La Bicycletterie en a sous la pédale

Boutique | Faire réparer son guidon et customiser sa selle tout en se gonflant les pommettes de Carrot cake et de jus de coco, c’est le pari (réussi) que s’est lancé ce cyclo-café qui remue sévère.

Julie Hainaut | Mardi 27 septembre 2016

Photo : © Anne Bouillot


À l'entrée, un café où avaler un petit noir frappé, absorber une Bionade allemande, se repaître de salade de quinoa (si si, c'est possible) concoctée par Charlotte, la co-fondatrice, et boulotter des pâtisseries signées L'Ourson qui Boit ou Piece of Cake. Au mur, des pièces détachées de bécane. Au plafond, des fanions colorés. Dans le coin gauche, des hipsters et normcore, tête dans le guidon, qui jouent du clavier sur leurs tablettes connectées au wifi gratuit.

Dans le coin droit, un vélo cargo Long Achielle à louer pour transporter, selon l'envie du moment, la marmaille ou les légumes du marché (35 € la journée). Au fond, une boutique de vélos de ville et un atelier de réparation dans lesquels Anthony, pro de la petite reine, bichonne les selles, dorlote les moyeux et soigne les vitesses. Pas de doute, La Bicycletterie chatouille les pédales.

Mise en selle

« Nous sommes une boutique-atelier qui propose un espace café, et non l'inverse. La configuration du lieu cache l'espace vélo, mais ce dernier reste notre activité principale. Nous sommes un cyclo-café, pas un café-cyclo » tient à préciser le tandem, qui espère bientôt déménager pour mettre (plus) en avant le côté deux-roues de leur antre.

Leur lubie ? Les cycles haut-de-gamme, pour tous, et à tous les prix (dès 299 €). Côté bécanes, des modèles à trois vitesses hyper confort, des biclos rétro, des VTC design, des bicyclettes sportives, des vélos électriques, des jolies draisiennes pour les plus jeunes (dès 1 an).

Côté accessoires, on déniche l'élite des outils indispensables à la pratique du vélo en ville : pompes rigolotes, jolis paniers en osier, ponchos coquets, casques flatteurs (si, si, ça aussi c'est possible)... Côté service, la maison assure. Au choix : on opte pour un vélo neuf, on loue un Arcade à la journée (20 €) ou à la semaine (90 €), on fait réparer une roue, on transforme sa selle, on orne son guidon de bandes colorées, on fait régler son dérailleur, on change sa chambre à air, on fait poser un éclairage dynamo… Ou on crée tout simplement sa bicyclette sur-mesure en jetant un œil au catalogue de pièces (neuves) détachées.

Une hésitation ? Demandez à Anthony, il en connaît un rayon. « On peut composer son vélo de A à Z. Pour les réparations, on évite d'immobiliser l'engin trop longtemps. Généralement, les réparations sont faites le jour même, voire le lendemain maximum » explique le co-fondateur. Pour les crevaisons, la réparation est express (dès 6 €), juste le temps de siroter un jus de coco et de baver sur ce pimpant cheesecake avant de se remettre en selle, avaler une bosse et rouler à s'en faire péter les varices, histoire de revenir se ravitailler sans culpabiliser, les abdos gainés.

La Bicycletterie
16 rue Romarin, 1er.
Tél. : 04 37 92 04 96
www.la-bicycletterie.com

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Création du Réseau Express Vélo : tout schuss

Mobilité | Des voies cyclables comme il y a des tracés de tramway, de métro ou même de randonnées. C’est l’objectif de la Métropole de Lyon qui annonçait ce vendredi 4 juin la création de la première ligne du Réseau Express Vélo : 17 km entre Vaulx-en-Velin et Saint-Fons.

Nadja Pobel | Dimanche 6 juin 2021

Création du Réseau Express Vélo : tout schuss

Nos amis allemands en rigolent mais voici qu’arrive enfin à Lyon le Réseau Express vélo (dites REV). Et il est ambitieux, probablement à hauteur de la demande (14 000 usagers par jour la semaine dernière le long des quais). Plusieurs lignes vont être crées ou réaménagées durant ce mandat avec l’objectif d’offrir 250 km de pistes express en 2026 (budget 100 M€) et même 320 km à horizon 2030. Certes, certaines pistes existent (une centaine) et elles seront élargies à 4 mètres, les nouvelles seront larges de 3 à 4 mètres ; elles seront "bordées" et bien séparées des voitures et des piétons par des murets d’environ 50 cm de haut. Autre particularité : elles seront fléchées, avec des panneaux indicateurs dont le design sera annoncé à la rentrée en même temps que le tracé exact de cette ligne 1, encore en négociations pour les détails, dont on sait déjà qu’il reliera des communes — pauvres — jusque-là oubliées : Vaulx-en-Velin et Saint-Fons. Ces 17 km démarrent même au Mas-du-Taureau et, note sa maire Hélène Geoffroy (PS) dans une pique gratuite à Grégory Doucet, « pour une fois les pistes cyclables sortent des quartiers

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Célestins : le quinquennat Macron dégoupillé par Hugues Duchêne

Théâtre Documentaire | Aux Célestins, avec Je m’en vais mais l’État demeure, Hugues Duchêne et Royal Velours décryptent en cinq volets distincts le quinquennat Macron.

Nadja Pobel | Mercredi 19 mai 2021

Célestins : le quinquennat Macron dégoupillé par Hugues Duchêne

En 2017, avec Le Roi sur couleur, l’équipe de Royal Velours pas même trentenaire et formée à l’Académie de la Comédie-Française, faisait de bisbilles d’entre-soi (la non-reconduction d’Olivier Py à la tête du Théâtre de l’Odéon) une saga rapide et désopilante sur les enjeux du pouvoir à l’ère sarkozyste. Voici que le metteur en scène et comédien Hugues Duchêne analyse le quinquennat Macron, dans Je m’en vais mais l’État demeure, a raison de cinq spectacles d’une heure comme autant d’années écoulées, déclinées sur le versant électoral, judiciaire, parlementaire, médiatique et diplomatique. Ce théâtre documentaire réalisé à l’économie (juste quelques accessoires, notamment des indications de temps et de lieu) est assez jubilatoire tant il est rapide, malin, bâti sur ce qu’on a traversé communément, à plus ou moins grande distance : le procès Merah, celui du militant antifa Antonin Bernanos, le mouvement des Gilets jaunes… En s’appuyant à la fois sur des ouvrages (La France périphérique : comment on a sacrifié les classe

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Lyon : remise à flot pour L’Aquarium

Ciné-Club | Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une (...)

Vincent Raymond | Vendredi 25 septembre 2020

Lyon : remise à flot pour L’Aquarium

Les aquariophiles savent qu’ils doivent, pour garantir la survie de leurs espèces frétillantes favorites, changer l’eau régulièrement et maintenir une oxygénation optimale. C’est un peu pareil pour l’Aquarium Ciné-Café : à l’aube de sa cinquième saison, le spot croix-roussien mêlant vidéo-club aux 10 000 titres et lieu de projection mixte renouvelle un peu son équipe (Émile Belleveaux succède à Damien Vildrac à la programmation) tout en densifiant son offre : la séance du jeudi soir prend le nom de “Regards croisés“ et se thématise chaque semaine en ciné-débat avec des partenaires (Maison de l’Écologie, CinémAsian, Osez le féminisme, etc.). Le fameux Ciné-Mystère mensuel (comme son nom l’indique : vous venez voir un film sans savoir de quoi il s’agit) double la mise en intercalant un film d’animation pour les adultes — pas uniquement du Bakshi ! Et un podcast radio enregistré en direct, des ateliers (pour tous les âges, notamment les plus jeunes pendant les vacances de la Toussaint), et toujours autant de cartes blanches à des festivals amis… Le mois d’octobre qui pointe le bout de

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Pédaler en Bourgogne

Escapade | Les touristes internationaux ne sont pas tous revenus et n'ont pas encore envahi l’œcuménique Taizé, les hôtels n'affichent pas complet : la Bourgogne est calme et tranquille en ce mois de juin. Il est l'heure d'improviser une boucle à vélo de trois à quatre jours. 145 km de Mâcon à Mâcon via Chalon, en passant par la première voie verte de France. Attention, enchantement en vue et accessible aux non-sportifs !

