Le 6e Continent dans une impasse

Politique Culturelle | Confrontée aux baisses de subventions, l'équipe de 6e Continent menée par son emblématique directeur Mohamed Sidrine tente de trouver des solutions. La mairie est à l'écoute, mais souhaite un projet revu et corrigé.

Sébastien Broquet | Mardi 7 mars 2017

Photo : © DR


C'est un lieu emblématique et fondamental pour la culture comme pour la diversité, dans le 7e arrondissement de Lyon, qui est actif depuis 2004 dans des locaux ayant autrefois hébergé le mythique collectif Frigo. C'est encore un festival depuis bientôt 19 ans et une première édition au Pez Ner à Villeurbanne, maintenant installé du côté de Gerland, depuis 2002. Mais l'association 6e Continent est aujourd'hui dans une impasse.

Les comptes sont au plus bas : le budget de l'association autofinancée à 80% est dans le rouge, depuis que la Région mais aussi l'État se sont désengagés. Comme nous l'expliquions ici, la Région a retiré ses 15 000€ annuels, subvention versée pour le fonctionnement de la salle. Et a diminué son apport au festival de 5000€, accordant désormais 10 000€ à l'événement qui se tiendra du 1er au 3 juin, où sont d'ores et déjà programmés Imhotep (IAM), Kanka, DJ Click et Les Ramoneurs de Menhirs. Le cabinet de M. Wauquiez a bien envoyé un email le 9 février dernier à M. Sidrine pour promettre un prochain rendez-vous, mais sans lui indiquer de date pour l'instant.

L'État de son côté a ôté les 30 000€ qui étaient versés à moitié pour le festival et à moitié pour la salle dans le cadre du projet "politique de la ville". Mais le quartier de la Guillotière ne fait plus partie de ce dispositif, entraînant le retrait automatique de la subvention accordée à l'association 6e Continent.

Du côté de la mairie centrale, Georges Képénékian est conscient du problème : « M. Sidrine m'a fait savoir qu'il avait des difficultés. On a déjà tiré 6e Continent deux fois d'affaire. Il y a deux choses : la salle et le festival. Ce lieu est très important, Myriam Picot et Romain Blachier sont très attentifs au rôle d'agitateur culturel, dans le bon sens du terme, qu'il permet. Après, il y a le festival : il y a deux ans ils ont bu le bouillon à cause de pluies diluviennes... Là, la Région et l'État se sont retirés. Je n'avais pas prévu ça. Le tiroir caisse, il est malade. Et jusqu'à quel point on va compenser en permanence quand l'État et la Région se désengagent, est-ce que la ville doit systématiquement compenser ? On ne va pas y arriver. Il y en a d'autres que 6e Continent. C'est un sujet important qui va nécessiter de repenser le dispositif d'aide des salles et des festivals. »

La Ville veut un projet repensé

Rebaï Mehentel, président de l'association 6e Continent, a rencontré le 17 février M. Képénékian, sans son directeur Mohamed Sidrine. Le premier adjoint souhaite « qu'un fonctionnement différent et un projet différent » soient initiés avant de s'engager sur la suite, même si la subvention municipale a été reconduite en janvier dernier. Ce projet différent pourrait-il être mené sans son directeur emblématique ? Mohamed Sidrine nous répond : « Et confier le lieu à qui ? Il faudrait trouver quelqu'un qui accepte de reprendre une salle avec 50 000€ de dettes. Je l'ai porté pendant 17 ans, y passant 70h par semaine... Le festival m'intéresse, la salle encore plus : c'est là où l'on peut développer des projets à l'année. » Mais M. Sidrine, lucide et conscient des difficultés d'un lieu qu'il porte à bout de bras depuis le début, ne s'accrochera pas coûte que coûte à sa direction.

