PEC signe une collaboration haute en couleur avec Weiss

GUIDE URBAIN | L’artiste street art PEC, bien connu pour ses oiseaux colorés et stylisés, les Knar, signe une collection originale pour la Maison Weiss. Au programme, un calendrier de l’Avent, des Crock’ines et deux tablettes. Une gamme complète pour colorer la fin d’année !

Article Partenaire | Lundi 6 janvier 2020

Photo : © Marion Dubanchet


On se souvient de la très belle collaboration avec les papiers-peintres stéphanois Ella & Pitr, qui ont habillé de la plus belle des manières un des murs des Ateliers Weiss de Saint-Étienne en 2018. Ils avaient alors peint un géant gourmand de 506 m² librement inspiré par les traits d'Eugène Weiss, fondateur de la chocolaterie. En 2019, la Maison Weiss poursuit sur sa lancée créative en ayant convié un autre street artiste, le Lyonnais PEC, à signer une collection inédite pour la fin de l'année. Une vraie rencontre humaine entre artisans et artistes qui débouche sur une gamme unique, composée de plusieurs créations gourmandes, stylisées par l'espièglerie de PEC et toutes en édition limitée.

Le premier calendrier de l'Avent chez Weiss

Tout d'abord, petits et grands se réjouiront de l'arrivée du tout premier calendrier de l'Avent proposé par la chocolaterie Weiss. Intitulé « PersPective », décliné en deux graphismes, ce calendrier est un condensé de plaisirs gustatifs et ludiques. Il comporte un jeu de personnages à assembler à l'infini pour recréer des histoires en famille.

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PEC, c'est de la bombe

Autre création qui rend hommage à la fois au street art et aux créations chocolatées signées Weiss, le coffret Crock'ines. Ce dernier constitue un écrin orné d'une bombe de peinture dessinée par PEC et abritant de délicieuses langues de chat revisitées pour l'occasion par les chefs chocolatiers Weiss. 225g de ces gourmandises attendent les papilles des chanceux qui pourront les goûter.

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Le « Knar » vole sur les tablettes Weiss

Afin de pousser la collaboration encore plus loin, le chocolatier stéphanois a demandé à l'artiste de sélectionner une nouvelle recette de tablette. C'est ainsi que Santarem gingembre 65% est née ! Ornée par un étui avec un Knar aux reflets or et cuivrés, cette nouvelle tablette fait une entrée magistrale sur les étals Weiss aux côtés de la tablette pain d'épices et billes de riz soufflé chocolat au lait 38% également stylisée par PEC. Avec leurs looks dynamiques et colorés, ces deux tablettes régalent. Si vous vous laissiez tenter.

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Une dédicace spéciale le 23 novembre à la boutique Weiss de Lyon

Pour faire vos emplettes de fin d'année mais aussi rencontrer l'artiste PEC, ça se passe le samedi 23 novembre à 10h du côté de la boutique Weiss (50 rue de Brest à Lyon). PEC sera disponible pour effectuer des dédicaces personnalisées sur les différents produits de sa gamme Weiss. L'occasion de faire des cadeaux « customisés » et véritablement uniques pour les fêtes de fin d'année !

PEC en dédicaces à la boutique Weiss au 50, rue de Brest à Lyon samedi 23 novembre à partir de 10h / Entrée libre

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Dominique Lawalrée, un minimaliste à découvrir au festival Superspectives

Minimalisme | Le festival de musique contemporaine Superspectives consacre toute une soirée au compositeur belge Dominique Lawalrée. Une figure clandestine de la musique minimaliste au charme artistique aussi discret qu’irrésistible.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 9 juin 2021

Dominique Lawalrée, un minimaliste à découvrir au festival Superspectives

Quel est le point commun entre la Belgique, Led Zeppelin et la liturgie dominicaine ? Dominique Lawalrée. Né en 1954, le compositeur belge a sorti une trentaine de disques singuliers, traversé une crise mystique en 1994, tout en sortant coup sur coup en 2014 et 2015 un ouvrage fouillé et admiratif sur les Beatles, puis un autre sur Led Zeppelin ! Une carrière tout sauf monocorde donc, même si, à l’écoute de certaines de ses quelque cinq cents œuvres (pour piano, orgue, synthétiseur, orchestre à cordes ou musique de chambre), ressort son goût pour le minimalisme et la musique répétitive. Erik Satie, Brian Eno, Morton Feldman, John Cage, Messiaen sont parmi ses influences les plus importantes. Dans Taciturne, journal écrit en 1984-85, Dominique Lawalrée se qualifie lui-même de… « gros plein de sons » ! « Morton Feldman a dit que si l’on ouvrait le ventre de Stockhausen on y trouverait quelque part John Cage. Si l’on ouvrait le mien on y trouverait non seulement Stockhausen, Feldman et Cage, mais encore des dizaines d’autres musiciens… Je dois donc maigrir, condition s

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Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Documentaire | Ce 5 mai sort "The Big Picture, le documentaire", réalisé par Julien Peultier, guitariste de Last Train, sur l'enregistrement du deuxième album du groupe en Norvège. Il nous raconte le pourquoi et le comment de ce film qui, en relatant les affres de la création collective, célèbre la belle amitié de quatre collégiens devenus l'un des rock band les plus importants du circuit indé français.

Stéphane Duchêne | Mercredi 5 mai 2021

Julien Peultier : « montrer ce que représente la pression d'un deuxième album »

Last Train semble documenter beaucoup de choses sur sa vie de groupe, mais comment en êtes-vous arrivés à ce documentaire ? Julien Peultier : Je documente tout ce qui se passe avec Last Train depuis assez longtemps, en tournée notamment. D'ailleurs ce n'est pas toujours évident, j'ai parfois envie de me poser dans le van et de ne rien faire. Du coup, quand on est parti enregistrer The Big Picture en Norvège on a emmené avec nous Hugo Pillard qui fait des clips pour Fauve, Pomme, Tim Dup et c'est lui qui a fait ce travail de documentation. C'était très important que ce soit fait par quelqu'un d'extérieur, parce que je devais me concentrer sur l'enregistrement et le studio. Au finale, on avait pas mal de rushes, dont j'avais pu utiliser une petite partie dans le clip de The Big Picture, le morceau titre de l'album. L'idée du documentaire est venu d'une commande du Main Square Festival qui a donné carte blanche aux artistes pendant la pandémie l'an dernier. L'idée c'était de produire un contenu pour la Main Square TV sous une forme libre. On a réfléchi

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Lyon : y aura-t-il du bon chocolat à Noël ? (spoiler : oui)

Chocolatiers | Crise sanitaire mondiale, afflux de rumeurs alarmistes sur la santé des cacaoyers, consommation en hausse… Aurait-on des raisons de redouter une pénurie de chocolat en cette fin 2020 ? Chez les grands chocolatiers de la région Pralus, Bonnat et Bernachon, aucune. Ouf…

Vincent Raymond | Vendredi 4 décembre 2020

Lyon : y aura-t-il du bon chocolat à Noël ? (spoiler : oui)

Le cerveau malade ayant scénarisé l’année 2020 eût pu, en guise d’apothéose perverse et maléfique, imaginer non point la fin des haricots mais celle des fèves de cacao. Un Noël sans papillotes ni truffes, dépourvu d’orangettes, de bûches et de bouchées au chocolat ; bref sans le divin réconfort de la théobromine, ce qui aurait plongé le monde dans la plus amère des afflictions. Pour ne pas dire dans un état de manque : chaque foyer hexagonal a en effet dévoré plus de 8 kg de chocolat en 2019*. Et il se peut fort qu’à la faveur des confinements, la consommation des Français et Françaises ait sensiblement augmenté ces derniers mois. L’hypothèse n’avait rien de si ubuesque, car depuis quelques années, la situation de la filière est régulièrement sujette à des alertes. Premier péril annoncé, la problématique du réchauffement climatique : une hausse des températures de 2, 1°C prévue d’ici 2050 dans les pays équatoriaux fait courir un risque mortel aux cacaoyers ne pouvant s

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Un non-festival pour Superspectives

Musique Contemporaine | À peine embarqué dans sa deuxième édition que paf !, le coronavirus oblige le festival de musique contemporaine Superspectives à revoir ses plans et son programme, sous la forme, du 27 juin au 11 juillet, d'un non festival qui ressemble quand même sacrément à un oui festival. On démêle tout ça.

