Gadagne retrouve sa tête

Nadja Pobel | Jeudi 5 février 2015

Depuis le départ, juste avant l'été, de Maria-Anne Privat-Savigny, les musées Gadagne (dédiés à l'histoire de la ville de Lyon et aux marionettes du monde) n'avaient plus de directeur (sinon en intérim). Ce ne sera bientôt plus le cas, avec l'arrivée en mai à leur tête de Xavier de la Selle, actuel directeur du très dynamique Rize (centre de mémoire et société) de Villeurbanne. Il dirigera par ailleurs deux autres musées municipaux – le musée de l'Imprimerie et de la communication graphique ainsi que le musée Malartre consacré à l'automobile –   conformément au rapprochement avait annoncé par la Ville de Lyon dès cet automne.

Si les musées Gadagne (sis dans un exceptionnel bâtiment Renaissance) et le Musée de l'imprimerie (dont la collection permanente a été totalement repensée cet automne et étendue au champ de la communication graphique) sont connus des Lyonnais, le musée Malartre l'est moins. Et pour cause : ce qui fut le premier musée automobile de France est situé à Rochetaillée-sur-Saône et est devenu propriété de la Ville de Lyon en 1972, suite au rachat de l'entière collection, du parc et des murs.

L'adjoint à la culture et premier adjoint de la Ville de Lyon Georges Képénékian précise que malgré ce regroupement «chaque musée conserve ses collections, son projet scientifique et culturel, un budget et des moyens spécifiques en termes de ressources humaines. Cette organisation commune permettra plus d'efficacité et de cohérence dans les actions menées. Les équipes pourront créer plus de liens, partager leurs expériences et mettre en place des projets communs afin de valoriser l'histoire de notre cité».
À l'instar du théâtre des Ateliers et du TNG qui, depuis le 1er janvier, font cause commune sous la direction de Joris Mathieu.

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Remonter le temps

Histoire | Nouvelle entrée, nouveau cheminement, le Musée d’Histoire de la Ville à Gadagne vient de rouvrir le premier quart de son parcours rénové pour raconter le Lyon d’aujourd’hui à l’aune de son passé, à des visiteurs en perpétuelle mutation.

Nadja Pobel | Mardi 7 janvier 2020

Remonter le temps

Entrer par l’intérieur-même de la cour de ce palais de la Renaissance. Ce n’est pas une mince nouveauté. Avant de découvrir ce qui se trame dans cette nouvelle proposition, Xavier de La Selle, directeur des Musées Gadagne, le rappelle : « chacun a son idée sur Lyon, on traverse la ville pour venir ici et on va y retourner » et prolonger l’immersion dans le patrimoine. En entame de la visite, un "mur des clichés" avec une dizaine d’objets typiques (amenés à changer) racontés oralement de façon assez humoristique par l’excellent écrivain du cru François Beaune qui dit ce que sont le Pot lyonnais, le saucisson, les lumignons, Guignol… avant que ne se dévoile une vidéo de la Ville qui n’attirera que les touristes tant elle est banale. Mais c’est la suite qui, malgré son apparente maigreur, est en fait dense. Exit les grandes fresques emplies d’illustrations et de résultantes des fouilles archéologiques. Dans un context

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Marionnettes à portée de main à Gadagne

Musée | Trois salles étaient ouvertes depuis avril 2017, voici désormais la totalité du Musée des Arts de la Marionnette accessible à Gadagne. Moins historique. Plus interactif.

Nadja Pobel | Mardi 27 novembre 2018

Marionnettes à portée de main à Gadagne

« Bonjour les fenottes, bonjour les gones ! » Enserré dans une cage de verre qui laisse apparaître la beauté du bâtiment Renaissance de Gadagne, Guignol salue le visiteur. Fil rouge bien plus que personnage central de ce Musée des Arts de la Marionnette entièrement repensé qui prend place dans celui des marionnettes du monde, il raconte lui-même son histoire : « me rev'là !, nous dit-il plus loin, quoi qui faut dire ? Ah oui, mon succès...». Rédigés par la compagnie M.A. à la tête du théâtre encastré dans le palais Bondy, ces cartels s'insèrent avec fluidité dans un parcours ambitieux qui vise à montrer que la marionnette est un art vivant reposant entièrement sur le mouvement. Gageure alors que de l'exposer ? Le musée Gadagne a su déjouer cette équation délicate. Déjà, dans les salles d'introduction ouvertes depuis un an et demi, la place était donnée à ceux qui travaillent ces figurines : où il est montré par vidéo comment elles s'animent sans jamais laisser à penser que cela est facile

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Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

CANNES 2018 | Avec Pawel Pawlikowski (Meilleur réalisateur pour Cold War), Stéphane Brizé et Lee Chang-dong en compétition ainsi que trois autres réalisateurs dans les sections parallèles dont Lukas Dhont, Caméra d'Or pour Girl, le distributeur et producteur Michel Saint-Jean a contribué au succès du festival de Cannes 2018. Affable mais discret, le patron de Diaphana y fait souvent résonner des voix indépendantes et engagées. Rencontre.

