La Comédie de Valence, un CDN incontournable

ACTUS | Depuis cinq ans, Richard Brunel pilote le CDN Drôme-Ardèche avec vigueur et fraîcheur, faisant fait la part belle aux textes contemporains (comme "L'Odeur des planches"). Présentation. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 28 avril 2015

Pour qu'un spectacle se fasse, il ne suffit pas d'un bon casting, d'un bon texte et d'un bon metteur en scène. Encore faut-il que lui préside un vrai sens de l'initiative, comme cela fut le cas pour L'Odeur des planches. Il se trouve que le Centre Dramatique National de Valence n'en manque pas, courtoisie de son directeur Richard Brunel, arrivé en 2010 et reconduit pour trois années en janvier dernier.

Si au Petit Bulletin nous n'en parlons que rarement, faute d'une édition couvrant l'actualité artistique en Drôme, la Comédie de Valence n'en est pas moins incontournable. Dans la région, elle est même parfois la seule à accueillir certaines productions internationales, à l'image de You are my destiny d'Angelica Liddell et du Trauernacht mis en scène par Katie Mitchell – c'est aussi là-bas que fut donnée la première du Carmen de Dada Masilo lors de la dernière Biennale de la danse. Pour autant, ce théâtre ne prêche pas qu'aux convertis : il s'exporte dans tous genres de lieux (école, chapelle, musée...), emmenant à la rencontre d'un public nouveau des artistes de haut vol comme François Cervantès ou Simon Delétang, partis en «itinérance» cette saison.

Richard Brunel tient aussi à offrir une large part de créations (14 pour 40 spectacles en 2014/15) à des spectateurs qui ont ainsi eu la primeur de découvrir, notamment, Le Chagrin de Caroline Guiela Nguyen, avant que la pièce ne s'installe un mois à Paris, à la Colline, et ne concourt pour le Molière de la metteur en scène d'un spectacle de théâtre public (le verdict aura été rendu le soir du bouclage de ce numéro).

Dans tous les cas, les textes contemporains priment sur les classiques, ainsi que l'ont illustré récemment les travaux de Jeanne Candel, d'Éric Massé ou de ladite Caroline Guiela Nguyen, membres, entres autres dramaturges et comédiens, du collectif artistique de la Comédie valentinoise.

Lui-même très présent, avec de grandes formes comme avec des spectacles plus intimistes, Richard Brunel signera dans un mois une lecture-spectacle du roman En finir avec Eddy Bellegueule d'Edouard Louis avec Micha Lescot au gymnase de l'ESPÉ, dans le cadre du bien-nommé festival homemade Ambivalence(s), qui a pour ambition de faire découvrir de nouvelles voix et reprendra, le 2 juin... L'Odeur des planches !

Nadja Pobel

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

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Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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Patricia Petibon : « le récital, espace de liberté »

Musique Classique | Fougueuse soprano colorature, Patricia Petibon a incarné nombre de grands rôles à l'opéra, baroques, classiques ou modernes. Parallèlement, elle fait bouger les lignes de la musique savante dans des récitals très personnels au répertoire osé.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 janvier 2020

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Comment est né votre nouveau projet L'amour, la mort, la mer, à la fois récital et album qui sortira en février ? Patricia Petibon : C'est un projet un peu improvisé qui a été enregistré assez vite, avec la complicité de mon amie pianiste Susan Manoff. J'aime ces moments où la vie se déchaîne pour la création, dans l'urgence, d'un tel projet. Sa thématique constitue pour moi une exploration de l'intime, un voyage d'Ulysse parmi les sentiments... Le titre est plutôt axé vers la mélancolie, et la musique affronte ici certains points obscurs de l'existence : la perte, le deuil, la séparation. Comment accueillir la perte ? Le chant par essence est lié à l'accueil de la perte, à l'acceptation de la métamorphose dans le temps, au passage de ce qui a été à ce qui n'est plus. Qu'est-ce qui a guidé votre sélection de morceaux pour ce récital ? Avec une telle thématique vous avez dû avoir l'embarras du choix ? En fait non, pas tant que ça, ce sont des choix qui se sont imposés à moi. Des choix sensibles et pas forcément académiques ni dans la réflexion

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Anne Benoît, actrice majuscule

Théâtre | Tout repose sur l'actrice. Anne Benoît est magistrale dans le rôle d'une femme en souffrance au travail imaginée par la romancière Nina Bouraoui dans un livre à paraître en janvier, "Otages". Richard Brunel accompagne à la mise en scène ce cri, cette résistance et ces violences.

Nadja Pobel | Mardi 26 novembre 2019

Anne Benoît, actrice majuscule

« J'ai cherché la joie comme une folle » nous dit Sylvie Meyer, la quinquagénaire, deux enfants et un mari qui vient de partir sans qu'elle s'en émeuve vraiment. Depuis vingt ans, elle travaille dans une usine de caoutchouc, répond à toutes les demandes même lorsqu'il s'agit de surveiller désormais les agissements de ses collègues. Jusqu'à ne plus en pouvoir et se pointer au bureau avec un couteau caché dans le sac, pour une nuit de séquestration. Richard Brunel, pour cette dernière production en tant que directeur du CDN de Valence (et avant de bientôt rejoindre l'Opéra de Lyon) utilise des astuces scénographiques qui lui sont familières : de la vidéo projetée et des cloisons mouvantes faites de rideaux californiens permettant d'ouvrir ou fermer l’espace. Tout est aseptisé comme récemment dans Certaines n'avaient jamais vu la mer ou même dans le pourtant rugueux Roberto Zucco. Trop. Mais au moins rien n'entrave la parole de ce quasi monologue — l'homme n'étant qu'une matière à re

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Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

Mercato | C'est Richard Brunel qui va succéder à partir du 1er septembre 2021 à Serge Dorny à la tête de l'Opéra de Lyon. Franck Riester, ministre de la Culture, a validé le choix du jury en fin de journée.