Nadja Pobel | Mercredi 24 juin 2020

Pédaler en Bourgogne

Mode d'emploi Comment y aller ? Vous n'avez pas de voiture ? Tant mieux ! Vous pouvez embarquer votre vélo dans le TER. Il faudra tout de même faire preuve de patience car s'il n'y a pas de surcoût, il n'y a pas non plus de réservation possible. Mieux vaut arriver tôt sur le quai et éviter les heures de pointe. Espérer aussi que vous aurez droit à des rames neuves (qui ne nécessitent pas de gravir trois très hautes marches) et que le quai soit accessible par ascenseur ou pentes douces (sinon bonne chance pour porter votre matos). Si tout cela ne vous effraie pas, il n'y a plus qu'à rallier Mâcon. 47 minutes depuis la Part Dieu et Perrache. Il y a même des départs de Vaise pour être plus relax. Et si vous partez en voiture, parking gratuit longue durée à la gare de Mâcon. Quel vélo ? Pas de besoin spécifique. Mieux vaut avoir un porte-bagages pour poser les sacoches. Un VTC à 6 vitesses suffit amplement d’autant que le dénivelé est très faible. Quelques bosses et basta. La voie verte vous ouvre les bras — le tronçon entre Cluny et Givry constitue même la première du genre en France, aménagée en 1997. Impe

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Une piscine éphémère s'installe au Vélodrome de la Tête d'Or cet été

Baignade | Une nouvelle piscine, éphémère, est créée pour la durée de l'été et prendra place dans le Vélodrome de la Tête d'Or, avec 2000m2 de plage.

Sébastien Broquet | Jeudi 11 juin 2020

Une piscine éphémère s'installe au Vélodrome de la Tête d'Or cet été

C'est traditionnellement l'un des sujets les plus touchy de l'été à Lyon : les piscines. Surchagées, chaque année. Puisque la ville en manque cruellement. Ce qui entraîne inévitablement, d'année en année, la hausse des incivilités. Et en 2020, avec la crise sanitaire et la canicule annoncée, ce sujet devient central pour la Ville de Lyon. Qui a donc tenté d'apporter des réponses, en dévoilant ce jeudi matin les mesures prises pour améliorer l'accueil en respectant les consignes sanitaires, mais aussi en annonçant, surprise, la création d'une nouvelle piscine éphémère. Cette piscine éphémère sera installée dans le Vélodrome de la Tête d'Or et comprendra deux bassins, une plateforme de jeux d'eau et 2000m2 de plage avec des espaces de lecture et des jeux. C'est l'opérateur privé Weeloc City, choisi au terme d'une procédure de marché public, qui gérera cet espace. 80 personnes pourront s'y rendre en simultané seulement.

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Emmanuel Macron au crible du théâtre

Théâtre | Phénomène du théâtre émergent de ces toutes dernières années, Hugues Duchêne et sa compagnie Royal Velours repassent par ici avec l'intégralité de leurs chroniques annuelles sur le quinquennat Macron. Drôle, vif, malin et... mécanique.

Nadja Pobel | Mardi 10 mars 2020

Emmanuel Macron au crible du théâtre

Natif de Lyon (en 1991), passé par l’École supérieure d'Art dramatique de Lille puis l’Académie de la Comédie-Française où il a rencontré ses acolytes, Hugues Duchêne est aussi, comme ces derniers, électeur de Mélenchon et fils de votants Macron. Il le clame haut et fort car c'est de ce constat que naît Je m'en vais mais l’État demeure, désormais quadrilogie sur la présidence. Ce "quatrième" spectacle fait suite à une trilogie inspirée de l'ère sarkozyste où il était question de Polanski dans la première partie et, dans sa dernière (Le Roi sur sa couleur, présenté dès 2018 aux Clochards Célestes, qui détectent tout avant tout le monde dans nos contrées) des rapports politiques et de pouvoir avec l’éviction d'Olivier Py de l'Odéon et le choix de Luc Bondy pour le remplacer. Déjà virtuose, très bien documenté, ce travail était aussi un entre-soi parfois étrange. La célébrité venant (grand succès au Off d'Avignon 2018, série à la Scala), Hugues Duchêne ne s'est pas rangé à son milieu qu'il fustige, ici encore, via la figure de Stéphane Braunschweig, nouveau locata

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Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Ethnologie | Dans une scénographie sombre, millimétrée par la lumière et somptueuse, le Musée des Confluences présente une première partie du legs que lui fait un couple de collectionneurs. Approche sensitive d'un art peu montré : celui du Nigéria.

Nadja Pobel | Mercredi 13 février 2019

Démasquer l'art africain au Musée des Confluences

Preuve de sa formidable popularité, le Musée des Confluences (le premier fréquenté sur le territoire hors de Paris) va acquérir prochainement plusieurs centaines de coiffes réunies par Antoine de Galbert (exposition dès le 6 juin) et recevra à terme le legs intégral de la collection d'Yves et Ewa Develon. Pour l'instant, quarante objets ont été donnés qui, ajoutés à vingt prêts, offrent une plongée au cœur d'une terre artistique encore peu connue par les Français - ce fut une zone coloniale britannique : le Nigéria. Ce psychologue embauché dans les années 60 dans un cabinet d’ingénieurs-conseils en Côte d'Ivoire se prend d'amour pour ces objets, qu'il glane sur place ou en Europe. Il partagera sa passion avec Ewa (rencontrée et épousée en 1979), architecte polonaise, beaucoup plus effacée que lui dans ce parcours où toutefois c'est par ses recherches documentaires qu'ils sont contextualisés, sans être jamais datés précisément - tous ont été fabriqués à la fin XIXe et début XXe. Figuratif Dans les années 70, au Nigéria, les pratiques religieuses traditionnelles déclinent, favorisant la dispersion des objets d'

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Le Café du Nain, mi-bistrot mi-lyonnais

Bouchon | Le bouchon de Chinatown a changé de propriétaire : le voici ouvert à la lumière et à l'air du temps.

Adrien Simon | Mardi 16 octobre 2018

Le Café du Nain, mi-bistrot mi-lyonnais

S'il existe un matériau qui isole des modes, alors c'est avec lui que l'on a construit les bouchons. Les tendances culinaires à l'allègement, à l'esthétisation, au sans (gluten, viande), au retour du légume, elles ont toutes glissé sur eux, comme l'eau sur les plumes d'un canard. Un bouchon moderne reste un oxymore. On le veut toujours dans son jus : oasis d'abats, d'opulence, de bon gras. Ce conservatisme lyonnais, et l'attrait touristique pour celui-ci, sauveront-ils éternellement ces restos de la ringardise ? De jeunes chefs, lassés de leur côté par la cuisine d'assemblage, les menus à slash et les assiettes à splash, auront sûrement (bientôt ?) envie de s'attaquer à ces monuments. Les oracles gastronomiques et les faiseuses de tendances parlent bien d'un actuel ou imminent retour du "plat", des sauces, de la comfort food, alors pourquoi pas ? Pour l'instant on spécule, mais il y a des débuts d'exemples. Prenez Quentin Orozco et Julien Pellerin, élevés pendant dix ans à la Mère Jean, un bouchon de la rue des Maronniers, daté de 1923, du style quenelles, gras double, pied de veau & co. Ils viennent de reprend

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La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

Nuits de Fourvière | En compagnie de ses trois fils Moreno, Zeca et Tom, l'immense songwriter brésilien Caetano Veloso, 75 ans, offre un spectacle collégial et familial qui promet d'être un sommet de joie et de mélancolie mêlées, à venir écouter religieusement comme l'indique un titre qui prône le recueillement : Ofertorio.

Stéphane Duchêne | Mardi 3 juillet 2018

La tropical family de Caetano Veloso et ses fils

En général, quand le New York Times dit quelque chose – enfin, l'écrit –, on l'écoute. Or s'agissant de Caetano Veloso, co-inventeur de la MPB (música popular brasileira, soit la pop brésilienne) et peut-être surtout avec son ami Gilberto Gil et quelques compères bien inspirés (Gal Costa, Os Mutantes, Jorge Ben...) de ce tropicalisme qui révolutionna la musique brésilienne en lui donnant des atours pop, psychédéliques et surtout, révolutionnaires – chose peu anodine à l'époque –, le Times, donc, déclare que l'auteur d'Irene est « l'un des plus grands songwriters du siècle ». Il ne dut pas être le seul et à vrai dire, bien malin qui pourrait dire le contraire face au génie, extraordinairement prolifique, de celui qui a su allier, notamment à une époque, les années 60, où

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Ça métisse dans les cuisines !

