Cathy Bouvard quitte les Subsistances

Nomination | Cathy Bouvard, l'emblématique directrice des Subsistances depuis 2004, quittera ses fonctions dès janvier prochain pour prendre la direction des Ateliers Médicis.

Sébastien Broquet | Jeudi 20 septembre 2018

Photo : © Félix Ledru


Cathy Bouvard, personnalité appréciée de la culture lyonnaise, a candidaté en compagnie de Renan Benyamina (co-fondateur du mensuel Hétéroclite, et conseiller de l'ex-premier adjoint à la maire de Paris Bruno Juillard) à la direction des Ateliers Médicis, nouveau lieu de création et d'émergence culturelles situé à Clichy-sous-Bois et Montfermeil, ouvert en juin dernier mais encore en préfiguration : leur projet a été accepté, comme le ministère de la Culture l'a confirmé ce jour : « suite à l'avis unanime de l'ensemble des membres du conseil d'administration présidé par Thierry Tuot, Cathy Bouvard est nommée à la direction de l'établissement public de coopération culturelle Les Ateliers Médicis, qui associe l'État, les villes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil, la région Ile-de-France, la métropole du Grand Paris, le département de Seine-Saint-Denis, l'Établissement public territorial Grand Paris-Grand Est et la ville de Paris. »

Lyon et les Subs perdent-là une directrice mais surtout une tête chercheuse qui a révélé nombre d'artistes évoluant dans les marges, hors-normes, croisant souvant les disciplines - on pense à Phia Ménard, aux Chiens de Navarre ou encore au performer sud-africain Steven Cohen qui est de retour cet automne dans la programmation. Sa dernière initiative marquante en ce lieu restera la création du Labo NRV.

C'est une toute nouvelle aventure d'envergure qui commence pour celle qui incarnait depuis quinze ans les Subsistances, ce laboratoire de créations de spectacle vivant situé sur les quais de Saône, qu'elle dirigeait de facto, Guy Walter, le co-directeur, étant très investi sur la Villa Gillet. Il est à noter que ce dernier prendra sa retraite à l'été 2019.

Cathy Bouvard a débuté par le journalisme, faisant partie de l'aventure initiale de l'hebdomadaire Lyon Capitale aux débuts du journal lancé par Jean-Olivier Arfeuillère et Philippe Chaslot en 1994. Compagne de Jean Lacornerie, metteur en scène et actuel directeur du Théâtre de la Croix-Rousse, elle a ensuite longtemps travaillé dans ce même théâtre lorsqu'il était dirigé par Philippe Faure, en tant que secrétaire générale et déjà programmatrice. Sous sa responsabilité, les Subsistances ont acquis une réputation internationale indéniable.

Pour Loïc Graber (adjoint à la culture) et Georges Képénékian, c'est un nouveau casse-tête qui vient s'ajouter aux précédents : nombre de lieux dans la ville sont actuellement dépourvus de direction ou le seront bientôt (Point du Jour, Halle Tony-Garnier, Musée d'Art Contemporain...).

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Stéphane Malfettes : « le lieu bénéficie d'une aura très forte »

Les Subsistances | Officiellement en poste depuis mai, Stéphane Malfettes, qui a succédé à Cathy Bouvard et Guy Walter à la tête des Subsistances, participe au renouvellement massif et inédit des nouvelles directions de lieux culturels à Lyon. Il nous détaille son projet : international et transversal.

