Une rentrée très gourmande chez Weiss

GUIDE URBAIN | La Maison Weiss vous réserve tout ce qu'il vous faut pour aborder la rentrée avec le sourire aux lèvres. Une gamme de tablettes de chocolat bio qui s'enrichit, de nouveaux produits gourmands et l'arrivée d'un tout nouveau bar à chocolat chaud. Qui a dit que la rentrée était rasoir ?

Article Partenaire | Lundi 9 septembre 2019

La rentrée se fait sur les chapeaux de roues du côté de la Maison Weiss. Désireux d'apporter aux gourmandes et gourmands toujours le meilleur de son savoir-faire, les maîtres-chocolatiers ne dérogent pas à la règle avec l'arrivée de plusieurs petits nouveaux dans la gamme Weiss et l'ouverture en octobre d'un tout nouveau bar à chocolat chaud, au cœur des Ateliers Weiss.

La gamme bio s'enrichit

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Depuis 137 ans, la Maison Weiss concocte intégralement ses chocolats, pralinés et confiseries dans ses ateliers de fabrication à Saint-Etienne. Elle sélectionne les meilleures matières premières et choisit des listes d'ingrédients nobles pas de superflu, tous les chocolats sont 100% pur beurre de cacao, sans OGM, sans gluten et sans colorant artificiel et favorise des approvisionnements de proximité.

Soucieuse de travailler au plus près des producteurs, la Chocolaterie Weiss a noué des partenariats forts comme avec l'association Vietcacao au Vietnam, et a entamé un travail avec l'ONG Earthwrom pour améliorer la traçabilité de ses approvisionnements cacao.

Ces engagements se concrétisent notamment avec la tablette Ceïba 64% (chocolat noir pure origine République Dominicaine, bio et certifiée Fairtrade – Max Havelaar) lancée en 2011. Ce sont aujourd'hui deux nouvelles tablettes qui viennent s'ajouter à Ceïba 64%.

Les amateurs de chocolat au lait se réjouiront de l'apparition de Ceïba 42%. Ce chocolat au lait peu sucré, aux notes torréfiées, proche du café grillé, offre une belle longueur en bouche. Il doit son caractère aux fèves à partir duquel il a été élaboré. Des fèves de République Dominicaine collectées, fermentées et séchées par la coopérative locale Conacado.

Pour les papilles préférant le chocolat blanc, la tablette bio Ceïba 33% répondra à leurs attentes. Rondeur et crémeux, notes douces de confiture de lait et couleur légèrement dorée grâce au sucre roux... voilà le cocktail de saveurs réservé par ce chocolat blanc unique.

Une toute nouvelle recette pour les gourmands

La rentrée 2019 voit aussi l'arrivée d'une petite nouvelle : Oryola 30%. Né de l'assemblage des savoir-faire Weiss pralinier & chocolatier, ce nouveau chocolat blanc aux douces notes de noisettes et à la jolie couleur dorée fera le plaisir des petits et des grands gourmands. Décliné en tablette gourmande, associé à une délicieuse et exotique noix de coco râpée et à de croustillants éclats de pistache !

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Un bar à chocolats chauds personnalisables !

Enfin, un tout nouveau concept signé Weiss va voir le jour début octobre du côté des Ateliers, situés rue Eugène Weiss à Saint-Étienne. Le premier bar à chocolat chaud, conçu pendant la Biennale internationale du design de Saint-Étienne 2019, va être proposé aux visiteurs, qui auront la chance de déguster des recettes inédites et personnalisables (choix de la base chocolatée puis ajout d'ingrédients tels que le praliné, les chouchous, des fruits rouges...). Le tout dans un espace cocooning au cœur des Ateliers Weiss pour un moment de détente unique entre amis ou en famille.

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“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

VOD | Sur fond de rape and revenge, Jennifer Kent signe la fresque épique et historique qui manquait encore sur la “conquête“ des territoires australiens. Souvent insoutenable, ce southstern fidèle à l’esprit de son époque résonne formidablement avec les questions contemporaines.

Vincent Raymond | Mercredi 21 avril 2021

“The Nightingale“ de Jennifer Kent : il était une fois… en Tasmanie

Vous souvenez-vous de films tels que Roma, Les Frères Sisters, La Favorite ou encore First Man ? Outre le fait qu’ils semblent appartenir à un autre temps — celui où l’on pouvait aller les découvrir dans les salles de cinéma, avant leur fermeture voilà presque… six mois —, ils ont en commun d’avoir concouru pour le Lion d’Or lors de la Mostra 2018. Trois ans, et presque une éternité pour des films vus, revus parfois, récompensés souvent. Trois ans durant lesquels certaines œuvres saluées lors de cette compétitions sont, hélas, restées inédites. Telle The Nightingale. Faute de perspective claire, son distributeur frança

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Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

Littérature | Dans son nouveau roman, "À la machine", Yamina Benahmed Daho retrace la vie, au XIXe siècle, du rhodanien Barthélemy Thimonnier. Où il est autant question du parcours rude de l’inventeur de la machine à coudre que du mécanisme sociétal qui l’a laissé dans la misère. Ceci n’est pas sans rapport avec aujourd’hui.

Nadja Pobel | Mardi 2 mars 2021

Barthélemy Thimonnier, inventeur de la machine à coudre, au cœur du nouveau roman de Yamina Benahmed Daho

15 novembre 1855, Barthélemy Thimonnier est officiellement reconnu inventeur de la machine à coudre lors de l’exposition universelle de Paris, mais l’américaine Singer, plus simple d’utilisation, fera les beaux jours des femmes (surtout elles…) jusqu’à maintenant, encore. Jamais le tailleur n’améliorera sa condition avec ce qu’il a maturé et imaginé. Miséreux, il devra même finir par vendre en pièces détachées les éléments de son engin pour se nourrir. Oui, nous sommes parfois chez Zola. La condition ouvrière est d’une extrême dureté et, passée au tamis de l’écriture très précise de Yamina Benahmed Daho, il en résulte des données chiffrées fondamentales : déjà, Paris « est une ville indécemment chère », il faut seize heures de train pour rallier Lyon à la capitale, l’enterrement de la grand-mère « est privé des apparats que l’industrie de la marbrerie vend à un prix insensé », le tarif du ticket à l’entrée

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Lyon : y aura-t-il du bon chocolat à Noël ? (spoiler : oui)

Chocolatiers | Crise sanitaire mondiale, afflux de rumeurs alarmistes sur la santé des cacaoyers, consommation en hausse… Aurait-on des raisons de redouter une pénurie de chocolat en cette fin 2020 ? Chez les grands chocolatiers de la région Pralus, Bonnat et Bernachon, aucune. Ouf…

Vincent Raymond | Vendredi 4 décembre 2020

Lyon : y aura-t-il du bon chocolat à Noël ? (spoiler : oui)

Le cerveau malade ayant scénarisé l’année 2020 eût pu, en guise d’apothéose perverse et maléfique, imaginer non point la fin des haricots mais celle des fèves de cacao. Un Noël sans papillotes ni truffes, dépourvu d’orangettes, de bûches et de bouchées au chocolat ; bref sans le divin réconfort de la théobromine, ce qui aurait plongé le monde dans la plus amère des afflictions. Pour ne pas dire dans un état de manque : chaque foyer hexagonal a en effet dévoré plus de 8 kg de chocolat en 2019*. Et il se peut fort qu’à la faveur des confinements, la consommation des Français et Françaises ait sensiblement augmenté ces derniers mois. L’hypothèse n’avait rien de si ubuesque, car depuis quelques années, la situation de la filière est régulièrement sujette à des alertes. Premier péril annoncé, la problématique du réchauffement climatique : une hausse des températures de 2, 1°C prévue d’ici 2050 dans les pays équatoriaux fait courir un risque mortel aux cacaoyers ne pouvant s

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Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Bande Dessinée | Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à (...)

Vincent Raymond | Lundi 26 octobre 2020

 Baru & Laurent Verron en dédicace à La BD

Vous pestez de ne plus pouvoir sortir la nuit d’Halloween ? Rassurez-vous, il reste l’après-midi pour l’occuper puisque ce vendredi 31 octobre de 14h30 à 18h30, deux illustrateurs d’exception s’en viennent faire un tour à la Librairie La BD — ils en profiteront pour découvrir sa nouvelle adresse au 50 grande rue de la Croix-Rousse —, Baru et Laurent Verron. L’auteur des Années Sputnik, Grand Prix d’Angoulême, présentera Bella Ciao (Uno), premier volet comme son nom l’indique d’un nouveau cycle consacré à l’immigration italienne et à la classe ouvrière, sujets chers à son cœur. Quant au second, bien connu pour avoir un temps repris la série Boule & Bill, il retrouve Yves Sente (avec qui il avait signé un Spirou) pour le deuxième tome de Mademoiselle J : Je ne me marierai jamais.

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Si c’était à refaire… : "Fin de siècle" de Lucio Castro

Drame | Du mystère, de la profondeur et Barcelone : laissez-vous happer par cette "Fin de siècle"...

