Ode aux céréales distillées

Lyon Whisky Festival | Ce week-end, le Lyon Whisky Festival prend ses quartiers au Palais de la Bourse. Au programme de cette seconde édition : dégustations, masterclasses, dédicaces et conférences.

Adrien Simon | Mardi 5 novembre 2019

Photo : © DR


À Lyon, novembre c'est le mois de la grappe : entre beaujo nouveau et salons du vin naturel, on sait que le week-end on aura le nez dans le verre. Et il y a cet intrus, événement dédié non pas au raisin fermenté, mais aux céréales distillées. Un festival autour du whisky, c'est-à-dire du scotch, du whiskey, du bourbon, du Tennessee ou du rye. Tous obtenus par la double ou triple distillation d'un moût de malt d'orge, et/ou de maïs ou de seigle, vieilli plus de trois ans en fût de chêne, neuf mais parfois carbonisé, ou ayant déjà accueilli du bourbon ou du vin, se sirotant l'air sérieux, dans un tumbler, sur glace et les fesses dans un fauteuil club, avec cette impression que l'atmosphère est soudain plus enfumée et que l'on a pris de l'âge, ou pour les puristes, bien secoué, allongé d'un trait d'eau, et reniflé consciencieusement dans un verre tulipe.

Un whisky, ça s'élève

Le point commun de toutes ces eaux de vie c'est qu'elles seront représentées ce week-end dans la salle de la Corbeille du Palais de la Bourse. Où l'on pourra déguster les produits de 95 distilleries, de toutes les régions d'Écosse et d'Irlande, du Kentucky comme du Tennessee, du Japon bien sûr, mais aussi d'Allemagne, d'Inde ou de Rhône-Alpes (avec Ninkasi et les Distilleries du Vercors et des Hautes Glaces). On y apprendra aussi, dans divers ateliers, comment on élève un whisky, comment on le sent et on l'apprécie, comment on l'associe au fromage ou aux sushis. On découvrira des ouvrages et leurs auteurs et autrices, comme la bande dessinée Lady Whisky qui sera dédicacée par Joël Alessandra, ou encore La passion du whisky, de l'experte Anne-Sophie Bigot. Enfin, des conférenciers éclaireront le public sur les différentes eaux de vie de céréales, sur leurs matières premières ou sur les spécificités des distilleries hexagonales.

Lyon Whisky Festival
Au Palais de la Bourse les samedi 9 et dimanche 10 novembre de 12h à 19h ; 35€

entrez votre adresse mail pour vous abonner à la newsletter

Philippe Jugé : « dans les dix ans qui suivent l'explosion de la brasserie, il y a une explosion de la distillation »

Lyon Whisky Festival | De la presse musicale au monde des spiritueux, il n'y a qu'un pas. Un pas qu'a franchi Philippe Jugé au milieu des années 2000. Plus de dix ans plus tard, celui qui est devenu le directeur de la Fédération du Whisky de France fait part d'un optimisme sans faille. Pour lui, aucun doute n'est permis : le whisky français a de beaux jours devant lui.

Gabriel Cnudde | Mardi 5 novembre 2019

Philippe Jugé : « dans les dix ans qui suivent l'explosion de la brasserie, il y a une explosion de la distillation »

Pouvez-vous nous dresser le tableau du whisky en France en 2019 ? Philippe Jugé : Il s'est vendu un peu plus d'un million de bouteilles de whisky français l'année dernière en France. Il y a 77 distilleries officiellement en opération aujourd'hui sur le territoire. Puisque la réglementation européenne impose trois ans de vieillissement sous bois minimum pour le whisky, seules 44 d'entre elles ont commercialisé un whisky. Certaines n'ont pas encore plus de trois ans de distillation derrière elles et d'autres ont décidé de commercialiser des produits à quatre, cinq, six voire dix ans d'âge. Ces chiffres trahissent-ils une évolution positive de la situation du whisky français ? Oui, il n'y avait que cinq distilleries en 2000, vingt en 2010 et aujourd'hui nous en avons 77. Et encore, il ne s'agit que des distilleries qui se sont révélées, qui ont communiqué sur le fait qu'elles faisaient du whisky. On peut penser qu'une dizaine, une quinzaine, peut être même plus, n'ont rien dit à personne puisqu'il faut attendre au moins trois ans pour avoir du whisky à vendre. Ça ne

