Ban, l'épicerie cool et caféinée

Épicerie | Produits sourcés, café bien fait, sandwichs fusion et déco léchée pour une épicerie postmoderne sur les pentes de la Croix-Rousse : Ban.

Adrien Simon | Mercredi 8 septembre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


Qui fréquente la rue des Capucins, cette ancienne traversante du bas des pentes désormais barrée partiellement à la circulation par la première opération municipale "d'urbanisme tactique"… Qui donc la fréquente a noté qu'on s'agitait depuis quelques mois dans un petit local tout en longueur. Un bouledogue et un Cavalier King Charles surveillaient des travaux qui laissaient imaginer l'ouverture prochaine d'un commerce de bouche branché — après Satriale qui arrose depuis peu, le même tronçon de vin nature.

On pariait sur un coffee shop en y apercevant Benoît Nique et Alexandre Paty, deux habitués des lieux caféinés qui à la suite de Mokxa ont colonisé la Presqu'île : Slake, Diploid, Puzzle. Raté ! Peut être une sandwicherie, puisque Quentin Fernandes, le troisième larron, garnissait encore il y a peu des focaccias chez Mangiabuono (à deux pas). Non plus. Ou plutôt les deux à la fois : une machine siglée La Marzocco transforme l'arabica de chez Placid. Et le midi on s'avale de faux hot-dogs : des carottes rôties aux épices thaï se faisant passer pour des saucisses, pesto, cacahuète, scamorza fumée (ou porc effiloché, sauce barbec' maison, green relish), le tout fourrant des pains briochés de chez O Tão Bom. Mais Ban, se veut surtout une épicerie.

Au départ, certes, vous irez y manger/boire les choses suscitées (impeccables). Ou squatter l'espace clair, illuminé de fines rampes de LED, ses murs blancs garnis des illustrations de Quentin, le tout habité de tables colorées. Mais à la fin vous repartirez sûrement avec un truc dans le cabas. Peut être une Sucrerie : c'est le nom d'un confiseur d'Arbois qui vend ici des biscuits, mais aussi des préparations pour gâteau. Ou une sauce tomate de la Conserverie CLAC en Auvergne. Pourquoi pas un vinaigre d'Izeron, un tabasco de la Maison Martin, des lentilles de la ferme de la Margue, une bière Popihn, ou l'une de ces autres choses (pour l'instant pas si nombreuses), mais alléchantes et introuvables ailleurs.

Ban
12 rue des Capucins, Lyon 1er
Formule 14€, café filtre 3€, farine bio 2€80

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Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Humour | Pour son troisième one man show, Réda Chéraitia livre un vrai-faux portrait de lui-même, ne s’épargnant pas et avec quelques piques bienvenues sur l’époque.

Nadja Pobel | Dimanche 22 août 2021

Au Boui Boui, un Réda Cheraitia bien trempé

Voilà donc qu’il est vieux. Quadra (pas plus), le comédien entame son seul en scène par une entrée physique et tonitruante qui le met à genoux. Et de décliner ce qui se déglingue dans le corps tout en assumant le vocabulaire que les natifs du XXIe siècle ne peuvent pas comprendre, du temps où l’on faisait ses courses chez Mammouth, où l’on circulait en Renault 12 et où les Roms étaient des Romanichels. De sa vie « simple », il va pourtant tordre la réalité pour tenter le gore d’une adoption de lépreux et voir jusqu’où le public peut suivre. Et ça va loin. À l’image de ce que peut jouer Blanche Gardin, que le comédien cite volontiers comme référence à l’issue de la représentation. « L’âge n’a aucune importance » lui a dit un prof de théâtre. Il s’en souvient dans ce spectacle comme de ces trois années passées au Conservatoire régional de Normandie — cette ligne de son CV revient-là comme un gimmick. Et c’est aussi une façon de montrer qu’il ne s’enferme pas dans une case, puisqu’il ne cesse d’alterner les one-man (son précédent, Stand by, créé il y a dix ans tourne encore) avec du théâtre musical comme Ceci n'est pas un

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Villeurbanne : un appel à candidature pour les jeunes musiciens

Capitale de la Culture 2022 | Si émerger dans les musiques de jeunes comporte généralement une date limite (mais une fois que c'est fait on peut jouer les rock stars jusqu'à ce que mort (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 17 août 2021

Villeurbanne : un appel à candidature pour les jeunes musiciens

Si émerger dans les musiques de jeunes comporte généralement une date limite (mais une fois que c'est fait on peut jouer les rock stars jusqu'à ce que mort s'ensuive), il semblerait qu'il ne soit jamais trop tôt pour ce faire. C'est sans doute ce que pense la ville de Villeurbanne, désignée capitale française de la culture 2022, qui non seulement lance un appel à candidature autour des émergences musicales mais en plus le réserve aux jeunes gens âgés de 12 (!) à 25 ans, interprètes, compositeurs, groupes ou artistes solos de la métropole de Lyon, et tous genres musicaux confondus. Des tremplins musicaux seront ensuite organisés dans toute la ville avec pour but d'accéder au grand festival jeunesse qui se tiendra à la Feyssine en juin 2022.

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Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Summer Sessions | Retour des Summer Sessions le 1er juillet, avec en ouverture Pat Kalla & co. Hors d'œuvre d'une saison estivale qui s'annonce prometteuse aux abords extérieurs du Transbordeur.

Stéphane Duchêne | Lundi 14 juin 2021

Retour des concerts : summer time au Transbordeur

Il était déjà revenu un peu timidement et reviendra sans doute encore bien plus fort mais voici que le live fait sa rentrée d'été au Transbordeur. En extérieur et selon la désormais bonne vieille tradition des Summer Sessions. Lesquelles fleurissent généralement avec le mois de juillet. Ouverture le 1er juillet donc avec Pat Kalla & le Super Mojo en release party du tout frais album Hymne à la vie, à la pochette (et musique) très Summer Session. Kalla qui sera accompagné ce soir-là du projet tout aussi solaire de Paola, Povoa et Jerge (appelez-les PPJ), trio né du confinement et dont le 1er EP vient de paraître. Un set encadré en ouverture du warm-up (où on fera chauffer les pneus, sauf qu'il n'y aura pas de pneus) d'Heavenly Sweetness Sound System (avec Hugo Mendez, fondateur du label Sofrito !) et du closing (c'est quand on ferme la soirée) dispensé par Pedro Bertho. Comme c'est l'ouverture, c'est gratuit (même si sur réservations, la cour du Transbo n'est pas extensib

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Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Politique Culturelle | Villeurbanne a été sélectionnée par le ministère de la Culture pour être capitale française de la culture en 2022.

Sébastien Broquet | Mardi 30 mars 2021

Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Le résultat a été dévoilé ce mardi midi par le ministère de la Culture : c'est la Ville de Villeurbanne qui a été choisie pour être capitale française de la culture en 2022. En concurrence avec Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul de la Réunion, Sète et la communauté de communes du Val Briard, la cité du maire Cédric Van Styvendael a emporté la mise et disposera donc de 1 million d’euros pour développer son projet, fortement axé sur la jeunesse, avec par exemple la création d'un festival dans le parc de la Feyssine entièrement conçu par des jeunes. Le maire a rapidement réagit via un communiqué : « nous venons d’apprendre que Villeurbanne vient d’être désignée capitale française de la culture pour l’année 2022. Nous accueillons ce titre avec une grande joie et une grande fierté. C’est la récompense d’un travail engagé il y a maintenant cinq mois avec tous les acteurs culturels villeurbannais. L’engouement partagé par tous ces acteurs aura été communicatif et aura convaincu le jury de faire de Villeurbanne la première capitale française de la culture. Nous remercions le jury qui a eu l'audace

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Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Food | Reconversion, réflexion, cuisson et le tout avec raison : Guillaume Wohlbang et Juliette Plailly fondent le traiteur d'aujourd'hui, zéro déchet et circuit court, avec les Dames de la Cantine. Jusqu'au 25 octobre à Peinture Fraîche.