Refugee Food Festival | « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par les flux de demandeurs d'asile », déclare un ancien maire devenu ministre. OMG : la gastronomie lyonnaise va finir démantelée, éparpillée ? À moins que des initiatives comme le Refugee Food Festival offrent un nouveau sens au titre, un poil périmé, de capitale mondiale de la bonne bouffe...

Adrien Simon | Lundi 11 juin 2018

Ça métisse dans les cuisines !

Après une première édition française en 2016, une seconde européenne l’année dernière, les parisiens de Food Sweet Food, Marine Mandrila et Louis Martin, auteurs d’un remarqué Very Food Trip (Planète+ pour la série, La Martinière pour l’ouvrage), internationalisent cette année leur Refugee Food Festival. En ce mois de juin – le 20 étant la journée mondiale des réfugiés – des restaurants de New York, Athènes, Bologne, San Francisco ou Cape Town bouleversent leurs menus et accueillent des cuistots en exil. Certes, Brooklyn c’est un peu loin pour aller manger afghan [on invente : le programme n’est pas encore disponible au moment où nous bouclons], mais heureusement, Lyon accueille aussi l’événement. S'engager Ceci grâce à Claire Fournier et Clara de La Fonchais qui portent le projet bénévolement – c’est ainsi que fonctionne le RFF – et la collaboration de restaurateurs qui invitent, l’espace d’un ou deux soirs, des chefs étrangers ayant récemment obtenu l’asile en France. Ainsi,

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Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

ECRANS | Importé de Montréal, le Kino est un mouvement cinématographique participatif et créatif ayant trouvé du répondant à Lyon. Chaque mois, il attire près d’une centaine de sympathisants à l’Aquarium Ciné-Café… lequel ne compte que 70 places. Mieux vaut ne pas arriver en retard, au risque de rester sur le trottoir…

Vincent Raymond | Mercredi 16 mai 2018

Kino Lyon : du cinéma pour de vrai (et de faux)

Bientôt vingt ans que le Kino a vu le jour à Montréal. Favorisé par l’essor des “petites caméras“, ce mouvement réunissant des techniciens, artistes et créateurs audiovisuels répond au besoin d’expérimenter et obéit à une philosophie collectiviste et optimiste, pouvant se résumant à cette joyeuse maxime : « Faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant ». Tous les mois, les participants se réunissent au cours de soirée “cabaret“, durant lesquelles ils projettent leur œuvres respectives, réalisées avec ou sans contrainte (de durée, de thème). Une “démo“ permanente des talents de toutes et tous, créant une saine dynamique de groupe, et incitant chacune à travailler avec chacun. Lancée en octobre dernier à l’initiative de deux transfuges de Montréal, la cellule lyonnaise a immédiatement connu le succès : « le modèle est mûr », analyse Nayan Ducruet, l’un des animateurs du groupe, qui programme déjà chaque mois une dizaine de courts métrages de moins de 3 minutes. En avril, la thématique Super-héros avait permis de couronner le film

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Iñaki Aizpitarte : « J'étais fasciné par les bistrots »

Attable : Le mot du chef | Iñaki Aizpitarte, bientôt 46 ans, est le chef du Chateaubriand, premier bistrot à avoir intégré le classement (certes contesté) des 50 meilleurs restaurants du monde. Il vient ce samedi à Lyon dans le cadre du festival Attable.

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Iñaki Aizpitarte : « J'étais fasciné par les bistrots »

On te décrit souvent comme un chef rock and roll, voire même punk. Un punk devenu le chef de file d'une bistronomie qui depuis le milieu des années 2000 secouerait la gastronomie française. Iñaki Aizpitarte : On aime bien mettre les gens dans des cases, c'est classique. Quand les journalistes sont passés par ici, voir ce qu'on faisait... disons que ça les changeait. Ils se sont arrêtés sur une ou deux choses qui leur permettaient de nous décrire comme sortant de l'ordinaire - va pour le rock en cuisine. Quant au rôle de chef de file... On n'a pas été les premiers à faire de la bistronomie. il y avait déjà des chefs comme Thierry Coué, ou (plus connu) Yves Camdeborde. Ils sortaient de grandes maisons très codifiées (Senderens, Constant), un peu pince-cul et ont ouvert des restaurants à leur image, des trucs plus chaleureux. Leur cuisine avait des notes un peu plus tradi, plus régionales que ce que l'on fait maintenant. On a renouvelé cet élan-là. C'est avec cette ambition que tu as ouvert le Chateaubriand... De mon côté, je n'ai jamais réfléchi à un concept avant d'ouvrir. J'étais fasciné par les bistrots.

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Attable : la grande bouffe

Festival Food | Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand (...)

Adrien Simon | Mardi 13 mars 2018

Attable : la grande bouffe

Pour un week-end, Lyon redevient capitale européenne de la cuisine. De celle qui, selon les organisateurs du festival Attable, secoue « le grand cocotier culinaire ». Qui "décaraffonne" les codes. Or, Dieu sait qu'il y en a, des traditions gastronomiques (qui a dit "lourd héritage" ?) à Lyon. Mais comment ruer dans ces brancards-là ? Attable assume de s'appuyer sur la jeunesse cuisinière : celle qui n'a pas attendu les étoiles Michelin pour mettre les mangeurs des métropoles européennes à ses pieds. Mais que peuvent bien faire ces cuistots, devenus rockstars malgré eux, en déplacement à Lyon ? Fomenter un banquet en hommage au grand Paul ? Les artistes locaux (cols tricolores et étoilés + jeune génération) s'occupent déjà du tribute dominical (ce dimanche, À la Piscine). Montrer qu'il n'y a pas qu'en Rhône, qu'on sait bouffer ? On le savait déjà, et on salive d'avance en pensant à la nourriture autrichienne (!), genre marmotte fermentée et foie gras vegan, que prépareront samedi soir (

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Le Café des Trois, repaire pour gourmets mélomanes

Bar | Trois amis d’enfance viennent d’ouvrir un lieu qui nous a convaincu de quitter notre couette. Le concept ? Tout ce qu’on chérit : on mange, on boit et on écoute de la musique.

Julie Hainaut | Mardi 20 février 2018

Le Café des Trois, repaire pour gourmets mélomanes

Il faut qu’on vous l’avoue : on a un peu hésité, au début. C’est l’hiver – et si vous nous lisez assidûment, vous savez qu’on ne s’y fera probablement jamais – et la prolifération des nouveaux cafés-restaurants nous laisse parfois marmoréen – il en ouvre presqu’un par jour, en ce moment. Mais le concept simple et efficace du Café des Trois, un bar-resto musical créé par Clara Boulez, Jérémie Bidon et Lisa Bourlet, trois Auvergnats débarqués à Lyon il y a une dizaine d’années, nous a titillé. On s’est empaqueté jusqu’aux cernes et on a filé en bas des Pentes. Résultat : on a trouvé aussi doux et confort qu’une couette et une doudoune réunies, à savoir des plats hyper-copieux, une atmosphère sympathique et un accueil fort bienveillant. Le trio souhaitait ouvrir un café ET un lieu dédié à la musique. Après barguignage, ils ont tranché : ce sera une adresse dédiée à la « musique gourmande ». On a été convaincu dès l’entrée : la première pièce est composée d’un immense bar où l’on s’accoude volontiers, d’une cible de fléchettes

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17e Doc en Courts, un festival qui a la vie longue

ECRANS | Lors du dernier Festival du Film court, on avait noté la coutumière sous-représentation du genre documentaire dans la compétition européenne — deux films (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

17e Doc en Courts, un festival qui a la vie longue

Lors du dernier Festival du Film court, on avait noté la coutumière sous-représentation du genre documentaire dans la compétition européenne — deux films sur quarante-huit —, éclipsé par la fiction. Mais ne jetons pas l’anathème sur la vaillante manifestation villeurbannaise : la majorité des festivals généralistes ont pris l’habitude de programmer les documentaires ainsi que les films expérimentaux ou de création dans des sections parallèles. Pour des raisons très diverses, allant de la lisibilité globale de leur sélection à la crainte de voir un brûlot politique faire scandale en étant primé pour des raisons compassionnelles, militantes, morales — bref, non cinématographiques (Fahrenheit 9/11, vous vous souvenez ?). Voilà pourquoi des festivals comme Doc en Courts, totalement dédié aux films n’obéissant pas à une définition normative du cinéma, existent. Créé au tournant du siècle par des universitaires de Lyon 2,

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Ciné-Mystère à l’Aquarium

ECRANS | À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Ciné-Mystère à l’Aquarium

À l’approche de Noël, chacun y va de son petit cadeau. L’Aquarium ne fait pas exception en vous proposant une pépite sortie de son coffre à merveilles lors de sa traditionnelle séance mensuelle. On rappelle le principe : les spectateurs sont priés de venir pour 18h découvrir un film surprise choisi par Marc Artigau (avec la complicité du Petit Bulletin une fois par trimestre). Une petite présentation précède la projection, et une chaleureuse discussion s’ensuit — avouez que c’est plus attrayant que d’aller piétinement parmi les touristes devant les illuminations. Allez, rejoignez sans hésitation ce précieux rendez-vous ! Ciné-Mystère Au Ciné-Aquarium ​le dimanche 10 décembre à 18h

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Le Tout Petit Café : il a tout d'un grand

Café | Dans le 6e, ouvre un café entièrement dédié à la famille : Le Tout Petit Café.

