Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Story | On connaît bien par ici cet illustre pensionnaire du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine, musicien et activiste américain autant que citoyen du monde, installé désormais à Barcelone. Moins peut-être son projet de tournée mondiale verte mené avec sa compagne, la musicienne et artiste Nova Ruth, aux commandes du bateau-scène Arka Kinari. Lequel lui vaut, à lui et son équipage, d'errer au milieu du Pacifique avec nulle part où accoster pour cause de confinement mondial des frontières. Récit de cette ubuesque aventure nautique malheureusement toujours en cours, aux rebondissements dignes d'un roman.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 juin 2020

Photo : © DR


Vous pensiez avoir vécu l'aventure de votre vie en étant confiné à la campagne avec belle-maman, dans un 50m2 avec votre progéniture et les programmes de CM2 et de Seconde, ou même seul en tête à tête avec Netflix et 18 litres d'alcool ? Attendez de lire celle qu'est en train de vivre l'équipage de l'Arka Kinari, une goëlette de 1947 quelque peu pimpée en mode durable par un des fameux pensionnaires du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine et sa musicienne de compagne Nova Ruth. Depuis le mois de février, le musicien et son équipage composé de six personnes de nationalités diverses (américaine, portugaise, britannique, française, espagnole) sont "coincés" en plein milieu du Pacifique sans nulle part où accoster pour cause de lock-out mondial.

La mésaventure a commencé comme une aventure tout court, plutôt très belle en plus, lorsque Grey Filastine et Nova Ruth se questionnant sur le bilan carbone de leurs tournées, optèrent pour un(e) tour(née) du monde avec ce bateau-scène capable d'accueillir et de projeter des shows musicaux et multimédia dans les villes portuaires qui voudraient bien les accueillir. L'idée étant comme le dit Grey « d'essayer d'imaginer la vie post-carbone, la lutte et l'engagement de l'humanité face au changement climatique, et la protection d'une des dernières entités communes, l'Océan. » Projet « subversif, immersif et partiellement submergé, l'Arka Kinari sonne l'alarme de la crise écologique, promouvant le vie nomade, pour un future aride et sans frontières » ajoute-t-il pour dérouler un programme très concerné par l'avenir de la planète.

Voilà quelques mois que l'Arka Kinari ("l'arche de Kinari", déesse des mythologies bouddhiste et hindouiste, mi-humaine, mi-oiseau, gardienne de l'arbre de vie) a entamé un sea-trip inauguré à Rotterdam, où se trouvait le bateau battant pavillon néerlandais, avec une première étape à Douarnenez fin août. En quelques mois, le projet avait pu rôder ses performances sur les côtes européennes, africaines (Canaries) et latino-américaines (Panama, Mexique). En février, l'Arka Kinari s'apprêtait à rejoindre les communautés isolées de l'Indonésie, d'où est originaire Nova Ruth, pour un nouveau slow-touring dont le coup d'envoi devait être donné ce mois de juin.

Au moment de quitter le Mexique, le 21 février — sans Nova, rentrée en Indonésie pour préparer l'arrivée de l'Arka Kinari — et de mettre le cap sur l'Asie, l'équipage était bien sûr au courant de l'apparition du Covid-19 en Chine, le virus commençant à peine à arriver en Europe. Mais sans être davantage inquiets que nous l'étions nous-mêmes alors. « Loin de nous avoir alarmé à notre mouillage mexicain d'Acapulco, explique Yann Willard, seul membre français d'un équipage que nous avons pu joindre par mail, nos préoccupations à ce moment précis étaient de préparer le bateau pour le passage du Pacifique (provisions, entretiens du gréement…). »

Le Hollandais volant

C'est ensuite que, comme pour le reste du monde, les choses ont commencé à plonger dans les abîmes de l'absurde et que la tournée de l'Arka Kinari s'est changée en Odyssée ulysséenne mâtinée d'un remake bien réel des aventures légendaires du plus célèbre des vaisseaux fantômes, avec lequel l'Arka Kinari partage sa nationalité : Le Hollandais Volant.