Adrien Simon | Jeudi 8 octobre 2020

Les Dames de la Cantine ont toujours du rab

Le changement c’était maintenant : d’aucuns en cuisine n’ont pas attendu la promesse d’un monde d’après pour effectuer leur mue. Il y a bien sûr cette lame de fond bio-healthy-locale, mais pas que ! Nouveaux chevaux de bataille : l’anti-gaspi et le zéro déchet. Un questionnement qui touche notamment la livraison de repas, les gros du secteur ayant été enjoints par le ministère de l’Écologie à se pencher sur ses détritus. Mais aussi la haute-gastronomie : ainsi l’exemple de Mauro Colagreco qui a engagé son resto triple étoilé de la Côte sur la voie du plastic free. La vue de plages souillées au Mexique l’aurait sensibilisé sur cette question. Entre les industriels et les étoilés, il y a de petites structures qui prennent le sujet à bras le corps. Tenez, par exemple, Les Dames de la Cantine (dont Le Petit Bulletin est actionnaire minoritaire), en charge de la restauration durant les trois semaines du festival Peinture Fraîche. Les Dames en question sont en quelque sorte un produit de la précédente édition du festival : déjà sollicitées pour susten

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Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Élections Municipales 2020 | Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. (...)

Vincent Raymond | Vendredi 17 juillet 2020

Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. Loin d’être anodines, leur distribution et leur ordre protocolaire font un peu office de “discours de politique générale“ bis, traduisant les priorités d’un nouvel exécutif. Ainsi, sur les 21 adjointes et adjoints nommés peut-on observer qu’au premier rang des préoccupations de Cédric Van Styvendael figurent la transition écologique (normal puisque sa liste a bénéficié pour le second tour de l’appoint non négligeable des Verts de Béatrice Vessiller), du développement économique, de la ville inclusive, de la végétalisation, loin de devant la sécurité (8e rang) et surtout devant la culture, 14e délégation. Enrichie des universités et de la vie étudiante, celle-ci échoit à

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Aux racines de la folie : "La Forêt de mon père" de Vero Cratzborn

Drame | Élagueur, Jimmy vient de se faire licencier parce qu’il agissait bizarrement. À la maison, son comportement lunatique devient difficile à supporter pour sa femme et ses trois enfants. Jusqu’à une crise qui lui vaut d’être interné. Mais Gina, son aînée de 15 ans, ne parvient pas à l’accepter…

Vincent Raymond | Mercredi 8 juillet 2020

Aux racines de la folie :

Sensée être vécue à travers les yeux de la grande ado — comme en atteste le possessif au singulier du titre — l’histoire se diffracte un peu pour être vue également à travers les yeux de ses cadets et de sa mère. On perd en pure subjectivité, mais on gagne quelques contrepoints utiles pour composer, avec du recul, un tableau familial plus précis et assembler les pièces du tableau clinique de la maladie psychique de Jimmy. Bien sûr, l’élément végétal est abondant, fondateur, aussi enveloppant qu’inquiétant dans La Forêt de mon père, puisque c’est le territoire dans lequel cet “homme des bois“ évolue, au premier degré. Cette forêt est également mentale, un dédale à l’intérieur duquel il s’égare sans trouver de sortie, où il tente même d’aspirer les siens. Il faut mettre au crédit de Vero Cratzborn sa volonté de traiter d’un trouble psychique et de l'internement sur un strict plan dramatique, sans verser dans le thriller — parti-pris suffisamment rare pour être souligné. En revanche, la romance cousue de fil blanc avec le voisin à moto bien serviable épuise par sa banalité. D

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À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

À Villeurbanne : la culture, point par point

Cultivant sa singularité politique depuis plus d’un siècle dans l’agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l’équipe sortante. L’actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s’installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l’avenue Henri-Barbusse. D’un côté, la liste “Villeurbanne c’est vous !” menée par l’ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l’adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l’autre,

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Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Musée d'Art Contemporain | Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé (...)

Sébastien Broquet | Lundi 25 mai 2020

Les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande reportées

Du côté du Musée d'Art Contemporain, on ne s'inquiète pas pour le choix de la date d'ouverture post-confinement : le musée est fermé pour plusieurs mois, pour travaux, et doit ouvrir de nouveau ses portes mi-septembre, ce qui reste d'actualité. Par contre, le programme des expositions est sensiblement chamboulé : les expositions de Thameur Mejri et de Mary Sibande (photo) qui étaient prévues dès septembre sont repoussées à 2021, quand la situation sanitaire sera plus claire. Celle de Edi Dubien reste elle programmée de mi-septembre 2020 à début janvier 2021. Le musée dirigé par Isabelle Bertolotti annoncera prochainement les deux expositions qui viendront en remplacement sur cette même période et occuperont les second et troisième étage du bâtiment.

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"Soul Makossa", la face B devenue tube qui révéla Manu Dibango

Story | Manu Dibango est décédé le mardi 24 mars 2020, des suites du Covid-19. Le saxophoniste est l'auteur de "Soul Makossa" : voici l’histoire de la face B d’un 45 tours enregistré en 1972, devenue hit mondial inspirant la vague disco comme la sono mondiale, repris des dizaines de fois, utilisé par Michael Jackson et installant son créateur au firmament de l’Afrique.

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Soul Makossa a fait la gloire de Manu Dibango. Sa fortune, aussi. C’était pourtant loin d’être sa destinée… 1972 ; Yaoundé, au Cameroun, est ambiancée football et se prépare pour la huitième coupe d’Afrique des Tropiques. Dibango, reconnu au pays, sollicite le ministre des Sports : ce dernier lui accorde un million de francs CFA – soit 20 000 francs de l’époque, afin d’enregistrer un hymne pour soutenir l’équipe nationale. Le père de Manu dit alors à son épouse : « des choses se passent dans ce pays. Le Président a donné un million à ton fils pour aller faire du bruit. » En face A, l’hymne convenu est gravé. Mais il faut une face B… Manu s’inspire d’un rythme traditionnel makossa et lui donne une coloration soul. Tout simplement, il l‘appelle Soul Makossa et le répète chez ses parents, dans le quartier de Douala. Le gimmick est simple : « mamako mamama mamasa ». Les Camerounais s’étonnent d'entendre Manu bégayer ainsi… Mais c’est la face A qui compte. Le 45 tours est distribué gratuitement, comme convenu, aux supporters. Lesquels cassent

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Manu Dibango est décédé

Covid-19 | Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Manu Dibango est décédé

Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de nombreux musiciens, était âgé de 86 ans. Ses proches l'ont confirmé dans un communiqué : « chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre 'Papy Groove', survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19 » Il était l'auteur d'un hit au parcours unique, Soul Makossa, passé de face B à sample de Michael Jackson dont l'histoire est retracée dans ce podcast :

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Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Le Voyage du Dr Dolittle | Avenant mais peu loquace, Robert Downey Jr. est venu brièvement à la rencontre de la presse pour présenter son nouveau personnage, le Dr Dolittle.

