Maële Giard : « il faut arrêter de demander, il faut prendre »

Activisme Climatique | À 22 ans, Maële Giard lutte pour la justice climatique. Étudiante en études urbaines, militante d'associations écolos et Gilets jaunes, elle interviendra lors de la table ronde du Lab de Nuits sonores consacrée aux "Nouveaux activismes pour la justice climatique" ce vendredi. Où il est question d'écologie et donc de politique.

Nadja Pobel | Mardi 28 mai 2019

Photo : © DR


Quels sont les actes à accomplir aujourd'hui pour plus de justice climatique ?
Maële Giard : La ville est tellement polluante aujourd'hui qu'il est compliqué de se dire qu'on va réussir à changer la donne d'un point de vue climatique à cet endroit. Une prise de distance avec l'urbain est nécessaire. Il faut regarder les petites villes, les périphéries pour expérimenter des vies plus collectives, voire communautaires, d'entraide, de rattachement à la terre.

Et ça passe par la consommation (manger local et bio), les jardins partagés, les composts collectifs. Mais ce n'est pas assez et il faut faire très attention à l'écologie moralisante. C'est même dangereux de dire que cela repose sur l'individu car ça déculpabilise et déresponsabilise l'ensemble de la classe politique et des élites dominantes.

Le mouvement des Gilets Jaunes est-il à vos yeux en lutte pour plus de justice climatique ?
Oui, les Gilets Jaunes ont rejoint la Marche pour le Climat de samedi dernier. Des événements ont été montés avec des groupes écologistes lyonnais. En AG, on parle de permaculture, des gestes écolos que chacun fait dans son quartier.

Ce mouvement est né d'une volonté de faire baisser le prix de l'essence : mais pourquoi ce sont toujours les plus pauvres, ceux en périphérie qui sont obligés de prendre la voiture pour travailler qui doivent payer ? À l'assemblée des assemblées des Gilets jaunes qui s'est tenue à Saint-Nazaire en avril, il y avait clairement dans le texte le mot anticapitaliste et c'est donc une revendication en faveur de l'écologie car la crise écologique est née de la crise du capitalisme. C'est l'exploitation de la Terre et du vivant. Chaque Gilet Jaune a sa conception de l'écologie, mais je ne suis pas sûre qu'il faille demander encore plus de choses à l'État. Il faut arrêter de demander, il faut prendre. Et ça peut être illégal. Mais beaucoup de choses sont illégales aujourd'hui. Porter un gilet jaune peut être illégal. On dérange, on est dans la rue et on nous met dans l'illégalité.

Quel est votre point de vue sur les actions d'Extinction Rebellion (déverser du sang au Trocadéro pour dénoncer la sixième extinction de masse) ou encore sur l'égérie que devient Greta Thunberg ?
Pourquoi pas faire ce qu'a fait Extinction Rebellion... Mais c'est de la communication. Ça ne change rien en terme d'action mais je reconnais que ça peut éveiller des esprits.

Concernant Greta Thunberg, je pense qu'il n'y a pas besoin de représentants, de figures médiatiques. Aujourd'hui les leaders peuvent être des figures auxquelles on aspire mais je n'ai pas besoin de ça. On ressent tous la pollution et la canicule dans nos corps. Plus qu'une vidéo sur YouTube, c'est vivre le dérèglement climatique dans sa propre chair qui peut faire changer les choses.

Je suis allée aux marches pour le climat au départ sans grande conviction, pour faire masse. Et aujourd'hui c'est aussi de l'écologie moralisante. Ça dépolitise. On marche le dimanche une fois tous les trois mois et on se déculpabilise.

Les élections européennes ?
Je ne suis pas allée voter de manière consciente car la politique ne se passe pas dans les urnes mais sur le terrain. Que ce soit les partis écolo ou ceux qui reprennent cette veine, ça reste une stratégie politique de prise de pouvoir. Ma vision de la politique ne rentre pas dans une urne. On nous a appris à faire ce devoir citoyen mais ce n'est pas un devoir. La politique, on l'a en nous. Et c'est très dur de ne pas aller voter, de déconstruire ce sur quoi on pense nous donner de la liberté. On nous dit que c'est la France bête qui ne vote pas, mais ce n'est pas aussi simple. Les gens ont réfléchi, c'est délibéré.

