Le Melville, nouveau bar à bringues

Café-Concert | Le mois de septembre, c’est comme le lundi : on n’est clairement pas prêts, on a besoin d’aide, de soutien, de réconfort, de fortifiant, d’encouragement. Comprendre : d’apéros. Bonne nouvelle : un tout nouveau bar à concerts a ouvert ses portes à Saint-Georges.

Julie Hainaut | Mardi 17 septembre 2019

Photo : © DR


Ce n'est ni un bar à cocktails, ni un pub à bières, ni une cave à vin. C'est un bar avec des cocktails, de la bière et du vin (et des softs). La nuance est de taille. « Avec Le Melville, nous souhaitions revenir aux origines du bar, au bar-concert des années 2000, authentique, simple. Un vrai lieu festif qui mélange les genres, les musiques, les styles. Qui rassemble » explique le co-fondateur Julien Dussauge (à qui l'on doit également Sauvage et La Cuisinerie). Un emplacement évident pour celui qui avait l'habitude d'investir le sous-sol du lieu avec son groupe de rock il y a quelques années, quand il abritait le bar emblématique de Saint-Georges, Le Citron. Lorsqu'il apprend que le lieu est en vente – entre temps, le Berliner s'y était installé –, il demande à Jérôme Laupies de Mediatone (son premier maître de stage – Julien a été agent d'artistes pendant une dizaine d'années) si l'aventure lui dit. Banco, le Melville ouvre ses portes le 6 septembre.

Objectif festif

La promesse : une carte des boissons soignée (produits locaux et/ou artisanaux mis à l'honneur), des soirées avec concerts (essentiellement de la black music et de la soul), des blind tests et une atmosphère (vraiment) sans chichi. Le tout sur trois niveaux : l'étage cosy est idéal pour débuter ou finir la soirée, la cave voûtée est dédiée aux soirées festives et le rez-de-chaussée comprend l'essentiel : le bar.

À l'ardoise, des bières pression, bouteille et canette, une petite sélection de vins, de nombreux spiritueux, des cocktails low alcohol (à faible dose d'alcool mais intense en goût, comme chez Sauvage) et des "créations". Lors de notre passage, ces derniers n'étaient pas encore en place – nous avons a dû nous rabattre sur un classique Moscow Mule (parfait) et un Côte du Forez (idem) – mais rassurez-vous, ils devraient l'être pour l'inauguration (festive, vous avez compris l'idée).

Au programme : folk et hip-hop le 19 septembre (Faik, DJ Tarik BZD), house, funk et disco le 20 septembre (Bourbon St. Night) et électro house le 21 septembre (Guillaume de Kadebostany). Côté panse à combler, pour le moment, pas de planches apéro. De la finger food devrait débarquer d'ici fin septembre, promet le maître des lieux. En attendant, vous pouvez toujours boulotter des tapas maison à La Cuisinerie, le restaurant accolé au Melville. Et repartir ainsi le cœur gonflé à bloc pour affronter mardi, la météo-yoyo ou tout simplement le monde actuel.

Le Melville
20 rue St Georges, Lyon 5e
Tél. : 04 72 64 23 26
Du mardi au samedi de 18h à 1h ; à partir de 8€ le cocktail, 6€ la pinte, 4€ le verre de vin

À venir : Yannick Owen le 26 septembre, Bourbon St. Night le 27 septembre et Amy B le 28 septembre


Guillaume de Kadebostany


Melville 20 rue St-Georges Lyon 5e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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"404" de Sabri Louatah : identité introuvable

Littérature | Thriller technologico-rural haletant sorti au mois de janvier, 404 est le roman à lire cet été. Où l'auteur stéphanois Sabri Louatah, auteur de la tétralogie Les Sauvages, adaptée en série, continue, sur fond d'uchronie où les deepfakes "contaminent" les cerveaux, de questionner l'identité française et notre rapport à l'immigration.

Stéphane Duchêne | Jeudi 9 juillet 2020

Se souvenir de cette vidéo de Barack Obama dans laquelle l'ex-président des États-Unis traitait l'actuel de "grosse merde". Avant, au bout de quelques secondes, de désamorcer la supercherie mise en place par l'acteur et réalisateur Jordan Peele. Un faux, une prouesse technologique, nous mettant en garde contre les dangers d'Internet et des fake news. Notamment les deepfakes, vidéos terriblement réalistes possiblement capables de mettre à genoux la religion saint-Thomasienne de la preuve par l'image. C'est sur un épisode de cette trempe mais autrement plus salé que s'ouvre le 404, de Sabri Louatah, l'auteur des Sauvages – où l'on suivait l'accession au pouvoir en France d'un président kabyle. Là encore, il est question de présidence de la République : en pleine campagne présidentielle 2022, la candidat

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Les Sète cents coups : "Jeunesse sauvage" de Frédéric Carpentier

Drame | Portrait d’une jeunesse à la marge, entre la cour de récréation et la cour des grands, à la lisière de la délinquance et du crime ; portrait d’une jeunesse à la rue et sans amour, à l’heure des choix ou de la mort. Un premier long-métrage réussi de Frédéric Carpentier.

Vincent Raymond | Vendredi 26 juin 2020

Les Sète cents coups :

Les rues de Sète. Quand il ne veille pas sur son père malade psychique SDF, Raphaël règne sur son gang avec sa gueule d’ange. Détroussant les passants, piquant des caisses, il joue volontiers du poing sans jamais aller trop loin. Pas assez pour son bras droit Kevin qui, lui, en veut plus… Quelque part entre L’Enfant sauvage vieilli et un Pickpocket contemporain, Raphaël est le héraut de cette jeunesse farouche et féroce si bien dépeinte par le titre, autant que le héros d’une épopée dont on devine dès les premières images sa trajectoire de longue fuite tragique. Redoutable de beauté solaire, inquiétant comme ces démons androgynes nés de la plume de Manara ; prénommé comme l’archange annonciateur du Jugement dernier et le peintre de la délicatesse, Raphaël est aussi un concentré de paradoxes, écartelé entre ses pulsions de conquête violente et la prescience d’une fatalité immanente. S’il donne l’impression de reprendre à son compte la phrase de Chirac « un chef doit cheffer

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Le Nord, le Sud, et le reste… : "L'Etat Sauvage"

Western | 1861. Alors que la Guerre de Sécession fait rage, les Français sont sommés par l’Empereur de rester neutres. Pour Edmond et les siens qui vivent dans le Sud, la situation devient intenable. Ils décident donc de rentrer au pays, mais doivent pour ce faire traverser un vaste espace sauvage.

Vincent Raymond | Mardi 18 février 2020

Le Nord, le Sud, et le reste… :

Ontologiquement lié à la geste légendaire d’un territoire conquis (asservi ?) par des immigrants, le western, genre labouré dans tous les sens, n’a cependant cessé d’évoluer grâce à des regards extérieurs, inattendus voire “défendus“ : la vision opératique de Leone lui redonna un sens épique, La Flèche brisée (1950) modifia la perception manichéenne des Indiens, l’ascèse de Kelly Reichardt (entre autres) pour La Dernière Piste (2011) développa sa dimension métaphysique. Hybridé, modernisé, tarantinisé, le western n’en demeure pas moins empli d’angles morts historiques ; une aubaine pour les auteurs de tous horizons : après Audiard ou Iñárritu, David Perrault s’y engouffre ici avec bonheur. Son approche est réjouissante car elle se trouve “à cheval“ — si l’on ose — entre les deux cultures européenne et américaine, et voit s’affronter spécificités et paradoxes propres à chacune (attitude vis-à-vis des Noirs affranchis ou non, des femmes…).

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Chaussez vos talons aiguilles pour Le Sucre

Clubbing | C'est devenu un incontournable : la Garçon Sauvage du jour de l'an, au Sucre, affole les clubbeurs et clubbeuses d'une ville qui n'est désormais plus (...)

