Webradios : retour vers le futur

LYL & RADIOSHIC | C'est un vent de fraîcheur soufflé par une poignée d'agité-e-s retrouvant l'esprit des radios libres du début des années 80 : éclectiques et militantes, artisanales et indépendantes, les webradios fédèrent les énergies tout en éclatant les formats.

Lisa Dumoulin | Mardi 13 décembre 2016

Photo : Charles Ele de Radioshic © DR


Ce n'est pas une histoire d'âge. Ni de style. Mais d'énergies. « Notre animateur le plus jeune a 19 ans, le plus vieux 74 ans : il s'agit de Michel Caillat, à Genève » explique Lucas Bouissou, le fondateur de LYL, qui poursuit : « c'est une bible du jazz, qui anime l'émission Des musiques créoles. Nous avons des professeurs du conservatoire, des DJs, des patrons de labels, des disquaires, des chercheurs en musicologie… » détaille-t-il encore.

De fait, sa radio balaye un large spectre de styles : de l'electro-acoustique à la musique baroque médiévale, en passant par le funk, la soul, le jazz et la new wave, le disco, la techno... On peut y entendre un professeur de musique classique qui étudie Jimi Hendrix, un collectif féminin qui programme exclusivement des musiques produites par des femmes (Polyphones), ou encore l'émission Chose contraire qui mêle littérature et musique.

Créée durant l'été 2015 par Lucas, LYL possède un studio fixe qui n'a rien à envier aux FM, installé depuis début février 2016 dans une impasse près des quais de Saône. Avant, LYL officiait en nomade, s'installant le temps d'un week-end chez les disquaires Groovedge ou Chez Émile. Ce qui caractérise cette radio ? Le live : ici, pas de cuisine d'assemblage, que du fait main dans la minute.

Pointues

L'idée initiale était de rassembler une communauté de potes naviguant dans la musique. Trop différents pour se regrouper sous la forme d'un label, ne se retrouvant dans aucun média : Lucas a décidé de les réunir en en créant un à leur image, de média, reflet de ce qui ce passe musicalement à Lyon. Pari tenu.

Les modèles : Rinse, créée à Londres en 1994 et lancée en France en 2014, ou NTS, « phare des webradios » selon Lucas, créée aussi à Londres en 2011 par Clair Urbahn et Femi Adeyemi (l'un des fondateurs de Boiler Room), qui émettent 24 heures sur 24, sans publicité. C'est l'objectif de LYL, qui diffuse déjà en live de 14h à 22h du mardi au samedi et programme les archives le reste du temps. Mais l'ouverture d'un studio sur un autre continent est en projet, afin d'animer la nuit aussi. Un studio à Paris a récemment ouvert, qui produit 30% du contenu ; le reste est toujours made in Lyon, mais ce dédoublement permet d'élargir le cercle des animateurs pertinents.

Indépendantes

La radio ne réalise pas de bénéfices mais Lucas l'affirme : « nous tenons à garder la radio en dehors de tout circuit économique. » Même démarche pour Radioshic, dont les curateurs (Charles Cox, Écoute prolongée, Irina, Mat Gallet, Peggy et Ubertrigger) ne sont là que pour le plaisir de découvrir et faire découvrir. Cette webradio débute circa 2004-2005, à la grande époque des audioblogs : c'est l'une des premières du pays. Puis surfe sur la vague des podcasts en 2006-2007 avant de lancer le projet Caravane chic : des fêtes sauvages et nomades.

Depuis six mois, Radioshic est devenue une vraie webradio, ayant pour ambition de « proposer des émissions itinérantes en live, dans des bars, des assos, des friches artistiques ; on pense à la Taverne Gutenberg ou aux nouveaux hôtels-auberges ouverts récemment… » indique Charles Ele, qui programme la journée tandis que ses acolytes proposent des mixes en soirée. Radioshic n'a pas de locaux, mais n'en a pas besoin : « tout ce qu'il nous faut, c'est une bonne connexion Internet. »

C'est bien là la force incroyable des webradios : la liberté et l'indépendance totale. Couplée à l'absence de frontières spécifique au Web, vous obtenez les ingrédients d'un cocktail potentiellement explosif, à l'affût de l'underground local comme international.