European Lab
À H7 ​du 30 mai au 1er juin

Nouveaux activismes pour la justice climatique
Le vendredi 31 mai de 17h à 18h30


Nouveaux activismes pour la justice climatique

Avec Maële Giard et Mathilde Girault, étudiantes en études urbaine, Annie Randall (Extinction Rebellion), Deep Green Resistance, Marie Toussaint (End Ecocide on Earth) et Guillaume Faburel, géographe-politiste
H7 70 Quai Perrache Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Lyon : rendez-vous en juillet pour Nuits sonores

Festival | Nuits sonores aura lieu pour la première fois en été, fin juillet, avec un format adapté, assis ou couché — mais bel et bien à Fagor-Brandt. L'European Lab se déroulera en juin uniquement sur Internet.

Sébastien Broquet | Jeudi 29 avril 2021

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C'est officiel : Nuits sonores aura bien lieu, l'European Lab aussi. Décorrelés, adaptés, un poil réduits, repensés, mais ces events trouveront bel et bien leur place dans le calendrier 2021. Sauf catastrophe du style variant indien & co, bien sûr. Alors, quand ? Pour Nuits sonores, ce sera du 20 au 25 juillet (dont cinq soirées de 18h à minuit, du mardi au samedi, et un bonus le dimanche encore en cours de réflexion) et en grande partie du côté de Fagor-Brandt, comme ces dernières années, même si quelques spots extérieurs pourraient être envisagés — on parle d'un after débutant à 6h du mat', se terminant à midi, au Sucre. Il y aura aussi des before à Heat avec des cartes blanches pour des collectifs locaux. L'ancien site industriel de Fagor-Brandt, situé dans le 7e arrondissement, a l'avantage d'être immense, d'offrir différentes possibilités, de la déambulation comme de grands espaces où des groupes pourront jouer à même le sol pour un public as

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Camille de Toledo : « un temps autre s’est ouvert »

Podcast | Camille de Toledo, écrivain et chercheur, repense sa résidence croisée initiée à Lyon en un rendez-vous de conversations à distance, chaque mardi. Toujours sous l'égide de l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab. Il nous explique.

Sébastien Broquet | Mardi 9 juin 2020

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Vous remodelez votre cycle de résidence et de rencontres à Lyon en une forme nouvelle, des conversations nocturnes chaque dimanche soir : pouvez-vous nous présenter ce concept et comment il va se dérouler ? Camille de Toledo : Je crois ardemment aux vertus d’une conversation croisée entre les arts et les sciences humaines, entre une poétique et une politique, entre thérapeutique et savoir. C’est à cette intersection que nous avons lancé avec l’École Urbaine de Lyon, la Fête du Livre de Bron et l’European Lab, en janvier dernier, le cycle "Enquêter, enquêter, mais pour élucider quel crime ?". Nous vivons aujourd’hui à l’heure d’une très vaste révélation d'un "crime terrestre", ce qu’on nomme également en droit un écocide, même si la notion n’est pas encore, hélas, reconnue pénalement. Quand nos affaires humaines, à l’échelle planétaire, ont été interrompues par cet

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Ce qu'il faut écouter au Lab

European Lab | L'European Lab se déroulera à l'université Lyon 3 du 7 au 9 mai, avec en guise de fil rouge une certaine idée de l'utopie. Conférences, ateliers, formations, émissions, masterclass rythmeront cette 8e édition : en voici cinq temps forts.