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Robert Downey Jr. : « je suis un homme à chats »

Qu’est-ce qui vous a poussé vers ce nouveau personnage de scientifique atypique ? Robert Downey Jr. : Cela fait plus de dix ans que je fais des films où les enfants se cachent les yeux lorsqu’apparaissent les aliens. Je me suis dit qu’il était temps que je fasse un film de famille : je n’en avais jamais fait. Et je vois que tout le monde s’y amuse. WC Fields disait qu’il ne fallait jamais jouer avec un enfant ni avec un animal. Or vous partagez l’affiche avec deux jeunes partenaires et un zoo complet. Est-ce que vous aviez envie de relever un défi punk ou de donner tort à Fields ? Oh, Fields ! C’était un dingue — un doux dingue ! Et apparemment, il disait ça aussi des téléphones et de la nourriture, alors… Après avoir côtoyé — par écran interposé — tout ce bestiaire, quel est votre animal préféré ? Je suis un homme à chats. Totalement. Et donc, dans le film, j’aime Barry le tigre, parce qu’il est complètement barré.

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Parle à mon zoo, ma reine est malade : "Le Voyage du Dr Dolittle"

Comédie | Reclus en son domaine depuis la disparition de son épouse bien-aimée, le Dr Dolitlle (qui a le pouvoir de parler aux animaux) est appelé au chevet de la Reine d’Angleterre, gravement malade. Découvrant qu’elle a été empoisonnée, il part en quête d’une plante légendaire pour la sauver…

Vincent Raymond | Mardi 4 février 2020

Parle à mon zoo, ma reine est malade :

Troisième avatar cinématographique du personnage (extravagant par nature) créé par Hugh Lofting, ce Dolittle a été cousu sur mesure pour Robert Downey Jr., puisque le comédien campe un scientifique aussi aventureux qu’auto-destructeur, dont la mélancolie est mâtinée par un goût certain pour la dérision. Le rôle constitue une suite logique (et en redingote) aux aventures de son Iron-Man, dans un décor paradoxalement plus “disneyen“ que celui de la franchise Marvel — la séquence animée qui ouvre le film lui confère d’ailleurs une aura vintage de merveilleux enfantin. Dans ce festival de FX virtuose, où décors et personnages secondaires sont engendrés par numérique, Downey Jr. se trouve en pays de connaissance : devant le fond vert d’un studio. Près de trente ans après le film qui l’a consacré, Chaplin, on sourit en constatant que le comédien a effectué une part non négligeable de sa carrière sous le signe du mime. Ce Voyage n’en est pas moins trépidant et si le conte s’avère plaisan

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Sorties de leur réserve : "Une belle équipe"

Comédie | Un seul point. C’est ce qu’il manque à l’équipe de foot de Clourrières pour assurer son maintien. Sauf que les joueurs ont tous été suspendus après une bagarre. Alors, l’entraîneur monte une équipe féminine pour les trois ultimes rencontres. Et se heurte à l’hostilité machiste du village…

Vincent Raymond | Mardi 14 janvier 2020

Sorties de leur réserve :

Alors qu’il s’apprêtait à en débuter le tournage en 2018, Kad Merad prévenait que ce film n’aurait rien à voir avec Comme des garçons, cette comédie-fiction bâtie sur l’histoire de la première équipe de France de football féminine. On le confirme : Mohamed Hamidi ne s’intéresse ni à la romance ni à la reconstitution historique, mais au — difficile — basculement des mentalités vers une société paritaire, le football étant le symptôme (ou le déclencheur) d'une prise de conscience : troquer le ballon contre la charge domestique ordinairement dévolue à leurs épouses équivaut à une castration pour ces messieurs. Le réalisateur (qui, au passage, remercie ses six sœurs au générique) s’amuse à montrer à quel point la sensibilité masculine est asymétrique : chatouilleux sur leurs “privilèges“ envolés, les hommes sont aveugles au fait que les affiches publicitaires utilisent des corps de femmes afin de vendre n’importe quoi à n’importe qui. Bien

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In Fabric : "Made In Bangladesh"

Drame | Ouvrière dans une usine textile de Dacca, au Bangladesh, Shimu travaille comme une forcenée dans des conditions déplorables pour un patron esclavagiste. Lorsqu’elle se résout à monter une section syndicale avec quelques collègues, ses chefs et son mari lui rendent la vie impossible…

Vincent Raymond | Mardi 3 décembre 2019

In Fabric :

Hasard ou coïncidence ? La veille d’une grève générale en France motivée par des revendications sociales — le rejet du projet de réforme des retraites — sort sur nos écrans un film rappelant à quel point les droits se conquièrent toujours de haute lutte. Certes, le contexte bangladais n’est (heureusement) pas comparable à celui en vigueur dans l’Hexagone, mais la propension à niveler par le bas les filets de protection sociaux des classes laborieuses semble une aspiration commune à tous les gouvernements d’inspiration libérale, d’où qu’ils soient. Déjà autrice d’un film se déroulant à Dacca — l’excellent Les Lauriers-roses rouges (2017), son deuxième long-métrage —, Rubaiyat Hossain complète sa galerie de portraits de femmes brisant les carcans patriarcaux bangladais avec ce récit n’occultant rien de la corruption politico-administrative. Bien sûr, le côté “conte d

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Kids of Kabul : "L'Orphelinat"

Drame | Kaboul, fin des années 1980. Errant dans les rues, Qoadrat vit d’expédients et n’a qu’une passion : les films de Bollywood. Serré par la police, il est expédié dans un orphelinat d’État où, entre rêve et réalité, il assiste aux prémices de la révolution islamique qui va renverser le régime…

Vincent Raymond | Mardi 26 novembre 2019

Kids of Kabul :

Après Wolf and Sheep (1996) — premier opus d’une série qui devrait compter cinq épisodes —, Shahrbanoo Sadat poursuit à hauteur d’adolescent sa relecture de l’histoire afghane contemporaine en changeant à la fois de décor et de style : fini, l’ambiance rurale et aride du conte pastoral, place à un décor urbain plus complexe puisque qu’il encapsule l’univers mental de Qoadrat habité par les “films qu’il se fait”, transpositions des productions bollywoodiennes dont il se gave et devient le héros. En l’intégrant dans des séquences reprenant les codes des comédies musicales héroïsantes indiennes, la réalisatrice signe davantage que d’habiles parodies ou contrefaçons : elle le dote d’un territoire et d’un imaginaire personnels, outrancièrement fictifs mais esthétiquement différents de la fiction tenue pour authentique qu’assènent d’abord les représentants de l’État puis les révolutionnaires. Les premiers colportent le mirage soviétique (avec une jolie propagande et un déplacement dans le pays grand-frère),

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40e festival du film court, premier service

Court-métrage | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

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Sens interdits à quai

Théâtre | La 6e édition du festival Sens interdits aura fait la part belle à la capacité de jeunes artistes belges à gratter et bousculer autant leur art que leur temps quand les Russes ne cessent de tenter de prendre la mesure de la répression soviétique à l'aune de l'ère poutinienne. Retour sur dix jours bringuebalés dans la tourmente du monde et de tentatives d'en faire théâtre.

Nadja Pobel | Mercredi 13 novembre 2019

Sens interdits à quai

Sens Interdits s'est joué dans treize théâtres mais aussi sous le chapiteau, où spectateurs et artistes se rencontraient, notamment lors de table rondes. À la veille de la clôture, Tatiana Frolova, qui avait ouvert le festival dix jours plus tôt, le disait : « rien n'a changé ». La metteuse en scène évoquait l'époque des années 30 où Mandelstam, poète dissident arrêté et déporté, n'aura été soutenu que de façon verbale et pas concrètement par son ami Pasternak (son épouse refusait d'héberger ce dissident). Quand Mandelstam lui lit un poème virulent contre le régime, celui-lui lui rétorque « qu'il n'a rien entendu » afin de ne pas être complice, ainsi que le relate la pièce montée par Roman Viktyuk et présentée également dans le festival. « Quand je joue Je n'ai pas encore commencé à vivre à Vladivostok, les journalistes sortent en disant qu'ils n'ont rien entendu » confiait-elle. Ma petite Antarctique n'a pas la force dramaturg

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Jean Rouch, revisité par Justine Lequette

Sens Interdits | Sens Interdits commence ce 16 octobre. Zoom sur l'un des spectacles forts du festival, J'abandonne une partie de moi que j'adapte, créé par une jeune troupe belge.

