La cuisine chinoise en fusion

Les Baguettes Magiques | Dans le cadre du festival Baguettes Magiques organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, une cinquantaine de restos se mettent à la cuisine du Sichuan, de Shanghaï et de Pékin.

Adrien Simon | Mardi 24 septembre 2019

Photo : Sapnà © Nicolas Villion


On connaît trop peu la gastronomie chinoise. Au point, comme dans un buffet à volonté de zone périurbaine, de trop souvent considérer comme chinois des plats panasiatiques comme les nems, rouleaux de printemps, riz cantonais, porc au caramel. Certes, des établissements plus rigoureux nous ont fait aimer le canard laqué et les raviolis pékinois, les dimsums vapeur cantonais, ou les aubergines à la sichuanaise. Ce n'est pas grand chose si l'on considère la richesse du territoire culinaire chinois et ses huit grandes cuisines régionales. C'est le constat partagé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, qui occupe depuis 2016 le Fort Saint-Irénée rénové. Et qui organise la quatrième édition du festival des Baguettes Magiques. Samedi dans les locaux de l'Institut, on pourra à la fois chiner de la vaisselle de designers et se sustenter d'un barbecue ou de mantos de Manto, les enfants profiteront d'ateliers dédiés, les plus grands de démos culinaires, en buvant des thés de chez Cha Yuan. On finira en musique grace à The DARE Night.

Métissage

Mais le festival c'est aussi, du 24 septembre au 2 octobre, la Lyon Chinese Food Week pour laquelle l'Institut a incité une cinquantaine de restos lyonnais à chinoiser leurs menus. Comme l'explique Marie Garino, responsable des actions culturelles à l'Institut, « la cuisine chinoise à Lyon est déjà le fruit d'un métissage. Elle s'adapte aux goûts et aux façons de manger français et aux ingrédients que l'on trouve ici, qui ne sont pas les mêmes qu'en Asie. On a voulu creuser cette idée d'influences réciproques. » L'année dernière, deux cheffes lyonnaises avaient été invitées à aller quelques jours en Chine pour s'initier à la gastronomie locale. Cette année, sept chefs chinois feront le chemin inverse et rejoindront les cuisines notamment de Ravigote ou de Café Terroir. Les autres établissements se prétant au jeu intégreront des recettes chinoises aux menus servis cette semaine.

Poulet ivre

Dans le 1er arrondissement, on s'inspirera spécifiquement de la cuisine de Shanghai. Chez Sapnà, où la carte est déjà sous forte influence asiatique, Arnaud Laverdin ressortira certains de ses classiques comme des siu mai, raviolis vapeur à la volaille et aux crevettes, avec une sauce au tamarin. Chez Laska, sympathique végétarien de la rue Terraille, Toby Hunt profite de l'occasion pour découvrir la popote shanghaienne, qu'il projette d'interpréter librement. Ainsi, promet-il des boulettes Têtes de Lion à base de lentilles et pois chiches, dans un consommé de champignons. Les tenancières de la Table Wei, toutes deux originaires du nord de la Chine, s'essaieront aux classiques d'une autre province, comme le Poulet Ivre, qu'elles proposeront en ballottines, marinées dans le vin de riz. Cette Chinese Food Week prendra des formes différentes selon les établissements, mais aussi selon les arrondissements. Le 3e et le 9e découvriront le Sichuan, dans le 2e on mangera pékinois, dans les 7e et 8e cantonais, et ailleurs on voyagera du côté du Yunnan. La liste complète des restaurants participants se trouve sur le Facebook de l'événement.

Les Baguettes Magiques
Dans les restos participants du 24 septembre au 2 octobre 2019
Au Nouvel Institut Franco-Chinois le samedi 28 septembre dès 10h

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Food | Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au (...)

Adrien Simon | Mercredi 8 septembre 2021

Baguettes Magiques : on célèbre la cuisine chinoise au Nouvel Institut Franco-Chinois

Le festival culinaire Baguettes Magiques, organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois (2 rue Sœur Bouvier, Lyon 5e), revient jusqu'au dimanche 12 septembre pour sa cinquième édition. L'idée ? Des chefs investissent au déjeuner les jardins du fort Saint-Irénée. Après la bistronomie de Table Wei et de Manto ou la street-food du Bistrot Zakka, ce jeudi les Jardins de Vartan ramèneront leurs légumes (bio) pour un repas végétarien, et Philippe Bernachon clôturera la journée par un cocktail dinatoire. Le samedi, c’est Jérémy Galvan, l’étoilé de la rue du Bœuf, qui montera pour proposer un menu gastronomique en piochant dans le potager de l’Institut. Et pour finir : double-brunch le dimanche, confectionné par Ravigote, avec pour les enfants, grâce à La Petite Académie, calligraphie, dessin et même fabrication de dragons ! (Menus de 26€ à 120€).

Continuer à lire

Club sandwichs

Food | Avril fini, on va pouvoir se découvrir de plus d'un fil. Et pique-niquer. Ici, deux nouveaux lieux pour nous aider.

