L'art populaire du théâtre

ACTUS | Story / Ce n’est pas une superstition qui se cache derrière le 11.11.11, date de réouverture du TNP de Villeurbanne, mais un hommage à son passé : le lieu a été inauguré le 11 novembre 1920 au Trocadéro, à Paris. Depuis 1972, l’un des plus importants théâtres français est implanté à Villeurbanne. Récit de ce «défi en province». Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 4 novembre 2011

Photo : © Christian Ganet (2011) / AMV Le Rize (années 30)


Il y a plusieurs histoires du Théâtre National Populaire. Celle de cette appellation-même née à Paris au Trocadéro et confiée à Firmin Gémier, acteur et metteur en scène. Au sortir de la guerre, après bien des changements de noms, le TNP est aussi l'histoire de Jean Vilar, qui en prend la direction de 1951 à 1963, toujours à Chaillot, puis de Bob Wilson. Parallèlement, à Lyon, un jeune metteur en scène-acteur-auteur crée le théâtre de la Comédie en 1952 (aujourd'hui théâtre des Marronniers). Rapidement à l'étroit dans cette salle de cent places, il veut plus grand mais Lyon ne lui offre rien (Pradel est moins accommodant qu'Herriot) et c'est chez le voisin villeurbannais qu'il trouve hospitalité. Le maire Étienne Gagnaire lui permet de diriger (à 26 ans !) le Théâtre municipal de la Cité. Contrairement à ses missions, Roger Planchon ne poursuit pas la programmation d'opérettes, mais continue à faire ses spectacles dans un lieu de mille places au cœur du Palais du travail. En quinze ans, après avoir monté des classiques, des contemporains (Vinaver dès son premier texte, Aujourd'hui ou les coréens), après des anicroches avec le maire SFIO qui prend Planchon pour un «gauchiste», après avoir accueilli Mnouchkine, Strehler mais aussi Ferré, Reggiani ou Oscar Peterson en province, Planchon est devenu le chef de file de sa génération sur lequel s'appuient ses congénères en Mai 68 (les artistes veulent le pouvoir sans interventions des politiques). À l'orée des années 70, alors que le théâtre de la Cité est en travaux, le nouveau ministre de la Culture, Jacques Duhamel l'appelle à Paris pour lui confier la direction du TNP. Mais la réponse de Planchon est sans équivoque : «J'ai consacré ma vie à la décentralisation, je désire continuer».

Pour tous

Le sigle TNP est donc transféré en province accentuant ainsi la politique de décentralisation française, largement entamée par André Malraux et la création des Maisons de la Culture. La nouvelle salle du TNP est désormais dotée d'une totalité de sièges avec bonne visibilité (contre la moitié auparavant) : une démocratisation du théâtre a contrario des salles à l'italienne que pourfendait déjà Gémier. Planchon invite dès 1970 Patrice Chéreau, jeune prodige (25 ans) qui s'est déjà "exilé" au Piccolo Teatro de Milan car trop endetté en France. Même si Chéreau se sent un peu coincé dans ce TNP —  «comme dans une maison dont on ne pourrait bouger les meubles», l'audace et la diversité artistiques sont là. Chéreau essuie les planches en mai 1972 avec une monumentale adaptation de Massacre à Paris de Marlowe, avec en toile de fond la Saint-Barthélemy qui le hantait déjà. Planchon, lui, fait partie de la distribution, les pieds dans l'eau de la scénographie splendide de Richard Peduzzi, avant de présenter en novembre une de ses œuvres, La Langue au chat. Outre ces créations qui tournent beaucoup en France et dans le monde, se développe un travail incessant et qui perdure aujourd'hui auprès d'un public nouveau. Planchon multiplie les mises en scènes avec toujours au cœur de son travail le récit : «Cela m'a préoccupé toute ma vie. Qu'est-ce qu'un dialogue réussi sinon une action qui, par les mots, se précipite ?». Accordant aussi une place importante au décor, il collabore avec Max Schoendorff notamment (actuel directeur de l'URDLA) pour «faire sortir la peinture du tableau». N'oubliant pas son enfance ardéchoise et ses origines modestes, Planchon fait un théâtre accessible à tous et exigeant à la fois, une définition en somme du théâtre populaire.

Avec tous

Suivront à ses côtés Georges Lavaudant puis Christian Schiaretti qui assure la transition au début des années 2000. Tourné vers un théâtre de texte et héritier en ce sens de Vilar, celui qui arrive de la Comédie de Reims monte notamment pour la première fois en intégralité en France le magnifique texte de Michel Vinaver, Par-dessus bord. C'est sur ce spectacle que se referme le TNP avant trois ans de travaux en 2008. Le théâtre renait aujourd'hui avec quatre salles de répétitions et deux salles de spectacle dont la principale nommée d'évidence… Roger Planchon. Les autres portent le nom de Jean Bouise, Laurent Terzieff, Maria Casarès et Bob Wilson dont les fantômes réchauffent encore ces murs fraîchement bâtis. La liste est longue de ceux qui pourraient les accompagner au fronton à commencer par la bien vivante Isabelle Sadoyan, veuve de Bouise, qui a traversé toutes les époques jusqu'à être encore au générique de Ruy Blas qui ouvre cette ère nouvelle.

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Le TNP, l’occupation, la reprise et la saison à venir

Théâtre | « Temps inédits ». Jean Bellorini a pesé ces mots le 20 mai dernier pour parfaire ce numéro d’équilibre qui consistait à présenter la saison 2021-22, lancer le résidu de miettes de 2020-21 et évoquer les occupants sur le site du TNP depuis des semaines. Avec tact et conviction, il est parvenu à tout cela. Résumé de situation et détail de ce qui s’annonce.

Nadja Pobel | Mardi 25 mai 2021

Le TNP, l’occupation, la reprise et la saison à venir

Il n’y a eu au TNP que neuf levers de rideaux cette saison. Jean Bellorini lui-même, nommé à la direction de ce centre dramatique national le 1er janvier 2020, n’a jamais présenté ses créations au public villeurbannais. Il ne le connait pas, a-t-il dit à plusieurs reprises ces derniers mois, ajoutant lors de la conférence de presse de la saison 2021-22, le jeudi 20 mai, avoir « le regret de ne pas avoir mené quelque chose de plus fou et franc-tireur comme si j’avais été en terrain connu comme à Saint-Denis [au Théâtre Gérard-Philipe CDN, qu’il a dirigé de 2014 à 2019] ». Comme si le silence était asphyxiant. « Ça fait un an et demi qu’on nous balade » Car, avant de présenter sa très dense saison à venir, il est revenu sur la façon dont cette pandémie a touché son secteur, l’incompréhension face à certaines prérogatives : « des enfants allaient à la piscine sous le TNP, ils pouvaient descendre quelques marches alors pourquoi ne pouvaient-ils pas les monter pour voir un spectacle ? » Dont acte, le TNP ira dans les écoles, lycées, universités avec Onéguine. De même, si l

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Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Politique Culturelle | Villeurbanne a été sélectionnée par le ministère de la Culture pour être capitale française de la culture en 2022.

Sébastien Broquet | Mardi 30 mars 2021

Villeurbanne choisie pour être capitale française de la culture en 2022

Le résultat a été dévoilé ce mardi midi par le ministère de la Culture : c'est la Ville de Villeurbanne qui a été choisie pour être capitale française de la culture en 2022. En concurrence avec Angoulême, Brest, Laval, Le Mans, Metz, Saint-Paul de la Réunion, Sète et la communauté de communes du Val Briard, la cité du maire Cédric Van Styvendael a emporté la mise et disposera donc de 1 million d’euros pour développer son projet, fortement axé sur la jeunesse, avec par exemple la création d'un festival dans le parc de la Feyssine entièrement conçu par des jeunes. Le maire a rapidement réagit via un communiqué : « nous venons d’apprendre que Villeurbanne vient d’être désignée capitale française de la culture pour l’année 2022. Nous accueillons ce titre avec une grande joie et une grande fierté. C’est la récompense d’un travail engagé il y a maintenant cinq mois avec tous les acteurs culturels villeurbannais. L’engouement partagé par tous ces acteurs aura été communicatif et aura convaincu le jury de faire de Villeurbanne la première capitale française de la culture. Nous remercions le jury qui a eu l'audace

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Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Élections Municipales 2020 | Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. (...)

