Groom : le nouveau dandy de la nuit

Club | Salle de concert, club et bar à cocktails : une formule trois en un pour le Groom, nouveau lieu noctambule qui ouvre ses portes ce samedi 13 mai.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 mai 2017

Photo : Douchka © Laurene Berchoteau & Les Gentils Garçons


La scène locale est au coeur de la programmation du Groom, porté par l'équipe de l'Away hostel (à deux pas) et du Slo Living hostel (à Guillotière). Côté concerts, la prog' est confiée à AFX, plus précisément à Jean Brice Lacombe, également directeur du Riddim Collision Festival et Francis Richert, programmateur du festival Changez d'Air. A raison de deux à trois concerts par mois, les jeunes découvertes de la pop/folk/rock française seront invitées à fouler la scène. A commencer par Therapie Taxi et Eddy de Pretto le 4 juin et Inüit, six nantais trempés de pop électronique, le 23 juillet (sous réserve).

Côté club, c'est l'équipe d'Encore qui prend les manettes. Soit Bertrand Fontana, Jacques Antoine Granjon et Clément Ruspil, également actifs chez Totaal Rez, Polaar, De Beaux Crâneurs, Courtship ou Enover. Une belle brochette hyperactive, à l'image de l'effervescence de la scène lyonnaise, qu'ils mettent un point d'honneur à défendre. C'est donc principalement les labels et collectifs lyonnais (tels La Chinerie, Chez Emile Records, LYL Radio…) et les djs locaux, à l'image de Sacha Mambo, Sheitan Brothers ou The Pilotwings, que l'on pourra retrouver au club du Groom. Premiers sur la liste, Douchka et Seth XVI le 21 mai. Avant la venue de Chez Damier, Dj originaire de Chicago, le 25 mai pour le circuit des Nuits Sonores. Car l'équipe se réserve aussi le plaisir d'inviter des pointures internationales, tels que Byron The Aquarius, Mr Tophat ou Thris Tian quelques fois par mois.

Enfin, tel un jeune homme bien urbain et toujours soigné, le Groom a aussi son bar à cocktails, confié à Marc Bonneton (L'Antiquaire, le Redwood, élu meilleur bartender du monde en 2011) et Florian Dubois, lyonnais de retour de Londres où il a géré l'Experimental Cocktail Club et Joyeux Bordel. Un joyeux bordel, c'est ce qu'on peut souhaiter de mieux pour cette nouvelle adresse !

Groom
6 rue Roger Violi, Lyon 1er
Tous les jours de 18h à 1h, jusqu'à 4h30 les jeu, ven, sam
Tarifs : entrée de 0 à 10€, cocktails de 11 à 13€

Ouverture le samedi 13 mai

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Et nous donc… : "Qu'est-ce qu'on a encore fait au Bon Dieu ?"

Comédie | De Philippe de Chauveron (Fr, 1h39) avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Pascal NZonzi…

Vincent Raymond | Mardi 29 janvier 2019

Et nous donc… :

La suite d’un succès du box-office est au cinéma ce qu’une pub pour du parfum est à une star à la mode : inévitable, mais souvent dispensable. Sans surprise donc, Philippe de Chauveron prolonge ici les tribulations de sa famille surcomposée, les Verneuil, dont le patriarche survolté (Clavier, évidemment) doit à présent convaincre ses gendres de ne pas quitter le merveilleux Hexagone, où ceux-ci se sentent brimés et discriminés… Comment dire ? À part une pique à destination de cette kyrielle d’enfants gâtés (on leur suggère le SMIC, pour rigoler), moqués par papa-Verneuil parce qu’ils ont tous voté Macron, ce qui en dit finalement long sur leur sociologie, on reste dans une vraie-fausse dénonciation des racismes et communautarismes. Chauveron semble recaser au passage des “gags“ invendus de À bras ouverts (2017), en intégrant (sans passeport) dans l’histoire un réfugié afghan, brave bouc émissaire sur lequel se défouler — pas de Rom disponible ? — et ajoute un mariage lesbien. Du pur style pathétique bourgeois éclairé téléfilm.

