David Kimelfeld : « Dans des lieux déjà existants, on peut développer des concepts nouveaux »

Politique Culturelle | Il est le dauphin désigné, celui que Gérard Collomb a choisi pour lui succéder à la mairie de Lyon. David Kimelfeld, actuel maire du 4e arrondissement, est toujours resté discret question culture. Il a inauguré ce mois-ci un concept de scène ouverte à la Maison des Associations et s'est connecté aux pratiques urbaines du street art et du skate : mots choisis.

Sébastien Broquet | Mardi 9 mai 2017

Photo : © DR


Vous inaugurez un concept de scène ouverte à la Maison des Associations...
La Maison des Associations fonctionne de manière classique : on y empile des activités, parce que les gens ont besoin de créneaux horaire pour faire leurs réunions, des répétitions... Cette maison-là, pour qu'elle mérite son nom, il fallait lui donner du sens et une identité : comment faire, comment la rendre utile aux associations au-delà des bureaux temporaires ? On en a déjà fait un lieu de vie, avec un bar, un babyfoot, on a voulu l'animer pour le rendre convivial, avec des rencontres, des cafés-débats. Maintenant, les gens qui ont une activité là-bas se croisent. De là, l'idée a germé de le mettre à disposition d'équipes émergentes dans la culture, pas forcément intégrées dans des réseaux, qui cherchent des lieux sans savoir forcément à qui s'adresser. Des gens ont besoin d'un lieu pour montrer ce qu'ils savent faire, dans le domaine de la musique mais aussi du théâtre ou de la lecture publique : tous les arts sont possibles.
On a donc équipé le lieu, pour faire de la musique. On met aussi à disposition de la communication, nos réseaux. Et on va réfléchir à ce que l'on peut faire de mieux, collectivement, pour les accompagner.

Est-ce qu'il y a un personnel accompagnant, du coaching ?
Non. Mais il y a des gens qui parrainent. C'est de la mise à disposition de locaux. Il y a du personnel technique, aussi. On est dans l'expérimentation : en fait, on a pas un rond pour faire ça. Mais on a un équipement, un personnel attaché à la Maison des Associations. On recueillera les idées des uns et des autres pour aller plus loin derrière. Il faut co-construire, installer une régularité, on sera sur une mensuelle avec ces scènes ouvertes.

Qui peut se produire ?
Ce seront des artistes émergents. On ne veut pas concurrencer les lieux de l'arrondissement. Ce qui manque, c'est le tout premier accès, celui où il n'y a pas besoin d'être sélectionné.

Ça ne concurrence pas le circuit des Scènes découvertes initié par la mairie centrale ?
Non, je ne pense pas. On est dans une phase qui précède ça, me semble-t-il. On ne sait pas encore ce que ça va donner, mais on a senti un vrai besoin. L'idée, c'est à partir de ça d'avoir une réflexion plus large sur la ville et de voir quels enseignements on peut en tirer. On a tout un tissu qui a besoin de lieux. Souvent, dans le passé, les réponses tournaient autour d'une grande friche culturelle mise à disposition. Ça reste souvent un rêve, qui quand il se concrétise est souvent mal géré dans la durée. Je pense que l'on a une réflexion à avoir en terme de proximité, par arrondissement, et de montrer que dans des lieux déjà existants, on peut développer des concepts nouveaux. On peut toujours attendre la friche culturelle de demain, mais en attendant, il faut apporter des réponses.

