L'art contemporain prend le large

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mai 2016

Photo : Vue d'atelier d'artiste aux Ateliers du Grand Large © DR


À Décines depuis 2013, dans une ancienne usine rebaptisée Ateliers du Grand Large, trois associations œuvrent à la promotion et au soutien de l'art contemporain dans la région Rhône-Alpes-Auvergne. L'Adéra (réseau des six écoles d'art de la région, créé en 1991) y met notamment à la disposition d'une trentaine d'anciens étudiants 2000 m² d'ateliers.

Le bâtiment abrite aussi l'association Documents d'artistes, qui édite chaque année sur Internet dix dossiers d'artistes régionaux généreusement documentés (iconographie, textes critiques, biographies...) et actualisés au fur et à mesure de l'évolution de la carrière de l'artiste. Une mine d'informations pour les amateurs d'art !

La plate-forme compte à ce jour une soixantaine d'artistes : Marc Desgrandchamps, Christian Lhopital, Philippe Favier, Jean-Xavier Renaud pour les plus connus.

Enfin, on trouve là les bureaux du portail numérique Art Contemporain en Rhône-Alpes, dont s'occupe Antoine Brun, qui informe concrètement le public sur les lieux d'art contemporain dans la région et leurs diverses actualités ; une petite centaine de structures sont recensées à ce jour : musées, galeries, centres d'art...

Repères

Adéra : réseau des écoles des Beaux-Arts de la Région, fondé en 1991, qui aide les anciens étudiants de ces écoles à travers des aides à l'édition et des ateliers d'artistes
www.adera-reseau.fr

Documents d'artistes Rhône-Alpes : site documentaire créé en 2010, rassemblant une soixantaine d'artistes régionaux de toutes générations
www.dda-ra.org

Art contemporain en Rhône-Alpes : portail numérique sur la scène artistique régionale contemporaine, créé en 2013
www.ac-ra.eu


Abstractions

Cycle "Un été contemporain" avec des artistes vivant ou travaillant dans la région
Musée Paul-Dini 2 place Faubert Villefranche-sur-Saône
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Une Biennale sur la fragilité

Art Contemporain | Décalée d’un an en raison du Covid, la 16e Biennale d’Art Contemporain aura lieu du 14 septembre au 31 décembre 2022. Les deux commissaires invités Sam (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 21 octobre 2021

Une Biennale sur la fragilité

Décalée d’un an en raison du Covid, la 16e Biennale d’Art Contemporain aura lieu du 14 septembre au 31 décembre 2022. Les deux commissaires invités Sam Bardaoui et Till Fellrath (tous deux fondateurs en 2009 de la plateforme Art Reoriented) imaginent l’événement comme "Un manifeste de la fragilité", avec une approche résolument transhistorique quant aux œuvres (de l’art le plus ancien à la création contemporaine) et la plus ouverte possible à un large public. « Notre fragilité est universelle – elle est ressentie partout et par tous, quel que soit le contexte dans lequel elle se révèle. Le corps en porte l’illustration » écrivent les commissaires en avant-propos.

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Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Politique Culturelle | La Biennale de la Danse et celle d'Art Contemporain, Nuits sonores et le Lyon Street Food Festival : quatre institutions culturelles de grande envergure se retrouveront SDF en 2023 et sont à l'heure actuelle sans solution de repli, suite à la décision du président de la Métropole Bruno Bernard de transformer Fagor-Brandt en entrepôt TCL, sans concertation préalable avec les occupants culturels pour les reloger ailleurs.

Sébastien Broquet | Jeudi 30 septembre 2021

Bruno Bernard transforme Fagor-Brandt en entrepôt TCL, les Biennales, Lyon Street Food et Nuits sonores sont SDF

Les anciennes usines Fagor-Brandt transformées en local technique du Sytral, afin de stocker les tramways, entre autres. C'est ce qui va se passer à horizon début 2023. Mauvaise nouvelle pour le milieu culturel et événementiel lyonnais, qui avait posé son empreinte sur ce lieu immense depuis quelques années maintenant : Nuits sonores, Lyon Street Food Festival et les Biennales de la Danse et d'Art Contemporain se déroulaient là-bas. Bien sûr, la réhabilitation de Fagor-Brandt, qui est une friche industrielle, était dans l'esprit de tous. Mais pas si vite. Et pas sans concertation préalable. Surtout en ce qui concerne les Biennales, qui avaient investi financièrement pour réhabiliter les lieux et pensaient rester quelques années sur place. C'est une surprise Isabelle Bertolotti, directrice du Musée d'Art Contemporain et de la Biennale d'Art Contemporain, est très claire lorsque nous lui posons la question : « nos bureaux sont là-bas, pas seulement nos événements. La Biennale d'Art Contemporain se déroulera bien en 2022 à Fagor-Brandt, mais pour la Bienn

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La Biennale d'Art Contemporain repoussée à 2022

Art Contemporain | Conséquence du report de la Biennale de la Danse au printemps 2021 : tel un domino, la 16e Biennale d'Art Contemporain, initialement prévue en septembre (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 20 mai 2020

La Biennale d'Art Contemporain repoussée à 2022

Conséquence du report de la Biennale de la Danse au printemps 2021 : tel un domino, la 16e Biennale d'Art Contemporain, initialement prévue en septembre 2021, est repoussée à son tour à septembre 2022. Selon un communiqué publié par l'équipe de la Biennale, « la situation sanitaire internationale actuelle ralentit considérablement les possibilités de résidences et de productions, les interactions entre les projets artistiques et le monde économique, et les collaborations avec le tissu associatif. Dans ce contexte particulier, ce report s’impose afin de préserver la qualité des liens entretenus avec les artistes qui fait la renommée de la Biennale de Lyon. » Pas de changement du côté des commissaires invités, qui continuent d'œuvrer sur cette Biennale repoussée : Sam Bardaouil et Till Fellrath restent présents dans l'a

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Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

Biennale d'Art Contemporain | La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 4 mars 2020

Deux commissaires indépendants pour la Biennale 2021

La Biennale d'Art Contemporain 2019 à peine démontée, on connaît déjà les noms du duo de commissaires invités à concocter l'édition 2021 : le Libanais Sam Bardaouil et l'Allemand Till Fellrath. Deux commissaires indépendants qui se sont rencontrés à New York et qui ont déjà signé ensemble plus d'une cinquantaine d'expositions à travers le monde, dont en France en 2016 au Centre Georges Pompidou l'originale Le Surréalisme en Égypte. Sam & Till se sont penchés aussi sur la scène moderniste du Moyen Orient, la jeune création iranienne, l'abstraction coréenne... « Ravis de cette invitation », les deux commissaires annoncent, dans le communiqué de presse de la Biennale, vouloir « faire dialoguer les diverses positions artistiques et culturelles que nous avons rencontrées au cours de ces années de pratiques indépendantes de par le monde, avec la scène artistique française. À l'occasion du trentième anniversaire de la Biennale, nous envisageons une manifestation amb

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"Femmes", de Nina Chanel Abney

L'Œuvre de la Semaine | À la vue de la grande peinture qui recouvre une partie de la façade du MAC, nous sommes immédiatement séduits par le fond rose et les corps féminins de (...)

Sarah Fouassier | Mardi 12 novembre 2019

À la vue de la grande peinture qui recouvre une partie de la façade du MAC, nous sommes immédiatement séduits par le fond rose et les corps féminins de différentes couleurs de peau qui se mêlent et s’empoignent. Femmes de l’Afro-Américaine Nina Chanel Abney nous rappelle l’hybridité des corps des Demoiselles d’Avignon de Picasso ou les Nu bleu de Matisse. L’artiste questionne les stéréotypes de genre avec des corps féminins aux formes anguleuses, mais aux seins ronds. Deux figures féminines possèdent des moustaches démontrant que cet attribut n’est pas uniquement masculin, car si la moustache chez les femmes est dissimulée, elle existe. En ce mois de novembre et du "Movember" qui invitent les hommes à se faire pousser la moustache, les femmes aussi sont encouragées à les imiter afin de briser le tabou des poils et de soutenir la recherche pour les cancers masculins.

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L'artiste au centre et... à l'usine

Biennale d'Art Contemporain | La Biennale a ouvert la semaine dernière, avec pour lieu central les anciennes usines Fagor. Rencontre avec deux des sept commissaires invités, venus du Palais de Tokyo à Paris, qui ont conçu et impulsé cette quinzième édition dédiée au(x) paysage(s).