Vincent Raymond | Vendredi 17 juillet 2020

Villeurbanne : Stéphane Frioux adjoint à la Culture

Il aura fallu quelques jours au nouveau maire de Villeurbanne et l’issue du deuxième conseil municipal pour attribuer les délégations à ses adjoints. Loin d’être anodines, leur distribution et leur ordre protocolaire font un peu office de “discours de politique générale“ bis, traduisant les priorités d’un nouvel exécutif. Ainsi, sur les 21 adjointes et adjoints nommés peut-on observer qu’au premier rang des préoccupations de Cédric Van Styvendael figurent la transition écologique (normal puisque sa liste a bénéficié pour le second tour de l’appoint non négligeable des Verts de Béatrice Vessiller), du développement économique, de la ville inclusive, de la végétalisation, loin de devant la sécurité (8e rang) et surtout devant la culture, 14e délégation. Enrichie des universités et de la vie étudiante, celle-ci échoit à

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À Villeurbanne : la culture, point par point

Élections Municipales 2020 | Villeurbanne, second tour des municipales 2020. Deux listes en lice et deux visions pour la politique culturelle d'une Ville plus que jamais au sein de la Métropole. Deux candidats dévoilant leurs projets pour le mandat à venir : Cédric Van Styvendael et Loïc Chabrier…

Vincent Raymond | Mercredi 17 juin 2020

À Villeurbanne : la culture, point par point

Cultivant sa singularité politique depuis plus d’un siècle dans l’agglomération — par comparaison à sa versatile voisine lyonnaise —, Villeurbanne ne fera pas mentir sa tradition le 28 juin prochain en opposant pour le second tour deux listes… se trouvant être des émanations plus ou moins directes de l’équipe sortante. L’actuel maire Jean-Paul Bret (PS, à la tête de la ville depuis 2001) ne se représentant pas, un nouvel exécutif s’installera dans le beffroi dominant les gratte-ciel de l’avenue Henri-Barbusse. D’un côté, la liste “Villeurbanne c’est vous !” menée par l’ancien premier adjoint aux finances Prosper Kabalo passé sous la bannière LaREM, où figure également en troisième position l’adjoint à la Culture sortant Loïc Chabrier, a réuni 14, 9% des voix au premier tour. De l’autre,

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40e festival du film court, premier service

Court-métrage | N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un (...)

Vincent Raymond | Mardi 12 novembre 2019

40e festival du film court, premier service

N’en déplaise à la Jetée clermontoise, c’est dans la Métropole lyonnaise qu’on a d’abord rêvé un festival de courts-métrages il y a bientôt quarante ans. Avec un certain sens de l’à-propos, la soirée d’ouverture de son édition anniversaire s’effectue autour du rêve, sous la houlette de Perrine Ruby — chercheuse en neurosciences, elle ne manquera pas de nous éclairer sur toutes les acceptions du terme “projection“. Cette ouverture sera précédée d’une bienvenue remembrance des 39 marches déjà gravies : le festival a en effet composé un florilège par décennie. Quatre programmes, donc, pour (re)découvrir des œuvres passées par Villeurbanne, emblématiques de leur époque, souvent primées. Tels Comme les doigts de la main d’Éric Rochant (1984), Acide Animé de Guillaume Bréaud (1998), Skhizein de Jérémy Clapin (2008), Logorama des H5 (2009) ou Avant que de tout perdre de Xavier Legrand (2012). Des films importants pour ce qu’ils sont, mais aussi pour ce et ceux qu’ils apportent au cinéma en génér

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Le TNP remodelé avec l'arrivée de Jean Bellorini

Mercato | Christian Schiaretti laisse sa place à Jean Bellorini à la tête du Théâtre National Populaire.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

Le TNP remodelé avec l'arrivée de Jean Bellorini

En cet alignement historique des planètes où les institutions culturelles de la métropole lyonnaise changent de visages (Subsistances, Point du Jour, Célestins pour moitié à l’hiver dernier, mais aussi Villa Gillet, École des Beaux-Arts, bientôt l'Opéra…), la nouvelle direction du TNP n’est pas la moins scrutée. Au terme d’un long processus de recrutement, c’est Jean Bellorini qui prendra les manettes de ce paquebot de la décentralisation et mettra ainsi un terme à dix-huit années d’occupation des lieux par Christian Schiaretti – quoiqu’il soit encore missionné par le ministère de la Culture pour célébrer le centenaire de la création du TNP (alors parisien) en novembre prochain. Jean Bellorini, 38 ans, est depuis 2014 à la tête du CDN Gérard-Philipe de Saint-Denis. Comédien de formation, metteur en scène, créateur lumières, il est aussi scénographe (à l’instar de Marc Lainé au CDN de Valence ou Stéphane Braunschweig à l’Odéon). Au TNP, il a pour projet d’associer les artistes Joël Pommerat, Tiphaine Raffier, André Markowicz, Thierry Thieû Niang et Lilo Baur et d’en faire « un théâtre de création d’envergure, privil

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Les cinq candidats et candidates en lice pour la direction du TNP

Politique Culturelle | Cinq candidats et candidates ont été retenus pour succéder à Christian Schiaretti à la tête du TNP. Choix final : courant juin.

Nadja Pobel | Mercredi 20 mars 2019

Les cinq candidats et candidates en lice pour la direction du TNP

La short list des candidats retenus pour succéder à Christian Schiaretti à la tête du TNP est désormais connue. Tous – ou presque – dirigent actuellement d’autres centres dramatiques nationaux : - Arnaud Meunier (Comédie de Saint-Étienne) - Jean Bellorini (Théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis) - Richard Brunel (Comédie de Valence) - Séverine Chavrier (CDN Orléans Val de Loire) - Élise Vigier (CDN Caen-Normandie). Elle serait rejointe par son acolyte directeur de ce CDN, Marcial Di Fonzo Bo, elle-même étant « artiste associée au projet de direction ». Le résultat définitif sera connu début juin. Dans une tribune publiée dans Libération le 3 mars, la metteure en scène Catherine Anne rappelait qu’il n’y avait « pas de candidature féminine légitime fin 2018, et [la] décision du ministre de la Culture de prolonger la possibilité de faire acte de candidature jusqu’au 17 février.

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Absence de parité dans la course au TNP

Théâtre | Le ministère de la Culture relance la consultation pour le poste de direction à la tête du TNP de Villeurbanne car, selon son communiqué, « au regard du (...)

Nadja Pobel | Vendredi 1 février 2019

Absence de parité dans la course au TNP

Le ministère de la Culture relance la consultation pour le poste de direction à la tête du TNP de Villeurbanne car, selon son communiqué, « au regard du très faible nombre de candidatures féminines reçues, l’État et les collectivités territoriales ne sont pas en mesure de proposer une pré-sélection équilibrée en termes de parité ». Et « ce déséquilibre ne reflète pas la création d’aujourd’hui dans la diversité de ses talents, et qu’un tel recrutement doit nécessairement inclure l’examen de candidatures féminines au même titre que masculines ». En conséquence, Franck Riester, ministre de la Culture, en plein accord avec Jean-Paul Bret, maire de Villeurbanne, Myriam Picot, vice-présidente à la culture de la Métropole de Lyon et Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, prolongent jusqu’au 17 février le délai pendant lequel des artistes peuvent faire part de leur candidature à la direction du TNP. La première clôture des dépôts de dossiers de candidatures était fixée au 30 décembre dernier. Dix-sept personnes se sont manifestés. Quasiment aucune femme. Cependant les

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Théâtre | Dans une proposition plus aride que jamais, Christian Schiaretti semble avoir trouvé avec L’Échange de Claudel la matière à un ascétisme qui repose entièrement sur le texte et les acteurs.

Nadja Pobel | Mardi 11 décembre 2018

L'Echange à sec de Christian Schiaretti

Il a beaucoup pratiqué les tréteaux avec ses Molière, avait placé Coriolan sur un plateau dénudé en pentes très douces où tout convergeait dans une petite bouche d’égout ; même lors de la réouverture du TNP rénové en 2011, les azuleros bleus de son Ruy Blas ne semblaient guère l'intéresser et faisaient plus figure de décorum que de décor. Désormais, Christian Schiaretti a pu faire, en cette maison qu'il dirige depuis 2002 et jusqu'à fin 2019, de la place au texte, rien qu'au texte et ses transmetteurs que sont les acteurs. De son propre aveu, ce sont là « des vacances scénographiques ! ». Fanny Gamet a simplement posé un sol bleu entaché de larges traces de plus en plus rougeoyantes au fil du spectacle entamé par une chute de sable en p

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39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Court-Métrage | Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

39e festival du Film Court, acte 2 : les compétitions

Les années défilent et marquent de leurs différences chacun des millésimes du film court. L’an dernier flottait l’ombre bienvenue du cinéma de genre sur une compétition européenne traversée par l’évocation des réfugiés. En 2018, si le retour au réalisme est patent, les problématiques migratoires restent présentes à travers l’arrachement à la terre natale pour un petit Réunionnais (Objectif Lune), la promesse de retrouvailles pour une vieille Hongroise (Last Call), la défense inhumaine des frontières (Zorn dem Volke) ; la situation, enfin, de ceux qui attendent un hypothétique passage (Third Kind, The Barber Shop, Song for the Jungle voire Kiem Holijanda). Autre thématique coutumière faisant un retour fracassant, la question de la souffrance des personnes LGBT. C’est à un tour du monde des oppressions ou de la défiance à leur endroit que l’on assiste : de la France des villes et campagnes (les fictions Malik, Un homme mon fils ; le documentaire

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39e Festival du Film Court, acte 1

Court-Métrage | À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format (...)