On dit que vous êtes un ardent défenseur du street art dans votre arrondissement.
C'est le fruit de rencontres. J'y vois plusieurs intérêts : déjà, il y a une formidable énergie qui s'en dégage. Mur69, on les a fait intervenir à deux reprises : la première après les attentats au Bataclan, en face du cimetière de la Croix-Rousse. Je ne connaissais pas ce milieu : j'ai découvert une excellence artistique. Et une proximité avec les publics : c'était frappant, les mémés du quartier venaient voir. Et les graffeurs avaient une vraie culture du dialogue et de l'échange, y compris pour tester : j'ai vu des mamies avec les bombes, peindre sur le mur. Dans des quartiers comme le nôtre, où il y a confusion entre graffiti et tag (il ne se passe pas une semaine sans que je reçoive un courrier au sujet d'un tag), ça permettait de construire un moment pour dialoguer autour de ce thème. De dégonfler le sujet.
Le second événement, c'était sur la place des Tapis. Ça a provoqué là encore des dialogues, des questions : on est très rarement interpellés en tant que maire sur des questions artistiques, à moins de faire une expo scandaleuse en mairie... C'était la première fois que j'étais interpellé sur des questions de goûts artistiques ! Et ça déplace beaucoup de monde. Il se passe un truc. C'est intéressant. C'est aussi l'envie des gens de s'occuper plus de ce qui se passe sur l'espace public. Quand on fait des rénovations de lieux, on le voit, comme sur notre projet de Clos Jouve. Il y a un appétit des plus jeunes pour savoir ce que l'on fait de ces lieux.

Ce qui ramène aussi aux débats récents avec les skateurs, au sujet de la place de la Comédie.
Exactement. C'est une réflexion que j'ai, sur tous ces sujets. Lors de notre grande concertation pour la place des Tapis, à aucun moment, nous sommes entrés en contact avec les skateurs. Cette place a été pensée, mais les usages se sont complètement transformés. C'est devenu un spot de skate, dans une cohabitation harmonieuse : j'ai dû recevoir un seul courrier en trois ans. La seule connerie que l'on a faite, c'est que l'on n'a pas discuté en amont avec les utilisateurs, on n'a donc pas pensé à la protection de l'espace tel que l'on aurait pu le faire.
Place de la Comédie, c'est ce que l'on a fait : on a eu des propos un peu polémiques, c'était un peu voulu de notre part et ça a mobilisé les skateurs. Ça a marché : on s'est mis autour de la table pour discuter. Et j'ai découvert qu'ils avaient plein de bonnes idées, ce ne sont pas des fous furieux. Pour que l'espace soit aménagé avec des bons matériaux, que ça dure et que ça ne dérange personne. On va travailler avec eux aussi pour le Clos Jouve. À la Ville, on avait un temps de retard là-dessus : on n'avait jamais dialogué avec eux. On doit dialoguer avec les gens du skate, du street art...

Maison des Associations
28 rue Denfert-Rochereau, 4e

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La Métropole se lance dans l'urbanisme transitoire

Urbanisme | Le président de la Métropole David Kimelfeld a décidé de faire de l'urbanisme transitoire un axe fort de la fin de son mandat comme de sa campagne électorale à venir, lançant des projets visant Fagor-Brandt, la Halle Debourg ou les Halles Sernam à Jean Macé : tour d'horizon des réflexions menées ici autour de ce sujet à la mode dans les grandes métropoles.

Sébastien Broquet | Mardi 8 octobre 2019

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Fagor-Brandt, où se déroule actuellement la Biennale d’Art Contemporain, va devenir un lieu culturel pérenne ? David Kimelfeld : On ne dit pas que ce sera un lieu culturel pérenne, mais que l’on s’inscrit vraiment dans l’urbanisme transitoire. L’usine Fagor-Brandt est un lieu où dans ce cadre, il faut que l’on développe des projets, sans doute avec une identité culturelle forte. On y a accueilli Nuits sonores et aujourd’hui la Biennale d’Art Contemporain. Je souhaite que l’on y héberge les bureaux des biennales dans les prochaines semaines. Derrière, un certain nombre de projets dans le cadre de la Biennale de la Danse pourraient se développer sur ce site. Pour la suite, on en est à construire autour de l’urbanisme transitoire : je ne sais pas si c’est pour cinq ou dix ans. Comme tout urbanisme transitoire, soit ça préfigure de nouveaux usages, soit ça occupe un lieu en attente d’une utilisation complètement différente. Sur Fagor-Brandt, on voit bien la force

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Vincent Carry : « mon seul engagement citoyen sera européen, pour Place Publique »

Politique | Vincent Carry, directeur du festival Nuits sonores, fait partie des 22 signataires du manifeste publié le 6 novembre par Place Publique, nouveau mouvement politique citoyen dont les figures de proue sont Raphaël Glucksmann ou Claire Nouvian. Président du comité de soutien de Gérard Collomb lors des dernières municipales, il nous explique qu'il ne s'engagera plus au niveau local, mais au niveau européen.

