La Bijouterie, enfin le retour

Restaurant | Le restaurant multi-primé La Bijouterie s’est offert un lifting de rentrée. Son chef Arnaud Laverdin en profite pour proposer un menu du soir toujours plus élaboré, alors qu’au déjeuner il se transforme en Mr Baoshi, avec une courte carte de brioches vapeurs à emporter.

Adrien Simon | Mercredi 17 novembre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


L'histoire commence en 2015. En remontant la rue Hippolyte-Flandrin, on avait vu sur le trottoir la longue silhouette d'Arnaud Laverdin penchée au-dessus d'un fumoir : il préparait le chocolat de son dessert. C'était devant son tout nouveau, tout premier, restaurant : La Bijouterie. Avec des couverts dorés, on y bectait le midi des "bijoux", des dim sums enluxés ; et le soir ? une succession de petites assiettes, à l'accent un peu provocant. Deux mois après son ouverture, La Bijouterie accrochait déjà un prix, celui du guide du Fooding. L'histoire se répétera pour Sapnã que Laverdin ouvrira quelques années plus tard, à quelques mètres. Depuis, il semble avoir brassé dans le succès, toujours cité par la presse nationale dans les listes des "tables qui font bouger Lyon".

On fut surpris de constater qu'en pleine rentrée post-Covid, La Bijouterie restait fermée, sa vitrine barrée d'une affiche noire annonçant un retour, un jour. Du fait de la crise sanitaire, ou peut-être de l'âge, le chef avait besoin, ou envie, de tout remettre à plat. « J'avais passé les dernières années à gérer deux restaurants. Je voulais refaire de la cuisine, revenir à La Bijouterie, boucler la boucle. Et ça ne pouvait pas être fait à moitié » nous dit-il. Quatre mois de travaux ont produit le changement le plus notable : un long comptoir sépare l'espace en deux dans le sens de la longueur. Et se prolonge jusqu'au plafond par des étagères en métal et bambou, sous néons rouges, une inspiration "food market" hong-kongais qu'on trouvait déjà dans l'assiette.

Il faut s'accrocher pour décrocher une réservation

Le ton est donné : plus de place à la cuisine ! Celle-ci est désormais partagée par deux entités, avec Mr Baoshi qui propose des baos à emporter : des petits pains cuits à la vapeur, farcis de bœuf braisé au galanga, citronnelle et poivre de kampot ou de volaille et crevette, sauce XO (spoiler : c'est bon). Ceux-ci sont confectionnés à l'aide d'une machine flambant neuve, qui devrait permettre d'en produire en série — pour un prochain service de livraison ?

Et le soir, on retrouve La Bijouterie, qui a grandit, comme son menu unique qui se décline à présent en dix services. Arnaud Laverdin n'aime pas qualifier sa cuisine, qu'il élabore avec son second Steven Pellegrino. Tout juste concède-t-il qu'elle s'est un peu assagie, qu'elle est plus précise aussi, qu'elle explore (toujours plus) les fermentations, les misos, le koji, les garums, le kombucha, issus d'expérimentations que l'année écoulée lui a donné le temps de mener. Il préfère parler des plats qu'il enverra ce soir. Par exemple, la courge longue de Nice, en deux assiettes. On le laisse parler : « elles arrivent en même temps, d'un côté la courge est fermentée, ce qui lui donne un côté très terreux, presque animal, qu'on associe avec le côté crémeux de l'oursin, le tout est saupoudré de vieux picodon râpé, et de graines de courges torréfiées et de poudre de barbe de Saint-Jacques. À côté on a le foie gras, le lobe on le fait simplement fumer, à froid, il accompagne les pétales de courge, marinés dans un sirop vanillé, on ajoute de la pulpe d'un pamplemousse qu'on a brûlé au barbecue. On fait ainsi le tour d'un produit, la courge, avec tous les goûts, amer, sucré, iodé, umami ». Dit ainsi, ça donne envie. Problème, il faut s'accrocher pour arracher une réservation — le carnet est rempli jusque mi-décembre.

