Harout Mekhsian associé à Cartel Concerts, candidats à la reprise du Transbordeur

Transbordeur | La délégation de service public du Transbordeur, la salle de concerts située à Villeurbanne, prend fin le 30 juin 2020. Deux candidats se sont positionnés : les actuels délégataires Transmission, et un nouveau venu, Hors-Bord, dont nous vous dévoilons en exclusivité le projet.

Sébastien Broquet | Lundi 14 octobre 2019

Photo : Harout Mekhsian et Alain Garlan © Julien Dottor


Les deux candidats à la prochaine délégation de service public (DSP) du Transbordeur ont été auditionnés la semaine dernière : vendredi en ce qui concerne les sortants, Transmission, représentés par l'actuel directeur Cyrille Bonin dont nous avons évoqué le projet, qui s'aligne dans la continuité de l'actuel fonctionnement, dans notre édition du mercredi 18 septembre dernier. Et un jour plus tôt, jeudi, pour le second projet porté par Harout Mekhsian.

Ce dernier est basé à Lyon, où il est né en 1974 et l'on en sait un peu plus sur le dossier qu'il a présenté au jury : sous le nom de Hors-Bord, une SAS créée pour l'occasion dont il serait le PDG, il propose de s'associer avec la société de billetterie lyonnaise créée en 2011 Yurplan (à hauteur de 40% du capital de 50 000€), le producteur de concerts Cartel (30% du capital, il s'agit d'une agence de booking composée d'anciens de Garance — qui participait alors à la gestion de l'Élysée Montmartre — et représentant en France des artistes comme Burning Spear, Guizmo, Supa Dupa ou Chronixx), Coin Coin Productions / Formassimo (10%), Frigo&co (10%) et enfin lui-même à hauteur de 10%. Cartel et Yurplan amenant à eux deux 100 000€ en apport pour amorcer la trésorerie.

En faire une cité des musiques actuelles

Après avoir fait de la recherche en neurophysiologie et œuvré en bénévole dans plusieurs projets associatifs culturels, Harout Mekhsian a commencé fin 2015 à s'investir dans le projet de reconversion d'une discothèque rennaise, le Pym's, en une salle de musiques actuelles avec une économie privée, sans argent public, devenue le 1988 Live Club. Au bout de trois ans, lassé des allers/retours entre Rennes et Lyon et ayant participé à faire du lieu un spot repéré dans les sphères électroniques et hip-hop, il a décidé de se lancer mi-2018 dans l'écriture d'un projet pour le Transbordeur, en prenant pour point de départ son expérience à Rennes.

Parmi ses objectifs : faire du Transbordeur une cité des musiques actuelles. Avec l'idée d'augmenter la fréquence d'ouverture du lieu, que du jeudi au samedi chaque soir un concert s'y déroule. Que la programmation de nuit soit assumée à part entière, cinq fois par mois. Que les collectifs locaux puissent s'y investir. Qu'une hybridation disciplinaire se mette en place, sous l'égide de Frigo&co, collectif porté par Alain Garlan, qui devrait servir de passerelle avec les autres structures culturelles de la ville.

Le retour de Radio Bellevue

Frigo&co envisage aussi d'ouvrir un studio pour donner une nouvelle impulsion à Radio Bellevue, via le DAB+, la radio numérique terrestre. Et a déjà pris langue à ce sujet avec le CSA, pour le prochain appel d'offres en 2020 : on imagine-là une réactivation de ce qui avait été tenté en 1989 avec l'idée d'adjoindre la radio ayant succédé à Bellevue, Zap FM, avec le Truck, éphémère salle de concerts.

Autre projet : que le Transbordeur existe en dehors des heures d'ouverture au public, pour les professionnels et les artistes, au travers d'un centre de formation porté par Formassimo. Installer un studio de création (graphisme, son, images). Ouvrir un espace pour des expositions d'art contemporain. Et en faire un lieu de résidence en début de semaine pour les artistes souhaitant répéter un spectacle en condition réelle. Un programmateur et une programmatrice sont d'ores et déjà pressentis pour former un tandem.

Le jury de la Ville de Lyon devrait communiquer son choix entre Hors-Bord et Transmission fin décembre, pour une prise de fonction du lauréat au 1er juillet 2020 d'une durée de cinq ans. Qui sera la dernière gérée par la Ville, avant retour dans le giron de la Métropole, qui est propriétaire des lieux.