Stéphane Duchêne | Mardi 30 juin 2020

Un non-festival pour Superspectives

C'est qu'il faut en avoir de l'imagination ces temps-ci, quand on tient une petite entreprise de lives musicaux, fut-elle ponctuelle. Car alors que théâtres et cinémas rouvrent dans une ambiance mi-exaltée, mi-chien de faïence (allez donc reconnaître avec un masque le cinéphile immunisé ou le théâtreux asymptomatique du quidam infecté (et inversement)). Mais comme dans la culture l'imagination, montée à l'huile de coude, c'est pas ça qui manque eh bien on continue de s'adapter. Exemple : après (ou plutôt pendant) Jazz à Vienne et son "édition limitée", voici le non-festival Superspectives. Festival de musique contemporaine tout ce qu'il y a de plus classique, si l'on peut dire, face à la super perspective d'une cinglante annulation de cette deuxième édition seulement, c'est donc bien un non événement, pourtant bien riche, qui s'annonce à La Maison de Lorette, propriété des Œuvres Pontificales Missionnaires qui abrita Pauline Jaricot (en passe d'être béatifiée, c'est dire si l'été sera chaud) et s'est mué en lieu d'ouverture au monde. La chose a débuté comme prévu le 27

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The Inspector Cluzo : du circuit court au court-circuit

Rock débranché | Agitant une version acoustique de son dernier album, The Inspector Cluzo déshabille son blues-rock AOC pour sublimer sans artifice sonique l'artisanat d'un songwriting fiévreux.

Stéphane Duchêne | Mardi 4 février 2020

The Inspector Cluzo : du circuit court au court-circuit

Il fut un temps où l'album acoustique était dans une carrière pop un jalon à poser, une médaille à arborer. La chaîne MTV, qui fit à la musique autant de bien que de mal — « What is this fucking MTV ? » hurlait pour lui-même l'incorruptible critique Lester Bangs —, s'autoproclama gardien d'un temple qui se mit à convoquer dès 1989 des concerts — filmés — d'idoles invitées à renier la fée électricité. Dont certaines, de Bruce Springsteen à Shakira, d'Alanis Morrissette à Korn, accoucheraient de disques plus ou moins utiles. Même le ronchon Bob Dylan accepta de couper la sono branchée sous des cris de haine un soir de 1965 à Newport. Si vous passiez dans MTV Unplugged, vous étiez une star et si vous étiez une star alors il vous fallait venir offrir votre empreinte acoustique à ce Walk of Fame d'un nouveau genre. Lequel fut définitivement sanctifié en 1994 quand le Christ grunge Kurt Cobain — apostat sacrifici

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Julie Deliquet : le théâtre, hors caméra

Entretien | Alors qu’elle est en short-list pour succéder à Jean Bellorini à la tête du Théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis, la metteuse en scène Julie Deliquet prend le temps de revenir pour nous sur son adaptation théâtrale du magistral film d’Arnaud Desplechin, Un conte de Noël.

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

Julie Deliquet : le théâtre, hors caméra

Vous avez précédemment monté des textes de théâtre (Tchekhov, Brecht, Lagarce), un téléfilm de Bergman (Fanny et Alexandre à la Comédie Française), qu’est-ce qui vous a poussé à vous pencher sur le film d’Arnaud Desplechin ? Julie Deliquet : C’est parce que j’ai travaillé sur Fanny et Alexandre que j’ai eu cette idée. Cette pièce commence par un Noël et Un conte de Noël débute par un hommage à Fanny et Alexandre, avec un petit théâtre d’ombre. Ça m’a vraiment passionnée de travailler sur les différents supports de Fanny et Alexandre, car ça a effectivement d’abord été un scénario novellisé, puis un téléfilm en quatre épisodes, puis remonté en film. Et l’auteur, Ingmar Bergman, est un homme de théâtre. Je me suis interrogée sur l’émergence d’adaptations cinématographiques qui ont un peu envahi nos scènes ces dernières années et j’ai eu envie de poser la question à un réalisate

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De l'écran aux planches

Adaptés du cinéma | Longtemps Shakespeare a fait les beaux jours d’Orson Welles et Elia Kazan fit un Tramway nommé désir plus fort que bien des adaptations scéniques. (...)

Nadja Pobel | Mardi 4 février 2020

De l'écran aux planches

Longtemps Shakespeare a fait les beaux jours d’Orson Welles et Elia Kazan fit un Tramway nommé désir plus fort que bien des adaptations scéniques. D’où vient que ces dernières années, la matière filmique — ou plus exactement scénaristique — se répand dans les salles de théâtre ? La puissance des films adaptés intrigue les metteurs en scène qui cherchent souvent un récit choral fort. Ainsi Julie Deliquet, après Fanny et Alexandre, a-t-elle sondé l’âme de la famille Vuillard qui n’a rien à envier aux héros shakespeariens. En ce mois de janvier, Maud Lefebvre qui a pour habitude de travailler des textes originaux avec le Collectif X, a adapté Une femme sous influence. « Ma pièce n’a rien à dire sur Cassavetes, disait-elle. Il ne s’agit pas de faire un discours sur son œuvre mais de l’interpréter comme on le fait d’une partition mus

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Partitions : "L'Audition"

Drame | Au quotidien, Anna est l’incertitude faite femme. Mais tous au Conservatoire reconnaissent sa rigueur de professeure de violon. Alors, lorsqu’elle repère Alexander en audition, on lui laisse carte blanche. Se doute-elle que le préparer aux concours va chambouler jusqu’à sa vie familiale ?

Vincent Raymond | Mardi 5 novembre 2019

Partitions :

En apparence cousu de fil blanc — ou plutôt de ce noir épais tissant l’étoffe des drames —, ce portrait d’une femme entre deux âges, entre deux hommes, entre deux vies et finalement entre deux enfants, captive par son habileté à déjouer les clichés. Ina Weisse ne s’abandonne jamais à la facilité, ni à une démonstrativité superflue : il suffit de quelques plans, d’une poignées de mots et de regards pour mesurer les relations troubles entre Anna et son père… et comprendre l’origine probable de son exigence disproportionnée comme de son instabilité. Mais L’Audition est aussi un film sur le désir artistique maladif et la jalousie : accordant une attention toute maternelle à Alexander — avant d’être obsessionnelle —, Anna en néglige son propre fils Jonas, violoniste lui aussi. Un fils auquel, de surcroît, elle n’enseigne pas son art. La tension psychologique qui s’ensuit provoque des déflagrations inattendues, et une tragédie dont la morale perverse et pour le coup, peu morale, plairait certainement à Haneke ! Sans doute le rôle le plus troublant de Nina Hoss, et la confirmation que les maîtres(ses) de musique sont décidément des i

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Une rentrée très gourmande chez Weiss

GUIDE URBAIN | La Maison Weiss vous réserve tout ce qu'il vous faut pour aborder la rentrée avec le sourire aux lèvres. Une gamme de tablettes de chocolat bio qui s'enrichit, de nouveaux produits gourmands et l'arrivée d'un tout nouveau bar à chocolat chaud. Qui a dit que la rentrée était rasoir ?

Article Partenaire | Lundi 9 septembre 2019

Une rentrée très gourmande chez Weiss

La rentrée se fait sur les chapeaux de roues du côté de la Maison Weiss. Désireux d'apporter aux gourmandes et gourmands toujours le meilleur de son savoir-faire, les maîtres-chocolatiers ne dérogent pas à la règle avec l'arrivée de plusieurs petits nouveaux dans la gamme Weiss et l'ouverture en octobre d'un tout nouveau bar à chocolat chaud, au cœur des Ateliers Weiss. La gamme bio s'enrichit Depuis 137 ans, la Maison Weiss concocte intégralement ses chocolats, pralinés et confiseries dans ses ateliers de fabrication à Saint-Etienne. Elle sélectionne les meilleures matières premières et choisit des listes d’ingrédients nobles – pas de superflu, tous les chocolats sont 100% pur beurre de cacao, sans OGM, sans gluten et sans colorant artificiel – et favorise des approvisionnements de proximité. Soucieuse de travailler au plus près des producteurs, la Chocolaterie Weiss a noué des partenariats forts comme avec l’association Vietcacao au Vietnam, et a entamé un travail avec l’ONG Earthwrom pour

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Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Portrait | À 24 ans seulement, Jean-Noël Scherrer assume la double casquette de leader du groupe Last Train et de directeur de l'agence Cold Fame, combinant avec un infatigable panache et une volonté farouche, le rock et l'entrepreneuriat. Portrait du phénomène à l'heure où se téléscopent la sortie du deuxième album de Last Train et la première édition du festival La Messe de Minuit, initié par Cold Fame.