Adrien Simon | Mardi 30 avril 2019

Club sandwichs

On connaissait Ravigote, l'adresse qui a rajeuni, façon ça passe ou ça casse, les déjeuners de la place Guichard. Le bistrot contemporain voisine depuis peu avec une annexe. « On voulait pouvoir vendre les produits qu'on utilise au restaurant » explique la tenancière, Marie-Laure : la cassonade Graeffe (le chef, Xavier Radojewski est ch'ti), des pickles maison d'oignon rouge ou de navets, une tresse d'ail fumé de Locon, bientôt des légumes des jardins décinois "de Vartan". « On a voulu proposer des sandwichs pour ceux qui n'ont pas le temps, l'envie ou les moyens de s'arrêter au resto. » Alors ils peuvent s'attabler ici, dans une pièce refaite avec le même genre de simplicité enjouée qu'à côté. Ou comme nous, rouler (4 minutes via la piste cyclable protégée de la rue de la Part-Dieu) vers les quais, avec dans la besace : un sandwich au rosbeef froid, sauce ravigote, ketchup de betterave et pickles (6€) et puis un autre courge rôtie, pesto d'épinard, crumble de graines et parmesan et une part de babka (un kouglof polon

Continuer à lire

Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

Food | Le festival Omnivore, dédié à la jeune cuisine, s'est tenu ce week-end à Paris. Résultats du palmarès : deux prix sur les dix ont été attribués à des (...)

Lisa Dumoulin | Mercredi 13 mars 2019

Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

Le festival Omnivore, dédié à la jeune cuisine, s'est tenu ce week-end à Paris. Résultats du palmarès : deux prix sur les dix ont été attribués à des Lyonnais. Rémy Havetz du tout nouveau restaurant Sapnà a obtenu le prix Pâtissier tandis que le duo à la tête du restaurant Les Apothicaires, Tabata et Ludovic Mey, a obtenu le prix Rebelle. Une belle reconnaissance pour deux tables qui renouvellent la cuisine de la ville.

Continuer à lire

De nouveau, du travail d'orfèvre à Sapnà

Restaurant | Arnaud Laverdin et Rémy Havetz, qui régalent depuis trois ans à La Bijouterie, ouvrent à deux pas leur nouveau restaurant. Au programme : la même cuisine cosmopolite, des petits plats explosifs et des desserts toujours aussi barrés.

Adrien Simon | Mardi 27 novembre 2018

De nouveau, du travail d'orfèvre à Sapnà

On a croisé la première fois Arnaud il y a trois ans : sa Bijouterie venait d'ouvrir, et il maniait un fumoir, rempli de chocolat noir, en pleine rue Hippolyte Flandrin. Ce grand tatoué représentait mieux que quiconque la nouvelle cuisine lyonnaise, décomplexée par ces chefs trentenaires, souvent descendus de chez Têtedoie (comme ses ex-collègues, désormais à la tête des Apothicaires ou de l'Établi), pour cuisiner plus près de la rue. La Bijouterie, avec ses dimsums déjeunatoires et son menu unique du soir connut rapidement le succès. En deux ans, il a été rejoint par Thomas Pezeril (un ancien de chez Pic) en cuisine, Matteo Bonatto aux bouteilles, et Rémy pour le sucre. « La Bijouterie marchait bien. Je me suis

Continuer à lire

Les Baguettes Magiques : la cuisine chinoise investit la ville

Food | Le festival de la gastronomie chinoise Les Baguettes Magiques revient pour sa troisième édition, du 25 septembre au 7 octobre.

Lisa Dumoulin | Lundi 24 septembre 2018

Les Baguettes Magiques : la cuisine chinoise investit la ville

Au menu, quinze jours de festivités pour un voyage gastronomique dans la ville, rythmés par quelques temps forts. Le clou (de girofle) du spectacle est évidemment la Lyon Chinese Food Week avec trente chefs lyonnais qui intègrent la Chine à leur carte en proposant des plats originaires du pays de Confucius. Tout en faisant découvrir les spécialités de chaque coin du pays, puisque chaque arrondissement de la ville correspondra à la cuisine d’une région. Ainsi le 1er arrondissement sera axé sur la cuisine de Pékin avec la participation de Traboule Kitchen, Café Arsène, Monsieur P et La Table Wei. Le 2e fera la part belle à Shangaï avec le Café Arsène, le

Continuer à lire

Un air de vacances au Lyon Street Food Festival

FOOD | La troisième édition du Lyon Street Food Festival s’annonce épicée et croustillante : du 13 au 16 septembre, cuisine nomade sur fond de concerts cools vous feront repartir en vacances.