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Harout Mekhsian, nouveau directeur du CCO

Mercato | Après vingt ans à la direction du CCO à Villeurbanne, Fernanda Leite passe le flambeau à Harout Mekhsian. Entrepreneur de projets culturels, récent candidat à la reprise du Transbordeur, actuellement coordinateur du collectif pluridisciplinaire Cité Créative Coblod, il prendra ses fonctions le 2 novembre dans ce centre culturel œcuménique, installé désormais dans un quartier en rénovation, celui de l’Autre Soie.

Nadja Pobel | Mardi 11 mai 2021

Harout Mekhsian, nouveau directeur du CCO

Fernanda Leite, que gardez-vous de ces plus de vingt ans passés à la tête du CCO ? Fernanda Leite : C’est un lieu incroyable, plein de vie qui déborde et qui est devenu un lieu d’hospitalité, d’engagement. Le CCO est avant tout un lieu qui fabrique sa propre matière avec ceux qui le font. Le premier jour où je suis arrivée, j’ai entendu énormément de langues différentes ! Ça m’a marquée. C’est un haut-parleur des paroles de chacun pour qu’il soit entendu dans la cité. Il n’y a pas juste des spectateurs consommateurs. Chacun est une personne avec des mots à dire, des projets à porter et un lieu pour les exprimer. Pourquoi partez-vous ? Fernanda Leite : Parce qu’il faut savoir laisser la place ! Et ça me plaît de ne pas partir une fois que la porte est ouverte ! Ça fera du bien qu’il y ait une énergie nouvelle. Harout Mekhsian, qu’allez-vous faire de ce "haut-parleur" et quels sont les projet que vous portez pour ce lieu ? Harout Mekhsian : Ce qui m’intéresse, c'est comment ces lieux-là transforment des vies, des énergies. Dans le milieu cu

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Seulement deux candidats pour le Transbordeur

Villeurbanne | Dans quelques jours seront auditionnés les candidats pour la prochaine Délégation de Service Public du Transbordeur : deux dossiers ont été déposés, dont celui des sortants mené par l'actuel directeur Cyrille Bonin.

Sébastien Broquet | Mardi 17 septembre 2019

Seulement deux candidats pour le Transbordeur

Surprise : la salle culte du Transbordeur, à Villeurbanne, n’est cette fois pas l’objet d’une lutte acharnée entre producteurs de spectacles ; seuls les sortants, emmenés par l’actuel directeur Cyrille Bonin (par ailleurs chroniqueur au Petit Bulletin), et un second candidat ont déposé leurs dossiers début juin dernier pour obtenir la DSP (délégation de service public) de la Ville de Lyon, dont l'actuelle convention prendra fin le 30 juin 2020. Fimalac a flairé Exit, déjà, les figures locales : en 2010, Frédéric Gangneux (ancien programmateur de la salle) ou encore l'actuel directeur du Fil à Saint-Étienne, Thierry Pilat, avaient porté des dossiers de candidature. En 2015, trois dossiers avaient été présentés : outre le vainqueur Transmission, le producteur Les Derniers Couchés et la société Bellevue dirigée par le fondateur de la salle Victor Bosch avaient candidatés. Pour 2020, aucune de ces figures locales ni leurs successeurs

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Frigo : complètement givrés !

Avant-Garde | Le Musée d'art contemporain ouvre ses cimaises au collectif d'artistes Frigo, qui officia à Lyon de 1978 jusqu'au début des années 1990. Une exposition réussie où l'on retrouve, presque palpable, l'électricité de ce groupe avant-gardiste.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 21 mars 2017

Frigo : complètement givrés !

1978 : Valéry Giscard d'Estaing appuie sur les touches de son accordéon dans les palais de l'Élysée. Le baron Empain est enlevé, Claude François s'éteint dans sa baignoire et la légion saute sur Kolweizi... À Lyon, Collomb (Francisque de son prénom) entame son premier mandat à l'Hôtel de Ville. Bref, rien de bien folichon quand on a une vingtaine d'années et qu'on sort de l’École des Beaux-Arts. Mais si le contexte ne porte ni n'enthousiasme, alors autant essayer de le changer, histoire au moins d'affirmer son arrogance et d'attirer le regard des filles... « Quelques-uns de ces jeunes gens modernes refont le monde en ouvrant une galerie expérimentale. Les cours d'histoire de l'art leur ont appris que chaque génération depuis la Renaissance, existe en tournant le dos à celle qui lui a précédé. » écrit Alain Garlan dans

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Alain Garlan, l'initiateur

Portrait | Cet homme a participé au culte collectif Frigo, à l'honneur en ce moment au Musée d'Art Contemporain. Mais aussi aux lancements, dans le désordre, de : TLM, Radio Bellevue, Symposium d'Art Performance, Zap FM, Couleur 3, le Truck et bien plus encore. Mais il faudrait un livre pour tout raconter. Ça tombe bien, il existe et se nomme Rois de la forêt, tout juste paru. Voici (une partie de) l'histoire d'Alain Garlan.