Stéphane Duchêne | Mardi 17 septembre 2019

Jean-Noël Scherrer : patron Cognito

Dans le dernier clip de Last Train, montage d'images réalisé par le guitariste Julien Peultier, qui illustre la chanson-titre de leur deuxième album à venir, l'épique The Big Picture, enregistré en Norvège, on peut voir le quatuor à différentes étapes de sa vie musicale, des premières répétitions alsaciennes aux concerts telluriques devant des foules immenses. On y voit le chanteur Jean-Noël Scherrer électriser le public et le même, à 13 ans, martyriser une guitare trop grande pour lui dans quelque salon de rock'n'roll improvisé à la maison. Peut-être le jeune garçon d'alors s'imagine-t-il, comme tous les ados du monde, dans la peau d'une rock star, leader, chanteur et guitariste d'un groupe qui compte dans le paysage rock français et même au-delà. Mais ce que le novice d'Altkirch (Haut-Rhin) n'imagine alors sûrement pas c'est qu'une décennie plus tard, il sera aussi dirigeant et/ou associé de cinq sociétés, formateur, intervenant du Chantier des Francofolies, et surtout patron de Cold Fame, agence de diffusion et de production de concerts basée à

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Quatre pièces à réserver sans attendre

Théâtre | S’il ne fallait retenir que quatre spectacles à voir cette saison, ce serait ceux-là.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Quatre pièces à réserver sans attendre

Le plus tendre : Un conte de Noël C’est peut-être le plus grand film d’Arnaud Desplechin. Julie Deliquet qui avait déjà signé un triptyque intéressant, Des Années 70 à nos jours (trois pièces pour relier Brecht et Lagarce à la génération de ses parents) et une Mélancolie(s) plus convenue mêlant Ivanov et Les Trois sœurs. Entre temps, la Comédie Française l’a happé pour un Fanny et Alexandre acclamé. En bi-frontal, elle retrouve une partie de sa troupe In Vitro à laquelle s’ajoute l’excellent Lyonnais Thomas Rortais. De la joie de retrouver Abel, Junon et leurs enfants aussi tourmentés et cruels que fantasque et joviaux. Et l’écriture somptueuse et acide de Desplechin et Emmanuel Bourdieu. Création à la Comédie de Saint-Étienne en octobre puis… Au Radiant (programmation des Célestins et du Théâtre de la Croix-Rousse) du 5 au 9 février Le plus grinçant : Blanche-Neige, histoire d’un prince C’est parfois au hasard des montages de productions et des projets avortés qu’un spectacle marquant voit le jour. C’est le cas de cette Blanche-Ne

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Faites fondre votre Maman pour la Fête des Mères

GUIDE URBAIN | La Maison Weiss vous propose de délicieux cadeaux chocolatés pour montrer à votre mère combien vous l'aimez. Avec les bisous chocolat, le pochon coeur et autres tablettes "Rouge Baiser" au packaging signé Ella & Pitr, marquez un grand coup pour la Fête des Mères 2019 !

La rédaction | Mardi 21 mai 2019

Faites fondre votre Maman pour la Fête des Mères

Une Maman, on n'en a qu'une seule. C'est pourquoi la Fête des Mères revêt une saveur particulière du côté des Chocolats Weiss. Pour la gâter et lui montrer votre affection ce dimanche 26 mai, les chefs chocolatiers de la Maison Weiss ont concocté pour vous une sélection de produits raffinés et à la hauteur de l'événement. Donner son coeur en chocolat dans un pochon 100% made in France Parmi les dernières créations de la Maison Weiss, le Pochon Coeur fait partie des privilégiés. Issu d'une collaboration entre Weiss et l'entreprise Etna située dans l'Ain, cet écrin arbore un look très "frenchy" avec sa marinière et contient un assortiment de 3 coeurs pliés qui vont ravir les palets de vos Mamans. Au programme des gourmandises précieusement gardées : du chocolat noir 67% aux notes de fruits rouges pour la fraîcheur, du chocolat au lait fleur de sel de Guérande pour le côté gourmand et du chocolat au lait 37% doux et vanillé pour l'onctuosité. Avec ce Pochon Coeur, c'est un peu de vous que vous offrirez à votre Maman pour la Fête des Mères.

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Une guirlande d’amis : "Mimi & Lisa, Les Lumières de Noël"

Animation - dès 6 ans | de Katarina Kerekesova (Slova, 0h47)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

Une guirlande d’amis :

C’est le retour des inséparables Mimi (brunette non-voyante se fiant à tous ses sens) et Lisa (blondinette habituée à foncer tête baissée dans toutes les aventures). Avant de plonger dans le court-métrage grand format (et le temps) donnant son nom à ce programme, elle aident un lombric à se repérer sous terre, cuisent des gâteaux en apprenant à suivre la recette et adoptent ensemble un chien en peluche grognon. La jolie idée de cette série au trait naïf et au rendu “papier-découpé modifié informatique“, c’est de considérer les atouts sensoriels (odorat, tact, goût…) de Mimi plutôt que sa cécité. Mais aussi sa prudence, qui la prémunit des bosses dont Lisa se retrouve gratifiée. Voyantes ou non, les deux copines partagent beaucoup, surtout leur propension à imaginer… l’invisible. En arrière-plan de ces trois épisodes “plus un“, on assiste à l’inéluctable rapprochement de leurs parents célibataires (nommés dans la version hexagonale François et Catherine). Voilà qui est peu courant, car l’on a l’habitude de cadres immuables et de séquences ritualisées dans les séries jeune public

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Le Père Noël est un rockeur, le retour

Rock & Kids | Après avoir visité les cheminées du Marché Gare (2011), du Transbordeur par deux fois (2012 et 2013) et des clubs de rock des Pentes (2014), le Père Noël repasse en 2018 par le Rock'n'Eat, quai Arloing, et ce un peu en avance, puisque dès le 12 décembre. Pourquoi ? Pour un événement au profit des enfants du Secours Populaire baptisé "Le Père Noël et ses rockeurs".

Stéphane Duchêne | Jeudi 8 novembre 2018

Le Père Noël est un rockeur, le retour

Soit un concert, organisé par les associations M2M Entertainment et AQAB Events avec le soutien d'un certain nombre d'acteurs culturels (le Kraspek Myzik, la radio Sol FM, Mediatone, Spiritribe, [zOz] Photographie, Kosmic Webzine), dont chaque entrée sera convertie en jouet pour un enfant du SP – aucun des jouets offerts n'étant en rapport, c'est important, avec la guerre tient à préciser le Père Noël des rockeurs. Et pour attirer un maximum de monde (dans deux salles), la programmation ratisse large. Avec en ouverture : le folk-punk de Forest Pooky, qu'on ne présente plus, suivi du cabaret trash (et sacrément weird) d'Ursule et Madame (salle du billard), le duo hip-hop hardcore grenoblois As a new revolt et le stoner/rock « rien à branler » de R.A.B. Bref, un concert pour adultes au profit des enfants. Une combinaison parfaite en guise de costume de Père Noël.

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La transe des canards

Rock | De retour dans les bacs avec le bien nommé et acclamé We the people of the soil, alternance de blues rock qui tache garanti sans OGM et sans basse et de (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 2 octobre 2018

La transe des canards

De retour dans les bacs avec le bien nommé et acclamé We the people of the soil, alternance de blues rock qui tache garanti sans OGM et sans basse et de ballades habitées, les gentlemen-rockers-farmers de The Inspector Cluzo (six mois à la ferme, six mois en tournée) n'ont toujours pas remisé leur langue dans leur poche, ni d'ailleurs leurs instruments et leurs idéaux. Les voilà à nouveau de passage à Lyon, au Kao, ce jeudi 4 octobre, pour un concert qui s'annonce fiévreux à l'occasion duquel il vous sera peut-être possible de faire l'acquisition d'une boîte de leur fameux foie gras maison, partie prenante du merchandising des plus rock'n'roll des éleveurs de canard.

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Grand bain musical

Musilac | Vieilles gloires, valeurs sûres, piliers de festoches, jeunes pousses, smoothies de genres, et autres étrangetés à découvrir, le festival lacustre baigne l'été musical d'un éclectisme qui attire les foules comme les amateurs éclairés, jusqu'à les confondre.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 juin 2018

Grand bain musical

Jeudi : old wave D'une certaine manière, s'il fallait un hymne en ouverture de cette édition 2018 de Musilac, il pourrait consister en trois bouts de refrains se répondant depuis le fin fond des âges 80, quand les uns martèleraient : « I Just can get enough », les autres répondraient « Don't you forget about me » ou « Always the sun ». Car on l'aura compris c'est une soirée très marquée "ressac de la new-wave" que celle-ci, avec Depeche Mode, Simple Minds et The Stranglers – quand bien même les carrières de chacun n'auraient pas résisté d'égale manière au passage du temps. Pour le reste, on notera que J. Bernardt, transfuge des Belges de Balthazar, remplacera numériquement son collègue Warhaus, présent l'an dernier ce même soir, que le rock indé répondra présent avec le Stroke Albert Hammond Jr. (le

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Caravane de films aux couleurs d’Afrique !

Festival | La Caravane des Cinémas d’Afrique du Ciné-Mourguet marque sa 15e étape à Sainte-Foy-lès-Lyon. Dans ses bagages, 40 films, 20 invités, 30 cinémas partenaires, un défilé de mode et un concert. Rencontre avec son président, François Rocher.

Aliénor Vinçotte | Mercredi 21 mars 2018

Caravane de films aux couleurs d’Afrique !