LYL
soundcloud.com/lylradio

Radioshic
soundcloud.com/radioshic

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100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Médias | Hommes de radio, pirates des ondes, doux dingues ayant senti le vent tourner à l’aube des années 80 quand Mitterrand élu s’apprêtait à libérer les fréquences : Serge Boissat et Christophe Mahé ont tous deux vécu pied au plancher l’époque baptisée "radios libres". Ils ne se parlaient pas, n’avaient rien à fricoter ensemble, l’un doit son succès aux cocos, l’autre ses débuts à Chirac. Mais ils partagent ce même amour inconditionnel d’un média qui a marqué des générations : la radio. Et sont les deux faces d’une même pièce ayant fait vibrer les ondes lyonnaises des 80’s. Au micro, les deux protagonistes de cette fabuleuse histoire : Serge Boissat, dictateur de la cultissime Radio Bellevue, décédé durant l’été 2018, et Christophe Mahé, entrepreneur à succès et patron de Espace Group. Ce sont les 100 ans de la radio : pump up the volume !

Sébastien Broquet | Mardi 1 juin 2021

100 ans de la radio : « je n’ai jamais parlé dans un micro de ma vie »

Serge Boissat : My name is Serge Boissat. 1973, j’ouvre ma boutique Bouldingue. 1975, mon frère et trois potes montent une structure nommée Veronica. Plein de petits concerts sont organisés, des trucs de rock progressif comme Van Der Graaf Generator ou Caravan. Et les Rolling Stones au Palais des Sports. À un moment, ils ont trop grossi. Jean-Pierre Pommier démarrait, en tant que banquier il a commencé à financer un concert ou deux. Pommier, il a plein de défauts, il m’horripile des fois, même tout le temps… Sauf quand il est bourré. Lui venait de faire Kevin Ayers, bien dans le même style que ce que faisait Veronica. Donc, ils se sont associés. Et ils ont ouvert le Rock’n’Roll Mops. J’y ai passé deux mois et demi. Le Rock’n’Roll Mops, c’est le début

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Bistrot Senior : une cantine radiophonique

Restaurant | L’année dernière LYL Radio déménageait en face de (feu) Chez Émile, le disquaire. Et posait son studio dans un bistrot. Qui prit doucement son envol avant d’être fauché par la Covid-19. Cette rentrée est l’occasion de le (re)découvrir.

Adrien Simon | Mercredi 23 septembre 2020

Bistrot Senior : une cantine radiophonique

Un chroniqueur parisien nous demanda un jour un conseil dînatoire "en régions" : on l’envoya fissa chez un futur étoilé. Son verdict, en substance : « c’était bon mais la musique était gênante ». Et voilà les cuistots priés de soigner — bien plus que nos estomacs — nos oreilles. Eux qui ont déjà mis un pied en salle (rencontrer les hôtes), un nez dans le verre (accorder mets et boissons) et un œil sur les réseaux (on y fait plus de flammes qu'aux fourneaux). "Ambianceur sonore" sera peut être un autre de ces métiers nécessaire au succès d’un bouge branché — avec le décorateur d’intérieur, la designeuse culinaire, et le conseiller en image. Au risque que l’avalanche sensorielle finisse par fatiguer. Ceci étant dit, on admettra volontiers qu’une sale bande-son puisse gratouiller les oreilles, comme une mauvaise odeur le nez, et dans les deux cas finisse par gâcher un repas. Il est autorisé de ne pas être sensible à ce qui sortira des enceintes dans le bistrot dont on va parler. Mais il faudra admettre que l'équipe prend la question musicale au sérieux ! Son tenancier, Lucas Bouissou, est le boss de LYL : une Web radio née en 201