Vincent Raymond | Mercredi 14 octobre 2020

Si c’était à refaire… :

Barcelone, de nos jours. Deux hommes s’offrent une nuit d’amour. Une relation sans lendemain ? Peut-être que non, d’autant qu’elle a sans doute un “avant-hier“, quelque part entre les limbes du rêve, du souvenir ou du fantasme… Il faut attendre la fin de la première partie pour comprendre le titre, et ce renvoi vingt ans en arrière, à cette (autre) époque d’incertitudes que fut le changement de siècle, où le mal dominant s’appelait sida et non Covid-19. C’est là que le film change de dimension, devient onirique et prend de la profondeur. Là qu’il cesse d’être un chromo touristique (de fort belle facture) pour gagner en mystère. Preuve qu’il faut laisser du temps au temps… Fin de siècle ★★★☆☆ Un film de Lucio Castro (Arg, 1h24) avec Juan Barberini, Ramón Pujol, Mia Maestro…

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Éric Barbier et Gaël Faye : « le film est une autre façon d’écrire l’Histoire »

Petit Pays | L’auteur du roman "Petit Pays" (Prix Goncourt des lycéens 2016) et le cinéaste qui l’a porté à l’écran conversent autour de l’adaptation et du ressenti d’une œuvre résonant avec l’Histoire… En sélection au festival d’Angoulême.

Vincent Raymond | Vendredi 28 août 2020

Éric Barbier et Gaël Faye : « le film est une autre façon d’écrire l’Histoire »

Avez-vous eu peur quand vous avez appris qu’on allait adapter votre roman ? Gaël Faye : Non, parce que c’est arrivé graduellement. La première fois où l’on m’a dit : « tiens, il y a producteur ou un réalisateur qui veut te rencontrer », je me suis dit « ah bon, tiens, mon roman plaît ». Ma plus grande crainte était de ne pas trouver la bonne personne. Ce que j’ai bien aimé, chez Éric [Barbier], c’est son côté beautiful loser : je lui ai demandé ce que je pouvais regarder après La Promesse de l’aube que j’avais vu en montage, et il m’a dit : « non, ne regarde rien : je n’ai jamais réussi à faire vraiment ce que je voulais. » J’ai trouvé ça très honnête, intéressant, et donc du coup j’ai tout regardé. Il était la bonne personne, parce qu’il y avait déjà la claque que m’avait mis La Promesse : j’avais trouvé le jeu de Charlotte Gainsbourg époustouflant — il l’avait emmenée dans un registre que je n’attendais pas du tout. Il y avait lien avec l’enfant, le casting, mais aussi le passage du roman au fil

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Princes de la Guill'

Raï à Lyon | Dans ce quartier de la Guillotière remuant, métissé, encore rétif à la gentrification, une industrie do it yourself, proto punk dans l’esprit, 100% communautaire et en marge de la ville comme de tous les réseaux habituels du disque s’est façonnée dès le début des seventies. Une scène à part entière s’est élaborée, que l’on retrouve en partie exhumée aujourd’hui par la grâce d’un vinyle édité conjointement par la boutique Sofa Records et le label suisse Bongo Joe. Récit.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Princes de la Guill'

Tout est parti dans les années 20 des montagnes près d’Oran, en Algérie. Une cité bâtie par les marins andalous en 903... Là-bas, comme souvent dans les villes portuaires — Bristol par exemple —, par la grâce du brassage de populations qui s'y croisent et s'y mêlent — arabes, berbères, hispaniques, françaises… s'est créé une riche scène musicale. La nuit est toujours plus longue dans ce genre de ville et pour faire danser tout le monde, les sons s’hybrident. À Oran, dans les cabarets jusqu’au petit matin, Fadela, Cheb Mami ou avant eux la grande Cheikha Rimitti font leurs premières scènes, dans une nuit plus ouverte, plus libérée aussi que dans le reste du pays. C’est là que les gays et les travestis s’affichent, Cheb Abdou le chantait. Popularisé dans les années 40, le raï devient phénomène de société dans les années 80 dans la foulée d’une vague de jeunes chanteurs tel Cheb Khaled, qui vont adopter synthés et basse électrique, parler de femmes et d'alcoo

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Chez Bigoût Records, on s'approvisionne en musiques énergiques à guitares

Disquaire | Le label noise lyonnais, habitué de la distro en fin de concerts dans les salles du coin, franchit le cap de la boutique en s’installant rue des Capucins : le nouveau repaire des amateurs de vinyles bruyants.

Sébastien Broquet | Dimanche 7 juin 2020

Chez Bigoût Records, on s'approvisionne en musiques énergiques à guitares

À l’origine, un groupe. Kiruna : entre noise et hardcore, dans la lignée de Condense ; qui se fait un petit nom dans le milieu et sort un premier disque autoproduit en 2007. Paul Martin (photo) et Damien Debard, deux des membres du combo, décident de sortir de leurs poches quelques billets pour monter la structure nécessaire, qu’ils baptisent Bigoût Records. C’est sensé être un one shot, ce vinyle, Social Haven of Cultural Decline. Mais peu après un ami commun qui gère le label (alors parisien) Rejuvenation leur propose une association pour sortir un second vinyle, d’un groupe australien. Banco. Et de fil en aiguille, ou plutôt de câble en jack, les voici désormais avec vingt-deux références au compteur, entre noise et dérivés, dont l’une des dernières en date, Doppler

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Tu vas lire (en circuit court)

Littérature | Alors que la destinée des livres du printemps a été avalée par un pangolin mondialisé – quel pitch de roman cela ferait –, et que l'injonction présidentielle à lire s'est heurtée à la fermeture des librairies, les affaires reprennent pour les auteurs désormais prêts à « enfourcher le tigre ». Notamment les auteurs régionaux.

Stéphane Duchêne | Mercredi 27 mai 2020

Tu vas lire (en circuit court)

« Lisez ! » disait notre bon président, avant de fermer bibliothèques et librairies — c'était la guerre, faut dire —, ne nous laissant avec pour seules nouveautés que les chroniques confinées de Leila Slimani et Marie Darrieussecq, dont on a assez vite décroché. Après quoi on s'est vite aperçu qu'il était bien difficile de lire dans un tel contexte et on est parti faire du pain. C'est peu dire que ce virus aura fait du mal au livre, à la littérature et aux auteurs, notamment ceux dont le livre venait tout juste de paraître quand le confinement a fermé à double tour nos vies soudainement hydro-alcoolisées — ce n'était pas beaucoup mieux pour ceux dont les livres avaient paru fin janvier ou en février. On pense notamment à nos chers auteurs rhônalpins Milan Dargent qui a tout de même eu le temps d'aller présenter à la Fête du Livre de Bron (bien inspirée de s'être avancée en février), son Popcorn, délicieux abécédaire de souvenirs d'enfance et des années 70, paru à la

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Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Pop | Ils devaient jouer à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière : Damon Albarn et Thom Yorke ont tous deux reportés leurs dates respectives en avril et juillet 2021.

Sébastien Broquet | Vendredi 22 mai 2020

Damon Albarn et Thom Yorke reprogrammés en 2021

Les fondus de pop anglaise des 90's seront soulagés : le leader de Blur et celui de Radiohead feront bien halte à Lyon. Pas cette année, on l'a bien compris, qui restera comme une sorte de vide intersidéral en terme de spectacle vivant, mais en 2021, puisque tous deux reportent leurs dates respectivement prévues à l'Auditorium et aux Nuits de Fourvière à l'année prochaine. Ce qui relève du tour de force de la part des organisateurs pour des artistes de ce calibre ayant des agendas surchargés longtemps à l'avance. Alors bien sûr, on dit brit pop, mais tous deux viennent en solo et leurs parcours ont largement explosé les frontières d'un seul genre, Damon Albarn travaillant entre autre beaucoup autour des musiques africaines et de l'opéra, Thom Yorke ne s'étant lui jamais vraiment remis de l'écoute des disques de Warp Records. Commençons par ce dernier, vu récemment au Transbordeur : il revient aux Nuits de Fourvière le mercredi 7 juillet 2021, au grand théâtre bien

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Marjane Satrapi : « l’art est une recherche de la vérité à travers le prisme de la beauté »

Radioactive | On ne peut s’empêcher de voir des similitudes entre la figure de Marie Curie et celle de Marjane Satrapi. La cinéaste bouscule l’image d’Épinal en signant un portrait non pas de la seule scientifique, mais également du rayonnement de ses découvertes. Entretien exclusif.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Marjane Satrapi : « l’art est une recherche de la vérité à travers le prisme de la beauté »

À l’instar de Flaubert parlant de Madame Bovary, pouvez vous dire que cette Madame Curie, c’est un peu vous ? Marjane Satrapi : C’est un génie auquel je ne peux me comparer, mais que je comprends très bien. On est arrivées à Paris au même âge pour pouvoir réaliser ce que l’on ne pouvait pas faire chez nous, je comprends donc sa difficulté d’être une immigrée parlant français avant de venir en France. Comme elle, je ne cherche pas à plaire à tout le monde — je m’en fous, en fait. J’apprécie tout particulièrement ça chez elle, et le fait qu’elle ne soit pas quelqu’un de parfait. Je n’ai pas voulu en faire une héroïne, c’est-à-dire l’image parfaite de la femme merveilleuse, parce qu’elle n’était pas toujours commode. C’était un être humain avec ses imperfections ! Au-delà de l’album de Lauren Redniss, qui vient de paraître, comment avez-vous déterminé ses contours ? Il y avait évidemment les biographies, les historiens, mais chacun donne son interprétation de l’histoire. Pour moi, on a la perception la plus correcte de qui elle était à travers ses propres écrits, ses

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Brillante fusion pour Marjane Satrapi : "Radioactive"

Le Film de la Semaine | Évocation indirecte des lois de l’attraction et du magnétisme, Radioactive dépeint simultanément les atomes crochus entre Pierre et Marie Curie ainsi que les propriétés de ceux qu’ils mirent en évidence. De la science, des frictions et le regard de Marjane Satrapi.