Romain Blachier, adjoint à la culture du 7e, indique « qu'il n'y a pas de démarche de notre côté pour pousser Mohamed Sidrine vers la sortie. Mais on veut que le festival et le lieu évoluent. » Dans les couloirs de la mairie, certains regrettent ainsi que la programmation de la salle tourne « en boucle » depuis trois ans, avec souvent les mêmes artistes, sous-entendant que M. Sidrine après tant d'années et d'efforts ne serait plus à même de porter le renouveau : « ce lieu était passionnant il y a dix ans, il pourrait l'être encore aujourd'hui » nous déclare un proche du dossier.

De son côté, M. Blachier préfère insister sur les succès : « L'événement Tous à la Guill', c'est absolument génial, une vraie réussite, comme le festival, même si ce dernier pourrait être encore plus costaud aujourd'hui. » Labellisée Scène Découverte par la mairie en 2009, 6e Continent est aujourd'hui à un tournant. Son directeur, Mohamed Sidrine, qui a été fait Chevalier de l'Ordre du mérite en novembre dernier, ne se verse plus de salaire depuis trois mois pour pouvoir continuer à payer ceux de ses quatre salariés et poursuivre l'activité. Il serait temps de trouver une solution.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

Danse | L'opposition a grincé après l'annonce de l'abandon du projet d'Ateliers de le Danse dans l'ancien Musée Guimet. Ateliers qui seront relocalisés dans le 8e, sur le site du groupe scolaire Kennedy, tout proche de la Maison de la Danse. Une décision qui impacte par ricochet l'avenir du Musée Guimet mais aussi de l'ancienne ENSBA.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Lyon : les Ateliers de la Danse seront adossés au groupe scolaire Kennedy

L'annonce a bousculé et montré que les Verts et leurs alliés n'hésiteraient pas à aller à l'encontre des habitudes prises sous le règne Collomb et que les caciques de la culture lyonnaise devraient remettre leur trône en jeu : ainsi Dominique Hervieu, directrice de la Maison de la Danse, maîtresse de cérémonie de la Biennale de la Danse, l'incontournable pivot de tout ce qui touche à l'art chorégraphique dans la cité — et ce, avec un talent indéniable. Mais la voici challengée, de nouveau : son projet de Maison de la Danse à Confluence avait déjà été retoqué — non pas par les politiques locaux emmenés alors par Georges Képénékian et Gérard Collomb, qui défendaient le projet, puisque c'est le Ministère de la Culture qui avait refusé de suivre financièrement comme nous l'avait expliqué en juin dernier Georges Képénékian pendant la campagne élector

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Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

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6e Continent, c'est fini

Politique Culturelle | Vendredi, le 6e Continent, salle emblématique de la Guillotière, dansera pour la dernière fois.

Sébastien Broquet | Mardi 19 décembre 2017

6e Continent, c'est fini

La nouvelle était redoutée depuis de longs mois : la salle du 6e Continent, dédiée à la sono mondiale et située dans le 7e arrondissement, met la clé sous la porte. Mohamed Sidrine, son directeur, nous l'a confirmé de vive voix ce lundi : face à la désaffection progressive de tous ses partenaires publics, il ne peut plus continuer. Le coup de grâce aura été porté par la suppression des trois emplois aidés le 9 août dernier par le gouvernement, qui permettaient à la salle de tourner et d'assurer aussi les cours de danse qui apportaient du cash dans la machine. Depuis cette date, la salle fonctionnait en pointillés, uniquement grâce aux bénévoles et aux membres du conseil d'administration : seul un technicien son étant payé en cachet, grâce à la billetterie. Ce système n'était évidemment pas viable et il prendra définitivement fin ce vendredi 22 décembre, avec une grande fête finale confiée au Monde Collectif (regroupant rappeurs et graffeurs comme NM Scratcherz et Wone2)

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Le Croiseur ouvert, mais sans le sou

Scène Découverte | Passablement dans la panade financière depuis 2015, Le Croiseur s’octroie une nouvelle vie grâce à sa reprise par Romain Blachier. Celui qui est parallèlement élu à la mairie du 7e nous explique ce nouvel épisode de la Scène Découverte danse.