Sébastien Broquet | Mardi 14 mars 2017

Alain Garlan, l'initiateur

Fracassant, le retour ! Il faut croire que les vieux rebelles ont le cuir épais. Oh, pas tous... Mais Alain Garlan, l'œil toujours alerte, le regard un brin taquin, oui, c'est certain. L'homme a déjà marqué en profondeur l'underground lyonnais, il y a bien longtemps. Et a continué à naviguer dans l'overground, les années suivantes. Laissant infuser dans la ville un feeling mödern qui aujourd'hui porte son empreinte : pas pour rien que Christophe Mahé, le boss de Radio Espace, accueille de nouveau Garlan et sa bande dans son groupe audiovisuel avec Radio Bellevue Web. Que Vincent Carry, directeur de Arty Farty, les suit de près et pense encore à eux pour son futur incubateur, les renommant « la start-up de vieux »... Comme Cyrille Bonin le boss du Transbordeur, ils ont tous grandi en écoutant Bellevue ou Zap sur leur transistor dans les années 80 ! Et Thierry Rasp

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Radio Bellevue Web, start-up de vieux (punks)

Des radios libres à la webradio | « Les webradios sont les nouvelles radios libres ! » Pour apprécier la pertinence du propos, signé Alain Garlan et Robert Lapassade, il faut remonter aux (...)

Lisa Dumoulin | Mardi 13 décembre 2016

Radio Bellevue Web, start-up de vieux (punks)

« Les webradios sont les nouvelles radios libres ! » Pour apprécier la pertinence du propos, signé Alain Garlan et Robert Lapassade, il faut remonter aux sources de Radio Bellevue dans les années 1980, née radio pirate au sein du collectif Frigo. Pan essentiel de l’underground artistique des eighties, ce collectif d’artistes touche alors à tout : la musique et notamment le rock, la BD (deux disciplines encore peu respectées), la danse contemporaine, la performance, l’art vidéo. Frigo s'impose même leader de l’art vidéo : c’était le début des clips et « on montait des images sur la musique » soit tout le contraire de ce qui se faisait jusqu’alors côté cinéma. En passant, la paire a ressuscité Radio Bellevue qui devient RBW (Radio Bellevue Web)

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Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

MUSIQUES | Mi-août, Ostgut Ton fêtait ses dix ans à domicile. Cette semaine, c'est au Transbordeur et au Sucre que la (panzer) division discographique du célèbre Berghain poursuit les hostilités. Petites natures s'abstenir.

Benjamin Mialot | Mardi 15 septembre 2015

Ostgut Ton, 10 ans de purisme techno

«Don't forget 2 go home !» N'oubliez pas de rentrer à la maison. Dans la file d'attente grillagée qui mène au Berghain, couloir de la (petite) mort à l'entrée duquel mieux vaut abandonner tout espoir – de passer le contrôle au faciès de Sven Marquardt, l'iconique et impénétrable physionomiste qui sépare le bon grain électromane de l'ivraie party animalière à l'autre extrémité –, voilà le seul conseil qui vaille. Tagué sur un bout de mur du temple berlinois de la culture électronique, il en est même devenu le slogan officieux. Et pour cause : réincarnation de l'Ostgut, haut lieu de la culture queer dont les agents actifs de la gentrification firent table rase début 2003, cette ancienne centrale de l'est convertie un an plus tard en club (techno au Berghain à proprement parler, house au Panorama Bar à l'étage, musique contemporaine à la Kantine, installée dans une aile) / spot de parachutisme (vous voyez très bien de quoi on parle) / boîte à cul (gay au Berghain, hétéro au Panorama) a fait de la désorientation sa marque de fabrique. Pénombre quasi-permanente, sets-marathons (du jeudi soir au l

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Django Django, les maîtres de l'univers pop

