Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Photo : © Anne Bouillot


On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc.

Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais DiTO — déjà responsable de Konditori dans le 3e — qui a réaménagé cet ancien atelier de bijoutier.

So 2016

À boire, point de fraiche Jupi pression, mais de la Canute en bouteille, du cidre de "créateur" (Appie), du jus de pomme aromatisé au basilic. Quelques bouteilles de vin, comme cet appétissant Cinsault de soif (bio, en macération carbonique) Les Copains débordent ; ou le Côtes du Rhône (Sud) Le p'tit gars. Côté sandwiches, l'un est garni au rôti de boeuf (6, 5€), un autre au saumon (gravlax) et betterave (8€). Et dans les assiettes ? A priori de bonnes choses, c'est Jonathan Alvarez, ex-second de Jean-François Piège, ex-chef de l'excellent Botrytis à Annecy, qui tient les couteaux. Il propose une carte fixe d'entrées classiques (maquereaux marinés, velouté de petits pois, terrine de foie de volaille, etc.) et un plat du jour (au choix parmi deux).

Pour commencer on s'attaqua à de belles tomates (régionales), un peu écrasées par une brousse battue très goûtue. Le meilleur reste, comme toujours avec ces bêtes-là, de tremper son pain dans leur jus, ici parfaitement assaisonné. Ensuite, plutôt que l'épaule d'agneau confite, on préféra — attention, intitulé de cantoche ! — filet d'églefin et concassé de tomates. On fut d'abord étonné par les herbes fraiches déposées, encore embranchées, sur le bord d'assiette (nous prend-on pour des lapins ?). Mais c'était bien bon : le poisson (de chez Durand) surmonté d'une mousse de lard ; les tomates délicieusement confites, accompagnant un poireau rôti. Pour finir, clafouti ou mousse au chocolat de maman.

Pourquoi ne pas revenir tous les jours ? Parce que 25 euros la formule, tout de même. Mais il faudra repasser goûter un plat du jour (14€) ou un jambon-beurre (5, 5€), quand l'odeur de cuir neuf aura disparu, quand ce café pas du tout années 20, et tout à fait 2016, aura gagné un peu d'âme.

Café Arsène
5, rue du Garet
Lyon 1er
Tél. 04 72 10 07 99
Du lundi au samedi, en continu, de 8h à 18h

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La rouée vers l’Ouest : "Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary" de Rémi Chayé

Animation — dès 6 ans | Une évocation romancée et héroïque de la future Calamity Jane, légende du Far West dont elle constitue l’une des rares icônes féministes.

Vincent Raymond | Mercredi 14 octobre 2020

La rouée vers l’Ouest :

Tolérée dans un convoi de pionniers rigoristes, la famille Cannary fait désordre. Quand le père malchanceux se blesse, sa fille Martha Jane choque en prenant les rênes, puis en s’habillant en garçon. Injustement accusée d’un vol, la pré-ado rebelle quitte cette horrible compagnie et part à l’aventure… Cette évocation romancée et héroïque de la future Calamity Jane, légende du Far West dont elle constitue l’une des rares icônes féministes/féminines, est moins une biographie qu’une chronique de cette époque de toutes les fortunes ou l’occasion d’en revisiter les codes : caravanes, ville-champignon avec saloon, régiment de cavalerie, trappeurs, mine d’or, aiglefins, Indiens… C’est un concentré du mythe fondateur de l’Amérique que Chayé nous offre, avec en sus cet art poétique de la couleur n’appartenant qu’à lui, et dont on avait pu profiter dans Tout en haut du monde. Ses jeux d’aplats et son flat design créent, étonnamment, une grande profondeur à ses images. Plus haute distinction pour un long-métrage au Festival d’Annecy, le Cristal qu’il a décroché est largement mérité.

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Calamity “Cristal” Jane au Comœdia

Avant-Première | C’est une tradition si bien ancrée dans les habitudes qu’elle résiste à tout, même aux imprévus : la projection en avant-première du grand prix du festival du (...)