On pourrait l’appeler le “Festival de Cannes du cinéma africain”. Créé il y a un quart de siècle, à l’initiative d’amis passionnés, Caravane des cinémas d’Afrique a vocation à faire connaître sa plus récente production cinématographique et mettre en valeur un pan de cette culture « souvent trop méconnue en France ». La soixantaine joviale et les yeux pétillants, son président François Rocher tient à souligner qu'il ne s'agit pas « d'un festival avec des films sur l’Afrique, mais bien avec des œuvres réalisées par des cinéastes issus de ce continent. » Lorsque la première salle du Mourguet a été créé en mai 1988, il y eut cette volonté de rattacher le nouveau cinéma à un festival. Plutôt que d’en créer un plus classique, les fondateurs de Caravane font le choix de porter une thématique qui les rassemblait et inexistante jusqu’alors : le cinéma africain. Faute de programme complet, l’événement est transformé en biennale, histoire de pouvoir recevoir les réalisateurs dans les meilleures conditions possibles — une vingtaine seront présents cette anné

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Une expérience de gangster, deuxième édition

Festival | Les Mauvais Gones nous font une offre que nous ne pouvons pas refuser. Le collectif qui promeut le cinéma de gangster, lance la deuxième édition de son (...)

Pierre Deroudilhe | Jeudi 22 mars 2018

Une expérience de gangster, deuxième édition

Les Mauvais Gones nous font une offre que nous ne pouvons pas refuser. Le collectif qui promeut le cinéma de gangster, lance la deuxième édition de son festival. Trois films, trois séances, trois expériences thématiques différentes. Chaque soirée sera rythmée par des animations avant ou après la séance afin de faire vivre le film et son univers au-delà de la salle de cinéma. Au programme : The Usual Suspect de Bryan Singer (1995) dans lequel le labyrinthe des fragments mémoriels de Verbal Kint (Kevin Spacey) nous plonge dans une intrigue forte en suspense au sujet d’un mystérieux massacre dans le port de San Pedro. Dans Suburra de Stefano Sollima (2015), la bataille politique et criminelle pour la conquête d’Ostie révèle les ramifications de la corruption et de l’illégalité au sein de la mafia italienne. Enfin, pour la clôture du festival, La French de Cédric Jimenez (2014), met en scène le juge Pierre Michel (Jean Dujardin) dans une guerre sans merci contre l’intouchable parrain du milieu marseillais, Gaëtan Zampa (Gilles Lellouche), au cœur de la French Connection à Marseil

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Paire et manque : "La Fête est finie"

ECRANS | de Marie Garel-Weiss (Fr, 1h33) avec Zita Hanrot, Clémence Boisnard, Michel Muller…

Vincent Raymond | Mardi 27 février 2018

Paire et manque :

La cure de désintox’, c’est l’ultime chance pour Sihem et Céleste, deux jeunes femmes ayant déjà trop usé (et abusé) des psychotropes. Chacune a besoin de soutien, chacune trouve dans l’autre l’appui nécessaire, surtout quand après une bêtise de trop, elle se font renvoyer du centre… Deux boiteuses peuvent-elles réapprendre à marcher droit en se reposant l’une sur l’autre ? Grandement inspiré du propre parcours de la réalisatrice (qui n’en fait pas mystère) La Fête est finie semble vouloir le démontrer par l’image, en détaillant la lente expulsion de la béquille chimique, les immanquables chutes et les douleurs qu’elles provoquent. Si fête il y eut jadis, elle fut illusoire et fort brève. Par son approche réaliste, et la nature complexe du lien de dépendance mutuelle unissant les héroïnes, ce premier film rappelle à bien des égards le destin cabossé des comparses en galère dans La Vie rêvée des anges (1998), tiraillées entre phases de complicité absolue et rivalité forcenée. Marie Garel-Weiss creuse leur toxico

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Ikône, le bar ultra-régressif

Bar à Chocolat | Mercredi, besoin vital d’aliment hautement régressif : un nouveau bar à chocolat fondu a ouvert, tout le monde en dit du bien, on aime bien vérifier, on pousse la porte.

Julie Hainaut | Mardi 19 décembre 2017

Ikône, le bar ultra-régressif

15 heures. On n’a pas mangé à midi. Parce qu’à force de tester toutes les pépites gourmandes de la ville, notre estomac fait la tronche. Et aussi parce qu’on s’est dit qu’on allait tester la fameuse fondue au chocolat de ce nouveau lieu, bien moins instagrammable que les gaufres liégeoises mais les gaufres liégeoises, c’est comme la bière belge, on est un peu autocratique en la matière. Bref. Le lieu est petit et joli – décoration dans l’air du temps à coup de chaises dépareillées, mix de tables XXS et de grande tablée –, Bob Marley chantonne No woman no cry, on est dans le thème, tout va bien. Alexis et Marie-Charlotte, 50 ans à eux deux, s’activent derrière le comptoir. En voyage au Canada, ils ont fondu (forcément) pour le concept des glaces à tremper dans le chocolat et les fondues à partager. Ils ont tout lâché, ont déniché cet ancien magasin de chaussures et y ont installé leur zinc. Neuf vasques emplies de chocolat fondu (du chocolat noir intense, du chocolat au lait vanillé, du chocolat blanc délicat…) nous font de l’œil. On hésite vaguement, mais vraiment vague

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Lutins de sa glace ! : "Santa & Cie"

Comédie de Noël | de & avec Alain Chabat (Fr, 1h35) avec également Pio Marmaï, Golshifteh Farahani, Audrey Tautou…

Vincent Raymond | Mardi 5 décembre 2017

Lutins de sa glace ! :

Comme par un fait exprès, la Saint-Nicolas tombe cette année le jour de la sortie de la nouvelle comédie d’Alain Chabat consacrée au Père Noël. Un Père Noël à sa hotte, c’est-à-dire prêt à transgresser les conventions. En l’occurence de quitter le pôle Nord en avance afin de venir chercher de quoi soigner la soudaine épidémie frappant ses lutins. Sauf que Santa Claus n’ayant pas l’habitude des usages du monde réel, ni des enfants éveillés, va un peu patiner… Chabat ne cesse de se bonifier avec le temps. Au départ très inféodé aux ZAZ — ces stakhanovistes du gag visuel/référentiel le distribuant à la mitraillette dans Y a-t-il un pilote dans l’avion et compagnie —, le réalisateur-comédien s’est depuis affranchi de ces tutelles d’outre-Atlantique hurlantes pour travailler un registre où la connivence demeure, mais à un niveau plus souterrain : la parodie n’étant plus une finalité, il dispose de plus de place pour sa vaste fantaisie. Ses multiples niveaux de lecture font de ce film une authentique comédie grand public et familiale, dépourvue de ce kitsch fa

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Depeche Mode à Musilac

Festival | Premier nom annoncé par le festival Musilac, et ça claque : Depeche Mode sera sur l'esplanade du lac le jeudi 12 juillet 2018 ! Ce sera dans le cadre de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Depeche Mode à Musilac

Premier nom annoncé par le festival Musilac, et ça claque : Depeche Mode sera sur l'esplanade du lac le jeudi 12 juillet 2018 ! Ce sera dans le cadre de ce qui ressemble fort à une tournée des festivals majeurs de l'été, puisque le groupe anglais sera aussi aux Vieilles Charrues, au festival Beauregard ou encore au Main Square. L'occasion de présenter leur récent et 14e album, Spirit. Joli coup qui va booster d'emblée les ventes de tickets (ouverture de la billetterie le 1er décembre) et faire saliver en attendant le 28 novembre prochain où de nouveaux noms seront dévoilés.

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Graine de coco : "Le Jeune Karl Marx" de Raoul Peck

Biopic | de Raoul Peck (All-Fr-Bel, 1h58) avec August Diehl, Stefan Konarske, Vicky Krieps, Olivier Gourmet…

Vincent Raymond | Mardi 26 septembre 2017

Graine de coco :

1844. Chassé d’Allemagne pour ses écrits jugés subversifs, le jeune Karl Marx s'expatrie à Paris avec son épouse Jenny. Au même moment à Londres, le jeune Engels s’insurge contre son père industriel et exploiteur. La rencontre entre Marx et Engels va accoucher d’une nouvelle doctrine… Raoul Peck se ferait-il une spécialité de dresser les portraits des grandes figures politico-morales progressistes ? Après son très récent documentaire consacré à James Baldwin (I am not your Negro) et surtout son Lumumba (2000) qui ressuscitaient des visages méconnus du grand public, le cinéaste haïtien braque ici sa caméra sur le totem rouge par excellence. Ce biopic polyglotte à hauteur “d'honnête d’homme”, en cela certainement fidèle au contexte de l’époque, ne sacralise pas le philosophe en le renvoyant régulièrement à ses contingences physiques (sexe, faim…) et matérielles — ce qui est, somme toute, d’une grande logique concernant le théoricien du matérialisme. Karl est un corps massif, qui use de sa présence pour asseoir ses idées. Si son am

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Pec, un grand enfant

Portrait | Vous connaissez tous Pec : c’est le créateur des Birdy Kids. Ces oiseaux ronds et colorés, vous n’avez pas pu passer à côté. Mais ces gentils volatiles ne sont que la face émergée de l’iceberg.

