Gourmande balade en bas des pentes

Restaurants | Pour un p'tit noir matinal, un déjeuner vite envoyé ou une pause-thé d'après-midi pluvieux, descendre à l'arrêt Croix-Paquet.

Adrien Simon | Mardi 18 octobre 2016

Photo : Away Hostel © Anne Bouillot


Le bas des pentes de la Croix-Rousse présente la plus grande concentration de coffee shops de l'agglo : en plus de La Boîte à Café (place du Forez), qui a converti toute une génération d'étudiants Erasmus à la pâtisserie anglo-saxonne et au jus de chaussette sourcé, citons pèle-mèle Le Tigre (sans gluten, sur la Grande-Côte), l'Effet Canopée (concept store des Capucins), Laureline's Corner (et ses fairy cakes, rue du Romarin) ou encore À chacun sa tasse (rue du Griffon). La place Croix-Paquet est encerclée ! Et ça continue...

Un arabica à l'auberge de jeunesse

Ainsi Away Hostel and Coffee Shop a pris cet été la place de l'INSEEC (rue Alsace Lorraine). C'est d'abord une auberge de jeunesse de cent-vingt lits (en dortoirs, à partir de 23€ la nuit). Un "hostel" selon le vocable en vigueur, qui offre à ses résidents, en plus du couchage, des activités touristiques à bas coût : visite des pentes ou de Fourvière, apéro-pétanque, dégustation de vin (5-7€). Et un grand espace commun au rez-de-chaussée, où ils peuvent zoner sur de gros poufs, venir manger (du p'tit déj au goûter) en compagnie des voisins du quartier.

Dans une salle qui ressemble à un showroom Ikea, on y sert des plats frais, maison, pas chers, pas très finauds mais roboratifs. Comme ces lasagnes au poulet, avec de gros morceaux de carotte violette, courgette et aubergine, et ce qu'il faut de béchamel. À faire suivre d'un bon brownie sans gluten (9€ le tout) en sirotant une boisson à la mode : cidre Appie, jus Patrick Font, Lemonaid, thé glacé ChariTea, café-filtre d'un nouveau torréfacteur lyonnais, OBCR (de 1, 80€ à 3, 50€).

De belles pâtisseries chez myArt

Si l'on est allergique à l'ambiance backpackers il faut aller voir ailleurs... Toujours à Croix-Paquet, on peut aller fêter la demi-année d'existence de myArt. Le lieu est mignon et paraît intimiste en comparaison de la grosse machine suscitée (tables en bois clair, chaises d'écoliers, patères sur rame, plantes en suspension).

Au déjeuner, on y mange par exemple une tarte poireaux-chèvre, après une soupe aux carottes et gingembre ; c'est un peu simple. Côté sucre, on trouve d'éternelles gourmandises à l'accent english (cheese, angel, layer ou pumpkin cakes) et des gâteaux sur leur trente et un (dôme au thé matcha et chocolat blanc Valrhona), de 3, 80€ à 4, 50€. À boire, même mantra : Lemonaid, ChariTea, and so on.

Et un thé chez Torü

Et en remontant la rue Leynaud ? Un autre (tout neuf et tout beau) lieu pour amateurs de pâtisseries et boissons chaudes ! Mobilier chiné et dépareillé, plantes vertes suspendues, tarte chèvre-poireaux, carrot cake, café lyonnais... on commence à connaître la chanson. Mais on aurait tort d'esquiver Torü. L'intérieur, comme l'accueil, est chaleureux.

Le déjeuner, deux plats végétariens au choix (gnocchis maison, sauce gorgonzola ; butternut farcie au quinoa ; risotto aux poireaux ; etc.) semble encore en rodage (pour l'instant, trop chiche trop cher). Les cakes sucrés sont eux parfaits pour tremper dans l'une des cent-vingt références de thé disponible. Car c'est la grande qualité de Torü : on y propose d'impeccables Sencha et White Monkey (des verts de Chine) ou Genmaicha japonais pour 3-4€ les 50cl, servis dans de belles céramiques nipponnes. À vrai dire, on y squatterait bien tout l'automne, près du radiateur.

Away Hostel & Coffee shop
21 rue Alsace-Lorraine, 1er
Tous les jours de 8h à 18h

My Art
3 place Croix-Paquet, 1er
Du mardi au vendredi de 8h30 à 19h, le week-end de 11h à 19h30

Torü
23 Rue René Leynaud, 1er
Du mardi au samedi de 10h à 19h le dimanche de 11h à 17h

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Mowgli : café zen, nourriture saine

Coffee Shop | Alors que la coffee-shopisation du 7e s'accentue, Mowgli sort du lot en proposant une cuisine de qualité et des ateliers bien-être.

