Le Wagon Bar : le voyage incertain

Restaurant roulant | « Restaurant inédit », « carte signée du chef étoilé Jérémy Galvan », « vue exceptionnelle sur les plus beaux endroits de Lyon », « expérience gastronomique hors du commun ». Le communiqué de presse était plein de promesses. On était plein d’espoir.

Julie Hainaut | Mardi 15 mai 2018

Photo : © DR


19h45. On est sur place, complètement surexcitée à l'idée de déguster un menu gastronomique dans un cadre insolite – bus à impériale, toit panoramique. On grimpe l'escalier et on s'installe au fond, à droite.

20h07. Cinq minutes que le moteur chauffe, on a déjà testé plusieurs fonctionnalités de la tablette fournie. On a eu 4/5 à l'un des quizz (on a appris qu'il y aurait 500 traboules à Lyon), on a jeté un œil à l'itinéraire prévu (classique) et, déformation professionnelle, on a essayé de corriger les fautes d'orthographe, de grammaire et de syntaxe des descriptions des monuments de Lyon. On a faim et hâte. Le bus démarre.

20h15. La mise en bouche est servie alors qu'on se dirige vers Saint-Jean. Ça tangue, mais cette mini bavaroise carotte cumin, pickles de carotte et calamansi est parfaite, ça compense. Le verre est aimanté à la table, il faut le prendre avec les deux mains. Et plutôt lorsque le feu est rouge. Ou alors ne pas se risquer à porter une chemise blanche ET à boire du vin rouge. La vie est faite de choix.

20h41. On a boulotté quatre morceaux de pain, refait un quizz (on a eu 5/5), essayé de boire sans en renverser la moitié et googlisé « truc contre le mal des transports ». L'entrée arrive enfin. Œuf parfait qui porte bien son nom, asperge curcuma, mousse d'Ardi Gasna et œufs de truite. Il fait chaud.

20h59. Nous sommes près de Gerland. Le plat végétarien déboule. Le serveur annonce : « méli-mélo de légumes, beurre blanc verveine et persil plat. » Comprendre : haricots, petits pois, beurre. Impression de déjà-vu : pendant que son acolyte mange de la protéine animale, le végétarien mange les accompagnements, pour le même prix (menu à 76€ hors boisson). Déception. Avant de réserver une table, il faut choisir entre le menu classique et le menu végétarien, les deux étant des « menus en 6 plats, signé Jérémy Galvan ». Sous-entendu : gastronomiques. Le plat est bon, mais ni gastronomique, ni adapté aux végétariens.

21h15. Gare de Jean Macé. L'iPad nous explique que « le T2 est un tramway tout neuf avec de beaux wagons ». Ok.

21h20. Le deuxième plat végétarien débarque : « tagliatelles à la truffe, crème de beaufort, amandes et noisettes ». Sur le papier, ça envoie. Dans l'assiette, moins. On est brassés, on a chaud, on est à deux doigts de jeter son lest paf comme ça sur la nappe toute blanche, on prendrait bien l'air. Google ne nous a toujours pas donné de truc.

21h38. Nous découvrons la Part-Dieu.

22h10. Après avoir avalé le fromage (Époisses, Ossau-Iraty ornés d'un chutney courge-citron XXS), le bus s'arrête sur les quais du Rhône. On s'empresse de sortir prendre une bonne bouffée d'air.

22h24. Le bus redémarre. Le dessert est envoyé (et bon) : citron, gingembre, meringue café et glace yaourt.

23h. Terminus, tout le monde descend. Bilan : mitigé. On a aimé le côté insolite et atypique du lieu, le style Art Déco, certains plats et la dextérité des cuisiniers et serveurs pendant un voyage si agité. On a moins aimé le rapport qualité-prix, la longueur entre les plats et le fait d'essayer de rester digne face à ces hauts-le-cœur. La vie est faite de choix.

Départ à 20h du lundi au samedi et à midi les samedis et dimanches, place Bellecour.
Durée : 3h.
76€ le menu (classique ou végétarien)

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