La rédaction | Lundi 30 avril 2018

Ce qu'il faut écouter au Lab

#Culture Élus, artistes et professionnels de la culture interrogent le devenir et le rôle des politiques culturelles des villes de demain lors de la conférence "La Culture, moteur des villes européennes", le 8 mai à 18h. À l’inverse de quelques grands villes européennes, Lyon semble en retard dans sa capacité à faire émerger des tiers-lieux innovants. La conférence "Les tiers lieux innovants à Lyon", qui aura lieu le 9 mai à 10h à Soffa, sera l’occasion d’en parler. #Kebab En before ou en after, proche du Berghain à Berlin, ou dans le quartier des Terreaux à Lyon, le kebab est devenu l’indispensable d’une soirée. On se rappelle qu’il y a quelques mois, le parlement européen avait défrayé la chronique en parlant d’une possible interdiction du sandwich en Europe. Au cours de cette conférence intitulée "Kebab, sauce européenne", universitaires, artistes et journalistes se poseront la vraie question : tomates, salade, oignons ? Le 9 mai à 14h. #Web-radio Partout en Europe, les webradios se multiplient. Cette émission "La radio est morte, vive la webradio" (le 9 mai à midi) traitera donc des nouvelles pratiques d’écout

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Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

European Lab | Antidote à la morosité ambiante et instigateur de progrès, Utopies réalistes de Rutger Bregman séduit de plus en plus de par son idée fondamentale : la mise en place d’un revenu universel de base. Son auteur sera à l’European Lab le 9 mai pour débattre avec Raphaël Glucksmann de la nécessité de renouer avec les utopies.

Sarah Fouassier | Lundi 30 avril 2018

Rutger Bregman : « notre vision de la pauvreté est paternaliste »

Dans Utopies réalistes, vous déplorez le pessimisme ambiant et notamment médiatique qui « écrase l’individu ». Quelles sont ses conséquences directes ? Rutger Bregman : De nos jours, nous nous inquiétons beaucoup, nous sommes profondément anxieux. Ce qui est paradoxal, c’est que nous prenons de plus en plus soin de nous, de ce que nous mangeons, mais nous nous inquiétons encore trop peu de la qualité des informations que nous absorbons. Les informations télévisées sont la source la plus trompeuse qui soit, elles traitent toujours d’exceptions que cela concerne la corruption, la criminalité, le terrorisme, la guerre. Elles ne représentent pas le monde dans sa globalité, ce qui fausse notre vision de la nature humaine. Si vous les regardez, il y a beaucoup de chances que vous deveniez aussi pessimistes qu’elles. La première étape vers la santé mentale est de jeter sa télévision par la fenêtre et de prendre du recul en lisant des livres, en discutant, en rencontrant des gens dans la vraie vie, en dehors des réseaux sociaux. Il est primordial de réfléchir à la qualité des

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Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

European Lab | Secrétaire d’État à la modernisation administrative et ancienne adjointe au maire de Lisbonne, Graça Fonseca a fait de Lisbonne puis du Portugal la première capitale et le premier pays à mettre en place des budgets participatifs : soit des budgets soumis à des commissions citoyennes. Entretien.

Lisa Dumoulin | Mardi 30 mai 2017

Au Portugal, les citoyens sont dans l'action

Quels types de projets ont vu le jour grâce aux budgets participatifs à Lisbonne et au Portugal ? Graça Fonseca : C’est tout nouveau à l’échelle du Portugal, on a commencé cette année, donc il n’y a pas encore de projet réalisé. La période de vote commence en juin et on aura des premiers résultats à la fin de l’année. Au niveau local, à Lisbonne, la plupart des projets concernent la qualité de vie : l’espace public, les espaces verts, les équipements culturels, les espaces de jeux pour les enfants… C’est l’objectif principal : les gens veulent vivre, travailler, avoir des enfants dans une ville agréable. Au niveau national c’est un peu différent. On observe avec cette première expérience de budgets participatifs que les gens proposent beaucoup d’idées ayant trait à l’identité locale, l’Histoire, l’artisanat… C’est important, en tant que pays, de se développer par l’innovation, mais aussi de prendre en compte son ADN, ses traditions, son industrie, son savoir-faire. Le Portugal ne sera jamais la France, la France ne sera jamais l’Angleterre. On doit chercher ce qui nous rend différents des autres et le transformer en richesse. On doit chercher ce