« La pandémie nous a frappé dans toute son immensité au milieu du pacifique. Alors que nous nous adaptions tranquillement au rythme des quarts, nous avons commencé à recevoir des mails de nos familles, toutes en quarantaine et des informations sur la fermeture systématique de leurs pays respectifs et des îles autour de nous : Cook, Noel, Marshall. » Faisant route vers des îles Marshall encore bien trop lointaines, l'équipage demande alors un arrêt d'urgence à Hawaïï, plus proche, profitant des passeports américains de Grey Filastine ou Ben Blankenship pour obtenir un visa d'un mois, valable jusqu'au 6 mai, utilisant les quatorze jours de quarantaine à préparer le bateau « pour des horizons plus qu'incertains », planifiant sa route et opérant un réapprovisionnement suffisant pour tenir « un siège de trois mois dans l'immensité du Pacifique. »

Le fait que les différents archipels à croiser (Marshalls, Micronésie, Mélanésie) soient vierges de toute contamination va contribuer à rendre plus difficile encore le périple de l'Arka Kinari : hors de question de prendre le moindre risque exogène pour ces îles se bouclant à double tour, quand bien même l'équipage est de fait en auto-quarantaine depuis son départ du Mexique : « leurs frontières, explique Yann Willard, sont complètement hermétiques, ni vol, ni bateau, dans certains cas le rapatriement des expatriés a pris plus de deux mois avec la mise en place de systèmes d'isolation extrêmement complexes. Vous comprendrez donc qu'ils n'allaient pas faire une exception pour un equipage international voyageant jusqu'en Indonésie. »

Pour autant l'équipage n'en est pas encore à s'alarmer, se livrant même à des paris internationaux pour déterminer lequel de leurs pays respectifs serait, par le truchement de leurs ambassades, le plus rapide à lui venir en aide. N'hésitant pas à glisser de la demande formelle à des formulations plus poétiques. À ce petit jeu, la France ne sera pas en reste puisqu'elle met alors l'Arka Kinari en contact avec la marine nationale pour obtenir des informations "plus qu'utiles" sur... la piraterie internationale, autrement plus dangereuse en ces no man's lands que le Covid-19. Ainsi que sur de potentiels circuits de ravitaillement et l'évolution du Covid en Indonésie. « Si vous devenez un jour un paria des mers, refusé à chaque frontière et que vous souhaitez l'aide de votre ambassade, citez Baudelaire, ils seront agréablement surpris et leur réponse n'en seras que plus aimable » plaisante Yann Willard. Ce qui est bon à savoir et rassure quelque peu sur le pouvoir de la poésie classique même dans les pires situations.

Arbre à pain et chasse à la langouste

Là encore, malgré le contexte et les dangers, bien visibles eux, cités plus haut, l'équipage garde son calme car même en soustrayant le contexte sanitaire mondial, la traversée du Pacifique ne tient pas vraiment de la balade en pédalo : « avec ou sans pandémie, ce voyage reste une longue période d'isolement. Nous nous étions réapprovisionnés à Hawaïï avec un mois et demie de produit frais, deux mois de sec et de conserve, trois mois en tout. Nous avons aussi un dessalinisateur à bord nous permettant de produire notre propre eau douce. » Bref, la vie quoi, qui suit son cours, l'équipage ayant appris à vivre ensemble depuis septembre dernier au fur et à mesure qu'il laissait derrière lui de « longs mois de grand bleu. »

Il s'autorise même une halte sur une île déserte pour cueillir quelques fruits de l'arbre à pain familier des amateurs de Koh-Lanta, des noix de coco et pêcher poissons, crabes et langoustes « bien entendu (sic) chassés au harpon » avec des flèches manufacturées dans l'atelier de métallurgie de l'équipe, qui permettra aussi de bricoler cannes à pêche et appâts. Quand on vous dit que notre confinement à l'européenne à côté, c'est une vague micro-sieste, il commence à vous être permis de le croire.

D'autant plus qu'en dehors de ces tranches de vie rêvée, des problèmes plus sérieux viennent plomber sérieusement cette vie de carte postale. Car si le navire vogue essentiellement à la force du vent — c'est même un peu le principe de cette tournée verte —, il n'en est pas moins muni pour les cas d'urgence et pour les manœuvres d'accostage d'un moteur qu'une petite fuite d'huile rend particulièrement gourmand. Or l'équipage ne dispose ni de pièces de rechange ni donc de l'abri d'un port pour évaluer plus précisément les dégâts.

Pour ne rien arranger, leur traceur de navigation [NdlR, appareil qui intègre les données GPS avec une carte nautique électronique] est en panne, le bateau de 70 tonnes se dirigeant non pas au doigt mouillé mais à l'aide d'...iPhones et de cartes à l'ancienne (ce qui pour le commun des mortels revient au même) : « nous naviguons actuellement dans les eaux micronésiennes, à un mois de navigation du premier port indonésien. Le vent des alizés (est, nord-est) est consistant mais à mesure que nous nous rapprocherons de l'équateur, nous rencontrerons des vents faibles et variables appelés pot-au-noir ou doledrums par les marins. » Le pot-au-noir, toute personne ayant eu vent, sans mauvais de jeu de mots, des tours du monde à la voile, connaît la chose : synonyme d'interminables surplaces.