La Bijouterie
16 rue Hippolyte-Flandrin, Lyon 1er
Services à 19h30 et à 21h30 ; fermé dimanche et lundi

Mr Baoshi
À emporter, de midi à 19h

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Lyon : la Bijouterie bientôt de retour à l'enseigne Mr Baoshi

Restaurant | Six ans déjà : c’était l’automne, Arnaud Laverdin ouvrait La Bijouterie. Malheur ! Depuis on ne sait plus quel déconfinement, l’échoppe était restée porte close. (...)

Adrien Simon | Mercredi 22 septembre 2021

Lyon : la Bijouterie bientôt de retour à l'enseigne Mr Baoshi

Six ans déjà : c’était l’automne, Arnaud Laverdin ouvrait La Bijouterie. Malheur ! Depuis on ne sait plus quel déconfinement, l’échoppe était restée porte close. Mais rien de définitif. L’équipe a saisi l'occasion pour rafraichir l’espace et la carte. Un échantillon en fut dévoilé lors du Lyon Street Food Festival : des baos ! Petites boules de pain cuites à la vapeur et farcies, en tout cas le week-end dernier : d’une viande bœuf s’effilochant, galanga et poivre de kampot, ou d’une farce crevette et volaille, sauce porc-saint-jacques, arrosé de sriracha. Le soir, on devrait retrouver un menu plus éclectique, organisé autour d’une table à partager. La levée de rideau est annoncée pour la fin octobre.

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Lyon Street Food Festival : on a testé

Food | Jeudi 16 septembre s’ouvrait la cinquième édition du Lyon Street Food Festival. On y était, on vous raconte.

Adrien Simon | Vendredi 17 septembre 2021

Lyon Street Food Festival : on a testé

18h, une file commence à se former à l’entrée des anciennes usines Fagor-Brandt, dans le 7e arrondissement de Lyon. À l’intérieur, une ribambelle de cheffes et cuistots attendent de pied ferme la première fournée des quelques dizaines de milliers de visiteurs attendus durant le week end. Les formalités expédiées, QR code par ci, QR code par là, système de paiement dématérialisé à créditer, et on s’enfonce dans la halle principale. Voisinant le stand du MOF Joseph Viola, on retrouve l’équipe de Cocotte, bistrot lyonnais aux accents italiens. Sur leur comptoir une meule de parmesan, évidée, attend qu’on y déverse des louches de risotto aux brisures de truffes, liées minute au fromage italien. On engloutit une coupelle en carton et l’on file vers le stand qui devrait faire le buzz lors de cette édition : celui de l’équipe de La Bijouterie. Qui dévoile pour la première

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La cuisine chinoise en fusion

Les Baguettes Magiques | Dans le cadre du festival Baguettes Magiques organisé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, une cinquantaine de restos se mettent à la cuisine du Sichuan, de Shanghaï et de Pékin.

Adrien Simon | Mardi 24 septembre 2019

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On connaît trop peu la gastronomie chinoise. Au point, comme dans un buffet à volonté de zone périurbaine, de trop souvent considérer comme chinois des plats panasiatiques comme les nems, rouleaux de printemps, riz cantonais, porc au caramel. Certes, des établissements plus rigoureux nous ont fait aimer le canard laqué et les raviolis pékinois, les dimsums vapeur cantonais, ou les aubergines à la sichuanaise. Ce n'est pas grand chose si l'on considère la richesse du territoire culinaire chinois et ses huit grandes cuisines régionales. C'est le constat partagé par le Nouvel Institut Franco-Chinois, qui occupe depuis 2016 le Fort Saint-Irénée rénové. Et qui organise la quatrième édition du festival des Baguettes Magiques. Samedi dans les locaux de l'Institut, on pourra à la fois chiner de la vaisselle de designers et se sustenter d'un barbecue ou de mantos de Manto, les enfants profiteront d’ateliers dédiés, les plus grands de démos culinaires, en buvant des thés de chez Cha Yuan. On finira

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Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

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Lisa Dumoulin | Mercredi 13 mars 2019

Sapnà et Les Apothicaires récompensés à Omnivore

Le festival Omnivore, dédié à la jeune cuisine, s'est tenu ce week-end à Paris. Résultats du palmarès : deux prix sur les dix ont été attribués à des Lyonnais. Rémy Havetz du tout nouveau restaurant Sapnà a obtenu le prix Pâtissier tandis que le duo à la tête du restaurant Les Apothicaires, Tabata et Ludovic Mey, a obtenu le prix Rebelle. Une belle reconnaissance pour deux tables qui renouvellent la cuisine de la ville.

