La Galerie-Atelier 28 ouvre son cabinet de curiosités

GUIDE URBAIN | La petite rue des galeries vient de se doter d’une toute nouvelle pépite d’art : la Galerie des Merveilles, un cabinet de curiosités installé au sous-sol de la Galerie-Atelier 28.

Julie Hainaut | Mercredi 2 novembre 2016

Photo : © Anne Bouillot


Les initiés la parcourent de long en large, à la recherche de jolies peintures, de sculptures atypiques ou de clichés singuliers. Les autres s'arrêtent place des Terreaux, voire s'aventurent parfois jusqu'à la place Croix-Paquet, où foisonnent coffee shops, concept stores et autres lieux hybrides pas encore inaugurés mais qui font déjà le buzz sur Instagram et Snapchat.

Pourtant, la rue Burdeau recèle de trésors artistiques. « Elle est bien trop méconnue et trop peu fréquentée par les Lyonnais. Je suis confrontée à cela depuis que je me suis installée ici il y a cinq ans. Espérons que la nouvelle signalétique indiquant le périmètre créatif des pentes de la Croix-Rousse, qui devrait être mis en place début 2017 par la Ville, changera la donne » indique Martine Bonnaventure, créatrice de la galerie d'art contemporain et de ce nouveau cabinet de curiosités.

Un voyage hors du temps

En bas des escaliers, un miroir de sorcière ovale incorporé dans un miroir rectangulaire géant fait face. Le ton est donné : l'étrangeté règne ici en maître. Dans une petite salle, sont déployées une cinquantaine de pièces uniques issues du monde animal, végétal et minéral – à côté de quelques œuvres d'art dont les tableaux tressés de la lyonnaise Véronique de Soultrait. Au centre, une immense mâchoire de mammouth bien massive contraste avec un élégant squelette de pélican dans sa cage de verre.

Plus loin, des gorgones – de couleur noire, orange ou rouge – se mêlent aux coraux blancs ou rouges, aux papillons multicolores insérés dans un reliquaire en verre bombé ou encore aux Goliaths – les plus gros coléoptères du monde – intacts ou éclatés – permettant ainsi de comprendre comment ils sont articulés. « Chaque trésor est pensé et magnifié par un support étonnant réalisé par Pierre-Emmanuel Grange-Jaricot, dénicheur d'objets de curiosités » précise la galeriste.

Parmi ces merveilles issues de la nature, deux objets captent particulièrement notre attention et nous font véritablement prendre conscience que nous ne sommes qu'un atome de poussière au milieu de l'univers. Une machine en laiton fait léviter une véritable météorite de 605 grammes tombée en Argentine il y a plus de 4000 ans. À côté, une Ammonite de Madagascar Cleoniceras datant du Jurassique – il y a environ 120 millions d'années, donc – est sciée en deux et présentée sur une machine coulissante permettant de découvrir de manière ludique ses faces intérieures.

Sous l'escalier, deux curiosités nous prouvent que la nature finira un jour par reprendre – à juste titre – ses droits sur l'Homme. Des déchets de la mer – l'un sous globe, l'autre sous aquarium – sont colonisés par des Spondyles royaux : la vie sous-marine semble vouloir démontrer sa force.

Galerie-Atelier 28
28, rue Burdeau, Lyon 1er
04 78 28 07 72

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Quand la rue Burdeau s’anime

Reportage | La rue Burdeau qui s’agite ? Cela n’arrive que cinq fois par an, malheureusement, lors du vernissage commun (ou presque) des galeries. Nous y étions le 19 janvier dernier. Récit.

