Mange ta soupe !

MIAM | Simple comme bonjour et déclinable à l’infini, préparée dans tous les coins du monde et ce depuis la nuit des temps, la soupe s'affiche tendance.

Lisa Dumoulin | Mercredi 2 mars 2016

Photo : © Anne Bouillot


Malgré les réticences — on en connaît plus d'un chez qui les « mange ta soupe ! » ont laissé des cicatrices — la soupe n'est pas prête de finir enterrée dans nos souvenirs d'enfance. Avec les tendances actuelles du goût, le retour du fait-maison, la mouvance do it yourself et le retour aux recettes du terroir, sans oublier le végétarisme qui gagne du terrain à mesure que le fonctionnement de l'industrie agro-alimentaire est révélé, force est de constater que la soupe cumule les bons points : facile à faire soi-même, saine et pleine de bons légumes. Croûton sur le potage, c'est aussi un plat économique ; ce qui, crise oblige, n'est pas négligeable.

C'est dans cet esprit que navigue l'association Disco Soupe. Inspiré de son homonyme berlinois Schnippel Disko,

“le projet est né de l'habitude des étudiants allemands de faire de la récup' à la fin des marchés pour ensuite faire la popote à plusieurs et dans la bonne humeur”

explique Hayate, bénévole de l'association. “Notre but premier est de sensibiliser au gaspillage alimentaire. Mais sans faire culpabiliser les gens.” Ils s'inscrivent dans ce courant du militantisme festif et non moralisateur.

Concrètement, les bénévoles installent leur marmite sur un marché, accoutrés de leurs plus beaux déguisements et accompagnés de leurs meilleures mixtapes, et invitent qui veut à éplucher, découper et surtout déguster - à prix libre. Vous reprendrez bien un peu de funk et de paillettes avec votre velouté de carottes au curry ?

À l'autre extrémité du spectre, Yoko Ono propose une performance culinaire au MAC :

"Deux chefs lyonnais, Mathieu Viannay et Grégory Cuilleron, prépareront chacun deux soupes "lancées" sur deux tableaux"

décrit Muriel Jaby, responsable de la communication du musée. Intitulée Kitchen Piece, c'est aussi le nom de l'une des premières oeuvres de l'artiste dans les années 60, avec laquelle elle souhaitait explorer le quotidien dans ce qu'il a de plus ordinaire : parfaite définition de la soupe.

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Terme créé par Georges Macunias dans les années 1960, Fluxus est davantage une mouvance à géométrie variable qu'un groupe artistique constitué. Au milieu de noms comme ceux de Georges Brecht, Robert Filliou, Nam June Paik, Ben Vautier et beaucoup d'autres, celui de Yoko Ono y apparaît en bonne place, même si elle a toujours voulu s'en détacher. Avec ses events, ses performances, ses instructions, Yoko Ono a largement contribué à l'élaboration de l'esprit Fluxus pour qui, selon la belle formule de Robert Filliou, « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art ». Thierry Raspail, directeur du MAC, rappelle dans l'épais catalogue de l'exposition : « En un peu moins de sept ans, de 1955 à 1962, entre New York et Tokyo, Yoko Ono donne aux arts visuels une amplitude jusque-là inconnue. En faisant l'exercice de leur plasticité jusqu'à l'invisible, jusqu'au cri, au corps, en revendiquant le présent, l'inachevé et en invitant quiconque à s'associer, faire et interpréter ses partitions, c'est une nouvelle histoire de l'art qu'elle écrit. » En forçant un peu le trait, comme Thierry Raspail, on peut voir aussi dans

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Ono, en musique

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Stéphane Duchêne | Mardi 15 mars 2016

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À ceux qui ont toujours pensé que Yoko Ono était une sorcière – fans des Beatles en tête – Yoko Ono a toujours bien pris soin de répondre par l'affirmative en une série de bras d'honneur. À ceux pensant qu'en plus Yoko Ono est loin d'être une grande chanteuse, que son talent principal a toujours été de très bien s'entourer par la grâce d'une aura indéniable (Marianne Faithfull-style), l'artiste multicartes a toujours pris soin de répondre à peu près de la même façon. Ce Yes I'm a Witch Too, sequel comme on dit en anglais, de Yes I'm a Witch (2007), reboote avec la collaboration de prestigieux sidekicks branchés (Danny Tenaglia, Portugal The Man, Sparks, Miike Snow, Ebony Man, le fiston Sean), le catalogue onoien au diapason de l'ambiance rétrospective de son exposition auto-patrimoniale au MAC. Le résultat est inégal, parfois plaisant, parfois à se glisser des aiguilles sous les ongles (si vous êtes allergique à la voix de Yoko ET aux remixes ad nauseam, mettez un casque). Mais si la chose a un aspect anthologique, elle est tout aussi ontologique, manifestant une fois de plus l'incroyable intelligence, confinant effectivement à la s

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Le plus vieux repas du monde

GUIDE URBAIN | Avec ses 32 boîtes de soupe Campbell, Andy Warhol cherchait également à représenter un objet du quotidien, familier à tout le monde. Il (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 2 mars 2016