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De nouveau, du travail d'orfèvre à Sapnà

Restaurant | Arnaud Laverdin et Rémy Havetz, qui régalent depuis trois ans à La Bijouterie, ouvrent à deux pas leur nouveau restaurant. Au programme : la même cuisine cosmopolite, des petits plats explosifs et des desserts toujours aussi barrés.

Adrien Simon | Mardi 27 novembre 2018

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On a croisé la première fois Arnaud il y a trois ans : sa Bijouterie venait d'ouvrir, et il maniait un fumoir, rempli de chocolat noir, en pleine rue Hippolyte Flandrin. Ce grand tatoué représentait mieux que quiconque la nouvelle cuisine lyonnaise, décomplexée par ces chefs trentenaires, souvent descendus de chez Têtedoie (comme ses ex-collègues, désormais à la tête des Apothicaires ou de l'Établi), pour cuisiner plus près de la rue. La Bijouterie, avec ses dimsums déjeunatoires et son menu unique du soir connut rapidement le succès. En deux ans, il a été rejoint par Thomas Pezeril (un ancien de chez Pic) en cuisine, Matteo Bonatto aux bouteilles, et Rémy pour le sucre. « La Bijouterie marchait bien. Je me suis

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Faire voyager vos papilles ! Noble ambition, pour le Lyon Street Food Festival. Plusieurs escales sont prévues : déjà, la Colombie, omniprésente ces temps-ci (c'est l’année France-Colombie de l'Institut Français). Les chefs Santiago Torrijos de l’Atelier Rodier à Paris et Victor et Amélie Sanchez d’El Cafetero à Lyon feront découvrir la richesse, parfois méconnue, de leur gastronomie. Pour les kids, des cours de cuisine en espagnol, et pour les parents des masterclass cumbia sont en menu. Et un atelier de cuisine cinq étoiles, mené par le chef Juan Arbelaez du restaurant Nubé (l’hôtel Marignan, sur les Champs-Elysées). Prochain arrêt : Puebla, Mexico en compagnie de Liz Galicia, propriétaire de l’une des plus belles tables du pays, qui vient cuisiner le mole poblano. Hugo et Sandra Boissin du Piquín et Enrique Gomez du Gomex sont aussi de la partie. Changement de cap avec Hong Kong ! De nouveau invitée au festival, la ville est représentée par M.

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Mat Gallet : « On a la brigade éphémère la plus dingue et la plus brillante qui soit »

Grand Cuisine Cinéma Club | Ce dimanche a lieu la seconde édition du Grand Cuisine Cinéma Club, un festival de films culinaires, durant lequel on n’oublie pas de manger. Interview avec Mat Gallet, l’un des organisateurs de l’événement.

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Un mot sur l’année dernière : en plus des dix films présentés (six documentaires, deux films d’animation, un long-métrage de fiction et un court-métrage) on pouvait manger des petites assiettes en rapport direct avec les projections : du houmous préparé par Simon Huet pour suivre le film Make hummus not war, des ramens de Yomogi avec Tampopo, une salade thai de Têtedoie en accompagnement de Farang. Le dispositif va changer ? Mat Gallet : Au Grand Cuisine Cinéma Club, on essaye d’imaginer un format d’événement propre à chaque thématique. La première édition tournait autour des foodmaniacs. On l’avait donc construite comme une expérience quasi boulimique : douze heures non stop, une orgie de films et de tapas un peu sexy. Là, avec l’édition #disruption, on se devait de tester un nouveau modèle. Vu les films programmés, il nous semblait important que les cuisiniers puissent vraiment donner leur interprétation des films. On a donc pris le contrepied de tous les conseils qu’on nous donnait. Et plutôt que de faire un événement plus gros, on a choisi de proposer un événement plus concent

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À mater & à manger

Grand Cuisine Cinéma Club | Le Grand Cuisine Cinéma Club retend la toile et remet le couvert pour un second festival de mets et de films, dont une avant-première goûtue : à savourer sans modération.