Vincent Raymond | Mardi 13 novembre 2018

39e Festival du Film Court, acte 1

À l’aube de ses quarante ans, le Festival du Film Court de Villeurbanne s’offre une une petite cure non de rajeunissement (étant entendu que le format est par essence le terrain de prédilection des cinéastes novices) mais de renouvellement. Olivier Calonnec, qui a succédé cet été à Laurent Hugues à la tête de la manifestation, n’est évidemment pas étranger à ces revigorantes inflexions. Le mouvement s’empare de la programmation dès la soirée d’ouverture vendredi 16 novembre construite autour de la Danse, danse, danse ! Comme un écho à la Biennale de l’année, elle commencera par un film de la compétition européenne, Les Indes galantes de Clément Gogitore (récent lauréat du Jury des Rencontres du cinéma francophone en Beaujolais pour L’Autre Continent) et s’achèvera par une œuvre issue de la sélection animation, Make it Soul, de Jean-Charles Mbotti Malolo. Un avant-goût transversal de la production annuelle sur laquelle on reviendra en détail la semaine prochaine. Le festival mettra ensuite l’accen

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Jeanne, retour de flamme au TNP

Théâtre | Ce n'est pas un spectacle neuf, loin de là. Pourtant, dans le flot de ce qui se joue en ce mois de mai, cela reste une proposition majeure. Christian (...)

Nadja Pobel | Lundi 30 avril 2018

Jeanne, retour de flamme au TNP

Ce n'est pas un spectacle neuf, loin de là. Pourtant, dans le flot de ce qui se joue en ce mois de mai, cela reste une proposition majeure. Christian Schiaretti, sur adaptation de son acolyte et directeur artistique au TNP Jean-Pierre Jourdain, fait entendre la langue d'un auteur qui lui est cher : Joseph Delteil. Créé à Reims en 1995, ce spectacle, avec Juliette Rizoud sur scène depuis 2010, perdure. La comédienne, au casting de nombreuses pièces de Schiaretti et metteuse en scène semi-convaincante d'un Roméo et Juliette version forain, est ici à son meilleur. Elle nous confiait au début de sa prise de rôle à quel point c'est « un summum de spectacle vivant ». En effet, le propos est constamment matière à jeu, avec les éléments du bord, à la manière des enfants jouant avec des cailloux. La volonté de raconter cette histoire par une na

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À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

Littérature jeunesse | Deux jours de festivités autour de la littérature jeunesse avec une cinquantaine d’invités en dédicace, des spectacles, des contes et des ateliers sur le thème de l’autre et de l’accueil : c'est la Fête du livre jeunesse de Villeurbanne.

Lisa Dumoulin | Mardi 20 mars 2018

À la Fête du livre jeunesse, l'accueil questionné

“Bienvenue !” : c’est le thème du festival cette année. Un accueil chaleureux et bien sûr un peu particulier, puisqu’il se positionne en résonance avec notre actualité, celle des mouvements migratoires importants qui confrontent les territoires à la question de l’accueil. Ainsi la cinquantaine d’auteurs, illustrateurs et scénaristes invités se proposent pendant deux jours d’ouvrir le débat sur l’acceptation de l’autre, l’accueil de la différence et d’inviter le public à réfléchir autour de l’altérité. Gérard Picot, le directeur artistique, explique : « Dire bienvenue ! c’est ouvrir notre propre porte. C’est faire fi de notre peur de l’autre nourrie de notre méconnaissance, que l’on ne fasse pas de son voisin un intrus, mais une possibilité de rencontre. » Ainsi les associations Terre d’Hommes et Singa (dispositifs de mise en relation entre les personnes réfugiées et leur société d’accueil) participent à la fête à travers notamment l’exposition Encrages, des illustrations originales sur les thèmes de l’exil et de l’enfance. Rayons expos toujours, des

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Marx bouge encore

Colloque | Karl Marx à toutes les sauces. Honni, déifié, ou simplement figure du quotidien comme à Berlin qui lui accorde encore une rue grouillante de vie (à l'Ouest) ou (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 février 2018

Marx bouge encore

Karl Marx à toutes les sauces. Honni, déifié, ou simplement figure du quotidien comme à Berlin qui lui accorde encore une rue grouillante de vie (à l'Ouest) ou une avenue stalinienne (à l'Est). Et "Les théâtres de Marx". C'est ce que vont s'attacher à étudier des universitaires et des artistes durant un colloque international de quatre jours à l'ENS, à l'initiative du professeur et formidable transmetteur qu'est Olivier Neveux. Ouvertes à tous et toutes, entièrement gratuites, ces journées de réflexion sont l'occasion d'entendre le metteur en scène Jean-Pierre Vincent raconter (jeudi 1er à 11h30) ce qu'a été son spectacle Le Karl Marx Théâtre Inédit créé aux Amandiers-Nanterre en 1997 ou encore Bernard Sobel et Maguy Marin réunis ce même jour à 17h pour une table ronde sur ce sujet. Seront aussi présents Guy Alloucherie, et Bruno Meyssat, auteur d'un puissant spectacle pourtant peu diffusé, mais politiquement et poétiquement imparable sur la Grèce moderne :

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38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

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La saison des festivals est ouverte

Grand Lyon | Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des (...)

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

La saison des festivals est ouverte

Bientôt quadragénaire, le doyen des festivals de l’agglomération lyonnaise n’a rien d’un autarcique : depuis des années, il propose des séances délocalisées dans des salles amies : au Théâtre Astrée, à la MLIS et l’ENM de Villeurbanne, mais aussi au Comœdia, au Ciné-Meyzieu et au Ciné Mourguet de Sainte-Foy-lès-Lyon. La période coïncide également avec le lancement d’autres événements locaux d’importance, qui bénéficient donc d’une dynamique croisée : pas de rivalité entre les salles indépendantes ! Le Mois du Film Documentaire fait ainsi escale jusqu’au 30 novembre au Toboggan de Décines avec quatre projections agrémentées de débats. Grégory Gomes accompagnera Frères Ennemis qu’il a tourné dans la proximité d’un derby Lyon-Saint-É ; quant à Charlotte Pouch, elle racontera la genèse de Des bobines et des hommes, une (més)aventure humaine et industrielle. Plus au nord de la Métropole, le Ciné-Caluire programme son Festival du cinéma italien. Une semaine placée sous le signe de l’amour,

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Arac, 25 ans d’âge

Cinéma | Depuis 1991, Rhône-Alpes cinéma se pose en productrice des films produits sur son territoire. Naviguant entre échecs et beaux succès critiques ou publics, cette activité joue sur la santé économique de la région et son prestige extérieur. 25 ans après, alors que la fusion avec l'Auvergne vient de s’opérer, quels bilans retenir de cette entreprise soutenant l’audiovisuel local ?

Julien Homère | Mercredi 22 mars 2017

Arac, 25 ans d’âge

Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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En route vers la mégalomanie et le despotisme

TNP | Poursuivant son exploration de la langue d'Aimé Césaire, Christian Schiaretti livre avec La Tragédie du roi Christophe un spectacle choral instructif mais étonnement figé.

Nadja Pobel | Mardi 31 janvier 2017

En route vers la mégalomanie et le despotisme

Comment se traduit au quotidien un régime démocratique ? Au travers des écrits de Césaire, Christian Schiaretti visite avec appétence cette question fondamentale qui agite continuellement le monde, notre riche Occident de plus en plus fragilisé par l'accroissement des inégalités n'étant pas en reste. Avec Une saison au Congo, il parvenait à matérialiser l'injuste chute de Lumumba et à rendre perceptibles les manigances hors-sols de l'ex-colonisateur belge. Le metteur en scène poursuit ce travail consistant à expliquer l’immense difficulté de rendre le peuple libre. En Haïti, sur les cendres de Saint-Domingue, Césaire saisit la première démocratie noire au monde, proclamée en 1804, avec en entame un combat symbolique de coqs entre Pétion qui règne sur le Sud de l'île et Henri-Christophe sur le Nord. Ce dernier l'emporte et va peu à peu faire marcher ses administrés aux pas militaires de son ambition, déviant vers la mégalomanie comme en témoigne la construction de la pharaonique citadelle pour laquelle même femmes et

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Le combattant Bataillon

Causerie du 3e | On a déjà évoqué les sympathiques Causeries du 3e, ce cycle de rendez-vous initié par Bernard Chardère et Patrick Picot, qui prend place dans la salle (...)