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 24 septembre 2019

L'artiste au centre et... à l'usine

La grande nouveauté de cette biennale c'est son lieu central : les anciennes usines Fagor et leurs 29 000 m² de surface ! Comment avez-vous abordé ce lieu gigantesque et industriel ? Yoann Gourmel : Nous avons pris le parti de ne pas transformer les usines en musée (pas de construction de cimaise, des marquages laissés au sol, etc.). Et nous avons profité des différentes atmosphères des hangars : certains sont plus sombres, d'autres monumentaux... Cette exposition est en lien et en dialogue avec les lieux, leur histoire industrielle, leur ancrage dans le quartier et dans la ville. Elle est conçue comme un paysage que le visiteur traverse, découvrant ici ou là des œuvres en friction, en écho ou en dialogue avec ce qui les entoure. Rappelons qu'à l'origine et jusqu'à aujourd'hui, basiquement, un paysage est une découpe dans le réel (nature ou autre) en fonction d'un point de vue humain. Là où les eaux se mêlent serait donc un paysage, et aussi une mise en relation, un entremêlement ? Y.G. : Aujourd'hui, on ne peut plus penser le monde sans penser à une "poétique de la relation" (selon l'idée et le

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Une Biennale en mode XXL

Biennale d'Art Contemporain | Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 17 septembre 2019

Une Biennale en mode XXL

Trois hangars, 29 000 m² de surface au sol : les dimensions du lieu central de la Biennale d'art contemporain 2019 sont démesurées ! À deux jours de l'ouverture, quand nous parcourons cet ancien site industriel (les usines Fagor dont l'activité de production de machines à laver s'est brutalement interrompue en 2015), nous découvrons un lieu aux multiples stigmates, ceux des différentes époques de sa mutation : le paysage industriel, les tags, la réfection minimaliste pour y accueillir des événements culturels. Le parcours du visiteur, au travers des œuvres de 56 artistes (une sélection paradoxalement plus restreinte qu'à l'accoutumée lors d'une biennale), totalisera 1, 4 kilomètres de marche. Et la découverte sera totale, car la quasi intégralité des œuvres exposées seront des créations, réalisées en tenant compte de l'histoire du lieu, des métamorphoses du quartier et du tissu associatif et technologique de la région (les productions ont souvent été réalisées avec des entreprises locales). Singulier pluriel Aux

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Cinq expos à voir en septembre

Bons Plans | De l'art brut, une friche industrielle, des galeries et deux musées qui s'accouplent : voici cinq expositions à découvrir en cette rentrée.

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 9 septembre 2019

Cinq expos à voir en septembre

Le Palais de Tokyo investit une friche lyonnaise pour la Biennale L’événement artistique du mois, c’est l’ouverture de la nouvelle Biennale d’Art Contemporain, dont l’exposition internationale principale se tiendra aux (immenses) usines Fagor et au Musée d’Art Contemporain. L’équipe du Palais de Tokyo de Paris y présente cinquante-cinq artistes de tous horizons (esthétiques et géographiques), autour de la thématique du paysage. Peu d’entre eux sont connus et 90 % des œuvres exposées seront des créations. Une biennale pleine de surprises, donc ! 15e Biennale d’art contemporain, Là où les eaux se mêlent À Fagor-Brandt du 18 septembre au 5 janvier 2020 De l'art brut dans toute la ville L’art brut a le vent en poupe dans les musées, les galeries, les foires d’art contemporain. Mais, à Lyon, cela fait mai

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Isabelle Bertolotti nommée directrice

Musée d'Art Contemporain | En remplacement de son fondateur Thierry Raspail, parti à la retraite en fin de saison dernière, le Musée d'Art Contemporain accueille à sa tête Isabelle Bertolotti, qui en était jusque-là responsable des expositions.

Sébastien Broquet | Mardi 9 octobre 2018

Isabelle Bertolotti nommée directrice

Tout ça pour ça ? C'était un peu la première pensée venant à l'esprit à l'issue de la conférence de presse annonçant la nomination d'Isabelle Bertolotti, ex responsable des expositions du Musée d'Art Contemporain depuis 1995, au poste de Thierry Raspail, ancien directeur parti à la retraite. Pas que l'heureuse élue ne réponde pas aux critères, loin de là : sa nomination fait une quasi-unanimité dans le petit milieu de l'art lyonnais où elle a su imposer ses compétences reconnues à l'international. Mais surtout, pourquoi avoir attendu si longtemps pour choisir une voie si naturelle et promouvoir les compétences internes ? Selon un élu ayant participé au processus de sélection, la candidature d'Isabelle Bertolotti s'est imposée avec le temps face à la concurrence, car elle a pris soin de présenter un projet ouvert et réfléchi. Elle a insisté sur sa volonté de développement et d'ouverture à l'international. Lors de cette conférence de presse, on a ainsi pu l'entendre affirmer que « le musée des années 80 est très différent de ce qu'est la scène aujourd'hui, il faut tenir compte du dynamisme de la Chine et de l'Afriqu

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Arts plastiques : attention fragile !

Tour d'horizon | Moment délicat de transition pour les arts plastiques à Lyon, où l'on attend notamment un "nom" pour diriger le Musée et la Biennale d'Art Contemporain. Pendant ce temps, d'autres acteurs, ailleurs, prennent des initiatives et secouent les modèles habituels d'exposition.

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 19 septembre 2018

Arts plastiques : attention fragile !

La semaine passée, nous remarquions dans ces colonnes que tous les voyants étaient au vert concernant la danse à Lyon. Dans le domaine des arts plastiques, les choses sont beaucoup plus nuancées, voire assez brouillonnes. À l'heure où nous écrivons, notamment, le Musée d'Art Contemporain et la Biennale d'Art Contemporain attendent toujours leur... directrice ou directeur. Thierry Raspail est parti à la retraite en avril dernier, a conçu la prochaine exposition du MAC consacrée à Bernard Venet, et après, tout n'est que suspense et incertitude. Il faut dire que l'équation est un peu compliquée depuis le lancement par la Ville de Lyon d'un Pôle musées d'art (regroupant le Musée des Beaux-Arts et le MAC) co-dirigé par Sylvie Ramond (directrice du Musée des Beaux-Arts) et le futur directeur du MAC. Comment dès

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La Biennale d'Art Contemporain migre à Fagor-Brandt en 2019

Art Contemporain | La Biennale d'Art Contemporain s'installe du côté de Gerland et va faire produire les œuvres exposées dans la région lyonnaise.

Sébastien Broquet | Dimanche 2 septembre 2018

La Biennale d'Art Contemporain migre à Fagor-Brandt en 2019

Au détour d'une interview pour le journal Les Échos en date du 29 août, le commissaire de la prochaine Biennale d'Art Contemporain de Lyon, Jean de Loisy, a dévoilé quelques informations : selon ses propos, la prochaine Biennale se déroulera en septembre 2019 au cœur des 30 000 m2 des anciennes usines Fagor-Brandt, dans le quartier de Gerland, que les habitués de Nuits sonores connaissent désormais dans les moindres recoins. Ce site appartient à la Métropole de Lyon, au contraire de La Sucrière où se sont déroulées les précédentes éditions,

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L'utopie entre en piste

Cirque | Il y a les feuillets dessinés de Bonnefrite qui irradient de rouge et jaune le métro et la ville. Et il y a bien sûr des spectacles pour prouver avec cette 4e édition du festival UtoPistes que le nouveau cirque a une santé de fer.

Nadja Pobel | Mardi 22 mai 2018

L'utopie entre en piste

Onze spectacles, des travaux d'élèves de l'école du cirque (en fin de festival), une ouverture sur la place des Célestins avec Mathurin Bolze (dont la compagnie mpta est à l'initiative du festival), Karim Messaoudi... De la magie (Dans la peau... à la Croix-Rousse, Les Limbes aux Célestins), une conférence par un des pères du nouveau cirque, Johann Le Guillerm (Le Pas grand chose aux Célestins), des clowns (Ouïe au TNG-Ateliers) ou du travail beaucoup plus théâtralisé (Ningunpalabra aux Célestins) par des argentins voltigeurs qui seront aussi à l'affiche du Terabak de Kyiv à Fourvière en juillet.... Parmi ce must, deux créations infiniment différentes et qui étonnent. Dans Santa Madera Stefan Klinsman et Juan Ignacio Tula sont époustouflants de virtuosité mais pas seulement. Avec la roue Cyr, ils fouillent le tréfonds de l'âme sur une piste de terre qu'ils malmènent jusqu'au vertige. Comment, avec ce seul agrès presque enfantin, mais qui requiert un immense professionnalisme pour être manié à ce niveau, parviennent-ils à générer autant d'émotions ? Les corps semble

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Jean de Loisy commissaire de la prochaine Biennale d'Art Contemporain

Biennale d'Art Contemporain | Jean de Loisy sera le commissaire invité de la 15e édition de la Biennale d'Art Contemporain, comme nous l'avions annoncé dans notre édition du (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 11 avril 2018

Jean de Loisy commissaire de la prochaine Biennale d'Art Contemporain

Jean de Loisy sera le commissaire invité de la 15e édition de la Biennale d'Art Contemporain, comme nous l'avions annoncé dans notre édition du mercredi 4 avril. L'actuel directeur du Palais de Tokyo ne vient pas seul et sera accompagné de son équipe de curateurs (Daria de Beauvais, Adélaïde Blanc, Yoann Gourmel, Katell Jaffrès, Rebecca Lamarche-Vadel, Vittoria Matarrese, Claire Moulène et Hugo Vitrani). « C’est pour les curateurs du Palais de Tokyo un défi passionnant que d’assumer le commissariat de la prochaine Biennale de Lyon : une Biennale qui continue d’aller au-delà des limites conventionnelles de l’art ; une Biennale qui permet aux artistes de produire des œuvres nouvelles et ambitieuses ; une Biennale qui valorise les capacités productives et culturelles de toute une région dans un contexte international ; une Biennale composée comme un paysage en mouvement, selon la fameuse injonction d’Eustache Deschamps : Il ne scet rien qui ne va hors » a déclaré Jean de Loisy dans un communiqué paru le 11 avril.