Sébastien Broquet | Mercredi 14 novembre 2018

Vincent Carry : « mon seul engagement citoyen sera européen, pour Place Publique »

Place Publique a été lancé le 6 novembre. Vous faites partie des premiers acteurs de ce… mouvement, parti ? Vincent Carry : Place Publique est un mouvement de citoyens et d’activistes œuvrant pour différents projets autour de sujets d’inquiétude majeurs. Ce sont des gens qui portent des actions de terrain, qui ont décidé de passer de l’ère de l’inquiétude à l’ère de la responsabilité. De se dire que l’on ne pouvait pas rester dans cet état de fatalisme, tétanisés en regardant la situation se dégrader. En particulier sur deux points : la gigantesque crise écologique d’une part, et la crise démocratique de l’autre, qui se traduit par un basculement de pays vers des régimes nationaux populistes, ce que l’on n’imaginait pas il y a quelques mois encore possible. Je pense évidemment à l’Italie et au Brésil. C’est de ce constat partagé qu’est né Place Publique, suite à la rencontre entre des personnes qui se connaissaient de par leurs actions : Thomas Porcher, Claire Nouvian, Raphaël Glucksmann, Caroline Kamal… Tous se sont rassemblés,

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Pec, un grand enfant

Portrait | Vous connaissez tous Pec : c’est le créateur des Birdy Kids. Ces oiseaux ronds et colorés, vous n’avez pas pu passer à côté. Mais ces gentils volatiles ne sont que la face émergée de l’iceberg.

Lisa Dumoulin | Mardi 29 août 2017

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Souriant, grand, svelte, jean et tee-shirt gris chiné assorti à sa barbe et perles en bois au poignet. Il s’est cassé la main, il n’en parle pas tout de suite, mais finira par lâcher qu’il bout intérieurement à cause de ce chômage technique. Un artiste lyonnais a priori lambda. Si ce n’est cette précision de son collègue et ami d’enfance Cart’1 : « Il faut savoir que Pec est l’un des plus anciens graffeurs lyonnais. C’est la deuxième génération, mais c’est l’un des plus anciens aujourd’hui. Et c’est celui, personne ne dira le contraire, qui a le plus défoncé le périph’ à Lyon. Les gens le respectent pour ça. » On ne sait pas trop pourquoi, on avait imaginé un mec aussi bariolé et insouciant que ses peintures. S’il y a une chose qui définit son œuvre, c’est bien la couleur. Un univers enfantin, rond, joyeux et coloré. « On venait de banlieue, d’un univers gris, et on avait juste envie de foutre de la couleur sur ces putains de murs gris » poursuit Cart’1. Pas de revendication politique, chose que Pec revendique : « Je pars du principe que tu es suffisamment matraqué avec toutes les p

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Vous avez dit street art ?

TrubLyon + Urban Art Jungle | L’art visuel se résume-t-il aux œuvres exposées dans les galeries et les musées ? L’art de rue n’est-il que vandalisme ? La réponse est non. Prenant ses marques au milieu du siècle dernier, le street art est devenu progressivement un art à part entière.

Corentin Fraisse | Mardi 29 août 2017

Vous avez dit street art ?