Antoine Allègre | Mardi 24 octobre 2017

Le Tout Petit Café : il a tout d'un grand

« Je peux venir même si je n'ai pas d'enfant ? » entend quotidiennement Anne, la trentaine pétaradante, qui a ouvert il y a une poignée de jours son Tout Petit Café à deux pas de la place Maréchal Liautey, dans le 6e. Cette maman, journaliste dans une autre vie, n'avait pas envie de créer un énième café-poussette, lieu souvent fade rythmé par les changes où la boisson chaude finit irrémédiablement par tiédir. Son projet a été mûrement réfléchi depuis sept années et a fini par prendre la forme d'un endroit gourmand, plein d'humour et décoré avec goût. L'endroit est profilé pour accueillir la famille entière – et pas seulement bébé. Dans l'assiette ? Du tout bon en circuit court : tous ses fournisseurs résident à moins de 100 km autour de Lyon. Le café est signé Gonéo, de chouettes torréfacteurs du cru. La pâtisserie est l'œuvre d'Anaïs Cookie. Seule entorse à ce précepte géographique (aussitôt excusée) : le cola est savoyard et le thé siglé par l'excellente maison grenobloise Greenma. La vie de parents étant marquée de repères sanctuarisés (pour ne pas chambouler cette si fragile organisati

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Plan 9 from Outer Space

Ciné-Concert | Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 septembre 2017

Plan 9 from Outer Space

Nouveauté chez Aquarium : le ciné-concert, assuré par le bien-nommé quatuor Improjection. L’ensemble inaugure la formule avec un monument du cinéma Z, adulé notamment par Tim Burton, Plan 9 from Outer Space (1959), qui en a fait une des substances lointaines de Mars Attacks mais également de Ed Wood — ce dernier étant le réalisateur de cet improbable nanar de science-fiction. Si vous aimez les décors en carton-pâte qui bougent tous seuls, les comédiens faux comme des billets de 3$ et les scénarios en forme de gruyère, allez-y ! C’est tellement raté que ça en devient irrésistiblement drôle. Alors, avec de la musique en direct… Plan 9 from Outer Space À l’Aquarium Ciné-Café ​le samedi 16 septembre

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Le Food Market revient à Lyon

Street food | Le Food Market revient à Lyon samedi 24 juin.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Le Food Market revient à Lyon

Le Food Market revient à Lyon samedi 24 juin pour faire goûter la cuisine de rue, préparée par des chefs lyonnais. Sur les étals du marché on retrouvera le Café Sillon avec un sandwich à la seiche, le Café Arsène avec un saumon gravlax, le restaurant Messob et ses spécialités ethiopiennes, La Cagette à Malek et ses mezzés, le Café Cousu avec des brochettes, Huuue Cocotte avec un pad thaï poulet et coriandre... mais aussi des desserts, des cafés glacés Extrait, du cidre Appie, des bière Ninkasi et des vins naturels tout droit venus de chez Vercoquin. A déguster place Saint Louis de 12h à 21h30.

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Diploid, le nouveau coffee shop qui dépote

Coffee Shop | Déco ultra-inspirante, Granola maison exquis, voisin de table charmant : on ne sait plus ce qui nous a le plus séduit mais on conseille vivement ce nouveau repaire à petit-déjeuner.

Julie Hainaut | Mardi 13 juin 2017

Diploid, le nouveau coffee shop qui dépote

Il n’y a rien de plus important, dans une journée, que l’apéro – si vous nous lisez assidument, vous l’aurez remarqué – et le petit-déjeuner – qu’on aime gourmand et si possible agrémenté de litres de café pour tenir jusqu’à l’apéro, justement. On connaît tous les coffee shops de la ville – ou presque, il en ouvre un par semaine – mais, honnêtement, on préfère largement prendre son p’tit noir au café du coin en lisant la presse, qu’au sein d’un énième spot tendance où défilent les blogueuses mode en quête de followers sur Instagram (#humour). Et on a appris l’ouverture de Diploid, le deuxième coffee shop de Camille Dumas et Robin Perraud, les heureux parents de Slake, qui a déjà un an. On a vu quelques photos sur les réseaux sociaux : pas d’ampoules à filament, pas de déco ultra-épurée et pas de murs bleu canard, mais une tapisserie tropicale, du carrelage à l’ancienne et des luminaires en bambou tout doux. Alors on s’est décidé et on a poussé la porte du 18 rue de la Platière, qui abritait jusqu’à l’hiver dernier le charcutier-traiteur Moinon. Et on n’a pas été déçu – on préf

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Marc Artigau à l’Aquarium

Dépêche | Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture (...)

Vincent Raymond | Mardi 6 juin 2017

Marc Artigau à l’Aquarium

Les cinéphiles lyonnais doivent énormément à Marc Artigau. Programmateur historique des cinémas CNP — leur âme après Robert Gilbert —, intarissable puits de culture à la curiosité sans limite, il a montré les œuvres les plus exigeantes avec la plus absolue des passions. Absent depuis trop longtemps des écrans, ce merveilleux bavard se voit confier une carte blanche chaque jeudi de juin par l’Aquarium Ciné-Café, histoire de partager ses enthousiasmes et ses emportements. À (re)découvrir en sa compagnie le 8 juin La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa (1958), précédé d’une présentation et suivi d’une discussion. Suivront Poussières dans le vent de Hou Hsiao-hsien (1986) le 15 et L’Adversaire de Satyajit Ray (1970) le 22 juin. Le rendez-vous mériterait d’être pérennisé… Marc Artigau À l’Aquarium Ciné-Café tous les jeudis jusqu’au 22 juin à 20h45

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Odessa Comptoir ou le mélange des cultures

Bar à Manger | Un mur jaune, des tables en formica et du vin nature : il ne nous en fallait pas plus pour pousser la porte de ce nouveau bar à manger, installé en lieu et place de l’ex Café Cousu, en face du Village des Créateurs.

Julie Hainaut | Mardi 30 mai 2017

Odessa Comptoir ou le mélange des cultures

Clin d’œil au quartier melting-poté le plus cool de Brooklyn – Little Odessa –, le nouveau repaire d’Antoine et Mathieu se veut un lieu d’échanges et de mélange des cultures, aussi bien dans les oreilles (on a entendu du Ben Harper et du Nina Simone), les gosiers (réveil des papilles assurés) ou sous le coude (du vin, toujours du vin, vous commencez à saisir nos choix éditoriaux, non ?). Depuis toujours, ces deux frères globe-trotters – ils ont vécu, entre autres, à Helsinki, Buenos Aires, New York, Berlin et Barcelone – avaient l’envie de monter leur propre bar. L’opportunité est arrivée un peu par hasard. Le Café Cousu s’arrête – l’équipe a filé du côté des quais du Rhône pour co-créer le fameux nouveau spot estival À la piscine –, les deux frères, tous deux salariés du lieu, décident alors de le reprendre et de le transformer à leur sauce. « Nous avons baigné dans la culture juive de l’Europe de l’Est. Odessa est une référence au quartier new-yorkais mais également à la Russie, la Crimée, ville de notre grand-mère et de nos origines. L’idée de ce bar à vin et à manger est de mettre en avant les mets du monde, de mêler la tradition de l’Eu

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Basta, le steak / frites !

Restaurant | Les amener déjeuner en ville ? Un casse-tête... Peu de restaurants jouent le jeu des bambinos, se contentant de servir du steak haché / frites. Sans idée. Et la découverte gustative ? Voici trois restaurants "kids friendly".

Antoine Allègre | Mardi 11 avril 2017

Basta, le steak / frites !

