Au Zola et au Pathé Bellecour, de nouveaux directeurs

Cinéma | Rentrée rime avec nouveautés. Dans les cinémas lyonnais également, où l’été a donné lieu à quelques métamorphoses ou modifications. Dans les salles comme en coulisses…

Vincent Raymond | Lundi 3 septembre 2018

Photo : Olivier Calonnec © Gilles Michallet


L'arrivée de la 4DX dans la salle 10 n'est pas le seul changement d'envergure au Pathé Bellecour. Après cinq années passées à la tête du cinéma historique de la rue de la République, Candice Pelletier a été promue à Paris à la salle des Fauvettes. Et c'est Fabien Lécureuil, actuellement en poste à Rouen, qui devrait lui succéder le 17 septembre prochain. Ce directeur de 32 ans formé à la FEMIS continue d'incarner la volonté de rajeunissement des équipes du groupe, après l'arrivée de Serge Morel au Pathé Vaise début 2017.

Zola repart au combat

Du côté du Zola de Villeurbanne, c'est une imposante page qui s'est tournée avec le départ du directeur général du cinéma et des festivals Laurent Hugues, après un bail de 23 ans. Pour lui succéder, l'Association pour le Cinéma gérant ce monoécran municipal a choisi un professionnel à la fois jeune, expérimenté et familier des lieux. À 35 ans, Olivier Calonnec revendique en effet une longue histoire partagée avec le Zola, premier cinéma dans lequel il s'est rendu dès son arrivée à Lyon. Membre de l'Association l'année suivante, participant aux pré-sélections du Festival du film court, il se frotte à l'organisation en assumant de 2012 à 2015 la coordination générale du regretté Festival du film scientifique d'Oullins, et aux questions d'exploitation en rejoignant le GRAC en 2017.

Revendiquant l'héritage de Laurent Hugues« un mentor dont l'intégrité professionnelle m'a humainement beaucoup inspiré » —, Olivier Calonnec souhaite “secouer“ le Zola : « le cinéma d'art et d'essai a de beaux jours devant lui, à condition de le défendre. Il faut essayer des choses nouvelles tout en revenant à l'expérience partagée. » Dans ses ambitions, réaffirmer l'identité de la salle à travers des choix forts, fédérer de nouveaux adhérents (notamment parmi les étudiants) et les impliquer davantage dans la programmation et l'animation du lieu. Le but étant que les spectateurs soient dans l'attente chaque mois des propositions alternatives de cette salle idéalement placée sur la ligne A du métro.

La 39e édition du Festival du film court (du 16 au 25 novembre) révèlera ses premiers axes de réflexion/évolution, telles des programmations thématiques, car « un public non sensible au film court ira plus facilement vers un sujet que vers un format ». Attentif à tous les nouveaux modes de diffusion, Olivier Calonnec s'intéresse autant aux sites de VOD qu'au Vidéodrome de Marseille ou à l'Aquarium à la Croix-Rousse. D'ailleurs, ce dernier aussi a profité de l'été pour faire peau neuve…

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38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Court-Métrage | Vigie d’une production européenne très orientée genre cette année, le Festival du Film Court de Villeurbanne participe de surcroît au rayonnement de la création locale. Clap clap !

Vincent Raymond | Mardi 14 novembre 2017

38e Festival du film court de Villeurbanne : une édition fantastique

Nul besoin de tortiller en tout sens la compétition européenne pour dégager la dominante thématique de ce 38e millésime villeurbannais : le fantastique infuse et irrigue près de la moitié des 48 films en lice. Et il ne s’agit pas d’une lubie hexagonale : tous les pays représentés connaissent la même résurgence pour ce cinéma de genre que les jeunes cinéastes maîtrisaient parfois mal autrefois. Ce n’est plus cas. Pour Laurent Hugues, directeur des festivals du Zola, « si le goût pour le fantastique a toujours été là, il avait du mal à passer le stade des commissions d’aide à la production, qui donnaient leur préférence aux films à caractère social. Aujourd’hui, on trouve davantage de personnes aspirant à élargir le spectre des œuvres financées. » Quant au volume… Le fantastique ne naît pas dans une société apaisée : « L’air du temps inspire une inquiétude grandissante chez les auteurs, un malaise qui s’accroit depuis deux ou trois ans. » Et le comité de sélection du festival a peut-être, lui aussi, gagné en audace. Mise en bouche

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¡Hola cine! Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

ECRANS | Sous la houlette de leur directeur Laurent Hugues, les Reflets villeurbannais sont devenus une indispensable passerelle entre les cinémas latins et le public français. Et un passage obligé pour les cinéastes de référence.

Vincent Raymond | Mercredi 9 mars 2016

 ¡Hola cine!
Les Reflets du cinéma ibérique et latino-américain

Qu’est-ce qui a présidé au choix du film d’ouverture, Hablar de Joaquín Oristrell ? Laurent Hugues : On voulait à la fois commencer par la compétition et un film ibérique — puisque nous faisons cette année un focus sur l’Espagne. Hablar s’est imposé par son parti pris artistique : il s’agit d’un faux plan-séquence dans une rue historique de Madrid, sur 300 mètres, permettant de croiser une vingtaine de petites histoires. C’est un cri d’alarme militant que lance Oristrell, qui a tourné ce film avec des amis. Certains ont complètement improvisé sur la trame préétablie. Hablar dresse un portrait de l’Espagne d’aujourd’hui par la parole, l’échange, dans une rue où Podemos est bien implanté. Et il défend les couleurs espagnoles dans la compétition. Il n’y a qu’un seul film en lice par pays ? Pour éviter la surreprésentation, oui. Avec l’Espagne, cela aurait été facile de faire concourir trois films. Notre engagement étant que les films soumis au choix du public soient inédits, ou que leur distribution en France ne soit pas prévue pour l’instant. C’est une manière de porter un éclaira

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«D’excellents films avant tout !»

ECRANS | Entretien / Laurent Hugues, directeur du Festival du film court de Villeurbanne. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Vendredi 7 novembre 2008

«D’excellents films avant tout !»

Petit Bulletin : Le cinéma d’animation prend une place importante dans les sélections du festival, et plus seulement dans la compétition 2D/3D…Laurent Hugues : Les films d’animation de la compétition française sont narrativement et politiquement très différents. Un film comme Le Cœur d’Amos Klein parle de l’homme à l’origine du mur entre Israël et la Palestine, par exemple. Il y en a un autre sur Ingrid Bergman et Roberto Rossellini, sur un registre plus cinéphile. Certains films misent ouvertement sur leur casting…Oui, mais les cas sont là encore différents. Un court comme Madame avec Nicole Garcia, qui parle d’une femme de députée qui perd la mémoire et se rend compte qu’elle n’a pas vraiment d’existence, est vraiment porté par le personnage autant que par l’actrice. Faits divers, où l’on retrouve Pierre Richard, Michael Lonsdale, Léa Drucker ou Malik Zidi, est en revanche une carte de visite assumée pour passer au long-métrage. Mais ce sont avant tout deux excellents films !  Est-ce que le désengagement de l’État dans la culture affecte le festival ?Nous

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