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La Biennale à hauteur d'enfant

Art Contemporain | De mémoire de Biennale d'Art Contemporain, jamais édition n'aura autant joué la carte du jeune public en les accompagnant intelligemment et en adaptant malicieusement les discours de ces Mondes Flottants. Ce sont les enfants qui vont être contents pendant ces vacances scolaires. Et surtout les parents.

Antoine Allègre | Mardi 24 octobre 2017

La Biennale à hauteur d'enfant

Si la capacité d'émerveillement d'un enfant entre trois et cinq ans semble infinie, il n'en reste pas moins que sa capacité de concentration n'est pas encore totalement optimisée. Sacripan, direz-vous ? Pour cette Biennale des Mondes Flottants, on préfère surnommer le très jeune visiteur Sucripant. Et ce dernier a droit à une visite ultra-récréative des œuvres présentées à la Sucrière, sous la forme d'un conte fantastique. Top départ tous les jours des vacances à 11h15. La présence d'un parent accompagnateur n'est pas obligatoire (une aubaine si l'on souhaite vivre l'expérience paisiblement de son côté), la réservation est cependant indispensable. Si les maternelles sont chouchoutées, qu'en est-il de ceux que les petits observent avec déférence dans la cour de récré - comprendre les enfants qui ont fait leur entrée en élémentaire ? Les six-dix ans ont aussi droit à des visites adaptées. Certes moins onirique, mais tout aussi captivante et, surtout, inspirante. Pas besoin d'être un tueur en art plastique En effet, les enfants pourront pendant les vacances participer à des ateliers baptisés "Bac à Sucre" et, notammen

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Une Biennale à quatre dimensions

Art Contemporain | Commissaire invitée de la Biennale 2017, Emma Lavigne a dessiné, pensé, écrit une poignante exposition collective internationale qui donne à l'évanescence et à l’absence toutes leurs capacités d'éveil des puissances poétiques du désir.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 26 septembre 2017

Une Biennale à quatre dimensions

Emma Lavigne nous invite à commencer la Biennale par le Musée d'Art Contemporain (avant la Sucrière), c'est-à-dire à débuter par des œuvres de Marcel Duchamp, artiste clef de la bascule de l'art moderne à l'art contemporain. Toute sa biennale tisse ainsi de nombreux liens entre le moderne et le contemporain, le 20e siècle et le 21e siècle... Mais, pour nous, la Biennale a commencé un petit peu plus loin, au premier étage du Musée d'Art Contemporain, avec une œuvre de Jochen Gerz (Vivre, 1974), artiste allemand né en 1940 à Berlin. Au fond d'une salle, on lit : « À cet endroit, le même désarroi l'envahit de nouveau. Rien ne se passa. On aurait pu le prendre pour un spectateur, n'était le reste d'un frémissement intérieur : l'écho anticipé. » Pour atteindre cette inscription sur une cimaise, nous avons dû marcher sur (contribuer à effacer donc) le mot "vivre" tracé plusieurs fois à la craie sur le sol... La Biennale commence pour nous dans un frémissement et

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Les 5 expos à voir en septembre

Sélection | Les expositions fourmillent à Lyon et alentour ce mois-ci. Sélection de cinq immanquables a priori.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Les 5 expos à voir en septembre

14e Biennale d'art contemporain, « Mondes flottants » du 20 septembre au 7 janvier 2018 à la Sucrière, au Musée d'art contemporain et sur la place Antonin Poncet Emma Lavigne, commissaire invitée, propose une Biennale placée sous le signe des émotions, de la fluidité et du mélange des disciplines (art, musique, danse...). Une édition fort prometteuse, avec parmi la soixantaine d'artistes invités : la Brésilienne Lygia Pape, le cinéaste et plasticien thaïlandais Apichatpong Weerasethakul, la musicienne et artiste Laurie Anderson, ou des œuvres plus anciennes de Alexander Calder, Lucio Fontana, Hans Haacke... « Le monde de Fred Deux » du 20 septembre au 8 janvier 2018 au Musée des Beaux-Arts de Lyon Écrivain (on lui doit notamment le mythique récit autobiographie La Gana publié en 1958), graveur, dessinateur, Fred Deux (1924-2015) conçoit chacune de ses œuvres comme une descente, à la fois précise et imaginaire, dans les mondes de l'organique et du sexuel. Soit dans les soubassements même des êtres humains et de quelques autres créatures. Le Musées des Beaux-Arts consacre à l’artiste une grande et rare rétrospective qui

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Mondes flottants : du fluide pour la Biennale

Biennale d'Art Contemporain | Cette Biennale d'Art Contemporain concoctée par Emma Lavigne, ouverte à la musique, au mouvement et à la fluidité des formes s'annonce très attrayante.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 12 septembre 2017

Mondes flottants : du fluide pour la Biennale

« La modernité est un combat. Sans cesse recommençant. Parce qu'elle est un état naissant, indéfiniment naissant, du sujet, de son histoire, de son sens. Elle ne cesse de laisser derrière elle les Assis de la pensée, ceux dont les idées sont arrêtées, et qui confondent leur ancienne jeunesse avec le vieillissement du monde. La modernité côtoie ce cimetière des concepts fossiles dont nous sommes encombrés. Et qui rendent sourds. Sourds à ce qui vient. » écrit Henri Meschonnic, dans Modernité Modernité. Pour nous déboucher les oreilles, et pour le deuxième volet consacré à la modernité des Biennales d'Art Contemporain, Emma Lavigne, commissaire invitée par Thierry Raspail, a choisi d'ouvrir les arts plastiques aux flux, à la musique, au mouvement : « j'ai souhaité arrimer la Biennale au cœur de la ville, dont l'identité s'est en partie façonnée par l'omniprésence de l'eau, dans cette ville née des eaux, traversée par le Rhône et la Saône, en réactivant

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Biennale 2017 : Good vibrations !

Art Contemporain | Sur le papier déjà, la prochaine Biennale d'art contemporain émet de bonnes vibrations tant du côté de sa thématique (l’œuvre d'art conçue comme ouverte et en devenir), que de ses promesses en expériences sensibles.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 25 avril 2017

Biennale 2017 : Good vibrations !

Fluide, atmosphérique, sensible, décloisonnée, musicale... Telles seront les tonalités majeures de la 14e Biennale de Lyon consacrée aux "mondes flottants", et deuxième volet d'une trilogie autour du thème du "moderne". Cette modernité, Emma Lavigne, commissaire invitée, la conçoit comme liquide (en se référant au sociologue Zygmunt Bauman) avec « ses flux, sa vitesse qui à la fois connectent les gens et les déconnectent entre eux. » Aucun angélisme de sa part quant au règne dominant et potentiellement aliénant du réseau et du flux, mais une réelle volonté de rouvrir les enjeux d'une autre conception de la modernité : non plus celle d'un art replié sur lui-même et son formalisme, mais celle (développée par exemple par Luciano Berio, James Joyce ou Lucio Fontana) d'une œuvre ouverte et en constant devenir... Directrice du Centre Pompidou-Metz depuis 2014, conservatrice à la Cité de la Musique de 2

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Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

IAC | En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 2 novembre 2016

Matière grise : le laboratoire espace cerveau à l'IAC

En 2009, l'artiste belge Ann Veronica Janssens et la directrice de l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, Nathalie Ergino, inventaient un drôle de lieu de recherche : le Laboratoire espace cerveau. L'idée est de réunir des scientifiques (des sciences dures aux sciences humaines en passant par la philosophie, voire par des savoirs un peu borderline comme la télépathie ou l'hypnose) et des artistes pour réfléchir, au regard des découvertes et recherches les plus récentes, sur les liens entre espace, temps, corps et cerveau. Expositions et journées de réflexion se déclinent en "stations" et la prochaine (la "station (1)0" les 4 et 5 novembre à l'IAC) ouvre un nouveau cycle autour de l'idée de monde cosmomorphe : soit une expérience étendue de l'environnement, entre infiniment grand et infiniment petit. Ces deux journées d'étude (entrée libre sur réservation) réuniront notamment les philosophes Didier Debaise

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Biennale d'art contemporain : pour une poignée d'artistes...