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

Calamity “Cristal” Jane au Comœdia

C’est une tradition si bien ancrée dans les habitudes qu’elle résiste à tout, même aux imprévus : la projection en avant-première du grand prix du festival du film d’animation d’Annecy, le Cristal du long-métrage. Ledit festival ne se tenant cette année qu’en ligne pour les raisons que nous savons, vous serez incroyablement chanceux en découvrant le film en salle avant même le public savoyard ET le jury. Quant au titre du film, sachez qu’il s’agit de Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary de Rémi Chayé, qui nous avait déjà régalés avec Tout en haut du monde. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary Au Comœdia le ​dimanche 28 mars à 10h45

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Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

J’ai perdu mon corps | Seul contre tous (ou presque), le patron de Xilam a voulu et porté ce projet atypique, s’inscrivant dans le sillage des grands producteurs indépendants voyant au-delà du tiroir-caisse, l'œuvre en devenir dans le projet cinématographique. Un exemple et un avertissement pragmatique à l’adresse des circuits traditionnels, décidément trop formatés…

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Marc du Pontavice : « Il faut prendre des risques et suivre très loin ses convictions »

En 2015, lors de la présentation du pitch du film au Cartoon Movie de Lyon, vous confiiez qu’il s’agissait d’un projet difficile à monter… Marc du Pontavice : On savait qu’on allait affronter vents et tempêtes pour le faire. Et ça a été pire : en-dehors du soutien des Régions et d’un peu d’argent que le CNC nous a accordés au titre des nouvelles technologies, on n’a rien eu. On a donc dû y aller tout seuls ! C’est un film qui a été financé à 50% sur les fonds propres de Xilam. Il y a peu, Coppola disait à Lyon que plus personne n’était aventureux dans le cinéma, à part les indépendants… C’est un bon exemple ! Très modestement, je suis heureux de me mettre dans les traces de Monsieur Coppola, qui est un exemple d’aventurier du cinéma. Parfois, si l’on veut repousser des frontières, renouveler l’offre du cinéma avec des programmes qui ne sont pas fabriqués pour rentrer dans le système, il faut effectivement être aventureux ; prendre des risques et suivre très très loin ses convictions. Dans notre métier, en animation, c’est particulièrement compliqué parce que c’est aus

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Jérémy Clapin : « j’ai dû détruire le roman pour construire le film »

J’ai perdu mon corps | Avant de remporter le Grand Prix de la Semaine de la Critique (une première pour un film d’animation) et le Cristal à Annecy, le premier long-métrage de Jérémy Clapin a connu une lente maturation en dialogue et confiance avec son producteur ainsi que l’auteur du roman (et coscénariste) Guillaume Laurant.

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Jérémy Clapin : « j’ai dû détruire le roman pour construire le film »

Comment le livre dont est inspiré J’ai perdu mon corps, Happy Hand, vous est-il tombé entre les mains ? Il semble vous avoir été destiné… Jérémy Clapin : On le doit à mon producteur, Marc du Pontavice. Il a demandé à me rencontrer en 2011 après avoir vu mes courts-métrages : dans tous mes films, il y a un élément fantastique qui vient interroger la réalité. Cette intrusion du fantastique me permet d’aborder des thèmes plus délicats à aborder frontalement, d'éclairer certaines zones d’ombre. Ce n’est pas un fantastique gratuit juste parce qu’il est spectaculaire ; il parle d’autre chose que du sujet lui-même. Comme dans le réalisme magique dans la littérature sud-américaine ? Oui : la combinaison des deux crée une autre réalité qu’on accepte en tant que telle. Et ces éléments fantastiques et réels sont séparés, chacun appartenant à leur monde, ils fabriquent une autre réalité. Mais c’est très présent aussi dans la littérature asiatique, japonaise, notamment chez Murakami, où le fantastique n’est pas sur-appuyé : il arrive comme un élément naturaliste,

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Des cordons bleus à la green cantine

Food | La quatrième édition du Lyon Street Food Festival a prévu un nouveau corner : une green cantine dédiée à la « cuisine healthy ». Sur le papier, elle semble valoir le coup de fourchette.