Vincent Raymond | Mardi 31 janvier 2017

Le combattant Bataillon

On a déjà évoqué les sympathiques Causeries du 3e, ce cycle de rendez-vous initié par Bernard Chardère et Patrick Picot, qui prend place dans la salle Eugène-Brouillard de la mairie du 3e arrondissement de Lyon. Conjuguant à chacune de ses soirées une rencontre avec une figure (pour ne pas dire une mémoire) du monde culturel et les tintinnabulements des verres de l’amitié — avec modération, bien entendu —, ce moment convivial accueille le 1er février un homme que les amateurs des scènes lyonnaises connaissent au moins de nom : Michel Bataillon. Homme de l’ombre très actif aux côtés de Roger Planchon à l’époque du TNP (de 1972 à 2002), ce fin germaniste à la voix forte travailla à la conception des programmes de ce haut lieu villeurbannais. Témoin autant qu’artisan de la question de la décentralisation, il s’est fait le mémorialiste de cette “aventure théâtrale”, dont il a tiré avec le regretté Jean-Jacq

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Aimé Césaire dans l’œil du cyclone

Théâtre National Populaire | Début ce 2 décembre d'une période de deux mois consacrée à Aimé Césaire au TNP. Avant la création de La Tragédie du roi Christophe mi-janvier, place à deux reprises de haut vol.

Nadja Pobel | Mardi 29 novembre 2016

Aimé Césaire dans l’œil du cyclone

C'est peut-être sa plus belle réalisation ici dans ce TNP qu'il pilote depuis 2002. Christian Schiaretti qui a tant travaillé sur un mode choral (Opéra de quat'sous, Par-dessus bord, Coriolan, Mai juin juillet et encore récemment un Bettencourt boulevard trop morcellé) a trouvé en Aimé Césaire un auteur dont la portée politique essentielle, alliée à une langue précise, littéraire sans être fantasmagorique, lui a permis de livrer un spectacle fort et homogène, donné sur un plateau recentré où l'action s'en trouve intensifiée. Une saison au Congo (1966), créée en mai 2013, sera donc reprise après être passé cet automne par l'Afrique. Le collectif burkinabé Béneeré est au cœur de ce travail associé

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Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

37e festival du film court de Villeurbanne | Si la fusion Auvergne/Rhône-Alpes a porté le mastodonte clermontois au top des rendez-vous régionaux dédiés aux courts-métrages, celui du Zola conserve (malgré un budget trop modeste) l’avantage de l’antériorité, de la convivialité et de la curiosité.

Vincent Raymond | Mardi 15 novembre 2016

Festival du film court de Villeurbanne : L’enfance du 7e art

Année après année, le Festival du film court de Villeurbanne demeure LE refuge pour spectateurs avides de propositions cinématographiques inédites. La preuve avec cette 37e édition, parcourue par un souffle de nouveautés, perceptible notamment dans les 44 films de sa compétition européenne — sa principale sélection —, et accentuée par une étonnante surreprésentation d’enfants. D’enfants à naître, dans le superbe court animé de Roshanak Roshan, Yalda où une Iranienne exilée révèle sa crainte de devenir mère, ou d’êtres infantilisés, à l’instar du protagoniste de Nabelschur. Signé par la prometteuse Eliza Petkova, ce film à la direction artistique impeccable montre un jeune homme garrotté par une mère mutique et possessive à l’amour odieusement destructeur. Renouveau allemand Observateurs, messagers, parfois dépositaires de secrets écrasants, les enfants entrent dans un monde terrifiant auquel ils ne sont pas préparés : la fillette kurde réfugiée chargée d’annoncer un diagnostic médical à sa mère de Il Silenzio, ou le môme découvrant que son père doit dém

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Lectures de saison

TNP | Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 septembre 2016

Lectures de saison

Voilà une autre façon de faire une présentation de saison. Les comédiens de la troupe du TNP lisent ce vendredi 23 septembre à la Maison de l'Image du livre et du son à 19h de nombreux textes qui seront à l'affiche du théâtre villeurbannais cette année, à commencer par celui dans lequel ils joueront : La très excellente et lamentable histoire de Roméo et Juliette d’après William Shakespeare mise en scène par l'une d'entre eux, Juliette Rizoud, extraordinaire dans le rôle de la Jeanne de Delteil il y a quelques temps. Tous les autres écrits, très éclectiques, seront montés et interprétés par des personnes extérieures : La Boîte de Jean-Pierre Siméon, Bella Figura de Yasmina Reza, Gonzoo – Pornodrame de Riad Gahmi, Meurtres de la princesse juive d’Armando Llamas, Le Temps et la chambre

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Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

De Stavisky à Lacornerie | Inchangés depuis des lustres pour la plupart, les directeurs des grandes scènes de Lyon creusent scrupuleusement leur sillon, en montant des textes attendus.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Théâtre made in Lyon : Tour d'horizon des créations maison

Incroyable ! Christian Schiaretti aura l'honneur d'imaginer le centenaire du TNP en 2020 : en poste depuis 2002, il a été reconduit à la tête de l'établissement jusqu'à fin 2019 ; son contrat arrivait à échéance en décembre. En cette rentrée, il revient, après un Bettencourt Boulevard bancal, à l'auteur qu'il a le mieux transposé à la scène depuis son arrivée : Aimé Césaire. Il reprend Une saison au Congo (du 2 au 10 décembre), créé en 2013 puis signera La Tragédie du roi Christophe (du 19 janvier au 12 février). Dans la première, il avait su organiser clairement la conquête de l'indépendance de ce pays et la chute de son héros pacifiste Lumumba grâce à une alchimie entre sa troupe habituelle du TNP et des comédiens du collectif burkinab

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Le temple laïc de Villeurbanne

Patrimoine | Inclus dans un projet architectural ambitieux et au service de la population la plus défavorisée, l’hôtel de ville de Villeurbanne, entre les Gratte-ciel et le TNP, est une véritable cathédrale profane.

Nadja Pobel | Mercredi 6 juillet 2016

Le temple laïc de Villeurbanne

À l’orée des années 1920, le site actuel des Gratte-ciel n’est qu’une prairie et c’est ici que par la volonté du maire médecin et hygiéniste, Lazare Goujon, se hissent de nouveaux bâtiments destinés à accueillir les ouvriers de la ville industrielle de Villeurbanne. Jusque-là, ils étaient au mieux logés dans le pré-carré de leur patron paternaliste (ce qui incitait les hommes à rester sobres et à ne pas se disperser pour mieux travailler) ou, au pire, dans des taudis. L’édile, lui-même fils d’un père manœuvre dans les usines métallurgiques de Schneider, croit en l’ascension sociale de ses administrés et leur concocte, avec les architectes Robert Giroud et Môrice Leroux, des bâtiments confortables disposant (fait rare à l’époque pour les cols bleus) du tout-à-l’égout, de l’eau courante et de l’électricité. Même s’il n’y a pas encore de douche (mais un robinet), les toilettes ne sont plus sur le palier. Pour parfaire cet ensemble, le Palais du travail dispose de lieux de réunion pour les syndicats, d’une piscine souterraine (toujours en service et destinée à l’époque à l’épanouissement corporel plus qu’au loisir) et d’un théâtre (le TNP actuel). Et aussi, d’une mairie. L

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Christian Schiaretti : objectif 2019

SCENES | Le directeur du TNP, en place depuis 2002, a vu sa demande de prolongation acceptée par le ministère de la Culture. Le 9 mai dernier, Audrey Azoulay a (...)

Nadja Pobel | Vendredi 13 mai 2016

Christian Schiaretti : objectif 2019

Le directeur du TNP, en place depuis 2002, a vu sa demande de prolongation acceptée par le ministère de la Culture. Le 9 mai dernier, Audrey Azoulay a stipulé par courrier que Christian Schiaretti dirigerait le TNP jusqu’au 31 décembre 2019 alors que son mandat arrivait à échéance à la fin de cette année. Ce sera son dernier contrat. Il aura en charge d’organiser la célébration, en 2020, du centenaire de ce théâtre. Metteur en scène de Bettencourt Boulevard et Ubu (presque ) roi cette saison, il créera prochainement La Tragédie du roi Christophe d’Aimé Césaire.