Vincent Raymond | Samedi 19 mai 2018

Michel Saint-Jean : la hauteur du politique

Même si rien ne vient jamais amenuiser son prestige, la rumeur prétend que son éclat s’estompe avec le temps. C’est un fait chimique : l’oxydation est la pire ennemie des César. Celui décorant discrètement le bureau de Michel Saint-Jean a de fait gagné son pesant de patine. Sans doute s’agit-il de la statuette remportée en 1999 avec La Vie rêvée des anges ; sa petite sœur conquise en 2009 pour Séraphine demeurant chez ses producteurs. Un trophée du meilleur film toutes les années en 9, comme pour célébrer chaque nouvelle décennie de sa société Diaphana fondée en 1989… Le distributeur peut toucher du bois pour 2019. Et pourquoi pas dès 2018 grâce à En guerre, la nouvelle réussite de Stéphane Brizé ? Ce « combat pour la dignité et la justice allant au-delà de la photographie de la délocalisation », s’inscrit dans la cohérence des près de 350 films qu’il a portés sur les écrans depuis ses débuts, où l’on croise le Lucas Belvaux de la géniale Trilogie ou de

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La Loi n’a pas dû marcher : "En guerre"

On ne Loach rien ! | « Celui qui combat peut perdre. Celui qui ne combat pas a déjà perdu. » Citant Brecht en préambule, et dans la foulée de La Loi du marché, Stéphane Brizé et Vincent Lindon s’enfoncent plus profondément dans l’horreur économique avec ce magistral récit épique d’une lutte jusqu’au-boutiste pour l’emploi. En compétition à Cannes 2018.

Vincent Raymond | Mardi 15 mai 2018

La Loi n’a pas dû marcher :

Quand la direction de l’usine Perrin annonce sa prochaine fermeture, les représentants syndicaux, Laurent Amédéo en tête, refusent la fatalité, rappelant la rentabilité du site, les dividendes versés par la maison-mère allemande aux actionnaires, les sacrifices consentis. Une rude lutte débute… Nul n’est sensé ignorer La Loi du marché (2015), pénultième réalisation de Stéphane Brizé, qui s’intéresse à nouveau ici à la précarisation grandissante des ouvriers et des employés. Mais il serait malvenu de lui tenir grief d’exploiter quelque filon favorable : cela reviendrait à croire qu’il suffit de briser le thermomètre pour voir la fièvre baisser. Mieux vaudrait se tourner vers les responsables de ces situations infernales conduisant le vulgum pecus à crever de préférence la gueule fermée. Des responsables que Brizé, et Lindon son bras armé, désignent clairement, révèlent dans leur glaçant cynisme et la transparence de leur opacité.

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Gadagne, incarné

Un musée repensé | Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des (...)

Nadja Pobel | Mardi 28 novembre 2017

Gadagne, incarné

Il avait fait peau neuve en 2009, essuyant même un incendie qui avait retardé l'ouverture. Puis, vitrine de Lyon parmi d'autres, ce double musée (des marionnettes et d'Histoire de la ville) a vécu quelques années d’événements tous azimuts (dont une très belle exposition dédiée à la gastronomie) sous l'ère de sa directrice précédente. Depuis l'arrivée de Xavier de la Selle en 2015, ce musée emprunte une nouvelle voie avec des moyens certes réduits, une mutualisation un peu forcée par sa tutelle (avec le musée Malartre de l'automobile de Rochetaillé puis celui de l'Imprimerie et de la Communication Graphique) mais une ligne claire : être un « musée de ville », et non un musée d'Histoire de la ville comme on l'entend classiquement. Nulle envie de jeter par-dessus bord les travaux scientifiques des historiens. Mais un refus que les particularismes locaux ne soient montrés qu'au travers des pièces de collectionneurs, qui « reflètent le goût des élites » et non pas la vie de tous selon Xavier de la Selle. Il s'agit désormais de montrer au musée les enjeux contemporains et à venir d'une cité et de prendre en compte ses habitants. C

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Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Marionnettes | À Gadagne, réouverture du début du parcours du musée des marionnettes, qui fait de ces pantins un art résolument vivant et contemporain.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Musée des marionnettes : Manipulations à vue

Et après tout, pourquoi pas ? Cesser un temps (pour des raisons de restrictions budgétaires certainement) le rythme effréné des expositions temporaires, de la course au nombre record de visiteurs. Revenir aux fondamentaux, loin de l'événementiel. Le musée Gadagne ouvre en ce début avril trois de ses six salles consacrées à la marionnette. Depuis 1950, outre sa fonction d'être un lieu d'Histoire de la ville, ce somptueux bâtiment Renaissance héberge plus de 2000 marionnettes, costumes, décors.... Musée international de la marionnette, musée des marionnettes du monde, c'est désormais un musée des arts de la marionnette. Derrière ce changement de nom, il y a une idée claire : la marionnette vit. Et tant pis pour le paradoxe qui consiste à l'enfermer dans un musée. Elle sort désormais des cages de verre qui l’enserrent encore jusqu'en avril 2019 dans les autres parties de cette déambulation. Ce cœur qui bat Deux petits couloirs et trois salles exiguës plongées dans un bleu Klein marquent le changement radical d'approche : la mar

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Une ville verte ? Pas si naturel !

Exposition | Si voir fleurir des jonquilles dans de petits espaces au bord de trottoirs tronqués enchantent aujourd'hui les passants, cela n'a pas toujours été le cas. À travers l'exemple de Villeurbanne, la nouvelle exposition du Rize montre comment la nature a été exclue puis réinvitée dans l'espace urbain depuis plus de cent ans. Très instructif.

Nadja Pobel | Mardi 11 avril 2017

Une ville verte ? Pas si naturel !

Ça dépasse, ça se répand même parfois sur le trottoir, ça se faufile dans les fissures du béton à l'image de la belle affiche de cette exposition. Et puis la terre parfois mouillée salit un peu, déborde. Mais indubitablement, la nature regagne du terrain. Doucement. Très doucement. Sûrement. Ce que démontre d'emblée cette exposition qui se lit sur des panneaux de bois (ou dans la brochure – gratuite – en libre service) est que la nature a d'abord été, et pendant longtemps, l'ennemi de l'urbanisation. Le Rize nous a déjà beaucoup raconté (Des maisons à Villeurbanne en 2013, Villeurbanne la laborieuse en 2011) l'histoire contemporaine de cette ville. Encore très agricole au XIXe siècle, refusant de se laisser absorber par Lyon au tournant du XXe siècle, elle s'est industrialisée et urbanisée. Les ouvriers logeaient alors autour de leurs usines, elles-mêmes en plein champs, dans des lotissements attenants ou des bidonvilles, voire dans des jardi

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La marionnette sur tous les fronts

Marionnettes | À Gadagne, au TNG, au Théâtre de Guignol, la marionnette est partout à Lyon. Revue de détail avec des projets aboutis ou en cours.