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Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

European Lab | Sarah Harrison, émissaire de WikiLeaks, l’organisation internationale qui se bat pour une diffusion transparente de l’information (à l’origine des révélations sur la torture à Guantanamo ou sur la guerre en Afghanistan), était présente sur cette excellente édition 2016 de l’European Lab pour présenter "les dangers de la surveillance de masse et du big data", sans oublier de prendre la défense des lanceurs d’alerte. Nous l’avons rencontrée.

Maxence Grugier | Mardi 10 mai 2016

Sarah Harrison : « L’information veut être libre ! »

Sarah Harrison, vous êtes journaliste et chercheuse en droit, vous avez également aidé Edward Snowden à obtenir l’asile en Russie. Comment avez-vous intégré WikiLeaks ? Sarah Harrison : En 2009, je travaillais pour le Center of Investigative Journalism à Londres. Mon patron était un ami de Julian Assange, et lorsque celui-ci est passé à l’occasion de la diffusion des documents secrets sur la guerre en Afghanistan, il m’a demandé si je ne voulais pas lui servir d’assistante pendant le séjour. Il se trouve que j’avais du temps (rire) ! À propos du danger du big data, beaucoup de gens pensent « si je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien à craindre de la surveillance globale, ni de l’intrusion dans ma vie privée. » C’est plus complexe, non ? C’est une question très délicate, et une idée piège très répandue et assez classique, dans laquelle la plupart des gens tombent. Le problème est que l’état du monde a changé très rapidement ces dernières années, plus que jamais dans l’histoire de l’humanité, et que les lois elles aussi ont évolué dans le sens d’une autorisation de plus en plus grande des États et des gou

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Simon Reynolds : retour vers le futur

European Lab | Parmi les invités d'un European Lab de plus en plus passionnant sur le papier, Simon Reynolds viendra évoquer l'une de ses marottes, celle-là même qu'il a décortiquée dans Retromania, comment la culture pop recycle son passé pour s'inventer un futur.

Stéphane Duchêne | Mercredi 4 mai 2016

Simon Reynolds : retour vers le futur

On n'en a peut-être pas toujours conscience mais on ne peut évoquer aucun sujet, n'aborder aucun problème sans marcher droit devant, la tête tournée en arrière. C'est tout le paradoxe de notre société ultra-connectée, ultra-techno, qui nous propulse toujours plus vite vers le futur et donc l'incertitude que d'avoir rendu cette réalité encore plus forte. En son temps, le romancier canadien Douglas Coupland évoquait dans son Generation X, « l'Ultra-nostalgie » dont la définition était la suivante : « nostalgie du passé immédiat, "merde, ça allait quand même mieux la semaine dernière" ». Or ce concept sur lequel Coupland mettait alors le doigt nous a attrapé le bras et avalé tout entier. Dans Retromania, qui a définitivement assis sa réputation de popologue, le critique rock Simon Reynolds en fait le constat incontestable : la mise à disposition technologique du passé (musical, culturel plus généralement) a ouvert les vannes d'une nostalgie à laquelle il était bien plus ardu de se connecter du temps du Minitel, du téléphone à cadran ou de l'ORTF. Devant la difficulté à se bâtir une culture qui est aujourd'hui à portée de clics, il était

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L'European Lab pense l'Europe de la culture

CONNAITRE | La culture est-elle facteur de démocratie ? L’édition 2016 de l’European Lab, qui se tiendra du 4 au 6 mai prochain à Lyon, se penche sur l'essor de la culture d'une nouvelle génération dans un contexte de crise démocratique et culturelle européenne.