Vincent Raymond | Mardi 10 mars 2020

Brillante fusion pour Marjane Satrapi :

Paris, aube du XXe siècle. Jeunes scientifiques assoiffés de savoir, Marie Skłodowska et Pierre Curie s’allient au labo comme à la ville pour percer le mystère de la radioactivité. De cette union naîtront, outre deux enfants, d’inestimables découvertes, des Prix Nobel, ainsi qu’une certaine jalousie teintée de haine xénophobe et machiste, Marie étant Polonaise… Aux premières images de Radioactive montrant Madame Curie au soir de sa vie s’effondrant et se remémorer son existence par flash-back façon Les Choses de la vie, on s’inquiète un peu. Marjane Satrapi aurait-elle succombé à cette facilité du biopic hagiographique, ces chromos animés surglorifiant des célébrités ? Heureusement, non : la Madame Curie dont elle tire ici le portrait en s’inspirant du roman graphique de Lauren Redniss va se révéler bien différente des images déjà connues : moins fofolle que celle vue par Jean-Noël Fenwick (Les Palmes

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Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

Biennale d'Art Contemporain | La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mars 2020

Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil et l'Allemand Till Fellrath. Deux commissaires indépendants qui se sont rencontrés à New York et qui ont déjà signé ensemble plus d'une cinquantaine d'expositions à travers le monde, dont en France en 2016 au Centre Georges Pompidou l'originale Le Surréalisme en Égypte. Sam & Till se sont penchés aussi sur la scène moderniste du Moyen Orient, la jeune création iranienne, l'abstraction coréenne... « Ravis de cette invitation », les deux commissaires annoncent, dans le communiqué de presse de la Biennale, vouloir « faire dialoguer les diverses positions artistiques et culturelles que nous avons rencontrées au cours de ces années de pratiques indépendantes de par le monde, avec la scène artistique française. À l'occasion du trentième anniversaire de la Biennale, nous envisageons une manifestation amb

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La vie et rien d’autre : "Tu mourras à 20 ans"

Drame | Soudan. Alors que se tient devant l’ensemble du village une cérémonie célébrant la naissance de Muzamil, le chef religieux prophétise que l’enfant succombera à vingt ans. Consterné, le père s’enfuit travailler à l’étranger et la mère élève Muzamil dans cette unique perspective funeste…

Vincent Raymond | Mardi 11 février 2020

La vie et rien d’autre :

Régulièrement dépeint sur nos écrans, le déterminisme social minant l’Occident possède un double maléfique dans les pays où la tradition/l’obscurantisme/la religion (rayez la mention inutile) fait sa loi. Cette fable moderne l’illustre, qui fait froid dans le dos par sa gravité réaliste. Et serre le cœur, à moins d’être totalement dépourvu d’empathie. Car Amjad Abu Alala montre les effets pervers de la malédiction inaugurale : un conditionnement généralisé biaisant toute destinée. Ainsi, sa mère porte le deuil de Muzamil dès le jour de sa naissance et lui interdit quasiment tout contact avec l’extérieur (incitant de fait les autres enfants à l’affubler du charmant sobriquet de Fils-de-la-Mort), ne lui laissant pour seules occupations que la fréquentation de l’école coranique où il pourra enfin bénéficier d’une attention positive après avoir appris par cœur tous les textes sacrés. Prisonnier d’une prophétie et de son village, il lui faudra comprendre qu’il vit entre des barreaux pou

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Corbeille et somme : "Merveilles à Montfermeil"

Comédie | Fraîchement séparés, Joëlle et Kamel se côtoient tous les jours au sein de l’équipe de la Maire de Montfermeil, une illuminée rêvant, entre autres excentricités des années 1980, d’implanter une école de langues démesurée dans cette cité de banlieue. Cela n’arrangera pas leurs relations…

Vincent Raymond | Mardi 7 janvier 2020

Corbeille et somme :

Intrigante et prometteuse, la séquence d’ouverture montrant le couple Balibar/Bedia se disputant en arabe devant une juge des divorces abasourdie aurait pu — dû ? — constituer l’alpha et l’oméga de cette pseudo comédie politique, mais authentique catastrophe artisanale. Première réalisation solo de la comédienne-chanteuse intello (récemment enrubannée d’un hochet républicain, dans la même promotion que le patron de BlackRock), ce “machin“ a faux sur toute la ligne. La forme, tout d’abord : écrit et joué en dépit du bon sens, il offre à une troupe de bobos hors sol vêtu arty sexy l’occasion de glapir du cri primal dans un simulacre pathétique de Rendez-vous en terre inconnue. Le fond, ensuite. Prêchant une fraternité béate, infantilisant les administrés, le mal titré Merveilles à Montfermeil semble fustiger par le ridicule les exécutifs de gôche engagés dans un clientélisme social mâtiné de new age limite

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Lumières en circuit court

Fête des Lumières | Dans les airs, en ribambelle ou plaquées aux murs, les œuvres de Christophe Martine, des Theoriz et Erik Barray illumineront encore cette Fête des Lumières et s’installent sur les lieux phares des festivités après en avoir épousé les contours. Gros plan sur les parcours remarquables de ces locaux.

Nadja Pobel | Mardi 3 décembre 2019

Lumières en circuit court

Point de Damien Fontaine ou de Daniel Knipper lors de cette dernière édition de l’ère Collomb. Il y a bien Cozten sur la colline de Fourvière et dans l’Hôtel de Ville — le second étant aussi prometteur que le premier ennuyeux — mais deux des lieux phares (Bellecour et Saint-Jean) sont confiés à des artistes qui ont grandi, voire sont nés, avec cet évènement qui rassemble désormais presque deux millions de visiteurs. Théoriz en pratique En 2011, David Chanel et Jonathan Richer sortent de l’école supérieure de chimie physique électronique de Lyon et, dans le cadre des projets d’arrondissements (sabrés par les plans de sécurité post-attentats de 2015), se réunissent en Théoriz Studio

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Bouillon Baratte : des plats de brasserie bien fichus

Restaurant | Remplaçant avantageusement une institution devenue poussiéreuse, le Bouillon Baratte se montre convaincant par sa carte de brasserie classique.

Adrien Simon | Mardi 19 novembre 2019

Bouillon Baratte : des plats de brasserie bien fichus

Les bouillons parisiens datent du milieu du XIXe, quand le bien malin boucher Duval se mit à recycler ses basses pièces de viande en plats rapides et roboratifs pour les ouvriers des Halles. Il venait d'inventer les fast foods avant l'heure et l'on dénombra vite quelques 250 établissements du genre. Peu ont survécu, comme l'ont fait les fameux Bouillons Chartier et leur architecture Art Nouveau. Mais depuis quelques années, on assiste à une renaissance : regardez le très couru Bouillon Pigalle : 300 places, ouvert tous les jours, service non-stop midi-minuit, un succès ! Lyon n'en est pas là, mais voici les premiers frémissements : Bouillon Maurice, rue Tupin, et puis ce Bouillon Baratte qui a pris la place d'une institution, le Caro de Lyon. C'est un groupe strasbourgeois qui a mis la main sur les 300m

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PEC signe une collaboration haute en couleur avec Weiss

GUIDE URBAIN | L’artiste street art PEC, bien connu pour ses oiseaux colorés et stylisés, les Knar, signe une collection originale pour la Maison Weiss. Au programme, un calendrier de l’Avent, des Crock’ines et deux tablettes. Une gamme complète pour colorer la fin d’année !

Article Partenaire | Lundi 6 janvier 2020

PEC signe une collaboration haute en couleur avec Weiss

On se souvient de la très belle collaboration avec les papiers-peintres stéphanois Ella & Pitr, qui ont habillé de la plus belle des manières un des murs des Ateliers Weiss de Saint-Étienne en 2018. Ils avaient alors peint un géant gourmand de 506 m² librement inspiré par les traits d’Eugène Weiss, fondateur de la chocolaterie. En 2019, la Maison Weiss poursuit sur sa lancée créative en ayant convié un autre street artiste, le Lyonnais PEC, à signer une collection inédite pour la fin de l’année. Une vraie rencontre humaine entre artisans et artistes qui débouche sur une gamme unique, composée de plusieurs créations gourmandes, stylisées par l’espièglerie de PEC et toutes en édition limitée. Le premier calendrier de l’Avent chez Weiss Tout d’abord, petits et grands se réjouiront de l’arrivée du tout premier calendrier de l’Avent proposé par la chocolaterie Weiss. Intitulé « PersPective », décliné en deux graphismes, ce calendrier est un condensé de plaisirs gustatifs et ludiques. Il comporte un jeu de personnages à assembler à l’infini pour recréer des histoires en famille.