Julie Hainaut | Mardi 10 septembre 2019

Des cordons bleus à la green cantine

Problème : quatre jours, dix stands en roulement, une vingtaine de recettes. Application de la règle de trois. Résultat : jouable. Parce qu’au vu des mets proposés, choisir relèverait de l’impensable. Au menu de ce nouvel espace : du locavore, des plats végétariens, des recettes vegan, quelques plats sans gluten et quelques-uns à base de poisson. « Lors des précédentes éditions, nous avons réellement ressenti un besoin de nombreux festivaliers de repérer un peu mieux ce type d’offre sur le site » explique Emeric Richard, cofondateur de l’événement. Chaque chef a élaboré une ou plusieurs recettes spécialement pour l’événement. Taybe, le nouveau concept d’Aklé, titillera les babines à coup de falafels et salades pastèque-halloumi (notre passion), Culina Hortus séduira à grand renfort de gaufres salées aux girolles, ail noir, champignons, Mowgli requinquera les panses de focaccia au fromage frais et houmous de betterave, et les étoilés Jean-Michel Carrette et Vi

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Ça métisse dans les cuisines !

Refugee Food Festival | « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par les flux de demandeurs d'asile », déclare un ancien maire devenu ministre. OMG : la gastronomie lyonnaise va finir démantelée, éparpillée ? À moins que des initiatives comme le Refugee Food Festival offrent un nouveau sens au titre, un poil périmé, de capitale mondiale de la bonne bouffe...

Adrien Simon | Lundi 11 juin 2018

Ça métisse dans les cuisines !

Après une première édition française en 2016, une seconde européenne l’année dernière, les parisiens de Food Sweet Food, Marine Mandrila et Louis Martin, auteurs d’un remarqué Very Food Trip (Planète+ pour la série, La Martinière pour l’ouvrage), internationalisent cette année leur Refugee Food Festival. En ce mois de juin – le 20 étant la journée mondiale des réfugiés – des restaurants de New York, Athènes, Bologne, San Francisco ou Cape Town bouleversent leurs menus et accueillent des cuistots en exil. Certes, Brooklyn c’est un peu loin pour aller manger afghan [on invente : le programme n’est pas encore disponible au moment où nous bouclons], mais heureusement, Lyon accueille aussi l’événement. S'engager Ceci grâce à Claire Fournier et Clara de La Fonchais qui portent le projet bénévolement – c’est ainsi que fonctionne le RFF – et la collaboration de restaurateurs qui invitent, l’espace d’un ou deux soirs, des chefs étrangers ayant récemment obtenu l’asile en France. Ainsi,

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La bière coulera à flot ce week-end à la Confluence

Lyon Bière Festival | Troisième édition du Lyon Bière Festival, ce week-end à La Sucrière : près d'une centaine de brasseurs invités et un focus sur les États-Unis, d'où est parti le renouveau des micro-brasseries.

Adrien Simon | Mardi 17 avril 2018

La bière coulera à flot ce week-end à la Confluence

Et voilà celle que l’on attendait tant : la 3e édition du Lyon Bière Festival. L'édition de la maturité ? On voit plus grand du côté de l'organisation, réunissant Le Petit Bulletin, Bieronomy et Rue89Lyon pour ce week-end à la Sucrière : cette année, tout l'espace du bâtiment sera occupé avec des dégustations, jusque sur la mezzanine. Un corner bar s'installe avec un dancefloor du côté de la salle 1960, où l'on pourra siffler quelques mousses anglaises, pour certaines inédites, jusqu'à minuit samedi soir. Avec, pour prendre soin de nos oreilles, trois anciens de la scène electro française : Miloch, Ralph pour un set house et surtout celui qui clôturait l'année dernière Nuits Sonores, P. Moore. Côté dégustations, il faudra aller piocher dans les fûts d'une centaine de brasseurs, venus de Lyon bien sûr (comme La Canute, Georges ou Ninkasi), mais aussi de toute la région, l'une des plus fournies en matière de micro-brasserie avec La Stéphanoise, les Ardéchois de la Pleine Lune ou les Drômois de l'Agrivoise