Adrien Simon | Mardi 13 décembre 2016

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C’était en septembre de l’année dernière : un festival de cinéma (le premier du genre) offrant autant à voir qu’à manger. Pour la première édition du Grand Cuisine Cinéma Club, les spectateurs-dîneurs enchaînaient douze heures de films (documentaires, animation, fiction et courts-métrages) sur la cuisine, et de tapas apparus à l'écran (du houmous pour accompagner Hummus not war, des ramens pour suivre Tampopo...). Mat Gallet (Nuits sonores, Le Sucre) et sa bande recommencent ce week-end dans une formule moins boulimique, avec un nombre restreint de convives et une sélection filmique plus resserrée. En parallèle, quelques-uns des jeunes chefs lyonnais les plus en vue du moment « cuisineront en live, pendant les séances, dans la salle » pour (en plus de nombreuses surprises) servir un vrai repas, à table.

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Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Lyon Street Food Festival | Au premier Lyon Street Food Festival ce week-end, l'on croisera la route des meilleurs food trucks du coin mais pas seulement : des Apothicaires à la Mère Brazier, les top chefs de la ville se la jouent street credibility. Fameux.

Adrien Simon | Mardi 20 septembre 2016

Aux Subsistances, la street cred' sauce Hong Kong

Les food trucks lyonnais se radinent ce week-end aux Subsistances, pour un festival de trois jours autour de la "gastronomie nomade". Les habitués des marchés lyonnais seront ravis de retrouver le bar à jus l’Estanco, le triporteur de Trop Chou ou encore The Rolling Cantine (photo). Ce dernier transformé pour l’occasion en jonque flottante, afin de coller au thème de cette première édition : Hong Kong. Les camions-cuisines assureront le ravitaillement des visiteurs dans la cour, et l'on retrouvera sous la grande verrière des cuisiniers sédentaires s’essayant eux aussi à la bouffe en barquette : les cuistots très en vue du Café Sillon (le dépotant-déroutant resto du 7e), de La Bijouterie (qui joue déjà avec les dim sums dans le 1er), et des Apothicaires (le nouveau spot à ne pas manquer du 6e) y officieront. Tous promettent de se mettre au diapason hongkongais, avec du côté de Tabata et Ludovic Mey (les Apo

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Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

GUIDE URBAIN | De Katsumi le précurseur à Tabata & Ludovic les derniers installés, une génération spontanée de chefs voyageurs, connectés et décomplexés explosent les codes de la gastronomie traditionnelle : tour d'horizon.

Adrien Simon | Mardi 22 mars 2016

Bistronomie : ces chefs qui bousculent la tradition

Il fut un temps où la cuisine, en France, n'était pas "cool". Un temps d'avant Instagram, les blogueuses et les yelpeurs ; avant Top Chef, Jamie et Cyril ; avant la "food" (porn, ing, ista) ; avant les brunchs électro, les soirées fooding, les chefs en jean-baskets et tablier bleu. La cuisine en France, à défaut d'être branchée, pouvait être gastronomique, patrimoniale, référence mondiale. Quoique... Fin 90, une certaine presse étrangère la juge « rigide », « ennuyeuse », trop chère. En 2014, le New York Times s'acharne encore : la cuisine française a définitivement implosé ! Mais ses débris sont précieusement ramassés par une flopée de jeunes chefs, (notamment) adeptes de la bistronomie, qui explosent les codes du restaurant de papa et envoient des assiettes mode. À Lyon, parler de bistronomie revient à évoquer En Mets Fait ce qu'il te Plait, improbable chalet au coin des rues Chevreul-Gryphe (la façade a depuis été refaite). Improbable bazar aussi, que son hall d'entrée. Katsumi s'y installe en 1999, seul en cuisine : il décrète que l'on viendra chez lui pour ce qu'il y a dans l'assiette (et les verres) — un point c'est

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