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Serge Boissat, patron de Boul'Dingue, est décédé

Disparition | Figure emblématique de la scène rock lyonnaise, érudit des contre-cultures, féru de bandes dessinées, Serge Boissat est décédé dans la nuit du mercredi (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 2 août 2018

Serge Boissat, patron de Boul'Dingue, est décédé

Figure emblématique de la scène rock lyonnaise, érudit des contre-cultures, féru de bandes dessinées, Serge Boissat est décédé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 août à l'âge de 66 ans, vaincu par le cancer. Il était l'un des plus anciens bouquinistes de la ville, ayant lancé sa boutique Boul'Dingue en 1974, où l'on peut dénicher raretés et occasions. Mémoire de la scène musicale lyonnaise, ami de Choron et Cavanna, il avait marqué durablement les esprits mélomanes de la ville en assurant la direction d'antenne de Radio Bellevue de 1981 à 1986, recrutant des animateurs qui deviendront célèbres (tels Rachid Taha ou Philippe Vecchi) et donnant à la radio sa couleur musicale exigeante, curieuse et plurielle : Serge avait mis les 20 000 disques de sa collect

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Frigo : complètement givrés !

Avant-Garde | Le Musée d'art contemporain ouvre ses cimaises au collectif d'artistes Frigo, qui officia à Lyon de 1978 jusqu'au début des années 1990. Une exposition réussie où l'on retrouve, presque palpable, l'électricité de ce groupe avant-gardiste.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 mars 2017

Frigo : complètement givrés !

1978 : Valéry Giscard d'Estaing appuie sur les touches de son accordéon dans les palais de l'Élysée. Le baron Empain est enlevé, Claude François s'éteint dans sa baignoire et la légion saute sur Kolweizi... À Lyon, Collomb (Francisque de son prénom) entame son premier mandat à l'Hôtel de Ville. Bref, rien de bien folichon quand on a une vingtaine d'années et qu'on sort de l’École des Beaux-Arts. Mais si le contexte ne porte ni n'enthousiasme, alors autant essayer de le changer, histoire au moins d'affirmer son arrogance et d'attirer le regard des filles... « Quelques-uns de ces jeunes gens modernes refont le monde en ouvrant une galerie expérimentale. Les cours d'histoire de l'art leur ont appris que chaque génération depuis la Renaissance, existe en tournant le dos à celle qui lui a précédé. » écrit Alain Garlan dans

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Alain Garlan, l'initiateur

Portrait | Cet homme a participé au culte collectif Frigo, à l'honneur en ce moment au Musée d'Art Contemporain. Mais aussi aux lancements, dans le désordre, de : TLM, Radio Bellevue, Symposium d'Art Performance, Zap FM, Couleur 3, le Truck et bien plus encore. Mais il faudrait un livre pour tout raconter. Ça tombe bien, il existe et se nomme Rois de la forêt, tout juste paru. Voici (une partie de) l'histoire d'Alain Garlan.

Sébastien Broquet | Mardi 14 mars 2017

Alain Garlan, l'initiateur

Fracassant, le retour ! Il faut croire que les vieux rebelles ont le cuir épais. Oh, pas tous... Mais Alain Garlan, l'œil toujours alerte, le regard un brin taquin, oui, c'est certain. L'homme a déjà marqué en profondeur l'underground lyonnais, il y a bien longtemps. Et a continué à naviguer dans l'overground, les années suivantes. Laissant infuser dans la ville un feeling mödern qui aujourd'hui porte son empreinte : pas pour rien que Christophe Mahé, le boss de Radio Espace, accueille de nouveau Garlan et sa bande dans son groupe audiovisuel avec Radio Bellevue Web. Que Vincent Carry, directeur de Arty Farty, les suit de près et pense encore à eux pour son futur incubateur, les renommant « la start-up de vieux »... Comme Cyrille Bonin le boss du Transbordeur, ils ont tous grandi en écoutant Bellevue ou Zap sur leur transistor dans les années 80 ! Et Thierry Rasp

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"T2 Trainspotting" : le retour des héro(ïnomane)s

Critique | Vingt ans après avoir entubé son monde, Mark règle ses dettes avec les intérêts. Quant à Danny Boyle, il fait sagement fructifier le capital sympathie de ses défoncés en dealant du shoot visuel et sonore aux quadras nostalgiques de leurs vingt ans. Une honnête rechute.