Nadja Pobel | Mardi 14 mars 2017

La marionnette sur tous les fronts

Depuis que la compagnie des Zonzons avait annoncé son départ du théâtre de Guignol, faute de proposition suffisamment solide de leur point de vue en provenance de la mairie, le devenir de cette salle était en suspens. Et surtout Georges Képénékian, 1er adjoint du maire de Lyon, en charge de la culture, se devait de faire contre-feu. C'est fait depuis ce mardi 14 mars où il a souhaité donner « un second souffle » à la marionnette. Rien de bien nouveau in fine sinon la réaffirmation que le TNG (qui présente beaucoup de spectacles avec des marionnettes "modernes") et le musée Gadagne allaient travailler en bonne intelligence, sans moyens supplémentaires dédiés. Ainsi, le musée Gadagne soigne ses collections. Outre le fait qu'il expose l'histoire de la ville de Lyon, il accueille ce qui fut de 1950 jusqu'aux travaux de 1999-2009 le Musée international de la marionnette, devenu le Musée des marionnettes du monde il y a huit ans et qui, dès l

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"Une vie" Brizé

Le Film de la Semaine | Une ingénue sort du couvent pour se marier et mener une existence emplie de trahisons et de désenchantements. Maupassant inspire Stéphane Brizé pour un récit ascétique situé dans un XIXe siècle étrangement réaliste, et habité jusqu’à la moelle par Judith Chemla.

Vincent Raymond | Mardi 22 novembre 2016

« Plutôt que de tourner “l'adaptation” d’Une vie, Stéphane donnait l’impression de vouloir réaliser un documentaire sur les gens qui avaient inspiré Maupassant ; de faire comme si l’on avait la chance de retrouver des images d’époque, certes un peu différentes du livre : Maupassant ayant pris des libertés et un peu romancé ! » Jean-Pierre Darroussin, qui incarne le père de Jeanne — un hobereau quasi sosie de Schubert —, a tout dit lorsqu’il évoque sa compréhension du projet artistique, voire du postulat philosophique de Stéphane Brizé. Il y a en effet dans la démarche du réalisateur une éthique de vérité surpassant le classique désir de se conformer à la véracité historique pour éviter l’anachronisme ballot. Nulle posture, mais une exigence participant du conditionnement général de son équipe : plutôt que de mettre en scène le jeu de comédiens dans l’ornière de la restitution de sentiments millimétrés, Brizé leur fait intérioriser à l’extrême le contexte. Ils éprouvent ainsi le froid ambiant sans recourir à un vêtement contemporain pour s’en prémunir, ou s’éclairent à une lumière exclusivement dispensée par des bougie

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Stéphane Brizé : « J’ai eu l’impression d’avoir l’outil à la forme de ma main »

3 questions à... | Tout juste quinquagénaire, le cinéaste affiche la satisfaction d’un artisan ayant achevé son Tour de France et son chef-d’œuvre. Une vie, à nouveau, est un grand film.

Vincent Raymond | Mercredi 23 novembre 2016

Stéphane Brizé : « J’ai eu l’impression d’avoir l’outil à la forme de ma main »

Jeanne est un personnage d’une pure intégrité, c’est ce qui fait son malheur ? Stéphane Brizé : Jeanne reste très fidèle au regard qu’elle avait sur le monde à vingt ou quinze ans ; ce qui en fait un être d’une grande pureté. Cet endroit du beau est en même temps celui du tragique : il faut parfois être capable de trahir son regard pour ne pas souffrir. Lorsque la bonne lui dit « vous voyez, la vie c’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit », cette simple phrase dite par une petite paysanne — une phrase sublime, de très haute philosophie — lui fait accéder à la nuance après trente ans de souffrance. Comme si deux nuages s’écartaient pour laisser apparaître cette vérité. Je crois que j’ai voulu faire ce film pour accéder à cette nuance-là. En permettant à Jeanne d’y accéder, j’évite la désillusion, très douloureuse. Quand on est petit, on est doté d’une certaine forme d’idéalisme, ensuite on accède à la réalité et à la duplicité de l’Homme — et c’est une grande violence de voir la pureté qui s’éloigne. Après, on acquiert des outils de défense, il faut essayer de ne pas basculer dans le cynisme, trouver le juste milieu. Jeanne ne sait

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Suivez le conteur

KIDS | En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 23 novembre 2016

Suivez le conteur

En cette fin d'année, le Musée Gadagne a réalisé trois visites contées vraiment magiques pour les petits à partir de 3 ans. Et ceci en écho avec ses collections. Bama et l'antilope cheval, Le fabuleux destin du prince Râma et Kasparek et le mystère des souliers usés sont trois histoires hyper attachantes qui amèneront les mouflets à écouter sagement pour ensuite déambuler dans les couloirs du musée. Parents, soyez sur le coup : les places partent très vite. Réservations via www.gadagne.musees.lyon.fr

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Une année au musée : permanence culture

Musées patrimoniaux | Poison, alimentation, imprimerie, typographie, études de quartier : les musées dits "patrimoniaux" et les bibliothèques se mettent en quatre pour agrandir le champs de vos connaissances. La preuve par six.