ARTS | Sans panache ni ridicule, la 13e Biennale d'art contemporain de Lyon se révèle être une exposition collective intéressante et bien conçue. Chacun y trouvera sans doute une poignée d'artistes à son goût parmi la soixantaine d'invités internationaux. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 13 septembre 2015

Biennale d'art contemporain : pour une poignée d'artistes...

Ni biennale particulièrement réussie quant au choix des artistes et à la cohérence thématique (comme le fut celle de 2011, Une terrible beauté est née), ni biennale ésotérique ou gadget, la 13e Biennale de Lyon pourrait faire office de biennale "normale", exemplaire : une diversité œcuménique des médiums représentés (vidéo, peinture, installation...), un accrochage aéré et clair très agréable à parcourir, une relative accessibilité des œuvres sans baratin fumeux, quelques découvertes notables, quelques déceptions vite oubliées... Bref, Ralph Rugoff (né en 1956 aux États-Unis et dirigeant actuellement la Hayward Gallery à Londres), le commissaire invité, a fait le job. Il a aussi, comme beaucoup de ses prédécesseurs, oublié en cours de route le thème de ladite biennale – le rapport de l'art contemporain à la modernité devient ici le simple intérêt artistique pour La Vie moderne, c'est-à-dire la vie d'aujourd'hui en lien avec une réflexion sur le passé –, mais le contraire eut été étonnant. On ne pourra donc s'appuyer sur aucun fil : ni thématique, ni esthétique, ni géographique, mai

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Découvrez le teaser de la prochaine Biennale

ARTS | Intitulée "La Vie moderne", la prochaine Biennale d'art contemporain de Lyon se dévoile aujourd'hui sous la forme d'un teaser d'une trentaine de secondes. (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 26 juin 2015

Découvrez le teaser de la prochaine Biennale

Intitulée "La Vie moderne", la prochaine Biennale d'art contemporain de Lyon se dévoile aujourd'hui sous la forme d'un teaser d'une trentaine de secondes. Teaser qui reprend l'affiche de cette édition 2015, une photographie de Yuan Goang-Ming, pour en scruter les détails, de la même manière que l'artiste taïwanais traque dans ses œuvres les fantômes de la civilisation. Pour la découvrir de visu, rendez-vous le 10 septembre, date du lancement de cette Biennale qui s'annonce hautement politique.

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Une Biennale d'art... moderne !

ACTUS | La 13e Biennale de Lyon ouvrira ses portes en septembre. Pour patienter, voici quelques réflexions sur sa thématique, "La vie moderne", et les noms de quelques-uns des 60 artistes invités. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Lundi 18 mai 2015

Une Biennale d'art... moderne !

Avec la 13e Biennale d'art contemporain, son directeur Thierry Raspail ouvre un cycle de trois biennales qui s’attelleront au terme problématique du moderne. Premier volet, "La vie moderne" réunit une soixantaine d'artistes internationaux qui exposeront essentiellement au Musée d'Art Contemporain et à la Sucrière. Le New-yorkais Ralph Rugoff, actuel directeur de la Hayward Gallery à Londres, en est le commissaire invité. «La vie moderne : il y a dans ce titre une dimension (inévitablement) ironique qui évoque une période plus optimiste de l’Histoire qui se définissait par une foi inaltérable dans la nouveauté, les vertus du progrès et le caractère essentiel de la raison. Aujourd’hui, alors que les événements actuels nous rappellent constamment que la raison ne joue qu’un rôle très limité dans un monde mû par des convictions véhémentes et irrationnelles, l’expression "la vie moderne" semble être le vestige d’un autre âge.» écrit-il. Il est clair qu’après son apparition dans la querelle des modernes et des anciens ou sa définition par Charles Baudelaire («La modernité, c'est le fugitif, le transitoi

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Pas de repos pour les expos

ARTS | Ludiques, émouvantes ou impressionnantes, ces expositions ont, à l'instar de celle du CHRD, rythmé notre automne. La trêve hivernale est l'occasion (la dernière pour certaines) de les revoir ou de les découvrir. Jean-Emmanuel Denave et Nadja Pobel

Benjamin Mialot | Vendredi 20 décembre 2013

Pas de repos pour les expos

Joseph Cornell et les surréalistes à New York  C'est l'événement artistique de ce début de saison à Lyon. Le Musée des Beaux-Arts nous invite à découvrir Joseph Cornell (1903-1972), drôle d'artiste américain n'ayant jamais ni peint ni sculpté. Proche des surréalistes émigrés à New York dans les années 30-40, Cornell est un fabuleux "fabricateur" d'images usant de techniques aussi diverses que le collage, des montages personnels d'images filmées ou l'assemblage poétique d'objets dans de petites boîtes ou de mini-théâtres. Un univers très émouvant et inventif qui est présenté au milieu d’œuvres d'artistes surréalistes importants (Max Ernst, Salvador Dali, Yves Tanguy, René Magritte...). A noter aussi, la sortie récente d'un beau catalogue sur l'exposition aux éditions Hazan. Au Musée des Beaux-Arts, jusqu'au lundi 10 février   Tony Cragg et Sigmar Polke 

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Des histoires à dormir debout

ARTS | La Biennale d'art contemporain 2013 se veut dédiée au(x) récit(s). Les enfants demandent qu'on leur raconte des histoires pour s'endormir. Les adultes pour se réveiller de leur train-train quotidien et de leur prêt à penser. Les artistes exposés ont majoritairement choisi la première option, avec des œuvres néo-symbolistes soporifiques. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Dimanche 15 septembre 2013

Des histoires à dormir debout

A la Sucrière, lieu emblématique de la Biennale, ça commence mort et mou : l'artiste américain Dan Colen s'est représenté couché, nu, avec une vague érection et voisinant avec les cadavres ou les corps endormis de Vil Coyote, Roger Rabbit et du Kool-Aid Man. Ceux qui verraient dans la sculpture réaliste de l'artiste bandant mou une copie des œuvres de l'Australien Ron Mueck se trompent. Mueck représente certes des corps à l'aspect hyperréaliste, mais toujours trop grands ou trop petits, distillant immédiatement un aspect monstrueux, une anormalité, une inquiétante étrangeté. Dan Colen, lui, représente sans distorsion les protagonsites de la fin d'une course-poursuite réalisée sous forme de performance à Grigny. Oeuvre dont le guide de la Biennale nous dit : «De quoi ces personnages sont-ils le signe, si ce n'est la chose même après laquelle l'artiste court désespérément tout comme nous ?» L'artiste précise dans le catalogue : «Peut-être qu'une fois nus, roides et isolés, nous ne pouvons qu'évoquer le sexe et la mort – les actes les moins déviants que puissent accomplir nos corps. Ce sont les fondamentaux. Sauf qu'ici,

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BAC à fables

ARTS | Réunissant une soixantaine d’artistes, la 12e Biennale d’art contemporain, "Entre-temps… Brusquement et ensuite", tentera de nous raconter des histoires autrement, à travers une multitude de formes nouvelles de «récits visuels». Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 mai 2013

BAC à fables

Qu'est-ce, en quelques mots, qu'une psychothérapie ? C’est réécrire une histoire qui vous colle à la psyché et aux émotions, c’est remettre un peu de jeu dans des significations figées, c’est rouvrir par les mots nos rapports aux choses (à "la chose" aussi), aux autres, à soi-même. L’espèce humaine, au-delà de sa biologie, est tissée d’histoires (grandes et petites), de dits et de non-dits ; le «parlêtre» comme le désignait Lacan est parlé et regardé avant de pouvoir parler et voir. Ce n’est donc pas une mince affaire que se coltinent écrivains et artistes que de réinventer des formes (langagières ou plastiques) de narration. Cela touche immédiatement au fond, à la texture, à l’existence d’un bonhomme ou d’une "bonne femme". Ca vous rend un peu plus libre ou différent, ça ouvre quantité d’idées et parfois fiche un peu le vertige. L’art, en bidouillant des formes de récit, vous donne à trembler dans l’être, individuel ou collectif (politique), jamais bien éloignés l’un de l’autre. De Poussin à Koons L’histoire de l’art occidental est largement dédiée