Nadja Pobel | Mardi 10 septembre 2019

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Guy Walter s'est occupé d'une grande partie de la programmation des Subsistances, jusqu'au Moi de la Danse fin janvier. Quel est votre apport dans les prochains mois ? Stéphane Malfettes : Il me tenait à cœur d’ouvrir la saison avec l’une des propositions fortes de mon projet : une collaboration avec cette structure géniale qu'est L'Atelier des Artistes en Exil, à Paris. Depuis deux ans, elle accompagne l'arrivée d'artistes qui ont fui leur pays plus par absolue nécessité que par agrément. Aux Subs, nous proposerons des rendez-vous chaque saison sous forme de soirées musique / performance / clubbing avec des artistes venus des quatre coins du monde que nous accueillerons en résidence. On commence avec le performeur congolais Yannos Majestikos et le musicien syrien Wael Alkak. Ça va donner le ton ! Dans un tout autre registre, nous accompagnons le prochain spectacle de Xavier Veilh

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Mirage Festival : vers un art numérique écologique

Art Numérique | Cette septième édition du Mirage Festival place l’humain face à ses propres incertitudes et contradictions en explorant les possibles, dans la perspective de créer un avenir moins effrayant et davantage clairvoyant. Focus sur deux œuvres réflexives qui font fusionner biologie et nouvelles technologies à l’initiative de deux femmes : Robertina Šebjanič et Anne Marie Maes.

Sarah Fouassier | Mardi 2 avril 2019

Mirage Festival : vers un art numérique écologique

L’art sauvera-t-il la planète ou du moins y prendra-t-il part ? Au moment même où nous prenons collectivement conscience que nous devons agir et vite, Mirage Festival invite dans son parcours d’exposition, à voir aux Subsistances, deux artistes dont les travaux plurimédias soulèvent des interrogations philosophiques. Dans ses recherches écologiques innovantes, l’artiste belge Anne Marie Maes s’empare de la problématique de la raréfaction des abeilles à sa manière : en associant technologie et organismes vivants. Elle a ainsi mis au point dans son labo bruxellois à ciel ouvert, une installation regroupant une ruche intelligente en peau microbienne, The Intelligent Guerilla Beehive, imaginée pour résister aux agressions extérieures, et une vidéo tournée en caméra infrarouge. L’artiste a filmé pendant un an les interactions entre les abeilles au sein d’une ruche, une intelligence collective en péril comme le sont les fonds marins que la Slovène Robertina Šebjanič a choisi d’étudier, motivée par cette question : « comment les océans ressentent-ils notre impact ? » À l’aide d’un drone sous-marin l’art

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Stéphane Malfettes, nouveau directeur des Subsistances

Nomination | On connaît le successeur de Cathy Bouvard, partie en janvier dernier aux Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois, et de Guy Walter, qui prendra (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 20 février 2019

Stéphane Malfettes, nouveau directeur des Subsistances

On connaît le successeur de Cathy Bouvard, partie en janvier dernier aux Ateliers Médicis à Clichy-sous-Bois, et de Guy Walter, qui prendra sa retraite en juin prochain : il s'agit de Stéphane Malfettes, qui devient donc directeur des Subsistances. Il prendra ses fonctions dès ce mois d'avril. Selon le communiqué de la Ville de Lyon, « âgé de 43 ans, Stéphane Malfettes est diplômé en littérature et direction de projets culturels. Il débute sa carrière au Théâtre des Amandiers à Nanterre, collabore avec l’Opéra de Lille et la Maison de la Culture de Grenoble avant de devenir programmateur pour le spectacle vivant au Musée du Louvre en 2007 ; il invite notamment Patrice Chéreau (2010), Robert Wilson (2013), JR (2016). En 2016, il prend en charge la coordination et la programmation culturelle du Palais de la Porte Dorée, qui abrite notamment le Musée National de l’Histoire de l’Immigration. Parallèlement, il dévelo

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Désertions et convoitises à la tête des théâtres

Rentrée Théâtre | Étrange rentrée que celle-ci dans le domaine du théâtre. Les spectacles sont multiples, mais rien ne semble immanquable a priori, et des directeurs ou directrices quittent la Ville abruptement... Débroussaillage.