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Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

Portrait | Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan, 87 ans, continue à arpenter les plateaux de théâtre avec la vitalité d’une jeune fille. Rencontre chez elle, à Villeurbanne, au moment où elle lègue au Rize les archives de son immense carrière.

Nadja Pobel | Jeudi 30 juin 2016

Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

À quelques encablures du TNP, Isabelle Sadoyan nous accueille dans l’appartement qu’elle occupe depuis plusieurs décennies et qui résume son existence : peu a peu, elle a fait tomber les cloisons pour en faire un espace unique peuplé de joyeux trésors (des livres essentiellement) avec partout la présence de son époux, décédé en 1989, le comédien Jean Bouise dont brille encore le César du meilleur acteur dans un second rôle reçu en 1980 pour Coup de tête. Les magnifiques meubles en bois qu’il a confectionné sont là, dont une table de couture rappelant qu’Isabelle Sadoyan ne s’est jamais départie de ce qui fut son premier métier, celui de sa mère aussi : couturière. Quand elle naît le 12 mai 1928, rien ne la prédestine à plonger dans la marmite du théâtre. «Mon premier rôle est muet, c’est l’enfant Jésus dans une pension catholique. Ça tombait bien, car je bégayais. Cela durera jusqu'à mes 45 ans» se souvient cette athée convaincue. Son père arménien brocanteur, sa maman bulgare n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le "milieu culturel". Mais dans les pentes de la Croix-Rousse, où elle habite enfant, et où dit-on même la police n’osait pas all

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Ubu déchaîné

Théâtre | Et pourquoi pas remonter encore Ubu, ce despote plus attachant que bien d’autres plus réels ? Problème : la mise en scène est aussi fourre-tout que la scénographie. Et Stéphane Bernard s’expose bien seul aux vents contraires.

Nadja Pobel | Mardi 19 avril 2016

Ubu déchaîné

Gigantesque dépotoir, le décor de cet Ubu est très loin de la sobriété presque classieuse de la mise en scène d’Antoine Vitez (1985) mais elle a le mérite, même si elle pique les yeux, de faire évoluer les personnages dans cette merdre clamée d’entrée de jeu. De la terre, des détritus en tous genres, une flaque de facto boueuse jonchent le plateau au loin surmonté d’une colline qui semble faite de papier mâché. C’est ici que le Père Ubu se fait harponner par la Mère Ubu, véritable poissonnière qui porte la culotte et le pousse à attraper le pouvoir avant de s’offusquer que cette ambition n’ait plus de limites. Mêlant diverses versions de la pièce-étendard de Jarry (Ubu roi donc, Ubu sur la butte, Ubu cocu), Christian Schiaretti qui étrangement ne signe pas ici la mise en scène mais assure la "direction" du spectacle choisit l’option potacherie, ou plus exactement fatrasie (pièces satiriques du Moyen-Âge) comme annoncé. Mais à quoi cela rime-t-il sur scène ? À une course échevelée sans queue ni tête avec des clins d’œil lourds à l’époque actuelle : le trésor est « offshore », les Polonais miment des migrants fraîchement débar

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À Villeurbanne : lire, pour grandir

CONNAITRE | Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de (...)

Nadja Pobel | Mardi 29 mars 2016

À Villeurbanne : lire, pour grandir

Pas d’Invites cette année, mais la Fête du Livre est fort heureusement immuable à Villeurbanne ! Son passionné directeur Gérard Picot fera vivre la 17e édition de cette manifestation qui irrigue les espaces publics de la ville et met à l’honneur cette année Claire Cantais. L’auteur-illustratrice a notamment publié (avec Delphine Beauvois) On n’est pas des poupées, sorte de Deuxième sexe à l’intention des enfants dès 4 ans. Où comment faire passer les premières notions de féminisme via la littérature jeunesse. Présente durant ce long week-end, Claire Cantais a aussi effectué, depuis octobre, un travail de terrain dans les écoles de la ville et répondu à cette volonté sans cesse renouvelée de la Fête du Livre de ne pas être seulement un festival sur un temps court. Transmettre le goût de lire Outre la traditionnelle librairie et les séances de dédicaces dans la salle Raphaël de Barros, Alice Zeniter, prix du livre Inter pour Sombre dimanche en 2013 et surtout auteur d’un formidable polar paru en septembre, Juste avant l’oubli, sera présente pour accompagner son spectacle musical Un ours, of course, ou comment

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Ciné O'Clock : my Zola is rich

ECRANS | Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Ciné O'Clock : my Zola is rich

Longtemps considéré comme le “petit dernier” des festivals du Zola, intercalé entre l’historique rendez-vous du film court et les vénérables Reflets du cinéma ibérique et latino-américain, le flegmatique Ciné O’Clock a poussé en silence, pour devenir au bout de deux décennies un must, à la programmation de plus en plus aiguisée. Remettant à l’affiche quelques productions marquantes de l’année (dont le documentaire Amy d’Asif Kapadia, prélude idéal au blind test musical le plus déluré du Commonwealth finement ouvragé par DJ Stéphane, ou Loin de la foule déchaînée, version Thomas Vinterberg), il accueille désormais un volume enviable d’avant-premières et d’inédits. Après Moon de Duncan Jones en 2014 ou Shaun le mouton en 2015, place en ouverture à The Lady in the Van de Nicholas Hytner (La Folie du roi George) avec l’increvable Maggie Smith, et en clôture, à Brooklyn (sélectionné pour l’Oscar) pour ne citer que ces échantillons. Au-delà de l’actualité, Ciné O’Clock effectue un précieux travail sur le patrimoine : en étroite

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Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

SCENES | À quelques mètres du lieu où ont débuté les illustres Roger Planchon et Marcel Maréchal, le Théâtre des Marronniers a pris racine. A l'occasion du trentième anniversaire de cette salle dédiée à l'émergence, son directeur, Yves Pignard, revient avec nous sur son histoire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 1 décembre 2015

Le Théâtre des Marronniers fête 30 ans de bourgeonnement

Ils étaient au 3 bis. Lui est situé au 7. Mais l’histoire du Théâtre des Marronniers est indubitablement liée à celle de Roger Planchon et Marcel Maréchal qui, de 1953 à 1957 avec son Théâtre de la Comédie pour le premier, et de 1960 à 1968 avec son Théâtre du Cothurne pour le second, ont écrit une page majeure de l’histoire scénique. Désormais, se trouve là une des sorties du CNP Bellecour. Mais quand le comédien Daniel-Claude Poyet décide, dans les années 80, de quitter la troupe de la Criée de Marseille (que dirige alors Marcel Maréchal, justement) pour revenir dans sa ville, et trouve un local (en fait ancien atelier de couture) à louer au 7 rue des Marronniers, il y voit le signe que le théâtre doit à nouveau être au cœur de ce secteur longtemps dédié à la jeunesse. En effet, la SEPR (Société d’Enseignement Professionnel du Rhône) y a installé son siège social à la fin du XIXe siècle et y a dispensé des cours jusqu’en 1978. Il a parallèlement vu naître, en 1944, à l’instigation d’André Philip (grand-père de l’actuel maire du 3e arrondissement), la République des Jeunes, préfiguration de la Fédération Française des MJC qui verra le jour quat

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Au TNP, l'affaire Bettencourt n'est pas dans le sac pour Christian Schiaretti

SCENES | Si rares dans le théâtre français, les affaires politiques émaillent le nouveau texte de Michel Vinaver, "Bettencourt Boulevard". Malgré une scénographie d’une beauté plastique irréprochable, la pièce qu'en a tiré Christian Schiaretti manque malheureusement de rythme, entravée par une écriture qui se révèle, in fine, difficilement adaptable à la scène.