Sébastien Broquet | Mardi 17 décembre 2019

Chaussez vos talons aiguilles pour Le Sucre

C'est devenu un incontournable : la Garçon Sauvage du jour de l'an, au Sucre, affole les clubbeurs et clubbeuses d'une ville qui n'est désormais plus seule à profiter des fêtes aguicheuses de Plusbellelanuit depuis que le Rex Club à Paris où une seconde résidence s'est installée, que Montpellier et d'autres encore font appel à Chantal la Nuit et à son crew de drag queens sauvages pour illuminer leurs programmations. Alors, bien sûr, pour ce réveillon haut perché sur talons de 10cm, L'Homme Seul, résident habituel, est présent : entre italo disco et deep house, ses sets ont tendance à faire transpirer langoureusement. Le traditionnel live de minuit est assuré par Dombrance, qui ramène nos politiques sur le dancefloor avec un certain humour — l'on dit que cette perf' fut fort remarquée lors des Transmusicales de Rennes 2018. Enfin, il faudra compter aussi avec le vétéran des platines P.Moore, lui qui pa

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Pêche à l’homme : "Le Lac aux oies sauvages"

Thriller | Une guerre des gangs de voleurs de motos laisse Zhou Zenong blessé et en cavale dans la région du Lac aux oies sauvages, traqué par les hommes du capitaine Liu. Alors qu’il s’attend à retrouver son épouse Yang Shujun, c’est une mystérieuse prostituée, Liu Aiai, qui est au rendez-vous…

Vincent Raymond | Mardi 17 décembre 2019

Pêche à l’homme :

Aux dires des festivaliers, Diao Yinan était le plus sérieux compétiteur de Bong Joon-ho sur la Croisette cette année. Précédé de l’aura de sa précédente réalisation et Ours d’or 2014, Black Coal, Le Lac aux oies sauvages pouvait bénéficier d’un a priori favorable. Mais, suivant l’adage vaticanesque appliqué à Cannes, un palmé putatif durant la Quinzaine se retrouve souvent fort dépourvu au palmarès ; Diao est donc reparti bredouille. La sortie de son film en salles devrait lui permettre de se rattraper. Car il s’agit d’un thriller haut en couleurs. Pas uniquement du fait de sa somptueuse photographie magnifiant les séquences nocturnes illuminées aux néons, dans de subtils jeux d’alliances chromatiques. Mais également par sa construction à la linéarité non strictement euclidienne, où le présent subit d’entrée les contrecoups d’un passé sanglant, déployé dans de minutieux flashback. Diao Yinan possède l’art de raconter ; et s’il s’amuse à jouer sur

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La Nouvelle star Beaujolais

Festival | Si vous avez malencontreusement loupé la jeune étoile pop stéphanoise Paillette en showcase, ce mardi 19 (date de l'ouverture de Nouvelles Voix), la voilà de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 19 novembre 2019

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Si vous avez malencontreusement loupé la jeune étoile pop stéphanoise Paillette en showcase, ce mardi 19 (date de l'ouverture de Nouvelles Voix), la voilà de nouveau sur scène au Centre culturel de Gléteins à Jassans-Riottier (depuis Villefranche, prendre à droite après l'Ain, la rivière), à retrouver également le 12 décembre au Théâtre de Tarare. Comme chaque année, Nouvelles Voix lève le voi(x)le sur la jeune production française tous azimuts : blues cajun de Delgres ; pop dahocompatible de Parka Valentine mais aussi la shiva rap-pop Aloïse Sauvage, clairement la prochaine grosse chose du paysage pop français ; la très alanguie Vendredi sur Mer, le hip-hop Buzz boosté de Blu Jaylah, et un autre Stéphanois, ténor du rap décloisonné Zed Yun Pavarotti. Tout cela, et d'autres choses à défricher au gré de déambulations caladoises jusqu'au 22 novembre.

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Le mythe du bond sauvage

Littérature | Aux côtés de Luc Lang, Claudie Hunzinger vient en la Villa Gillet traiter de la question de l'ensauvagement du monde, thème qui traverse l'hymne à la noblesse sauvage des cervidés qu'est son dernier roman, Les Grands Cerfs, pressenti pour le Médicis.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

Le mythe du bond sauvage

Il faut, pour comprendre ce qui se joue dans le dernier roman de Claudie Hunzinger, Les Grands Cerfs, avoir eu l'occasion, la chance entropique, d'une telle épiphanie : assister quand l'automne est tombé, au détour d'un chemin sylvestre, ou s'en étant écarté pour quelque sensation vététiste à l'apparition furtive et édénique d'un cerf, figeant l'instant à planter ses yeux dans les vôtres, interdit et défiant, avant de disparaître le temps d'un battement de cil et comme dans un rêve. Depuis sa réclusion volontaire dans une métairie des montagnes vosgiennes (« ce minuscule topos utopique »), l'écrivaine s'intéresse à ce souverain des forêts profondes, ces fantômes que la nature ne laisse entrevoir qu'avec peu de largesses. Il faut pour cela, donc, un coup du destin valant bénédiction, ou bien la persévérance de l'affût. Celle qu'acquiert Pamina, l'héroïne, double de l'autrice des Grands Cerfs. Qui avec la complicité de Léo, chasseur (d'images) de cerfs installé sur le terrain qu'elle occupe avec son mari, va apprendre à approcher pour contempler ces rois que la

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Leurs années sauvages

Krautrock | D'une libation en ciné-concert est né le duo Berceau des Volontés Sauvages qui présente au Périscope, à l'occasion d'une soirée à multiples entrées, son déflagrant premier album de post-krautrock cosmique façon tabula rasa.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 octobre 2019

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Où naissent les volontés sauvages ? C'est la question, indémélable, à laquelle semble vouloir répondre Berceau des Volontés Sauvages, étonnant mariage de la carpe et du lapin célébré par Alban Jamin (que l'on a aimé dans un tout autre genre comme l'adroit guitariste du meilleur groupe du monde de Lyon : The Purple Lords) et Joost Van Der Werd (membre actif de la galaxie Hallucinations Collectives, fondateur, sous un autre nom, le sien, de l'indispensable maison d'édition lyonnaise Le Feu Sacré, jadis chanteur du groupe helvète Iscariote et bassiste post-hardcore d'Overmars). L'affaire a commencé, pour ce qui est de la sphère publique, par un ciné-concert halluciné où le duo tissa une étrange atmopshère sonore autour d'un film muet d'avant-garde japonais, Une Page folle (1926) tiré des limbes de l'oubli, dinguerie absolue

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L'ARALL passe en revue

CONNAITRE | Voilà plusieurs années que la lettre d'Auvergne-Rhône-Alpes Livres et Lecture (à l'époque ARALD) avait disparu. La voici de retour sous une forme nouvelle, celle (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 1 octobre 2019

L'ARALL passe en revue

Voilà plusieurs années que la lettre d'Auvergne-Rhône-Alpes Livres et Lecture (à l'époque ARALD) avait disparu. La voici de retour sous une forme nouvelle, celle d'une revue graphiquement très élégante. Nantie d'une thématique (Sauvage pour ce numéro de septembre), la publication balaie les productions des différents auteurs et maisons d'édition de la (grande) région, sous la forme de nombreuses critiques (douze pages de nouveautés), d'entretiens (ici, Laurence Loutre-Barbier de Fage Éditions pour une collection sur le... funéraire) et de focus (ce mois-ci sur l'immense auteur américain Gilbert Sorrentino dont le précieux éditeur grenoblois Cent pages détient une partie des traductions françaises (son chef d'œuvre méta-fictionnel Salmigondis, Red le Démon, Steelwork). Disponible en version papier à l'adresse contact@auvergnerhonealpes-livre-lecture.org ou

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Dé-pistés aux Subsistances

Cirque | Comment font les circassiens pour s’entraîner ? Où planter des mâts ? Où disposer des tapis épais ? Hormis les écoles nationales, les salles de (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Dé-pistés aux Subsistances

Comment font les circassiens pour s’entraîner ? Où planter des mâts ? Où disposer des tapis épais ? Hormis les écoles nationales, les salles de la Grainerie à Toulouse et bientôt celle du Pôle National de Cirque de l’Archèche, point de salut. C’est ce manque de structure que pointent les circassiens, via le festival UtoPistes et la compagnie de Mathurin Bolze MPTA, ce mercredi 5 juin à 16h aux Subsistances pour un entrainement sauvage ouvert à tous. Aussi ludique que politique.

