Nacre, bain d'iode à Saint-Paul

Bar à Huitres | « J’adore les huîtres : on a l’impression d’embrasser la mer sur la bouche » disait le poète Léon-Paul Fargue. On a testé Nacre, fraîchement ouvert à Saint-Paul : tout un poème.

Louise Grossen | Jeudi 18 novembre 2021

Photo : © Louise Grossen


Ces cinq dernières années, Martin Bagne travaillait dans le bassin de Marennes-Oléron chez l'ostréiculteur Les Claires d'Arceau. Les huîtres, il connaît ça par cœur. Avec deux de ses amis, Mathieu Ryon et Matthieu Julliat, ils ont fait le pari d'ouvrir Nacre, une petite huîtrerie située au 14 rue Lainerie. « Je m'occupais de la vente, mais je m'intéressais forcément au produit. J'allais parfois en mer, et j'en ai appris un rayon. On s'est dit que c'était une bonne idée d'en proposer ici » explique Martin.

Quelques tables, de quoi accueillir une quarantaine de couverts en intérieur, poutres et pierres apparentes, guirlandes style guinguette et une fresque bleue habillée de mouettes, un trompe l'œil imaginant Lyon en bord de mer. Ici, l'huître trône en reine des lieux autour des "à-côtés" : crustacés, fromages de la crèmerie Saint-Antoine ou de la Mère Richard et charcuterie de chez Bobosse.

Pour les huitres, Martin détaille : « on se fournit directement chez le producteur — Les Claires d'Arceau et Yves Papin — sans passer par les grossistes. Évidemment, on paye plus cher car ce sont de petites cabanes qui ont l'habitude de vendre en direct sur les marchés. Par contre, on a une maîtrise excellente du produit. On sait en temps réel s'il y aura par exemple un peu de verdeur, signe de qualité. »

Qui dit huîtres, dit vin blanc et qui dit vin blanc, dit vin blanc

Et ça marche : on ne se fait pas prier pour terminer le généreux plateau. Sauce à l'échalote en accompagnement pour certains, citron et pain beurré pour d'autres, crevettes (9€) ou encore pâté en croûte au canard pistaché (8€). Comptez entre 13€ et 20€ pour la formule demi-douzaine d'huîtres (fines de claires n°4 ou spéciales de claires n°3) + un verre de vin (Mâcon Village ou Côte du Rhône) sélectionnés chez Vinister à Vaise. Et comme la tradition veut qu'on mange des huîtres tous les mois contenant un “r”, on ne se privera pas de recommencer, jusqu'en avril s'il le faut.

Nacre
14 rue Lainerie, Lyon 5e
T. 09 62 60 71 03
Du mercredi au dimanche

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Le Bouton de nacre

ECRANS | Grand spécialiste de la dictature chilienne, à laquelle il a consacré l’essentiel de sa carrière cinématographique, Patricio Guzmán dresse un portrait ethno-historico-géographique de son pays, aussi fascinant qu’inattendu.

Vincent Raymond | Mardi 27 octobre 2015

Le Bouton de nacre

Des vues d’artistes du vaste cosmos, soumis à ses métamorphoses ; des images aériennes esthétisantes de la Patagonie. Et puis des glaciers, aux mille reflets bleutés ; un morceau de quartz piégeant des gouttelettes d’une eau venue des étoiles, ainsi que l’explique en off la voix douce du documentariste… Durant les premières minutes du Bouton de nacre, on s’inquiète : Patricio Guzmán aurait-il à son tour succombé à cette tendance du docu pangéographique naïf et aseptisé, dont Yann Arthus-Bertrand est le prophète ? Évidemment non, et ce serait mal connaître l’auteur du Cas Pinochet que de le croire soumis à quelque diktat que ce soit, fût-il celui de la mode. Exaltant la beauté naturelle, minérale et végétale de son pays, ce préambule n’est toutefois qu’en partie une fausse piste : Guzmán a besoin de planter son décor. Et il laissera à d’autres le ronron de la contemplation extatique, car il a plus passionnant à raconter : rien moins que l’histoire du Chili — la vraie. Vaste programme, comme dirait de Gaulle… La carte et le territoire Si l’humain occupe l’essentiel de son propos, Guzmán multiplie les entrées pour nous per

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