Nadja Pobel | Mardi 8 janvier 2019

Désertions et convoitises à la tête des théâtres

« Cette ville est formidable, je l'adore, mais elle n'est pas dynamisante » déclarait Cathy Bouvard à nos confrères de Lyon Capitale en novembre dernier. La directrice des Subsistances quitte précipitamment mais pas tout à fait par hasard ce navire-phare qu'elle a dirigé avec rigueur et curiosité durant quinze ans et rejoint les Ateliers-Médicis à Clichy-sous-Bois. Lyon n'a pas su garder non plus Marc Lesage, qui, à la co-direction des Célestins a fait de ce théâtre le plus audacieux des mastodontes locaux. Il a désormais les rênes du théâtre (privé) de l'Atelier à Paris. Pierre-Yves Lenoir, co-créateur du Rond-Point avec Jean-Michel Ribes administrateur de l’Odéon aux côtés d’Olivier Py, Luc Bondy et Stéphane Braunschweig le remplace. Il arrive tout droit de la toute nouvelle La Scala (ouverte en septembre dernier) où il était directeur exécutif. . Plus problémat

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Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

Ateliers | À chaque vacances scolaires, la problématique reste la même : comment occuper les enfants ? Surtout à l'occasion de vacances qui n'en sont pas vraiment. Suivez le guide.

Antoine Allègre | Mardi 19 décembre 2017

Ça vous plaît ? C'est eux qui l'ont fait !

La facilité "parents indignes" de les laisser scotcher devant la tablette n'étant pas (totalement) recevable, la meilleure solution est de leur ouvrir les portes vers le monde merveilleux des arts plastiques, des pratiques circassiennes ou d'un musée hautement fréquentable pour des ateliers. Pour ce qui est de la patouille tip top, la Galerie Vaubecour se trouve être l'écrin idéal pour sensibiliser l'enfant à la matière – et cela dès cinq ans. Déjà parce que l'endroit est magnifique et que la programmation jeune public est impeccable. Jugez plutôt : le 26 décembre, ils pourront sculpter et peindre la comète de Noël ; le lendemain, à partir de matériaux recyclés, ils imagineront un périple spatial. Le 28, ils empoigneront ciseaux, colle et tubes de peinture pour fabriquer leur propre planète terre (pour ensuite complèter le système solaire au grand complet le mardi 2 janvier). Le 3 janvier, ils se pencheront sur l'expédition Apollo 13 en direction de la Lune, grâce à des photomontages réalisés par leurs petites fourches caudines (et fabriqueront l'astre et ses prochaines voisines étoilées le 5 janvier). Le jeudi 4 janvier, ils in

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Livraisons d'Été : Les Subsistances en pointe

Livraisons d'Été | Cet ancien lieu militaire qui a permis de produire du pain en grandes fournées pendant la Première guerre mondiale est aussi le site de nourritures (...)

Nadja Pobel | Mardi 20 juin 2017

Livraisons d'Été : Les Subsistances en pointe

Cet ancien lieu militaire qui a permis de produire du pain en grandes fournées pendant la Première guerre mondiale est aussi le site de nourritures terrestres culturelles tout à fait particulières. Qu'on les aime beaucoup (Phia Ménard) ou beaucoup moins (les Chiens de Navarre), c'est ici que ces artistes adoubés sont passés, voire ont créé. Avec le festival Livraisons d'été, pour clore le mois de juin, pas moins de onze spectacles et dix compagnies sont au programme, avec notamment une semaine consacrée à la jeune garde des scènes de la région augmentée. Entrée des artistes ! telle que cette manifestation est nommée, avec à l'affiche ceux qui ont été bichonnés dans les salles d'émergences que sont le Théâtre de l'Élysée et l'école de Cirque de Lyon, le centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape et le Boom'structure de Clermont-Ferrand. On retrouve deux tous jeunes retraités du Ballet de l'Opéra de Lyon, Tadayoshi Kokeguchi et Ashley Wright dans leur projet May coutain traces of. Cette dernière est aussi inte

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Avril en vrille, un festival bigarré

SCENES | Un grand week-end pour fêter le printemps avec des spectacles et des activités en famille : c’est le programme acidulé et croustillant d’Avril en vrille.