Nadja Pobel | Mardi 26 septembre 2017

Le Croiseur ouvert, mais sans le sou

En 2015, la DRAC retire ses subventions (37 000€ par an), puis la région ne se positionne plus vraiment.... Comment regardez-vous alors cette situation qui se dégrade ? Romain Blachier : C'est très particulier, car j'apprends le retrait de la DRAC alors que je fête mon anniversaire au Croiseur, que j'avais loué pour l'occasion le 23 juillet 2015. On pensait avec le directeur Didier Vignali que le dialogue allait reprendre. J'ai tout fait en ce sens mais ça s'est très mal passé. La Région, qui donnait 25 000€/an, ne donne plus que la moitié. On ne sait pas quelle sera la suite, d'autant que je ne suis pas toujours très tendre avec la vice-présidente à la Culture dans mes éditos de Lyon Mag. À un moment, Laurent Wauquiez a fait une offensive sur toutes les petites salles : comme ça, personne ne s'est révolté, c'est plus simple que s'il enlève Nuits sonores ou Jazz à Vienne. Florence Verney-Carron n'était même pas au courant. Bref, Didier, en mars, vient me voir en me disant qu'il doit dissoudre l'association présidée par Christian Jeulin (NdlR : également directeur commercial du

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Le Croiseur est sauvé

ACTUS | C'est officiel : Le Croiseur, scène du 7e arrondissement, est provisoirement sauvé des turpitudes, financières surtout, qui l'ont mis en danger (...)

Sébastien Broquet | Lundi 11 septembre 2017

Le Croiseur est sauvé

C'est officiel : Le Croiseur, scène du 7e arrondissement, est provisoirement sauvé des turpitudes, financières surtout, qui l'ont mis en danger ces derniers mois. Le projet de reprise initié à titre personnel par Romain Blachier a été validé ce lundi 11 septembre comme il l'indique sur son blog : « C’est avec honneur et responsabilité que je viens enfin de recevoir l’ordonnance par laquelle le juge commissaire autorise la vente des actifs du Croiseur. J’ai signé aussi le bail qui engage mon association dans cette nouvelle aventure. » L'élu à la Culture de l'arrondissement sera bénévole, et maintiendra les spécificités danse et théâtre du lieu, mais l'ouvrira aussi vers d'autres perspectives.

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Gel des contrats aidés : la culture fortement impactée

Politique | Le gouvernement a annoncé le gel des contrats aidés, jugés « coûteux et peu efficaces. » Dans le milieu de la culture, cette mesure prise en période estivale sans aucune discussion avec les acteurs concernés passe mal. Le point.

Julie Hainaut | Mardi 12 septembre 2017

Gel des contrats aidés : la culture fortement impactée

« Mon contrat devait être renouvelé le 14 septembre. Le 22 août, j’ai reçu un email de Pôle Emploi m’indiquant que celui-ci était gelé : une décision rapide, sans préavis, sans alternative. C’est frustrant et injuste. Je vais être inscrite au chômage : qu’on m’explique où se trouve l’économie que souhaite réaliser le gouvernement ! » s’indigne Nicole Corbi, désormais ex-chargée de médiation culturelle chez Spacejunk. Son directeur, Jérôme Catz, est tout aussi désemparé : « Cela fait 14 ans que notre association existe. La majorité des CAE que l’on a eus ont été transformés en CDI. Les deux ans du CAE, c’est le temps qu’il faut à une structure comme la nôtre pour arriver à pérenniser un poste. Je suis remonté. L’avenir de l’association est incertain. » La culture est durement impactée : la plupart des associations et compagnies émergentes fonctionnent avec des contrats aidés. Même son de cloche à l’Espace 44. « Les contrats de nos cinq employés se finissent d’ici la fin de l’année. Le 1er janvier, on s

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Loïc Graber à la culture

Mairie de Lyon | Loïc Graber est nommé adjoint à la culture de Georges Képénékian, en remplacement de ce dernier.