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Partitions : "L'Audition"

Drame | Au quotidien, Anna est l’incertitude faite femme. Mais tous au Conservatoire reconnaissent sa rigueur de professeure de violon. Alors, lorsqu’elle repère Alexander en audition, on lui laisse carte blanche. Se doute-elle que le préparer aux concours va chambouler jusqu’à sa vie familiale ?

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Partitions :

En apparence cousu de fil blanc — ou plutôt de ce noir épais tissant l’étoffe des drames —, ce portrait d’une femme entre deux âges, entre deux hommes, entre deux vies et finalement entre deux enfants, captive par son habileté à déjouer les clichés. Ina Weisse ne s’abandonne jamais à la facilité, ni à une démonstrativité superflue : il suffit de quelques plans, d’une poignées de mots et de regards pour mesurer les relations troubles entre Anna et son père… et comprendre l’origine probable de son exigence disproportionnée comme de son instabilité. Mais L’Audition est aussi un film sur le désir artistique maladif et la jalousie : accordant une attention toute maternelle à Alexander — avant d’être obsessionnelle —, Anna en néglige son propre fils Jonas, violoniste lui aussi. Un fils auquel, de surcroît, elle n’enseigne pas son art. La tension psychologique qui s’ensuit provoque des déflagrations inattendues, et une tragédie dont la morale perverse et pour le coup, peu morale, plairait certainement à Haneke ! Sans doute le rôle le plus troublant de Nina Hoss, et la confirmation que les maîtres(ses) de musique sont décidément des i

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Racont’Arts casse les codes

Galerie | On a poussé la porte du 13 quai de la Pêcherie, sur les bords de Saône, face aux bouquinistes. Il n’y avait pas de bière, mais bien plus : un défilé d’émotions.

Julie Hainaut | Mardi 15 octobre 2019

Racont’Arts casse les codes

Une pièce lumineuse, un mini-étage douillet, des recoins, un tas de pépites, tout autant de diversité et une liberté de mouvement. Dans la galerie de Sylvie Garrigue, pas de pression, pas de jugement, rien que de la contemplation : les experts et néophytes déambulent librement entre les œuvres d’art contemporain, le mobilier de designers, les bijoux de créateurs, les céramiques, les sacs… Loin des galeries traditionnelles, Racont’Arts entend « effacer les frontières entre l’art contemporain, le design et les créateurs » explique la maîtresse des lieux. L’art semble décomplexé, loin du snobisme qu’il peut parfois évoquer. « Une œuvre d’art, c’est avant tout le produit du travail d’un créateur et de son regard singulier sur le monde. C’est une création inédite capable de surprendre et générer une émotion chez le spectateur. » Chaque œuvre a une histoire, que la galeriste raconte bien volontiers. Chaque artiste est sélectionné avec soin, ressenti, instinct. « La facture de l’œuvre doit être aboutie, la notion d’esthétisme est importante pour moi. Je suis extrêmement sensible à la dimension poétique.

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Aurélien Barrau, pour sortir du trou noir

Écologie | Depuis sa virale vidéo de septembre 2018, lors du festival Climax de Bordeaux, Aurélien Barrau est devenu l'une des voix qui portent dans la lutte pour la (...)

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

Aurélien Barrau, pour sortir du trou noir

Depuis sa virale vidéo de septembre 2018, lors du festival Climax de Bordeaux, Aurélien Barrau est devenu l'une des voix qui portent dans la lutte pour la défense du climat face aux excès d'un monde régit par trop de croissance. Le professeur de l'université de Grenoble-Alpes et astrophysicien reconnu, spécialiste des trous noirs, a enchaîné avec un appel publié dans Le Monde en compagnie de Juliette Binoche (qu'il a rencontré sur le tournage de High Life de Claire Denis) et signé par près de 200 personnalités, intitulé Le Plus Grand Défi de l'histoire de l'Humanité. Depuis, il poursuit son combat politique et citoyen au fil de conférences autour de la crise écologique qui sont fort suivies (celle de Lyon est déjà annoncée complète) et font de lui un lanceur d'alerte très écouté. Rendez-vous le mercredi 16 octobre à 19h à l'Université Catholique de Lyon (au 10 place des Archives) pour écouter les solutions qu'il préconise.

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Qui s’y frotte… : "Bacurau"

Le film de la Semaine | Après Aquarius, Kleber Mendonça Filho s’associe à Juliano Dornelles pour livrer une fable picaresque futuriste, entre Les Chasses du Comte Zaroff et Les Aventures d’Astérix version brésilienne. Corrosif, sanglant et… visionnaire ? Prix du Jury à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 24 septembre 2019

Qui s’y frotte… :

Nordeste brésilien, dans un futur proche. De retour à Bacurau pour enterrer sa grand-mère, Teresa remarque que le village est de plus en plus enclavé, comme coupé du monde. Les choses vont s’aggraver en présence de bien curieux étrangers. Mais Bacurau n’a pas dit son dernier mot ! Il y a trois ans, Kleber Mendonça Filho nous assénait une claque cuisante qui, à bien des égards, prophétisait métaphoriquement les prémices du populisme bolsonarien : on assistait en effet dans Aquarius à la déliquescence d’une société où le bon droit valait tripette face au poids des intérêts privés (et à leur omnipotence acquise par la corruption) ; où la maison Brésil semblait dévorée de l’intérieur, ses fondations menaçant de rompre à tout moment. Comme s’il souhaitait mettre entre parenthèses le temps présent, le cinéaste — en duo ici avec Juliano Dornelles — en propose avec Bacurau

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Corps et âme : "Vif-Argent"

Fantastique | Juste n’est plus vraiment de ce monde : invisible aux vivants, il a négocié avec las “autorités” de l’au-delà pour accompagner les défunts de l’autre côté, en leur faisant raconter un souvenir. Il croise un jour Agathe, bien vivante, qui le voit et le reconnaît. La mécanique serait-elle enrayée ?

Vincent Raymond | Lundi 26 août 2019

Corps et âme :

De tous les films ayant fréquentés la Croisette cette année et qu’il nous ait été donné l’occasion de voir pour l’instant, celui-ci qui figurait dans la sélection de l’ACID déploie sans doute la plus grande ambition poétique… tout en demeurant d’une exquise et discrète sensibilité. Déjà auréolé du Prix Jean-Vigo, Vif-Argent mérite qu’on lui consacre de l’attention. Juste apparaît (comme le titre le laisse entendre) pareil au messager des dieux mercurial, et doit rendre des comptes à la redoutable Dr Kramartz (autrement dit, “la doctoresse de la substance“). Ni vivant ni trépassé, il se trouve de fait prisonnier d’une zone intermédiaire qui n’est pas sans évoquer celle jadis conçue par Cocteau pour sa transposition du mythe d’Orphée, dont ce film constitue une forme de continuité : après tout, il s’agit bien d’aller reconquérir un amour avalé par le royaume d’Hadès ? Cette vision contemporaine et apaisée des psychopompes antiques, peu éloignée des anges wendersiens, dégage un fantastique diffus, ainsi qu’un érotisme qui en confortent le charme mystérieux

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Sans autre forme de procès : "Acusada"

Thriller | Dolorès, 21 ans, est accusée du meurtre de Camilla, sa meilleure amie survenu trente mois plus tôt à l’issue d’une soirée entre ados très arrosée. Alors que va se tenir le procès, la jeune fille vit recluse chez elle, l’opinion publique l’ayant déjà jugée. De très rares amis lui sont restés fidèles…

Vincent Raymond | Mardi 9 juillet 2019

Sans autre forme de procès :

En justice, le doute doit toujours profiter à l’accusé ou l'accusée. Et sa charge d’incertitude permet des verdicts que le cinéma a du mal à accepter pleinement : un film étant censé s’achever par la résolution pleine et entière de toutes les intrigues, le doute constitue alors le prétexte à un ressort dramatique tel qu’une révélation de dernière minute. Acusada se distingue de la foule des films de prétoire par son absence de résolution : l’affaire du meurtre n’est pas bouclée et, d’un point de vue strictement théorique, c’est une bonne chose puisque la perception des faits par Dolorès constitue le cœur de l’histoire. Comment elle vit un sentiment de culpabilité consécutif au trépas de Camilla, aux conséquences sur ses parents (on comprend que le scandale, en plus de les ruiner socialement et matériellement, les a physiquement séparés), mais aussi sur son petit frère. Comment elle reçoit, également, l’agression médiatique, manipulant l’opinion à coup d’interviews sensationnelles. Divulguant progressivement les circonstances du drame, jouant la carte du présent en limitant le recours au fla

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Le souffle des chevaux de Bartabas

Nuits de Fourvière | C’est sa dernière tournée de ce genre. Depuis trente ans, Bartabas mène la compagnie Zingaro d’Aubervilliers vers différents continents avec chapiteau, écuries et une quarantaine d’animaux. Cet été, il s’arrête six semaines à Lyon où il a présenté chacun de ses spectacles. Cette fidélité est aussi celle qu’il voue à des animaux, seuls mis en avant dans cette fascinante contemplation qu’est Ex Anima.