Lisa Dumoulin | Vendredi 24 mars 2017

Avril en vrille, un festival bigarré

Pour la deuxième édition du festival Avril en vrille du 30 mars au 2 avril, Les Subsistances renouent avec la forme des grands week-ends de quatre jours si chère à leur coeur. Quatre jours donc pour fêter le printemps en ouvrant le site - exceptionnel rappelons-le : à flanc de falaise, les pieds baignant dans la Saône et étoffé des jolis bâtiments abritant l’école nationale supérieure des Beaux-Arts. Une invitation conviviale à profiter de l’extérieur avec au programme : des spectacles gratuits en plein air pour toute la famille, un cours de danse géant, des ateliers coloriage ou collage avec des graphistes pour les enfants et les grands... Et une curiosité à ne pas manquer : la visite insolite des Subsistances par Magali Chabroud et le Blöffique théâtre. Son travail axé sur la création de formes théâtrales dans des lieux non dédiés à la représentation comme des immeubles, des squares, l’espace public en général, l'a amené à proposer Ce qui subsiste, brève histoire d’ici, une visite invitant à créer une brèche de fiction dans le quotidien.

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Lancement de la saison des Subs ce samedi

MUSIQUES | À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison (...)

Nadja Pobel | Vendredi 18 septembre 2015

Lancement de la saison des Subs ce samedi

À l'issue de la représentation de Biopigs (voir notre critique) ce samedi 18 septembre, les Subsistances lanceront officiellement leur saison 2015/2016. À 21h30, la direction du lieu présentera la programmation à venir, puis James Stewart animera la soirée aux platines. Évenement gratuit avec food truck et une buvette.

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"Biopigs", du théâtre qui prêche aux convertis

SCENES | Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s’en sont fait une spécialité qui ne (...)

Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s’en sont fait une spécialité qui ne manque ni de panache ni de pertinence. Les applaudissements n’interviennent d'ordinaire qu’en fin de pièce ? Qu’à cela ne tienne : en voilà qui scandent le début de Biopigs de façon mécanique – et ce pourrait être drôle si ce n'était pas qu'un exercice. Plus tard, après que les comédiens, survitaminés, ont moqué des artistes comme Peggy Guggenheim ou Sammy Davis Jr., des scènes plus ou moins cultes du théâtre sont détournées sous le regard laconique d'une grosse tête gluante aux yeux globuleux (pour en montrer la vacuité ? La force ? La question reste ouverte). C’est ainsi que l’on retrouve avec plaisir les notes de Massive Attack sur lesquelles ont dansé Pascal Gréggory et Patrice Chéreau dans Dans la solitude des champs de coton ou des ersatz de Stanislas Nordey et Audrey Bonnet rejouer, sans les cris et la douleur, Clôture de l’amour de Pascal Rambert. Mais à qui s’adresse ce spectacle ? De toute évidence, à ceux qui fréqu

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Au bonheur des arts

SCENES | Dix ans que les Subsistances font contrepoids aux institutions culturelles lyonnaises. Durant un week-end sur la thématique du bonheur, ce laboratoire artistique se demande si «Ca va ?». Réponse par l’affirmative de sa co-directrice, Cathy Bouvard, qui n’a pas vu le temps passer. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 25 mars 2014