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Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Une Vie Violente | Metteur et scène, acteur et cinéaste, Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Lundi 14 août 2017

Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse — sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary : Un mois avant de tourner, Thierry a voulu que Jean Michelangeli [l’interprète de Stéphane, NDLR] et moi nous soyons dans la ville de Bastia pour la préparation. On était payés à boire des verres, à aller au resto… (sourires). C’était de l’imprégnation, ça nous a beaucoup aidés. En deux semaines j’ai repris

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Têtes de Maures : "Une vie violente" de Thierry de Peretti

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr, 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto… (9 août)

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Têtes de Maures :

Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les “pinzuti” : le contexte, aussi dramatique que politique est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. A ces “philosophies” irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales. S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination “typique”, Une vie violente évoque par

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Le Food Market revient à Lyon

Street food | Le Food Market revient à Lyon samedi 24 juin.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Le Food Market revient à Lyon

Le Food Market revient à Lyon samedi 24 juin pour faire goûter la cuisine de rue, préparée par des chefs lyonnais. Sur les étals du marché on retrouvera le Café Sillon avec un sandwich à la seiche, le Café Arsène avec un saumon gravlax, le restaurant Messob et ses spécialités ethiopiennes, La Cagette à Malek et ses mezzés, le Café Cousu avec des brochettes, Huuue Cocotte avec un pad thaï poulet et coriandre... mais aussi des desserts, des cafés glacés Extrait, du cidre Appie, des bière Ninkasi et des vins naturels tout droit venus de chez Vercoquin. A déguster place Saint Louis de 12h à 21h30.

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La Canute Lyonnaise, une bière par quartier

Lyon Bière Festival | Tête d’Or, Croix-Rousse, Vieux Lyon : la Canute Lyonnaise s’inspire des différents quartiers de la ville pour produire des canettes de haute-volée.

Adrien Simon | Mardi 11 avril 2017

La Canute Lyonnaise, une bière par quartier

La bière est à la mode, même au pays du vin. Les brasseries artisanales étaient en voie d’extinction. Mais un vent venu d'Amérique (où l’on brasse comme on faisait du rock : dans les garages !) a provoqué, depuis dix ans, l’explosion du nombre de micro-brasseurs. En 2010, on en comptait un peu plus de 300 en France, aujourd’hui le triple. Le phénomène touche l’agglomération, comme le montre la Canute Lyonnaise, montée à Pierre Bénite en janvier 2015. Quand on écoute Simon Potie, son fondateur, produire de la bière semble à la fois un jeu et un exercice de haute-précision. On fait varier tout un tas de curseurs : le choix du malt (d'orge, de blé, pâle ou brun), de l’eau et des levures, et puis des ingrédients aromatiques. On sélectionne plusieurs variétés de houblon ou bien des plantes, des épices, des fleurs, voire du café, pourquoi pas du piment ou... des huîtres ! Le champ d’expérimentation semble infini. « Le monde de la bière c'est le Far West, tout est possible ! Bien que le procédé soit strict, il n'y a pas de codes, pas de lignes, pas de limites » se réjouit Anne-Pauline Fernier, la

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Gourmande balade en bas des pentes

Restaurants | Pour un p'tit noir matinal, un déjeuner vite envoyé ou une pause-thé d'après-midi pluvieux, descendre à l'arrêt Croix-Paquet.