Nadja Pobel | Mardi 18 juin 2019

Le souffle des chevaux de Bartabas

Pourquoi est-il donc intéressant d’aller voir de quoi retourne l’art équestre de Bartabas ? Certains – nombreux ! - d’entre vous le savent déjà, qui le suivez depuis trois décennies dans des pérégrinations ultra enjouées et techniques telles Battuta ou Calacas. Parfois plus crépusculaires avec l’avant-dernier né, On achève bien les anges - Élégies, post attentat contre Charlie Hebdo. Pourquoi se rendre sous cette toile de 1300 places où s’ébrouent des animaux ? Le temps de la voltige est finie. Les cavaliers pourtant, selon leur dire, ne sont pas frustrés. Au sol, encadrant dans l’ombre ces animaux avec lesquels ils ont grandit et qui eux aussi finissent leur carrière, ils terminent leur récit commun. Il s’agit tout à la fois d’une histoire d’humains, d’animaux mais aussi d’époque. Ces épopées commencées dans les années 80 (voire précédemment comme pour Ariane Mnouchkine et son Théâtre du Soleil) quand l’argent coulait à flots est révolu. Pas de tournée internationale pour Ex Anima, créé à l’automne 2017 et qui aura fait un joli parcours hexagonal s’achevant à Tou

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Guillaume Barth à la Fondation Bullukian : Un artiste qui ne manque pas de sel

Art Contemporain | Guillaume Barth expose à la Fondation Bullukian deux de ses projets singuliers, aux confins de l'art, de l'écologie et de la philosophie. Où le sel devient planète, et les arbres musiciens...

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 juin 2019

Guillaume Barth à la Fondation Bullukian : Un artiste qui ne manque pas de sel

Le 5 janvier 2015, une nouvelle planète est "découverte" par l'artiste Guillaume Barth : Elina, surgie en plein désert de sel bolivien à 3700 mètres d'altitude. En quelques jours, l'astre éphémère se dissout dans les eaux de pluie... Il aura fallu trois semaines à Guillaume Barth et deux autres artistes, aidés par de nombreux indiens Ayamaras, pour composer cette planète de trois mètres de diamètre, à partir de briques de sel et de techniques artisanales indiennes. Il en reste aujourd'hui plusieurs photographies impressionnantes, exposées à la Fondation Bullukian, où la grande sphère blanche, notamment, se reflète sur une mince couche d'eau, au beau milieu du silence et de l'immensité. Elina est l'un des nombreux projets un peu fous du jeune artiste né en 1985 à Colmar, grand globe-trotter. Projet à la croisée d'enjeux plastiques, écologiques et géopolitiques (le site bolivien est convoité par de nombreuses multinationales pour ses réserves de lithium). Concert de bois Plus proche de nous géographiquement mais pas moins fou, le projet Concert pour une

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Bartabas et Lorraine de Sagazan, plébiscite et nouveauté

Nuits de Fourvière | Entre fidélité aux artistes confirmés et confiance à ceux qui esquissent le théâtre de demain, le festival des Nuits de Fourvière présente deux artistes aimés : Bartabas et Lorraine de Sagazan, hors des théâtres gallo-romains, amènent leur regard si singulier sur le monde.

Nadja Pobel | Mardi 11 juin 2019

Bartabas et Lorraine de Sagazan, plébiscite et nouveauté

Bartabas Il l’a considéré comme son ultime spectacle lorsqu’il l’a crée chez lui, dans ses écuries d’Aubervilliers au pied des tours d’immeubles. À l’automne 2017, Ex Anima devait être sa dernière œuvre. Rien n’est moins sûr, mais là n’est pas la question car ce spectacle est bien dans la continuité de ce que Bartabas esquisse depuis plus de trente ans : mettre le cheval au cœur de son dispositif et lui laisser peu à peu toute la place au point qu’ici les humains s’effacent avec un hommage pour tant de services (en situation de guerre, de travail des champs…) rendus. « Le cheval n’est obligé à rien » comme il nous le confiait au printemps. Dans des tableaux qui laissent le spectateur en suspension, il est question de souffle, celui de l’âme selon la traduction latine de Ex Anima. Il s’agit de « regarder un cheval raconter l’Homme » car « le cheval est perçu comme un acteur ». Si Bartabas fait ce parallèle, c’est qu’il y a la même intensité à voir l’animal s’avancer sur une poutre qu’un comédien à saisir un verre d’eau sur une table sur scène. Le spectateur est dans la même positi

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Une saison 2019/2020 allant de Bach à Damon Albarn

Auditorium | L'Auditorium poursuit sa mue vers les musiques contemporaines, multipliant ses ouvertures vers les domaines des musiques du monde, de la pop, ou encore de la musique classique contemporaine en s'associant, par exemple, au compositeur australien Brett Dean.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Une saison 2019/2020 allant de Bach à Damon Albarn

Quelques changements en douceur à l'Auditorium et pour l'Orchestre National de Lyon... En 2019, le chef danois Nikolaj Szeps-Znaider a succédé à Leonard Slatkin à la direction de l'ONL, et donnera cette saison quatre concerts à Lyon (dont un concert d'ouverture qui comprend les Quatre Derniers Lieder de Richard Strauss, sommet d'émotion lyrique). L'Auditorium s'entoure aussi de plusieurs artistes associés : le chef Ben Glassberg (qui dirigera l'ONL pour le plus beau et le plus épuré des Requiem, celui de Gabriel Fauré), le pianiste lyonnais Jean-Yves Thibaudet (pour, notamment, une œuvre d'Olivier Messiaen, la Turangalîla-Symphonie, compositeur trop rarement interprété à notre goût), et le compositeur australien Brett Dean qui présentera six de ses pièces : des compositions souvent inspirées par l'actualité (politique, écologique...) aux paysages sonores très dynamiques, voire explosifs ! Quelques points d'orgue

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Faites fondre votre Maman pour la Fête des Mères

GUIDE URBAIN | La Maison Weiss vous propose de délicieux cadeaux chocolatés pour montrer à votre mère combien vous l'aimez. Avec les bisous chocolat, le pochon coeur et autres tablettes "Rouge Baiser" au packaging signé Ella & Pitr, marquez un grand coup pour la Fête des Mères 2019 !

La rédaction | Mardi 21 mai 2019

Faites fondre votre Maman pour la Fête des Mères

Une Maman, on n'en a qu'une seule. C'est pourquoi la Fête des Mères revêt une saveur particulière du côté des Chocolats Weiss. Pour la gâter et lui montrer votre affection ce dimanche 26 mai, les chefs chocolatiers de la Maison Weiss ont concocté pour vous une sélection de produits raffinés et à la hauteur de l'événement. Donner son coeur en chocolat dans un pochon 100% made in France Parmi les dernières créations de la Maison Weiss, le Pochon Coeur fait partie des privilégiés. Issu d'une collaboration entre Weiss et l'entreprise Etna située dans l'Ain, cet écrin arbore un look très "frenchy" avec sa marinière et contient un assortiment de 3 coeurs pliés qui vont ravir les palets de vos Mamans. Au programme des gourmandises précieusement gardées : du chocolat noir 67% aux notes de fruits rouges pour la fraîcheur, du chocolat au lait fleur de sel de Guérande pour le côté gourmand et du chocolat au lait 37% doux et vanillé pour l'onctuosité. Avec ce Pochon Coeur, c'est un peu de vous que vous offrirez à votre Maman pour la Fête des Mères.

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Cœur de pierre : "Petra"

Thriller | De Jaime Rosales (Es-Fr-Dan, 1h47) avec Bárbara Lennie, Alex Brendemühl, Joan Botey…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Cœur de pierre :

Jeune artiste peintre, Petra vient effectuer une résidence auprès de Jaume, un plasticien réputé au caractère entier, dominateur et volontiers arrogant. Si elle se lie d’amitié avec le fils de celui-ci, Lucas, elle empêche que les choses aillent plus loin. Car Petra cache un secret… Depuis La Soledad (2008) et Un tir dans la tête (2009), c’est toujours un plaisir de retrouver Jaime Rosales : il fait partie de ces auteurs qui n’usent pas en vain de leur art, et dont chaque film procure ce double plaisir de la découverte : quelle est l’histoire ; comment Rosales choisit de la raconter. En bon théoricien, la forme interroge toujours le fond et lui répond. Ici, le récit est chapitré à la manière d’un roman, mais son ordre chronologique est contrarié. Une perturbation qui permet d’occulter des franges du passé, de présenter des conséquences avant certaines causes, d’induire également dans l’esprit du spectateur des hypothèses quant à la raison de ces ellipses. Cette construction n’est pas non plus sans évoquer le processus artistiqu

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Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Victor et Célia | Aux Rencontres d’Avignon, puis à celles de Gérardmer, Pierre Jolivet a présenté son nouveau couple de cinéma, Victor et Célia. Deux jeunes gens d’aujourd’hui combatifs, épris l’un de l’autre autant que de leur liberté. Il en a aussi profité pour parler de l’état de la production hexagonale à l’heure de Netflix…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Pierre Jolivet : « mon luxe ? Je ne fréquente pas de cons »

