Quelle place pour les pratiques culturelles des amateurs

Élections Municipales | "Pratiques amateures ou élitisme ?" Bien sûr, posée comme telle, la question ne mérite pas d'exister car les candidats et candidates n'ont pas le désir de privilégier l'un au détriment de l'autre. Pourtant, au cours du débat organisé par Le Petit Bulletin et Rue89Lyon, des promesses ont pu inquiéter à force de mélanger l'enseignement artistique et l'excellence créative.

Nadja Pobel | Jeudi 12 mars 2020

Photo : © DR


Tous d'accord pour sanctifier le budget lyonnais de la Culture (sauf la candidate RN qui a pratiqué la politique de la chaise vide lors de ce débat), les candidats visent tous à rééquilibrer sa répartition. Et si Grégory Doucet a affirmé vouloir « trouver un bon équilibre entre l'excellence nécessaire et la proximité tout autant nécessaire » et qu'il n'a pas oublié — comme plus tard Jean-Yves Sécheresse qui s'exprimait au nom de la liste LREM de Gérard Collomb et Yann Cucherat — de rappeler la place des artistes et des créateurs « qui ont un rôle fondamental pour faire vivre un projet de société respectueux de la planète pour qu'ils nous aident à penser le futur », il a ensuite martelé que tous les enfants de maternelle devaient avoir un référent culturel. Illustrant ainsi la confusion entre le temps de création des artistes et ce qui leur est demandé de manière croissante en termes de pédagogie, au risque que le temps pour leur activité de création s'en trouve trop amoindri pour être menée à bien. Olivier Neveux le rappelait à bon entendeur dans Contre le théâtre politique (La Fabrique), constatant que « l'artiste doit en quelque sorte expier son art. (…) Il palliera ou tentera de pallier les échecs politiques ; il adoucira les fractures sociales ». Éric Piolle, maire écologiste de Grenoble, a fait la démonstration de cette confusion, qu'a fustigé très vite Joël Pommerat dans une tribune parue dans Libération en 2016.

Au service de...

Grégory Doucet l'affirme lors de ce débat : « la place de la culture doit être transversale, dans l'éducation. Je souhaite qu'on puisse remettre des résidences d'artistes dans les écoles et notamment maternelles car il faut commencer dès le plus jeune âge à travailler le sensible avec les enfants. La culture doit aussi être dans le social. Le droit d'exercice des droits culturels est aussi important que le droit au logement, à un travail et on doit mettre la culture dans les parcours d'insertion. Elle est importante aussi dans l'économie : soutien aux entrepreneurs culturels. La culture partout et notamment pour partager notre projet de transition écologique ».
Étienne Blanc (LR) souhaite lui créer Influence, une barge entre l'Hôtel-Dieu et Perrache sur le Rhône, « pour accueillir des activités nouvelles ». Sandrine Runel promet, dans son programme, « d'associer et stimuler le milieu associatif » pour « favoriser la pratique et la création artistique » selon cet argument incontestable a priori : « la politique culturelle devra inclure l'ensemble des populations : jeunes, personnes âgées, populations migrantes, personnes en situation de handicap, etc. » Mais il n'est pas question de déshabiller l'un au profit de l'autre. M. Doucet a la solution du financement de ce qu'il avance avec « la mise en place d'un budget participatif pour que les habitants puissent mettre en œuvre des projets culturels dans leur quartier, leur rue. Il est prévu que ce budget (5% du budget d'investissement de la Ville) vienne compléter le budget de la culture », proposant que les bibliothèques deviennent des tiers-lieux (alors même qu'elles furent le terreau des tiers-lieux avant même que le nom n'apparaisse) !

Enfin, du côté de la gauche de Nathalie Perrin-Gilbert, l'artisanat et les pratiques amateures sont aussi au cœur de son projet culturel. Alors qu'elle dénonce un manque d'excellence des théâtres lyonnais (et oui, il est toujours possible de faire mieux quand on constate que c'est le CDN de Valence qui propose en Rhône-Alpes le plus remuant de la scène internationale), elle souhaite conserver dans le giron de la municipalité l'ancienne École Nationale Supérieure des Beaux-Arts afin de la dédier « aux pratiques culturelles artistiques et aux métiers liés à la culture ».

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Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

Métropole de Lyon | Élu facilement maire de Villeurbanne avec 70, 37% des voix aux dernières élections municipales, investi par le PS, Cédric Van Styvendael a aussi été nommé vice-président à la Culture de la Métropole par Bruno Bernard, nouveau président EELV de cette collectivité qui n'a jusqu'ici jamais parlé du sujet culturel, ni pendant sa campagne, ni depuis son élection, nonobstant la crise actuelle. Rendez-vous fut donc pris et accepté par le nouvel édile de la cité où rayonne le TNP, en son bureau villeurbannais, pour un entretien enregistré le lundi 20 juillet, afin d'évoquer sa vision de la politique culturelle à l'échelle, cette fois, de l'agglomération. Magnéto.

Sébastien Broquet | Lundi 27 juillet 2020

Cédric Van Styvendael : « Thierry Frémaux a un peu anticipé en annonçant d’ores et déjà les lauréats du prix Lumière »

La culture a été la grande absente de la campagne électorale de Bruno Bernard pour la Métropole. Elle n’apparaît pas dans les dix priorités du nouveau président annoncées une fois l’élection gagnée. Est-ce que le secteur culturel doit s’inquiéter ? Cédric Van Styvendael : (Silence). La culture a été présente dans la campagne que j’ai menée pour la mairie de Villeurbanne. Ça devrait au moins rassurer les acteurs culturels de la Métropole : c’est une préoccupation forte pour moi. Deuxième point, effectivement, dans les dix priorités qui ont été pointées par le président de la Métropole liées à l’actualité de l’été, la culture, aujourd’hui, n’y apparaît pas. Ç’a été l’objet de ma première intervention dans ce que l’on appelle l’exécutif métropolitain, c’est à dire la réunion des 23 vice-présidents où j’ai pris la parole à ce sujet. Je dois rencontrer Bruno Bernard dans les jours qui viennent pour que nous abordions ensemble ce sujet, dans la mesure où j’ai une préoccupation majeure qui est l’accompagnement des acteurs culturels dans le c

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Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

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Les candidats à l’assaut de l’art dans l'espace public

Élections Municipales | La présence d’œuvres d’art dans l’espace public est chère aux Lyonnais et aux candidats aux élections municipale et métropolitaine. Si le programme est dense chez certains, cette thématique est totalement absente chez d’autres. Décryptage des différentes propositions.

Sarah Fouassier | Mardi 10 mars 2020

Les candidats à l’assaut de l’art dans l'espace public

Lors du débat organisé par Rue89Lyon et Le Petit Bulletin à la Chapelle de la Trinité sur le programme culturel des candidats aux élections à venir, la thématique de l’art dans l’espace public a été abordée à plusieurs reprises. Alors que le candidat LR Étienne Blanc prend l’engagement que « dans tout aménagement urbain quel qu’il soit, de consulter le comité de quartier et à l’issue de cette consultation, d’imposer qu’il y ait une œuvre d’art sur les aménagements urbains nouveaux », Sandrine Runel (La Gauche Unie) met en garde l’audience sans toutefois faire de propositions concrètes : « on ne peut pas faire de la démagogie en disant qu’on mettra des œuvres d’art partout dans les rues, c’est un travail qui s’accompagne [...], on ne peut pas juste poser des œuvres en disant on va faire du beau dans les quartiers donc on met des œuvres d’art, il faut accompag

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