Il n'y a pas plus family friendly que le Café Pimpon. Arriver en poussette dans ce petit restaurant à la déco bricolo-rigolote - situé à deux pas d'une caserne de pompiers - ne vous donnera pas la fâcheuse impression d'être comme un chien dans un jeu de quilles. Au déjeuner, la chef japonaise Keiko tricote une jolie cuisine fusion – notamment ce minestrone qui fait la part belle au soja et légumes au wok. Il y a toujours des surprises sur le menu : les minots ont droit à leur formule "comme les grands" à 5, 5 euros, assis sur leurs sièges en forme de poney cool. Et une fois leur plat dévoré, ils prennent la tangente pour s'amuser avec des toys vintage et une cuisine en plastique. À l'heure du goûter, le lieu se mute en salon de thé où l'on s'empiffre de gâteaux au chocolat et de cheesecakes. Bistronomie en culottes courtes Un autre établissement joue la carte famille nombreuse : Apiales, une maison sérieuse dont votre journal préféré s'était fait écho à son ouverture. O

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Le Village des Créateurs ouvre un pop-up store

Tendance | Point météo : il fait gris à 14h, nuit à 17h44 et froid tout le temps. Point métro : la saison des grincheux a repris. Point sourire : une réjouissante boutique éphémère ouvre le 19 novembre en Presqu’île.

Julie Hainaut | Mardi 15 novembre 2016

Le Village des Créateurs ouvre un pop-up store

Le Village des Créateurs ? « Ah, oui, déjà entendu parler, c’est quoi déjà ? » « C’est pas le truc paumé dans les Pentes, ça ? » « Ah non mais c’est hyper cher les produits de créateurs, jamais tu me traîneras là-bas, tu entends ? » Stop. À partir du 19 novembre, vous n’aurez plus d’excuses : le Village des Créateurs se déplace en hypercentre pendant un mois et demi et vous prouve, à coup de mobilier vintage, bijoux innovants, livres improbables et autres habits élégants, que qualité et prix doux peuvent aller de pair. « Le Village des Créateurs est plutôt visité par les touristes et les Lyonnais de notre quartier. Les autres n’ont malheureusement pas toujours le réflexe de grimper jusqu’au 19 de la rue René Leynaud pour trouver un produit original. Nous avons besoin de nous affirmer et nous faire mieux connaître. D’où l’idée d’habiter jusqu’à la fin de l’année ce showroom de 300m2 situé en plein centre afin de montrer au public qu’on peut dénicher des cadeaux de noël de qualité, créés dans la région et à petit prix (dès 10€) » explique Isabelle Gleize, la directrice du Village.

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Mise à l’eau pour l’Aquarium

ECRANS | Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va (...)

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Mise à l’eau pour l’Aquarium

Un navire se baptise au champagne, mais un aquarium ? Repris par l’équipe de cinéphiles et de court-métragistes d’Entre les mailles, le vidéoclub Atmosphères va donc enfin rouvrir en version “augmentée” et sous l’enseigne associative L’Aquarium ciné-café. En plus de la préservation de l’activité vidéo-DVD (et des 15 000 titres du catalogue !), des projections type ciné-club, des ateliers vidéo, des rencontres inter-professionnelles, des soirées festives ainsi que la possibilité de siroter (avec modération) une boisson fraîche ou chaude en croquant un en-cas issu d’une agriculture locale et responsable. En attendant, une inauguration d’Aquarium, ça s’arrose : rendez-vous le samedi 29 octobre à 20h, au 10 rue Dumont, dans le 4e.

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Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Lyon Street Food Festival | Au premier Lyon Street Food Festival ce week-end, l'on croisera la route des meilleurs food trucks du coin mais pas seulement : des Apothicaires à la Mère Brazier, les top chefs de la ville se la jouent street credibility. Fameux.

Adrien Simon | Mardi 20 septembre 2016

Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Les food trucks lyonnais se radinent ce week-end aux Subsistances, pour un festival de trois jours autour de la "gastronomie nomade". Les habitués des marchés lyonnais seront ravis de retrouver le bar à jus l’Estanco, le triporteur de Trop Chou ou encore The Rolling Cantine (photo). Ce dernier transformé pour l’occasion en jonque flottante, afin de coller au thème de cette première édition : Hong Kong. Les camions-cuisines assureront le ravitaillement des visiteurs dans la cour, et l'on retrouvera sous la grande verrière des cuisiniers sédentaires s’essayant eux aussi à la bouffe en barquette : les cuistots très en vue du Café Sillon (le dépotant-déroutant resto du 7e), de La Bijouterie (qui joue déjà avec les dim sums dans le 1er), et des Apothicaires (le nouveau spot à ne pas manquer du 6e) y officieront. Tous promettent de se mettre au diapason hongkongais, avec du côté de Tabata et Ludovic Mey (les Apo

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Roulez Jeunesse : Du vélo et de la pop

Roulez Jeunesse | Concert de pop, démo de vélo et animations pour toute la famille : le festival Roulez Jeunesse donne un coup de jeune à l’élégant vélodrome.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 septembre 2016

Roulez Jeunesse : Du vélo et de la pop

Avez-vous déjà mis les pieds au vélodrome du parc de la Tête d’or ? À moins d’avoir assisté à la première édition du festival Roulez Jeunesse, probablement pas. « C’est un lieu magique et majestueux » décrit Olivier Dumonteil, le programmateur, « construit en 1894 pour l’exposition universelle, il est arboré et décoré de statues à chaque virage. » Autant vous dire que l’équipe n’est pas peu fière de l’ouvrir gratuitement aux Lyonnais le temps d’un week-end. Avec un programme simple : de la musique, et du vélo. Mais à la cool, le vélo. « On n’est pas sur le versant sportif » précise Olivier, « plutôt du côté divertissement, avec des démos de BMX, du vélo de piste… couplé à l’envie de faire la fête et d’écouter de la musique. » Côté vélo, allez voir la Pump track, une course en battle organisée et encadrée par Carmine Falco, lyonnais quatre fois champion du monde de BMX, samedi après-midi. Ou le jumelage avec Lyon Free Bike : les 8000 participants de la cou

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Les douceurs inspirées d'Apiales

Restaurant | Au Sud de Bellecour, côté Rhône, vient d'ouvrir l'un de ces établissements mutants : coffee shop, salon de thé, bar à dessert ou néobistrot, on ne sait plus trop. Confort, chic, féminin : ça c'est certain.

Adrien Simon | Mardi 14 juin 2016

Les douceurs inspirées d'Apiales

« Le quartier d'Ainay change », entend-on, répété, depuis quelques années. Comme pour l'excuser d'avoir été si longtemps « maussade et habité par une élite. » Côté bonnes assiettes, autour du musée des Tissus, il est vrai que ça bouge depuis un moment. On va au Troquet des Sens pour le vin nature (Ganevat, Dard et Ribo, Calek, au verre) ; chez Slika pour l'art et le café ; chez Jeannine et Suzanne pour des pâtisseries racées ; le tout autour de la flotte (resto, bouchon, bistrot, etc) de Thomas Ponson, dans la rue Laurencin. Dans la rue Laurencin justement, vient d'apparaître Apiales. À travers ses grandes vitres on inspectera son intérieur épuré : des murs tout blanc qui se finissent en haute voûte, des meubles clairs en épais multiplis, du papier kraft en guise de nappe, pour seule déco quelques plantes et des coussins bariolés, une clientèle à 90% féminine. "Chaleureux" n'est

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Les Cafetiers : le p'tit noir comme à la maison

Coffee Shop | C’est le printemps : à Lyon poussent... les coffee shops. Il y a peu, pour un p'tit noir bien brûlé et amer, on se serait accoudé à un vieux zinc. Pour une (...)