Sébastien Broquet | Mardi 18 juillet 2017

Loïc Graber à la culture

La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce poste emblématique du tout nouveau maire fraîchement élu cette semaine, Georges Képénékian. Sa promotion dans le rang des adjoints (de 21e et bon dernier, à 7e) le laissait augurer dès lundi soir. Après avoir sondé plusieurs possibilités, dont celle de nommer un transfuge venu de la droite (Emmanuel Hamelin a été souvent cité, ce qui inquiétait le petit monde de la culture lyonnaise) ou le respecté Jean-Yves Sécheresse, c'est donc l'ancien adjoint à la démocratie participative, élu dans le 7e arrondissement, qui hérite de la fonction, un peu par surprise : il n'a que peu œuvré jusque-là dans ce domaine. Le 7e est décidément pourvoyeur d'élus à la culture : la maire Myriam Picot est elle-même en charge de la culture à la Métropole, et Romain Blachier reste l'adjoint à la culture de l'arrondissement.

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Georges Képénékian dans un fauteuil

Élection du Maire de Lyon | C'est fait ! Après 16 ans de règne à la mairie de Lyon, Gérard Collomb a cédé sa place à Georges Képénékian. Et ce, jusqu'à la fin du mandat en 2020 - sauf si Gérard Collomb quitte le gouvernement et décide de reprendre son poste. Les délégations des adjoints seront attribuées dans les jours qui viennent.

Nadja Pobel | Lundi 17 juillet 2017

Georges Képénékian dans un fauteuil

Lors du conseil municipal du lundi 17 juillet, Georges Képénékian a été élu maire de Lyon, prenant ainsi la suite de Gérard Collomb, nommé ministre d'État à l'Intérieur, le 17 mai dernier suite à l'accession à la présidence de la République d'Emmanuel Macron. Si l'événement ne revêt aucune surprise – Georges Képénékian était le premier adjoint depuis le 3e mandat (2014), en charge de la culture et des grands événements, et déjà adjoint à la culture de 2008 à 2014, il n'en demeure pas moins que Lyon n'avait pas eu de nouvel édile depuis 2001. Ancien chirurgien urologue, Georges Képénékian est né le 9 août 1949. Quatre conseillers se sont portés candidats : Georges Képénékian, Denis Broliquier (UDI), Stéphane Guilland (LR) et Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon citoyenne et solidaire). Georges Képénékian a été élu au premier tour de scrutin avec 49 voix. Sur les 72 bulletins dépouillés, 12 sont allés à Stéphane Guilland, 6 à Denis Broliquier, 3 à Nathalie Perrin-Gilbert. Après un discours de Gérard Collomb, Georges Képénékian, ceint du ruban bleu-blanc-rouge, cita celui qui lui laisse son fauteuil, qui

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Bienvenue au 6e Continent, terre de musiques et de partage

Festival | De Guillotière à Gerland, le festival associatif 6e Continent œuvre pour la promotion des cultures du monde et pour la valorisation des diversités et mixités culturelles. À l'occasion de l'ouverture de la 19e édition, nous avons discuté avec Mohamed Sidrine, directeur du festival.

Corentin Fraisse | Jeudi 1 juin 2017

Bienvenue au 6e Continent, terre de musiques et de partage

Le festival 6e Continent a été créé en 1997, c’est la 19e cette année : comment a-t-il évolué selon vous ? Mohamed Sidrine : Quand on l’a créé, c’était un petit festival. Lors de la première édition, il y a eu 300 personnes ; là on en est à plusieurs milliers. On a gardé le même esprit : musiques du monde, accessibilité à tous avec un festival à prix libre, un public intergénérationnel de toutes les origines sociales, économiques et culturelles. Le principe, au-delà du projet artistique du festival, c’est un projet de société : on crée des espaces où les gens peuvent se rencontrer, échanger, dialoguer. C’est encore aujourd’hui un projet culturel, mais aussi militant, pour pouvoir mieux vivre ensemble. Pouvez-vous nous parler de Tous à la Guill’, qui ouvre le premier soir ? MS : Ce seront 120 événements, qui se passeront simultanément dans le quartier. Ça va d’un petit concert latino dans un bar, à un concert de chansons devant les buralistes, des fanfares sur la place Mazagran… Mais toujours en partenariat avec des associations du quartier. Sur la place Mazagran, c’e