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L'art est un jeu d'enfant

ARTS | Ça y est, c'est la sacro-sainte trêve des confiseurs. Les hémicycles sont déserts, les terrains de football en friche et la plupart des établissements culturels en sommeil. Bonjour l'ennui ? Non. Ne serait-ce que parce que les médiateurs des musées, eux, profitent de la période pour redoubler d'initiatives à l'adresse des plus jeunes. Décortication et coup d'œil sur quelques rendez-vous familiaux qui valent le coup. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 20 décembre 2012

L'art est un jeu d'enfant

«Nous sommes là pour faire en sorte qu'une personne qui découvre une œuvre le fasse dans les meilleures conditions possibles. Pas pour qu'elle l'apprécie mais pour qu'elle soit titillée par elle sur les plans intellectuel et émotionnel». Ainsi s'exprime Patricia Creveaux, chargée de programmation au Musée d'Art Contemporain, quand on lui demande d'expliciter la vocation qui sous-tend les activités de médiation culturelle que propose le lieu en marge de ses expositions. Marie-Anne Privat-Savigny, directrice des Musées Gadagne, voit pour sa part dans la somme d'ateliers déroulée en parallèle des collections présentées par ses établissements «des compléments indispensables du discours scientifique, qui insufflent de la vie aux objets exposés». Autant dire que chez l'une comme chez l'autre, mais aussi au Musée de l'Imprimerie, où l'on partage cette envie quasi pieus

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En tenir une couche

ARTS | Les enfants ne lui avaient rien demandé. Gianni Colosimo leur impose à coups de pastiches une enfilade de clichés sur l’art contemporain. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 5 octobre 2012

En tenir une couche

Après une première édition au Centre Pompidou de Metz, Gianni Colosimo propose, à la Sucrière, de raconter aux enfants l’histoire de l’art contemporain à travers ses propres «remakes». «En pratique, précise l’artiste italien, mon intervention artistique consiste à donner une nouvelle vision de l’œuvre d’art dans laquelle l’enfant peut s’impliquer d’une manière ludique, en l’interprétant par son propre raisonnement.» Le projet nous paraissait dès le départ un peu douteux : certaines formes d’art mises à part (l’art conceptuel au premier chef), pourquoi la création contemporaine aurait-elle besoin d’être "refaite" ou "rendue rigolote" pour devenir accessible aux enfants qui, en général, sont loin d’être des quiches et peuvent l’aborder avec leurs propres moyens, parents, ou médiateurs patentés (ils sont en général légion dans les musées) ? On ne voit pas, par exemple, pourquoi les bandes de Buren appliquées par Gianni Colosimo à des chaises longues et à des cabines de plage seraient plus amusantes ou plus "abordables" que les grandes cabanes que le célèbre artiste français avait présentées à l’Institut d’Art Contemporain il y a quelques a

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Dérives artistiques

ARTS | Entretien avec Damien Blanchard (Administrateur du Bleu du ciel) et Julie Rodriguez-Malti (directrice du centre d’art Néon), jeunes co-présidents d’Adele depuis janvier 2012 Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 1 juin 2012

Dérives artistiques

Comment s'est déroulé le premier «Week-end art contemporain» d’Adele l'an dernier, quel bilan en tirez-vous ?Damien Blanchard et Julie Rodriguez-Malti : Ce week-end était organisé comme un grand voyage sur deux jours, nous proposions 5 parcours, 22 expositions à découvrir et quelques pique-niques dans les cours et jardins de certaines galeries et centres d'art.Le public, très éclectique et de tous âges, était sincèrement enthousiaste. Quelles seront les nouveautés cette année ?Il y en a beaucoup. D’abord, nous laissons la possibilité au public de dériver comme il le souhaite, de suivre l'ensemble d'une balade proposée ou de la prendre en cours de route. Ensuite, nous proposons une balade entièrement dédiée aux enfants (et parents), avec un atelier pour expérimenter l'art abstrait ; un coup de cœur pour les éditions Broadcast Posters, sorte de galerie sur papier créée par deux jeunes artistes lyonnais et qui produit deux éditions par an environ ; la visite d’un atelier d’artiste, avec  Zoé Benoit qui ouvrira son espace de travail pour montrer et parler de ses projets en cours. Enfin, de grandes institutions co

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D'une Biennale à l'autre

ACTUS | La Biennale d'art contemporain 2011 (Une terrible beauté est née) a attiré, selon ses organisateurs, un public encore plus nombreux que d'habitude : 201 000 (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 janvier 2012

D'une Biennale à l'autre

La Biennale d'art contemporain 2011 (Une terrible beauté est née) a attiré, selon ses organisateurs, un public encore plus nombreux que d'habitude : 201 000 entrées, soit une augmentation de 20% par rapport à 2009. Un succès mérité selon nous tant cette biennale était réussie. La prochaine édition 2013 sera conçue par l'Islandais Gunnar Kvaran, directeur du musée Astrup Fearnley à Oslo, et grand spécialiste de l'art contemporain scandinave.

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Les rendez-vous de la création contemporaine #91

ARTS | Podcast / De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques.

Dorotée Aznar | Mercredi 4 janvier 2012

Les rendez-vous de la création contemporaine #91

Date de première diffusion:  4 Janvier 2012Emission n°91Durée: 30’52 minInvité: Clément Rodzielski, artiste. Contenu: De passage à Lyon pour une conférence à l’école des Beaux-arts, Clément Rodzielski a accepté de répondre à quelques questions concernant son travail. Il s’agit d’une opportunité de découvrir la démarche d”un artiste qui agit loin de la facilité.   Chroniques: Gwilherm Perthuis s’intéresse à l’ouvrage ‘Ecorces’ de Georges Didi-Huberman; Michel Nurisdany part en Hongrie et évoque la situation de l’art et ses rencontres artistiques. Liens utiles: Site web de la galerie française de C. Rodzielski, la galerie Chantal Crousel. Retrouvez également : le blog des rendez-vous de la création contemporaine 

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Art noctambule

ARTS | Nuit résonance / Ce jeudi 24 novembre, un grand nombre de galeries et centres d’art (sur la Presqu’île et le plateau de la Croix-Rousse essentiellement, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 17 novembre 2011

Art noctambule

Nuit résonance / Ce jeudi 24 novembre, un grand nombre de galeries et centres d’art (sur la Presqu’île et le plateau de la Croix-Rousse essentiellement, ou à proximité comme la galerie Artaé dans le 3e par exemple) ouvrent leurs portes jusqu’à 23h environ. Vous pouvez en profiter pour découvrir les expositions de William Klein au Réverbère, du photographe anglais Tom Wood au Bleu du Ciel, de l’égyptien Nabil Boutros chez Regard Sud, de cinq jeunes artistes interrogeant notre perception de la réalité à Néon, ou des très nombreux artistes, de la Figuration libre ou narrative notamment (Erro, Rancillac, DiRosa, Fromanger), qui rendent hommage à Christian Calligarot, fondateur de la galerie Confluence(s) à l’IUFM… Par ailleurs, l’Ecole des beaux-Arts présente une exposition éphémère autour des relations entre l’art et l’histoire, et plusieurs DJ (dont le petit-fils du compositeur Prokofiev !) proposent un drôle de bal place des Terreaux en mixant du Steve Reich, du Stockhausen ou du Ligeti… Autre événement a priori fort sympathique : de très nombreux films d’artistes seront projetés au Passage Thiaffait, projections entrecoupées de performances d’Eric Watier qui expose actuellement

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Histoire d’une collection

ARTS | Souvenirs, souvenirs… De 1979 à 1999 existait à Saint-Priest un Centre d’art contemporain qui a constitué en 20 ans une collection ambitieuse et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 octobre 2011

Histoire d’une collection

Souvenirs, souvenirs… De 1979 à 1999 existait à Saint-Priest un Centre d’art contemporain qui a constitué en 20 ans une collection ambitieuse et impressionnante, forte de quelque 60 œuvres (essentiellement picturales)… Des abstraits Olivier Debré, Hans Hartung, Simon Hantaï aux figuratifs Gérard Fromanger, Gilles Aillaud, Robert Combas, en passant par de nombreuses grandes figures de l’art comme André Masson, Gerhard Richter, Arnulf Rainer… On peut découvrir les deux tiers de cette collection au Château de Saint-Priest jusqu’au 27 octobre. A noter aussi : le "Brunch de la Collection" samedi 22 octobre de 11h à 14h, suivi d'une visite guidée. (Tarifs entre 8 et 15€ et réservation au 04 78 21 79 14). JED

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Une formidable Biennale est née

ARTS | Expo / Originalité des œuvres et des artistes présentés, sensibilité et intelligence des thématiques déclinées, précision de la scénographie, indifférence libre aux sirènes de la mode : la 11e Biennale d’art contemporain est une édition quasi parfaite. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 23 septembre 2011

