Le Mexique à l'assaut des Pentes

Restaurants | Les accros aux tacos se ruent vers les Terreaux, où deux restaurants de cuisine mexicaine viennent d'ouvrir simultanément.

Adrien Simon | Mardi 14 novembre 2017

Photo : © Anne Bouillot


Les madames Irma des tendances culinaires nous avaient prévenu : la mode du taco arrive en France, depuis le Mexique, via les USA. Précision utile : on ne parle pas ici du french tacos, la galette de blé pliée en parallépipède remplie de viande et de frites, snack né à Vaulx-en-Velin et qui, après Grenoble est en train de contaminer toute la France. Mais bien du taco américain, dont la base est une petite tortilla souple (et non pas frite comme dans les kits vendus en supermarché), fabriquée à base de masa harina, une farine de maïs nixtamalisée - procédé méso-américain qui consiste traditionnellement à cuire les grains de maïs dans de l'eau mélangée à de la cendre.

Une cantine à tacos vient donc d'ouvrir en face du coffee shop historique de Mokxa, place du Forez - l'étonnante place toute ronde (regardez le ciel) traversée par la rue des Capucins. L'affaire est tenue par Enrique Gomez, qui fit ses classes à l'Institut Paul Bocuse et chez quelques chefs étoilés (notamment chez Ducasse à Londres), avant d'ouvrir un fast-food (mexicain) à la Confluence. Et désormais cette Cantina qui en jette, avec ses murs pétants, son papier peint tropical, ses abat-jours en osier importés du Mexique, et son mobilier bois-métal coloré de réfectoire branché.

En cuisine, on retrouve deux chefs mexicains, Manuel et Ruben, passés chez Têtedoie. Et qui confectionnent, outre des ceviches de lieu jaune (du poissonnier Vianey), les fameux tacos. Dont ceux al pastor : c'est à dire à l'échine de porc, marinée à la tomate, au piment doux et l'ananas, le fruit étant piqué au sommet de la broche verticale sur laquelle l'ensemble rôtit comme un kebab. La viande, finement découpée, est jetée dans trois tortillas pliées en deux (pour 9, 50€), accompagnée de plein de coriandre, d'oignons nouveaux et d'une sauce vierge plus ou moins pimentée.

À goûter aussi, les veggies, garnis de purée de haricots noirs, feta, guacamole, pickles d'oignons et nopales : des morceaux de feuilles de cactus (des figuiers de barbarie), qu'on peut trouver en France conservées en saumure (comme des cornichons). Et en dessert un original cake chocolat-amarante (4€), à accompagner d'un petit verre de mezcal artisanal de Oaxaca (5€) ou de tequila bio, pour un résultat d'ensemble aussi frais et agréable que la déco.

Notons l'ouverture simultanée, et à quelques mètres de là, d'un restaurant CalMex ou TexMex, enfin bref d'influence mexicano-étasunienne : Loco. La chose est dirigée par les gérants de Two Amigos, qui ont acquis une bonne réputation du côté de la place Ampère (Lyon 2e). En guise de plat, on a goûté deux petites tortillas de blé, garnies de paleron de bœuf fondant, de deux (trop) petits points de guacamole, de poivrons très grillés, accompagnés de mini-bols de purée de haricots noirs et de riz un peu sec.
Pour dessert, on s'est contenté d'un entremet au beurre de cacahuète bizarrement aigrelet. On aurait pu mettre les défauts sur le compte du rodage, mais nous étions absolument seuls ce midi-là pour une expérience mitigée qui nous coûta, au déjeuner, la bagatelle de 24€50 (avec une Brooklyn Lager à la pression).

GoMex Cantina
Place du Forez, Lyon 1er
Tous les jours de 11h à 22h, service non-stop

Loco
11 rue Terme, Lyon 1er
De midi à 14h30 et de 19h à 22h30, fermé le dimanche

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Los Modernos, image et magie

Photographie | « Image et magie, ce sont les mêmes lettres et c’est la photographie » dit Edouard Boubat. C’est particulièrement vrai dans le cas des (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 19 décembre 2017

Los Modernos, image et magie

« Image et magie, ce sont les mêmes lettres et c’est la photographie » dit Edouard Boubat. C’est particulièrement vrai dans le cas des photographes mexicains, souvent considérés comme surréalistes même si leur intention de départ est très éloignée. Selon Manuel Alvarez Bravo, légende de la photographie mexicaine du XXe siècle, « elle est une écriture surréaliste en soi » et de nombreux photographes mexicains développent une poésie visuelle reflétant la réalité de leur pays, confrontant les rites et la violence de leur culture. Entre documentaire, journalisme et expression personnelle, les photos d’Hector Garcia sont fortes et esthétiques. Graciela Itubirde s’intéresse à la culture indigène mexicaine et aux confrontations entre la tradition et le contemporain, offrant des images poétiques et oniriques. La Révolution mexicaine et l’effervescence sociopolitique et culturelle qui l’a suivi ont aussi attiré de nombreux photographes étrangers dans les années 1920/30. Dont le regard se porte avant tout sur les enjeux esthétiques et conceptuels, reléguant le "mexicanisme" et le folklore en arrière

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5 expos à voir en décembre

Sélection | ​Le Mexique, la photographie et le design graphique sont au programme ce mois de décembre. Voici notre sélection haute en couleurs et en formes pour vous réchauffer les mirettes.