Nadja Pobel | Mardi 13 septembre 2016

Une année au musée : permanence culture

Alors que leur expo dense, très dense et fort instructive sur Le sport à l’épreuve du nazisme continue jusqu’à fin janvier, le CHRD annonce se consacrer ensuite à L’Alimentation en temps de guerre (dès avril). Après avoir passé au crible le quotidien des Français durant la guerre via l’habillement, ce sera cette fois au travers de la nourriture. Cette façon empruntée à l'historien Georges Duby de regarder l’histoire par le quotidien est passionnante. Dans un travail presque sociologique, le Rize de Villeurbanne se penche sur le quartier ouvrier de la cité Gillet, avec recueil de témoignages des habitants à foison pour une expo très vivace (du 6 octobre au 23 décembre). La bibliothèque municipale de la Part-Dieu décline le thème de la révolution de la mise en page sous Gutenberg, dans Impressions premières (du 30 septembre au 21 janvier) puis, à l’approche des élections, diffusera une série d’installations dans son réseau, liées à la démocratie et à la pensée. Quant au musée de l’Imprimerie, il suit son f

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Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

Portrait | Comédienne phare de Roger Planchon des années 50 à 70, Isabelle Sadoyan, 87 ans, continue à arpenter les plateaux de théâtre avec la vitalité d’une jeune fille. Rencontre chez elle, à Villeurbanne, au moment où elle lègue au Rize les archives de son immense carrière.

Nadja Pobel | Jeudi 30 juin 2016

Isabelle Sadoyan : la Bonne-Âme

À quelques encablures du TNP, Isabelle Sadoyan nous accueille dans l’appartement qu’elle occupe depuis plusieurs décennies et qui résume son existence : peu a peu, elle a fait tomber les cloisons pour en faire un espace unique peuplé de joyeux trésors (des livres essentiellement) avec partout la présence de son époux, décédé en 1989, le comédien Jean Bouise dont brille encore le César du meilleur acteur dans un second rôle reçu en 1980 pour Coup de tête. Les magnifiques meubles en bois qu’il a confectionné sont là, dont une table de couture rappelant qu’Isabelle Sadoyan ne s’est jamais départie de ce qui fut son premier métier, celui de sa mère aussi : couturière. Quand elle naît le 12 mai 1928, rien ne la prédestine à plonger dans la marmite du théâtre. «Mon premier rôle est muet, c’est l’enfant Jésus dans une pension catholique. Ça tombait bien, car je bégayais. Cela durera jusqu'à mes 45 ans» se souvient cette athée convaincue. Son père arménien brocanteur, sa maman bulgare n’ont pas la moindre idée de ce qu’est le "milieu culturel". Mais dans les pentes de la Croix-Rousse, où elle habite enfant, et où dit-on même la police n’osait pas all

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Les expos de l'Euro 2016

ARTS | À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme (...)

Nadja Pobel | Mardi 2 février 2016

Les expos de l'Euro 2016

À l’occasion de l’Euro 2016, il va y avoir… de la culture ! Coup d’envoi le 21 avril aux musées Gadagne, avec une expo consacrée au ballon rond comme religion et co-pilotée par le journaliste phare de L’Équipe Vincent Duluc. Suivront une vision de la Démocratie par le foot à la BM de la Part-Dieu (24 mai au 3 septembre) puis les années sombres des JO de Berlin 1936 à ceux de Londres en 48 au CHRD (22 juin au 29 janvier).

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Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

ARTS | Du foot aux migrants, tout ce qui fait tourner nos JT – avec un manque de hiérarchisation affolante – sera disséqué dans les musées d'histoire lyonnais cette saison, au rang desquels celui des Confluences qui, pour sa première rentrée, a blindé son cartable.

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Coup d’œil sur la rentrée des musées historiques

Pour rendre un peu de dignité à ce monde affolé, rien de mieux que de filer au CHRD dont l’expo permanente – d’une qualité irréprochable, on ne le redira jamais assez – voisinera de février à mars avec Rêver d’un autre monde. Représentation du migrant dans l’art contemporain. Il ne s’agit pas là pour le musée de surfer sur cette actu brûlante – l'exposition a été pensée bien avant la vague d’émotion de ce début de mois – mais d'une sorte de continuité aux mémorables Voyages pendulaires (sur une famille de Roms roumains de Lyon) et Tchétchènes hors sol qui traitaient déjà de l’exil. Point de photoreportage cette fois, mais une matière purement artistique qui devrait permettre d'aborder par l'intime et en profondeur ce sujet douloureux. Sur cette idée de survie en terre hostile, le musée Gadagne propose lui une expo longtemps promise et très imagée : Guignol 14-18 (de novembre à février). Ou comment la marionnette populaire s’est faite tour à tour critique et patriotique, à l’avant comme l’arrière du front. Et puisque, en tant que musée historique de l

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Stéphane Brizé : «Un film d’indignation et de colère»

ECRANS | Méthode Stéphane Brizé : «J’avais un scénario écrit avec des dialogues, mais aux acteurs, je ne donnais à chacun que les infos qu’ils devaient savoir. Par (...)