Une formidable Biennale est née

Un performeur nu et sanglé tente avec énergie de tirer deux des piliers de la Sucrière, d’entraîner le bâtiment avec lui… La commissaire invitée de la Biennale, Victoria Noorthoorn, déclarait vouloir « faire bouger la bête et le système » et d’emblée, avec l’artiste Laura Lima, elle réalise son propos de manière littérale ! À la Sucrière, le théâtre, les puissances de l’imagination et les utopies rythment une exposition aérée, agréable à parcourir, finement mise en scène et regorgeant d’œuvres touchantes ou étonnantes. Comme cette impressionnante bibliothèque à la Borges réalisée par le Polonais Robert Kusmirowski dans un immense cylindre. Un lieu à l’abandon, traversé de fumée, jonché de pages de livres et abritant aussi de curieuses machines désuètes à moitié rouillées. Ou comme cette série de peintures de la Britannique Lynette Yiadom-Boakye représentant avec une grande force plastique des personnages, isolés ou en groupes, hors de tout contexte spatio-temporel. Peintures et installations, sculptures et dessins, œuvres intimistes et œuvres monumentales alternent sans heurt : du drôle de petit animal encagé de Michel Huisman à la Recherche sur l’origine de Robert Filli

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Jardins extraordinaires

ECRANS | Tout «résonne» avec la Biennale d’Art Contemporain, même le cinéma ! Un premier exemple au Comœdia cette semaine où l’artiste argentin Jorge Macchi présentera le film dont il s’est inspiré pour créer son œuvre présentée à la Biennale : L’Année dernière à Marienbad. CC

Dorotée Aznar | Vendredi 9 septembre 2011

Jardins extraordinaires

Si dans un premier temps ce sont les cinéastes qui sont allés chercher dans l’art de potentielles inspirations (on pense à la spectaculaire et orageuse collaboration entre Dali et Hitchcock sur La Maison du Docteur Edwardes ou à celle, récemment exhumée, entre le même Dali et Walt Disney), ces dernières années, ce sont les artistes (contemporains) qui ont fini par utiliser le cinéma comme matière de leur travail. On se souvient du 24 hour Psycho de Douglas Gordon, où le Psychose d’Hitchcock était diffusé au ralenti pendant une journée, transformant chaque photogramme en œuvre à part entière et lui conférant une signification nouvelle, purement esthétique et non plus narrative. La démarche de Jorge Macchi, artiste natif de Buenos Aires, consiste à l’inverse à extraire l’image de l’écran et à la matérialiser dans la réalité. Mais il n’a pas choisi n’importe quel long-métrage : L’Année dernière à Marienbad, dont il a recréé le jardin au milieu de l’architecture industrielle des usines T.A.S.E. de Vaulx-en-Velin, mettant ainsi les spectateurs à la place des acteurs, tout en conservant la dimension d’inquiétante étrangeté qui a dû accompagner sa découverte en 1961. Car le film de Res

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Le système foie gras

ARTS | Off / À Lyon comme ailleurs, chaque gros festival ou événement culturel ressemble de plus en plus à un gavage d’oies. Pendant toute la durée dudit événement, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2011

Le système foie gras

Off / À Lyon comme ailleurs, chaque gros festival ou événement culturel ressemble de plus en plus à un gavage d’oies. Pendant toute la durée dudit événement, il faut pouvoir écouter, voir, danser 24h/24h et ce sur l’ensemble du territoire en question. Impossible d’échapper au mastodonte et, sous-entendu implicite, si vous n’y trouvez pas votre compte ou votre tribu, vous n’êtes qu’un ingrat ou un rustre. La Biennale d’art contemporain n’échappe pas à cette hystérie ubiquitaire… En plus des quelques 70 artistes et quatre lieux officiels, elle propose comme éléments satellites : une programmation Veduta implantée surtout en banlieue (avec des artistes en résidence et des événements dans des quartiers difficiles ou des lieux décentrés), une foire d’art contemporain, d’innombrables expositions en «Résonance» dans les galeries, musées et centres d’art de la région, des spectacles vivants eux-aussi résonant, un focus sur une dizaine d’expositions du programme «Résonance» (dont on peut conclure donc qu’elles résonnent plus que les autres !), des concours d’affiches, de photos, de vidéos, de nouvelles… C’est la fête, ou alors vous n’êtes qu’un mauvais coucheur… Nous retiendrons surtout,

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L’anti-système Victoria ?

ARTS | Focus / Ceux qui ont lu le dernier très bon roman de gare d’Eric Reinhard, Le Système Victoria (Stock), seront tentés de faire un parallèle entre Victoria (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2011

L’anti-système Victoria ?

Focus / Ceux qui ont lu le dernier très bon roman de gare d’Eric Reinhard, Le Système Victoria (Stock), seront tentés de faire un parallèle entre Victoria Noorthoorn, commissaire invitée de la 11e Biennale de Lyon, et le personnage fictif de Victoria, DRH d’une multinationale et figure emblématique du capitalisme contemporain, à l’éthique minimaliste et aux désirs et à la voracité professionnelle maximalistes. Victoria Noorthoorn est tout aussi attirante, internationale, et son CV offre tous les gages de réussite dans le «système» de l’art contemporain, jamais très éloigné du monde ultralibéral d’aujourd’hui… Pourtant, la jeune femme s’inscrit en rupture (voir notre interview), si ce n’est en opposition, avec ce «système», cet art contemporain un peu caricatural et caricaturé. Et nous, naïfs peut-être, nous avons très envie d’y croire ! À l’encontre d’un art contemporain aseptisé, distant, frileux ou décoratif, Victoria Northoorn promet dans sa biennale une beauté mêlée d’effroi, un retour aux émotions et au «vivant», une place de choix donnée au dessin, un art à la fois en relation avec le réel et à distance émancipatrice, imaginaire et utopique de celui-ci, une réflexion sur l

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11e Biennale de Lyon

ARTS | 11e Biennale de Lyon, «Une terrible beauté est née», du 15 septembre au 31 décembre à : La Sucrière, quai Rambaud Lyon 2e La Fondation Bullukian, 26 place (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2011

11e Biennale de Lyon

11e Biennale de Lyon, «Une terrible beauté est née», du 15 septembre au 31 décembre à : La Sucrière, quai Rambaud Lyon 2e La Fondation Bullukian, 26 place Bellecour Lyon 2e Musée d’art contemporain, Cité Internationale, Lyon 6e Usine T.A.S.E., 14 rue du Textile, Vaulx-en-Velin Tarifs : 6 à 12€ Ouverture du mardi au samedi de 11h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 19h Nocturnes jusqu’à 21h les vendredis 7 oct, 4 nov, 2 déc Navettes fluviales gratuites (sur présentation du billet d’exposition) reliant la Sucrière, la Fondation Bullukian et le MAC, sur la Saône, les samedi et dimanche de 13h à 19h Des visites commentées en langue des signes et des visites adaptées pour les malvoyants, gratuites, sont prévues Renseignements : 04 27 46 65 65 ou www.labiennaledelyon.com

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«L’art, à la base, c’est exprimer des émotions»

ARTS | Entretien / Victoria Noorthoorn, 40 ans, commissaire indépendante argentine invitée à concevoir la 11e Biennale d’art contemporain de Lyon. Propos recueillis par JED

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 6 septembre 2011

«L’art, à la base, c’est exprimer des émotions»

Petit Bulletin : Dans vos propos sur la Biennale, vous parlez d'émotions, d'intuitions, et même de beauté, ce qui est assez inhabituel dans la sphère de l'art contemporain !Victoria Noorthoorn : Je pense que l'art contemporain est aujourd'hui de plus en plus standardisé. Il entre dans des formules, des discours homogénéisés, des références et des raisonnements à la mode. On voit partout dans le monde des gens qui regardent et parlent des mêmes choses, qui utilisent les mêmes termes, pour créer des tendances qui se répètent et qui finissent par se vider de leur sens... J'espère que mon regard sera une sorte de provocation pour voir d'une autre façon les œuvres exposées. Œuvres qui ont besoin d'être repensées à chaque fois à partir de leurs propres entités, réalités, propositions. Il faut faire confiance aux artistes et aux œuvres, celles-ci ayant beaucoup de significations à plusieurs niveaux. On oublie beaucoup aussi qu'à la base de l'art, il y a la nécessité d'exprimer des émotions. Pourriez-vous nous donner votre définition de l'art ?Une définition de l'art ! (rires étranglés) Je pourrais

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Une Biennale alléchante

ARTS | Biennale / La 11e Biennale d'art contemporain s'annonce des plus prometteuses, avec une volonté affichée de secouer les habitudes et d'ouvrir l'art à la poésie, à la littérature, au théâtre... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 juin 2011