L'atoll nucléaire

Fin mai, l'équipage de l'Arka Kinari est tenté d'accoster sur le Johnston Atoll, un territoire américain jadis utilisé pour des essais d'armes nucléaires et entreposer armes chimiques mais sans réponse à leur appel, a préféré ne pas violer la zone de sécurité de trois milles qui l'entoure. Et peut-être ne pas contrevenir à ses convictions en abordant une décharge de déchets nucléaires. Ajoutez à cela que la saison des typhons s'apprête à montrer le bout de son très gros nez et vous avez une vue d'ensemble sur les joies d'être coincé au milieu du Pacifique.

Et même si les nouvelles arrivent enfin d'un déconfinement progressif du monde via leurs familles, il se trouve que l'Indonésie et l'Asie du Sud-Est ayant un mois de retard sur la fermeture des frontières, il en va donc de même pour leur réouverture. Les provisions, elles, commencent à fondre comme neige au soleil tropical (il reste essentiellement des produits secs tels que le riz).

Pour l'heure, l'entrée et le débarquement des étrangers non résidents sont formellement interdit dans le pays mais toute la bande reste résolument optimiste (c'est une philosophie de vie que l'optimisme à tout crin). Au point que lorsqu'on lui demande ce que cette petite bande de Robinsons aquatiques fera une fois les pieds sur terre, Grey Filastine nous répond que leurs contacts indonésiens essaient de déterminer avec le gouvernement quand il leur sera possible de commencer la tournée sud-asiatique pour laquelle ils ont traversé le Pacifique. Ou même comment ils pourraient « être utiles par d'autres moyens. » Avec l'idée d'utiliser la tournée et ses différents événements pour sensibiliser le public au comportement sanitaire à adopter durant la pandémie (comme partir s'isoler au milieu du Pacifique, oserait-on ironiser) et distribuer du matériel médical dans les régions les plus isolées visées au départ.

À l'heure où nous écrivons ces lignes, Grey nous informe « qu'aucune promesse n'a pour l'heure été formulée par les autorités indonésiennes de pouvoir accoster mais qu'au moins le dialogue était ouvert, ce qui n'est déjà pas si mal. » La veille, ajoute-t-il, le mercredi 17 juin, l'équipage de l'Arka Kinari venait de se voir officiellement dénier l'accès à la Mélanésie et se trouvait dans l'attente d'une réponse de l'île de Guam, possible issue à cette odyssée en définitive plus kafkaïenne qu'homérique.

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La rédaction | Jeudi 12 mars 2020

Toutes les annulations et reports de spectacles à Lyon

#Update Édouard Philippe a annoncé la fermeture samedi 14 mars dès minuit de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays » : restaurants, discothèques, bars, commerces non nécessaires, etc. Musique L'Auditorium annule l’ensemble des manifestations publiques (concerts, ateliers, conférences…) prévues jusqu'au 15 avril. ➜ En savoir plus sur : bit.ly/aonlcovid19 Tous les évènements au Bellona Club sont annulés jusqu'à nouvel ordre. À la Halle Tony Garnier, plus rien ne se déroulera jusqu'au 15 avril. - Gims a été reporté au 1er juillet. - Thérapie Taxi est repoussé au 27 mai. - Patrick Bruel au 18 septembre. - M au 29 septembre. - Simple Minds et d'autres r

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Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de "Kooza"

Covid-19 | Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de

Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril 2020. Le communiqué précise que « menant des opérations partout dans le monde, le Groupe Cirque du Soleil met régulièrement à jour ses procédures et applique des mesures spécifiques à chaque région du monde et à chaque projet. Bien que cette situation résulte de circonstances indépendantes de sa volonté, le Cirque du Soleil s'excuse de tout inconvénient que cette annulation pourrait causer. L’équipe de planification des tournées du Cirque du Soleil travaille dès lors à l’élaboration de la prochaine visite d’un de nos Grands Chapiteaux à Lyon. » Tous les billets seront remboursés. Le service clientèle peut être contacté au 00 800 1 548 0000.

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Annulations et reports en cascade

Covid-19 | Le virus Covid-19 qui se répand partout dans le monde a contraint le gouvernement à limiter les rassemblements publics à 1000 personnes jusqu'au 15 avril : tour d'horizon des salles impactées.