Lisa Dumoulin | Mardi 5 décembre 2017

5 expos à voir en décembre

Los Modernos, dialogues France Mexique au musée des Beaux-Arts De Frida Kahlo à Henri Cartier-Bresson, de Picasso à Diego Rivera, voilà l’expo de l’hiver qui réunira tout le monde : peinture, sculpture, mais aussi - grande première - photographie, l’exposition Los Modernos fait dialoguer les grands noms de l’art moderne français et mexicain qui se sont mutuellement influencés, notamment les scènes cubistes et surréalistes. À ne pas manquer. Mexique, aller-retour à la galerie Le Réverbère En écho à l’exposition Los Modernos au musée des Beaux-Arts, dont le commissaire associé pour la collection de photographies est Jacques Damez, co-directeur de la galerie, Le Réverbère propose un accrochage plus contemporain, autour des clichés de Pablo Ortíz Monasterio, Bernard Plossu et Denis Roche. Le Mexique et ses mythes en ligne de mire, chacun à leur manière. Une invitation au voyage.

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Au Piquín, mezcal et piment

Restaurant | Dépaysement garanti : il faut s'enfoncer en plein 3e ; South Part-Dieu. En venant de la rue Paul-Bert, on passe via un porche, sous un immeuble qui fut (...)

Adrien Simon | Mardi 24 mai 2016

Au Piquín, mezcal et piment

Dépaysement garanti : il faut s'enfoncer en plein 3e ; South Part-Dieu. En venant de la rue Paul-Bert, on passe via un porche, sous un immeuble qui fut moderne, pour rejoindre la rue d'Essling. C'est ici, à la place d'un ancien resto steak-frites, que l'on trouve le tout chaud Piquín. Décor bariolé-mais-sobre, chaises dépareillées, tables indus', et cuisine mexicaine — pas Tex-Mex, précise le gérant. Lui, c'est Hugo, ex-institut Paul Bocuse, où il rencontra sa compagne Sandra. Elle, qui vient du Mexique, donc, cuisine. En entrée, un ceviche, du guacamole ou un roboratif plat de nachos : haricots noirs, avocat, fromage fondu, le tout sur des tortillas frites. Les galettes de maïs sont faites sur place, et servent de base aux spécialités maison, les tacos. Pliées en deux, elles accueillent des farces variées : porc mariné achiote-jus d'orange ; bœuf cuit tout doucement, aux tomates fraiches et piment ; merlan frit et chou cru ; poulpe entier grillé dans une sauce verte pimentée... À manger avec les doigts, au risque pour les néophytes d'en mettre partout... Le dessert pas cher change souvent, par exemple l'alléchant baba au mezcal, ananas rôti. Enfin,

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Le cercle polar

CONNAITRE | A mesure que le polar élargit ses horizons, que les frontières entre les genres, les sociétés et les supports tombent, Quais du polar se régale à repousser chaque année un peu plus les contours de son sujet. Garantissant par là même de ne jamais résoudre l'énigme qui préside à une littérature de "divertissement" qui console nos misères en les autopsiant. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 22 mars 2013

Le cercle polar

Il est loin le temps où, dans nos bibliothèques, polar et série noire se résumaient à un triptyque américano-anglo-franchouillard. Sans doute le symbole ultime de ce bouleversement est-il le très prisé polar polaire, mis à l'honneur cette année via l'invité d'honneur Henning Mankell, le "père" du commissaire Wallander. Une fausse piste toutefois, puisque Quais du Polar ira fouiner du côté d'un continent assez peu exploré, vu d'ici du moins, par la littérature policière (et qui pourtant nous abreuve de polars hard-boiled au cinéma) : l'Asie. Seconde fausse piste en réalité car hormis le Chinois Qiu Xiaolong, créateur de l'Inspecteur Chen, les deux autres invités "asiatiques" sont des occidentaux aux œuvres infusées aux sociétés thaïe (John Burdett) et japonaise (Romain Slocombe). Sans doute un indice de la mondialisation à l'œuvre au sein d'une forme de littérature qui voit de plus en plus loin que La Blonde au coin de la rue chère à David Goodis. Du Noir et du futur D'un continent l'autre, d'un univers l'autre au

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Go Mex

GUIDE URBAIN | Comme le dit le fameux proverbe mariachi : si tu ne vas pas au Mexique, le Mexique viendra à toi. Que ce soit par la voix de Brian Lopez ou par les tacos du Go Mex, nous nous sommes piqués cette semaine d’une envie de faire monter le cactus dans la salsa. Arriba ! Stéphanie Lopez