Une Biennale alléchante

Le titre de la Biennale, «Une terrible beauté est née», est tiré d'un poème de W.B. Yeats écrit en 1916 à l'occasion d'une insurrection irlandaise face à l'occupant Britannique réprimée dans le sang. «Le poète est perplexe face à cette manifestation et à ses conséquences. De même, l'artiste ne juge pas mais cherche à comprendre la complexité du monde d'aujourd'hui. Cette Biennale voudrait être honnête avec cette perplexité, elle voudrait parler des émotions contradictoires que l'on peut avoir à la lecture du journal du matin comme devant les œuvres des artistes», déclare Victoria Noorthoorn. Émotions, beauté, honnêteté ne sont pas des termes toujours très en vogue dans la «sphère» de l'art contemporain. Et l'on perçoit dans les déclarations ou les textes de la jeune commissaire invitée, vivant à Buenos Aires, la volonté de faire bouger les lignes, les habitudes et les idées reçues. «Faire un peu bouger la bête et le système qui nous gouverne», comme elle le dit encore elle-même, c'est tout le mal qu'on lui souhaite, ainsi qu'aux 70 artistes choisis (parmi lesquels beaucoup d'artistes d'Amérique du Sud). Ils exposeront à la Sucrière, au Musée d'art cont

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Tokyo Mon Amour

MUSIQUES | Carte blanche / Si Paul le Poulpe était toujours de ce monde, on aurait pu soupçonner Arty Farty d’avoir consulté l’oracle avant de boucler sa (...)

Dorotée Aznar | Mardi 24 mai 2011

Tokyo Mon Amour

Carte blanche / Si Paul le Poulpe était toujours de ce monde, on aurait pu soupçonner Arty Farty d’avoir consulté l’oracle avant de boucler sa programmation. Au moment où, fin 2010, Violaine Didier aurait brassé du tarot pour savoir quelle direction donner à la traditionnelle Carte Blanche, Paul aurait levé un tentacule tremblant en pointant l’Est, l’Empire du Soleil Levant. Hélas, personne n’a vu venir le séisme japonais, et c’est donc en se gardant de toute sinistre prémonition que Nuits sonores accueille cette année une délégation d’artistes tragiquement à propos. Tapis rouge et carte blanche, donc, à Tokyo. Et comme on dit souvent «les femmes et les enfants d’abord» en cas de cata, citons pour commencer deux girls bands parmi ces valeureux invités. OOIOO (vendredi 3 juin), quatuor féminin formé par la batteuse des Boredoms, viendra souffler son cyclone noise-pop expérimental à base de chants saccadés et de mélange des langues. Prononcer «oh-oh-aïe-oh-oh» pour la phonétique, prélude à leur monde d’onomatopées en mode hystérique. Tout aussi «femmes s’en mêlent», Nisennenmondai (samedi 4 juin) brouille pêle-mêle les pistes entre post-rock et bandes-son

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Thierry Raspail

ARTS | Directeur du Musée et de la Biennale d'art contemporain. JED

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 3 décembre 2010

Thierry Raspail

Petit Bulletin : Qu'est-ce qui vous a marqué depuis 1997 dans la vie culturelle à Lyon ?Thierry Raspail : Je ne vois pas un événement précis mais une continuité de structures, récentes ou anciennes, avec des personnalités fortes et proposant une offre culturelle incomparable, Paris mis à part. On ne voit cela ni à Toulouse, ni à Nantes, ni à Bordeaux... Des Nuits sonores aux Assises du roman, il y a un bloc, avec des programmations exigeantes et diversifiées, qui couvrent l'ensemble du spectre de la création. Je pense que Lyon est arrivée aujourd'hui à une période de maturité culturelle (en 1997, elle avait peut-être encore un peu l'image caricaturale d'une ville prétentieuse et sévère, tristounette), avec une grande créativité, une dynamique de production du nouveau. À l'inverse par exemple de Marseille qui est plutôt forte dans la friche, la récupération de lieux transformés...Les Assises c'est le roman d'aujourd'hui, le Grame c'est la musique d'aujourd'hui. En danse, nous avons la biennale et le défilé, et l'un des meilleurs ballets français à l'opéra. Nous avons, du côté artistique, le Musée des beaux-arts, les fabuleuses collections du Musée des tissus, l

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Gagnés par le doute

ARTS | Expos / Nous sommes perdus mais rien n'est perdu. Telle est l'impression laissée par les deux expositions collectives de l'IAC : au bord du vide, les artistes n'ont jamais été aussi différents dans leurs approches, curieux, défricheurs, gagnés et gagnants par le doute... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 28 janvier 2010

Gagnés par le doute

Dans l'une des premières salles de l'Institut d'art contemporain sont présentées deux œuvres de Philippe Decrauzat : un morceau de barrière, noir, et qui semble suspendu au-dessus du sol, et un sol justement, peint de lignes noires ondulant sur fond blanc... L'effet optique donne l'impression qu'il se dérobe sous nos pieds, bouge et se disperse en plusieurs pistes sinueuses et troublantes. Bienvenue dans un univers (le nôtre) dont l'espace et le temps sont sortis de leurs gonds, aux repères s'effaçant et flottants, aux chemins multiples et nébuleux ! Sur notre gauche, la première exposition rassemble plusieurs œuvres des collections de l'IAC : des «Étagères» de Delphine Reist avec des outils électriques (perceuses, ponceuses...) se révoltant bruyamment contre leur enfermement derrière des vitrines, jusqu'à l' «Arbre en bois sous un soleil électrique» de Pierre Malphettes, arbre totalement artificiel mais qui glisse cependant peu à peu vers une présence poétique et mélancolique. On découvrira aussi, au sein de l'accrochage, l'installation vidéo en cinq écrans de l'Espagnol Jordi Colomer, «En la Pampa». Soit l'errance d'un couple dans le désert chilien, discutant de tout et de rien,

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Pour les nuit-arts

ARTS | Biennale / Dans le cadre de la Biennale d'art contemporain, la Nuit Résonance propose moult nocturnes en galeries, des performances et une grande soirée à la Plateforme. Petit emploi du temps en guise de sélection subjective. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 12 novembre 2009

Pour les nuit-arts

14h-16h au Musée d'art contemporain«C'est lorsqu'on est environné de tous les dangers, qu'il n'en faut redouter aucun ; c'est lorsqu'on est sans ressource, qu'il faut compter sur toutes», écrit Sun Tse dans ‘L'Art de la guerre’. Cette citation semble aller comme un gant à l'œuvre de Sarkis, ‘L'Ouverture’, présentée au Musée d'art contemporain. Ici, un peu de lumière rouge, des journaux poussés par de l'air, quelques néons et vitraux, suffisent à imprimer à un étage entier du musée une atmosphère de désolation et de fin du monde. Une mélancolie qui pousse en même temps à réinventer quelque chose. De 14h à 16h, le Danzatelierstudios investit l'œuvre ouverte de Sarkis pour présenter un projet chorégraphique. 18h Galerie Anima(l)Direction la station de métro Ampère pour découvrir à la fois une petite galerie animalière et une nouvelle exposition consacrée à Nicko Rubinstein, triturant Mickey en tous sens, et rappelant au passage qu'il n'est qu'un rat ! 19h Galerie des TerreauxDe 18h à minuit, la Galerie des Terreaux (place des Terreaux) ouvre exceptionnellement ses portes à plusieurs centres d'art de la périphérie de Lyon : Le Centre d'art de Saint-Fo

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Salle d'attente

ARTS | «Rendez-vous», événement créé en 2002 défendant la jeune création contemporaine, propose une édition 2009 assez exceptionnelle réunissant une vingtaine de plasticiens. Parmi eux, l'Argentine Veronica Gomez expose une installation-environnement particulièrement émouvante... Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 16 octobre 2009

Salle d'attente

Un long couloir étroit et grisâtre. Au bout, on aperçoit la lumière d'une applique et entend quelques notes de piano s'égrenant seules, mélancoliques et vénéneuses. On apprendra plus tard qu'il s'agit des ‘Vexations’ d'Erik Satie, composées en 1893 après à sa rupture avec la peintre Suzanne Valadon, seule (courte) liaison connue du musicien. Une brève mélodie qu'il faut répéter 840 fois et qu'un John Cage a eu l'enthousiasme d'interpréter dans son intégralité, vingt heures durant... L'amour, la création, le temps : voici les trois «héros» de Veronica Gomez posés d'emblée, par touches discrètes. Franchissant ensuite une vieille porte entrebâillée, nous découvrons une sorte de chambre de bonne, quittée récemment par une jeune inconnue : il y a des mégots de cigarettes nimbés de rouge à lèvres dans un cendrier, un petit lit défait avec un carnet à dessins posé dessus, des mules rouges au pied du lit, quelques bijoux et bibelots féminins sur la table de nuit... Le visiteur devient vite une sorte de détective traquant les indices pour en connaître un peu plus à propos de l'absente. Et sur un bureau trouve cette carte d'astrologue où il est écrit : «Vous trouverez l'amour de votre vie da

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Les jeunes pousses

ARTS | L'École des Beaux-Arts, l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne et le Musée d'art contemporain de Lyon s'entendent comme larrons en foire lorsqu'il (...)