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Encore : entre Rone et Saône

Clubbing | Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 janvier 2019

Encore : entre Rone et Saône

Revoici Rone, décidemment sensible au public lyonnais, qui cette fois vient fêter les six ans du promoteur Encore, l'agitateur de nuits technophiles déambulant entre Saône et Rhône mais aussi Paris, également connu pour apposer sa patte sur le festivals Démon d'Or. Pour l'auteur du beau Mirapolis, il s'agit d'une fin d'ère, de la queue de comète d'une tournée à rallonge qui a rempli les salles : le dernier show avant la prochaine étape, le futur album - le cinquième. Sa pop électronique et onirique a rencontré un large succès, comblant le fossé entre le mainstream et la rave, fascinant aussi bien Jean-Michel Jarre avec lequel il composa que les amateurs de petits matins moites. Erwan Castex de son vrai nom est aujourd'hui incontournable - comme Chloé, également à la même affiche, compositrice de petites merveilles électroniques (mais bien trop rares : seulement trois albums depuis 2002) et DJ implacable : nul doute que cette soirée, où figure encore Markus Gibb (signé sur Lumière Noire, le label de Chloé), s'annonce chatoyante. Ce sera au Transbordeur, ce samedi 12 janvier à 23h30.

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Tatiana Frolova : Back in the U.S.S.R. au Point du Jour

Théâtre | Depuis 1985, de sa Sibérie natale, Tatiana Frolova dit ce qu'est son pays, ses errements et son incapacité à se regarder. Créé l'an dernier à Lyon, Je n'ai pas encore commencé à vivre revient au Point du Jour. Sans concession et ultra sensible.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Tatiana Frolova : Back in the U.S.S.R. au Point du Jour

Comment cautérise un pays ? Sur quoi ses habitants peuvent-il s'appuyer pour être un peu meilleurs que leurs aînés ? Tatiana Frolova identifie comme ciment de ses compatriotes russes la peur. Celle héritée d'histoires familiales douloureuses et d'une nation meurtrière. Certains pourtant, « ces gens qui ne lisaient pas de livres, rackettaient de l'argent avec violence, sont devenus députés » constate-t-elle sans détour. « Ils avaient lutté pour notre liberté mais en fait, la majorité n'en avait pas besoin. Ils avaient juste besoin de s'empiffrer ou d'acheter des meubles et dans les années 90, ils ont enfin pu s'empiffrer, et puis ils ont acheté des meubles, des maisons, des usines et tout le pays ». Ce n'est pas la première fois que la metteuse en scène serpente dans des récits intimes (Je suis) ou nationaux (Une guerre personnelle sur la Tchétchénie)

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3 questions à Marc Bonneton, boss de L'Officine

Cocktails | Après L’Antiquaire, Marc Bonneton ouvre au sein du Grand Hôtel-Dieu un nouveau bar à cocktails appelé à régner au-delà de la cité : L’Officine. Rencontre.

Adrien Simon | Mardi 30 octobre 2018

3 questions à Marc Bonneton, boss de L'Officine

Quel était l’état du cocktail à Lyon dans les années 2000, et qu’est-ce qui vous a poussé, avec Arnaud Grosset, à ouvrir le Soda Bar ? Marc Bonneton : J'avais pris une claque avec les bars à cocktails londoniens. Il n'y avait rien d'équivalent à l'époque à Lyon : des bars jeunes, sympas, ambiancés... Ici, on en était encore à boire soit de mauvais mélanges en boîte de nuit, soit des classiques dans des palaces. La fin des années 90 et le début des années 2000 en Angleterre et aussi à New York, c'est le second âge d'or du cocktail (le premier étant la période 1880-1919 aux USA) : il y a un vrai renouveau avec l'essor de plus petits bars, moins bourgeois, inventifs, plus liés à la street culture. Et ensuite ? Depuis dix ans, l'arrivée de ce genre de bar en France, ça a tiré tout le monde vers le haut. Maintenant on peut retrouver des classiques bien faits dans beaucoup d'endroit. Un moscow mule, il y a dix ans personne ne connaissait, maintenant on en trouve des bons en boîte de nuit. Il faut distinguer trois types de verres : les classiques, indémodables ; les tendances, notamment imposés par les grands gr

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Ça s'agite dans les verres

Cocktails | Si le mot cocktail vous évoque mojito, spritz ou pina colada, c'est que vous avez raté une étape. Rattrapage : les dix dernières années furent celles du renouveau mixologique. Les pionniers lyonnais, après avoir remis les classiques au goût du jour, avancent désormais en terra incognita, armés d’alcools pointus, de liqueurs et sirops maison et de leur inventivité. Tour d'horizon, à l'occasion de l'ouverture de L'Officine.