Lisa Dumoulin | Mardi 29 août 2017

Pec, un grand enfant

Souriant, grand, svelte, jean et tee-shirt gris chiné assorti à sa barbe et perles en bois au poignet. Il s’est cassé la main, il n’en parle pas tout de suite, mais finira par lâcher qu’il bout intérieurement à cause de ce chômage technique. Un artiste lyonnais a priori lambda. Si ce n’est cette précision de son collègue et ami d’enfance Cart’1 : « Il faut savoir que Pec est l’un des plus anciens graffeurs lyonnais. C’est la deuxième génération, mais c’est l’un des plus anciens aujourd’hui. Et c’est celui, personne ne dira le contraire, qui a le plus défoncé le périph’ à Lyon. Les gens le respectent pour ça. » On ne sait pas trop pourquoi, on avait imaginé un mec aussi bariolé et insouciant que ses peintures. S’il y a une chose qui définit son œuvre, c’est bien la couleur. Un univers enfantin, rond, joyeux et coloré. « On venait de banlieue, d’un univers gris, et on avait juste envie de foutre de la couleur sur ces putains de murs gris » poursuit Cart’1. Pas de revendication politique, chose que Pec revendique : « Je pars du principe que tu es suffisamment matraqué avec toutes les p

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Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Une Vie Violente | Metteur et scène, acteur et cinéaste, Thierry de Peretti consacre un film à son île d’origine, la Corse. Une œuvre politique, loin des clichés, qu’il évoque avec son comédien fétiche Henri-Noël Tabary.

Vincent Raymond | Lundi 14 août 2017

Thierry de Peretti : « Quand on montre les choses qui vous hantent, elles cessent de vous hanter »

Depuis combien de temps portiez-vous Une vie violente ? Thierry de Peretti : Depuis Les Apaches, je cherchais un récit capable d'évoquer la force romanesque de ce que je vois et ressens en Corse — sur la société corse de cette époque-là. Mais pour moi, c’est moins une reconstitution qu’une évocation ou qu’un dialogue avec ces années-là. Ce n’est pas le film ultime sur le nationalisme en Corse et la lutte armée. Le personnage de Stéphane passe par là comme Rimbaud passe par la poésie et se rêve ailleurs. Il est un peu comme le Prince Mychkine dans L’Idiot : il nous fait pénétrer plusieurs cercles de la société : les étudiants, les petits voyous, les nationalistes… Comment vous êtes vous immergé dans ce rôle et ce contexte ? Henri-Noël Tabary : Un mois avant de tourner, Thierry a voulu que Jean Michelangeli [l’interprète de Stéphane, NDLR] et moi nous soyons dans la ville de Bastia pour la préparation. On était payés à boire des verres, à aller au resto… (sourires). C’était de l’imprégnation, ça nous a beaucoup aidés. En deux semaines j’ai repris

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Têtes de Maures : "Une vie violente" de Thierry de Peretti

ECRANS | de Thierry de Peretti (Fr, 1h47) avec Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto… (9 août)

Vincent Raymond | Mercredi 5 juillet 2017

Têtes de Maures :

Au péril de sa vie, Stéphane sort de sa clandestinité parisienne et retourne en Corse assister aux obsèques de son compagnon d’armes Christophe, qui vient d’être exécuté. Il se remémore leur trajectoire commune… Traitant de la particulière situation corse, si chatouilleuse pour les insulaires, ce film qui fuit le folklore caricatural possède une dimension régionaliste forte. Pour autant, l’histoire n’a rien d’hermétique pour les “pinzuti” : le contexte, aussi dramatique que politique est détaillé par des cartons explicites. On assiste ici à une scission dans les rangs des indépendantistes, entre une composante minoritaire inspirée par une doctrine marxiste, et une frange davantage tentée par le banditisme. A ces “philosophies” irréconciliables s’ajoutent des querelles personnelles, qui tournent vite, promiscuité oblige, en peines capitales. S’ouvrant sur un plan choc (et cependant sans gratuité ni complaisance) montrant frontalement l’abomination d’une élimination “typique”, Une vie violente évoque par

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The Inspector Cluzo, rockeurs en circuit court

Rock | De la guitare à l'élevage de volailles, une même éthique indépendante et une même volonté de combler les sens : The Inspector Cluzo, rockeurs et fermiers, font une halte au Ninkasi.

Sébastien Broquet | Mardi 28 février 2017

The Inspector Cluzo, rockeurs en circuit court

Si le rock garage est omniprésent sur la scène internationale et bien loti à Lyon, voici venir au Ninkasi un nouveau genre moins urbain, que l'on pourrait nommer... rock "étable", du coup. Car The Inspector Cluzo, fiers gascons, se revendiquent fermiers autant que musiciens : leur dernier disque, le cinquième, est un double album et se nomme Rockfarmers. Entièrement autoproduit : la paire se veut totalement indépendante, de bout en bout. Villageois affirmés et engagés, Laurent Lacrouts (guitare) et Mathieu Jourdain (batterie) élèvent en parallèle oies et canards et fabriquent leur propre foie gras et confits, qu'ils vendent sur le marché de Mont-de-Marsan via Lou Casse, leur ferme gasconne. C'est pour ça qu'ils ne tournent pas d'octobre à janvier : c'est alors le temps des oies, à Eyres-Moncube où ils résident, au cœur des Landes. Mais avec le printemps qui s'approche, voici revenir celui des concerts qu'ils maîtrisent avec un art consommé du show sans fioriture : si ce tour 2017 se clôturera en beauté aux Vieilles Charrues, le début les voit passer par le Kao où l'on savourera ce heavy rock légèreme

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Insomniaque

MUSIQUES | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Insomniaque

27>01>17 LE SUCRE MATTHEW DEAR Le fondateur du label Ghostly International pose ses valises à Lyon le temps d'une nuit où l'homme qui multiplie les pseudonymes (Jabberjaw, Audion, False...) dévoilera sa techno atmosphérique et sombre, voisinant avec ses influences pop, new wave voire industrielles. Le Texan sera accompagné sur ce line-up du parisien Amandra, fondateur du label Ahrpe Records, et de la jeune pousse locale Bärchen. Dark. 27>01>17 L'EMPREINTE WILD ASPECT Encore un nouvel espace dédié aux musiques électroniques dans la ville... On frise l'overdose et l'on se demande lequel va jeter l'éponge en premier, à force. Voici donc venir sur ce terrain L'Empreinte, du côté de Jean Macé dans le 7e, qui convie une fois par semaine un collectif lyonnais. Ce vendredi, se relaieront Wild Aspect, Istigkeit (repéré récemment par le label Blackwater) et Milenko. Newcomer. 28>01>17 LE PETIT SALON GIORGIA ANGIULI La révélation italienne Giorgia Angiuli fait son pr

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Un portrait de la France par Thierry Pech

Villa Gillet | Normalien, directeur de rédaction du magazine Alternatives économiques, enseignant, chroniqueur à la radio et directeur du think tank de centre gauche Terra (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 janvier 2017

Un portrait de la France par Thierry Pech

Normalien, directeur de rédaction du magazine Alternatives économiques, enseignant, chroniqueur à la radio et directeur du think tank de centre gauche Terra Nova, Thierry Pech a encore le temps d'écrire des livres, dont ce dernier essai : Insoumissions. Il y compose le portrait d'une France contemporaine qui aurait mis fin (sous les coups de boutoir du capitalisme), ou presque, au contrat social d'après guerre : « sécurité professionnelle, éducation et pouvoir d'achat contre subordination salariale, consommation de masse et docilité politique. » Certains, selon l'auteur, en profitent pour inventer d'autres modes d'existence sociale : slashers (trentenaires qui mènent plusieurs activités de front), hackers, nouveaux entrepreneurs, consommateurs responsables, etc... D'autres, plus nombreux, vivent la sortie du salariat comme un drame et une précarité désastreuse, rejoignant pour beaucoup les rangs du populisme et du Front National. Il y aurait, pour Thierry Pech, des « insoumissions créatives »

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Costa-Gavras ou la preuve par 9

ECRANS | La première partie de l’indispensable œuvre de Costa-Gavras est à redécouvrir en DVD. Et l’homme, prodigieux d’humanité comme d’humilité, à rencontrer.