MUSIQUES | Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Django Django, les maîtres de l'univers pop

Il y a un moment, à 4'30'' de Giant, le premier morceau de Born Under Saturn, l'album que vient nous présenter Django Django, où le monde semble s'ouvrir en deux sur un changement de ton. Et où, sur fond de claviers quasi carpenteriens, sous un empilement de "ouh ouh" et perdu dans une rythmique space funk, un chœur chante «Take it back if you really, really wanna take it to the stars». Là commence un voyage qui n'est que changement de direction dans l'espace-temps (d'où sans doute la référence à Saturne, planète géante, donc, et dieu du temps du panthéon romain). Car Born Under Saturn est plein de fausses cassures de rythme (le "sax" de Reflections) qui sont autant de passages semblables à ces trous de vers qui permettraient en théorie d'accéder d'un bout du cosmos à l'autre ; plein de sauts quantiques musicaux qui ne sont pas sans rappeler, en plus sophistiqué, la manière qu'avaient en concert leurs aînés du Beta Band de s'échanger les instruments en plein milieu d'un morceau ; plein de ces digressions dignes, tant pis, on les cite, des contrepoints chers aux Be

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Metz ou le hardcore sidérurgique

MUSIQUES | Affublé d'un blase de préfecture de Moselle, Metz a taillé dans le vif pourtant déjà très à vif de son premier album pour livrer "II", transformation d'essai rageuse et tranchante qui semble droit sortie du fracas et de la chaleur infernale des hauts-fourneaux lorrains. Tout cela depuis le Canada.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 septembre 2015

Metz ou le hardcore sidérurgique

Ah, Metz ! Ville fleurie tri-millénaire, préfecture du département de la Moselle, citée romaine sous le nom de Divodorum, ancienne capitale d'Austrasie, importante ville de l'Empire Carolingien, du Saint-Empire romain germanique et, par intermittence, de la première division du championnat de France de football. Ville libre et souvent assaillie, Metz vainquit par la main de Saint-Georges le maléfique Graoully et par les pieds de Tony Kurbos et Jules Bocandé le FC Barcelone au Camp Nou en Coupe des Coupes 1984-85. Elle connut aussi des défaites avec l'annexion par l'Allemagne et la perte du championnat de France de football 1998 à la différence de but aux dépens du RC Lens – deux épisodes que les Messins préfèrent oublier... Bien, ouh là, stop, soyez sympas, rembobinez : on s'égare, Metz n'étant pas le sujet de cet article. Ou plutôt si, mais le Metz canadien, groupe hardcore de son état, baptisé ainsi suite à un concert lorrain visiblement marquant de deux de ses membres en 2006 – le hors-sujet n'est donc pas total, même si au contraire de la ville, Metz le groupe présente une diversité architecturale assez

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«Faire des choix esthétiques»

MUSIQUES | Entretien / Cyrille Bonin, nouveau directeur du Transbordeur. Cet activiste des musiques actuelles, choisi par Eldorado pour diriger la salle lyonnaise, s'explique sur ses ambitions pour les cinq prochaines années, durée de la Délégation de Service Public. Propos recueillis par Dorotée Aznar et Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 17 septembre 2010

«Faire des choix esthétiques»

Petit Bulletin : Quand vous avez été choisi comme directeur du Transbordeur, on vous a présenté comme la caution culturelle du dossier présenté par Eldorado, un important producteur de spectacles…Cyrille Bonin : Ce n'est pas tout à fait faux. Ce qui a fait beaucoup parler c'est qu'Eldorado et Alias sont actionnaires à 90% de la société Transmission, qui gère la salle. Vincent Carry (directeur du festival Nuits sonores, NdlR) et moi seulement à 5% chacun. Mais je suis bien le directeur du Transbordeur : c'est inscrit dans les statuts, mais c'est aussi comme ça que cela va se passer dans la réalité. Le fait qu'Arty Farty ait présenté un dossier qui a été rejeté, avant de se rallier à Eldorado, a contribué à brouiller les pistes... Avec Arty Farty (association qui organise notamment le festival Nuits sonores, NdlR), dont je suis membre, nous avions effectivement présenté au premier tour un dossier qui a été retoqué pour des raisons purement administratives. Mais dans le cahier des charges de la Délégation de Service Public (DSP), rien n'interdisait à une personne physique, comme Vincent Carry et moi, de pouvoir se représenter à titre purement personnel da

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