Adrien Simon | Mardi 30 octobre 2018

Ça s'agite dans les verres

Début 2000, alors qu'on s'enjaillait déjà à Londres, dans des bars dédiés aux cocktails, la France avait le shaker en berne. On sirotait encore façon James Bond : dry martini et smoking, au bar d'un hôtel international. Éventuellement façon Don Draper (sazerac, en costard et fauteuil club) ou Carrie Bradshaw (cosmopolitan, entre filles). Pas très original. C'est la jeunesse Easyjet de retour de week-ends outre-Manche qui a décrété qu'on s'ennuyait sec dans les rades français. Mais que ce n'était pas une fatalité. Cette jeunesse s'est appelée Experimental Cocktail Club à Paris, ouvert en 2007 dans le quartier de Montorgueil, et Soda Bar à Lyon, inauguré quelques mois plus tôt dans le quartier de La Martinière. On y venait (et on y vient toujours) pour l’ambiance funk mais cosy, et pour le contenu des verres, des classiques revisités pour pas très cher. Ses créateurs, Arnaud Grosset et Marc Bonneton, se sont depuis séparés. L’un a ouvert le Monkey Club, sa déco façon cabinet de curiosité et sa belle terrasse guinguette sur la place Tolozan. Et l’autre L’Antiquaire, son

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Cinq bougies : Encore !

Clubbing | Voici venir l'un des line-ups les plus trépidants de l'année, dès son entame ! Logique : le promoteur Encore fête ses cinq années d'activisme techno et convie au Transbordeur rien moins que Derrick May et Octave One.

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Cinq bougies : Encore !

Derrick May, c'est le patron. L'un des trois fondateurs du genre qui fait aujourd'hui danser toute la planète, la techno : avec Kevin Saunderson et Juan Atkins, il formait ce que l'on appela les trois de Belleville, du nom du quartier de Détroit où ils grandirent et vite se lièrent d'amitié. Il est l'auteur d'une citation devenue mythique pour définir la techno venue de sa ville : « Notre musique, c'est la rencontre dans un même ascenseur de George Clinton et de Kraftwerk. » La punchline résume à merveille la collision entre ses deux influences : la synth-pop européenne (Ultravox, Depeche Mode...) et la soul & funk de sa ville natale, celle du label Motown. On lui doit quelques anthems absolus, comme The Strings of Life. Et un label, Transmat, sur lequel il fît émerger la seconde génération de Détroit, comme Kenny Larkin, Carl Craig ou encore Stacey Pullen. Bref, un mythe dont les sets résonnent longtemps dans les souvenirs. Fût un temps, pas l'une de ses pre

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"À mon âge je me cache encore pour fumer" : no smoking

ECRANS | de Rayhana Obermeyer (Fr-Gr-Alg, 1h30) Hiam Abbass, Biyouna, Fadila Belkebla, Nadia Kaci…

Vincent Raymond | Mardi 25 avril 2017

Dans l’enceinte d’un hammam algérien, pendant les années noires, des femmes se retrouvent hors de la férule et des regards des hommes. Entre complicité et solidarité, rivalités et divergences, elles se mettent à nu, au propre comme au figuré. Au départ succès sur les planches, la pièce de Rayhana s’offre ici une parcelle d’éternité grâce à la productrice engagée Michèle Ray-Gavras, séduite par sa dimension politique. Il est vrai que cette confrontation kaléidoscopique d’opinions et de vécus féminins mérite de prolonger sa vie sur grand écran aujourd’hui, alors que les fièvres islamistes des années 1990 ont contaminé d’autres pays. Certes, le message véhiculé se révèle plus marquant ou remarquable que la forme du film, mise en images plutôt sèche (un comble pour un hammam) devant beaucoup à l’intensité de ses comédiennes. La séquence finale tranche par sa profondeur métaphorique : on y voit des voiles s’envoler au-dessus de la Méditerranée, pareils à des oiseaux. Les Algériennes se sont débarrassées de l’oppressante étoffe, mais d’autres femmes su

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 3 janvier 2017

Insomniaque

06>01>17 BELLONA JEF K C'est le genre de DJ que l'on oublie un peu : tellement présent dans le paysage depuis longtemps (1992 !), mais sans hit populaire et rarement placé en headliner des gros festivals... Jef K est plutôt un incontournable de l'exigente scène club, arpentant sans relâche les contrées lointaines (ou pas) pour distiller sa house, qu'elle soit deep, soul ou minimale, celle qu'il défend sur son excellent label Silver Network, valeur sûre du groove. Respect. 06>01>17 LE SUCRE ENCORE Promoteur de goût, Encore fête ses quatre années d'activisme électronique sur un week-end étalé entre le Sucre et le Club Transbo le samedi 7 janvier. La première soirée du côté de Confluence convie le londonien Ross From Friends (en live), Linkwood et Folamour. La seconde partie étant confiée à l'Australien basé à Londres