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Tout Melville : L’Hexagone noir

Rétrospective | L’Institut Lumière a débuté une rétrospective intégrale de l’œuvre trop brève du pape du film policier français, Jean-Pierre Melville. Chapeau bas !

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Tout Melville : L’Hexagone noir

Il n'y a pas de plus profonde singularité que celle de Jean-Pierre Melville (1917-1973) dans le cinéma français. Si ce n’est celle d’Alfred Hitchcock à Hollywood… Peut-être… À l’instar de son aîné britannique, le réalisateur français a imprimé une double marque dans le genre policier : en construisant sa silhouette entre mille reconnaissable (lunettes noires & Stetson), mais également en définissant un style de récit où l’action est aussi blanche que les peaux livides et les décors gris, douchés par la pâleur des lumières artificielles. Où les personnages épousent les marges, frayent avec l’ombre, côtoient l’interlope ; où le plomb du silence pèse sur des hommes confrontés à leur solitude, à leur destin et/ou à leurs démons intérieurs. L’amuï américain Cette “formule” trouvant sa quintessence dans Le Samouraï (1967), Melville l’obtient, en patient alchimiste, à force non d’ajouts mais de soustractions et d’épure — ne dit-on pas less is more outre-Manche ? Inspiré par le roman et le cinéma noirs américains, comme par ses a

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Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Anniversaire | Trois jours de festivités à l'Auditorium pour fêter les vingt ans de l'association Arty Farty, à l'origine du festival Nuits sonores : voici le programme dévoilé.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 janvier 2019

Arty Farty fête ses vingt ans avec Arnaud Rebotini

Arty Farty, l'association derrière Nuits sonores, est née en 1999 - quelques années avant le lancement du festival électronique lui-même, en 2003. Depuis, d'autres projets ont essaimé, de déclinaisons à Bruxelles et Tanger en passant par l'European Lab puis plus récemment Attable. C'est donc l'anniversaire d'un acteur majeur de la cité qui se fête à l'Auditorium, sur trois jours, du vendredi 15 au dimanche 17 mars prochain. Le programme vient d'être dévoilé : après une inauguration le vendredi 15 dans l'Atrium, place est laissée à l'émission de télévision Tracks (sur Arte) pour une nuit immersive à base de performances et de déambulations, dont le détail sera donné ultérieurement. La fête se poursuivant en mode clubbing avec le DJ américain Rrose, adepte d'une techno expérimentale, qui sera accompagné d'un fidèle du festival et ancien de l'équipe, P.Moore. Garçon Sauvage investit l'Auditorium Samedi 16, après une session de Mini Sonore à destination des kids, et deux programmes Extra! (un blind test de Nina & Simone et un karaoké techno), l'O

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Garçon Sauvage, toujours là

Clubbing | C'est devenu un classique du passage vers une nouvelle année à Lyon : quitter le Sucre au petit matin, le maquillage un brin dégoulinant et checker l'after (...)

Sébastien Broquet | Mardi 11 décembre 2018

Garçon Sauvage, toujours là

C'est devenu un classique du passage vers une nouvelle année à Lyon : quitter le Sucre au petit matin, le maquillage un brin dégoulinant et checker l'after qui se profile, puisqu'il est hors de question de se coucher maintenant après une nuit de dérives hédonistes en compagnie de la bande la plus folle du clubbing d'ici, Plusbellelanuit. Cette Garçon Sauvage (déjà sold out, sorry) ne devrait pas déroger à la règle : L'Homme Seul est toujours là, résident fidèle, adepte du nu disco et de l'indie dance. Le fameux live de minuit est confié à Gnucci, rappeuse venue de Suède, qui dépossède le hip-hop de certains codes pour le plonger dans l'univers plus coloré de la tropical bass et de l'eurodance (ah, la Suède...). Nous, on trouve ça un brin cheap et kitch, vraiment so 90's, mais nul doute que dans le contexte, sa performance survitaminée fera son petit effet. Côté guests, on guettera la session bourrée d'edits disco de Doctr et au final, le set d'une valeur sûre de la nuit lyonnaise, Miimo, résident habituel des soirées Art Feast dont l'éclectisme saura emporter les éventuels endormis. On sait d'avance que ce sera la fête la plus déjantée de la ville - bien entendu, mieu

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Sauvage innocence aux Halles du Faubourg

Art | Réunissant plusieurs structures artistiques et des plasticiens de tous horizons, Les Nouveaux Sauvages investissent les Halles du Faubourg, une ancienne usine lyonnaise. Retour sur la soirée d'inauguration et notre regard sur l'expo.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 8 octobre 2018

Sauvage innocence aux Halles du Faubourg

Vendredi 5 octobre dans le septième arrondissement, 19h30. L'atmosphère est douce, presque estivale, sereine et bon enfant... Une longue file d'indiennes et d'indiens lyonnais s'étend depuis l'Impasse des Chalets pour déboucher dans le grand tipi de 1200 m² des Halles du Faubourg qui accueille l'exposition-événement Les Nouveaux sauvages. Avant de pouvoir y pénétrer, deux cow-boys sympathiques et bonhommes, en des gestes aujourd'hui ritualisés, fouillent les sacs des peaux rouges amateurs d'art. Si l'on avait laissé chez soi flèches et tomahawks, il devenait alors possible de découvrir une ancienne usine retoquée avec goût par quelques jeunes architectes d'intérieur et scénographes, espace rythmé par des éléments métalliques repeints en bleu. Au sein de ce beau volume, voué à une existence artistique éphémère avant projet immobilier, d'autres tipis sont dressés : une grande tente d'aspect militaire où le collectif lyonnais Frigo&Co présente une installation vidéo démultipliant des yeux borgnes autour du spectateur ;

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Attention aux Nouveaux Sauvages

Alternatif | C'est peut-être bien le rendez-vous le plus attendu de la rentrée côté arts : l'exposition Les Nouveaux Sauvages, en un lieu encore inconnu nommé Halles du (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 19 septembre 2018

Attention aux Nouveaux Sauvages

C'est peut-être bien le rendez-vous le plus attendu de la rentrée côté arts : l'exposition Les Nouveaux Sauvages, en un lieu encore inconnu nommé Halles du Faubourg, excite assurément en réunissant au cœur d'une friche industrielle du 7e arrondissement de Lyon quelques activistes aux talents variés pour concocter un espace immersif qui risque fort d'être aussi festif. Décloisonner, surprendre et fédérer : on pourrait résumer ainsi l'initiative de la Taverne Gutenberg, qui conçoit cette expo, et de Intermèdes, qui gère ce lieu provisoire. Reprenons. Sont réunis à partir du 5 octobre, jour de vernissage, et jusqu'au 11 novembre, plusieurs co-commissaires pour une exposition commune : la galerie Françoise Besson pour la peinture contemporaine, le spot dédié au street art Sitio, les punks numériques de Frigo&co relancés après quelques années de sommeil, cultes dès 1978. Côté photographie, c'est le Bleu du Ciel qui prend les choses en main. Le Mirage Festival amène son expertise de l'art numérique. Et bien entendu, la Taverne Gutenberg intervient aussi dans ce commissariat. Côté artistes et intervenants, sont cités Shab, les graffeurs Mr Sphinx et

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Arts plastiques : attention fragile !