Vincent Raymond | Mardi 28 février 2017

Saisi par le remords (entre autres impérieuses raisons), Mark Renton quitte sa planque d’Amsterdam et retourne à Édimbourg où Sick Boy semble prêt à tout lui pardonner, à condition qu’il l’aide à ouvrir un bordel. Mais le pire est à craindre : Begbie s’est évadé de prison… Souvent, la suite tardive d’un succès “générationnel” se révèle honteuse ou paresseuse — on s’abstiendra, par charité, de rappeler les exemples des Inconnus, des Bronzés, de Trois Hommes et un couffin ou de tant d’autres merveilles. Montées pour de mauvaises raisons (aisément d€vinab£€$), elles déçoivent leurs fans transis, qui n’osent pas s’avouer désappointés devant le naufrage de leurs illusions. Sans scintiller ni déchoir, Trainspotting 2 peut se targuer d’être une “bonne” suite. On se ca(l)me ! Boyle donne ce qu’ils attendent à ses clients : il prolonge les péripéties de sa bande presque assagie de junkies en usant d’une intriguette prétexte à une suite de sketches parfois réussis — la méthode a jadis fait ses preuves dans les Don Camillo. Il ne se risque pas à la surenchère trash ou dest

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Radio Bellevue Web, start-up de vieux (punks)

Des radios libres à la webradio | « Les webradios sont les nouvelles radios libres ! » Pour apprécier la pertinence du propos, signé Alain Garlan et Robert Lapassade, il faut remonter aux (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 13 décembre 2016

Radio Bellevue Web, start-up de vieux (punks)

« Les webradios sont les nouvelles radios libres ! » Pour apprécier la pertinence du propos, signé Alain Garlan et Robert Lapassade, il faut remonter aux sources de Radio Bellevue dans les années 1980, née radio pirate au sein du collectif Frigo. Pan essentiel de l’underground artistique des eighties, ce collectif d’artistes touche alors à tout : la musique et notamment le rock, la BD (deux disciplines encore peu respectées), la danse contemporaine, la performance, l’art vidéo. Frigo s'impose même leader de l’art vidéo : c’était le début des clips et « on montait des images sur la musique » soit tout le contraire de ce qui se faisait jusqu’alors côté cinéma. En passant, la paire a ressuscité Radio Bellevue qui devient RBW (Radio Bellevue Web)

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Les Nouvelles ambitions des Enfants du Rhône

Webradio | Depuis que son créateur Aymeric Eustache s’est mis en retrait pour se consacrer à son métier d’ingénieur du son, la webradio Les Enfants du Rhône est pilotée par Arnaud Bonpublic. Si elle n’a pas changé d’esprit, elle affiche de nouvelles ambitions…

Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

Les Nouvelles ambitions des Enfants du Rhône

Combien de personnes font “tourner” Les Enfants du Rhône sur les ondes ? Arnaud Bonpublic : En plus d’une dizaine de bénévoles, l’équipe actuelle compte cinq permanents : quatre services civiques et moi, qui suis en emploi aidé. Nous défendons la culture locale en programmant cinq émissions en rythme hebdomadaire, une mensuelle et une nouvelle qui s’installera très prochainement. Nous encourageons les enregistrements dans les lieux publics : Buzzique que j’anime et qui met en lumière les sorties discographiques, se déroule ainsi chez nos fidèles amis du Kraspek Myzik. En janvier, nous allons emménager dans de nouveaux locaux à la maison des associations du 4e arrondissement. Vous intervenez également “hors les murs“… Nous effectuons beaucoup d’ateliers radio avec des demandeurs d’emploi, des jeunes, dans des lieux de culture ou des festivals. La dimension médiation est essentielle. On vous dit candidat à une fréquence en FM. Sous quelle forme ? Nous sommes toujours une radio associative, mais nous nous sommes regroupés e

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Les soirées du 9 au 15 septembre

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer : Ikonika à La Marquise, la première Ravesodie au Box Boys et N1L à l'Atelier Sumo.

