Racont'Arts casse les codes

Galerie | On a poussé la porte du 13 quai de la Pêcherie, sur les bords de Saône, face aux bouquinistes. Il n’y avait pas de bière, mais bien plus : un défilé d’émotions.

Julie Hainaut | Mardi 15 octobre 2019

Photo : © DR


Une pièce lumineuse, un mini-étage douillet, des recoins, un tas de pépites, tout autant de diversité et une liberté de mouvement. Dans la galerie de Sylvie Garrigue, pas de pression, pas de jugement, rien que de la contemplation : les experts et néophytes déambulent librement entre les œuvres d'art contemporain, le mobilier de designers, les bijoux de créateurs, les céramiques, les sacs… Loin des galeries traditionnelles, Racont'Arts entend « effacer les frontières entre l'art contemporain, le design et les créateurs » explique la maîtresse des lieux. L'art semble décomplexé, loin du snobisme qu'il peut parfois évoquer. « Une œuvre d'art, c'est avant tout le produit du travail d'un créateur et de son regard singulier sur le monde. C'est une création inédite capable de surprendre et générer une émotion chez le spectateur. »

Chaque œuvre a une histoire, que la galeriste raconte bien volontiers. Chaque artiste est sélectionné avec soin, ressenti, instinct. « La facture de l'œuvre doit être aboutie, la notion d'esthétisme est importante pour moi. Je suis extrêmement sensible à la dimension poétique. » Elle ne cesse jamais de dénicher de nouveaux talents tout en restant fidèle à ses artistes. Beaucoup ont planché sur le thème de la Biennale, Le Jour d'Après.

Il y a les peintures de Rodrigue Glombard qui questionnent la temporalité – la mémoire, l'éphémère, la continuité, la fragilité de notre environnement face à nos agissements – et donc ce qui est important, là, tout de suite, finalement (on ne parle pas de bière). Et puis les sculptures de Monica Mariniello qui entendent renouer les liens entre l'humain et son essence à travers des formes simples, archétypales. Et les (formidables) œuvres en fil de fer ciré de Myriam Louvel, ce fil qui trace l'inconnu, le vide, la distance, qui indique que la vie ne tient qu'à ce fil, justement. Et les créations de Michèle Noseda qui interpellent sur l'avenir de la Méditerranée en sublimant les matières trouvées au fond de la mer (surprise, il y a du plastique).

La liste est longue – Sylvie expose une quarantaine d'artistes, que ce soit dans sa galerie ou au 5e étage de l'immeuble, un appartement-galerie qui propose un accrochage d'œuvres complétant l'exposition. Des temps forts autour de l'art vivant (concerts, lectures, pièces de théâtre, ateliers, rencontres…) sont également régulièrement organisés. « Tous les moyens sont bons pour que l'art soit vu. Il faut que toutes les classes sociales puissent y avoir accès. Le moment fondamental est la rencontre avec l'œuvre, ce moment inouï où nous ressentons le pouvoir qu'elle exerce sur nous et nos sens, où elle nous émeut, nous transporte, nous interpelle ou nous fascine. » Un défilé d'émotions, donc.

Racont'Arts
13, quai de la Pêcherie, Lyon 1er
Tél. : 09 70 35 54 22
Du mardi au samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 19h ; le dimanche de 10h30 à 13h

Atelier coaching professionnel "Face à une œuvre d'art" les 22 et 23 octobre (30 €)

Mémoire du vivant en terre de glace, récit photographique le 26 octobre (25 €)

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