Fluxus, l'adresse qui met l'âme en place

Concept Store | La boutique XXS du 6e arrondissement s’est métamorphosée en lieu de vie XXL en Presqu’île. Joie.

Julie Hainaut | Mardi 26 novembre 2019

« Fluxus, lieu non pareil » dit l'enseigne. On n'aurait pas dit mieux. Ce resto-café-galerie-boutique-atelier imaginé par Anne-Laure et Vincent Bourgeois a ce petit supplément d'âme qui séduit d'entrée. Des plafonds hauts, des murs en pierre, une verrière derrière laquelle se niche l'atelier-boutique, des tableaux qui varient au gré des expos, des tables en bois où boulotter le paradis, un accueil simple et efficace, une atmosphère inspirante… Fluxus stimule (et porte donc bien son nom : en latin, fluxus désigne le flux, le mouvement) et cumule les bons points.

En cuisine, Vincent (ex-Bistro B et formé à l'Institut Paul Bocuse) et Alexandre (passé notamment par Fourvière Hôtel et Ravigote) envoient des assiettes parfaites et sans chichi. Leur credo ? « Une cuisine instinctive et spontanée, de saison et réalisée à partir de produits frais, bio et locaux, privilégiant au mieux les circuits courts ». On confirme. C'est simple, fin, réjouissant — on a particulièrement apprécié les linguines, butternut, pesto de graines de courge, gouda vieux. Côté verrière, Anne-Laure s'active. Cette férue de mode a sélectionné des pièces pointues (essentiellement des bijoux) et a créé sa marque Non Pareil. Elle façonne de superbes mains en bois qu'elle customise, à utiliser comme objet de déco ou porte-bijoux, et des bracelets en pierre. Sa boutique emplie d'accessoires de mode (ultra-pointus) du 6e s'est transformée ici en shop de pépites toujours pointues (coup de cœur pour les colliers Pearl Karma) mais également d'objets plus spirituels : on y déniche des pierres, de la sauge, des bâtons de Palo Santo, des livres holistiques, des cartes de tarot…

Non pas pour suivre la vogue actuelle, mais bien par véritable croyance. Et c'est là une différence de taille.

La tendance est au développement personnel et on y voit poindre toutes sortes de spécialistes auto-proclamés de la lithothérapie et autres méthodes de purification des énergies négatives. Ici, point d'effet de mode voulu. Comme de nombreuses personnes ayant affronté une épreuve douloureuse, Anne-Laure a trouvé les réponses à ses questions dans le mysticisme. La sauge est idéale pour purifier un lieu, les pierres et cristaux sont parfaits pour aider à gérer une problématique (le quartz rose est top pour gagner en confiance ; l'œil du tigre pour se protéger, promis, juré, craché). Sceptique ? Avant de déguerpir, laissez Anne-Laure vous conter son histoire. Complètement hermétique ? Admirez alors les tableaux aux murs — en ce moment, ceux de huit tatoueurs lyonnais dont Pas de veine et Sophie Hedon — entre une pâtisserie maison et un jus de fruits bio (le Fluxus fait office aussi de repaire exquis pour le petit-déjeuner ou le goûter). Un lieu à prendre d'assaut en cas de coup dur (vive les chakras rééquilibrés), et qui mérite aussi bien le coup de fourchette que le coup d'œil.

Fluxus
​12 rue des Augustins, Lyon 1er
Tél. : 04 78 93 52 55

Formule déjeuner : 20 € le menu, 17 € entrée + plat / plat + dessert ; petit-déjeuner : 5 € ; goûter : 7 €​

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Terme créé par Georges Macunias dans les années 1960, Fluxus est davantage une mouvance à géométrie variable qu'un groupe artistique constitué. Au milieu de noms comme ceux de Georges Brecht, Robert Filliou, Nam June Paik, Ben Vautier et beaucoup d'autres, celui de Yoko Ono y apparaît en bonne place, même si elle a toujours voulu s'en détacher. Avec ses events, ses performances, ses instructions, Yoko Ono a largement contribué à l'élaboration de l'esprit Fluxus pour qui, selon la belle formule de Robert Filliou, « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art ». Thierry Raspail, directeur du MAC, rappelle dans l'épais catalogue de l'exposition : « En un peu moins de sept ans, de 1955 à 1962, entre New York et Tokyo, Yoko Ono donne aux arts visuels une amplitude jusque-là inconnue. En faisant l'exercice de leur plasticité jusqu'à l'invisible, jusqu'au cri, au corps, en revendiquant le présent, l'inachevé et en invitant quiconque à s'associer, faire et interpréter ses partitions, c'est une nouvelle histoire de l'art qu'elle écrit. » En forçant un peu le trait, comme Thierry Raspail, on peut voir aussi dans

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Yoko Ono adhère sans doute à la théorie de l'effet papillon. Un battement d'ailes de la pensée, un petit geste intempestif et libre pourraient provoquer ailleurs, plus tard, des tsunamis, voire une révolution des consciences et des rapports humains. En 1966, l'année de sa rencontre avec John Lennon, elle écrivait : « Si les gens prenaient l'habitude d'esquisser une culbute toutes les deux rues en se rendant à leur bureau, d'ôter leur pantalon avant de se battre... Si les hommes politiques avant de discuter de quoi que ce soit passaient une journée à regarder l'eau d'une fontaine danser dans le parc le plus proche, les affaires du monde ralentiraient sans doute un peu mais peut-être pourrions-nous avoir la paix. » Depuis le début des années 1950, l'artiste du "Yes" et du "Imagine" (ses mots fétiches) voue une confiance inébranlable aux puissances de l'imagination et aux effets de subversion de la création. Alors même que l’Expressionnisme abstrait américain (Pollock, De Kooning, Rothko...) bat son plein à cette époque, Yoko Ono troque la profondeur de l’œuvre plastique pour un art où l'objet, la performance ou "l'instruction écrite" seraient non plus une fin ma

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