Tour d'horizon | Moment délicat de transition pour les arts plastiques à Lyon, où l'on attend notamment un "nom" pour diriger le Musée et la Biennale d'Art Contemporain. Pendant ce temps, d'autres acteurs, ailleurs, prennent des initiatives et secouent les modèles habituels d'exposition.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Arts plastiques : attention fragile !

La semaine passée, nous remarquions dans ces colonnes que tous les voyants étaient au vert concernant la danse à Lyon. Dans le domaine des arts plastiques, les choses sont beaucoup plus nuancées, voire assez brouillonnes. À l'heure où nous écrivons, notamment, le Musée d'Art Contemporain et la Biennale d'Art Contemporain attendent toujours leur... directrice ou directeur. Thierry Raspail est parti à la retraite en avril dernier, a conçu la prochaine exposition du MAC consacrée à Bernard Venet, et après, tout n'est que suspense et incertitude. Il faut dire que l'équation est un peu compliquée depuis le lancement par la Ville de Lyon d'un Pôle musées d'art (regroupant le Musée des Beaux-Arts et le MAC) co-dirigé par Sylvie Ramond (directrice du Musée des Beaux-Arts) et le futur directeur du MAC. Comment dès

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L’arbre, le père et le puits : "Le Poirier sauvage"

Drame | Un film de Nuri Bilge Ceylan (Tur, 3h08), avec Doğu Demirkol, Murat Cemcir, Bennu Yıldırımlar…

Vincent Raymond | Mercredi 8 août 2018

L’arbre, le père et le puits :

Fraîchement diplômé, Sinan rentre en Anatolie où son père instituteur, plutôt que de rembourser ses dettes de jeu, passe son temps à creuser un puits. Se rêvant écrivain, Sinan tente de réunir des fonds pour éditer son premier roman. Mission ardue dans la Turquie contemporaine… Entre saga et chronique sociale, ce portrait d’une jeunesse désenchantée naturellement en rupture avec ses aînés — le père de Sinan, traînant petits mensonges, son insolvabilité chronique et poussant ses ricanements satisfaits à tout bout de champ, donne carrément le bâton pour se faire battre — Le Poirier Sauvage la montre sans perspective non plus : n’étant pas assurés d’obtenir un emploi d’enseignant, ou déprimés à l’idée d’être affectés à l’intérieur des terres, les jeunes diplômés préfèrent rejoindre les forces anti-émeutes pour casser sans remords du manifestant — voilà qui en dit long sur l’état de l’État. Sans attaquer directement le régime d’Erdogan, Nuri Bilge Ceylan montre la délaïcisation de la Turquie et la prise en main des petites communautés villageoises par de néo-imams à l

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Léo Love Caniveau : "Sauvage"

Drame | Un film de Camille Vidal-Naquet (Fr, 1h39) avec Félix Maritaud, Eric Bernard, Philippe Ohrel…

Vincent Raymond | Mardi 28 août 2018

Léo Love Caniveau :

Pour se fournir sa came quotidienne, Léo se vend ici ou là à des hommes, traînant son corps délabré de SDF sur les pavés parisiens. Des occasions de s’en sortir se présentent à lui parfois, mais il préfère vivre dans l’instant présent, l’adrénaline du fix et la sueur des corps incertains… Venir après Van Sant, après Téchiné, après Chéreau, après Genet, enfin après tout le monde en somme, dans la contre-allée de la représentation des éphèbes clochardisés vendant leur corps contre au mieux une bouffée de drogue, c’est déjà risqué. Mais ensuite tomber dans le maniérisme esthétique du pseudo pris sur le vif (avec coups de zooms en veux-tu, en voilà, rattrapage de point), dérouler les clichés comme on enfile des perles (boîtes gays nids à vieux fortunés, musicien vicieux rôdant tel le vautour…) pour nous conduire à cette fin prévisible comme si elle avait été claironnée… Était-ce bien nécessaire ? L’ultime plan, en tant qu’évocation indirecte de Verlaine, a plus d’intérêt, de force et de sens que bien des simagrées précédentes. On peut également sauver une ou deux répliques, assez bien troussées — elles.

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Sans pitié pour le cheval : "La Route sauvage (Lean on Pete)"

Le Film de la Semaine | Cavale épique d’un gamin s’étant piqué d’affection pour un canasson promis à la fin dévolue aux carnes hippiques, cette errance passant du hara qui rit au chaos corral est menée par le prometteur Charlie Plummer, Prix Marcello-Mastroianni du meilleur jeune espoir à la Mostra.

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Sans pitié pour le cheval :

Vivant seul avec un père instable, Charley, 15 ans, a su tôt se prendre en charge. À peine arrivé en Oregon, il découvre fasciné le monde hippique et est embauché par l’entraîneur grognon d'un vieux pur-sang, Lean on Pete. Quand il apprend que l’animal est menacé, Charley fugue avec lui. Rebaptisés en débarquant en France, les films étrangers sont souvent gratifiés d’une dénomination outrepassant la pure traduction. Si la mode est aux franglaisicismes approximatifs — The Hangover (La gueule de bois) de Todd Philips se soigne en Very Bad Trip — autrefois, on aimait embrouiller les spectateurs : connu comme La Cinquième Victime, While The City Sleeps (1956) de Fritz Lang pouvait difficilement être traduit par Quand la ville dort, déjà attribué à Asphalt Jungle (1950) de John Huston ! Parfois, les deux titres coexistent. Et se succèdent comme pour témoigner d’une variété de focalisations ou d’inflexions soudaines à venir

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Sauvage veut populariser le cocktail

Bar à Cocktail | À Lyon, le slow drinking serait en passe de détrôner le souping et le juicing. Joie.

Julie Hainaut | Mardi 6 mars 2018

Sauvage veut populariser le cocktail

Que les choses soient claires : les nouveaux pseudo-phénomènes alimentaires, ça a tendance à nous hérissonner. L’idée de propulser des mets et boissons traditionnels au rang de singularité parce qu’on leur adjoint un suffixe tendance à connotation détox, ça nous donnerait presque envie de barboter dans de la crème fraîche à vie. Le slow drinking, c’est un peu différent : le suffixe –ing est présent, mais le côté détox n’est pas fondamental, ouf. L’idée, dans cette tendance, c’est de prendre le temps. Le temps de boire. Et comme on est plutôt du genre à aimer les bars qui en ont dans le goulot, le slow drinking, ça nous parle sévère. Le cocktail à l’heure de l’apéro En la matière, on a déniché Sauvage, un tout nouveau bar à cocktails qui prône cette tendance à travers le cocktail apéritif, installé en lieu et place du tant aimé Gonzo Bar dans lequel on a probablement pris nos premières pistaches. « Notre démarche est simple : prendre le temps de partag

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Bertrand Mandico : « Je tire parti de tout ce que propose la pellicule »

Les Garçons sauvages | Artisan héritier de Méliès, le réalisateur Bertrand Mandico évoque avec un enthousiasme volubile la confection des Garçons sauvages.