Nadja Pobel | Mardi 24 novembre 2015

Au TNP, l'affaire Bettencourt n'est pas dans le sac pour Christian Schiaretti

Construite en trente morceaux comme autant de portions d’une saga familiale se mêlant vertigineusement aux affaires publiques, Bettencourt Boulevard a été imaginée par Michel Vinaver avec ce qui lui est resté de tout ce qu’il a lu dans la presse de cette affaire mise au jour par Médiapart en 2010. Pour ne pas trop se disperser, il a supprimé les personnages liés aux milieux judiciaire, policier ou médical et y a ajouté le fantôme du père de Liliane, militant de la droite extrême et fondateur de L’Oréal, en dialogue avec le rabbin Robert Meyers, le père du mari de Françoise, la fille de Liliane, qui fut déporté à Auschwitz – soit deux visions de l’humanité glacialement opposées qui, en fin de partie, donnent du volume à la pièce. Au cœur du sujet, la milliardaire et François-Marie Banier papillonnent d’un interlocuteur à l’autre et cristallisent les ressentiments de leur entourage mais, avec sa forme éclatée, sans véritable scène où les personnages ont le temps d’instaurer une communication, la pièce s’avère très compliquée à tenir au plateau alors qu’à la lecture, cette choralité se digérait assez aisément. Bord cadre Dans un dé

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Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

ECRANS | ​Lancé à l’aube des années 1980 à Gerland puis installé dans la foulée au Zola de Villeurbanne, le Festival du Film Court a connu de nombreuses métamorphoses. Mais il demeure, à 36 ans, un phare précieux pour révéler les nouvelles générations. Et transmettre le témoin…

Vincent Raymond | Mardi 10 novembre 2015

Le Festival du Film Court, premier sur le renouvellement

Il faut avoir de l’endurance oculaire lorsque l’on appartient au comité de sélection villeurbannais : cette année, ces passionnés ont eu à se prononcer sur près de 1 300 courts métrages inscrits en présélection dans la section principale, la compétition européenne. C’est donc la quintessence de la production 2014-2015 qui a été retenue, soit 38 œuvres réparties en 7 programmes — auxquelles s’ajoute un bonus : une "séance de rattrapage" offerte à 5 films à la lisière de la sélection, méritant d’être vus même s’ils ne concourent pas pour un prix. Beaucoup de films, mais surtout «plus de cinéma en compétition que les années précédentes précise Laurent Hugues, le directeur des festivals, car ce n’est pas la même chose. Faire du cinéma, c’est employer un langage spécifique pour raconter une histoire, pour la véhiculer et caractériser ses personnages.» Un langage, mais aussi plusieurs idiomes, pourrait-on compléter, tant grande est la diversité des formes rassemblées durant la dizaine festivalière : certes, le documentaire est absent et la fiction dominatrice, cependant que l’expérimental possède son représentant et l’animation compose le cinquième de la sé

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À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

ARTS | Neuf artistes se sont emparés de la revue de Georges Bataille "Documents" pour réaliser des œuvres qui en conservent peu ou prou l'esprit. Une exposition expérimentale et très ouverte à découvrir à l'URDLA.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 13 octobre 2015

À l'URDLA, neuf histoires pour l'œil

En 1929, quelques dissidents du surréalisme et ethnologues fondent la revue Documents, sous la direction de l'écrivain Georges Bataille. Pendant deux ans et quinze numéros, elle accueillera les interventions de Michel Leiris, de Marcel Griaude, de l'historien de l'art Carl Einstein et de beaucoup d'autres. Pourquoi ce nom choisi par Bataille ? Parce qu'un document n'a a priori guère de valeur esthétique et que la revue s'opposait à un certain formalisme moderniste en vogue dans les années 1920 (et qui le reste ici ou là aujourd'hui). Elle s'opposait aussi à l'imaginaire et aux rêves chers à André Breton. «En ce sens écrit Denis Hollier, Documents n'est pas une revue surréaliste. C'est une revue agressivement réaliste... Documents ne veut ni l'imagination ni le possible. La photographie y prend la place du rêve. Et si la métaphore est la figure la plus active de la transposition surréaliste, le document en constitue la figure antagoniste, agressivement anti-métaphorique. Avec lui l'impossible, c'est-à-dire le réel, chasse le possible.» Il est amusant alors de découvrir à l'URDLA, centre d'art défendant souvent des artistes su

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La jeune garde artistique donne "Rendez-vous" à l'IAC

ARTS | Très réussie, la nouvelle édition de Rendez-vous, rassemblant une vingtaine de jeunes artistes internationaux, porte cette année un nom bien paradoxal. (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 15 septembre 2015

La jeune garde artistique donne

Très réussie, la nouvelle édition de Rendez-vous, rassemblant une vingtaine de jeunes artistes internationaux, porte cette année un nom bien paradoxal. Plusieurs d'entre eux, en effet, lèvent le poing, grondent de colère, entonnent des chants de révolte ou d'énergie collective. «L'être humain se dresse, non pas contre le monde ou contre la nature, mais contre la fausseté, contre le mensonge, contre ce qui est caché, contre un vivre ensemble de plus en plus injuste» écrit Johann Rivat (né en 1981). Le peintre grenoblois s'inspire dans ses tableaux de scènes de révoltes urbaines ou des mouvements de contestation récents. Une sorte de nouveau romantisme brûle sur ses toiles, éclate en couleurs phosphorescentes parmi les fumées de gaz lacrymogènes, isole parfois un individu face au hors champ du pouvoir. L'ennemi est peu visible, l'objet du combat demeure inconnu, l'histoire ici est représentée avec une grande force plastique dans son "moment négatif", dans l'urgence du "non", la béance du cri... Ce cri se fait beaucoup plus mélodieux dans les vidéos de Lola Gonzalez (née en 1988 à Angoulême), e

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Une saison théâtrale sous le signe du politique

SCENES | Souvent taxé d’art vieillissant, le théâtre ne cesse pourtant, à l’instar des sociologues ou historiens, d’ausculter le monde contemporain. Cette saison, plusieurs auteurs décryptant la trivialité des rapports sociaux seront portés au plateau. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison théâtrale sous le signe du politique

Christine Angot le déclarait fin août au Monde : «il n’y a pas de vérité hors de la littérature». Théâtre inclus. Le festival international Sens Interdits, en prise directe avec les maux du Rwanda, des réfugiés ou de la Russie, en sera une déflagrante preuve en octobre. Plus près de nous, avec la vivacité d’un jeune homme, Michel Vinaver (88 ans) a repris la plume pour signer Bettencourt boulevard ou une histoire de France, une pièce en trente épisodes mettant au jour les rouages de la fameuse affaire. Ne surtout pas chercher dans ce texte monté par Christian Schiaretti au TNP (du 19 novembre au 19 décembre) des règlements de comptes entre un chef d’État, une milliardaire et un photographe-abuseur, des comptes-rendus judicaires ou de grands discours. Vinaver fait de ses célèbres protagonistes les personnages d’une tragédie grecque contemporaine, remontant à leurs origines et évoquant leur rapport à la judéité, montrant ainsi, loin des polémiques, comment une vieille dame absolument sénile se laisse courtiser par un bellâtre peu scrupuleux. Ce simple jeu d’influence

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Rentrée cinéma : du côté des festivals

ECRANS | Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les (...)

Vincent Raymond | Mardi 1 septembre 2015

Rentrée cinéma : du côté des festivals

Si le festival Lumière ouvre le bal des festivals de l’automne, une cohorte de rendez-vous se pressera dans son sillage, célébrant toutes les formes de cinéma. Ça va aller vite, autant être prévenu. Lumière s’achèvera en effet avec l’ouverture des vacances de la Toussaint… et donc le lancement du festival Les Toiles des Mômes dans les salles du GRAC (du 17 octobre au 1er novembre). Dédié au jeune public, complété par des animations, ce rendez-vous autrefois baptisé Toiles des Gones prend du galon en dépassant les frontières de la Métropole. Aux mêmes dates, Ciné Filou sillonnera les Monts du Lyonnais. Le cinéma Les 400 Coups de Villefranche accueillera ensuite la 20e édition de ses Rencontres du Cinéma Francophone (du 9 au 15 novembre) avec son lot d’avant-premières présentées par leurs auteurs, précédant le doyen des festivals de l’agglomération, l’incontournable 36e Festival du film Court de Villeurbanne au Zola (13 au 22 novembre). Plus discret, mais pas moins intéressant, Sol'enFilms programmera (dans les salles du GRAC à nou

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La saison 2015/2016 du TNP

ACTUS | 22 spectacles dont 9 émanant de sa direction ou de ses acteurs permanents : la saison prochaine, le Théâtre National Populaire fera la part belle aux talents maison, à commencer par la création très attendue de "Bettencourt Boulevard" par Christian Schiaretti. Autre temps fort : "Ça ira", fable plus que jamais politique du maître Joël Pommerat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mercredi 20 mai 2015

La saison 2015/2016 du TNP

L’an dernier à la même époque, Christian Schiaretti pouvait encore rêver de devenir patron de la Comédie Française, tandis que l’État et le Département supprimaient respectivement 100 000€ et 150 000€ de dotation à ce Centre National Dramatique majeur (sur un budget de presque 10M€). Depuis, le Ministère comme le Rhône ont rendu ce qu’ils avaient pris, le TNP peut rouler sur des rails paisibles. Quoique : la troupe permanente de 12 comédiens a été réduite à 6. Le coût de la vie augmentant, il faut bien faire des économies et puisqu’il n’est pas possible de baisser les frais de fonctionnement de cet énorme paquebot, ce sont les artistes qui trinquent. Mais de cette contrainte nait de l’inventivité. Le TNP proposera ainsi neuf spectacles dans lesquels des comédiens de la mini-troupe se feront metteur en scène, tout le monde travaillant de fait à flux constant. Julien Tiphaine portera à la scène La Chanson de Roland, Clément Carabédian et Clément Morinière s’attèleront au Roman de Renart, Damien Gouy au Franc-Archer de Bagnolet d’un anonyme du XVe siècle et Juliette Rizoud

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Un incertain Monsieur Klein

ECRANS | Ce mois-ci, la Ciné-collection du GRAC propose un film essentiel, dans notre panthéon personnel de l’histoire du cinéma : Monsieur Klein. Loin d’être une (...)