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

Stéphane Brizé : «Un film d’indignation et de colère»

Méthode Stéphane Brizé : «J’avais un scénario écrit avec des dialogues, mais aux acteurs, je ne donnais à chacun que les infos qu’ils devaient savoir. Par exemple, à Pôle Emploi, j’avais donné à Vincent le nombre de mois depuis lesquels il était au chômage, combien il gagnait, les stages qu’il avait fait, combien il touchera avec l’ASS. Et le type en face de lui, c’est comme quand il reçoit un vrai demandeur d’emploi : il a les mêmes infos. Ils savent l’enjeu de la situation, ils savent où ils doivent arriver et ensuite ils viennent remplir avec leurs mots à eux.» Acteurs non professionnels «Même quand je travaille avec des acteurs professionnels, je les prends pour ce qu’ils sont. Ici, ce n’est pas tant ce qu’ils sont que ce qu’ils font. Il y avait des fonctions, et nous nous sommes dirigés vers des gens qui avaient ces fonctions : la banquière, c’est la banquière des castings ; elle a proposé un de ses collègues qui était le DRH de sa banque pour jouer le DRH ; le directeur du supermarché, c’est un chef d’entreprise que je connaissais. Moi-même, j’ai fait un stage d’agent de sécurité pour le film. Vous ne pouvez pas imaginer c

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La Loi du marché

ECRANS | Comment un chômeur de longue durée se retrouve vigile et fait l’expérience d’une nouvelle forme d’aliénation par le travail : un pamphlet de Stéphane Brizé, radical dans son dispositif comme dans son propos, avec un fabuleux Vincent Lindon. Critique et propos du cinéaste. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 18 mai 2015

La Loi du marché

Thierry, 51 ans, 20 mois de chômage derrière lui, constate avec calme l’aporie sociale dans laquelle il se trouve : d’abord face à un conseiller Pôle Emploi qui a bien du mal à lui donner le change, puis à la table d’un café où ses anciens collègues syndiqués tentent de lui expliquer qu’il faut attaquer le mal à la racine. Et la racine, c’est la malhonnêteté et l’avarice du patron qui les a licenciés. Mais Thierry n’en démord pas : il veut seulement du travail pour sortir de cette foutue précarité dans laquelle il se trouve, cesser d’épousseter les meubles et faire vivre sa famille — dont un fils handicapé. Alors, de guerre lasse, il accepte un emploi de vigile dans un centre commercial, où on l’initie à la surveillance des clients, mais aussi des autres employés. L’itinéraire de Thierry a tout de la fiction édifiante, proche sur le papier de ceux accomplis par les personnages des frères Dardenne. Mais Stéphane Brizé a sa propre manière de filmer conflits moraux et injustices sociales liés au monde du travail. Celle-ci repose, comme c’était déjà le cas dans son très beau film précédent,

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Au Rize, les ouvriers retrouvent la mémoire

ARTS | Le Rize poursuit son exploration de la mémoire vive villeurbannaise, à la rencontre des ouvriers de la ville et de leur condition. Un beau travail qui donne à entendre des voix en danger d'extinction. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 17 février 2015

Au Rize, les ouvriers retrouvent la mémoire

Il s’appelle Abdel, il a 46 ans. Au départ, son truc à lui, «c’était la BD, pas des Mickey hein, des bandes dessinées avec des scénarios et tout». Oui mais voilà, autodidacte, il a senti qu’il devait progresser et «les Beaux-Arts, ça coûtait une brique, et encore fallait acheter le matériel ; pour un fils d’ouvrier c’est pas possible». Ouvrier. Le mot est lâché. Abdel est nettoyeur dans le réseau TCL. Des équipes du Rize ont recueilli son témoignage, comme bien d’autres, en allant à sa rencontre avec de grandes pancartes à la main sur lesquelles était crayonnée cette question, titre de l’exposition : «Et ils sont où les ouvriers ?». Dans ce centre dédié à la mémoire et aux sociétés – il abrite d'ailleurs les archives municipales – Villeurbanne se penche une fois de plus sur son histoire contemporaine avec une acuité qui force le respect. Ville industrielle par excellence – 60% de la population était ouvrière en 1930, les deux tiers dans les années 60 – c’est ici également que le déclin du secteur, des crises des années 70 à l’inexorable montée du chômage qui a suivi, a été le plus ardu à vivre. Aujourd’hui, seuls 18% des Villeurbannais sont ouv

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Arrêt sur images

ARTS | Un retour sur la Grande guerre, des photos de Lyon en couleurs, d'autres en noir et blanc, des roses, et la ré-ouverture d'une exposition permanente complètement modernisée au musée de l’Imprimerie : coup d’œil sur les temps forts qui vont rythmer l’année à Gadagne, au CHRD & co.. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 16 septembre 2014

Arrêt sur images

La guerre en couleurs. Pas de vieux clichés colorisés, mais une exceptionnelle collection de soixante images prises par un Lyonnais sans histoire, Paul Nerson, qui durant la Seconde Guerre mondiale a photographié son épouse, aussi bien chez eux que dans les rues de la ville. Voilà le trésor, et l'éclairage inédit qu'il offre du quotidien pendant le conflit, que le CHRD proposera entre juin et septembre. Auparavant, après au terme de la très émouvante et très documentée expo sur le Débarquement (le 4 janvier), ce sont soixante-neuf dessins et un carnet de croquis qui seront présentés de mars à juin : ceux du déporté Arthur Goldschmidt, qui a réalisé des portraits de ses co-détenus lors de son internement au camp de Theresienstadt. Le CHRD avait fait peau neuve fin 2012. Le 12 novembre, c’est le vieillissant musée de l’Imprimerie qui s’offre, pour ses cinquante ans, une totale refonte de son parcours permanent - en garnde partie déjà visible - et adjoint à son nom la particule "et de la communication graphique". Une large part des collections sera dédiée

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Quartier pas si lointain

ARTS | A l'entrée, deux grand-mères voutées se remémorent leur scolarité à l'école de la Cité, reconvertie en 1982 en Institut d'art contemporain. Plus loin, un père (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 24 octobre 2013