Julie Hainaut | Mardi 25 avril 2017

Quand la rue Burdeau s’anime

17h30. Office de Tourisme. Nous avions eu quelques échos de touristes et de galeristes, nous indiquant que l’Office de Tourisme ne connaissait pas la rue Burdeau et ses fameuses galeries. Nous avons voulu vérifier. Sur place, nous demandons où se situent les galeries lyonnaises. « Là, autour de la place Bellecour » nous assure l’hôtesse d’accueil. Surpris, nous évoquons la rue Burdeau. « Ah oui, je crois qu’il y en a aussi » nous répond-on. Il est 17h35, la petite dizaine de galeries lyonnaises s’apprête à vernir et l’accueil de l’Office de Tourisme n’est pas vraiment au courant. 18h. Depuis l’Opéra, nous empruntons la rue du Griffon puis la Montée Saint-Sébastien, direction la rue Burdeau. Nous sommes jeudi soir, les ruelles sont animées et éclairées, les Lyonnais prennent l’apéro dans les bars environnants, probablement enjoués à l'idée de voir le week-end approcher. 18h05. Arrivée rue Burdeau. Tout est calme et sombre. L’éclairage est quasi-inexistant. La petite dizaine de galerie est ouverte, prête à vernir. Celles qui verniront plus tard (faute de disponibilité de leur artiste ou parce

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Serge Rosenzweig a le sens de l’ordre

La Galerie du Désordre | La boutique du discret Serge Rosenzweig, ancien peintre-décorateur à la Comédie française, est un ovni dans le paysage artistique lyonnais. Dans un esprit de cabinet de curiosités, il mêle les objets décalés et poétiques de l’Europe du XXe siècle.

Julie Hainaut | Mardi 7 juin 2016

Serge Rosenzweig a le sens de l’ordre

Elle est là, toute petite, noyée entre un poisson craquelé des années 30 signé Lejean, un chat à trois pattes du céramiste Fillon, des bijoux vintage de couturier et un luminaire en fer forgé des années 40. Elle nous fixe, nous fait de l’œil, même, et semble, depuis la vitrine, nous sommer de franchir la porte de cette petite galerie. On s’exécute. À l’intérieur se dresse l’élégant et affable Serge Rosenzweig, tout sourire. Le galeriste, designer et ancien peintre en décor de théâtre aux Ateliers de la Comédie Française, met en scène des objets qu’il chine avec soin. Il écume brocantes, marchés aux puces et autres salles des ventes à la recherche d’objets raffinés, chic et parfois désuets. « J’aime le fait de ne jamais savoir ce que je vais acheter et à qui je vais le vendre. Après des années de métier, je suis toujours surpris de la manière dont certaines personnes entrent dans la galerie et filent vers une pièce bien précise. » Comme nous, happés par cette petite chouette toute ronde, en céramique, qui ne cesse de nous fixer, et avec laquelle on repartira. Un joyeux désordre Le Larousse est formel. Le désordre est « l’absence d’ordr

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Curiosités à foison

SCENES | Jeune Public / «Sur scène dans trente minutes». Voilà ce qu'énonce le régisseur aux quatre comédiens sur le plateau mais méfiance, les spectateurs ont en fait vue (...)

Nadja Pobel | Vendredi 22 janvier 2010

Curiosités à foison

Jeune Public / «Sur scène dans trente minutes». Voilà ce qu'énonce le régisseur aux quatre comédiens sur le plateau mais méfiance, les spectateurs ont en fait vue sur les coulisses. Christian Duchange, metteur en scène auréolé du premier Molière décerné à la catégorie jeune public en 2005, a passé commande au jeune et déjà classique Fabrice Melquiot pour créer un spectacle sur ce qui se passe derrière le rideau de scène. À mille lieues d'une démonstration pédagogique sur le métier d'habilleur ou de maquilleur, Melquiot signe un texte un peu «barré» voire surréaliste, rappelant qu'il est également auteur de poésie. Discutant de leurs angoisses, les quatre protagonistes démystifient le théâtre et font valdinguer des poncifs : non la vie de bohème d'une tournée n'est pas toujours réjouissante, non derrière les accolades, la grande famille du spectacle n'est pas forcément soudée. Toutes ces divagations commencent sur une lunette de WC, un cabinet de curiosités à lui seul. C'est dans cette intimité-là qu'une comédienne dit s'inventer des histoires pour conjurer le trac. Melquiot a alors l'audace de laisser filer son imaginaire qui mène ses personnages-explorateurs sur l'île de la supers

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