Sébastien Broquet | Mardi 22 octobre 2019

Richard Brunel est le nouveau directeur de l'Opéra de Lyon

La fumée blanche s'est finalement échappée du toit de l'Hôtel de Ville lyonnais ce mardi : le successeur de Serge Dorny (qui s'en va diriger l'Opéra de Bavière) à la tête de l'Opéra de Lyon se nomme bel et bien Richard Brunel. L'information est restée un temps au conditionnel, car on attendait depuis la semaine dernière la validation définitive par Franck Riester et le ministère de la Culture du choix du jury. Approbation souhaitée rapidement avant le conseil d'administration de l'Opéra, prévu en novembre... D'où le lancement par la mairie d'un commmuniqué de presse en milieu d'après-midi, avant la validation finale, pour mettre visiblement un petit "coup de pression" à Paris, qui tardait un peu trop aux yeux de Gérard Collomb à confirmer le choix du jury lyonnais. Frank Riester a finalement validé ce choix de nommer Richard Brunel deux heures plus tard, peu après 18h ce mardi 22. Relancé durant l'été faute de candidats convaincants, mais aussi – même s'il ne faut pa

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Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

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D'abord, il y a ce plaisir de voir une comédienne parmi les plus familières et attachantes de son époque fouler un grand plateau de théâtre, seule, pour nous raconter une histoire qui la met dans le même état de rage que le personnage qu'elle incarnait à 15 ans, tenant tête à son Pialat de mentor. Sandrine Bonnaire résiste. Elle donne du cœur à un cri, celui de Samira Sedira, auteur de ce texte, L'Odeur des planches, «le plus autobiographique» dit-elle, publié en 2012 aux éditions du Rouergue. Alternant souvenirs historiques – ceux de ses parents débarqués d'Algérie dans les années 60 – et un vécu contemporain qui débute par la fin de ses droits Assedic et l'obligation pour elle de trouver un travail alimentaire, elle donne du rythme et de la force à son récit. Devenue femme de ménage, elle voit dans ce déclassement social une occasion de se rapprocher de sa mère qui, elle aussi, à dû combattre la solitude et se résoudre à ce métier. Finie la litanie des théâtres visités qu'elle récite comme un pensum, la voilà seulement définie par son corps, éreintée par cette tâche aride et dépourvue de toute pensée. Une «dépossession» de soi décrite ave

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Sandrine Bonnaire : «Ce métier est une offrande»

SCENES | Renouant avec le théâtre, Sandrine Bonnaire dit avec simplicité l'histoire d'une comédienne déchue et réduite à faire des ménages via le texte autobiographique de Samira Sedira, "L'Odeur des planches". Dialogue avec la plus radieuse des actrices françaises, née sous le haut-patronage de l'immense Maurice Pialat. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 28 avril 2015

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En 1989, vous jouiez pour la première fois au théâtre dans La Bonne âme du Se-Tchouan sous la direction de Bernard Sobel. Vous vous êtes ensuite absentée jusqu’à L’Odeur des planches. Qu’est-ce qui vous a menée au théâtre, vous en a éloignée puis vous y a ramenée ? Sandrine Bonnaire : J’ai effectivement arrêté le théâtre durant plusieurs années pour diverses raisons, notamment parce que j’ai eu un enfant et que j’avais peu envie de sortir chez moi le soir. Le désir n’était plus là, mais il est revenu il y a deux ans. En fait, j'avais sollicité Jean-Michel Ribes pour le projet du Miroir de Jade [pièce chorégraphiée créée dans la foulée de L'Odeur des planches, NdlR], pour lui demander s’il pouvait financer ce spectacle, et il m’a présenté Richard Brunel qui m’a proposé de faire cette lecture. On a fait trois jours de lecture à Valence et on avait envie de le reprendre avec le texte appris. On s’est rendu compte que ce texte devait être interprété, qu’une simple lecture ne convenait pas car on ne peut pas vraiment rester en retrait de ce récit. Qu’est-ce qui vous a attirée dans ce texte peu an

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Dix incontournables pour 2014/2015

SCENES | Outre les spectacles cités dans notre gros plan et les panoramas lisibles par ailleurs, voici une dizaine de spectacles qui attisent notre curiosité ou réveillent de bons souvenirs. Bien plus, en tout cas, que les deux mastodontes avignonnais un peu fades qui passeront par là, au TNP, "Orlando" d'Olivier Py et "Le Prince de Hombourg" de Giorgio Barberio Corsetti.

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Phèdre Avec Les Serments indiscrets l’an dernier, Christophe Rauck présentait une version très personnelle, entre suavité et force, de la pièce méconnue de Marivaux. Il s’attaque maintenant au classique de Racine que tous les grands comédiens ont un jour joué dans leur vie, à commencer par Dominique Blanc sous la houlette de Patrice Chéreau. Dans ce casting-ci, on retrouvera la mythique Nada Strancar (dans le rôle de Oenone, nourrice de Phèdre), au milieu d'un décor agrègeant une nouvelle fois les apparats de l’époque Louis XIV à un univers moins propret, aux murs à nu voire lézardés. Rauck se garde de ripoliner les œuvres majeures pour mieux les révéler. Faisons-lui à nouveau confiance. Nadja Pobel Du 8 au 17 octobre aux Célestins  

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