Nadja Pobel | Mardi 15 octobre 2019

Jean Rouch, revisité par Justine Lequette

Ce sont des artistes d'aujourd'hui, la trentaine à peine sonnée, mais c'est d'un documentaire de 1961 qu'ils s'inspirent, celui de Jean Rouch et Edgar Morin, Chronique d'un été. Ils cherchent même à reproduire des scènes de façon la plus fidèle possible. Le cinéaste-anthropologue et le sociologue interrogeaient les passants sur leur vision du bonheur ; Justine Lequette, la metteuse en scène et porteuse de cette création, s'en empare tant les réponses faites par les anonymes du film résonnent encore aujourd'hui. Il y est question de la routine du quotidien, des astreintes à se lever toujours à la même heure pour effectuer les mêmes trajets, du fait qu'il « va falloir accepter les emplois précaires car c'est toujours mieux que le chômage ». Les Trente Glorieuses ne disaient pas encore leur fin mais déjà les citoyens la voyaient poindre. De même que l'évaluation de toute chose, même du moins quantifiable en pourcentage, telle cette jeune femme qui se considère « attirante à 62% ». Mai 68 était encore une fiction mais les dysfonctionnements sociétaux apparaissaient dans ce recueil de témoignages. Comment vivez-vous ?

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La Métropole se lance dans l'urbanisme transitoire

Urbanisme | Le président de la Métropole David Kimelfeld a décidé de faire de l'urbanisme transitoire un axe fort de la fin de son mandat comme de sa campagne électorale à venir, lançant des projets visant Fagor-Brandt, la Halle Debourg ou les Halles Sernam à Jean Macé : tour d'horizon des réflexions menées ici autour de ce sujet à la mode dans les grandes métropoles.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

La Métropole se lance dans l'urbanisme transitoire

Fagor-Brandt, où se déroule actuellement la Biennale d’Art Contemporain, va devenir un lieu culturel pérenne ? David Kimelfeld : On ne dit pas que ce sera un lieu culturel pérenne, mais que l’on s’inscrit vraiment dans l’urbanisme transitoire. L’usine Fagor-Brandt est un lieu où dans ce cadre, il faut que l’on développe des projets, sans doute avec une identité culturelle forte. On y a accueilli Nuits sonores et aujourd’hui la Biennale d’Art Contemporain. Je souhaite que l’on y héberge les bureaux des biennales dans les prochaines semaines. Derrière, un certain nombre de projets dans le cadre de la Biennale de la Danse pourraient se développer sur ce site. Pour la suite, on en est à construire autour de l’urbanisme transitoire : je ne sais pas si c’est pour cinq ou dix ans. Comme tout urbanisme transitoire, soit ça préfigure de nouveaux usages, soit ça occupe un lieu en attente d’une utilisation complètement différente. Sur Fagor-Brandt, on voit bien la force

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Regards frais au Réverbère

Photographie | Le Réverbère présente sept jeunes photographes qui, à travers des esthétiques très différentes, documentent le monde d'aujourd'hui... Les guerres, l'écologie, Cuba, l'Iran, la Grèce.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 28 mai 2019

Regards frais au Réverbère

Mélancolie suspendue. Le coude en l'air marque un geste lent, la femme regarde hors champ de ses yeux d'une intense fixité au milieu d'un visage, plissé comme la roche qui fait fond. Le temps s'est comme alourdi, recouvrant d'une poussière invisible les pierres, les visages, les troncs entortillés de deux arbustes. Un drame mutique imprègne les huit images de l'artiste grecque Ionna Sakellaraki exposées sur une même cimaise. Le portrait central saisit immédiatement le spectateur, et les images autour pourraient être des lieux familiers à la femme photographiée (une chambre ouvrant sur un jardin, un seuil enneigé et baigné de lumière rouge sang et jaune), ou des souvenirs, ou encore des éclats de rêve (une nature morte de poisson, un cheval lourd et sombre faisant face à un mur décrépi...). La série se nomme Aidos, déesse de l'humilité et de la modestie. Dans une grande économie visuelle (aucun signe ou symbole superflus), la photographe compose un puissant agencement d'affects et de perceptions. Une photo qui documente La série de Ionna Sakellaraki est l'un des sept ensemb

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Autoportrait de l’homme en vieil artiste : "Douleur et Gloire" de Pedro Almodóvar

Almodóvar | Un cinéaste d’âge mûr revisite son passé pour mieux se réconcilier avec les fantômes de sa mémoire et retrouver l’inspiration. Entre Les Fraises sauvages, Stardust Memories, Journal Intime et Providence, Almodóvar compose une élégie en forme de bilan personnel non définitif illustrant l’inéluctable dynamique du processus créatif. En compétition à Cannes 2019.

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

Autoportrait de l’homme en vieil artiste :

Le temps des hommages est venu pour Salvador Mallo, cinéaste vieillissant que son corps fait souffrir. Son âme ne l’épargnant pas non plus, il renoue avec son passé, se rabiboche avec d’anciens partenaires de scène ou de lit, explore sa mémoire, à la racine de ses inspirations… Identifiable à son auteur dès la première image, reconnaissable à la vivacité de ses tons chromatiques, mélodiques ou narratifs, le cinéma d’Almodóvar semble consubstantiel de sa personne : une extension bariolée de lui-même projetée sur écran, nourrie de ses doubles, parasitant sa cité madrilène autant que ses souvenirs intimes… sans pour autant revendiquer l’autobiographie pure. À la différence de Woody Allen (avec lequel il partage l’ancrage urbain et le goût de l’auto-réflexivité) le démiurge hispanique est physiquement absent de ses propres films depuis plus de trente ans. Almodóvar parvient cependant à les “habiter” au-delà de la pellicule, grignotant l’espace épi-filmique en imposant son visage-marque sur la majorité de l’environnement iconographique — il figure ainsi sur nombre de photos de tournages, rivalisant en no

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La tête à l’envers : "Meurs, monstre, meurs"

Thriller | Une mystérieuse créature sème la désolation dans la pampa en faisant perdre la tête au sens propre à des femmes et figuré à des hommes. Le policier menant l'enquête sombre dans la terreur… Bizarre, dérangeant, plastiquement costaud, ce premier long vaut le cou(p).