Vincent Raymond | Mardi 27 février 2018

Bertrand Mandico : « Je tire parti de tout ce que propose la pellicule »

Après un nombre incalculable de courts-métrages, vous voici au long. Enfin ? Bertrand Mandico : J’ai eu des subventions pour ce film, pas pour les précédents que j’ai écrits. Pendant un certain temps, j’ai travaillé avec un producteur qui m’a mis dans une prison… chromée, mais qui n’allait pas à la pêche aux subventions : jamais il ne passait à l’acte. Et j’avais besoin de tourner : parallèlement à ce que j’écrivais, j’ai fait pas mal de courts et de moyens-métrages. Au bout d’un moment, Emmanuel Chaumet m’a dit « tu es en train de dépérir ». Il m’a proposé de me produire rapidement. Et c’est ce qu’il a fait. Vous réunissez ici toute votre famille de cinéma… La chef opératrice Pascale Granel, ça fait une quinzaine d’années que je travaille avec elle. Après, au fil des courts et des moyens-métrages, j’ai fait des rencontres…Notamment le musicien, à la fin de la post-production des Garçons sauvages. Concernant les acteurs, je ne sais pas si je devrais raconter ça, mais j’avais un projet de western il y a quelques années

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Fleurs du mâle et fruits de la passion : "Les Garçons sauvages"

ECRANS | Arty, élégant, un peu agaçant, mais d’un splendide noir et blanc, ce premier long-métrage a tout du manifeste mandicien d’un cinéma exacerbant les sens et la pellicule, osant pour ce faire être, parfois, sans tête ni queue. Judicieusement interprété par l’irremplaçable Vimala Pons et d’autres garçon·nes de son acabit.

Vincent Raymond | Mardi 27 février 2018

Fleurs du mâle et fruits de la passion :

De temps en temps, cela ferait plaisir que le public ose se faire une douce violence en se rendant en salle non pour voir un film, mais du cinéma. Ne serait-ce que pour renouer avec l’expérience originelle face à l’écran : l’attente obscure, un peu magique et nimbée d’incertitude ; et puis la liturgie de la projection qui laisse à son issue avec la sensation physique d’avoir, à l’instar d’Alice, traversé un miroir. Sans doute y a-t-il plus de confort à préférer la prévisibilité d’un spectacle consensuel ou d’une linéarité narrative. Mais n’est-il pas dommage de se renoncer aux œuvres hors gabarit, et d’en abandonner la jouissance exclusive à quelque ghetto ? Les Garçons sauvages se mérite peut-être un peu, mais tout le monde mérite d’entrer dans son royaume brut. Au départ ils sont cinq jeunes gars, fissapapas la sève aux veines, s’entraînant dans la canaillerie perverse jusqu’au crime barbare. Confiés en pénitence à un rude capitaine, ils embarquent pour une île insolite habitée par un·e scientifique travaillant sur les changements de sexe…

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Roy Davis Jr au Ninkasi ou Garçon Sauvage au Sucre ?

Clubbing | L’éternelle question revient telle un mantra chaque année : que faire le 31 décembre ? Et surtout, où aller ? Si vous êtes prêts à braver froid et foule pour vous (...)

Sarah Fouassier | Mardi 12 décembre 2017

Roy Davis Jr au Ninkasi ou Garçon Sauvage au Sucre ?

L’éternelle question revient telle un mantra chaque année : que faire le 31 décembre ? Et surtout, où aller ? Si vous êtes prêts à braver froid et foule pour vous réchauffer sur le dancefloor, direction les péniches : musiques afro, disco, house et décor tropical prendront le contrôle de La Marquise dans une ambiance concoctée par la joyeuse team d’Art Feast, habituée des lieux. Sur le bateau Bellona, c’est encore la fièvre du disco associée aux tubes mythiques des années 90 qui transportera joyeusement ses passagers vers 2018. Quant à La Plateforme, des résonances latines prendront possession de l’embarcation avec une soirée organisée par la radio lyonnaise Capsao. Pour les amateurs de house, c’est du côté du Ninkasi et du Groom qu’il faudra vous rendre. À Gerland, le dresscode sera résolument tourné vers les nineties avec un invité de marque : Roy Davis Jr, venu tout droit de Chicago pour nous délivrer house, disco et techno. Si vous êtes adepte d'un club plus intimiste, on vous conseille le Groom qui invite un DJ et producteur français à suivre de près, Aleqs Notal, qui se plier

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"La Région sauvage" de Amat Escalante

Fantastique | de Amat Escalante (Mex, 1h39) avec Ruth Jazmin Ramos, Simone Bucio, Jesús Meza…

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Le Mexique, de nos jours. Dans une cabane au fond des bois vit une créature tentaculaire capable de procurer à n’importe quel être vivant un plaisir sexuel intense, voire fatal. Veronica, qui lui rabat des proies à satisfaire, va rencontrer un couple en crise, Alejandra et Angel… À l’instar de ses confrères mexicains (Del Toro, Cuarón), Amat Escalante ne craint pas de recourir au fantastique pour asseoir la tonalité très réaliste de son film. De fait, La Région sauvage porte une lourde charge sociale : il interroge notamment la liberté d’aimer passé le Rio Grande, et les réactions rétrogrades que les écarts à la “norme” peuvent provoquer. Comme toujours, les victimes directes ou collatérales en sont les minorités : femmes, homosexuels, enfants… Région sauvage, part obscure, c’est surtout un refoulé que Escalante met au jour : l’expression d’une pulsion en désaccord avec les dogmes hypocrites et fossilisés de la société. De cette discordance naît la violence et le malheur du monde, dont l’ensorcelante créature n’est pas ici la cause. Un c

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Lyon, capitale queer

Tendance | Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture (...)

Sébastien Broquet | Mardi 4 avril 2017

Lyon, capitale queer

Sans doute, il faudra revenir plus en longueur sur le sujet, ultérieurement : mais à l'heure où Austra, militante LGBT revendiquée, riot girl mâtinée de culture queer, passe par la région (lire ci-dessus), il nous a paru crucial de noter l'importance de ce mouvement queer particulièrement investi dans la vie nocturne et culturelle de Lyon, ces derniers mois. L'impulsion évidente venant de la bande Garçon Sauvage, emmenée par Chantal la Nuit, dont les nuits folles au Sucre (après avoir débutées au Sonic) sont sold-out en quelques heures, comme pour la soirée-jumelle Mutante, qui s'expatrie le temps d'une soirée à Paris et envoie une troupe dynamiter le Yoyo (le club sous le Palais de Tokyo) le 22 avril prochain, dans le cadre du festival Dodisturb... Un bus sous influence Priscilla est organisé pour emmener tout ce joli monde faire la fête dans la capitale et montrer aux parisiennes que si dans les seventies elles pouvaient se gargariser des mythiques Gazolines de Paquita Paquin, Marie-France et Maud Molyneux, aujourd'hui, c'est à Lyon que ça se passe avec le crew Plus

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Nicolas Boukhrief : « je voulais surtout faire un portrait de femme »

Entretien | Dix-huit mois après la sortie en salles avortée de "Made in France", le cinéaste revient avec un projet mûri pendant vingt ans : une nouvelle adaptation de "Léon Morin, prêtre".