Adrien Simon | Mardi 18 octobre 2016

Gourmande balade en bas des pentes

Le bas des pentes de la Croix-Rousse présente la plus grande concentration de coffee shops de l’agglo : en plus de La Boîte à Café (place du Forez), qui a converti toute une génération d'étudiants Erasmus à la pâtisserie anglo-saxonne et au jus de chaussette sourcé, citons pèle-mèle Le Tigre (sans gluten, sur la Grande-Côte), l’Effet Canopée (concept store des Capucins), Laureline’s Corner (et ses fairy cakes, rue du Romarin) ou encore À chacun sa tasse (rue du Griffon). La place Croix-Paquet est encerclée ! Et ça continue... Un arabica à l'auberge de jeunesse Ainsi Away Hostel and Coffee Shop a pris cet été la place de l’INSEEC (rue Alsace Lorraine). C'est d'abord une auberge de jeunesse de cent-vingt lits (en dortoirs, à partir de 23€ la nuit). Un "hostel" selon le vocable en vigueur, qui offre à ses résidents, en plus du couchage, des activités touristiques à bas coût : visite des pentes ou

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"La Tortue rouge" : enfin, Michael Dudok de Wit passe au long-métrage

ECRANS | Présenté en ouverture du Festival d’Annecy après un passage à Cannes dans la section Un certain regard, ce conte d’animation sans parole mérite de faire parler de lui : aussi limpide que la ligne claire de son trait, il célèbre la magie de la vie — cette histoire dont on connaît l’issue, mais dont les rebondissements ne cessent de nous surprendre.

Vincent Raymond | Mardi 28 juin 2016

Le Néerlandais Michael Dudok de Wit aura pris tout son temps avant de franchir le pas du long-métrage. Pourtant, il devait se douter que, loin de l’attendre au tournant, le public ayant découvert — et apprécié — ses films courts multi-primés Le Moine et le Poisson (1994) ou Père et Fille (2000) avait grand hâte de voir sa poésie muette empreinte de tendresse se déployer dans la durée. Étonnamment, c’est du côté des studios nippons Ghibli que l’ancien résident de Folimage aura trouvé asile — il s’agit au passage d’une belle ouverture pour la maison fondée par Takahata et Miyazaki, qui n’avait jusqu’alors jamais accueilli d’auteur non-asiatique. Une collaboration somme toute logique : Dudok de Wit se trouve en parfaite communion philosophique et spirituelle avec ses aînés, chantres comme lui d’une relation pacifiée, d’une osmose retrouvée entre l’Homme et son envir

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Chappie

ECRANS | Déroute intégrale pour Neill Blomkamp avec ce blockbuster bas du front, au scénario incohérent et à la direction artistique indigente, où il semble parodier son style cyberpunk avec l’inconséquence d’une production Luc Besson. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 6 mars 2015

Chappie

S’il fallait une preuve que la politique des auteurs a des limites, Chappie jouerait à merveille ce rôle : on y voit un cinéaste, le Sud-africain Neill Blomkamp, dont on a pu apprécier la cohérence de ses deux premiers films — District 9 et Elysium — commuer sa rage punk en une grotesque parodie sur un scénario écrit à la va-vite, incapable d’élaborer le moindre discours et même pas foutu d’assurer le minimum syndical en matière de blockbuster futuriste. Pourtant, tout est là : l’alliance entre l’humain et la machine — ici, un robot policier doté d’une intelligence artificielle et récupéré par des gangsters très méchants pour lui faire commettre un braquage permettant d’honorer leurs dettes — un futur proche qui ressemble à une extrapolation de nos ghettos sociaux contemporains, un goût de la destruction et des ruines urbaines… Cet effet de signature n’est qu’un trompe-l’œil : Blomkamp ne retrouve jamais la substance politique, même manichéenne et schématique, de ses œ

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C'est beau Annecy la nuit

CONNAITRE | Depuis maintenant douze ans, Annecy célèbre les arts de la rue avec les Noctibules, festival grandiose, féérique et éclectique. Quatre soirs durant (du 15 (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 19 juin 2009

C'est beau Annecy la nuit

Depuis maintenant douze ans, Annecy célèbre les arts de la rue avec les Noctibules, festival grandiose, féérique et éclectique. Quatre soirs durant (du 15 au 18 juillet), une trentaine de compagnies envahissent la ville. Si le meilleurs côtoie quelques fois le moins bon (niveau meilleur, on se souvient d'une édition où le canal du Thiou avait été embrasé), ces Noctibules restent un moment magique en plein cœur de l'été.

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