Quartier pas si lointain

A l'entrée, deux grand-mères voutées se remémorent leur scolarité à l'école de la Cité, reconvertie en 1982 en Institut d'art contemporain. Plus loin, un père explique à son fils à quel point, à son âge, il avait horreur d'aller se faire tirer le portrait en tenue du dimanche par Marcel Excler, photographe villeurbannais qui a légué à la Ville des centaines de tirages et négatifs au début des années 2000. Ailleurs, une bande de potes évoque ses exploits sportifs de jeunesse à la MJC du coin.   De telles scènes, il s'en joue tous les jours au Rize, depuis qu'y a été inaugurée l'exposition Faisons connaissance, qui retrace la vie de son quartier d'implantation aux travers d'archives officielles et de photographies et anecdotes collectées auprès des riverains. Et à vrai dire, pour qui n'a pas usé ses fonds de culotte sur les trottoirs de la rue Valentin Hauy, elles donnent au début la désagréable impression d'êtr

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Entre deux eaux

ARTS | Raconter le Rhône et la Saône, c’est embrasser Lyon dans son ensemble : son développement industriel et commercial, sa culture, ses fondements religieux et même son avenir. Dans une exposition parfois trop à l’étroit dans leurs murs, les musées Gadagne invitent à la navigation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Vendredi 26 avril 2013

Entre deux eaux

Au commencement était la Saône. Lugdunum, bâti sur la colline de Fourvière, s’est étendu sur ses contrebas jusqu'à toucher la rivière. Pourtant, du XIIe au XVIIe siècle, la ville se nommera Lyon-sur-Rhône. C’est dire à quel point la cité des Gaules fut tiraillée par ses deux bras aqueux mythifiés et fantasmés : la Saône est représentée comme une lascive femme et le Rhône comme un homme viril et indomptable dans les lithographies de Guillaume et Nicolas Coustou (XVIIIe siècle), tandis que l'historien Jacques Rossiaud poursuit cette personnification en n’hésitant pas à rappeler la métaphore du Confluent vu comme une fourche liquide en forme de sexe féminin. En attendant que ce prolixe médiéviste ne livre un catalogue complet sur le sujet à la rentrée de septembre, l’exposition Lyon, la rivière et le fleuve permet d’appréhender, notamment via des gravures et des tableaux, les ravages et les peurs générées par ces eaux que les habitants croyaient surnaturelles, au point d’imaginer un circuit interne et souterrain du fleuve (!), jus

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L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

L'art est un jeu d'enfant

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions. Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés». Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieus

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«Des sentiments, pas de sentimentalisme»

ECRANS | Stéphane Brizé, réalisateur de Quelques heures de printemps, cinquième film de cet amoureux des silences gênés, des plans séquences qui donne «vertige» et d’un cinéma qui créerait des émotions (fortes). Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Lundi 17 septembre 2012

«Des sentiments, pas de sentimentalisme»

Comment en êtes-vous venu à écrire ce scénario original, après l’adaptation d’Éric Holder pour Mademoiselle Chambon ?Stéphane Brizé : Mademoiselle Chambon était pour l’instant l’exception, c’était la seule adaptation que j’avais faite jusqu’ici. Après, comment naît une histoire, c’est une question que l’on pose régulièrement aux réalisateurs, et ils répondent en général que c’est assez mystérieux. Dans mon cas, c’est très organique : quelque chose dans ma vie me pousse vers une histoire. Il y a deux choses ici : la difficulté de communication entre un fils et sa mère, c’est autour de cela que l’on a tout structuré ; et un autre élément dramaturgique fort, le choix de cette femme de mettre fin à ses jours par un suicide assisté. Ça, c’est particulier, je crois que c’est la première fois qu’on le voit dans une fiction. Ça étonne, ça questionne, ça fait écho à des choses qui sont évoquées en ce moment par les politiques. Pourquoi l’histoire entre un fils et sa mère ? J’ai déjà écrit des histoires autour des liens familiaux, et j’étais mûr pour parler de celui-là. Ce n’est pas ma vie, mais je parle de

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Quelques heures de printemps

ECRANS | Un fils sort de prison et renoue des rapports électriques avec sa mère malade. Avec ce film poignant emmené par une mise en scène sans psychologie ni pathos et deux comédiens incroyables, Stéphane Brizé s’affirme comme un grand cinéaste. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Vendredi 14 septembre 2012

Quelques heures de printemps

C’est un malentendu qui persiste et qui s’agrandit : un fils, Alain, et sa mère, Yvette, deux échoués de la classe moyenne dans une banlieue pavillonnaire en Bourgogne. Lui vient de purger un an et demi de prison pour une connerie qui lui a coûté cher, elle souffre d’une tumeur au cerveau dont l’avancée inéluctable la pousse à envisager un suicide assisté en Suisse. Les voilà à nouveau sous le même toit, mais les épreuves ne les rapprochent pas ; au contraire, le fossé du ressentiment qui a toujours existé entre eux se creuse encore. Un ressentiment qui est surtout affaire de non-dits. Dans Mademoiselle Chambon, Stéphane Brizé mettait en scène des silences qui en disaient long sur le désir et le sentiment amoureux ; avec Quelques heures de printemps, le silence se fait douloureux, blessant, cruel. Commencé à la manière d’Un mauvais fils de Sautet, le film bifurque peu à peu vers un territoire qui lui est propre, où le cinéaste observe la dernière tentative de communication entre Alain et Yvette avec un vérisme constant (de l’accent des p

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Participez au projet Jumelages du Rize de Villeurbanne

ARTS | Habitant de Villeurbanne, vous êtes peut-être la jumelle ou le jumeau d’un habitant d’El Eulma en Algérie.