Adrien Simon | Mardi 24 mai 2016

Les Cafetiers : le p'tit noir comme à la maison

C’est le printemps : à Lyon poussent... les coffee shops. Il y a peu, pour un p'tit noir bien brûlé et amer, on se serait accoudé à un vieux zinc. Pour une boisson chaude avec maman, un salon de thé à napperons aurait fait l'affaire. Mais ça, c’était avant que des passionnés d’arabica reviennent de Seattle ou de Stockholm avec de la suite dans les idées. Mokxa, le torréfacteur lyonnais, avait le premier planté un coffee shop sur le bas des pentes de la Croix-Rousse avec une agréable terrasse, des cafés élaborés de tortueuse manière et des pâtisseries anglo-saxonnes. Des rhizomes sortent de terre un peu partout désormais : sur la Presqu’île, et jusque dans le 7e. Le dernier né de cette lignée de cafés branchés (peut-être le plus abouti, aussi) se situe rue Ferrandière et s'appelle Les Cafetiers. Quelques tables dehors, un grand espace tout en longueur (déco nordique, coupe d’arbre en guise de table basse, banquettes en liège), qui donne sur une petite cour privée. Sur le comptoir trônent les pâtisseries (du jour) de Piece of Cake, l'atelier-boutique de la rue d’Aguesseau : banana bread, cake citron-pavot, crumble, etc. Pour déjeuner, sandwichs (maison) au choi

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Café Society : Hollywoody boulevard

ECRANS | Le 47e opus de Woody Allen-réalisateur semble avoir été taillé sur mesure pour effectuer l’ouverture de la 69e édition du festival de Cannes : glamour, artifices et nostalgie des vieilles bobines s’y bousculent. On passe un charmant moment, sans être transporté…

Vincent Raymond | Jeudi 12 mai 2016

Café Society : Hollywoody boulevard

Un film situé, au moins partiellement, dans les arcanes du Hollywood de l’âge d’or ne pouvait que finir (ou, à tout le moins, commencer sa carrière) sur la Croisette. Café Society tend une sorte de miroir temporel pareil à une vanité à la foule des producteurs, cinéastes, comédiens, agents qui se pressent aux marches du Palais et dans les réceptions pour participer à la gigantesque sauterie cannoise. Car du cinéma, il ne montre absolument rien si ce n’est un extrait de La Dame en rouge (1935) de Robert Florey. En cela, il se situe aux antipodes de Avé César des frères Coen qui avait effectué l’ouverture de la Berlinale. Ici, les stars demeurent cachées dans leurs résidences exubérantes, ou des noms évoqués par paquets de dix, d’éphémères symboles de puissance dans l’Usine à rêve, totalement privées de substance et d’incarnation. Woody et ses doubles C’est plus la nostalgie jazzeuse, l’élégance du cadre et les vestes cintrées qui intéressent Woody Allen dans ce décor-prétexte. Les plateaux, il leur a déjà réglé leur compte dans Hollywood Ending (2002), comédie décriée et pourtant débordant

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Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Cinéma | Évoquant aux cinéphiles le thème de Saint-Saëns habillant la montée des marches à Cannes, Aquarium sera aussi le nom d’une nouvelle salle de cinéma alternative à la Croix-Rousse. Ouverture le 1er octobre.

Vincent Raymond | Mardi 3 mai 2016

Aquarium, la nouvelle gueule d’Atmosphères

Ceux qui tremblaient pour les destinées d’Atmosphères, le dernier vidéoclub croix-roussien, peuvent se réjouir. Son activité va se poursuivre et prendre un jour nouveau sous l’impulsion d’un fier équipage : les membres de l’association Entre les mailles. Fondé en 2009, ce collectif de cinéastes rhodaniens s’était déjà fait remarquer en autoproduisant plusieurs court-métrages, en proposant des cours d’éducation aux images ; mais aussi en organisant une kyrielle de soirées “hors les murs” (blind tests, Court mais bref) ou en réunissant 500 personnes place Sathonay pour La Belle Journée en septembre dernier. « Des tests in vivo, explique Sébastien Joly, l’un des quatre porteurs du projet. Dès le départ, nous voulions structurer l’association autour d’un lieu de diffusion permanent, adossé à un bar. » « On a appris que Thierry Chatipoglou, le patron d’Atmo', voulait s’arrêter en 2016, poursuit Damien Vildrac. Reprendre son fonds impliquait de devenir en plus un vidéoclub, mais cela rentrait dans notre cahier des charges, comme Vidéodrome à Marseille. » Soutenu par la Mairie du 4e arrondissement et par les a

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Garçon, un café et un Bukowski, svp !

GUIDE URBAIN | Dans ces charmants troquets, les livres sur les étagères ne font pas office de déco. Feuilletés, lus, achetés ou offerts : ils sont là pour ça, tout en s’humectant le gosier de bière — belge, tant qu’à faire — ou de macchiato mousseux. Zoom sur les cafés-librairies, lieux d’échanges dont les amoureux des mots s’entichent.

Julie Hainaut | Mardi 29 mars 2016

Garçon, un café et un Bukowski, svp !

La belle-sœur envahit notre fil d’actualités Facebook de lolcat. Le collègue vient de poster une 30ème photo ultra saturée de plat sur son Instagram. Robert Ménard a encore déversé sa haine sur Twitter. STOP. Besoin d’une détox digitale. S’évader, respirer l’odeur d’un livre neuf, discourir avec son voisin de table, sentir le grain du papier sous ses doigts, refaire le monde... Au café, dans le monde réel. Un Petit Noir Dès l’entrée, le ton est donné : les murs sont tapissés de pages déchirées de James Hadley Chase, Georges Simenon ou Boileau-Narcejac. Sur les étagères, trônent 3000 polars classés par continent (selon la localisation de l’intrigue). Derrière le zinc, Jean-Pierre Barrel, ancien urbaniste fan de polar, nous sert un p’tit noir et nous fait découvrir les derniers écrivains qu’il a sélectionné. Très attentif au style, ce dénicheur de romans réalistes — et de quelques thrillers — ne fonctionne qu’au coup de cœur. Dans sa librairie-café — « et non pas l’inverse » tient-il à préciser, il déroule une partition hybride et de qualité, de Trevanian à Jean-Patrick Manchette en passant par Arnaldur Indridason et Abasse Ndion

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Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

GUIDE URBAIN | De Katsumi le précurseur à Tabata & Ludovic les derniers installés, une génération spontanée de chefs voyageurs, connectés et décomplexés explosent les codes de la gastronomie traditionnelle : tour d'horizon.

Adrien Simon | Mardi 22 mars 2016

Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

Il fut un temps où la cuisine, en France, n'était pas "cool". Un temps d'avant Instagram, les blogueuses et les yelpeurs ; avant Top Chef, Jamie et Cyril ; avant la "food" (porn, ing, ista) ; avant les brunchs électro, les soirées fooding, les chefs en jean-baskets et tablier bleu. La cuisine en France, à défaut d'être branchée, pouvait être gastronomique, patrimoniale, référence mondiale. Quoique... Fin 90, une certaine presse étrangère la juge « rigide », « ennuyeuse », trop chère. En 2014, le New York Times s'acharne encore : la cuisine française a définitivement implosé ! Mais ses débris sont précieusement ramassés par une flopée de jeunes chefs, (notamment) adeptes de la bistronomie, qui explosent les codes du restaurant de papa et envoient des assiettes mode. À Lyon, parler de bistronomie revient à évoquer En Mets Fait ce qu'il te Plait, improbable chalet au coin des rues Chevreul-Gryphe (la façade a depuis été refaite). Improbable bazar aussi, que son hall d'entrée. Katsumi s'y installe en 1999, seul en cuisine : il décrète que l'on viendra chez lui pour ce qu'il y a dans l'assiette (et les verres) — un point c'est

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Gil & Veloso : amicalement vôtre

MUSIQUES | «Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : amicalement vôtre

«Deux amis, un siècle de musique», c'est ainsi qu'est baptisée la tournée qui réunit Caetano Veloso et Gilberto Gil. Et qui les verra monter sur scène avec chacun une guitare et un répertoire immense. Caetano & Gil se sont un peu les Brett Butler et Danny Wilde de la musique brésilienne, aux trajectoires individuelles marquées mais dont le destin restera irrémédiablement lié pour l'Histoire, l'esprit indissociable malgré les désaccords et les différences. Nés la même année, en 1942, et tous deux grandis à Salvador de Bahia, l'un est blanc issu d'un milieu modeste, l'autre noir et fils de médecin, les deux sont très engagés politiquement mais quand Gil est nommé ministre de Lula (premier président de gauche depuis leurs propres tribulations tropicalistes), Veloso est dubitatif avant de se raviser. Leurs caractères aussi sont rigoureusement opposés – Veloso est un hyperactif et bon vivant, Gil un gros dormeur (et c'est lui qui sera ministre) et quasiment maître zen – mais ils se complètent comme se complétaient Lennon et Macca et se sont trouvés comme on trouve l'amour, chacun vouant à l'autre une admiration sans bornes et jamais envieuse.