Est-il plus difficile de faire un film ou d’ouvrir un salon de coiffure ? Pierre Jolivet : Je ne sais pas… Il y a de l’entrepreneuriat dans les deux. Faire un film, c’est aussi monter une petite entreprise de plusieurs millions en deux-trois ans. Je n’ai jamais ouvert un salon de coiffure ! À la différence des deux petits coiffeurs qui m’ont inspiré le film. Au départ, j’étais allé me faire couper les cheveux dans un petit salon du XVe, là où j’habite. Ils étaient stressés parce que j’étais leur premier client, et ils m’ont raconté leur histoire. Qu’ils ne dormaient plus, qu’ils s’étaient endettés, qu’ils souffraient et étaient exaltés en même temps par la liberté qu’ils avaient. C'est ce mélange, cette vibration très particulière du passage à l’acte que j’ai essayé d’attraper. La thématique des petites entreprises vous tient à cœur… Celle des chômeurs aussi, beaucoup…J’ai grandi dans une banlieue populaire où il y avait plein de petites entreprises qui ont maintenant disparu. Si nous sommes ce que nous faisons, les artisans sont ce qu’ils fabriquent de leur

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Et si on passait au salon ? : "Victor et Célia"

Comédie | De Pierre Jolivet (Fr, 1h31) avec Arthur Dupont, Alice Belaïdi, Bruno Bénabar…

Vincent Raymond | Mardi 23 avril 2019

Et si on passait au salon ? :

Même si l’affaire n’est pas bouclée à 100%, c’est sûr : Victor et Ben vont ouvrir le salon de coiffure de leurs rêves. Hélas, Ben meurt brutalement et Victor part en quête de l’associé ou associée idéale. Tout le dirige vers Célia, son ancienne *partenaire* de l’école de coiffure. Il reste encore à la convaincre… De l’entreprise à l’artisanat, Pierre Jolivet se sera penché sur toutes les formes de sociétés ou de commerces à périmètre humain. Car justement, ce sont les transactions entre les individus qui l’intéressent, davantage que les affaires de négoce génératrices de profit. Le cinéaste excelle dans la description de ces entraves susceptible de contrarier l’épanouissement personnel, qu’il s’agisse d’obstacles administratifs, de fâcheux, de fatalité voire d’une romance — ce dernier point (également connu sous le dicton “no zob in job“) étant à nuancer : on ne divulgâchera rien en sous-entendant que Victor et Célia vont être tendrement de mèche. C’est d’ailleurs leur relation amoureuse un brin contrariée par leurs scrupules mutuels (elle est en couple, lui trop

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Cap à l'Est

Lyon Bière Festival | Avec la volonté de « marquer les esprits et ancrer l’événement sur le plan national et européen », la quatrième édition du Lyon Bière Festival se veut pleine de surprises. À commencer par la mise à l’honneur de quelques territoires brassicoles d’Europe Centrale, étonnants et en plein essor.

Julie Hainaut | Mercredi 20 mars 2019

Cap à l'Est

« C’est une édition tout terrain, hors norme » prévient Nicolas Dumortier, co-fondateur du site de vente en ligne Bieronomy.com spécialisé en bières craft et co-organisateur et programmateur du Lyon Bière Festival. Et inattendue. En témoignent les brasseries tchèques, roumaines, polonaises et slovènes représentées. Parce que, et nous imaginons déjà les déçus, la culture de la bière européenne ne se limite pas à la Belgique, l’Allemagne ou encore l’Angleterre. Quoique, pour la Belgique, les doutes sont permis. Bref. Les pays de l’Est proposent des mousses contemporaines, acides, houblonnées, aromatiques, canons. « Ce sont des bières qu’on n’attend pas forcément en France mais qui méritent d’être connues et reconnues. Elles ont beaucoup souffert et souffrent encore aujourd’hui d’une image négative, à tort, leurs recettes étant souvent très qualitatives et ultra-abouties tout en ayant un prix compétitif et un design de plus en plus réfléchi, comme les bières en canette roumaines, par exemple » poursuit Nicolas Dumortier. L’une des raisons de la méconnaissance de ce type de bières ? « Probablement le prix », ana

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Le 7e se fait mousser

Bière | En quelques mois, quatre bars ont ouvert leurs portes dans le nouveau triangle d’or formé par les rues de Marseille et Sébastien Gryphe, dans le 7e (...)

Lisa Dumoulin | Lundi 11 mars 2019

Le 7e se fait mousser

En quelques mois, quatre bars ont ouvert leurs portes dans le nouveau triangle d’or formé par les rues de Marseille et Sébastien Gryphe, dans le 7e arrondissement. 2019 a vu naître : Barcandier, spécialisé en bière et vin nature, qui propose des mousses artisanales à la pression, tandis que son voisin La Plante du Loup, cave à bière, les propose en bouteilles, accompagnées de planches apéro et tartinades. Quelques mètres plus haut, sur la rue de Marseille, en face de L’Amour de Nuit, Le Commerce (pas particulièrement axé sur la bière artisanale) a également ouvert ces dernières semaines. Rue Sébastien Gryphe, Orgao prend le relais pour le quartier d’à côté avec sa beer house. Il vient compléter l’offre déjà offerte par La Bière Angulaire, cave à bière et bar à tapas, en place depuis avril 2018.

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La flamme de sa vie : "Dragons 3 : Le monde caché"

Animation | De Dean DeBlois (É-U, 1h34) avec les voix (v.o.) de Jay Baruchel, America Ferrara, F. Murray Abraham, Cate Blanchett…

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

La flamme de sa vie :

Mâle alpha et donc roi des dragons, Krokmou n’est plus tout à fait le seul survivant de son espèce : une femelle Furie Éclair existe et elle est entre les mains de Grimmel, un féroce exterminateur de dragons. Harold et Astrid vont devoir faire feu de tout bois pour le sauver, ainsi que leur village… Cela devait arriver. Non pas qu’un troisième volet de la franchise méga-rentable voie le jour, mais que Krokmou fasse des petits. Encore faut-il qu’il déclare au préalable sa flamme à sa dulcinée, ce qui donne lieu à une réjouissante parade où l’animal, mélange indéfinissable de félin et de saurien, balance entre le grotesque et le touchant de l’ado faisant sa cour. Harold et Astrid en étant au même stade (avec des roucoulades moins dandinantes, il est vrai), cet opus printanier exhale une fragrance saison des amours, soutenue par la thématique secondaire du film : la question du détachement, doublement métaphorisée. Car si les appariements entre jeunes entraînent le départ du nid familial, la découverte d’un nouveau monde perdu où les dragons peuvent vivre en paix implique la fin de

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Bartabas de retour à Fourvière

Nuits de Fourvière | Du 14 juin au 24 juillet, durant trente représentations, Bartabas sera de retour aux Nuits de Fourvière, sous chapiteau au parc de Parilly pour (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 janvier 2019

Bartabas de retour à Fourvière

Du 14 juin au 24 juillet, durant trente représentations, Bartabas sera de retour aux Nuits de Fourvière, sous chapiteau au parc de Parilly pour présenter sa création de l'automne 2017, Ex Anima. Crépusculaire et sidérante, cette proposition est vierge de présence humaine ! Les chevaux (et quelques loups et volatiles) livrent la partition seuls. La billetterie ouvre le 29 janvier à 14h (places de 24€ à 53€).

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Copper Roots, le cocktail passe à table

Restaurant | Que boire avec le foie gras ? Un Sauternes ? Trop classique. Un Champagne ? Trop chic. Un Médoc ? Trop lourdingue. Pourquoi pas un cocktail ? Chez le tout beau, tout cuivré Copper Roots, c'est possible.

Adrien Simon | Mardi 8 janvier 2019

Copper Roots, le cocktail passe à table

Les fêtes passées, avouez : vous avez lutté pour choisir les nectars adéquats pour la pintade ou le tofu, le saumon ou le faux-gras. Rassurez-vous, « accorder le boire au manger est un art subtil », né en France « entre le XVIIIe et le XIXe siècle » d’abord à la Cour, comme le rappelait un colloque de 2017 consacré au sujet. Dans le monde de la haute-gastronomie, la précision de l’accord entre mets et vins a certainement atteint son paroxysme avec Alain Sanderens, à la fin des années 1980. Le chef du Lucas Carton allait jusqu’à adapter ses plats aux bouteilles les accompagnant, les modifiant en fonction des millésimes. Surtout, il propose le premier, avec chacune de ses assiettes un verre de vin adéquat. Plus besoin de chercher la bouteille qui accompagnera aussi bien la langoustine que le chevreuil. Le succès du menu dégustation et de son accord vineux n’a depuis cessé de croître, jusqu’à aujourd’hui... Le journal Le Monde raconte les derniers instants de Senderens, le 25 juin 2017. Invité chez une amie, il remettait en ca

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Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine : "La Permission"

ECRANS | de Soheil Beiraghi (Irn, 1h28) avec Baran Kosari, Amir Jadidi, Sahar Dowlatshahi…

Vincent Raymond | Mardi 27 novembre 2018

Quand le sport vient au secours de l’émancipation féminine :

Capitaine de l’équipe féminine iranienne de futsal, Afrooz doit disputer une compétition internationale en Malaisie lorsqu’elle découvre que son époux a révoqué son autorisation de sortie du territoire. Entre stupeur et colère, elle lutte quasi seule pour changer les choses… Voici un film étrangement en phase avec l’actualité. Bref rappel : le 10 novembre dernier à Téhéran, pour la première fois depuis 1979, des femmes ont eu la possibilité d’assister à un match de football dans un stade largement occupé par des hommes, à l’occasion de la finale de la Ligue des Champions asiatique. Un spectaculaire contraste avec l’histoire d’Afrooz, qui se déroulait “en vrai“ quelques mois plus tôt. Comme souvent dans le cinéma iranien contemporain — dont on ne cesse de signaler l’audace politique autant que formelle — la construction est dialectique : face à un problème administratif ou une énigme, la complexité des faits se déploie progressivement, révélant de nombreuses ramifications au fil d’un dialogue incisif, mais jamais pesant. Nul manichéisme dans le traitement des personnages : chacun

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C’est encore au programme !