Vincent Raymond | Mardi 14 mai 2019

La tête à l’envers :

Une bergère est retrouvée décapitée dans les Andes. En charge de l’affaire, l’officier Cruz arrête aussitôt l’époux de sa maîtresse, David, lequel accuse un monstre télépathe du forfait. Après un nouveau meurtre, et une série de visions perturbantes, Cruz va adhérer à cette théorie… Cannes 2018, dernière. Une trop longue année après avoir été présenté sur la Croisette dans la section Un Certain Regard — dont l’intitulé lui va à ravir et où il côtoyait le précieux Border d’Ali Abbasi, avec lequel il partageait mieux que des similitudes : une gémellité siamoise —, le film de Alejandro Fadel, objet cinématographique insolite, est enfin délivré sur les écrans. Promenons-nous dans l’effroi On se trouve ici davantage fasciné par le brumeux labyrinthe du mystère que par son élucidation. Car si d’emblée il ne fait aucun doute pour le spectateur qu’une présence atypique, manifestement surnaturelle, est responsable des crimes imputés au malheureux accusé, le caractère monstrueux de cette entité déteint v

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Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes | Avec son alter ego Alban Teurlai, Thierry Demaizière s’est intéressé à une petite communes des Hautes-Pyrénées au prestige planétaire pour les chrétiens, depuis qu’une certaine Bernadette y a vu la Vierge. Regard d’un athée sur Lourdes, et propos rapportés des Rencontres du Sud d’Avignon…

Vincent Raymond | Lundi 6 mai 2019

Thierry Demaizière : « pour faire un films sur Lourdes, il faut être athée »

Lourdes est-il un film de commande ? Thierry Demaizière : Non seulement ce n’est pas un film de commande, mais on n’était jamais allés à Lourdes ni Alban, ni moi. En plus, l’un est athée et l’autre agnostique ; moi j’avais bu de l’eau bénite pour mon bac parce que mes grands-parents allaient là-bas, pour vous dire notre rapport à Lourdes… L’histoire a commencé avec une amie, Sixtine Léon-Dufour, qui est créditée au générique. Il s’est trouvé pendant une semaine que l’on n’arrivait pas à la joindre, et elle ne voulait pas nous dire où elle était, en croyant qu’on allait se moquer. Quand elle a dit qu’elle était hospitalière à Lourdes, on lui a demandé de raconter. Et on s’est dit qu’il y avait un truc génial à faire sur les pèlerins. Sur Internet, on voit qu’il y a des sujets de télévision sur le commerce de Lourdes, mais pas de documentaire sur les pèlerins au cinéma, je n’en revenais pas. Alors on est partis à Lourdes. Comment avez-vous sélectionné vos personnages ? De manière assez classique pour un documentaire : on a pris des enquêtrices pour bosser parce

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Et le miracle ne fut pas : "Lourdes"

Documentaire | De Thierry Demaizière & Alban Teurlai (Fr, 1h35)…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Et le miracle ne fut pas :

Une semaine au cœur de Lourdes, en compagnie de différents groupes de pèlerins, d’hospitaliers bénévoles assurant leur accueil, devant et derrière les autels, dans les processions. Des paroles, des espoirs, des regards, de la compassion, de la foi… On avait beaucoup apprécié le regard (et le travail) de la paire Demaizière/Teurlai sur l’édification d’un spectacle chorégraphique par Benjamin Millepied dans Relève : histoire d’une création. En prenant le temps de se focaliser sur cette question, les deux documentaristes révélaient par incidence toutes les coulisses de l’Opéra de Paris en maintenant un suspense au couteau — de la très belle ouvrage. Quelle déception, alors, de les voir s’égarer dans la contemplation vaine et désorientée de leur nouveau sujet selon l’adage tristement connu “qui trop embrasse mal étreint“. Lourdes tiendrait plutôt de la galerie d’illuminés ou de malheureux aux existenc

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Homos au bain : "Les Crevettes pailletées"

Comédie | De Cédric Le Gallo & Maxime Govare (Fr, 1h40) avec Nicolas Gob, Alban Lenoir, Michaël Abiteboul…

Vincent Raymond | Mardi 30 avril 2019

Homos au bain :

Parce qu’il a lâché une insulte homophobe à un journaliste, la Fédération de Natation oblige Mathias à redorer son image en l’envoyant entraîner une équipe de water-polo gay. L’objectif ? La qualifier pour les Gay Games. Le problème ? Ils sont très mauvais et Mathias peu motivé… Un merveilleux hasard fait succéder ce film au Grand Bain dont le succès, à la façon d’un Moïse des bassins chlorés, est susceptible de faciliter l’existence dans les salles de ces Crevettes pailletées. Tant mieux pour elles, même s’il n’y a pas de quoi plonger du tremplin des dix mètres : cette gentille fable célébrant la tolérance à coup de déhanchés suggestifs, de moues mutines et d’exubérance glitter à la Liberace (vous avez dit “cliché“ ?) semble bien terne comparée à Priscilla folle du désert, douche australienne maniant le show et froid de la dérision… sans pour autant donner l’impression d’illustrer une version aquatique de Comme ils disent. Le

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Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

Jazz à Vienne | Une semaine après Fourvière, c'est au tour de Jazz à Vienne d'annoncer un programme d'autant plus touffu qu'il ne s'étale que sur une quinzaine du 28 au 13 juillet. En voici les grandes et incontournables lignes.

Stéphane Duchêne | Mardi 19 mars 2019

Jazz en cascade : le programme de Jazz à Vienne

16 jours, 250 concerts (dont les trois-quarts sont gratuits) et 1000 artistes. Voilà trois chiffres qui suffisent à résumer le force de frappe démultipliée de Jazz à Vienne. Impossible donc d'en faire la recension complète. Mais pour ce qui est de sa vitrine principale, le Théâtre Antique, le festival ouvrira comme chaque année les portes imaginaires par un concert destiné aux enfants des classes primaires, confié cette fois à Raphaël Imbert. Qui livrera une version de son très américain Music is my hope, primé aux Victoires du Jazz 2018 et qui déambule avec bonheur sur les traces de la soul et du gospel. Une belle entrée en matière dès 10h du matin, le 28 juin, qui précédera... Raphaël Imbert le soir-même mais au sein du projet Up Above My Head réunissant Camille, Sandra Nkaké et son initiateur Raphaël Lemonnier, qui revisite les black convict songs entonnés jadis dans les prisons du Sud des États-Unis par les repris de justice durant leurs travaux forcés.

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Petit pavillon : "Les Drapeaux de papier"

Drame | De Nathan Ambrosioni (Fr, 1h42) avec Guillaume Gouix, Noémie Merlant, Sébastien Houbani…

Vincent Raymond | Mercredi 13 février 2019

Petit pavillon :

Charlie habite seule, entre ses rêves artistiques et son boulot de caissière, au seuil de la précarité. Débarque alors dans sa vie Vincent, son frère aîné libéré de prison. Une cohabitation de fait s’engage, d’autant plus difficile que Vincent doit se réinsérer et apprendre à gérer sa colère… Abordons d’emblée la question de l’âge du réalisateur, puisque sa grande jeunesse (19 ans) n’a pas manqué d’être divulguée : entre "l’argument de vente“ et la performance, elle constitue objectivement une curiosité, tant la précocité est monnaie peu courante dans l’industrie cinématographique. Elle permet également de rappeler la réelle proximité entre l’âge des personnage et celui de l’auteur, mais aussi d’expliquer — voire excuser — sa naturelle et sans doute inconsciente porosité aux atmosphères et/ou situations déployées par quelques devanciers. Ainsi en est-il de ce frère dévoré par une rage incoercible, gâchant les chances qui lui sont offertes, cousin lointain de celui interprété par Viggo Mortensen dans Indian Runner (1991) de Sean Penn. Ou de ces scènes vo

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Les bons contes : "La Cabane aux oiseaux"

Animation - Dès 3 ans | de Célia Rivière (Fr, 0h45)

Vincent Raymond | Mardi 5 février 2019

Les bons contes :

Voilà dix-huit mois, nous n’étions que bile et désespoir devant La Cabane à histoires. Souvenez-vous de ce programme, animant de belle manière une foultitude d’histoires jeunesse contemporaines. Un fantastique concept ruiné par une armée de mioches décoratifs encadrant chacune des adaptations de sketches piteux. Pour ce nouveau volet, gloria alleluia, les affreux galopins ont été caviardés ; ne reste que la pure substance des contes, dans leur éclatante variété et respectant le trait originel de leurs auteurs. On a enfin l’impression de voyager dans une bibliothèque en mouvement, guidé par des oiseaux complices, et de découvrir en leur compagnie de nouvelles plumes. Gageons que ce programme fera naître chez son public cible des envies de lire comparables.