Vincent Raymond | Mercredi 15 mars 2017

Nicolas Boukhrief : « je voulais surtout faire un portrait de femme »

Cette nouvelle adaptation du livre de Beatrix Beck n’en porte pas le titre. Vous a-t-il été confisqué ou interdit à cause, justement, de l’adaptation de Melville ? Nicolas Boukhrief : Non, pas du tout. Les gens se rappellent plus du film de Melville que de son livre — qui est une histoire autobiographique, un portait de l’homme qui l’avait tellement bouleversée. Appeler le film Léon Morin, prêtre ne me convenait pas, puisque je voulais surtout faire un portrait de femme et que le personnage de Barny soit très mis en avant. Du coup, La Confession est venu assez vite. Hitchcock disait que tout titre doit être une interrogation pour le spectateur, ou une promesse. Tant qu’on n’a pas vu le film, on ne sait pas quelle est la confession, ni qui confesse quoi à qui. Après Made in France, passe-t-on facilement d’une dialectique religieuse à une autre ? Oui, dans la mesure où j’ai écrit les deux scénarios en même tem

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"La Confession" : une drôle de paroissienne

ECRANS | de Nicolas Boukhrief (Fr, 1h56) avec Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny…

Vincent Raymond | Mercredi 15 mars 2017

Un village pendant l’Occupation. Militante communiste farouchement athée, Barny entame une joute rhétorique avec le nouveau prêtre, le fringant Léon Morin, dont la beauté et les sermons électrisent ses concitoyennes. À son corps défendant, la jeune femme sent ses certitudes vaciller et un sentiment naître en elle. Serait-ce la foi ou bien l’amour ? Au commencement était le Verbe… Nicolas Boukhrief oublie (presque) pour une fois le cinéphile en lui pour revenir à l’essence des mots ; à l’histoire derrière le Goncourt de Béatrix Beck, bien avant le film de Melville qui l’a presque oblitéré. Des mots qu’il vénère et qu’il enveloppe, pour les transcender, de chair grâce à des comédiens à l’intensité indéniable : Duris, séducteur comme un Gérard Philipe méphistophélique, et Marina Vacth, regard acier en fusion, à la stupéfiante maturité. Hors de leur duo, cette tension se dissipe : le contexte comme les personnages secondaires apparaissent comme fabriqués, théâtraux, alors qu’ils sont censés, “aérer” leurs huis clos et tête-à-têtes. C’est là la limite du film : réussir à capturer l’intime et l’ind

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Du Sucre au Terminal sur un même tempo

Clubbing | C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

Du Sucre au Terminal sur un même tempo

C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à l'impertinence affichée, conviant les souvenirs des nuits les plus mythiques du clubbing, évoquant les souvenirs des fêtes dantesques du Palace et du Paradise Garage, flirtant avec les fantasmes comme avec les interdits : c'est jouissif et un brin décadent, c'est surtout très bien achalandé côté... musique, où l'incontournable Bolito sera bien évidemment de la fête, comme L'Homme Seul. Le traditionnel live de minuit sera assurée par une chorale, Omega, au répertoire jazz & variété... Et la suite assurée par The Man Inside Corrine puis les icônes du clubbing gay de San Francisco que sont le Honey soundsystem. Ambiance. Du côté du Terminal, le club le plus à l'affût des sons qui feront demain, on finit l'année en version all star game avec le programmateur maison Stakhan (Tunnel Vision), Mush des voisins de Chez Émile, Markus Gibb, Mohammed Vicente, G'Boi & Jean-Mi de La Chinerie... Collision des sons en prévision et surtout,

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Insomniaque

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 22 novembre 2016

Insomniaque

26>11>16 LE SUCRE GARÇON SAUVAGE À savourer en duo, en tandem ou en couple : cette Garçon Sauvage convie deux paires de platinistes aux sets métissés et enjoués. Une lyonnaise, les Sheitan Brothers, dont on ne sait encore ce qu'ils vont inventer pour se faire remarquer (remember leur ouverture des Jeux Olympiques l'été dernier) et l'autre parisienne, Pouvoir Magique, issue du collectif Mawimbi, pour une nuit queer et forcément très sauvage déflorée par Bolito. Paradise. 26>11>16 NINKASI SUPER DISCOUNT Le concept marketing initié dès 1996, en pleine explosion de la french touch, fait toujours autant recette... Mais comme les ingrédients sont savoureux (disco, house, pop ou techno : tout s'emmêle) on accepte sans rechigner la grande braderie, même si ça fait longtemps que De Crécy n'invente plus grand chose, même

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Melville : Son nom est stetson

Rétrospective Melville | On a tendance à voir dans le polar un genre par essence américain, essaimant de façon univoque sur les autres continents et cultures. S’il suffisait d’un (...)

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Melville : Son nom est stetson

On a tendance à voir dans le polar un genre par essence américain, essaimant de façon univoque sur les autres continents et cultures. S’il suffisait d’un homme pour dénoncer ce postulat, il aurait un chapeau de cowboy et des lunettes teintées d’aviateur californien. Son nom ? Jean-Pierre Grumbach, dit Melville, cinéaste français comptant parmi les plus déterminants stylistes du 7e art ; auteur d’œuvres épurées jusqu’à l’abstraction cristalline, et maître incontesté de plusieurs générations de réalisateurs nippons, étasuniens ou européens, revendiquant avec déférence son ombre tutélaire. Franc-tireur dans l’industrie, partisan d’un contrôle total de ses productions, Melville a su également extraire de ses comédiens une fascinante quintessence : d’abord, la grâce féline du jeune Belmondo ; ensuite, l’aura hiératique d’un Delon minéral. Deux de leurs trois collaborations ont été retenues par le cycle Ciné-Collection pour illustrer l’œuvre au noir de Melville : Le Samouraï (1967) bien sûr, où le comédien, mutique et glacial, trouva les contours de son personnage totémique ; et Le Cercle rouge (1972), le plus co

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Sauvages

ECRANS | de Tom Geens (G-B/Fr/Bel, 1h45) avec Paul Higgins, Kate Dickie, Jérôme Kircher, Corinne Masiero…

Vincent Raymond | Mardi 5 avril 2016

Sauvages

Filmer la résilience comme un tableau naturaliste, en restituant sans les enjoliver des sensations primaires, le contact direct avec les éléments. Montrer le ré-apprentissage de la parole, de la communication, de la civilisation en passant d’une quasi abstraction visuelle à une poétique élaborée de l’image… Le parti-pris de Tom Geens est sacrément osé : avec un minimum d’explications, il pose un drame né d’un traumatisme, lequel s’enchâsse dans un mystère et se raccorde à une sorte de légende mystique ! Tout va pourtant se déployer progressivement, logiquement, comme un végétal étend sa ramure avec le temps. On parle ici d’expérience de cinéma pour le spectateur.

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Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

MUSIQUES | 01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep (...)

Sébastien Broquet | Mardi 29 mars 2016

Clubbing : notre top 3 pour ce week-end

01.04.16 > Les Valseuses BASS MUSIC PARTY Un before tout en basse ? Direction Les Valseuses où l'un des piliers de la scène dubstep française officie aux platines : Uzul, largement repéré ici pour sa maîtrise des machines au sein de Kaly Live Dub. Depuis 2004, Stéphane a lancé ce side project resté un peu dans l'ombre, mais fort respecté par la scène dubstep internationale depuis son album Travelling Whithout Moving, remixant même la référence en la matière, Skream. Pour ce DJ set, toute la palette sera revisitée, du trap à la UK bass. Wobble. 02.04.16 > Le Sucre GARÇON SAUVAGE La soirée la plus déjantée de la ville part à la recherche de la plus belle drag queen, en mode madame de Fontenay, avec élection de miss très Divine (il faut s'inscrire sur Facebook). Parmi les épreuves, un lancer de sac à main : « comment avoir la classe tout en étant une femme précise, moderne et élégante » nous dit-on... César & Jason, les deux DJ résidents du Terminal, assureront la part

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Réveillon 2015 : Garçon Sauvage, une soirée unique en son genre

MUSIQUES | Au train où vont les choses, les soirées Garçon Sauvage seront bientôt aussi courues que les full moon parties thaïlandaises. À l'heure où elle s'essaye avec succès au format réveillon, retour sur la success story de la résidence la plus folle du Sucre.