Benjamin Mialot | Mercredi 9 septembre 2015

Les soirées du 9 au 15 septembre

11.09 Polaar Cette fois c'est la bonne : initialement annoncé pour la fin juin, le second volet de la déclinaison vinyle du Ritual de Flore sera disponible le 22 septembre. Et audible lors de la prochaine Polaar (à La Marquise), où la dame présentera également la nouvelle signature de son label, Hoodrat, jeune Lyonnais versé dans l'art rebondissant du Jersey club (du breakbeat à casquette snapback, en gros). Olive sur la pizza champignons-fromage, c'est la Londonienne Ikonika, égérie renfrognée de l'avant-garde bass music – grâce à son approche paradoxalement très candide de la mélodie – qui complète l'affiche.

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Les soirées du 10 au 16 juin

MUSIQUES | Trois RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le vernissage de l'expo Mawil au Goethe-Institut, Scratcha DVA à La Marquise et la résidence LYL au Croiseur. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 9 juin 2015

Les soirées du 10 au 16 juin

10.06 Tournoi de ping-pong auteurs-public Quand il ne raconte pas par procuration sa jeunesse à l'ombre du mur de Berlin (Kinderland, chez Gallimard, pavé de 300 pages aussi captivant dans sa description de l'insouciance enfantine que dans ce qu'il raconte en filigrane de la RDA), le dessinateur Mawil joue les selectors. Ce sera le cas trois jours avant le coup d'envoi du festival, dans le cadre du vernissage de l'expo que lui consacre (ainsi qu'à sa compatriote Barbara Yelin) le Goethe-Institut. Un événement d'autant plus intrigant qu'il fera suite à un tournoi de ping-pong à la mode est-allemande que nous comptons bien remporter.

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3e résidence de la radio LYL avec Dalglish

MUSIQUES | Lucas Bouissou et Simon Debarbieux en avaient assez d'entendre à la radio les mêmes sons et les mêmes tempos. Alors ils ont créé la leur de radio (dans un (...)

Benjamin Mialot | Mardi 10 mars 2015

3e résidence de la radio LYL avec Dalglish

Lucas Bouissou et Simon Debarbieux en avaient assez d'entendre à la radio les mêmes sons et les mêmes tempos. Alors ils ont créé la leur de radio (dans un coin du cyberespace, mais en prenant soin de l'amarrer au vinyl shop Groovedge), l'ont baptisée LYL et l'ont dédiée à la promotion de musiciens pour lesquels le son est une matière indéfiniment transformable et le rythme une contingence parmi d'autres. Écossais très tôt émigré en Californie, Chris Douglas est de ceux-ci, lui qui œuvre depuis plus de trente ans à repousser les frontières formelles de la musique électronique. Petite main de la révolution techno et précurseur de l'IDM au même titre que ses compatriotes britanniques restés au pays (Aphex Twin, Autechre), Douglas est ainsi l'auteur d'une vingtaine d'albums aux confins de l'ambient, de la noise et de l’électroacoustique dont l'écoute provoque la même admiration mâtinée d'incompréhension que la vue de la pointe de Grenen, cette bande de terre danoise où se confondent en d'indescriptibles fracas la mer du Nord et la Baltique. Plus connu sous le nom d'O.S.T., c'est dernièrement sous celui de Dalglish qu'il a poursuivi ses travaux, notamment

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