Le street art, ou art urbain, n'est pas toujours considéré à sa juste valeur par l'ensemble des esthètes. Mais son succès populaire impose le respect et, surtout, affole les galeries. Loin d’un simple art vandale, la discipline regroupe diverses techniques s’emparant de la rue pour en faire un support artistique : graffitis sur les murs, réclames, pochoirs, affiches, stickers et même mosaïques, voire des installations de yarn bombing (tricot urbain). Innover, c’est sortir du cadre. Nouvelle manière d’écrire, le street art se veut mode d’expression alternatif en prolongement de ce que l’art peut proposer. Éphémère et parfois hors-la-loi, il est majoritairement l’expression d'une contre-culture en quête de liberté. Son histoire débute à Philadelphie dans les années 1960. La première création de street art naît d’un acte d’amour : Darryl McCray, aka Cornbread, submerge la ville de sa signature en graffitis, pour attirer l’attention d’une jeune femme nommée Cynthia Custuss. Philadelphie voit bientôt s’inscrire, sur tous les murs de ses quartiers Nord, de larges inscriptions « Cornbread loves Cynthia

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Fred Mortagne : « Les skateurs à Lyon, c’est une grande communauté, solidaire »

Culture Skate | À l'occasion de l'exposition de photographies signées Fred Mortagne, coup de projecteur sur la culture du skate à Lyon et son rayonnement international.

Corentin Fraisse | Mardi 30 mai 2017

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En novembre dernier, un vaste projet de réfection et d’amélioration des lieux stratégiques (pour le tourisme) de la Presqu’île cherchait à évincer les skateurs du centre-ville. Dans le dossier de presse listant les travaux à réaliser, il était écrit « insertion de dispositifs anti-skate ». Cette annonce provoqua une levée de bouclier de la part de la communauté lyonnaise : les skateurs craignant surtout pour un de leurs spots mythiques, la place Louis Pradel (rebaptisée "HDV" pour Hôtel de Ville). Ils lancent alors la pétition "Save HDV", signée par plus de 12 000 personnes. Depuis, ils ont obtenu une réunion avec la Métropole, ont présenté un dossier clair et argumenté. La discussion avec les élus est, de l'avis des deux parties, constructive, et des compromis sont trouvés. Les riders seront consultés et associés au processus de reconstruction de la place, comme d'

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Quand le skate s'expose

Photographie | Fred Mortagne a bientôt 35 ans de skate dans les pattes. Le réalisateur et photographe lyonnais, connu et respecté à travers le globe, a contribué à faire connaître les spots de sa ville sur la scène internationale. Il présente une exposition intitulée "Allez jouer ailleurs!", dans le cadre du festival Aperçu dédié à la photo argentique.

Corentin Fraisse | Mardi 30 mai 2017

Quand le skate s'expose

Positivité « Quand j’ai commencé place Louis Pradel, on nous disait toujours d’aller skater ailleurs. À l’époque, les gens nous prenaient pour des glandeurs. » En réunissant, pour l’occasion, quinze ans de photographies prises à Lyon puis tout autour du monde, French Fred aimerait aider le skate à se débarrasser de ses représentations négatives. Pour montrer toute sa richesse, promouvoir les valeurs de partage et d’ouverture qui sont intrinsèquement liées à sa pratique. Prouver que le skate développe des potentiels. « Cela m’a beaucoup appris, m’a permis de voyager et d’apprendre la positivité. » Créativité En présentant ces photographies en dehors de la communauté skate, l’idée est d’ouvrir cette culture à un plus large public. Fred Mortagne prend le contrepied du titre de l’exposition : « ces photos ont été prises dans des endroits improbables, parfois hors des centres-villes, dans des spots naturels. » Le rêve de tout skateur qui aime le challenge, puisque skater dans la rue c’est s’adapter au terrain. « C’est ce qui va contribuer à faire naître de la créativité chez le skateur. »

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Ememem, l'enjoliveur du quotidien

Street Art | Raccommodeur secret de bitume, Ememem est un adepte du "flacking". Cette technique remplit nos trottoirs tristes de carrelages multiformes, aux couleurs qui détonnent du triste gris du béton.