Stéphanie Lopez | Jeudi 12 avril 2012

Go Mex

Parmi l’affligeante constellation d’enseignes aseptisées qui composent l’insipide Pôle Confluence, nous avons sauvé une adresse, qui, contre toute attente, cuisine de l’authentique qui fait ventre. Dans ce tout nouveau fast food lancé par un chef mexicain, nous sommes certes bien loin des vieilles pierres de Palenque et des casas typiques aux murs bariolés, mais la trilogie tacos-burritos-guacamole peut se targuer d’une certaine authenticité. Côté cuisine, le chef Enrique Gomez Moro reste fidèle à ses origines, en préparant lui-même toutes les sauces, marinades et totopos. Même si son Go Mex joue la carte du frichti pris sur le pouce, Señor Moro est un vrai cuistot, formé à l’Institut Bocuse avant d’œuvrer chez Ducasse et au Royal Monceau. Frichti aux frijoles L’air de rien, c’est donc une vraie part de patrimoine culinaire mexicain qui se prépare ici, sous les yeux du client pressé ou de la shoppeuse en pause déjeuner. On choisit sa galette de base (tacos ou burrito), sa viande, ses garnitures (riz, haricots frijoles

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L’impro vise haut

SCENES | Multiplication des troupes, formules de plus en plus originales et abouties visant tout type de publics : l’improvisation est devenue à Lyon un incontournable du spectacle vivant. Plan général de ce phénomène et zoom sur deux concepts novateurs. Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 25 novembre 2011

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Il y a presque vingt ans, en septembre 1991, à l’initiative d’une poignée de comédiens s’inspirant des ligues québécoises mais aussi des tentatives parisiennes du genre, Lyon se dotait de sa première compagnie d’improvisation, la LILY (Ligue d’Improvisation LYonnaise). Deux décennies plus tard, le genre connaît un boom manifeste, avec une douzaine de troupes en exercice, des rendez-vous réguliers un peu partout, des concepts d’une grande originalité, des spectacles qui s’adressent à tous les publics ou qui ne cherchent plus seulement le comique pur… Signe qui ne trompe pas : alors que l’impro avait au départ trouvé refuge dans des lieux qui en avaient fait leur spécificité (la Graine, devenue depuis la Mi-Graine, La Marquise, presque tous les cafés-théâtre ont aujourd’hui leur spectacle improvisé, sinon leur compagnie attitrée (les Schyzoz au Fou, Les Dingos au Repaire, Les Improlocos aux Tontons flingueurs, Et compagnie à l’Espace Gerson, la LILY au Complexe du rire, la Lilyade à la Mi-Graine…). Tout a démarré avec les fameux Matchs d’impro, répliques de ceux créés au Québec sur des règles strictes : une patinoire, deux équipes en tenue de hockey, un arbitre fixant des contrain

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L’heureux propriétaire d’un sex-shop, par ailleurs mari aimant et attentionné, a eu le malheur de partir en fumée avec son établissement après un terrible incendie. C’est son frère aîné, plutôt coincé, et sa femme, plutôt pincée, qui doivent reprendre le lieu après travaux, tout en essayant de calmer les ardeurs pubères de leur grand ado. Pour cela, ils décident de l’envoyer dans le lycée catho de l’autre côté de la rue, tenu par un directeur rigide et manifestement névrosé. Ledit directeur refuse par ailleurs d’accorder une augmentation à une de ses enseignantes, ce qui conduit la pauvre à aller postuler comme strip-teaseuse dans le fameux sex-shop, où un geek survolté et impuissant fabrique en douce une machine énigmatique… Ce ne sont que quelques fils de S, la nouvelle série semi improvisée de La Scène Déménage, qui s’installe le premier mardi de chaque mois en bas du Complexe du rire. Manifestement inspiré par Six feet under, Jocelyn Flipo trouve ici un nouveau terrain de jeu après une saison de Plasma et trois saisons de Désordre(s), à travers lesquelles il avait forgé ce concept novateur. Chaque comédien incarne un personnage unique dont il conna

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Hecho en México

SCENES | Alors que l'Année du Mexique n'est plus, des artistes parviennent encore à faire entendre la voix des Mexicains en France. C'est le cas avec Hecho en (...)

Nadja Pobel | Jeudi 28 avril 2011

Hecho en México

Alors que l'Année du Mexique n'est plus, des artistes parviennent encore à faire entendre la voix des Mexicains en France. C'est le cas avec Hecho en México, festival coordonné par le metteur en scène Olivier Mouginot, l'auteur Guillermo Léón et la comédienne Lætitia Lallen Bi Bénie. Cette manifestation permet d'entendre des textes d'écrivains contemporains du Mexique dans des lieux théâtraux, librairies, médiathèques... du 9 mai au 9 juin via de simples lectures ou des mises en espace plus élaborées de textes traduits en français pour l'occasion. Deux auteurs font même le déplacement en France : Edgar Chías et David Olguín. Coup d'envoi de ce mois mexicain : lundi 9 mai au théâtre de l'Élysée avec Aller simple pour le paradis de Jorge Celaya. NP

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