Benjamin Mialot | Mardi 15 décembre 2015

Réveillon 2015 : Garçon Sauvage, une soirée unique en son genre

La promesse d'une «ambiance sympa» sur une «plage transcendantale». C'est tout ce dont le Pétrin de la Colère a eu besoin (ça et des bouts de carton figurant palmiers et vaguelettes) pour que sa première Coconuts Boom Party cartonne au-delà de toute espérance : le 4 décembre dernier, certains ont poireauté devant le Sonic près de 45 minutes pour avoir le plaisir de twister jusqu'au petit matin la tête coiffée d'un collier de fleurs. De la Dark 80's Party au Club Sonic en passant par son brand new Disco Disorder, La Péniche du quai des Étroits est coutumière de ce type de fêtes lo-fi et décomplexées – pas de DJ fiché sur Resident Advisor, déco minimale, entrée libre ou à prix d'ami. C'est même là, dans sa cale éclairée comme une vitrine du Red Light District, qu'a pris son essor l'événement le plus emblématique de cette envie de lâcher prise qui anime en secret la jeunesse underground : Garçon Sauvage, raout queer et hétéro-friendly aussi excentrique que bon enfant né en 2012 au It Bar et devenu l'un des rendez-vous phares du Sucre – chaque mois, les 800 places s'arrachent comme des petits tangas él

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Le Sucre met son queer

CONNAITRE | Après deux Garçon Sauvage couronnées de succès, le Sucre passe à la vitesse supérieure en matière de reconnaissance de la culture queer en se faisant l'écho du (...)

Benjamin Mialot | Mercredi 1 juillet 2015

Le Sucre met son queer

Après deux Garçon Sauvage couronnées de succès, le Sucre passe à la vitesse supérieure en matière de reconnaissance de la culture queer en se faisant l'écho du festival Loud & Proud, organisé par l'hyperactive Gaieté Lyrique – dont le nom fait enfin sens. Comme dans le cas du F.A.M.E. en avril, le programme des (ré)jouissances lyonnaises est évidemment une version downgraded de son grand frère parisien – on aurait bien récupéré le concert d'Austra et l'atelier booty shake, notamment. Il n'en est pas moins prometteur. On se félicite pour commencer de la venue de Didier Lestrade, co-fondateur d'Actup et du magazine Têtu – qui n'a pas toujours été un calendrier pour routier épilé, qu'on se le dise – qui, en amont de la release party du numéro d'été de nos amis d'Hétéroclite, s'attachera à mettre au jour les liens historiques qui unissent le monde du clubbing à la communauté LGBT. Connaissant la qualité de ses chroniques nocturnes pour Libération (écrites tout au long des années 90 et compilées en 2010 chez Singulier), son intervention devrait être une parfaite introduction à ce

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Les soldats de la résistance selon Melville

ECRANS | Ce 8 mai, on fête le 70e anniversaire de la victoire alliée au cours de la Seconde Guerre mondiale ; et il était un temps où les chaînes de télévision (...)

Christophe Chabert | Mardi 5 mai 2015

Les soldats de la résistance selon Melville

Ce 8 mai, on fête le 70e anniversaire de la victoire alliée au cours de la Seconde Guerre mondiale ; et il était un temps où les chaînes de télévision publiques diffusaient, ce même 8 mai, L’Armée des ombres dans la torpeur de l’après-midi férié — c’est ainsi qu’on a découvert, ébahi, le film. Les traditions cathodiques se sont bien perdues, mais le numérique — qui n’a pas que des mauvais côtés — permet aux salles de cinéma de pallier cette déficience : c’est donc dans une copie restaurée que le chef-d’œuvre de Melville, adapté de Joseph Kessel, sera visible cette semaine au Comœdia, à quelques encablures d’un des lieux de son tournage — dans le Vieux Lyon, entre Saint-Jean et Saint-Paul. On l’avait dit lors de la rétrospective Melville à l’Institut Lumière, il faut voir dans L’Armée des ombres la source intime et mystérieuse de son cinéma : les résistants impassibles, mus par une détermination sans faille et une dévotion complète à leur mission, incapables de laisser retomber la pression et jouir de la vie, prêts à sacrifier leurs (plus) proches pour préserver leur réseau, sont les doubles des tueurs à gages et autres malfrats qui hantent

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Insomniaque - Soirées du 28 janvier au 3 février

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : Tommy Four Seven au Kao, Ben Pearce au Logo et la Garçon Sauvage au Sucre. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 27 janvier 2015

Insomniaque - Soirées du 28 janvier au 3 février

30.01 Encore En voilà un qui n'est pas là pour coller des gommettes. C'est même plutôt des parpaings que le producteur britannique Tommy Four Seven assemble, en des édifices techno tout ce qu'il y a de plus bruts. Il faut dire que le bonhomme n'y met pas les moyens : son très dogmatique – et néanmoins très réussi – premier album, Primate, avait pour seule charpente des kicks en béton et souffrait d'un tel manque d'isolation qu'il bruissait de mille raclements métalliques "field recordés". Tout le contraire du Kao, dont il fera trembler la maçonnerie cette semaine. 31.01 Lemonade 02 Dans quelques années, Ben Pearce sera sûrement introduit au panthéon des one-hit wonders qui méritaient mieux – où reposent notamment Warren Zevon, The Presidents of the USA et, on assume, Sophie Ellis-Bextor – sur la foi de son premier single, What I Might Do, irrésistible exercice de deep house à fredonnements soul qui a fait chau

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Les Nouveaux Sauvages

ECRANS | De Damián Szifron (Arg-Esp, 2h02) avec Ricardo Darin, Oscar Martinez…

Christophe Chabert | Mardi 13 janvier 2015

Les Nouveaux Sauvages

Prenant au pied de la lettre l’adage qui veut qu’un Argentin, c’est un Italien qui parle espagnol, Les Nouveaux Sauvages se veut hommage aux comédies italiennes à sketchs façon Les Monstres. Mais Damian Szifron, qui vient de la télévision et ça se sent, en offre en fait une caricature où le mélange d’empathie, de critique sociale et de mélancolie des Risi, Scola, Gassman et Tognazzi serait remplacé par une misanthropie ricanante face à un monde contemporain où violence, frustration et aigreur sont devenues des sentiments ordinaires. Passé le prologue, plutôt amusant, le film s’enfonce dans une laideur morale et un regard complaisant qui, au passage, ne gomme pas les réelles inspirations de Szifron, à la limite du plagiat : de Duel à Chute libre, chaque sketch semble piquer des idées à d’autres films pour les passer à la moulinette d’une réalisation clipesque qui renvoie aux formats courts façon Canal +. L’ultime segment où une femme fait payer, le jour de son mariage, ses infidélités à son époux volage, en dit long sur la

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Vie sauvage

ECRANS | Cédric Kahn s’inspire de l’affaire Fortin pour relater la cavale d’un père et ses deux fils qui fuguent loin de la ville, trouvant refuge dans une communauté de néo-hippies. Un film qui tourne un peu trop autour de son sujet, malgré un Kassovitz époustouflant et des moments poignants. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 28 octobre 2014

Vie sauvage

Dans l’introduction coup de poing de Vie sauvage, Cédric Kahn retrouve l’énergie et la vitesse de son précédent et très beau long-métrage, Une vie meilleure. Une femme — Céline Salette, toute en dreads crasseuses, dont l’absence marquera durablement le reste du film, preuve de sa qualité avérée de comédienne — quitte précipitamment sa caravane en emportant ses deux enfants pour se réfugier chez ses parents. Caméra à l’épaule sportive chevillée à des corps tremblants et frénétiques, à la limite de l’hystérie : Kahn rappelle ce que son cinéma doit à Pialat, notamment ses premiers films. Le cinéaste maintient cette nervosité jusqu’à ce que le père des gosses — Mathieu Kassovitz — les kidnappe à son tour. Ils trouvent refuge à la campagne, dans une communauté de hippies contemporains, avec cracheurs de feu et joueurs de djembé, altermondialistes radicaux ayant rompu les ponts avec la modernité. Ce n’est pas qu’une planque commode ; c’est aussi un vrai choix de la part de ce paternel parano qui vomit la société de consommation et le confort bourgeoi

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Melville, cinéaste des ombres

ECRANS | La rétrospective que lui consacre l’Institut Lumière est l’opportunité de redécouvrir le cinéma de Jean-Pierre Melville, et en particulier ses films noirs mythiques, dont l’origine est à chercher dans l’expérience de la résistance et sa reconstitution à l’écran dans "L’Armée des ombres".