Anaïs Gningue | Mardi 14 mars 2017

Ememem, l'enjoliveur du quotidien

Comment es-tu tombé dans le street art ? Ememem : C’est la faute d’une vieille traboule trouée où j’avais mon atelier il y a quelques années. Il y a cinq ans, je me suis amusé à combler les brèches avec des chutes de mosaïques, pour colorer un peu. C’est l’hiver dernier, en tombant dans une flaque gelée devant mon nouvel atelier, que cette histoire m’est revenue en tête avec des dimensions toutes nouvelles... Je me suis mis à raccommoder le vilain trou le jour-même. Avant même d’y avoir réfléchi, le premier flacking était né. 1.9kg, 70cm, et toujours en excellente santé malgré le camion poubelle qui l’écrase chaque matin. Où trouves-tu tes carrelages ? Est-ce de la récupération ? Ça dépend. La majorité est de la récupération, trouvée ou donnée par des âmes charitables. Finalement, on peut en trouver un peu partout. Vous n’imaginez pas tout ce qu’on jette... À propos, vous n’avez pas fait refaire votre salle de bain récemment ? Envoyez vos dons ! Qu'est-ce que le flacking ? C’est un acte d’am

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Dans les yeux de Bowie

Street Art | Big Ben rend hommage à l'auteur de Rebel Rebel disparu il y a un an, avec une œuvre intense à dénicher au cœur des pentes de la Croix-Rousse.

Louis Beaufort | Mardi 24 janvier 2017

Dans les yeux de Bowie

« J’essayais pratiquement tout. J’étais vraiment avide de découvrir tout ce que la vie avait à offrir, de la fumerie d’opium à n’importe quoi d’autre. Et je pense que j’ai fait à peu près tout ce qu’il est possible de faire. Sauf des choses vraiment dangereuses, comme être un explorateur. Mais je me suis introduit dans la plupart de tout ce que la culture occidentale a à offrir. » Cette citation fait référence à un moment sombre de l'année 2016. Pour le monde de la musique, et bien au-delà. Nous ne faisons bien évidemment pas allusion à la dernière tournée de Keen'V, mais à la mort de David Bowie : véritable icône de la pop culture, ce fut la première étoile disparue de cette année mortifère, laissant derrière elle des millions d'admirateurs attristés. Parmi eux, l'artiste Big Ben. Dès l'annonce du décès, ce dernier savait qu'il dédierait l'une de ses pièces à Bowie : il s'agissait juste de trouver l'endroit idéal pour lui rendre hommage. Peintre pochoiriste depuis 2012, Big Ben utilise les mu

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HDV : un spot de skate mondial menacé

Hôtel de ville | "HDV" pour "Hôtel de Ville" désigne un spot de skate qui se trouve place Louis Pradel, dans le 1er arrondissement. Lyon aurait de quoi en être fière, du fait de sa réputation internationale, mais les élus de la Métropole ont décidé d’éloigner les skateurs de cet espace qu’ils fréquentent depuis 30 ans.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 29 novembre 2016

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C’est un vaste projet de réfection et de pimpage des points stratégiques de la Presqu’île. Parmi ceux-ci, sur la colonne vertébrale de cet hypercentre urbain, on trouve la place Louis Pradel, là où une troupe de riders se donnent rendez-vous quasiment tous les jours, quelle que soit la météo. Ils ont rebaptisé l’endroit "HDV" (pour "Hôtel de Ville", le bâtiment municipal se situant à deux pas), et depuis plusieurs mois les acteurs du skate fréquentant la place parlaient de rumeurs concernant le projet de les en chasser bientôt. Cela n’a plus rien d’un bruit infondé : le chantier sera lancé de manière imminente, pour être achevé au second semestre 2017. C'est indiqué en toutes lettres sur le dossier de presse listant les travaux à venir : « Insertion de dispositifs anti-skates. » La Métropole de Lyon, après avoir fait la sourde oreille, a finalement reçu le collectif monté pour défendre le spot lundi dernier, faisant savoir à l’issue de

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Wall drawings : murés à l'intérieur

Musée d'Art Contemporain | Le Musée d'art contemporain réunit une dizaine d'artistes urbains internationaux, et tente une exposition paradoxale : montrer dedans ce qui ne peut exister que dehors.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 18 octobre 2016