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

Costa-Gavras ou la preuve par 9

Comme Roman Polanski, Costa-Gavras est de ces auteurs multiculturels dont le cinéma français peut s’enorgueillir. Et qui a pu accomplir une carrière aussi diverse grâce à l’ouverture d’esprit et l’accueil bienveillant de la profession hexagonale à son égard dans ses jeunes années — c’est, en tout cas, le constat que le cinéaste opère aujourd’hui dans le passionnant entretien réalisé par Edwy Plenel, bonus de L’Intégrale Volume 1 (1965 – 1983) (Arte Cinéma). Un coffret réunissant ses neuf premiers longs-métrages, dont la parution vaut la visite lyonnaise de cet indispensable géant. Gavras, de Costa à Z À la fois conteur et conscience de son époque, Costa-Gavras n’a cessé de secouer des mentalités assoupies par des œuvres lucides sur l’état du monde. Son cinéma, qui ne se réduit pas au champ du seul “cinéma politique”, est davantage celui de plusieurs interrogations : peut-on s’affranchir des carcans et des idéologies barbares — voir la “trilogie Montand” avec Z

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Dialogue fleuri à Pérouges

ARTS | À la Maison des Arts Contemporains de Pérouges (dans l'Ain), jusqu'au 2 octobre, les artistes Marie-Noëlle Décoret et Élisabeth Gilbert Dragic exposent (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2016

Dialogue fleuri à Pérouges

À la Maison des Arts Contemporains de Pérouges (dans l'Ain), jusqu'au 2 octobre, les artistes Marie-Noëlle Décoret et Élisabeth Gilbert Dragic exposent ensemble autour de l'indémodable motif floral. On connaît depuis plusieurs années le travail pictural d'Elisabeth Dragic peignant des fleurs séchées sur de grand formats et nous emportant, nous envoûtant dans son univers capiteux et tour à tour érotiques, funèbres ou quasi abstraites...

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Concert spécial : Mogwai pour une nuit atomique

Nuits Sonores | En guise de concert spécial, après le coup de mou Nan Goldin-ien de l'an dernier, Nuits Sonores dégaine rien moins que l'arme atomique sans se départir de son goût du concept : Mogwai venant y jouer son dernier album, Atomic.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Concert spécial : Mogwai pour une nuit atomique

Dans la grande tradition, plutôt récente, désormais convenue mais néanmoins toujours intéressante conceptuellement et esthétiquement, du concert où un groupe mythique vient jouer intégralement et souvent dans l'ordre l'un de ses non moins mythiques albums, Nuits Sonores propose cette année un beau compromis. Mais un compromis, c'est paradoxal, plutôt radical : inviter un groupe sinon mythique, du moins culte — les Ecossais de Mogwai, référence du post-rock n'ayant jamais vraiment fait les choses comme tout le monde, et lui faire jouer non seulement son récent dernier album — qui n'a donc pas encore eu le temps d'infuser l'esprit de son public comme ont pu le faire les classiques Young Team, Rock Action ou Come on die young. Mais qui plus est un album qui n'était peut-être pas destiné à en être un, au sens, là encore, classique du terme. On s'explique. En 2015, Mogwai écrit le score d'un film réalisé par Mark Cousins pour la BBC à l'occasion du 70e anniversaire d'Hiroshima. Une petite "sucrerie" documentaire entièrement constituée d'images d'archives et consacrée à la question nucléaire, à la mort mais aussi à la vie à l'âge atomique, d'Hiros

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Chocolat

ECRANS | Avec quatre réalisations en dix ans — dont trois depuis juin 2011 — on va finir par oublier que Roschdy Zem a commencé comme comédien. Il aurait intérêt à ralentir la cadence : son parcours de cinéaste ressemble à une course forcenée vers une forme de reconnaissance faisant défaut à l’acteur…

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Chocolat

Rien de tel, pour un réalisateur désireux de s’assurer un consensus tranquille, qu’un bon vieux film-dossier des familles ou la biographie d’une victime de l’Histoire. Qu’importe le résultat artistique : il sera toujours considéré comme une entreprise morale nécessaire visant à rétablir une injustice et réduit à sa (bonne) intention de départ, si naïve qu’elle soit — on l’a vu il y a peu avec le documentaire mou du genou Demain de Cyril Dion & Mélanie Laurent, encensé pour les vérités premières qu’il énonce, malgré sa médiocrité formelle et sa construction scolaire. Chocolat est de ces hyper téléfilms néo-qualité française qui embaument la reconstitution académique et s’appuient sur une distribution comptant le ban et l’arrière-ban du cinéma, figée dans un jeu "concerné", dans l’attente de séquences tire-larmes. La bande originale de Gabriel Yared, étonnamment proche des mélodies de Georges Delerue — mais ce doit être un hasard, Yared étant plutôt connu pour ses “hommages” à John Williams — incitant fortement à l’usage du mouchoir. Un

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Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

ECRANS | Après une année cinématographique 2015 marquée par une fréquentation en berne —plombée surtout par un second semestre catastrophique du fait de l’absence de films qualitatifs porteurs —, quel sera le visage de 2016 ? Outre quelques valeurs sûres, les promesses sont modestes…

Vincent Raymond | Mardi 5 janvier 2016

Rentrée cinéma 2016 : une timide bobine ?

L’an dernier à pareille époque se diffusaient sous le manteau des images évocatrices illustrant la carte de vœux de Gaspar Noé et extraites de son film à venir, Love ; le premier semestre 2015 promettait d’être, au moins sur les écrans, excitant. Les raisons de frétiller du fauteuil semblent peu nombreuses en ce janvier, d’autant que, sauf bonheur inattendu, ni Desplechin, ni Podalydès, ni Moretti ne devraient fréquenter la Croisette à l’horizon mai — seul Julieta d’Almodóvar semble promis à la sélection cannoise. Malgré tout, 2016 recèle quelques atouts dans sa manche… Ce qui est sûr... Traditionnellement dévolu aux films-à-Oscar, février verra sortir sur les écrans français The Revenant (24 février) de Iñarritu, un survival dans la neige et la glace opposant Tom Hardy (toujours parfait en abominable) mais surtout un ours à l’insubmersible DiCaprio. Tout le monde s’accorde à penser que Leonardo devrait ENFIN récupérer la statuette pour sa prestation — il serait temps : même Tom Cruise en a eu une jadis pour un second rôle. S’il n’est pas encore une fois débordé par un outsider tel que

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Le Point du Jour fermé

SCENES | Le Théâtre du Point du Jour (Lyon 5e) nous fait savoir ce jeudi 19 novembre après-midi que, pour une raison encore inconnue, le lieu est fermé pour le (...)

Nadja Pobel | Jeudi 19 novembre 2015

Le Point du Jour fermé

Le Théâtre du Point du Jour (Lyon 5e) nous fait savoir ce jeudi 19 novembre après-midi que, pour une raison encore inconnue, le lieu est fermé pour le moment et qu'aucune date de réouverture n'a été arrêtée. Depuis septembre (et en théorie jusqu'à décembre), le comédien Yves-Noël Genod y donnait des Leçons de théâtre et de ténèbres en huit épisodes. Le cinquième était en cours.

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Nasser Djemaï au firmament

SCENES | Avec "Une étoile pour Noël", l’auteur, metteur en scène et comédien Nasser Djemaï livre un seul-en-scène survolté et drôle au sous-texte percutant. Ou comment un gamin prénommé Nabil va accepter de s’appeler Noël pour se conformer aux désirs de certains adultes – et, plus largement, d’une partie de la société.

Aurélien Martinez | Mardi 3 novembre 2015

Nasser Djemaï au firmament

Une étoile pour Noël ou l’ignominie de la bonté : voilà qui est on ne peut plus clair. Nasser Djemaï ne masque pas le propos qui l’anime en l’affichant clairement dans le titre de son spectacle. «Le modèle dominant me fascine beaucoup. Toutes ces valeurs et tous ces codes qui se déversent sur nous en permanence : voilà comment il faut être, voilà comment il faut penser. Je trouve qu’il y a une vraie fracture avec une partie de la population qui ne se reconnaît pas dans ces valeurs plutôt bourgeoises, catholiques et blanches.» Une étoile pour Noël, c’est en partie son histoire, mais «romancée» : celle d’un gamin que la grand-mère d’un de ses camarades de classe a décidé de prendre sous son aile pour l’élever, «pour en faire une personne modèle». «C’est vraiment comment faire en sorte, avec la plus grande bonté et le plus grand amour sincère, que ce petit soit à l’abri de tout. C’est toute l’ambigüité de la bienveillance : comment on projette des choses par rapport à soi» explique Nasser Djemaï. Une étoile pour Noël, c’est surtout l’histoire de Nabil, gosse tranquille mais aux hautes ambitions qui c

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L'ennuyeuse leçon de théâtre d'Yves-Noël Genod

SCENES | De quoi le Point du Jour est-il le nom ? Depuis cet hiver et la présentation d'un Soulier de satin découpé en quatre morceaux par le Collectif X, (...)