Dorotée Aznar | Vendredi 17 février 2012

Participez au projet Jumelages du Rize de Villeurbanne

Si vous ou votre enfant êtes nés à l’une des dates suivantes, contactez le Rize de Villeurbanne  et participez au projet Jumelages en vous faisant photographier. Votre photo sera exposée à côté de celle de votre « jumeau », à partir de mars au Rize.  4 novembre 195523 décembre 196918 mars 197211 juin 197212 avril 198228 février 20048 août 200413 juin 2009   Depuis le 27 octobre 2011, Villeurbanne est jumelée à la ville algérienne El Eulma. La série de photographies « Jumelages » se propose de réunir les portraits des habitants des deux villes nés le même jour. S’appropriant la notion de jumelage, le photographe François Diot créé une passerelle photographique étonnante entre les deux villes et tisse des liens entre les habitants « pour reconnaître dans l’étranger le semblable différent ». Cette exposition accompagne aussi la programmation du Rize de la même période qui évoquera les relations entre la France et l’Algérie pendant et depuis la Guerre

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Hey Papillot !

ARTS | Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Hey Papillot !

Essayez toujours de demander une papillote à un breton, il est possible qu’il ne comprenne pas la question. C’est que ces chocolats de Noël, incontournables en Rhône-Alpes, sont une denrée bien localisée. La légende veut qu’au XVIIIe siècle, rue du Bât d’Argent (Lyon 1er), un apprenti-confiseur ait enveloppé un mot doux autour d’un chocolat qu’il vendait pour dire tout son amour à la demoiselle qu’il convoitait et à qui il n’osait pas parler. Pris en flagrant délit, le jeune homme fut renvoyé mais le patron, Monsieur Papillot, a gardé l’idée. Si la fable est incertaine car, dès 1607, on emploie le mot de "papillote" pour signifier que l’on enroule une mèche de cheveux à friser, puis pour désigner un papier dans lequel on enferme des légumes ou des poissons, l’histoire de cette sucrerie est bien en marche. Les chocolatiers Révillon ou Voisin se font une spécialité de ces confiseries. La blague ou le mot d’auteur qui l’entoure est une tradition de Noël autant que le chocolat (ou moins souvent la pâte de fruit) qui y est associé. Avec ses éternels bouts en frange et parfois un pétard, la papillote est un chocolat bien à part. La production, toujours très locale, se fait

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Aux fourneaux

ARTS | Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne (...)

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

Aux fourneaux

Le musée Gadagne ne dispose que 350m² pour raconter la création du mythe de la gastronomie lyonnaise, mais de l’avis de sa conservatrice Marie-Anne Privat-Savigny, «il y avait de quoi remplir 2000 m² !». Si l’on se sent donc parfois à l’étroit dans ces murs et obliger de zapper rapidement entre les différentes étapes cette saga lyonnaise, il n’en demeure pas moins que c’est avec un appétit aiguisé que l’on découvre cette exposition qui se devait d’être montée par le musée dédié à l’histoire de la Ville. Une première salle raconte notamment les produits qui ont fait la gloire de la cuisine lyonnaise et notamment… les pâtes ! Il y avait neuf fabricants de pâtes mi-XIXe siècle dont Rivoire & Carret installé à Vaise. L’entreprise en révolutionne la fabrication et concurrence sérieusement les Italiens en utilisant une semoule de blé dur séchant rapidement ; les pâtes peuvent désormais être vendues chez l’épicier en paquet. Grands chefs et bouchons se font face dans la salle principale qui présente aussi des menus imprimés sur soie des grands repas de Présidents de la République en visite dans la capitale des Gaules. Enfin, il est montré que Lyon n’a pas exclusivement bâti sa répu

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La gastronomie à toutes les sauces

ARTS | Érigée au rang de quasi religion à Lyon, la gastronomie est enfin disséquée dans l’exposition «Gourmandises !» du musée Gadagne. Retour sur l’histoire de ce mythe "made in" gone, zoom sur le menu de l’expo et décryptage de ce bonbon ô combien d’actualité et local : la papillote. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Jeudi 15 décembre 2011

La gastronomie à toutes les sauces

«Capitale mondiale de la gastronomie». L’appellation claque comme un trophée. Cette petite phrase sésame a été prononcée par le critique gastronomique Curnonsky (pseudonyme de Maurice Edmond Saillant) en 1934 au sortir de Chez Vettard (cuisinier de feu le Café Neuf place Bellecour) et est devenue le titre même d’un de ses ouvrages. Pourtant la réputation de la nourriture lyonnaise n’est alors pas nouvelle. Rabelais s’est inspiré de cette cuisine pour écrire Gargantua et Pantagruel ; Stendhal prétendait ne connaître qu’une chose que l’on fasse bien à Lyon : «On y mange admirablement bien et, selon moi, mieux qu’à Paris». Il faut dire que Lyon est au bon endroit : sur l’axe fluvial nord-sud par lequel transite des produits lors des foires du Moyen-Âge et qui en font un centre d’approvisionnement et de consommation. Parallèlement, les métiers de bouches se développent donnant parfois leur nom aux rues (rue de la Fromagerie, de la Poulaillerie). Lyon bénéficie aussi des spécialités locales alentours d’excellente qualité : les volailles de Bresse (seule AOC au monde pour le poulet), les poissons et grenouilles de la Dombes et des lacs savoyards, les fruits

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Le goût de Gadagne

ARTS | Conservatrice des Musées Gadagne depuis janvier, Maria-Anne Privat-Savigny expose ses projets pour ce lieu double (musée de l'histoire de la Ville de Lyon et des marionnettes du monde) situé dans un somptueux palais Renaissance du 5e arrondissement, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Propos recueillis par Nadja Pobel