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Les prémices du street art, il est vrai, proviennent historiquement du champ de l'art contemporain, et il est d'une certaine manière logique qu'il y revienne, même dans l'enceinte un peu "officielle" d'un musée. Les précurseurs de l'art urbain se nomment Ernest Pignon Ernest qui peint au pochoir en 1963 sur le Plateau d'Albion en réaction à la nucléarisation militaire, les étudiants des Beaux-Arts de Paris qui créent de multiples affiches pour Mai 68, Keith Haring qui peint sur les espaces publicitaires libres du métro new-yorkais au début des années 1980... À Lyon, une dizaine d'artistes de rue venus des quatre coins de la planète (La Réunion, Mexique, Ukraine, Pérou, Chine...) investissent les cimaises du MAC de leurs couleurs chatoyantes, de leurs figures allègres et rythmées, et de leur sens virtuose du trait direct et imaginatif. Le tout chapeauté par un commissaire d'exposition qui à lui seul fait caution : Julien Malland (né en 1972), alias Seth, qui a débuté ses œuvres dans les années 1990 sur les murs du 20e ar

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« Gloire à l'art de rue, jusqu'au bout art de rue » : c'est par ces premiers mots en 2001 que la Fonky Family rendait hommage aux activistes de l'art urbain. Depuis des décennies, la rue a toujours été un support privilégié pour quiconque voudrait partager, se faire entendre et fédérer. C'est avec cette volonté que le festival Graff-ik’ Art lancera sa 4e édition du 17 septembre au 1er octobre, sur le thème : L’Art de transmettre ?. Un rassemblement sur plusieurs journées, centré sur les arts urbains (graphiques, musicaux et chorégraphiques), des performances live et des ateliers d’initiation collaboratifs. En parallèle et toujours avec la même assiduité, différentes galeries continueront de promouvoir les valeurs généalogiques du street art. L'occasion de réfléchir sur la thématique de L’art Engagé chez Spacejunk avec une sélection de six artistes (re)connus pour leurs démarches humanistes et sociales :

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Du colosse en tenue de marin Harry Merry (dont on a découvert la glam-pop pouet-pouet en première partie d'Ariel Pink) au guitariste-chanteur du duo garage rock Nancy, sorte de Jean-Claude Dusse à bouclettes attifé comme un real life superhero fauché, on pensait avoir notre content de musiciens atypiques pour la saison. A tort. Car voici qu'approche la 6e édition de Funambals, au cours de laquelle se produiront les Longskateurs, duo composé d'un joueur de vielle électroacoustique et d'un accordéoniste unis par une même passion, notamment vestimentaire, pour la board culture. D'une impulsivité d'ordinaire plus associée au rock'n'roll («Branchez la guitare (…) Un, deux, trois, quatre !», vous voyez le topo), ces deux-là pourraient cristalliser à eux seuls l'étonnante modernité qui est celle des musiques traditionnelles – et par extension de ce grandissant festival, qui les promeut le temps de bals aux airs de rave parties chorégraphiées – depuis que, dans les années 70, quelques hurluberlus se sont mis en tête de les interpréter en civil et à l'aune des avancées mélodiques et techniques de leurs voisines populaires.

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Street art mode d’emploi

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Street art mode d’emploi

Si tout le monde ou presque voit à peu près à quoi correspond le street art, les choses se compliquent nettement lorsqu’il s’agit de le définir un peu plus précisément. Quand démarre exactement ce courant artistique ? Quelles disciplines recouvre-t-il ? De quelle manière s’est-il développé sur chaque continent ? Quel rapport entretient-il avec l’art contemporain ? Est-il porteur d’un propos politique ? Ce sont à ces différentes questions (et une pléiade d’autres !) que tente de répondre Jérome Catz, fondateur grenoblois du réseau de centres d’art Spacejunk et commissaire d’exposition indépendant, à travers ce dixième volume de la collection Mode d’emploi. Après une première partie consacrée à sa définition, et une deuxième à ses moyens d’expressions (graffiti, pochoir, tag & lettrage, interventions, sculptures urbaines, collage, anamorphose…), le livre bifurque ensuite sur un état des lieux du street art continent par continent et une sélection de trente artistes essentiels, que viennent enfin compléter une multitude de petites rubriques bien pensées (mots-clefs, dates repères, premières fois, liens avec l’art

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