Adrien Simon | Mardi 22 janvier 2019

Mowgli : café zen, nourriture saine

Après avoir passé quelques années à Paris, travaillant dans l'événementiel, Laura Perin a choisi Lyon pour ouvrir son coffee shop, plus précisément la Guillotière, parce que le quartier « a déjà bien changé et est encore en train de changer. » C'est exactement le sentiment qu'on a eu en se pointant devant ce coin de rue du 7e, devant lequel étaient nonchalamment garés une trottinette électrique et un vélo en libre-service : trop cliché pour être vrai. En face, il y a l'atelier du Chat Perché, où l'on apprend encore à réparer soi-même son vélo, mais plus pour très longtemps, son pâté de maison étant menacé de destruction dans les mois qui viennent. C'est la réhabilitation à venir de l'ilot Mazagran. Sur la porte du local associatif, une affiche alerte sur la gentrification en cours de ce quartier, où les projets immobiliers se multiplient, faisant grimper en flèche les loyers. On se demande si la multiplication de ces espaces à MacBook et à café pointu est un simple symptôme de l'embourgeoisement d'un quartier. Aux États-Unis, on continue de s'écharper sur cette épineuse question : récemment, dans un quartier hispanique de Los Ange

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Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Une Vie Violente | Metteur et scène, acteur et cinéaste, Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Lundi 14 août 2017

Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse — sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary : Un mois avant de tourner, Thierry a voulu que Jean Michelangeli [l’interprète de Stéphane, NDLR] et moi nous soyons dans la ville de Bastia pour la préparation. On était payés à boire des verres, à aller au resto… (sourires). C’était de l’imprégnation, ça nous a beaucoup aidés. En deux semaines j’ai repris

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Têtes de Maures : "Une vie violente" de Thierry de Peretti

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr, 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto… (9 août)

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Têtes de Maures :

Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les “pinzuti” : le contexte, aussi dramatique que politique est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. A ces “philosophies” irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales. S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination “typique”, Une vie violente évoque par

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Le café Arsène casse la croûte

Restaurant | Les anciens tenanciers de l'Escarcelle convoquent l'esprit (pas suranné mais rénové) des bistrots à la française dans un ancien atelier de bijoutier du 1er arrondissement.

Adrien Simon | Mardi 28 juin 2016

Le café Arsène casse la croûte

On avait lu que deux trentenaires — déjà connus pour leur resto sous les Chartreux : l'Escarcelle, aujourd'hui fermé — voulaient se lancer dans le « vieux café-comptoir à la française, où l'animation ne s'arrêterait jamais. » Ils annonçaient, près de l'Opéra, un vrai (de vrai) bistrot, où l'on pourrait manger un sandwich au bar en lisant la presse ; boire une pression en consultant ses mails ; tenir le crachoir auprès du patron ; avaler un plat du jour sur des banquettes en skaï. Et les patrons de convoquer l'esprit des années 20 : café Arsène, donc. Avant d'arriver, on s'imaginait un vieux zinc en reprise, à l'instar du Café du Rhône, ou du Bistrot des Fauves. Pas du tout. On a l'impression d'un grand cube creusé directement dans la pierre, s'ouvrant via une grande double-porte en bois. Au centre, un énorme comptoir, tout neuf, massif et cubique lui aussi. Autour, des tables hautes, pour boire un coup vite fait. Le long des murs, quelques banquettes en cuir encore brillantes, et au plafond (haut, le plafond) une suspension monumentale. Ok : new look, le café-comptoir. C'est l'atelier d'architecte lyonnais D

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Chappie

ECRANS | Déroute intégrale pour Neill Blomkamp avec ce blockbuster bas du front, au scénario incohérent et à la direction artistique indigente, où il semble parodier son style cyberpunk avec l’inconséquence d’une production Luc Besson. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 6 mars 2015

Chappie

S’il fallait une preuve que la politique des auteurs a des limites, Chappie jouerait à merveille ce rôle : on y voit un cinéaste, le Sud-africain Neill Blomkamp, dont on a pu apprécier la cohérence de ses deux premiers films — District 9 et Elysium — commuer sa rage punk en une grotesque parodie sur un scénario écrit à la va-vite, incapable d’élaborer le moindre discours et même pas foutu d’assurer le minimum syndical en matière de blockbuster futuriste. Pourtant, tout est là : l’alliance entre l’humain et la machine — ici, un robot policier doté d’une intelligence artificielle et récupéré par des gangsters très méchants pour lui faire commettre un braquage permettant d’honorer leurs dettes — un futur proche qui ressemble à une extrapolation de nos ghettos sociaux contemporains, un goût de la destruction et des ruines urbaines… Cet effet de signature n’est qu’un trompe-l’œil : Blomkamp ne retrouve jamais la substance politique, même manichéenne et schématique, de ses œ

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