Nadja Pobel | Mardi 6 octobre 2015

L'ennuyeuse leçon de théâtre d'Yves-Noël Genod

De quoi le Point du Jour est-il le nom ? Depuis cet hiver et la présentation d'un Soulier de satin découpé en quatre morceaux par le Collectif X, ce théâtre perché sur la colline qui prie désarçonne et, pour tout dire, ne nous séduit plus. Quoiqu'on pense de l'esthétique (ou plutôt de son absence) de Gwenaël Morin, ses séries consacrées à Tchekhov, Molière ou Shakespeare ont eu le mérite de livrer des classiques sur un plateau, remplissant presque une mission de service public. Cet automne, place à Yves-Noël Genod qui décline une semaine sur deux des Leçons de théâtre et de ténèbres. Le premier volet nous a échappé. Il était, selon le metteur en scène, «plus théâtral» que celui-ci, très performatif. Et de nous prévenir : «Ça dure 1h45 mais on voit le temps passer. C'est une expérience de l'éternité.» Étonnante promesse derrière laquelle ne se cache que de l'ennui. Pourtant, on ne peut pas enlever à Genod son courage de tenter des

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Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

SCENES | C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Yves-Noël Genod, de permanence au Point du Jour

C’est un pari et un appel à la curiosité : «Venez nous voir !». Oui mais voir quoi ? Du théâtre permanent. Depuis le 1er janvier 2013 (et jusqu’à fin décembre 2016 a minima), Gwenaël Morin poursuit cette expérience largement développée à Aubervilliers qui, si elle est incompatible avec bons nombres de compagnies, a le mérite d'inventer un théâtre du quotidien, tout en proposant une autre forme d’accueil du public : sans réservation et à 5€ la place. Lui-même l'a pratiqué avec Molière, Tchekhov ou Shakespeare, avant de convier le Collectif X pour quatre journées du Soulier de satin sur quatre mois. Hardcore. Cet automne, c’est le comédien et metteur en scène Yves-Noël Genod qui, une semaine sur deux, va dérouler huit épisodes d’un même mouvement théâtral. Son contenu ? Lui-même ne le connait pas vraiment, si ce n’est que Baudelaire et des dramaturges passeront par là, souvent dits dans le noir par dix à trente comédiens qui travailleront dans l’urgence. Car ce qu’aime Yves-Noël Genod, c’est «ouvrir la perception du public», rappelant qu’étymologiquement, le théâtr

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Chocolat, rock gourmand

MUSIQUES | Il y a un truc avec les rockers québécois, c'est leur inclination pour les textes absurdes voire concons – en cela ils ne rivaliseront quoi qu'il arrive (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 12 mai 2015

Chocolat, rock gourmand

Il y a un truc avec les rockers québécois, c'est leur inclination pour les textes absurdes voire concons – en cela ils ne rivaliseront quoi qu'il arrive jamais avec les hordes de compatriotes hululant que la jurisprudence Plamondon-Dion nous envoie par wagons depuis des décennies, mais quand même. Que l'on songe à Jean Leloup, à Malajube, à Pierre Lapointe, à Feu Thérèse, à The Dears ou à Chocolat, la formation qui nous concerne aujourd'hui, il semble y avoir là un amour de la langue trempée dans tout ce qui passe de défendu ou d'indéfendable. Souvent accompagné d'une production cachant la voix derrière un voile d'instruments, si bien qu'on ne comprend pas toujours bien de quoi on parle – si tant est que le fait de faire rimer "princesse" et "fesses" ou d'invoquer des lutins ait de l'importance. Ici donc, on se fait prendre la langue dans le pot de chocolat avec le groupe de Jimmy Hunt, adepte du mélange de genres, comme beaucoup de ses compatriotes (il a frayé avec Cœur de Pirate, bon), sous des couches et des couches et des couches d'instrumentations garage psyché, de nappage krautrock, de glaçage progressif, d'émulsion post-rock, qui viennent comme recouvr

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Les soirées du 8 au 21 avril

MUSIQUES | 5 RDV nocturnes à ne pas manquer d'ici le 22 avril : Audio Werner au DV1, DJ Deep à la Plateforme, la 45 Live Party du Kafé, la Dial Label Night du Sucre et Soundstream au Kao. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 7 avril 2015

Les soirées du 8 au 21 avril

11.04 In/side #10 De bourdonnements en cliquetis, il est fréquent qu'un morceau de musique électronique soit accueilli par des comparaisons avec des bruits d'insectes. Le Berlinois Audio Werner, fondateur du label Hartchef Discos, a pris la chose au pied de la lettre : Zwrtshak Drive, le petit tube de house minimale qui l'a fait connaître en 2004, était porté par le chant de centaines de crickets. Il n'a depuis pas renouvelé l'expérience. Des morceaux pareillement obliques et maniaques, il en a en revanche enregistré suffisamment pour que la seule annonce de sa venue au DV1 nous mette des fourmis dans les jambes.

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Interview de Jean-Noël Orengo

CONNAITRE | Ville-paradoxe, royaume de la prostitution et, pour Jean-Noël Orengo, « capitale invisible de l'humanité », Pattaya est au cœur de "La Fleur du Capital", roman polyphonique d'une poésie folle qui, à travers la description fouillée et crue d'un endroit unique au monde, fait aussi le portrait en creux d'un Occident qui s'effondre sur lui-même. Amorce d'une discussion à poursuivre à la Villa Gillet. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Lundi 30 mars 2015

Interview de Jean-Noël Orengo

Á la lecture de La Fleur du Capital, on se débat, comme ses personnages, avec le mystère de Pattaya sans jamais parvenir à le résoudre. Avant de se dire que, peut-être, le mystère de cet endroit c'est justement d'être une énigme insolvable. Une énigme intrinsèque... Jean-Noël Orengo : Oui, absolument. Pattaya, c'est un avis partagé par la plupart de ceux qui sont allés là-bas, est unique. L'architecture, la culture des corps, des êtres même, le mélange des peuples, celui du tourisme familial et du tourisme sexuel, même si je récuse ce terme... C'est à la fois infiniment sordide et infiniment beau. Et puis Pattaya pose, via la prostitution, la question du sexe par rapport au puritanisme ambiant. Pattaya est, comme le disait Lowry du Mexique à une époque, le lieu de rendez-vous de l'humanité, et plus que ça, la capitale invisible d'une humanité inquiète qui a l'impression d'être conditionnée. C'est Babel réconciliée dans la nuit et dans la fête. Ce qui est paradoxal, et cette ville n'est qu'une suite de paradoxes, d'ailleurs pleine d'êtres paradoxaux, c'est qu'on vient à Pattaya pour oublier, s'immerger dans la

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Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

CONNAITRE | "Désastre, chaos et réalité", ce sera le thème plus réjouissant qu'il n'y paraît de la rencontre qui se tiendra à la Villa Gillet mardi 31 mars en compagnie d'Emmanuelle Bayamack-Tam, Loïc Merle et Jean-Noël Orengo, autour de trois romans forts, entropiques et incroyablement vivants. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 24 mars 2015

Orengo, Merle et Bayamack-Tam à la Villa-Gillet

On dit souvent – et c'est malheureusement trop souvent vrai – que la réalité dépasse la fiction. Mais que quand cette-même fiction s'empare de la réalité dans ce qu'elle a de plus chaotique ce peut-être aussi beau que violent. Comme une loupe aveuglante plaquée sur notre monde, nous le rendant à la fois insupportable – ne l'est-il pas déjà trop souvent ? – mais surtout fascinant. Et soudain éclairé. En partie du moins. C'est l'un des points commun que l'on peut trouver aux romans Je viens d'Emmanuelle Bayamack-Tam (qui reconvoque pour l'occasion l'un de ses personnages favoris, Charonne, à la fois guerrière et bouc émissaire du monde), Seul, invaincu, deuxième roman tendu, serré du lyonnais Loïc Merle et La Fleur de Pattaya de Jean-Noël Orengo, récits d'existence voués à l'entropie d'une réalité rarement arrangeante. Dans ce dernier roman, La Fleur du Capital, on part à Pattaya, capitale mondiale de la prostitution et de la fête – et si l'on y part, on y reste, ou du moins y laisse-t-on une partie de soi – pour changer sa vie et transformer son monde, selon le mot d'ordre de Breton, fusionné de Marx et Ri

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Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

CONNAITRE | Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les (...)

Stéphane Duchêne | Lundi 19 janvier 2015

Villa Gillet : annulation de la rencontre du jeudi 22 janvier.

Initialement prévue ce jeudi 22 janvier en partenariat avec le Petit Bulletin, la rencontre autour du thème "Désastre, chaos et réalité" qui devait réunir les auteurs Jean-Noël Orengo, Emmanuelle Bayamack-Tam et Loïc Merle ne pourra malheureusement pas se tenir, pour des raisons indépendantes de notre volonté et de celle de la Villa Gillet. Nous vous tiendrons informés d'un éventuel report.