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Georges Képénékian : "On a besoin de donner une place à d’autres formes de musique"

ACTUS | Arrivée d’une nouvelle salle à Vénissieux dans les murs de l’ancien Truck, création d’une première SMAC regroupant quatre lieux associés pour l’occasion : l’actualité des salles de concerts de l’agglomération lyonnaise est riche pour la scène locale. Mais se pose toujours la question de l’offre pour le public : face à la sur-représentation du rock et de la pop, quelle place pour le hip hop et la sono mondiale ? Tour d’horizon avec George Képénékian, premier adjoint au maire de Lyon en charge de la culture.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

Georges Képénékian :

Cette première SMAC de l’agglomération, réunissant Le Périscope, le Marché Gare, l’Épicerie Moderne et Bizarre : comment va-t-elle s’intégrer dans votre politique autour des musiques actuelles ? Il y avait déjà l’idée de faire un travail plus coopératif entre les différentes salles faisant vivre les musiques actuelles dans l’agglomération, venant renforcer ce que nous avions créé à Lyon, le programme « Scènes découvertes ». Dans ce dispositif, on trouve quatre salles dédiées à la musique, dont le Marché Gare et le Périscope, le Kraspek. Bref, il y avait l’idée de regrouper. Mais on ne trouvait pas le levier pour mettre tout ça en commun : ça fait huit ans que l’on tourne autour. On a accéléré quand la DRAC nous a demandé de mieux structurer, d’engager une réflexion. L’idée est de coordonner autour de ce premier noyau, autour duquel on pourra faire tourner tous les électrons. On s’est donné deux ans pour voir comment ça marche : chaque lieu doit garder sa ligne, son identité, son implantation sur un territoire. En terme de budget ? La ville a nettement augmenté sa participation : au Périscope avec 50 000 euros et au Marché

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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A la croisée des mondes

MUSIQUES | Fondée au milieu des années 1990, l'association 6e Continent fête cette semaine les dix ans de l'espace qu'elle anime. L'occasion de retracer le parcours, semé d'embûches, de cette bande de potes de la Guillotière devenue l'un des principaux vecteurs de mixité culturelle et sociale de la ville. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Vendredi 24 janvier 2014

A la croisée des mondes

Dans le langage courant, l'expression "sixième continent" est sujette à bien des interprétations. Pour les plus formalistes, il s'agit de l'Antarctique, exclu de la famille pour cause d'inhospitalité. Pour d'autres, le terme désigne le Vortex de déchets du Pacifique nord, gigantesque amas de plastiques et de débris de bateaux dont la désagrégation "nourrit" jusqu'à l'empoisonnement des centaines de milliers d'oiseaux et mammifères marins. Enfin, depuis sa découverte à l'hiver 2013, ce serait un bout de terre préhistorique dont les secrets, enfouis sous l'océan Indien depuis le Jurrasique, pourraient nous en apprendre long sur les mécanismes tectoniques qui ont façonné la surface, fragmentée et disparate, de notre planète. C'est à cette troisième acception que l'association lyonnaise qui porte ce nom s'apparente le plus, elle qui, depuis sa fondation en 1995 et jusqu'à ce week-end, durant lequel elle célébrera avec force concerts les dix ans d'existence de son espace pluridisciplinaire (sis au 51 de la rue Saint-Michel, dans le septième arrondissement), dessinent loin des projecteurs les contours d'espaces d'échanges aux airs de berceaux de l'humanité. Les copains d'abor

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«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

SCENES | Entretien / Georges Képénékian, adjoint au maire de Lyon, délégué à la culture, au patrimoine et aux droits des citoyens, fait sa rentrée. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 août 2011

«Je ne vais pas investir dans des opérations spectaculaires»