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Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

MUSIQUES | Entre éternels retours et renouvellement forcenés des talents, Jazz à Vienne continue pour sa 35e édition de puiser aux sources du jazz tout en se posant en laboratoire de la musique de demain. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Mercredi 24 juin 2015

Jazz à Vienne - Du 26 juin au 11 juillet à Vienne (38)

On pourrait dire cela de chacune des éditions de Jazz à Vienne, mais c'est particulièrement vrai pour celle-ci : elle marque un retour aux sources, et même plusieurs. D'abord avec une ouverture en forme d'hommage et de déclaration d'amour à la ville-mère du jazz, La Nouvelle Orléans. Où l'on croisera entre autres Dee Dee Bridgewater, mais aussi la fascinante Leyla McCalla, et dont le point d'orgue sera la présence, peu commune, du pianiste, chanteur, auteur-compositeur et surtout producteur de R'n'B originel Allen Toussaint. Comme chaque année, c'est un retour aux sources en chaîne qui s'opère derrière. Retour un peu permanent avec l'éternel comeback de figures comme George Benson ou Didier Lockwood, mais aussi de genres oubliés, avec le légendaire Golden Gate Quartet, qui prêche le gospel depuis 80 ans, et Gilberto Gil et Caetano Veloso, ce couple inspiré qui mit le feux aux poudres de la musique brésilienne (et de la musique tout court) à la fin des années 60 pour accoucher d'un mouvement qu'on appela tropicalisme. Dans le genre all-stars, ne pas manquer n

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Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

MUSIQUES | Réunis pour une tournée commune très attendue qui passe par Vienne, Caetano Veloso et Gilberto Gil ont initié, à la fin des années 60 et en amont de leurs immenses carrières internationales, l'une des grandes révolutions musicales et culturelles du Brésil : le tropicalisme. Un mouvement contestataire contesté qui a durablement marqué les esprits en libérant, parfois contre leur gré, les consciences brésiliennes. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mercredi 1 juillet 2015

Gil & Veloso : une histoire du tropicalisme

Trop radicales ou trop avant-gardistes, il est des épiphanies dont on ne mesure pas immédiatement la portée. On connaît par cœur l'histoire de l'électrification de Bob Dylan qui, un soir de 1965 au festival de Newport, en dépit de l'incrédulité qu'elle suscita, changea à jamais la face du rock. C'est à peu près au même phénomène qu'ont assisté les Brésiliens en 1967, lorsque sur la scène de TV Record, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Os Mutantes ont fait exploser ce qui était alors le canon de la musique brésilienne, à savoir la bossa nova, laissant l'acoustique et les costumes bien mis au placard au profit d'une pop à tête chercheuse arborant cheveux longs et idées pas plus courtes. Vite conspués pour cette rupture radicale avec l'ordre culturel établi, Veloso et Gil, hippies poussés dans le chaudron culturel bahianais, ne font pourtant rien d'autre qu'actualiser les principes édictés par le concept de «cannibalisme culturel» d'Oswaldo Andrade qui, en 1928, prônait la nécessité pour le Brésil d'absorber la culture internationale.

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Jazz à Vienne 2015 : la programmation

ACTUS | La programmation de Jazz à Vienne ? Du classique jamais trop classique, des habitués qui prennent le temps de se changer, des têtes d'affiches de tous ordres. Bref, Vienne tel qu'en lui même : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Jazz à Vienne 2015 : la programmation

Après un premier vrai-faux départ sous forme d'Extra Night avec Pharrell Williams, c'est en mode pas moins happy que va débuter cette année Jazz à Vienne le 26 juin avec un week-end aux accents carnavalesques de la Nouvelle Orléans : de la légendaire figure locale Allen Toussaint au Dirty Dozen Brass Band et à la fascinante et prometteuse Leyla McCalla. En passant, on serait tenté de dire "bien sûr", par Dee Dee Bridgewater qui, après avoir gratifié Vienne de tout le spectre esthétique de la black music, revient en compagnie du New Orleans Jazz Orchestra. Et puisqu'on en est à parler des habitués du festival – ceux dont on a l'impression qu'ils sont là même quand ils ne le sont pas, comme Jean-Jacques Milteau, Éric Bibb, Didier Lockwood ou Éric Truffaz – on ne peut faire l'économie d'un Marcus Miller qui, en compagnie de l'ONL, dirigé pour l'occasion par Damon Gupton, retourne aux sources musicales et géographiques du jazz – un projet au départ discographique baptisé Afrodeezia et première in

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Insomniaque - Soirées du 17 au 23 décembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Pinch à La Marquise, Developer à La Plateforme et Moodyman au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 16 décembre 2014

Insomniaque - Soirées du 17 au 23 décembre

19.12 Polaar #10 On vous a glissé son nom au moment de la venue au Sucre de Shackleton, voilà que Pinch déboule à La Marquise à l'invitation de Flore et sa smala givrée. Père spirituel du dubstep – on insiste sur le "spirituel" – ce natif de Bristol – comme son pote Mumdance, déjà passé par la case Polaar – est aussi le dernier des classiques de cette musique de bas-fonds devenue vacarme pour haute société, sans doute parce qu'il n'a jamais cherché à lui renier ses origines caribéennes. A ce titre, on espère que vous lui réserverez un accueil autrement plus enthousiaste qu'à son compatriote. 20.12 MTR #009 De la techno élémentaire. C'est ainsi qu'il faudrait résumer la musique de Developer, s'il ne s'en chargeait pas lui-même. Le premier album de

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Stephen Sayadian : porno, morale et mise en scène

CONNAITRE | Événement au festival Only porn du Lavoir public : une soirée en hommage à Stephen Sayadian, un des rares auteurs du cinéma pornographique, dont les films ont tous cherché à mettre le porno en abyme dans une démarche pop et subversive. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 9 décembre 2014

Stephen Sayadian : porno, morale et mise en scène

Quelle place pour le cinéma porno dans l’histoire du cinéma ? Du point de vue de la qualité, mineure, mais pas inexistante. Les cinéastes X dignes de son nom ne sont pas nombreux, et peu peuvent s’enorgueillir d’avoir construit une "œuvre". Stephen Sayadian fait donc figure d’exception, et les trois films qui ont assuré sa gloire culte — Night Dreams, Café Flesh et Dr Caligari — démontrent une approche du genre résolument personnelle. Sayadian, qui officiait sous le pseudonyme de F. X. Pope, ne se cache pas derrière son petit doigt : dans ses films, les actes sexuels ne sont pas simulés — mais, trente-cinq ans plus tard, les canons du hard ont bien évolué, et les toisons pubiennes très drues sont clairement moins à la mode. En revanche, ils sont toujours mis en abyme par la mise en scène : dans Night Dreams, une jeune femme est soumise à une expérience médicale novatrice : elle est droguée pour pouvoir enregistrer ses rêves érotiques ; le film avance donc par une suite de scènes qui tiennent autant de l’hallucination psychédélique que de la représentation fantasmatique. Dans le café du sexe perdu Chez Sayadian, le spe

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

ECRANS | "Ocze Masz" de Kacper Lisowski. "Poisson" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux. "Tant qu’il nous reste des fusils à pompe" de Caroline Poggi et Jonathan Vinel. "Café de la plage" de Xavier Champagnac, Prune Saunier et Gilles Gaston-Dreyfus.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l’expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l’Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d’une tuerie façon Columbine. D’ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n’est qu’un vain exercice de style d’un petit malin cherchant à choquer pour choquer. Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu’on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d’un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C’est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l’absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d’abord de refourguer le ga

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Prochain Ciné Brunch le 16 février

ECRANS | Notre prochain Ciné Brunch se tiendra dimanche 16 février à 10h45. On vous rappelle le déroulé de ce rendez-vous dédié aux cinéphiles intrépides et organisé avec la (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 6 février 2014

Prochain Ciné Brunch le 16 février

Notre prochain Ciné Brunch se tiendra dimanche 16 février à 10h45. On vous rappelle le déroulé de ce rendez-vous dédié aux cinéphiles intrépides et organisé avec la complicité du Comœdia et du Café Cousu - Présentation des bandes-annonces des films les plus attendus ;- Projection d'un film-mystère en avant-première ;- Brunch autour duquel vous pourrez échanger avec les équipes du journal et du cinéma. Il vous en coutera 15, 80 € pour la totale (film + brunch) ou 4, 80€ pour le film uniquement. Dans les deux cas, direction les caisses du Comœdia (13 avenue Berthelot, Lyon 7) pour les préventes.