Au bonheur des arts

«Comment ça va sur la terre ? / - ça va, ça va, ça va bien. / Les petits chiens sont-ils prospères ? / - Mon Dieu oui, merci bien». Et si cette strophe de Jean Tardieu que les écoliers connaissent par cœur était un raccourci de ces dix années de Subsistances ? Car ce lieu atypique se porte bien. Les chiffres en attestent : 70 compagnies accueillies - dont 20 internationales -, environ 35 créations et 35 000 spectateurs par an. Cathy Bouvard, co-directrice du lieu avec Guy Walter (par ailleurs directeur de la Villa-Gillet), se dit elle-même heureuse du chemin parcouru (à toute allure), et d’y avoir fait découvrir – entre autres ! - ces Chiens auxquels elle n’accole même plus le nom "de Navarre" tant elle a connu tôt cette troupe, la programmant à plusieurs reprises bien avant que des lieux beaucoup plus institutionnalisés ne les réclament - comme le très médiatique Rond-Point parisien,  où ils ont fait l'événement en février. Les Chiens de Navarre donc, mais aussi le metteur en scène David Bobee, le comédien Gilles Pastor, les performeurs Steven Cohen et Phia Ménard… Une histoire de compagnonnage qui n’a jamais été pré-établie et s’est installée au fil du temps.

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À la recherche du temps perdu...

SCENES | Spectacles / Le nouveau Week-end «Ca tchatche !» des Subsistances réunit rien moins que quatorze spectacles dans les domaines du théâtre, de la danse, du cirque et de la performance. Nous avons choisi de mettre l'accent sur trois d'entre eux, et des plus prometteurs. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 18 mars 2010

À la recherche du temps perdu...

Attifée de plusieurs couches de vêtements, ceinte d'une sorte de pagne composé de cravates et parée de quelques breloques, Cynthia Hopkins a très franchement une drôle de dégaine. Elle évolue, espiègle, sur une petite scène recouverte de vieux tapis et fermée au fond par un épais rideau rouge. Ça sent (visuellement) la naphtaline et pour cause : la jeune artiste américaine (à la fois musicienne, danseuse, vidéaste, comédienne) se lance dans ce spectacle dans la composition du «portrait de [son] père sous forme de fragments». Fragments ou polyphonie, Cynthia Hopkins optant tour à tour pour l'accompagnement gestuel de voix off, des monologues où elle incarne parfois le rôle de son propre père, et de très belles chansons qu'elle a composées au piano (la chanteuse fait partie par ailleurs du groupe folk-rock Gloria Deluxe)... «The Truth : a tragedy» est une sorte de chœur éclaté en solo et en hommage à la tragédie grecque, mâtiné de beaucoup d'humour et de dérision, explorant la folie paternelle, ses déboires avec les psychiatres, et ses conséquences sur le trajet existentiel de sa fille.... Le tout est en anglais (sur-titré en français) et s'annonce comme une véritable curiosité !

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Bêtes de scène

SCENES | Quatre jours durant, le week-end «Ça tcatche #2» des Subsistances propose profusion de spectacles de cirque, danse et théâtre. Parmi eux, nous avons retenu ici trois créations alléchantes, a priori. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 17 avril 2009

Bêtes de scène

«Loin d'être un individu chargé d'os, de muscles, de chair, d'organes, de mémoire, de desseins, je me croirais volontiers, tant mon sentiment de vie est faible et indéterminé, un unicellulaire microscopique, pendu à un fil et voguant à la dérive entre ciel et terre, dans un espace incirconscrit, poussé par des vents, et encore, pas nettement», écrit le poète Henri Michaux. Michaux, Kafka, Bacon, Rimbaud... nombreux sont ces artistes et écrivains qui ont cherché, via ce que Deleuze et Guattari nomment les «devenirs animaux», à abolir les frontières de l'humain, à dérégler le langage et les mots, pour découvrir de nouvelles sensations ou intensités affectives. Si le week-end «Ça Tchatche» des Subsistances est consacré aux langues en général, certains spectacles se penchent en particulier sur les langages et les devenirs animaux. Exemple emblématique : la nouvelle création de Jade Duviquet et Cyril Casmèze, Cet animal qui nous regarde, explore nos liens (d'empathie, de complicité, voire amoureux) à l'animal, avec la présence sur scène d'un perroquet, d'un chat, de deux femmes et deux hommes. La Cie du Singe Debout s'appuie ici sur des textes de Rilke, Flaubert et Derrida, et sur l'imp