Festival Lumière | Le clap de fin ne claquera que dimanche soir. D’ici là, focus sur quelques-un des rendez-vous de cette seconde partie de festival…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

C’est encore au programme !

Claire Denis convie Aurélien Barrau Faisant partie des invitées d’honneur de cette 10e édition, Claire Denis vient présenter Trouble Every Day (2001) ce mercredi 17 à 21h45 avec Béatrice Dalle et Alex Descas. Mais elle fait précéder à 19h cette séance à l’Institut Lumière de l’avant-première de son nouveau film, High Life, déjà montré à Toronto. Une œuvre de science-fiction portée par la musique de Stuart Staples des Tindersticks, qu’elle introduira en compagnie de sa comédienne Claire Tran et de l’un des astrophysiciens qui l’ont conseillée durant la préparation, Aurélien Barrau. Ce dernier n’est d’ailleurs pas un inconnu du grand public : son intervention en faveur d’un sursaut écologique lors du Climax Festival 2018 a été massivement vue en ligne et partagée sur les réseaux sociaux. La cinéaste donnera le lendemain une masterclass à 11h30 à la Com

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Le début de la fin : "Domingo"

Chronique | de Fellipe Barbosa & Clara Linhart (Bré, 1h28) avec Itala Nandi, Camila Morgado, Augusto Madeira…

Vincent Raymond | Mardi 9 octobre 2018

Le début de la fin :

Dimanche 1er janvier 2003. La vieille et acariâtre Laura rejoint les siens dans la demeure familiale pour célébrer la nouvelle année. Pendant que cette bourgeoisie fin de race festoie, les employés de maison suivent dans les coulisses l’investiture du nouveau président élu par le peuple, Lula… Domingo ressemble à une version contemporaine et brésilienne de La Règle du jeu ou de Gosford Park : une peinture corrosive de ces “grandes familles“ vivant dans l’aveuglement de leur propre déliquescence, à l’approche d’un changement de société majeur. Si les notables n’en ont aucune perception, endormis qu’ils sont par les reliquats de leurs privilèges féodaux, le nez dans la drogue et le pantalon en bas des chevilles, au royaume des domestiques en revanche, tout indique qu’une révolution se prépare. Mais aura-t-elle vraiment lieu ? On pardonnera à Linhart et Barbosa leur petite entorse à la vérité historique — le 1er janvier 2003 était un mercredi et non un dimanche — mais la tentation éta

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Au Rikiki, on joue la comédie

Café-Théâtre | Le vivier foisonnant du café-théâtre continue de s’épanouir... Un nouveau lieu ouvre ses portes sur les pentes de la Croix-Rousse, dès ce mercredi 12 septembre : Au Rikiki.

Lisa Dumoulin | Lundi 10 septembre 2018

Au Rikiki, on joue la comédie

Ça bouge rue de l’Annonciade : Anne-Marie Potel et Elina Barguil ont repris le café-théâtre Les Vedettes pour installer Au Rikiki. Aux rênes de la compagnie de théâtre amateur Les Affreux depuis bientôt six ans, où Elina était metteuse en scène de la troupe, elles décident il y a un an de voir plus grand. Après avoir été à elles deux responsable commerciale, guide accompagnatrice, serveuse, cameraman… leur complémentarité professionnelle et personnelle et le cap des 30 ans les pousse vers la réalisation de ce rêve. Côté salle, 70 places assises où vous pourrez applaudir des comédies de boulevard, jouées par des compagnies amateures ou professionnelles, et des pièces plus contemporaines ou des seuls-en-scène. « On n’aime pas trop les étiquettes » explique Anne-Marie Potel, « mais ce sera toujours de la comédie. » L’espace café a été réaménagé pour servir de la petite restauration : des planches à partager, végétariennes ou pas, des salades, des tartines, conçues à partir de produits locaux. Perrine Rouland pour ouvrir La saison s’ouvrira avec Pied R

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Lorsque l’enfant paraît : "Sofia"

Drame | de Meryem Benm’Barek (Fr-Qat, 1h20) avec Maha Alemi, Lubna Azabal, Faouzi Bensaïdi…

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Lorsque l’enfant paraît :

Casablanca, de nos jours. Sa famille s’apprêtant à conclure une belle transaction, Sofia se trouve mal. Conduite à l’hôpital par sa cousine, la jeune femme accouche, totalement sidérée. Mère non mariée, la voilà donc hors-la-loi ; Sofia dispose d’une journée pour présenter le père. Qui est-il ? N’eût-il abordé que la délicate question du déni de grossesse chez les adolescentes, ce premier long-métrage sans apprêt, cru et réaliste aurait déjà mérité la vision. Mais il s’insère dans le contexte particulier de la société marocaine — un carcan où les relations sexuelles sont strictement circonscrites au mariage. Des règles férocement archaïques, modulables en fonction du niveau de revenus des contrevenants (et du montant des bakchichs qu’ils sont capables de verser aux forces de l’ordre). Ici, l’entourage de Sofia orchestre des magouilles d’arrière-boutique non pour préserver la jeune mère de la prison, mais pour sauvegarder l’honneur familial : un scandale risquant de compromettre la juteuse affaire en tractation. Cette vénalité assortie d’une marchandisation sans vergogne des femme

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Né pour l’apnée : "L'Homme dauphin, sur les traces de Jacques Mayol"

Documentaire | de Lefteris Charitos (Fr-Gr-Can-Jap, 1h19) avec Jean-Marc Barr…

Vincent Raymond | Mardi 29 mai 2018

Né pour l’apnée :

L’eau-dyssée de Jacques Mayol, petit Français si fasciné par le monde du silence et l’espèce des dauphins qu’il tenta à sa façon d’en devenir un en se lançant, avec succès, dans la plongée en apnée, discipline dont il fut l’un des précurseurs et surtout le charismatique ambassadeur… Aller plus profond. Tel était le leitmotiv de Jacques Mayol, cet aventurier à l’ancienne, ayant tout du play-boy international sans attaches, oubliant qu’il avait une famille pour vivre son rêve d’absolu ; sa quête ô combien paradoxale de lumière menée en s’enfonçant toujours plus loin dans l’impénétrable obscurité des abysses… À sa façon, Lefteris Charitos va lui aussi sous la surface, derrière l’image lisse rendue par la fiction inspirée de sa vie dans Le Grand Bleu (1988) de Luc Besson. En explorant les moindres images d’archives, en faisant parler les ultimes témoins, les proches de l’apnéiste, ses disciples comme son maître bouddhiste, le documentariste tente de plonger dans le secret d’un homme dépressif — et qui fut vaincu par la maladie. Sobre et apaisé, son portrait rév

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L'utopie entre en piste

Cirque | Il y a les feuillets dessinés de Bonnefrite qui irradient de rouge et jaune le métro et la ville. Et il y a bien sûr des spectacles pour prouver avec cette 4e édition du festival UtoPistes que le nouveau cirque a une santé de fer.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

L'utopie entre en piste

Onze spectacles, des travaux d'élèves de l'école du cirque (en fin de festival), une ouverture sur la place des Célestins avec Mathurin Bolze (dont la compagnie mpta est à l'initiative du festival), Karim Messaoudi... De la magie (Dans la peau... à la Croix-Rousse, Les Limbes aux Célestins), une conférence par un des pères du nouveau cirque, Johann Le Guillerm (Le Pas grand chose aux Célestins), des clowns (Ouïe au TNG-Ateliers) ou du travail beaucoup plus théâtralisé (Ningunpalabra aux Célestins) par des argentins voltigeurs qui seront aussi à l'affiche du Terabak de Kyiv à Fourvière en juillet.... Parmi ce must, deux créations infiniment différentes et qui étonnent. Dans Santa Madera Stefan Klinsman et Juan Ignacio Tula sont époustouflants de virtuosité mais pas seulement. Avec la roue Cyr, ils fouillent le tréfonds de l'âme sur une piste de terre qu'ils malmènent jusqu'au vertige. Comment, avec ce seul agrès presque enfantin, mais qui requiert un immense professionnalisme pour être manié à ce niveau, parviennent-ils à générer autant d'émotions ? Les corps semble