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Panique chez les jouets

ECRANS | De Joël Simon, Bruno Collet, Vincent Patar et Stéphane Aubier (Fr-Belg, 43 min) animation

Christophe Chabert | Mardi 25 novembre 2014

Panique chez les jouets

À l’approche de Noël, les programmes réunissant plusieurs courts pour enfants se multiplient. Mais Panique chez les jouets est clairement à part. S’adresse-t-il vraiment au jeune public ? Sans doute, mais il y a fort à parier que les adultes y prendront autant, voire plus, de plaisir. Notamment face à La Bûche de Noël, servi en dessert du programme, le nouveau délire de Patar et Aubier, créateurs des mythiques PicPic André, qui reprennent les personnages de leur long Panique au village pour trente minutes de conte de Noël parfumé à la bière belge. On y retrouve cette alliance démente entre minimalisme et littéralité — les trois personnages principaux, Cowboy, Indien et Cheval, sont des figurines de… cowboy, d’indien et de cheval — autorisant ensuite toutes les élucubrations — comme tenter de récupérer la dernière bûche du supermarché, achetée par le fermier Steven, grand numéro vocal d’un Poelvoorde braillard et hilarant, ou organiser une soirée techno avec la police et le garde-barrière. Depuis Panique au village, l’animation des personnages a gagné en souplesse, l’hystérie est moins systématique et le scénario, plutôt bien

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Des (é)Toiles plein les yeux

ECRANS | Le festival Lumière à peine terminé que démarre son cousin jeune public, Les Toiles des Gones. Pas de patrimoine ici — même si on trouve dans la programmation (...)

Christophe Chabert | Mardi 14 octobre 2014

Des (é)Toiles plein les yeux

Le festival Lumière à peine terminé que démarre son cousin jeune public, Les Toiles des Gones. Pas de patrimoine ici — même si on trouve dans la programmation de cette année un Disney vintage, Le Livre de la jungle — mais le même maillage de salles dans tout le Grand Lyon pour présenter jusqu’au 2 novembre le meilleur du cinéma jeune public récent. Soit 21 films s’adressant à tous les âges — certains sont destinés à des enfants à partir de 2 ans — assortis d’animations en tout genre — ateliers, goûters, concerts, quizz… Parmi les films déjà sortis, signalons le dernier Grand prix du festival du cinéma d’animation d’Annecy, Le Garçon et le monde, venu du Brésil et qui est déjà salué comme un futur classique du cinéma jeune public. Quant aux avant-premières, le programme est alléchant, à commencer par Panique chez les jouets, dernière sortie de chez Gebeka Films — le seul distributeur lyonnais en activité, rappelons-le — regroupant trois courts dont La Bûche de Noël signé par les Belges Patar et Aubier, géniaux créateurs de Pic Pic André et de Panique au village. À surveiller aussi, un film d’animation norvégien, De

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Le disco d'un roi

MUSIQUES | Couronné roi du nu-disco septentrional sur la foi de singles à l'humeur badine contagieuse, le Norvégien Todd Terje déjoue les attentes avec un album de musique de salon ultra-sophistiqué. Sacré bonhomme. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 8 avril 2014

Le disco d'un roi

An de grâce 885 : après des décennies à faire flancher les défenses franques, les Vikings, qui compensent leur infériorité numérique par l'effroi qu'inspirent leur irrespect du sacré et leur maîtrise de l'effet de surprise, s'accaparent ce qui deviendra la Normandie. An de grâce 2014 : rebelote, les Scandinaves sont à nos portes et cette fois, du haut de ce drakkar aux airs de navire de croisière que manœuvre Todd Terje depuis le milieu des années 2000, ils n'ont pas l'intention de se contenter d'un bout de littoral. C'est en tout cas ce que laisse entendre It's Album Time, le très attendu premier long-format du Norvégien constituant, sous des airs de pochade moroderienne pour cocktail au milieu de la Mer des Caraïbes - ou de bande son rêvée d'un épisode du jeu d'aventure ringardo-coquin Leisure Suit Larry (un morceau s’intitule d'ailleurs Leisure Suit Preben, tandis que sur la pochette Terje porte la tenue emblématique de l'éternel puceau pixelisé qui donne son nom à la série) - une déclaration de guerre à notre très sainte French Touch. A la bonne heure Delorean Dynamite ?

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Blues celebration

MUSIQUES | Vieilli, usé, fatigué, Depeche Mode ? Sûrement pas : entre recettes maison, perpétuelles innovations sonores et production fureteuse et grandiose, les trois Anglais donnent avec "Delta Machine" un aperçu détonnant de leurs obsessions blues. Le blues couleur pétrole d’un groupe qui, à l’âge du Christ, n’a de fossile qu’une inépuisable énergie sans cesse transfigurée. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 17 janvier 2014

Blues celebration

D’inspiration affichée Violator / Songs of Faith & Devotion / Ultra, Delta Machine aurait pu n’être que l’addendum tardif et donc éculé, à bout de souffle et de soufre, d’une quadrilogie fantasmée. Mais le trio de Basildon (soit l’Hydre Gahan-Gore, affublée de la "Super Nanny" Andy Fletcher, homme-lige de toujours), guère enthousiasmant sur ses précédentes sorties plus électro, retrouve le moyen de programmer ses machines – et plus largement le rouleau compresseur DM lui-même – aux confins de leurs possibilités pop. La production confiée aux vieux briscards Ben Hillier et Flood s’affiche en bouillon de culture vénéneux découlant d’un vaste bayou sonique où rock et électro sont indémêlables, où l’un et l’autre se hantent, autour de pop songs plus sophistiquées qu’on ne le croit et pourtant universelles – car enfin DM renoue avec les tubes qui ont fait sa grandeur. Filons et trésors Depeche Mode, c’est un fait, n’a jamais fait la révolution, sa révolution, qu’à de rares occasions, et jamais de manière violente – y compris sur l’embardée gospelo-grunge de Songs of Faith & Devotion. Mais a toujours évolué en une sorte de porosité bowienne à l’air du

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La Loi du retour

MUSIQUES | A force de la pratiquer, on le sait, la programmation musicale n’est régie par rien d’autre que les antiques lois de l’éternel retour. Nouvelle année, nouveau printemps, perpétuel recommencement. Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Jeudi 2 janvier 2014

La Loi du retour

On peut, en cette période d’Epiphanie généralisée et à la manière de Nietzsche dans le Gai Savoir, voir l’«éternel retour du même» comme une malédiction ou une bénédiction. C’est tout l’enjeu de l’expérience humaine. Pour ce qui nous intéresse ici, gageons qu’il faille prendre le mouvement renouvelé des saisons musicales, la succession des «cycles de manifestation», pourrions nous-dire en tordant un concept si cher à l’essayiste Pacôme Thiellement, comme une chance de (re)vivre des instants essentiels. A ceux pour qui rater un concert équivaut à passer à côté de sa vie, quelle belle saison s’ouvre devant vous après un automne de carême : auriez-vous loupé, en vrac, le lutin démiurgique Woodkid (le 21 février à la Halle), les exorcistes de la «Mauvaise Nouvelle» Fauve («Ne crains rien, car je suis avec toi. (…) Je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante

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Programme complet du Cinéma Lumière

ECRANS | À l'heure du bouclage lundi dernier, nous ne disposions pas du programme de la semaine du Cinéma Lumière. Il est tronqué, et même faux, dans la version papier (...)

Nadja Pobel | Mercredi 6 novembre 2013

Programme complet du Cinéma Lumière

À l'heure du bouclage lundi dernier, nous ne disposions pas du programme de la semaine du Cinéma Lumière. Il est tronqué, et même faux, dans la version papier du journal parue ce mercredi. La programmation du 6 au 12 novembre est la suivante : Avant-première :The Immigrant V.O.De James Gray (EU, 1h57) Mer 21h15Furyo V.O.De Nagisa Oshima (1983, Jap, 2h06)Mer 16h30Une femme douceDe Robert Bresson (Fr, 1h28)Sam 14h30L'Ami retrouvé V.O.De Jerry Schatzberg (1h50)Sam 16h15 - lun 14h15L'Impasse V.O.De Brian de Palma (2h24)Sam 21h - dim 19h - lun 18h30 - mar 18h15Nos plus belles années V.O.De Sydney Pollack (1h58)Dim 16h45 - lun 16h15 - mar 21hRétrospective Tarantino

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Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

ECRANS | Sleeping beauty de James B. Harris. High school confidential de Jack Arnold. Pain et Chocolat de Franco Brusatti. Cutter’s way d’Ivan Passer.

Christophe Chabert | Jeudi 17 octobre 2013

Lumière 2013, jour 2. Civilisations.

Dans tout bon festival de cinéma qui se respecte, il faut des grands films, mais aussi au moins un navet, un truc vraiment foireux qui va venir légitimer la valeur de tous les autres. C’est d’autant plus vrai dans un festival consacré au patrimoine cinématographique, où le double tri pratiqué par le passage du temps mais aussi par la réception et la réputation des œuvres laisse à penser qu’aucun mouton noir n’a pu se glisser entre les mailles du filet. C’est pourtant le cas avec Sleeping beauty de l’estimable James B. Harris, dont on attendait beaucoup pour un tas de raisons. En introduction de son film, Harris, 85 ans, a raconté sur le ton de la blague que lors des projections à l’époque (1973), on avait dû installer des signaux pour indiquer la sortie aux spectateurs mécontents. Désolé, James, mais le temps n’a rien changé à l’affaire et au bout d’une heure d’ennui abyssal, on a fait de même, traversant la salle de l’Institut Lumière pour aller se payer un salutaire café. Sleeping beauty est cramé dès sa scène pré-générique, où un couple déa

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