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V pour Veduta

ECRANS | De son intitulé à sa programmation, Veduta, sorte de off du off de la Biennale d’Art Contemporain, est un événement assez obscur. Toujours est-il que (...)

Christophe Chabert | Jeudi 14 novembre 2013

V pour Veduta

De son intitulé à sa programmation, Veduta, sorte de off du off de la Biennale d’Art Contemporain, est un événement assez obscur. Toujours est-il que cette semaine il investit le Pathé Carré-de-Soie à Vaulx-en-Velin pour offrir une programmation pour le moins bigarrée, mais assez stimulante, de films illustrant les «nouvelles formes de récits visuels». Ce qui n’est pas absurde concernant Mulholland drive de David Lynch et Elephant de Gus Van Sant. Mulholland drive, avec sa structure rêve/réalité, le premier raconté linéairement, la deuxième dans un éparpillement de fragments non chronologiques, est effectivement une des expérimentations narratives les plus impressionnantes et innovantes des années 2000. Quant à Elephant, il s’inspire de la tuerie de Columbine, mais en propose une vision kaléidoscopique où chacun des protagonistes évolue dans un espace-temps qui lui est propre et qui paraît autonome, mais que la narration en forme de disque rayé rassemble dans une même simultanéité. Marjane Satrapi, e

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Alceste à bicyclette

ECRANS | De Philippe Le Guay (Fr, 1h45) avec Fabrice Luchini, Lambert Wilson…

Christophe Chabert | Lundi 14 janvier 2013

Alceste à bicyclette

À l’origine de l’«idée originale» du film, Fabrice Luchini a sans doute voulu s’offrir son Looking for Richard : une réflexion sur son métier d’acteur et sa confrontation avec un texte monstre de Molière, Le Misanthrope. Il y a d’ailleurs, dans Alceste à bicyclette, quelques scènes fascinantes où ce comédien génial abolit la frontière entre la réalité et la fiction et se montre seulement au travail, cherchant, hésitant, se reprenant jusqu’à trouver la note juste pour faire vivre sans pompe les alexandrins de Molière. Mais plutôt que de créer un dispositif fort autour de son acteur, Philippe Le Guay lui colle dans les pattes un sparring partner encombrant (Lambert Wilson, très moyen en acteur précieux rendu célèbre par un feuilleton médical sur TF1) et brode autour de pauvres intrigues de fiction qui sentent bon le téléfilm parfumé à la naphtaline. Dire qu’on se fout intégralement de la belle Italienne, du chauffeur de taxi ou de la jeune fille qui tourne des «films X» est un euphémisme, et pourtant, ce foutoir poussiéreux finit par prendre toute la place. Alceste à bicyclette projette ainsi Molière dans une médiocre

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Partir en quenelle

GUIDE URBAIN | Cette semaine nous serons Lyonnais jusqu’au bout de la fourchette. Car depuis quand, pour être honnêtes, n’avez-vous pas mangé une vraie quenelle ? Pas n’importe quel boudin farineux et industriel, non, mais une authentique merveille comme on en sert qu’au Café du Soleil ? Allez hop, on révise ses classiques. Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Jeudi 5 avril 2012

Partir en quenelle

Un peu d’histoire en entrée. Non seulement parce que le Café Restaurant du Soleil (théâtre de Guignol et de L’armée des ombres) est un lieu historique, mais parce que ses murs datent justement de l’époque où est née la quenelle. Vers 1830, au temps où le brochet abondait dans la Saône, le pâtissier Charles Morateur eut cette idée, fameuse, d’incorporer la chair du poisson dans une pâte à choux. Il inventa ainsi ce qui allait devenir le morceau phare de notre gastronomie. Hélas, depuis, le brochet n’abonde plus ni dans la Saône, ni dans la plupart des quenelles à molle consistance industrielle. Sauf ici. Dans la cuisine ensoleillée de Pascal Bonhomme, on moule encore le vrai cocon à la cuillère, dans une panade héritée de la tradition pâtissière. Surtout, la chair de brochet entre pour 35% dans la composition, ce qui en fait un summum de bonne chère. Dans la panade Le savoir-faire saute d’abord aux yeux, quand la fière quenelle arrive gonflée comme un Zeppelin, baignée comme un paquebot dans sa sauce Nantua (un beurre d’é

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Café de Flore

ECRANS | Café de Flore avait le potentiel pour faire décoller le spectateur. Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois de C.R.A.Z.Y, a voulu avec son nouveau long combiner (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 27 janvier 2012

Café de Flore

Café de Flore avait le potentiel pour faire décoller le spectateur. Jean-Marc Vallée, réalisateur québécois de C.R.A.Z.Y, a voulu avec son nouveau long combiner deux histoires dans un même scénario. La première, en 2011, est celle d’un DJ montréalais tiraillé entre son ex-femme et son nouvel amour ; la seconde, dans le Paris des années 1960, raconte le combat et l’amour inconditionnel d’une mère pour son fils trisomique. La partie "parisienne" est, de toute évidence, la mieux maîtrisée. Mais jusqu’ici pas de lien entre les deux si ce n’est la musique, à savoir ce morceau de Matthew Herbert qui sert de fil conducteur et de titre au film. Malheureusement, le spectateur se perd dans les envolées lyriques, la longueur de certaines scènes et ces incessants va-et-vient temporels. L’histoire part dans tous les sens et au fur et à mesure, on s’agace de ne pas connaître ce lien qui réunit les deux histoires. Il faut patienter un bon moment pour enfin comprendre le rapport entre ces destins. Le voile se lève par le biais d’un personnage de second plan ; et c’est par la voie de l’esprit et de l’irrationnel que l’on trouve l’explication finale. Un dénouement mystique, donc

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Le Gamin au vélo

ECRANS | Lumineux, vif et porté par une foi conjointe dans l'homme et dans le cinéma, le nouvel opus des frères Dardenne s'impose comme un sommet dans une œuvre déjà riche en films majeures. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 16 mai 2011

Le Gamin au vélo

Le Gamin au vélo avance à la vitesse fulgurante de son jeune héros de 13 ans. Mais pour une fois, ce n'est pas la caméra sportive des frères Dardenne qui accompagne ce sprint, mais leur récit, dégraissé de tout temps mort, de toute flânerie inutile. Le film le dit dès la première bobine, quand Cyril essaie de s'échapper du centre pour enfants abandonnés avec l'espoir têtu de retrouver son père démissionnaire. Les frères tentent un moment de suivre le gosse parti au galop et tête baissée, puis stoppent brusquement leur beau travelling et le laissent s'évaporer au loin dans le cadre. Ce sont d’impressionnantes ellipses narratives qui ramènent Cyril au centre de l'écran et l'empêchent de prendre la tangente. Le Gamin au vélo parle justement de cela : comment un adolescent va apprendre à calmer sa fougue, cesser de vouloir l'impossible et accepter modestement l'amour simple qu'on lui prodigue. C'est un parcours moral mais c'est aussi un itinéraire cinématographique et romanesque bouleversant. Film noir solaire Cyril est accueilli par Samantha, une coiffeuse bienveillante (Cécile de France, pas du tout déplacée da

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Une famille brésilienne

ECRANS | De Walter Salles et Daniela Thomas (Fr-Brés, 1h48) avec Sandra Corveloni, João Baldasserini…

Christophe Chabert | Mardi 10 mars 2009

Une famille brésilienne

Après son escapade sur les traces du Che (Carnets de voyage) et le pitoyable remake américain de Dark water, retour en terre brésilienne pour Walter Salles (et sa compagne Daniela Thomas). Dans un bidonville de Sao Paulo, une famille plus décomposée que recomposée (quatre enfants, pas de père, une mère à nouveau enceinte) tente de s’accrocher à de maigres bouffées d’espoir. Pour Dario, le football professionnel, malgré des échecs réguliers aux tests de recrutement («trop perso», puis «trop vieux») ; Dieu pour Dinho, qui cumule un job minable de pompiste et une implication croissante dans l’église évangéliste de son quartier ; les filles pour Denis, déjà père mais toujours aussi coucheur ; et un père noir d’ébène pour le métis Reginaldo, cadet de la famille. Film choral dont le centre de gravité est la mère courage, tantôt dépassée, tantôt combative incarnée par Sandra Corveloni (prix d’interprétation à Cannes), Une famille brésilienne étouffe un peu sous la fatalité sociale que ce genre de dispositif induit mécaniquement. Mais Salles et Thomas ont l’intelligence de déborder leur propos par une mise en scène entièrement physique, dans l’action et proche des corps, au rendu est assez

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