Petit Bulletin : Que va devenir le Théâtre du Point du Jour après le départ annoncé de son directeur, Michel Raskine ? Georges Képénékian : Michel Raskine et André Guittier sont venus me voir à l’automne dernier pour m’annoncer qu’ils se retiraient fin 2011. Quelques mois plus tard, ils sont revenus me voir en me disant : «Finalement, Michel va partir, mais André, pas dans l’immédiat». Michel m’a parlé de sa volonté de «laisser la saison» au metteur en scène Gwénaël Morin, c’est-à-dire de lui donner carte blanche pendant un an. Gwénaël Morin est candidat à la reprise du théâtre ? J’ai rencontré Gwénaël et nous nous sommes bien mis d’accord sur le fait que cette année de transition n’est en aucun cas une espèce de «présélection naturelle» qui me conduirait à le désigner «en douce» à la tête de ce théâtre. Ni Gwénaël ni moi ne souhaitons que les choses se déroulent de cette manière. Au-delà de la question de la direction, la question du financement de ce théâtre va également se poser...La question se pose pour le financement du théâtre e

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«La Ville décide seule»

SCENES | Entretien / Georges Képénékian, adjoint au Maire de Lyon, délégué à la culture et au patrimoine revient sur la «procédure» de nomination du futur directeur du Théâtre de la Croix-Rousse. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 29 novembre 2010

«La Ville décide seule»

Petit Bulletin : Vous n’avez pas lancé d’appel à projets pour la succession à Philippe Faure à la tête du Théâtre de la Croix-Rousse. Cette absence de concertation ne risque-t-elle pas de poser problème ?Georges Képénékian : Tout se passera bien. La nomination du successeur de Philippe Faure est différente des autres procédures que nous avons pu connaître. Il n’y a pas de jury, pas de commissions ; la Ville décide seule. Bien sûr, nous discutons également avec nos partenaires, l’État, la Région et le département. Beaucoup de personnes qui se sont portées candidates se plaignent de n’avoir pas été reçues afin de pouvoir présenter leurs projets. Allez-vous les recevoir ?Non, nous n’allons pas recevoir tous les candidats. Au total, nous avons reçu 16 ou 17 dossiers, dont quelques-uns franchement inattendus. Nous les avons analysés, puis nous avons lancé une réflexion. Quel est votre projet pour le Théâtre de la Croix-Rousse, quel homme ou quelle femme voyez-vous à sa direction ?Nous ne voulons pas changer fondamentalement le lieu, il ne faut pas être en rupture avec ce que le public attend. Le futur directeur ou la future directrice sera un acteu

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«Nous sommes un peu plus sereins»

ACTUS | Entretien / Georges Képénékian, adjoint à la Culture et au Patrimoine, dresse le bilan d’une saison épineuse et évoque les sujets qui vont animer la rentrée culturelle 2010. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Samedi 4 septembre 2010

«Nous sommes un peu plus sereins»

Petit Bulletin : La saison dernière a été très agitée et vous avez dû faire face à de nombreux dossiers problématiques et à de nombreuses critiques. Quelles conclusions en tirez-vous ?Georges Képénékian : Que je n’ai pas dû savoir communiquer… Il est vrai que la saison dernière plusieurs sujets ont eu du mal à aboutir : le Transbordeur, le Musée Gadagne, l’Orchestre national de Lyon, la friche RVI… C’étaient des dossiers lourds. Je crois qu’aujourd’hui on peut dire que Gadagne c’est fait, le Transbo, c’est fait, l’ONL avance avec l’arrivée prochaine du chef Leonard Slatkin... Je pense que j’ai passé une mauvaise année 2010, qui va rester comme une année de tensions diverses, mais qu’aujourd’hui nous sommes un peu plus sereins. Pouvez-vous revenir sur la question de la friche RVI qui n’est pas encore réglée ? Les artistes doivent en théorie quitter l’avenue Lacassagne et s’installer rue Lamartine le 15 septembre…On savait que ce dossier serait compliqué. Pour plusieurs raisons. D’abord il y a plusieurs catégories de gens à la friche. Il y a des artistes qui sont déjà presque professionnels et qui ne relèvent plus form

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