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Tuer la misère

SCENES | Tuer la misère (aux Subsistances jusqu’au 31 janvier) c’est la rencontre improbable entre le théâtre musical d’Alexis Forestier et l'OVNI André Robillard, (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 20 janvier 2009

Tuer la misère

Tuer la misère (aux Subsistances jusqu’au 31 janvier) c’est la rencontre improbable entre le théâtre musical d’Alexis Forestier et l'OVNI André Robillard, figure de l’art brut révélé par Jean Dubuffet… C’est plus concrètement encore le croisement, sur un même plateau foutraque, de poèmes mis en musique et chantés de Paul Celan ou de Paul Klee par exemple, avec les vocalises d’André Robillard, ses mimiques ou petits gestes étranges, son univers plastique composé de soucoupes volantes, de renards, de serpents et de fusils qui «tuent la misère»… Un spectacle singulier et intuitif conseillé aux plus aventuriers d’entre vous.

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Sens dessus dessous

MUSIQUES | Zoom / Un beau week-end de trois jours, ça ne se refuse pas, même en hiver. Les Subsistances se préparent à accueillir une belle brochette de «performers» : ça change ! Dorotée Aznar

Christophe Chabert | Mercredi 24 janvier 2007

Sens dessus dessous

C'est presque une tradition, on ne saurait taire l'arrivée imminente du week-end d'hiver aux Subsistances. La raison en est simple : pendant trois jours, vous pourrez vous frotter à la création contemporaine, dans des formes courtes et pour des sommes modiques (le prix des spectacles oscille entre 0 et 5 euros). Du côté de la programmation, ce week-end fait la part belle à la danse et au cirque (on vous tout sur ce site) et aux performances en tout genre. Des langages qui peuvent surprendre le public, à l'instar d'un Jonak Bokaer qui travaille sur les liens entre nouvelles technologies et mouvement. «Nous sommes dans des formes très performatives et nous faisons des choix artistiques radicaux. Ces langages peuvent déstabiliser, et c'est fait pour», explique Cathy Bouvard, directrice adjointe des Subsistances. N'y voyez pourtant pas une volonté d'élitisme ou d'exclusion. Cathy Bouvard répond d'ailleurs sans problème aux reproches qui ont pu être adressées au lieu et expose patiemment les chiffres de fréquentation : 30 000 spectateurs l'an dernier et «un énorme travail souterrain pour favoriser la mixité du public». Car on sait bien aux Subsistances que les spectateurs sont parfois r

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Monstres et Cies

MUSIQUES | Événement / Les Subsistances consacrent leur nouveau week-end au monstrueux, sans monstre sacré mais avec une ribambelle d'artistes méconnus prometteurs... Jean-Emmanuel Denave

| Mercredi 25 avril 2007

Monstres et Cies

Souvenir d'un prof de philo qui, dans un couloir d'université, marmonnait à nos oreilles : «Après tout, qu'est-ce qu'il y a d'intéressant dans la vie si ce n'est les monstres ?». Oui, après tout et un peu de réflexion, les gens normaux n'ont rien d'extraordinaire, et quand ça sent le monstre (l'autre, ou l'autre tapi en soi) ça commence à sentir la vie. La thématique du nouveau week-end des Subsistances, Ça monstre, s'annonce donc des plus réjouissantes, surtout en plein premier tour des élections présidentielles ! La formule de la manifestation commence maintenant à être connue : des spectacles à gogo pendant trois jours (douze au total dont cinq créations) dans tous les domaines (théâtre, danse, cirque), des prix modiques voire gratuits, des concerts vendredi et samedi soirs (Don Rimini, Phonic, Nil...) et des prises de risques pour les programmateurs comme pour les spectateurs : le week-end de janvier s'était par exemple avéré globalement décevant. Ce week-end de printemps se déroulera une fois encore sans véritable tête d'affiche et nous vous proposerons ici quelques paris parmi une programmation assez ésotérique. Bêtes sur scène Si nous ne connaissons pas son travail, la gen

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