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 11 septembre 2009

Les jeunes pousses

L'École des Beaux-Arts, l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne et le Musée d'art contemporain de Lyon s'entendent comme larrons en foire lorsqu'il s'agit, chaque année, de rassembler une vingtaine de jeunes artistes internationaux peinturlurant, installant, sculptant ou photographiant du contemporain. L'événement intitulé "Rendez-vous" a été créé en 2002 et se déroule alternativement dans chacun des lieux précités. Cette année, on pourra par exemple (re)découvrir le couple italien Botto&Bruno composant d'invraisemblables paysages urbains à partir de grands photo-montages ; les images soignées de la Lyonnaise Magali Lefebvre qui n'aime rien plus que de méditer sur et dans des friches industrielles ; la Parisienne Élodie Lesourd qui peint en trempant son inspiration dans l'univers du rock ; les dessins et peintures muraux de Ludovic Paquelier revisitant l'imagerie populaire pour créer des fictions nouvelles... « Rendez-vous 2009 »Jusqu'au 29 novembre à l'Institut d'Art Contemporain à Villeurbanne.

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Réinventer le quotidien

ARTS | Hou Hanru (commissaire invité) et Thierry Raspail (directeur artistique) nous donnent les grandes lignes de la 10e Biennale d'art contemporain consacrée au « Spectacle du quotidien »... Propos recueillis par Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Mercredi 9 septembre 2009

Réinventer le quotidien

Petit Bulletin : Qu'entendez-vous par «Le Spectacle du quotidien» ?Hou Hanru : Je pense qu'aujourd'hui on ne peut plus exister en dehors du spectacle, des médias, etc. La Biennale est elle-même évidemment un spectacle. Il n'y a plus de critique possible à partir d'un lieu qui échapperait au spectacle. La question devient donc : quel genre de spectacle peut-on montrer pour qu'il ait un sens, pour que les gens puissent imaginer d'autres mondes possibles, pour insuffler davantage de liberté de création artistique ? Et la réponse est peut-être le monde du quotidien, souvent exclu ou négligé par le spectacle. Ce monde où les gens vivent, inventent, élaborent des visions et des stratégies alternatives, améliorent le spectacle. Mon travaille se place sous l'influence d'un certain courant de la philosophie française (Guy Debord, Henri Lefebvre, Michel De Certeau...) qui part de la critique du spectacle et de la possibilité que la vie quotidienne puisse le transformer. Ces deux choses opposées, mises ensemble, peuvent générer une véritable énergie, un nouveau terrain d'expérience. À cet endroit, l'art peut prendre sens dans la réalité sociale. Thierry Raspail :

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La quatrième dimension

ARTS | Expo / L’Institut d’Art Contemporain réunit huit jeunes sculpteurs qui tordent l’espace en tous sens pour mieux le réinventer, le donner à imaginer, le remettre en question et en fictions. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 28 novembre 2008

La quatrième dimension

Née à la fin du XIXe siècle, l’idée de modernité artistique est grossièrement la suivante… Fi des œuvres inféodées aux grands récits, à la narration ou à l’illustration des petites ou grandes histoires (mythologiques, religieuses, politiques, sociales). Place à un art autonome déployant ses propres forces plastiques, place aux surfaces et aux lignes libérées de leurs tutelles vieillottes et mutilantes… Cela débute avec Manet et les impressionnistes et aboutit peu à peu, notamment, à l’abstraction formelle : pur déploiement de lignes et de couleurs qui refusent toute interprétation ou signification autres qu’elles-mêmes. «Ce que vous voyez, c’est ce que vous voyez», disait le peintre Franck Stella dans les années 1960. La formidable exposition du Musée des Beaux-Arts, Repartir à zéro (jusqu’au 2 février), montre qu’entre 1945 et 1949, une nouvelle génération d’artistes abstraits apparaît : des Rothko, Pollock, Newman ou Soulages qui, s’ils reprennent à leur compte, peu ou prou, le vocabulaire de l’abstraction géométrique «pure», n’en dénient plus pour autant l’expression des tragédies humaines, ni certains liens avec la psyché, des affects, des idées diffuses… Sculpter l’imagin

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Lumières solides

ARTS | Expos / l'Institut d'Art Contemporain présente deux artistes américains des plus singuliers : Anthony McCall et ses expériences lumineuses, Allen Ruppersberg et ses inclassables expériences post-conceptuelles. Jean-Emmanuel Denave

Christophe Chabert | Mercredi 13 décembre 2006

Lumières solides

Anthony McCall (né en 1946 en Grande-Bretagne) est l'un des pionniers du cinéma expérimental des années 70 qui intervenait dans des clubs underground aux États-Unis. Après une sorte de traversée du désert, l'artiste investit maintenant les musées où il présente ses superbes et étonnants «films de lumière solide». McCall sort de l'écran pour mettre en relief le dispositif de projection en tant que tel, métamorphosé en une sorte de sculpture de lumière que le spectateur peut traverser, percevoir sous tous les angles, et presque palper. Grâce à un système de fumigènes, les cônes de lumière s'échappant du projeteur semblent en effet tactiles, concrets, découpant dans l'espace noir de la salle leurs volutes géométriques, leurs plans incurvés en suspens, verticaux ou horizontaux... On y voit apparaître et disparaître étrangement les autres visiteurs, dont une partie du visage ou du corps paraît flotter parmi les nappes lumineuses en mouvement. Trois œuvres de McCall sont exposées à l'Institut d'Art Contemporain : trois expériences perceptives singulières qui interrogent le dispositif cinématographique, tentent de rendre concret l'immatériel, inventent un cinéma sans image... Cabinet de

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La Folle du logis

ARTS | Expo / Fabien Verschaere transforme un étage du Musée d'art contemporain en hôtel fantasmagorique. Un véritable trip halluciné qui vous prend comme une grande bouffée de rire et d'angoisse. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 28 février 2007

La Folle du logis

Il y a urgence pour Fabien Verschaere. Urgence du cri, du dessin, de la prolifération des formes, de l'invention d'une mythologie personnelle. Urgence aussi du corps et de la production d'un monde échappant justement à la production, à l'économie, à la norme. «Mon travail est lié à une pratique face à ma condition quotidienne. Enfant, j'ai effectué plusieurs séjours hospitaliers qui m'ont amené à une conscience du corps et surtout à décliner un esprit revendicatif vis-à-vis d'un état physique», déclare l'artiste dans une interview. Comme ces philosophes, admirés par Gilles Deleuze, ayant une santé fragile et traversés par un excès de vie (Nietzsche, Spinoza...), Fabien Verschaere, à partir du terreau friable de sa propre biographie, pense et compose avec des forces vitales, des puissances qui le dépassent et le traversent à la fois. «La prolifération est l'épicentre de mon activité. Mon travail est vital, complexe parfois, mais toujours fondé sur l'oubli du concept, allant plus vers ma propre vision du monde quotidien. C'est la raison pour laquelle il y a beaucoup de dessins et de pièces, car tout n'est qu'urgence et je dois toujours courir pour ne rien rater des actions qui m'ento

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Incorrigible François Curlet

ARTS | Expo / L'IAC présente la première grande exposition consacrée à François Curlet qui, à travers une soixantaine d'œuvres désopilantes, renverse et malmène nos codes culturels et économiques. Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 14 mars 2007

Incorrigible François Curlet

Après Allen Ruppersberg et avant Jeff Geys, l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne expose l'inclassable François Curlet. L'air de ne pas y toucher, la nouvelle directrice de l'Institut, Nathalie Ergino, pose peu à peu les bases de sa ligne artistique : exposer des électrons libres post-dada et post-conceptuels qui, à la belle forme, préfèrent de très loin les court-circuits humoristiques et critiques entre l'art et la vie quotidienne, économique et politique. Bref, des olibrius qui ne renieraient pas le bon mot, célèbre et génial, de Robert Filliou : «L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art». Né en 1967 à Paris, Lyonnais jusqu'à l'âge de 22 ans, vivant actuellement entre Bruxelles et Paris, François Curlet est un modèle du genre. Héritier de Dada, du Pop Art, des Situationnistes et de Jeff Geys justement, ce trublion sarcastique et génial a déjà un beau tableau de chasse derrière lui : en 1994, il ramasse avec des clochards des cannettes de bière consignées pour tenter de lancer une O.P.A. sur Pechiney ; en 2002, il recrute sur petites annonces une volontaire à qui il paye quatre mois de vacances en échange de son journal intime (cette expérience aboutit à u

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