Continuer à lire

Frédéric Revol : « explorer la notion de terroir de manière jusqu’au boutiste »

Domaine des Hautes-Glaces | Pionner de la notion de terroir dans le whisky, attaché à un respect de la matière première, totalement tourné vers l'agro-écologie et l'excellence, Frédéric Revol est l'un des fers de lance de la scène whisky française actuellement en pleine ébullition. Rencontre avant sa venue au Lyon Whisky Festival pour une masterclass.

Sébastien Broquet | Mardi 20 novembre 2018

Frédéric Revol : « explorer la notion de terroir de manière jusqu’au boutiste »

Comment vous est venue l’idée de vous lancer dans le domaine du whisky et de fonder le Domaine des Hautes-Glaces ? Frédéric Revol : J’étais amateur de vin, de bouffe et du whisky, qui a un univers aromatique assez extraordinaire. C’est aussi un univers industriel, avec un savoir-faire, où l’on parle du temps, de la distillation, de l’élevage… Mais il y avait une grande oubliée dans ce qui était raconté : la matière première. Pour moi, et pour beaucoup j’imagine, ce qui se boit et se mange doit avoir un rapport fort avec sa matière première. Pour nous Français, c’est assez évident, que ce soit dans le vin, le fromage ou les produits fermentés. C’était donc une question de départ : qu’est-ce que ça donnerait un whisky, s’il était de saison, comme ce que font les Écossais, mais en lien avec sa matière première, en lien avec un terroir, un territoire ? Plus je creusais, plus ça faisait sens, au-delà du caractère agricole et de l’importance que pourraient avoir les céréales aromatiques. La France n’avait pas de tradition de whisky, mais elle avait tous les savoir-faire depuis bien lo

Continuer à lire

Alexandre Vingtier : « il y a sans cesse de nouvelles façons de faire du whisky »

Lyon Whisky Festival | Près de 80 références de whiskies seront à déguster sous les dorures du Palais de la Bourse lors du Lyon Whisky Festival. L'auteur Alexandre Vingtier est l'un des invités pour une conférence intitulée "Tour du monde des whiskies, du Danemark au Japon" : rencontre.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 novembre 2018

Alexandre Vingtier : « il y a sans cesse de nouvelles façons de faire du whisky »

Le whisky japonais est-il vraiment le meilleur du monde ? Alexandre Vingtier : Il serait abusif de dire que tous les whiskies japonais sont meilleurs que leurs homologues écossais, mais il est vrai que depuis une quinzaine d’années, les plus grandes cuvées japonaises ont remporté presque toutes les récompenses possibles dans les catégories single malt, blended ou blended malt. Un véritable tour de force qui repose sur une poignée de distilleries, tandis qu’on en trouve 150 en Écosse. Avec des techniques traditionnelles de production, un soin tout particulier apporté à la qualité et la diversité des fûts et des assemblages inédits, les Japonais ont su tirer le meilleur de chaque étape et atteignent un niveau de raffinement rarement égalé. Quelles sont les spécificités des whiskies selon leurs pays d’origine ? L’Écosse est avant tout connue pour ses blends, résultant de l’assemblage de dizaines de single malts et de whiskies de grain, souvent avec un profil plus ou moins fumé, et pour ses single malts riches en saveurs du Speyside, des Highlands, des îles comme Islay, de la presqu’île de Campbeltown et des Lowlands. L’Irlan

Continuer à lire