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Révolutions intérieures aux Assises du roman

Révolte | "Au cœur de la révolte", l'une des thématiques fortes de cette édition 2018, et comme pour célébrer à distance Mai 68, les Assises Internationales du Roman ont placé deux auteurs américains, Martin Neill Null et A.G. Lombardo, dont les deux premiers romans épiques entraînent leurs personnages dans un désordre qui finit par les éclairer. Et nous avec.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mai 2018

Révolutions intérieures aux Assises du roman

« La rébellion est dans l'œil de celui qui la regarde » écrit A.G. Lombardo page 365 de son Graffiti Palace. Un aphorisme qui pourrait commenter, page 206 du Miel du Lion de Martin Neill Null, ces mots de Shelby Randolph, entrepreneur et copropriétaire de la Cheat River Paper & Pulp, une société du début du XXe siècle qui transforme les forêts de Virginie-Occidentale en pâte à papier et les ouvriers en forçats, persuadé de faire œuvre de philanthropie à travers le profit : « Quant aux syndicalistes, pour la plupart, ils se fourvoyaient tout bêtement et cédaient à la tentation typiquement humaine de la paresse. » On le sait, ce qui fait écho un jour peut résonner longtemps. Et il ne viendrait à l'idée de personne de contester le caractère actuel de deux phrases ayant la vertu d'expliquer la schizophrénie à l'œuvre dans une société française occupée à célébrer d'une main l'anniversaire du bel esprit de Mai 68 tout en balayant de l'autre la pertinence des grèves et manifestations qui pour s'ancrer dans notre quotidien de 2018 ne sont pas frappées, elles, du sceau de la nostalgie – pas plu

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Femme de lettres au bord de la crise de nerfs : "Los Adioses"

Biopic | de Natalia Beristain Egurrola (Mex, 1h26) avec Karina Gidi, Daniel Giménez Cacho, Ari Albarrán…

Vincent Raymond | Dimanche 13 mai 2018

Femme de lettres au bord de la crise de nerfs :

Quelques fragments du parcours de Rosario Castellanos (1925-1974) : ses premiers pas d’étudiante, sa reconnaissance comme poétesse, autrice, intellectuelle féministe et universitaire ; les tumultes de son couple avec Ricardo Guerra, partenaire frustré par le talent de sa compagne… C’est à une figure majeure des lettres mexicaine et de l’affirmation de droits des femmes que Natalia Beristain rend ici hommage à travers ce film-patchwork, brassant les époques, au risque de chahuter la stricte chronologie. Icône célébrée pour ses prises de parole et ses écrits, Castellanos eut à lutter au quotidien contre la jalousie dévorante de celui qui eût dû être son principal allié — c’est un peu comme si Sartre, furieux de voir Simone de Beauvoir taper plus vite que lui à la machine et rafler le Goncourt avait tenté de la boucler dans la cuisine, exigeant qu’elle se consacre exclusivement à la confiture de mandarines. Désir d’indépendance, machisme sournois… Ce match tristement connu et peu équilibré est ici arbitré par de nombreuses étrein

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Ce qui nous liait : "Everybody knows"

¿Quién? | Sous le délicieux présent, transperce le noir passé… Asghar Farhadi retourne ici le vers de Baudelaire dans ce thriller familial à l’heure espagnole, où autour de l’enlèvement d’une enfant se cristallisent mensonges, vengeances, illusions et envies. Un joyau sombre. Ouverture de Cannes 2018, en compétition.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mai 2018

Ce qui nous liait :

Comme le mécanisme à retardement d’une machine infernale, une horloge que l’on suppose être celle d’une église égrène patiemment les secondes, jusqu’à l’instant fatidique où, l’heure sonnant, un formidable bourdonnement précipite l’envol d’oiseaux ayant trouvé refuge dans le beffroi. C’est peut dire que l’ouverture d’Everybody knows possède une forte dimension métaphorique ; sa puissance symbolique ne va cesser de s’affirmer. Installée au sommet de l’édifice central du village, façon nez au milieu de la figure, cette cloche est pareille à une vérité connue de tous, et cependant hors des regards. Elle propage sa sonorité dans les airs comme une rumeur impalpable, sans laisser de trace. Battant à toute volée sur une campagne ibérique ensoleillée, telle une subliminale évocation de l’Hemingway période espagnol, cette cloche rappelle enfin de ne « jamais demander pour qui sonne le glas : il sonne pour [soi]. » Pour l’illusion du bonheur et de l’harmonie, également, dans laquelle baignent Laura et ses enfants, qui revient en Espagne pour assister au mariage de sa sœur. Et retrouver sa f

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Le Wagon Bar : le voyage incertain

Restaurant roulant | « Restaurant inédit », « carte signée du chef étoilé Jérémy Galvan », « vue exceptionnelle sur les plus beaux endroits de Lyon », « expérience gastronomique hors du commun ». Le communiqué de presse était plein de promesses. On était plein d’espoir.

Julie Hainaut | Mardi 15 mai 2018

Le Wagon Bar : le voyage incertain

19h45. On est sur place, complètement surexcitée à l’idée de déguster un menu gastronomique dans un cadre insolite – bus à impériale, toit panoramique. On grimpe l’escalier et on s’installe au fond, à droite. 20h07. Cinq minutes que le moteur chauffe, on a déjà testé plusieurs fonctionnalités de la tablette fournie. On a eu 4/5 à l’un des quizz (on a appris qu’il y aurait 500 traboules à Lyon), on a jeté un œil à l’itinéraire prévu (classique) et, déformation professionnelle, on a essayé de corriger les fautes d’orthographe, de grammaire et de syntaxe des descriptions des monuments de Lyon. On a faim et hâte. Le bus démarre. 20h15. La mise en bouche est servie alors qu’on se dirige vers Saint-Jean. Ça tangue, mais cette mini bavaroise carotte cumin, pickles de carotte et calamansi est parfaite, ça compense. Le verre est aimanté à la table, il faut le prendre avec les deux mains. Et plutôt lorsque le feu est rouge. Ou alors ne pas se risquer à porter une chemise blanche ET à boire du vin rouge. La vie est faite de choix. 20h41. On a boulotté quatre morceaux de pain, refai

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Chaînes conjugales : "Une femme heureuse"

Desperate Housewife | de Dominic Savage (G-B, 1h45) avec Gemma Arterton, Dominic Cooper, Frances Barber…

Vincent Raymond | Mardi 24 avril 2018

Chaînes conjugales :

Vu de l’extérieur, Tara semble mener la vie d’épouse et mère anglaise comblée. En y regardant de plus près, son Mark n’est pas si attentionné : il lui impose sa routine sexuelle et domestique, bride ses aspirations artistiques. Un jour de trop plein, Tara craque et fait son bagage. Direction, Paris. Que l’on aurait aimé aimer ce film écrit, produit et interprété par Gemma Arterton ! La rousse comédienne aux choix éclectiques s’avère à elle seule une raison d’attachement inconditionnel, surtout si elle porte un projet sur l’insidieuse question de l’asservissement conjugal. Las, il y a hélas loin de l’intention à l’œuvre, autant que de la coupe aux lèvres. Car ce qui aurait pu être le portrait à la Sautet d’une femme conquérant sa liberté s’abîme dans une insistante (et redondante) contemplation de ses désarrois quotidiens. Plombée par une musique affligeante, la première partie insiste au-delà du raisonnable sur la cruauté de Mark et l’état de sujétion de Tara, en esthétisant un peu volontiers le beau visage triste de la comédienne. Quand vient (enfin) le temps de

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Bartabas : le cheval à corps et à vie

Cabaret équestre | Délestés des humains (ou presque), les chevaux de Bartabas présentent leurs tableaux comme des grands. Moins immédiatement séduisant que ses précédentes créations, cet Ex anima est une expérience unique et sidérante qui s'installe en Savoie pour un mois.

Nadja Pobel | Mardi 17 avril 2018

Bartabas : le cheval à corps et à vie

C'est son expérience ultime, la dernière d'une série de dix-sept entamée en 1984 avec son premier Cabaret équestre. Échappé du cirque Aligre, l'écuyer mène un parcours clairvoyant et cohérent qui séduit un public d'une hétérogénéité complète. Comment sinon, afficher complet des mois durant à Aubervilliers ou lors des vingt représentations au Bourget-du-Lac (1300 places sous chapiteau !), seule une vingtaine de tickets restant à vendre chaque soir. Longtemps passé par les Nuits de Fourvière, Bartabas se décale un peu géographiquement avec ce spectacle radical et empreint d'une humanité déconcertante. S'il est question de sensibilité à l'approche d'Ex Anima, celui-ci nécessite, plus que les autres, d'être pensé en le regardant. Car quoi ? Des chevaux entrent en piste, font un numéro et repartent ? Oui, mais ce que l'on voit ne peut suffire à décrire ce qui se passe sur la piste. Bartabas a poussé si loin son compagnonnage avec ces animaux - qu'il n'a pas la bêtise de mesurer à l'humain - qu'il leur rend entièrement leur singularité. Il travaille avec certains d'entre eux depuis des dizaines d'années, il lui faut cinq à six ans p

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