiers sur la carte de L'Ourson Qui Boit. Car s'il existe deux restos franco-japonais d'un bout à l'autre de la presqu'île, autant prévenir : l'un propose le meilleur et l'autre le pire. Bien entendu, n'étant pas plus maso que fan de soupe miso, nous voilà donc attablés dans l'antre d'Akira Nishigaki : L'Ourson Qui Boit. Ce drôle de nom aux accents manga est un hommage au restaurant éponyme de Kyoto, où le jeune chef a fait ses premières armes aux fourneaux. De son Japon natal, Akira a rapporté le sens de l'équilibre, de la délicatesse et du raffinement le plus exquis : ravigote de wasabi sur le saumon impeccablement mi-cuit, sauce de saké au yuzu sur le pavé de cabillaud, beurre d'algues et sauce soja sur la daurade (forcément royale)… Si les assaisonnements ont souvent le goût du Soleil Levant, la cuisine, elle, mériterait son étoile – toutes galaxies confondues.

L'ourson coqueluche

On comprend que l'endroit soit couru, car de l'amuse-bouche à la dernière cuillère de crème brûlée au thé vert, tout ici n'est que symphonie des mets au service du palais. Les saveurs sont savantes, précises, surprenantes, et toujours au diapason des saisons. L'asperge, par exemple, célèbre le printemps sautée sur une selle d'agneau, ou émulsionnée en crème froide, d'où surnagent de craquants bulots. Pour ne rien gâcher, l'addition est aussi légère que la mousse de saumon. Et le service, efficace et soigné, préfère veiller à la température des assiettes plutôt que de s'astreindre à d'inutiles courbettes. Pour tous ces détails qui ajoutent au plaisir d'un repas impeccable, voire mémorable, L'Ourson Qui Boit (du Petit Chablis, un simple Syrah ou un ibère Herbis) s'impose définitivement parmi les meilleurs rapports qualité-prix. La seule contrainte est de réserver des semaines à l'avance, car L'Ourson coqueluche des hédonistes est une table qui se mérite.

L'Ourson Qui Boit

23 rue Royale, Lyon 1er

(04 78 27 23 37)

Menu midi 17€, soir 25€

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Ces Japonais qui ruent dans les marmites lyonnaises

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Adrien Simon | Mardi 22 mai 2018

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