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Nouvel an, nouveaux romans

Littérature | Sur le modèle de son rendez-vous de septembre, Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture duplique pour la première fois sa traditionnelle rentrée des auteurs (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 22 janvier 2019

Nouvel an, nouveaux romans

Sur le modèle de son rendez-vous de septembre, Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture duplique pour la première fois sa traditionnelle rentrée des auteurs auralpins au mois de janvier pour une deuxième salve de rencontres consacrées à une sélection des romans à paraître en ce début d'année. Le 28 janvier à 17h dans les locaux d'Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture du 25 rue Chazière, huit auteurs viendront ainsi présenter leur nouvelle publication : Yamina Benahmed Daho pour De mémoire (L'Arbalète / Gallimard), Sophie Chabanel pour Le Blues du chat (Cadre Noir / Seuil), Antoine Choplin pour Partiellement nuageux (La Fosse aux Ours), Daniel Parokia pour Chasseurs dans la neige (Buchet Chastel), Irma Pelatan pour L'Odeur de chlore (La Contre-allée), Paola Pigani pour Des orties et des hommes (Liana Lévi), Benoît Reiss pour Le Petit Veilleur (Buchet-Chastel) et Lionel Salaün pour Whitesand (Actes Sud). Une rencontre ouverte –

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Mia Hansen-Løve : « la violence trouve inconsciemment un chemin dans l’inspiration »

Maya | Retour aux sources ou parenthèse initiatique, le voyage en Inde du héros reporter de guerre de "Maya" est aussi, derrière son apparente quiétude, nourri des heurts vécus par celui-ci et une réponse aux tumultes du monde contemporain. Éclairages de Mia Hansen-Løve.

Vincent Raymond | Lundi 24 décembre 2018

Mia Hansen-Løve : « la violence trouve inconsciemment un chemin dans l’inspiration »

Si l’histoire du film est posée, et presque languide, sa “préhistoire“ est a contrario très violente… Mia Hansen-Løve : Je n’avais pas dans mes films précédents des situations aussi violentes, à part dans Le Père de mes enfants peut-être, même si la violence arrivait plus tard. Ici, c’était un point de départ. Mais pour mieux m’en détacher.. J’ai du mal à l’expliquer rationnellement, cette violence. C’est aussi la violence dans laquelle on vit. Et quand on fait des films, que vous le vouliez ou non, elle trouve un chemin dans votre inspiration. Voyez Michael Haneke : c’est quelqu’un de profondément non-violent, qui n’aime pas la violence où elle s’impose presque malgré lui dans son inspiration. Je ne suis pas imperméable non plus au monde qui m’entoure : quand j’écris, je suis influencée d’une façon moins directe mais jamais volontariste. Je ne me dirais jamais : « il se passe quelque chose, il faut faire un film dessus », ça ne correspond pa

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À l’origine : "Maya"

Drame | De Mia Hansen-Løve (Fr, 1h45) avec Roman Kolinka, Aarshi Banerjee, Alex Descas…

Vincent Raymond | Mardi 18 décembre 2018

À l’origine :

2012. Tout juste libéré d’une prise d’otages en Syrie, Gabriel, un reporter de guerre français, décide d’aller se “mettre au vert“ seul dans la maison de son enfance, à Goa. Sur place, il retrouve son parrain Monty et fait la connaissance de sa fille, Maya… Le cinéma de Mia Hansen-Løve raconte souvent des épopées élégiaques à périmètre intime, où les protagonistes mènent avec opiniâtreté leurs combats ordinaires, loin des champs d’honneur romanesques. En étant reporter de guerre et ex-otage, Gabriel incarne une forme superlative d’héroïsme dans l’imaginaire populaire ; cependant, la cinéaste nous fait entrer dans sa vie “après la bataille“ du feu, la plus évidente, au moment strict où va débuter celle, invisible, de la reconstruction intérieure. Maya se trouve donc être une quête post-traumatique autant qu’un cheminement résilient ; en cela, il rappelle le formidable Le Père de mes enfants, où Mia Hansen-Løve tentait de cerner un autre passionné dévoré par son métier, oscillant entre deux fuites : l’une intérieure, l’autre en avant.

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39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Court-Métrage | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

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39e Festival du Film Court, acte 1

Court-Métrage | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

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Grandmaster Flash à la Ninkasi Urban Week

hip-hop | Le festival de la culture urbaine de la Ninkasi Urban Week revient à Lyon pour sa 4e édition, du 21 au 27 mai, avec un programme fort rythmé. Préparez-vous à danser, mais pas que.

Margaux Rinaldi | Mercredi 23 mai 2018

Grandmaster Flash à la Ninkasi Urban Week

Sur la liste des artistes invités, seront présents : Rémy, Dinos, Telep, Biffty & DJ Weedim, Kikesa ou encore Dooz Kawa. Même le parrain du hip-hop Joseph Saddler, plus connu sous le nom de Grandmaster Flash, sera là pour enflammer la piste : ceux qui ont récemment lu la bande dessinée d'Ed Piskor, Hip-Hop Family Tree, savent à quel point cet homme a marqué l'histoire du genre. N’oubliez pas non plus de vous inscrire à la battle de danse, un contre un, au Ninkasi de la Guillotière. Quant à ceux qui hésitent, peut-être que le rap défendu par le label Galant Records, toute nouvelle entité lancée par Jarring Effects, qui invite le Rouennais Vîrus, ou encore celui de Eurêka, parviendront à vous convaincre. Mutafukaz et une piste de skate À la Ninkasi Urban Week, personne n’est mis de côté. Surtout pas les fans de BD, qui pourront assister à la projection du film Mutafukaz

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Seule et soûle : "Gueule d’ange"

Drame | Quelque part, dans le sud. Mère célibataire d’Elli, qu’elle appelle Gueule d’ange, Marlène tient pour prioritaires sa vie de jeune femme et ses sorties. Un (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 mai 2018

Seule et soûle :

Quelque part, dans le sud. Mère célibataire d’Elli, qu’elle appelle Gueule d’ange, Marlène tient pour prioritaires sa vie de jeune femme et ses sorties. Un soir, elle prolonge la fête avec un type et laisse sa gamine de 8 ans seule, pour une durée indéterminée. Elli dissimule son absence. Et boit. Gueule d’ange est l’exemple parfait du film avec lequel on peut jouer au bingo : sur la foi de l’affiche et du synopsis, le public peut préparer un carton et cocher les clichés dès qu’ils traversent le champ. Rôle social “de composition“ avec mèches blondes et tenue de cagole, taillé pour un festival/une nomination au César : bingo, Cotillard. Référent masculin revêche au premier abord, cachant sa tendresse sous une (et même plusieurs) blessures intimes et vivant dans une caravane : gagné, Alban Lenoir ! Gamine-à-z’yeux-bleus-pleine-de-bravitude-grave-dévastée-à-l’intérieur-alors-elle-picole : meilleur espoir pour Ayline Aksoy-Etaix. Décor de station balnéaire avec fête foraine intégrée (pour le côté “ces adultes qui n’ont jamais grandi“) : carton plein ! En su

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Révolutions intérieures aux Assises du roman

Révolte | "Au cœur de la révolte", l'une des thématiques fortes de cette édition 2018, et comme pour célébrer à distance Mai 68, les Assises Internationales du Roman ont placé deux auteurs américains, Martin Neill Null et A.G. Lombardo, dont les deux premiers romans épiques entraînent leurs personnages dans un désordre qui finit par les éclairer. Et nous avec.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 mai 2018