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches

Sébastien Broquet | Mardi 15 mars 2016

Insomniaque

16.03.16 La Marquise Brother Culture Des années que Brother Culture incendie les dances d’Angleterre et d’ailleurs, lui qui a débuté en 1982 au sein du sound Jah Revelation Muzik, dans sa ville natale de Brixton. Voix incontournable de la scène reggae, c’est avec Manasseh et par un featuring avec Kanka qu’on l’a découvert en France. Nul doute qu’il va enflammer cette Reggae Boat Party, lors de laquelle il sera backé par le sound lyonnais Zion High Foundation, adepte de sessions où tout le panel reggae des 45 dernières années est passé en revue, d’Alton Ellis à Soom T. Autre crew à l’affiche : les régionaux Brainless Sound System — estampillés dub & acid. Irie. 18.03.16 Le Petit Salon Louisahhh!!! b2b Maelstrom C’était censé être la nouvelle bombe mondialisée révélée par Ed Banger. Il n’en fut rien : Louisahhh!!!, encore aujourd’hui, ne s’est pas vraiment émancipée ; on la présente toujours comme "la protégée de Brodinski"… Reste que les productions de l’Américaine, signée

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Encore heureux

ECRANS | De Benoît Graffin (Fr, 1h33) avec Sandrine Kiberlain, Édouard Baer, Bulle Ogier…

Vincent Raymond | Mardi 26 janvier 2016

Encore heureux

Quand des petits-bourgeois s’attellent à l’écriture d’une comédie vaguement sociale (chacun des mots mérite d’être pesé : on suit ici une famille dont le père, cadre sup’ au chômage depuis deux ans, squatte un studio des beaux quartiers parisiens) en faisant l’économie d’un script doctor, la vraisemblance et la dignité en prennent pour leur grade. Quelques exemples à la volée ? L’histoire est censée se passer autour du réveillon de Noël, de surcroît en week-end ; or tout est ouvert fort tard, y compris les administrations, qui n’hésitent pas à menacer d’expulsion… en pleine trêve hivernale. Un besoin urgent d’argent se fait sentir ? La mère s’en va troquer ses faveurs contre un chèque auprès d’un bellâtre de supérette — ah, le romantisme de la prostitution occasionnelle ! Même en ajoutant un macchabée voyageur en guise d’hypothétique ressort (au point où l’on en est...), le scénario continue de tirer à hue et à dia, atteignant à peine la cheville brisée de la moindre pochade d’humour noir belge. Miséricorde pour les comédiens, ils devaient avoir faim. VR

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Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

MUSIQUES | 03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 30 septembre 2015

Les soirées du 30 septembre au 6 octobre

03.10 Encore Tel Van Pelt, le chasseur qui voulait faire de Robin Williams une descente de lit dans Jumanji (chacun ses classiques), le collectif Encore n'aura visiblement de répit que le jour où il aura accroché à son tableau de chasse toutes les figures historiques de la techno. Cette semaine, c'est ainsi au tour de Kevin Saunderson de voir sa tête placardée au-dessus de la cheminée, en l'occurrence celle du Petit Salon, en sa qualité d'originator, à égalité avec Juan Atkins et Derrick May, du "nouveau son pour danser de Detroit" – il paraît qu'on utilise trop d'anglicismes, alors voilà, enjoy (oups).

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XY repousse les limites de la haute voltige

SCENES | 22, rev'là les... vingt-deux acrobates de la compagnie XY et leur dernière création, "Il n'est pas encore minuit...". L'un des triomphes de la dernière Biennale de la danse, littéralement vertigineux et moins désinvolte qu'il n'y paraît. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 19 mai 2015

XY repousse les limites de la haute voltige

«Citius, Altius, Fortius.» «Plus haut, plus fort, plus vite.» C'est la devise des Jeux Olympiques, telle que la formula Pierre de Coubertin en 1894. Ce pourrait être celle de XY, compagnie lilloise versée dans l'art à hauts risques du porté acrobatique dont elle n'a de cesse de repousser les limites formelles et spatiales depuis sa fondation en 2005. Sa nouvelle création la voit franchir un nouveau palier : présentée en avant-première à la prestigieuse Biennale de la danse, où elle fut unanimement acclamée, Il n'est pas encore minuit... met en scène pas moins de vingt-deux costauds et voltigeurs. Cette force numérique est d'abord, évidemment, un facteur de multiplication. Multiplication des hauteurs – en fait de "pyramides humaines", il faudrait ici parler de "points culminants humains". Multiplication des distances – en particulier lors d'une suite de propulsions par "planches sauteuses" digne d'un jeu de plates-formes. Mais aussi multiplication des possibilités d'interaction, le spectacle s'équilibrant entre ascensions synchronisées et cabrioles faussement désordonnées, délicates mises en péril en petit comité et crises de hardies