Christophe Chabert | Mardi 3 février 2015

Un incertain Monsieur Klein

Ce mois-ci, la Ciné-collection du GRAC propose un film essentiel, dans notre panthéon personnel de l’histoire du cinéma : Monsieur Klein. Loin d’être une rareté — il triompha aux Césars l’année de sa sortie, en 1976 — il fait partie de ces œuvres mystérieuses vers lesquelles on retourne sans cesse. Alain Delon apporte le scénario à Joseph Losey qui l’avait dirigé dans L’Assassinat de Trotsky, conscient que le cinéaste américain, juif chassé par le maccarthysme, saura mieux qu’aucun autre trouver la note juste pour raconter cette histoire qui entrecroise questionnement identitaire, paranoïa sous le Paris occupé et préparation méthodique de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Delon y est Robert Klein, marchand d’art égoïste et sans scrupule, qui n’hésite pas à profiter des persécutions juives pour racheter, à bas prix, les toiles de maître qu’ils vendent pour payer leur passage en zone libre. Un matin, il trouve sur son palier un exemplaire d’Actualité juive qui lui est adressé ; il part à la recherche de cet autre Monsieur Klein avec qui on l’a confondu, mais plus il met ses pas dans ceux de son double, plus il se retrouve pris au piège d’une machine étati

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

ECRANS | Chat de Philippe Lasry. Simiocratie de Nicolas Pleskof. Les Heures blanches de Karim Bensalah. Rhino full throttle d’Erik Schmitt. La Part de l’ombre d’Olivier Smolders.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (3)

On termine aujourd’hui notre petit tour de la compétition villeurbanaise avec quelques films qui brillent par leur originalité, et même un authentique chef-d’œuvre dont on se prend à rêver qu’il ira décrocher le Grand Prix samedi lors de la cérémonie de palmarès… Chat de Philippe Lasry n’en est pas un, de chef-d’œuvre, mais il est fortement recommandable. Son dispositif minimaliste — tout se déroule sur la scène d’un théâtre dans une institution pour handicapés mentaux — est assez séduisant : l’éducatrice incarnée par Corinne Masiero — meilleure ici que dans la plupart des longs dans lesquels elle s’est égarée depuis Louise Wimmer — demande à une jeune fille de raconter un souvenir qui lui inspire de la tristesse. Elle choisit le moment où elle a dû déménager et où ses parents ont décidé de donner son chat à un voisin. Puis l’éducatrice désigne d’autres participants à l’atelier pour monter sur scène et rejouer ce moment. Tandis que l’exercice s’enlise, l’ensemble du groupe se lance dans un moment de défoulement qui la renvoie à son propre passé douloureux. Explosion dont on ne sait si elle est de l’ordre de la cruauté ou de l’amusement spontané,

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

ECRANS | "Ocze Masz" de Kacper Lisowski. "Poisson" d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux. "Tant qu’il nous reste des fusils à pompe" de Caroline Poggi et Jonathan Vinel. "Café de la plage" de Xavier Champagnac, Prune Saunier et Gilles Gaston-Dreyfus.

Christophe Chabert | Jeudi 20 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de cœur de la compétition (2)

Une des déceptions de cette compétition 2014, c’est la faiblesse des courts européens présentés, largement distancés par les films français, mais surtout francophones — comme on l’expliquera dans notre billet de demain. Un exemple : Safari de l’Espagnol Gerardo Herrero, qui sombre dans le mauvais goût le plus total en créant un suspens malsain et clipesque autour d’une tuerie façon Columbine. D’ordinaire, le court espagnol sait être mordant et caustique, mais dans ce cas, il n’est qu’un vain exercice de style d’un petit malin cherchant à choquer pour choquer. Il faut toujours une exception pour confirmer la règle : ce sera donc le Polonais Ocze Masz (qu’on peut traduire par La Fête des pères) qui, sans être aucunement révolutionnaire, tient plutôt correctement son programme doux-amer. Un chanteur punk vieillissant passe la nuit avec une groupie levée à la fin d’un concert et se réveille le matin avec la gueule de bois, la demoiselle dans le coma et son fiston sur les bras. C’est beaucoup pour un seul homme, surtout quand il a fait de l’absence de responsabilités une véritable éthique de vie. Il tente d’abord de refourguer le ga

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Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

ECRANS | "Nectar" de Lucile Hadzihalilovic. "Shadow" de Lorenzo Recio. "La Petite casserole d’Anatole" d’Éric Montchaud.

Christophe Chabert | Mercredi 19 novembre 2014

Festival du film court de Villeurbanne : nos coups de coeur de la compétition (1)

Avant d’entrer dans les détails de cette compétition 2014 du festival de Villeurbanne, une remarque liminaire : chaque festival de court-métrage possède son empreinte particulière, une certaine cohérence pour trier, parmi le millier de films reçus, ce qui constituera sa vitrine annuelle. Au fil des éditions, Villeurbanne dessine un goût pour le court où s’exprime une réelle maîtrise du cinéma, dans la manière de raconter une histoire ou de la mettre en scène visuellement à l’écran. Sur les 37 films présentés, quasiment aucun n’est pris en faute de goût, à l’exception, mais c’est presque inévitable, notamment dans le court français, du dialogue, pas toujours très crédible, et de la direction d’acteurs, parfois hasardeuse. Cette cohérence a son revers : le binge watching de la compétition entraîne assez vite une accoutumance à ce cinéma bien fait, bien produit, bien écrit et bien réalisé, qui laisse peu de place à l’imprévu et se contente souvent de traiter un sujet de façon assez conventionnelle. Ce sont, du coup, les œuvres les plus aventureuses qui tirent la couverture à elles, celles qui n’ont pas peur d’expérimenter et de déranger, refusant les récits bouclés ou bous

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Une belle brochette de courts…

CONNAITRE | Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. (...)

Christophe Chabert | Mardi 18 novembre 2014

Une belle brochette de courts…

Le festival du film court de Villeurbanne, manifestation phare du genre dans l’agglo, a commencé au Zola vendredi dernier et se poursuit jusqu’à dimanche. En plus de ses sections parallèles, c’est bien sûr sa compétition qui fera l’événement cette semaine, avec l’arrivée du jury et le palmarès samedi soir. Sur les trente-sept films présentés, une bonne douzaine vaut largement le déplacement, et on en parlera quotidiennement sur notre site web… Mais l’un d’entre eux est de ces chefs-d’œuvre qui éclipsent tous les autres. Il s’appelle La Part de l’ombre et est signé par Olivier Smolders, fabuleux cinéaste belge qui a construit une œuvre singulière puisqu’à l’exception d’un long resté hélas confidentiel, il n’a tourné que des courts. Son nouveau film se propose d’éclaircir, à partir d’une multitude de sources, l’énigme du photographe hongrois Oskar Benedek, dont la carrière sulfureuse et avant-gardiste a été interrompue par sa disparition mystérieuse en 1944. Smolders y trouve un nouveau prétexte pour explorer les puissances de l’image et son rapport à la mort, ici conçue comme un effacement progressif du vivant. Une œuvre-choc et hantée, dont on n

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Diète à la maison

SCENES | Qu’ont cuisiné les directeurs des grandes salles pour cette saison ? En marge des spectacles qu’ils accueillent, ils mitonnent d'ordinaire leurs plats en arrière-salle mais cette saison, hormis à la Croix-Rousse, c’est régime. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 9 septembre 2014

Diète à la maison

C’est ce qui s’appelle un été pourri : non seulement Météo France a enregistré, sur la période juillet-août, le plus fort cumul de précipitations dans l’Hexagone depuis 1959, mais comme si cela ne suffisait pas, Christian Schiaretti, directeur du TNP, a dû en plus affronter des vents contraires. Pour son retour au festival d’Avignon après des années de disette sous l’ère Archambault-Baudrillier, son didactique quoique passionnant Mai, juin, juillet s’est en effet pris une volée de bois vert de la part de la presse nationale, en même temps que le poste d’administrateur général de la Comédie Française lui échappait. Son dossier ayant mystérieusement disparu entre la rue de Valois et le palais de l’Elysée, il n’a jamais été remis au chef de l’Etat qui a choisi Éric Ruf, aux dépens également du candidat dépêché en dernière minute (Stéphane Braunschweig ) par l’ex-ministre de la culture Aurélie Filippetti. Les camouflets sont une denrée bien partagée. Toujours est-il qu’au TNP, dont il reste directeur au moins jusqu’en 2016, il n’avait de toute façon pas prévu de création en 2014-2015, notamment à cause de la diminution de son budget, amputé de 250 000€ (sur un total

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Villeurbanne de l’autre côté du miroir

CONNAITRE | Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant (...)