Nadja Pobel | Lundi 14 février 2011

Le goût de Gadagne

Petit Bulletin : Vous dirigiez jusqu'à l'an dernier le Musée des tissus de Lyon. Qu'est-ce qui vous a menée au Musée Gadagne ?Maria-Anne Privat-Savigny : J'ai été attirée par le désir de Georges Képénékian, adjoint à la culture du maire de Lyon, de replacer ce musée dans la cité, de lui donner un vrai rôle. C'est un enjeu qui est, certes, assez propre à un musée d’histoire mais qui reste extrêmement intéressant. Vous dites vouloir faire de ce double musée un lieu que l'on puisse «goûter» de différentes manières. Pouvez-vous nous expliquer ce terme ?La manière de visiter les musées depuis plusieurs années s'est extrêmement diversifiée et je trouve que le support histoire et marionnettes est assez propice à ce genre d'évolution. Traditionnellement, on déambule dans un musée en lisant des cartels et parfois un audio-guide, mais il y a mille autres manières de découvrir une collection. Je crois notamment beaucoup au spectacle vivant, au théâtre et à la danse. On parle beaucoup de multimedia mais il y a des choses beaucoup plus classiques et traditionnelles à développer pour s'approprier cette histoire, pour l'expérimenter. Par exemple, pour évoquer Louise

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Rumeur à Gadagne

CONNAITRE | Le Musée Gadagne, musée d’histoire de Lyon et musée international de la marionnette situé dans le cinquième arrondissement dispose depuis sa rénovation de 31 (...)

Dorotée Aznar | Lundi 27 septembre 2010

Rumeur à Gadagne

Le Musée Gadagne, musée d’histoire de Lyon et musée international de la marionnette situé dans le cinquième arrondissement dispose depuis sa rénovation de 31 salles d’exposition permanente. Une seule chose lui manque : un directeur. Mais depuis quelques jours une rumeur circule ; c’est Maria-Anne Privat-Savigny, jeune directrice et conservateur en chef du musée des Tissus et musée des Arts décoratifs de Lyon, qui prendrait la direction de Gadagne dès 2011. À suivre.

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Musiques ! Voyages sonores à Villeurbanne

ARTS | Le Rize n'en finit plus de donner la parole aux Villeurbannais de toutes origines et construit ainsi un intriguant et remarquable travail (...)

Nadja Pobel | Jeudi 1 juillet 2010

Musiques ! Voyages sonores à Villeurbanne

Le Rize n'en finit plus de donner la parole aux Villeurbannais de toutes origines et construit ainsi un intriguant et remarquable travail anthropologique. Jusqu'au samedi 2 octobre, avec «Musiques ! Voyages sonores à Villeurbanne», le centre mémoires et société propose de partager les sons qui bercent ou font danser les habitants de la ville voisine de Lyon. Que ce soit dans une yourte ou un salon recomposé avec de vieux canapés en velours, il est possible d'être transposé en une fraction de seconde en plein mariage marocain ou de se retrouver happer par des chants siciliens, andalous, kurdes ou encore d'entendre des prières juives, orthodoxes ou soufis. Dépaysant et enrichissant ! NP

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Mademoiselle Chambon

ECRANS | De Stéphane Brizé (Fr, 1h41) avec Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain…

Dorotée Aznar | Lundi 12 octobre 2009

Mademoiselle Chambon

Jean tombe sous le charme de Mademoiselle Chambon, l’institutrice de son fils. Il s’improvise gauchement maçon du cœur et propose de réparer la fenêtre de son appartement. Pour le remercier, elle fait pleurer son violon dans l’austérité de son salon. Ils se recroisent, s’échangent des regards, se frôlent à grand-peine. Jean fuit son épouse, Mademoiselle Chambon souffle le chaud mais surtout le froid. Déjà pas franchement survoltée, l’ambiance s’abîme dans les non-dits, les silences chastes, les œillades intéressées, le tout dans une dynamique à faire passer ‘Les Regrets’ de Cédric Kahn pour ‘Bad Boys 2’. Stéphane Brizé choisit sciemment de se focaliser sur l’expression quotidienne de la passion, freinant systématiquement ses personnages dans leurs élans, quitte à en faire les représentations statufiées de l’indécision, d’une certaine idée de la transparence amoureuse. C’est quand ils finissent par quitter leur routine mécanique que le film prend son envol, dans des scènes où la réserve du film comme ses partis pris esthétiques finissent par prendre tout leur sens : Brizé soigne particulièrement ces séquences pudiques, où le talent des acteurs principaux brille de façon intense.

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Renaissance du Musée Gadagne

ARTS | Ouverture / Après dix ans de travaux de rénovation, 31 millions d'euros dépensés, un incendie et 7 000 m3 de terre évacués à la brouette, le(s) musée(s) Gadagne (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 4 juin 2009

Renaissance du Musée Gadagne

Ouverture / Après dix ans de travaux de rénovation, 31 millions d'euros dépensés, un incendie et 7 000 m3 de terre évacués à la brouette, le(s) musée(s) Gadagne rouvre ses portes au public. L'ancien hôtel particulier des Gadagni, riches banquiers florentins du XVIe Siècle, a retrouvé ses escaliers à vis, ses fenêtres à meneaux, ses cheminées impressionnantes, ses couleurs d'origine, ses plafonds peints et autres décors datant du XVIe ou du XVIIe siècle... Un chantier titanesque dont, effectivement, le résultat impressionne. Lors de la visite de presse, nous avions d'ailleurs tendance à regarder davantage le bâtiment lui-même que son contenu. Celui-ci, rappelons-le, est double (d'où l'appellation musées Gadagne) : une collection consacrée à l'histoire de Lyon de ses racines gauloises à nos jours ; une autre, superbe, aux marionnettes du monde entier. Les collections se déploient aujourd'hui sur 6 000 m² (la surface a doublé) et dans 39 salles d'exposition. Il faut ajouter à cela nombre d'éléments multimedia dynamisant la visite, un joli petit théâtre de 150 places et un magnifique jardin suspendu. La directrice de Gadagne, Simone Blazy, donne pour objectif à la déambulation d'être

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