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5 soirées à suivre

MUSIQUES | Chaque semaine à Lyon, on dénombre plus de soirées électro que d'occurrences du mot fuck dans une minute du Loup de Wall Street (soit pas moins de neuf). Histoire d'y voir plus clair, voici les habitués de notre rubrique Insomniaque qui affichent les line-ups de rentrée les plus excitants. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 23 septembre 2014

5 soirées à suivre

We Are Reality A l'heure où des scientifiques étudient sérieusement la possibilité que notre réalité ne soit qu'une simulation informatique, le Sucre s'impose avec ce rendez-vous bi-mensuel comme l'endroit où garder les pieds sur terre. Difficile en effet de faire plus concret que la techno promue par We Are Reality, dont le casting a cet automne, entre les retours du maestro Carl Craig (19 octobre, avec le cogneur britannique Boddika) et des figures de proue du Berghain (Ben Klock le 5 octobre, Marcel Dettman le 2 novembre), des airs de who's who. A ne pas manquer également, un détour house par la case Innervisions avec ses fondateurs, Dixon

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Au terme de sa compétition, le festival du film court de Villeurbanne semble dessiner un boulevard pour le génial The Mass of men, qui a survolé la journée d’hier, malgré quelques belles révélations. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

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Vous n’avez encore rien vu

ECRANS | À travers un dispositif sophistiqué mais vite répétitif, Alain Resnais interroge l’éternel retour de l’art et la disparition de ceux qui le font vivre, dans une œuvre plus mortifère que crépusculaire plombée par le texte suranné de Jean Anouilh. Fin de partie ? Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 20 septembre 2012

Vous n’avez encore rien vu

Depuis sa belle association avec Bacri et Jaoui, Alain Resnais semble tourner chacun de ses films comme si c’était le dernier, ou plutôt en intégrant à ses récits cette conscience du spectateur : maintenant nonagénaire, le réalisateur rédige manifestement son testament artistique. Pourtant, les relents d’angoisse qui venaient pétrifier l’hiver de Cœurs ou la fugue printanière des Herbes folles n’avaient rien de surprenants de la part d’un homme dont le premier film était un documentaire de montage sur les camps de concentration nazis… Si crépuscule il y a, c’est plutôt dans la forme des films : on avait beau parler de «légèreté» et de «fantaisie», on sentait de plus en plus que ce cinéma-là trahissait son âge. Vous n’avez encore rien vu ne laisse plus de doute : Resnais régresse ouvertement vers un temps (les années 40) où les prémisses de ce cinéma moderne dont il fût un des ambassadeurs voisinaient avec un néo-classicisme théâtral aujourd’hui poussiéreux. Retour vers le passé Il y a donc le dispositif : de

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Cannes jour 6 : Le Crépuscule des vieux

ECRANS | No de Pablo Larrain. Vous n’avez encore rien vu d’Alain Resnais. La Part des anges de Ken Loach

Christophe Chabert | Mardi 22 mai 2012

Cannes jour 6 : Le Crépuscule des vieux

Dans ce journal quotidien (ou presque) du festival, on n’a pas le temps de parler de tout ce que l’on voit au fil des projections (déjà 23 films au compteur, quand même). Parmi les oublis que l’on ne se pardonne pas, il y a le formidable No de Pablo Larrain, présenté à la Quinzaine des réalisateurs, et qui restera comme un des sommets de cette édition. Larrain aborde pour la troisième fois consécutive les années Pincochet après Tony Manero et Post mortem, films certes forts et pertinents, mais un brin auteurisants et fermés sur leur dispositif formel. Avec No, le cinéaste chilien passe une sacrée vitesse, puisque ledit dispositif se résume en une seule idée : No ressemble à une vieille VHS des années 80, avec ses couleurs baveuses et son écran 4/3. Coquetterie moche ? Pas du tout, mais alors pas du tout. Dans No, Larrain raconte la campagne autour du plébiscite pro-Pinochet de 1988, signe d’ouverture démocratique qui devait théoriquement conforter le pouvoir du dictateur vieillissant. En adoptant la forme télévisuelle de l’époque, il peut donc intégrer toutes les archives, véridiques quoique souvent a

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