Boulang' & Patiss' : la Cuisine Itinérante en voie de sédentarisation

Restaurant | La Cuisine Itinérante ouvre une boulangerie bio, près de Jean Macé, « un lieu de convivialité et d’ouverture » avec une petite « restauration paysanne ». Derrière le jargon écoresponsable on découvre, ouf !, du bon pain. Et même du bon vin !

Adrien Simon | Mardi 27 juin 2017

Photo : © DR


La Cuisine Itinérante est un traiteur pas tout à fait comme les autres. Vous avez peut-être déjà croisé cette joyeuse troupe : dans un mariage, ou plus sûrement dans un salon (aux Débouchées, ou au Lyon Bière Festival, cette année).

Sa démarche, résumée : cuisiner des produits frais, locaux et souvent bio, tout en essayant de tirer les prix (de vente) vers le bas. Faire à manger en prenant soin des liens entre producteurs et consommateurs ; faire du bon, mais aussi du sensé ; faire une cuisine, en somme, qui triture gentiment la tête, qui donne à réfléchir sur notre monde alimentaire et « la vie des paysans. »

Avec de telles ambitions, la Cuisine Itinérante ne pouvait se limiter au catering. L'un des fondateurs, Axel Hernandez, qui co-créa aussi le bar De L'autre Côté du Pont, l'avoue aisément : « l'objectif c'est de démocratiser l'alimentation durable. Dès l'origine, il était prévu de développer une multitude de projets. » Ainsi à l'automne dernier, les itinérants ont commencé à se sédentariser. En ouvrant une épicerie (du frais, du sec, bio-local) avenue Lacassagne. En prévoyant un bar à tapas, dans les nouvelles Halles de la Martinière (actuellement en construction). Sans oublier ce qui les occupe présentement : l'ouverture d'une boulangerie, près de Jean Macé.

Nous sommes ici au bout de la rue de Marseille, près des rails. Plus précisément, dans l'immeuble Hévéa, ancienne usine Le Joint Lyonnais devenue centre ETIC. Un immeuble de bureaux et d'espaces de coworking, pour les travailleurs de « l'innovation sociale » et du « développement durable. » Au rez-de-chaussée, une école maternelle (privée et hors-contrat, dédiée aux pédagogies Steiner, Montessori, etc.), et la boulangerie qui nous intéresse. Qui ressemble de prime abord plus à un resto U, qu'au lieu bio-cool que l'on suspectait.

Sous faux-plafond et néons : des murs en crépis blanc, un mobilier fonctionnel, des clients qui mangent en pianotant, des affichettes signalétiques plastifiées pour indiquer où ramener son plateau et un comptoir réfrigéré rempli de choses à grignoter. Des pains et viennoiseries bien sûr, mais aussi de quoi déjeuner, avec par exemple une réjouissante formule du midi (15€).

En entrée, une sympathique part de pizza, à la pâte épaisse, garnie en mode rustique (gros morceaux de légumes, dont des carottes). Puis, sortant d'un chafing-dish, une galette de lentilles un peu sèche, mais qui se réhydrate avec un bon dahl de lentilles. Le tout est évidemment servi avec du pain, réalisé juste derrière par Benoît, le boulanger, à l'aide d'une farine bio de l'Ain. On le soupçonne de confectionner aussi cette sacrée part de brownie au chocolat, servie en dessert.

Enfin, un détail qui n'en est pas un : on sert ici de jolis canons. Grâce à Romain Reihnart, un adepte des vins natures qui tint il y a dix ans le Saint-Jus, rue Saint-Georges. Et qui propose des jus biodynamiques, notamment l'excellente Syrah du Domaine des 7 Lunes, servie à prix d'ami, et le viognier du plus méridional Mas de l'Escarida, sans sulfites ajoutés. Une belle adresse.

Boulang' & Patiss'
107 rue de Marseille, Lyon 7e
09 81 27 98 30

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Les Halles de la Martinière deviennent un food court

Food | Les halles municipales ont rouvert, après une intense (éco)rénovation. On y trouve une épicerie, un dealer de jus, un poissonnier, une crêperie et un bar à vins et tapas, ayant pour mantra commun l'alimentation durable.

Adrien Simon | Mardi 5 décembre 2017

Les Halles de la Martinière deviennent un food court

La halle millésimée 1838 était devenue le serpent de mer de la Martinière. Voilà près de quinze ans qu'il était question à son propos de changement. La mairie projeta d'abord de privatiser le bâtiment - on murmura le nom de Casino, voire de Bahadourian. Pour diverses raisons, notamment la mobilisation d'habitants du quartier, le projet fut ajourné puis abandonné, ce qui n'empêcha pas la halle de se vider de ses commerçants et de finir par fermer. Furent alors évoqués plusieurs projets de reprise, dont l'un, en 2013, mené par des producteurs de la région - qui échoua, encore. Finalement, il fallut l'intervention d'Etic, un créateur et financeur de projets immobiliers "responsables", pour que la perspective d'une réouverture devienne crédible. Avec un bon million d'euros d'investissements et un an de travaux, les murs en béton et l'amiante posés dans les années 60 ont disparu, les colonnettes en fonte et leurs paniers de fruits ont réapparus, et le bâtiment a regagné des couleurs, ou plutôt de la lumière. Il est aujourd'hui cerclé de grandes baies

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