Sébastien Broquet | Mardi 8 mars 2016

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En six ans, l’European Lab Forum s’est imposé comme le rendez-vous incontournable de la culture et de ses acteurs (médias, diffuseurs, producteurs, acteurs économique et artistique) en région Rhône-Alpes-Auvergne, mais également au niveau national et international. Une initiative lancée par Arty Farty (Nuits Sonores) avec le soutien de l’Union Européenne, qui rassemble toutes les volontés et les publics, professionnels ou curieux pour trois jours de furieux brainstorming. Un évènement qui se décline désormais toute l’année, à Lyon, mais également à Paris et Tanger, sur différents formats (sessions ou forums ponctuels). Résolument proactive et politique, l’édition 2016 investira les territoires de la démocratie, de la mutation des industries créatives et de l’impact du numérique sur nos vies dans une période de crise (politique, technologique, éthique morale et économique) afin d’"Inventer une Europe culturelle qui nous soit utile et pertinente" dixit Vincent Carry, directeur d’Arty Farty. Au programme de cette année : plus d’une centaine d'intervenants parmi lesquels l’immense critique et essayiste britannique Simon Reynolds (Retromania,

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Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

CONNAITRE | Après 23 ans passés à "Libération", dont onze comme correspondant à Lyon, Olivier Bertrand, lance avec quelques anciens collègues "Les Jours" qu’il vient présenter au Lab des Nuits sonores. Alors que ce pure player est encore en gestation, il revient pour nous sur son parcours – et sur ce qu’être journaliste aujourd’hui veut dire. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 12 mai 2015

Olivier Bertrand, de Libé aux Jours

Il n’aurait pas dû être journaliste. Il n’y avait même jamais pensé. Olivier Bertrand a grandi en banlieue parisienne à Epinay-sous-Senart, ville HLM, cité-dortoir dans toute sa (non) splendeur. Sans le bac, il multiplie les petits boulots, jusqu’à ce que le patron de la boîte informatique pour laquelle il était chauffeur-coursier le pousse, avec bienveillance mais fermeté, à reprendre ses études : «Il estimait que je n’étais pas idiot mais disait qu’il ne pourrait pas me faire progresser dans l’entreprise sans diplôme». Après obtention de l’ESEU (Examen Spécial d’Entrée à l’Université), Olivier Bertrand s’inscrit en philo et passe ses trois premières heures d’amphi comme sur un nuage : «Pour la première fois j’avais découvert le plaisir d’apprendre» dit-il sans angélisme. Ce sera un tremplin pour enchaîner avec un DESS à l’Institut Français de Presse de Paris 2, des stages à Nice-Matin (pour couvrir les fêtes d’Eddy Barclay !) et, pendant ses études, un premier contact comme pigiste avec Libé, où il retouchera les dépêches à destination de leur 36 15 (!) Libé est un journal

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CONNAITRE | ​Pas facile de discuter valeurs démocratiques et mutations urbaines entre deux marathons électro. C'est pourtant ce à quoi vous invite cette année encore l'European Lab, qui plus est en très bonne compagnie. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mardi 12 mai 2015

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L'an passé, l'European Lab avait tenu session dans la foulée d'élections marquées par une franche montée de l'euroscepticisme. Pas de bol, c'est dans un contexte pareillement défavorable, suite à la victoire écrasante du parti de David Cameron au dernier scrutin britannique, que se tiendra sa cinquième édition. Les conférences et débats au programme du pendant citoyen de Nuits Sonores ne devraient en être que plus stimulants, d'autant que ce ne sont pas les invités de qualité qui manqueront. Citons le chercheur danois Fabian Holt, auteur d'un ouvrage de référence sur les classifications musicales (et en quoi elles sont à la fois des grilles de lecture et des sources de confusion), Gérard Berréby, le fondateur des formidables éditions Allia, où sont publiés nombre de textes fondateurs de la contre-culture (des Mémoires de Guy Debord à Can't stop won't stop, la somme hip-hop de Jeff Chang) et la Polonaise Agata Pyzik, contributrice du Guardian et de la bible de l'avant-gardisme sonore Wire qui, dans le bien titré Poor But Sexy. Culture Clashes in Europe East and West

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Des paroles et des acts

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