Lisa Dumoulin | Lundi 10 septembre 2018

Un air de vacances au Lyon Street Food Festival

Chaque année, le Lyon Street Food Festival met à l’honneur plusieurs destinations phares. Pour cette troisième édition, un tour panoramique du globe et des saveurs entre orient et occident est organisé avec un focus sur Montréal, Hong Kong et Izmir. La ville où la street food ne dort jamais, c’est bien sûr Hong Kong et ses marchés de nuit et autres étals de rue. Entre nature luxuriante et urbanisation, traditions et émergence, le champ des possibles est infini. Dignes représentants de cette culture, La Table Wei, nouveau restaurant bistronomique lyonnais, proposera des petits pains cantonais fourrés au porc cuit sept heures ; Mammy Pancake, échoppe de bubble gaufres, viendra spécialement pour faire goûter les egg waffles traditionnelles ; Jiang Xin, deux anciens étudiants de l’Institut Paul Bocuse, prépareront leur spécialité : le dim sum ; et enfin Bao Time, restaurant traditionnel cantonais, proposera sa recette de brio

Continuer à lire

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

Biennale de la Danse | Directrice de la Maison de la Danse et de la Biennale de Lyon depuis 2011, Dominique Hervieu nous livre sa conception de la danse, de la programmation d'une Biennale, des relations entre les corps et les nouvelles technologies... Et quelques confidences plus personnelles.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 12 septembre 2018

Dominique Hervieu : « mon cheval de bataille, c'est la création »

En tant que spectatrice, quel a été votre premier grand choc chorégraphique ? Dominique Hervieu : C'était la série de performances de Jan Fabre créée dans les années 1980, C'était du théâtre comme c'était à prévoir, présentée au Petit Théâtre de Bastille à Paris. Plus qu'un choc, ce fut même une révolution, pour moi danseuse classique à l'époque. Cette pièce m'a ouverte à la création contemporaine, et j'y ai été sensible aux glissements entre danse et théâtre, danse et arts plastiques. Il y avait dans cette œuvre de Jan Fabre une grande sensibilité, un engagement parfois au bord de l'hystérie, un mélange si singulier entre hyper sobriété et hyper théâtralité. Et le dernier en date ? Il y en a deux. D'abord un solo de Oona Doherty (Lazarus & the Birds of Paradise) où la jeune chorégraphe parvient à nouer ensemble les questions du sens, du corps et du mouvement. Il n'y a pas chez elle de messag

Continuer à lire

Ça métisse dans les cuisines !

Refugee Food Festival | « Certaines régions sont en train de se déconstruire parce qu'elles sont submergées par les flux de demandeurs d'asile », déclare un ancien maire devenu ministre. OMG : la gastronomie lyonnaise va finir démantelée, éparpillée ? À moins que des initiatives comme le Refugee Food Festival offrent un nouveau sens au titre, un poil périmé, de capitale mondiale de la bonne bouffe...

Adrien Simon | Lundi 11 juin 2018

Ça métisse dans les cuisines !

Après une première édition française en 2016, une seconde européenne l’année dernière, les parisiens de Food Sweet Food, Marine Mandrila et Louis Martin, auteurs d’un remarqué Very Food Trip (Planète+ pour la série, La Martinière pour l’ouvrage), internationalisent cette année leur Refugee Food Festival. En ce mois de juin – le 20 étant la journée mondiale des réfugiés – des restaurants de New York, Athènes, Bologne, San Francisco ou Cape Town bouleversent leurs menus et accueillent des cuistots en exil. Certes, Brooklyn c’est un peu loin pour aller manger afghan [on invente : le programme n’est pas encore disponible au moment où nous bouclons], mais heureusement, Lyon accueille aussi l’événement. S'engager Ceci grâce à Claire Fournier et Clara de La Fonchais qui portent le projet bénévolement – c’est ainsi que fonctionne le RFF – et la collaboration de restaurateurs qui invitent, l’espace d’un ou deux soirs, des chefs étrangers ayant récemment obtenu l’asile en France. Ainsi,

Continuer à lire

Les joyeux bricolages de Ravigote

Restaurant | À deux pas de la place Guichard, l'ancien "bar de la Bourse" a pris un coup de jeune ! Déco souriante, service à la cool et assiettes enjouées.

Adrien Simon | Mardi 22 novembre 2016

Les joyeux bricolages de Ravigote

L'ancien troquet, vide depuis quelques temps, vient d’être repris par un jeune couple. Nous sommes à l’angle de la rue Voltaire et de la rue Mazenod, derrière la Bourse du Travail : le local a subi, trois mois durant, un intense rafraichissement ; de la façade repeinte, affichant désormais Ravigote, au p'tit coin (carrelage métro, bassine en cuivre en guise de vasque). La cuisine vitrée donne sur la salle (ou l’inverse), décorée avec bonne humeur : murs décapés, vieille fresque exhumée, plantes vertes suspendues, mobilier en multipli et acier tubulaire, évoquant l’avenir (acidulé) du réfectoire scolaire (par l’Atelier J&J). Une rénovation intégrale — jusqu'aux menus et cartes, travaillés par l'atelier lyonnais El Mundo de Lili et le street artiste Potter — et fait maison : « On a appelé tous les potes ! » Xavier, 29 ans, ouvre ici son premier restaurant, après avoir travaillé notamment aux Trois Dômes à Lyon ou chez Senderens à Paris. I

Continuer à lire