Révolutions intérieures aux Assises du roman

« La rébellion est dans l'œil de celui qui la regarde » écrit A.G. Lombardo page 365 de son Graffiti Palace. Un aphorisme qui pourrait commenter, page 206 du Miel du Lion de Martin Neill Null, ces mots de Shelby Randolph, entrepreneur et copropriétaire de la Cheat River Paper & Pulp, une société du début du XXe siècle qui transforme les forêts de Virginie-Occidentale en pâte à papier et les ouvriers en forçats, persuadé de faire œuvre de philanthropie à travers le profit : « Quant aux syndicalistes, pour la plupart, ils se fourvoyaient tout bêtement et cédaient à la tentation typiquement humaine de la paresse. » On le sait, ce qui fait écho un jour peut résonner longtemps. Et il ne viendrait à l'idée de personne de contester le caractère actuel de deux phrases ayant la vertu d'expliquer la schizophrénie à l'œuvre dans une société française occupée à célébrer d'une main l'anniversaire du bel esprit de Mai 68 tout en balayant de l'autre la pertinence des grèves et manifestations qui pour s'ancrer dans notre quotidien de 2018 ne sont pas frappées, elles, du sceau de la nostalgie – pas plu

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Les trois candidats retenus pour la Salle Rameau

Politique Culturelle | On connaît les noms des trois porteurs de dossiers qui ont retenu l'attention de la Ville de Lyon ce lundi pour la reprise de la Salle Rameau.

Sébastien Broquet | Lundi 23 avril 2018

Les trois candidats retenus pour la Salle Rameau

La Ville de Lyon a tranché ce matin parmi les 13 dossiers de candidatures déposés pour la reprise de la Salle Rameau, comme nous l'évoquions dans notre édition de la semaine dernière. Deux d'entre eux sont déjà bien connus à Lyon, étant porteurs d'autres projets innovants sur la cité, le troisième répondant aux critères d'une salle de théâtre humoristique plus classique. - Le premier retenu est le dossier mené par Steven Hearn, entrepreneur culturel aux multiples activités et patron de la holding Scintillo, que l'on a déjà croisé à Paris au sein du Trabendo, de la Gaité Lyrique ou encore à l'organisation de la Nuit Blanche 2008. À Lyon, il est engagé sur le projet Hôtel 71 en compagnie de Vincent Carry, directeur de Arty Farty. Sans surprise, ce dernier apparaît aussi ici comme conseiller artistique. Le projet est porté par le promoteur immobilier Compagnie de Phalsbourg. - Second habitué des appels à projets dans la région, Urban

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Rōnins canins : "L’Île aux Chiens"

Le Film de la Semaine | Wes Anderson renoue avec le stop motion pour une fable extrême-orientale contemporaine de son cru, où il se diversifie en intégrant de nouveaux référentiels, sans renoncer à son originalité stylistique ni à sa singularité visuelle. Ces Chiens eussent mérité plus qu’un Ours argenté à Berlin.

Vincent Raymond | Mardi 3 avril 2018

Rōnins canins :

Sale temps pour les cabots de Megasaki ! Prétextant une épidémie de grippe canine, le maire décide de bannir tous les toutous et de les parquer sur une île dépotoir. Atari, 12 ans, refuse d'être séparé de son Spots adoré. Il vole un avion pour rallier l’Île aux Chiens. Ce qu’il y découvrira dépasse l’entendement… Peu de cinéastes peuvent se targuer d’être identifiables au premier coup d’œil, qu’ils aient signé un film d’animation ou en prises de vues réelles. Tel est pourtant le cas de Wes Anderson, dont le cosmos se trouve, à l’instar d’une figure fractale, tout entier contenu dans la moindre de ses images. Martelée par trois tambourineurs asiates dans une pénombre solennelle, l’ouverture de L’Île aux Chiens est ainsi, par sa “grandiloquente sobriété”, un minimaliste morceau de bravoure andersonien en même temps qu’une mise en condition du public. Au son mat des percussions, celui-ci entame sa plongée dans un Japon alternatif nuke-punk, synthèse probable entre le bidonville de Dodes'kaden ! et le sur-futurisme c

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À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

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68, année politique : arrêtez le monde, je veux descendre !

Mai 1968 | Conversation entre le rare et précieux Tariq Ali, le romancier et ancien étudiant à Nanterre Jean-Christophe Bailly, et la remarquée historienne Ludivine Bantigny : un autre regard sur mai 1968 se profile du côté de Bron.

Sébastien Broquet | Mardi 6 mars 2018

68, année politique : arrêtez le monde, je veux descendre !

La légende veut qu'il ait inspiré en partie les paroles de Street Fighting Man, fameuse composition des Rolling Stones, rare incursion des apôtres du british beat dans le politique ; au même titre que la révolte de mai 1968 à Paris, ce que Mick Jagger a largement reconnu. Tariq Ali, incontournable activiste londonien au cœur des swinging sixties, méconnu en France, est invité à Bron pour évoquer "1968, année politique", fort de son expérience de militant trotskyste au sein de l'International Marxist Group. Alors rédacteur au sein de The Black Dwarf, il suivait de près les événements de Paris et en a fait la Une du journal de la gauche radicale. Le 13 juin 1968, il était même invité à la BBC pour une émission avec, entre autres, les leaders parisiens que sont Daniel Cohn-Bendit et Alain Geismar. Tariq Ali a écrit deux essais consacrés à 1968, non traduits en français à ce jour : il dialoguera à Bron avec Jean-Christophe Bailly, lui-même auteur d'un récit sur son expérience (il était étudiant à Nanterre au moment du mouvement du 22 mars) titré Un arbre en mai, tout juste paru en janvier

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Original Watts : des planches et des galettes

Disquaire & BD | Un disquaire ou un libraire ? Les deux mon capitaine ! Des vinyles et des bandes dessinées, ce sont les deux composants de Original Watts, cette boutique atypique et pourtant tellement évidente : quels sont les deux ingrédients d’un bon week-end de février ? Vous l’avez dans le mille.

Lisa Dumoulin | Mardi 6 février 2018

Original Watts : des planches et des galettes

On a failli passer devant sans la remarquer tant l’échoppe est discrète, sur quelques petits mètres de trottoir. Les platines devant la vitrine et les rayonnages de BD nous ont tapé dans l’oeil, le temps que l’information monte au cerveau, on fait quelques pas en arrière et on pousse la porte. Dans la boutique tout en longueur, sont alignés d’un côté des vinyles, de l’autre des bandes dessinées. Sur du mobilier en bois de palette et métal réalisé sur mesure par New old factory, un copain des proprios. On comprend vite que Original Watts, c’est une histoire de famille. C’est Xavier et David Barnier, deux frères. David a fondé la maison d’édition Original Watts il y a 6 ans. Grand fan de BD, il est aussi pompier professionnel dans la vie. A la même période, son frère Xavier commence son activité de disquaire sur les marchés de la ville de Lyon, en itinérant, le week-end “je présentais déjà un peu de BD, surtout du Comics”. C’est lui qui tient la boutique et David participe aux salons, comme Angoulême la semaine dernière.

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Urban Art Jungle : festival idéal pour la tribu

Street Art | Les 23, 24 et 25 février prochains, le festival Urban Art Jungle investit la totalité du Croiseur pour un grand ramdam familial qui sent bon la peinture fraîche et l'avant-gardisme bon enfant.