Christophe Chabert | Mercredi 8 janvier 2014

Melville, cinéaste des ombres

Les tueurs à pardessus et chapeau mou, les flics qui les traquent sans états d’âme, froids comme la mort qu’ils finiront par donner, et la fine frontière qui sépare parfois ces deux côtés de la loi : voici l’essence du cinéma de Melville tel qu’il a été légué à une longue postérité. Cette légende s’appuie, dans le fond, sur quelques films qui, au fil des reprises, remakes avoués ou déguisés et rediffusions télé, ont rendu son œuvre légendaire. Citons-les d’entrée : Le Deuxième souffle, Le Cercle rouge, Le Samouraï, Le Doulos et le très minimaliste et abstrait Un flic, sa dernière production, qui a été vue soit comme un accomplissement, soit comme une caricature desséchée de son propre style. Une anecdote fameuse raconte que Melville lui-même jouait de l’ambiguïté : quelques temps avant sa mort, il tente de convaincre un producteur de s’engager sur un nouveau projet. À sa secrétaire qui lui demande de quoi le film va parler, il aurait répondu : «Dites-lui seulement que ce sera un Melville…». Nom de guerre : Melville Né Grumbach en 1917, Melville rejoint la résistance tandis que la France est occupée par les n

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L’Autre Oncle Sam

ECRANS | Qui, du nihilisme de son auteur ou de son ressentiment vis-à-vis d’une industrie hollywoodienne n'ayant cessé de le rudoyer, a entraîné le cinéma de Sam Peckinpah sur une pente d’amertume qui fait aujourd’hui encore toute sa modernité ? Réponse grâce à la rétrospective que lui consacre l’Institut Lumière… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 2 mai 2013

L’Autre Oncle Sam

Au cœur d’un des plus beaux films de Sam Peckinpah, Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia, on trouve une séquence qui étonne à chaque nouvelle vision. Tout commence par une fusillade entre l’anti-héros Benny (Warren Oates, acteur fétiche et alter ego parfait du cinéaste) et deux tueurs poursuivant le même but que lui : retrouver Alfredo Garcia, séducteur mexicain qui a eu le malheur de mettre enceinte la fille d’un riche propriétaire terrien, affront que celui-ci ne digère pas et qui le pousse à mettre sa tête à prix. S’ensuit un pur moment de mise en scène à la Peckinpah où la violence est déconstruite par des ralentis qui créent deux temporalités désynchronisées — il y a ceux qui meurent et celui qui survit. Mais le cinéaste place un addendum inattendu à la scène : un des deux tueurs se rapproche de l’autre à l’agonie et murmure son nom avec des sanglots dans la voix. Au-delà de la révélation de leur homosexualité, c’est ce moment de tendresse désespérée qui saisit le spectateur. Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia (1974) pousse le nihilisme de Peckinpah jusqu’au point où la

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Les Bêtes du sud sauvage

ECRANS | Auréolé de prix dans tous les festivals, de Sundance à Deauville en passant par Cannes, le premier film de Benh Zeitlin raconte, au croisement de la fiction ethnographique et du conte fantastique, une bouleversante histoire d’enfance et de survie. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 4 décembre 2012

Les Bêtes du sud sauvage

Il était une fois une petite fille qui s’appelait Hushpuppy et qui vivait avec son père dans le bayou en Louisiane, sur une île marécageuse que ses habitants avaient baptisée «le Bassin». Ce "Il était une fois" colle parfaitement aux Bêtes du sud sauvage : il dit à la fois sa force de témoignage quasi-documentaire et sa nature de conte pour enfants. Autant dire que Benh Zeitlin convoque des puissances contradictoires pour créer la souveraine harmonie qui baigne son film : d’un côté, l’urgence de conserver une trace de ce bout d’Amérique oubliée, bientôt englouti au sens propre comme au figuré (le souvenir de l’ouragan Katrina est l’arrière-monde évident du film), et de l’autre lui donner la fiction qu’elle mérite en l’inscrivant dans une vision cosmique. L’infiniment grand est en effet regardé depuis l’infiniment petit : à la hauteur d’une enfant de 6 ans (la surprenante Quvenzhané Wallis), qui livre ses pensées naïves mais pleines de bon sens sur les événements qu’elle traverse, matérialisant ses peurs par une menace sourde dont l’avancée vient régulièrement percer le récit d’une pointe de fantastique. Car si sa réalité est celle de la lente ag

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Une rentrée cinéma en apesanteur

ECRANS | De septembre à décembre, le programme de la rentrée cinéma est riche en événements. Grands cinéastes au sommet de leur art, nouveaux noms à suivre, lauréats cannois, blockbusters attendus et peut-être inattendus. Morceaux de choix à suivre… Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 21 août 2012

Une rentrée cinéma en apesanteur

Une rentrée sans Palme d’or cannoise n’est pas vraiment une rentrée. Et même si, comme il y a trois ans, elle est signée Michael Haneke, il ne faudra pas rater Amour (24 octobre), tant le film est un accomplissement encore plus sidérant que Le Ruban blanc dans la carrière du cinéaste autrichien. Avec sa rigueur habituelle, mais sans le regard surplombant qui a parfois asphyxié son cinéma, Haneke raconte le crépuscule d’un couple dont la femme (Emmanuelle Riva) est condamnée à la déchéance physique et qui demande à son mari (Trintignant) de l’accompagner vers la mort. C’est très dur, mais aussi très beau et puissamment universel, grâce entre autres à la prestation inoubliable des deux comédiens, au-delà de tout éloge. L’autre événement post-cannois est aux antipodes de ce monument de maîtrise et d’intelligence ; pourtant, Les Bêtes du sud sauvage (12 décembre), premier film de l’Américain Benh Zeitlin, procure des émotions et des sensations tout aussi intenses. Osant le grand pont entre

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Depardieu, évidemment…

ECRANS | Entretien / Jean-Paul Rappeneau, cinéaste rare, précieux et exigeant, présentera au troisième festival Lumière la copie restaurée du Sauvage et, pour la séance de clôture, celle de Cyrano de Bergerac, en hommage à Gérard Depardieu, Prix Lumière 2011. Propos recueillis par Christophe Chabert

Dorotée Aznar | Vendredi 30 septembre 2011

Depardieu, évidemment…

L’année dernière vous êtes venu présenter La Vie de château avec Pierre Lhomme, votre chef opérateur, au festival Lumière. Quelles avaient été vos impressions ?Jean-Paul Rappeneau : J’en garde un souvenir magnifique. Ni moi, ni Pierre Lhomme n’avions vu le film depuis longtemps, en tout cas pas en salles. Se retrouver avec un public très nombreux, notamment beaucoup de garçons et de filles qui ne l’avaient jamais vu parce qu’ils étaient trop jeunes, et qui à la fin applaudissent longuement, c’était formidable. En plus, cette année, avec l’hommage à Gérard Depardieu, Cyrano de Bergerac va être projeté dans la Halle Tony Garnier ; du coup, je vais venir avec un de mes petits-fils de 8 ans, et j’ai hâte de voir la tête qu’il va faire quand il verra le film dans cette salle ! Vous avez deux actualités pendant le festival : cette projection de Cyrano, et la copie restaurée du Sauvage. Comment avez-vous été associé à cette restauration ?Le négatif original du Sauvage avait été abîmé parce qu’on avait tiré trop de copies, et il n’était plus possible d’en tirer d’autres. Pour préserver le film, il fallait restaurer.

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