Nadja Pobel | Mardi 8 avril 2014

Villeurbanne de l’autre côté du miroir

Et si la folie (médiatique, politique) de ces dernières semaines quittait le réel pour revenir à sa place, dans l’imaginaire de la littérature ? En choisissant le thème "Soyons fous !" pour sa quinzième édition, la précieuse Fête du livre jeunesse de Villeurbanne (qui se déploie dans toute la ville du 9 au 13 avril) promet de faire croire en l’impossible, à l’image de son invité d’honneur, Gilbert Legrand, sculpteur et plasticien qui imagine des personnages-objets aussi amusants que bien pensés : une hache devient un canard grognon, un pinceau un hérisson, une paire de ciseaux un couple enlacé... Compilées chez Sarbacane, ces créations sont à voir, au naturel ou en photo, à la MLIS durant un mois (jusqu’au 26 avril). L’artiste a aussi passé du temps à travailler avec les habitants du quartier de Cyprian-Les Brosses, la Fête du livre jeunesse étant tout sauf un saupoudrage tous azimuts. Au contraire, c'est tout au long de l'année qu'elle se construit avec les Villeurbannais, sous l'égide de son vaillant directeur et fondateur

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«Un rêve commun»

SCENES | Six jours après la première du "Roi Lear", le metteur en scène Christian Schiaretti revient sur la genèse de ce qui pourrait être son dernier grand spectacle au TNP. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 3 février 2014

«Un rêve commun»

Comment Serge Merlin a-t-il intégré ce projet ? Christian Schiaretti : Je le connaissais depuis longtemps. Nous nous croisions lors d’errances nocturnes vers la Closerie des Lilas, pas loin de chez lui, et avons tissé une relation très marquée par la poésie. J’ai étéle voir à propos de Ruy Blas pour être Don Saluste. Sa réponse fut drôle : «mais pourquoi je joue pas Ruy Blas ?». Il considérait qu’il ne devait ou ne pouvait jouer que les rôles éponymes. Il m’a donc proposé Lear.Ce n’est pas moi qui cherchait un roi Lear, vous montez Le Roi Lear quand vous l’avez. Dans la dévotion que Serge peut avoir vis-à-vis d’un texte (il vit à l’hôtel de façon monacale), j’avais là un roi Lear absolument possible, donc j’ai accepté. Il y avait dans mon souhait et ma motivation un autre larron important : Yves Bonnefoy. C’est Merlin qui a fait ce choix, mais je n’en aurais pas fait un autre. Sa traduction date de 1964, mais elle est totalement contemporaine et n’a pas besoin de faire des allusions lourdingues à la réalité pour que l’on comprenne bien que l’on croit vivre dans un monde d’avenir alo

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L'ire du roi

SCENES | Grand maître des épopées théâtrales au long cours, Christian Schiaretti revient à Shakespeare avec "Le Roi Lear", huit ans après "Coriolan", à l’initiative de son acteur-titre, le fascinant Serge Merlin. Retour sur cet impressionnant travail et rencontre avec le metteur en scène et directeur du TNP. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 16 janvier 2014

L'ire du roi

L’Opéra de quat’sous, Coriolan, Par-dessus bord, Ruy Blas, Mai, juin, juillet, Une saison au Congo : que ce soit avec des textes classiques (Shakespeare, Hugo) ou contemporains (Brecht, Vinaver, Césaire), voire dans le cadre commandes (à Daniel Guénoun), Christian Schiaretti s'est imposé, au fil des saisons, entre les séries qu'il monte par ailleurs avec sa troupe permanente du TNP (sept comédies de Molière, un triptyque du Siècle d’or espagn

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Jeunes confidences

SCENES | Et si on misait sur la relève en ce début d’année ? Les grands noms du théâtre auront beau être à Lyon tout au long des six mois à venir, c’est en effet du côté des jeunes que nos yeux se tourneront prioritairement. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 3 janvier 2014

Jeunes confidences

Enfin ! Enfin le théâtre des Ateliers est sorti de son état végétatif. Et la relève est tout un symbole, puisque c'est Joris Mathieu, adepte de la vidéo, qui en a été nommé directeur à la place du fondateur Gilles Chavassieux (lequel ne créera plus dans ce lieu). Autre désignation importante, celle de Sandrine Mini au Toboggan à Décines. D’autres directeurs tireront eux leur révérence : Roland Auzet à la Renaissance, par envie de reprendre son travail de compagnie, et Patrick Penot aux Célestins, pour cause de retraite. C’est d'ailleurs dans ce théâtre qu’il sera possible de découvrir le travail de Mathieu avec Cosmos de Witold Gombrowicz (février). D'une manière générale la jeune génération (disons les moins de quarante ans) fera l'actu de la rentrée avec Mon traître d’Emmanuel Meirieu (voir page 16) au Radiant, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford par Marielle Hubert au Radiant encore (plus tard en janvier), qui s’annonce d’une curieuse violence mêlée de douceur, mais aussi l’exceptionnelle venue d’Howard Barker à Lyon, convaincu par la comédienne Aurélie Pitrat du collectif nÖjd de m

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

ECRANS | Au terme de sa compétition, le festival du film court de Villeurbanne semble dessiner un boulevard pour le génial The Mass of men, qui a survolé la journée d’hier, malgré quelques belles révélations. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Samedi 23 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 2

Il y a des films qui, dans une compétition festivalière, ne font pas de prisonniers et écrasent tout sur leur passage. The Mass of men, chef-d’œuvre de Gabriel Gauchet dont on parlait ici, a déjà raflé des grands prix à tire-larigot, à Locarno, Grenoble, Grenade, etc. Le film n’a pourtant rien d’une bête à concours ; il représente juste ce que tout court-métrage devrait être : un regard sur le monde qui tient autant à la qualité d’une écriture, à la maîtrise de la direction d’acteurs et à des choix de mise en scène qui permettent au spectateur de vivre l’action mais aussi de la décoder et de la mettre en perspective. À l’aune de The Mass of men, les faiblesses de ses concurrents apparaissent criantes : tel cinéaste se regarde filmer, tel autre a un sujet, mais le décline scolairement à l’écran ; et celui-ci, qui n’a pas écrit des dialogues suffisamment pensés pour ses acteurs, et qui se retrouve à galérer pour les rendre cinématographiques… Qu’on soit clair, dans la compétition de Villeurbanne, si aucun f

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Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

ECRANS | À mi-parcours de sa compétition européenne, nos favoris au 34e festival du film court de Villeurbanne restent solidement en tête, malgré de jolies découvertes et un nouvel OVNI filmique de l’insaisissable Christophe Loizillon. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 22 novembre 2013

Festival du film court de Villeurbanne : Compétition, partie 1

Bon cru, annoncions-nous ici il y a quelques jours concernant la compétition européenne du festival du film court de Villeurbanne… Ça a tendance à se confirmer même si, après quatre programmes visionnés, il ne fait pas de doute que nos chouchous découverts dans d’autres festivals continuent tranquillement la course en tête : Avant que de tout perdre et L’Amour bègue — The Mass of men et Solitudes seront présentés aujourd’hui. Animations Commençons par ce qui fâche : on se demande, année après année, pourquoi le festival programme autant de films d’animations dans sa compétition. On n’a rien contre le genre en soi, mais il paraît évident que les films retenus ont l’air maigrichons face aux mastodontes de la fiction en prises de vue réelles. Exemple extrême : Snejinka (Flocon), dessin animé russe au-delà du naïf, avec son exotisme africain de pacotille façon sous-Kirikou. Ou enc

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