Antoine Allègre | Mardi 6 février 2018

Urban Art Jungle : festival idéal pour la tribu

Initié par la galerie Superposition, l'UAFJ (pour les intimes) va laisser en patûre les quelques 1900m2 du Croiseur aux plasticiens, graffeurs, musiciens et performeurs. Trois jours et deux nuits d'art débridé, consolidés de concerts, conférences, zieutage du côté d'un marché de créateurs illuminé et autres workshops très frais. Quatre éditions que ça dure et, dès les premières heures du bazar, les organisateurs ont vu fleurir sur les lieux investis un bon paquet de têtes blondes lovées dans des poussettes ou lâchées dans la jungle. Forte de ce constat, la galerie Superposition a décidé de soigner ce jeune public – passablement hypnotisé par les performances artistiques. Imaginez ce qu'il se passe dans leur tête : le monsieur porte un masque de super-héros et a le droit de dessiner sur les murs. Non content d'être le réceptacle d'œuvres flashy et accessibles à tous les yeux (même les plus chastes), l'Urban Art Jungle propose aux bambinos une foule d'ateliers iniatiques pour faire comm

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Viens pas chez moi, j’habite avec une copine : "Ami-ami"

Comédie | Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau (...)

Vincent Raymond | Mercredi 17 janvier 2018

Viens pas chez moi, j’habite avec une copine :

Vaste famille ayant donné naissance au meilleur (L’Auberge espagnole) comme au pire (Five), la comédie-de-colocation-entre-potes s’enrichit d’un nouveau rejeton tentant le vaudeville contemporain sans pour autant recourir à la grivoiserie. Louable effort compensant les maladresses d’usage d’un premier film alternant potacherie classique et audaces scénaristiques. Le cœur brise par son ex-, le “héros” de ce badinage s’installe avec sa meilleure copine, en tout bien tout honneur. Une nouvelle histoire d’amour lui cause un double embarras : il n’ose avouer à sa conquête qu’il “vit“ avec une amie, laquelle se montre plus que jalouse : possessive. Si le côté “Guerre des Rose” avec saccage majuscule de l’appartement sent le réchauffé, reconnaissons que le réalisateur Victor Saint Macary surprend en renversant une situation très convenue : ici, ce n’est plus le mec qui rompt un pacte d’amitié homme-femme et en détruit l’harmonie mais bien l’amie éconduite — sortir du schéma du mâle forcément prédateur a d’ailleurs pour effet de désorienter cert

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Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Bande Dessinée | L’autrice de la désopilante et néanmoins érudite série Tu mourras moins bête a collé aux basques du charismatique astronaute Thomas Pesquet durant son entraînement. Encore un peu et elle partait en orbite avec lui…

Vincent Raymond | Mardi 12 décembre 2017

Marion Montaigne : « Et en plus, Thomas Pesquet a de l’humour »

Vous voici donc devenue une spécialiste de la vulgarisation scientifique… Marion Montaigne : (rires) On m’a demandé un jour si j’avais décidé de prendre ce créneau parce qu’il y avait un vide… Je suis incapable de faire une étude de marché ! Je fais ce qui me botte, et je constate qu’il y a une curiosité en retour. Avant d’entreprendre cet album sur Thomas Pesquet, j’ai été tentée de me “mettre un peu en danger” et de m’essayer à la fiction. Mais quand un boulanger sait bien faire la baguette, il ne se lance pas dans la charcuterie (rires). Et puis, pouvoir rencontrer un astronaute, c’est le fruit de huit ans d’évolutions. Cela ne serait pas arrivé au bout d’un an de blog. Peut-être que je m’améliore… Comment expliquer l’engouement inédit pour Thomas Pesquet ? C’est vrai qu’on n’a pas autant parlé de Claudie Haigneré en 1996 ni de Léopold Eyharts en 2008. Là, ce sont les réseaux sociaux qui ont fait le gros du travail. Et le fait qu’une coupole soit arrivée en 2008 dans la station spatiale permettant de faire des photos hallucinante

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38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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5 expos à voir en novembre

ARTS | Ce mois-ci, on prend les peintures colorées de Marie-Anita Gaube, les sculptures centenaires de Rodin, les portraits branchouilles d’Olivier Chabanis, les explorations psycho-architecturales de l’Attrape-Couleurs et l’improbable expo de street art au musée de Fourvière. On secoue, on mixe et on sert frais.

Lisa Dumoulin | Dimanche 5 novembre 2017

5 expos à voir en novembre

Centenaire Rodin À l’occasion du centième anniversaire de la mort du célèbre sculpteur Auguste Rodin (1840-1917), le Musée des Beaux-Arts met en lumière son importante collection de sculptures conservées à Lyon. Pas de Penseur, mais bien d’autres pépites à (re)découvrir dans la collection permanente, accompagnées par des évènements : une nocturne le vendredi 3 novembre, deux “en-cas culturels” autour de son Eve (le 8 novembre) et de ses dessins (le 15 novembre) à 12h30 ou encore une conférence entre art et science le 13 décembre à 18h30. Au Musée des Beaux-Arts jusqu’à la fin de l’année Marie-Anita Gaube Les peintures et les dessins colorés de Marie-Anita Gaube rejoignent pour la deuxième fois les murs de la galerie Françoise Besson. Meeting point, c’est le titre de l’exposition. Un point de rencontre, entre deux mondes, deux individus. Un terrain de jeu au jardin, symbole de la rencontre entre l’intime et l’extérieur. Des perspectives, des architectures, un bouleversement, toujours volontaires. Des couleurs franches et des motifs géométriques. Un accrochage

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Sans mobile apparent : "The Square"

Palme d'Or 2017 | de Ruben Östlund (Sue-All-Da-Fr, 2h31) avec Claes Bang, Elisabeth Moss, Dominic West…

Vincent Raymond | Mardi 17 octobre 2017

Sans mobile apparent :

Alors qu’il s’enorgueillit de présenter une exposition visant à tester l’humanisme des visiteurs et secouer les consciences, le directeur d’un musée d’art contemporain se livre à une série d’actes mesquins et pathétiques, révélateurs de son moi profond. La raison ? On lui a volé son portable… On savait depuis Snow Therapy (2015) que Ruben Östlund est du bois dont on fait les moralistes, et le monde de l’art contemporain, parcouru de tartuffes de tous poils, propice à l’exploration de l’insondable vanité humaine ; la rencontre entre les deux pouvait (devait) nécessairement produire une “performance” remarquable. Remarquée, elle l’est certes (une Palme d’Or, fût-elle par défaut, ne se trouve pas sous le sabot griffu d’une statue équestre), mais se révèle par trop conforme à ce qu’on pouvait en attendre. The Square vitupère en effet de manière convenue les paradoxes et hypocrisies sociétaux à travers un milieu connu pour être caricatural ; il manque en outre d’homogénéité dans son approche : la satire oscille entre premier et secon

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 3 octobre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

06.10.17 LE PETIT SALON ELEKT'RHÔNE Neuvième édition déjà du festival Elekt'Rhône, qui se scinde en deux partys : un day en plein air au Parc Blandan (de 15h à 21h30) le samedi 7 conviant Bashed Groove et Art Feast, et une nuit au Petit Salon le vendredi soir avec l'une des valeurs sûres de la house de Détroit, Rick Wade, pas le plus connu mais pas le moins pertinent de sa ville, et le toujours très raffiné Fort Romeau. Deep. 06.10.17 BELLONA CLUB CABANNE & LOWRIS La paire Cabanne (Telegraph, Minibar) et Lowris (Æternum Music) s'aventure au Bellona sous son alias commun K.O.D. : toujours une joie d'accueillir les résidents de la péniche la plus courue de Paname ces dernières années, la fameuse Concrete, pour un back2back au long cours comme tous deux en ont le secret, parfumé de techno minimale et hypnotique. Mental.

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