Le plus vieux repas du monde

Avec ses 32 boîtes de soupe Campbell, Andy Warhol cherchait également à représenter un objet du quotidien, familier à tout le monde. Il aurait difficilement pu choisir aliment plus universel que la soupe : s’il y a bien un plat que l’on retrouve dans toutes les cultures, c’est celui-ci. Du minestrone italien à la soupe miso japonaise, de la chorba maghrébine au bortsch slave, en passant par le phô vietnamien ou le dhal indien, on a fait le tour, il y en a partout. C’est fort de ce constat que l’équipe du festival À Vaulx Jazz organise depuis quelques années un concours de soupes, lors d’une soirée conviviale rythmée par des concerts. Une façon de créer du lien autour d’un vecteur d’échange universel, la cuisine, “de permettre à chacun de découvrir et faire découvrir un bout de sa culture. Et de mettre en valeur le métissage de la ville” explique Charlène Mercier, programmatrice du festival. On vous invite à y laisser trainer votre palais.

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Jean-Emmanuel Denave | Mardi 5 janvier 2016

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Dans son livre L'Art à l'état gazeux, le philosophe Yves Michaud soulignait la dématérialisation et l'aspect diffus des œuvres d'art contemporain. Si l'on retrouvera bien à l'IAC les brouillards colorés d'Ann Veronica Janssens (dans le cadre de l’exposition Collections privées du 11 mars au 8 mai), la saison sera plutôt marquée par l'état fluide ou liquide de la création artistique. Collectif de quarante-trois photographes, France Territoire Liquide propose ainsi des perspectives inédites sur le territoire français, brouillant les frontières entre art, documentaire et fiction. Une vingtaine d'entre eux exposeront à Lyon à partir du 12 mai dans différents lieux (Archipel, Regard Sud, Réverbère...). Pour atteindre ledit territoire, d'autres individus ont eux traversé mers et frontières, rêvant d'un "autre monde". Du 4 février au 29 mai, le CHRD consacrera une vaste exposition collective aux migrants et à leurs représentations dans l'art contemporain. On y (re)découvrira des œuvres de Kim Sooja, Barthélémy Toguo, Bruno Serralongue (exposé aussi au Bleu du Ciel cette année), Karim Kal... Féru de

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ARTS | De l'humanisme aux performances de Yoko Ono, la saison expos traverse les temps et les genres. l'art se frotte à la technique et aux sciences, explore la figure humaine et, toujours, résiste à la bêtise et aux contrôles du pouvoir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

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Keichi Tahara / Biennale Hors Norme Au début des années 1970, le photographe japonais Keichi Tahara (né en 1951 à Kyoto) s'installe à Paris dans un petit appartement sous les toits. Un peu isolé par sa méconnaissance du français, il y passe beaucoup de temps, photographiant alors le passage des nuages, les nuances de luminosité, les filets de buée, à travers une petite fenêtre. Il en ressortira l'une des séries les plus émouvantes du photographe, intitulée simplement Fenêtre. En Résonance avec la Biennale d’art contemporain, on peut la découvrir en partie à la galerie Vrais Rêves, qui en profite pour présenter beaucoup d'autres images de Tahara, dont quelques inédits récents. Jusqu'au 3 novembre à la galerie Vrais Rêves Le terme d'art brut a été inventé en 1945 par Jean Dubuffet pour désigner les créations d’individus exempts de toute formation ou culture artistique (souvent des personnes internées en hôpital psychiatrique, mais pas seulement)... Sa collection est conservée au Musée de l'art brut à Lausanne. Depuis, l'art brut ou art singulier a fait l'objet de multiples expositions et est revevenu en force à la mode, au point de

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BAC à fables

ARTS | Réunissant une soixantaine d’artistes, la 12e Biennale d’art contemporain, "Entre-temps… Brusquement et ensuite", tentera de nous raconter des histoires autrement, à travers une multitude de formes nouvelles de «récits visuels». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 mai 2013

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Qu'est-ce, en quelques mots, qu'une psychothérapie ? C’est réécrire une histoire qui vous colle à la psyché et aux émotions, c’est remettre un peu de jeu dans des significations figées, c’est rouvrir par les mots nos rapports aux choses (à "la chose" aussi), aux autres, à soi-même. L’espèce humaine, au-delà de sa biologie, est tissée d’histoires (grandes et petites), de dits et de non-dits ; le «parlêtre» comme le désignait Lacan est parlé et regardé avant de pouvoir parler et voir. Ce n’est donc pas une mince affaire que se coltinent écrivains et artistes que de réinventer des formes (langagières ou plastiques) de narration. Cela touche immédiatement au fond, à la texture, à l’existence d’un bonhomme ou d’une "bonne femme". Ca vous rend un peu plus libre ou différent, ça ouvre quantité d’idées et parfois fiche un peu le vertige. L’art, en bidouillant des formes de récit, vous donne à trembler dans l’être, individuel ou collectif (politique), jamais bien éloignés l’un de l’autre. De Poussin à Koons L’histoire de l’art occidental est largement dédiée

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