Sébastien Broquet | Lundi 9 mars 2020

Annulations et reports en cascade

C'est un jeu de massacre qui se déroule sous nos yeux dans le secteur fragile de la culture et celui du divertissement, qui touche tout un écosystème par ricochet. L'annonce dimanche soir par le ministère de la Santé de l'interdiction des événéments réunissant plus de 1000 personnes, réduisant ainsi encore la jauge qui la semaine précédente était fixée à 5000 personnes, impacte directement nombre de structures. D'autant que contrairement au premier arrêté, cette fois aucune différenciation n'est faite entre extérieur et intérieur. Si du côté du secteur sportif, les compétitions peuvent encore se jouer à huis clos — c'est le cas par exemple du match entre l'Olympique Lyonnais et Reims ce vendredi au Parc OL — du côté du spectacle vivant, bien entendu, jouer sans public est impossible. Au Ninkasi, la jauge du Kao étant de 735 places, tout est maintenu. À L'Épicerie Moderne comme pour le programme Hors les Murs du Marché Gare, idem : les jauges sont inférieures. À l'Opéra, c'est plus compliqué : la jauge est de 1100 personnes et les représentations de Rigoletto sont compl

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Nova Materia, art brut

Nuits sonores | On les avait repérés avec leur précédente incarnation, Pánico, combo post punk abrasif qui s'était fait un nom au fil d'incandescents concerts vingt années (...)

Sébastien Broquet | Mardi 28 mai 2019

Nova Materia, art brut

On les avait repérés avec leur précédente incarnation, Pánico, combo post punk abrasif qui s'était fait un nom au fil d'incandescents concerts vingt années durant... Mais c'est bien sous le patronyme Nova Materia adopté depuis trois ans après une virée dans le désert d'Atacama que le couple formé par la Française Caroline Chaspoul et le Chilien Eduardo Henriquez a réussi à nous transporter dans des sphères inexplorées, entre musiques électroniques de traverse, aspirations industrielles et post punk métallique. Le label belge Crammed, habitué des signatures impossibles à étiqueter, a évidemment mis le grappin dessus pour un album brillant et iconoclaste, It Comes, sorti en fin d'année dernière. Mais c'est là encore sur scène que la proposition prend toute son ampleur : de ces expérimentations (le duo utilise des tubes d'acier, du bois, des pierres et autres instruments improvisés en plus de ses synthétiseurs et percussions) sort un groove abrasif et irrésistible qui vous catapulte quelque part entre l'Haçienda

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Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Dernier Amour | Passionné comme toujours et comme toujours passionnant, Vincent Lindon évoque sa nouvelle collaboration avec l’un de ses metteurs en scène fétiche. De l’approche d’un rôle historique et de la philosophie de l’interprétation des personnages…

Vincent Raymond | Mardi 19 mars 2019

Vincent Lindon : « on fait ce métier pour s’oublier »

Comment avez-vous convaincu Benoît Jacquot, avec qui vous avez une longue complicité, de vous confier ce rôle de Casanova ? Vincent Lindon : Au départ, je venais le chercher pour déjeuner, il était dans son bureau et il parlait de son prochain film avec ses producteurs. Il m’a annoncé : « je vais faire Casanova ». Et j’ai aussitôt répondu : « Non, c’est moi qui vais faire Casanova. — Non, il a 26 ans, c’est l’histoire d’un jeune Casanova avec une dame plus âgée. — Ben, c’est plus ça. Il y a bien un moment où il est vieux ? — Tu plaisantes ? — Non, non, je suis très sérieux. — Fais attention, Vincent : si je te prends au mot, tu vas être bien embêté — Pas du tout : prends-moi au mot ! — Il y a bien un épisode avec la Charpillon… » Et ils ont bifurqué sur cette histoire. Qu’est-ce qui vous a séduit à ce point dans ce personnage ? Casanova, quand même ! Il n’y a pas beaucoup de personnages de cette dimension. J’ai fait Rodin, le professeur Charcot. Si demain on me demande de jouer Enzo Ferrari je vais

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Juste après la fin du monde : " Ma vie avec John F. Donovan"

ECRANS | De Xavier Dolan (Can, 2h03) avec Kit Harington, Jacob Tremblay, Susan Sarandon…

Vincent Raymond | Mardi 12 mars 2019

Juste après la fin du monde :

Jeune acteur dans le vent, Rupert Turner raconte à une journaliste pète-sec dans quelles circonstances il entretint enfant une correspondance épistolaire avec John F. Donovan, un autre comédien à l’existence torturée, et comment cet échange influa sur leurs destinées… Un petit saut de l’autre côté de la frontière et voici donc enfin (pour lui) Xavier Dolan aux manettes d’un film étasunien. Mais, outre la langue et donc les interprètes la pratiquant, point de métamorphose dans son cosmos : la structure nucléaire basique de son cinéma reste inchangée (une relation fusion/répulsion entre un fils et sa mère renforcée par l’absence du père, le sentiment teinté de culpabilité de se découvrir habité par des pulsions différentes de la “norme hétéro“, de la musique pop forte plaquée sur des ralentis, des éclats de voix…). Certes, le maniérisme formel est (un peu) mis en sourdine au profit de l’histoire — elle mérite toute l’attention de l’auteur, puisqu’il s’agit d’un enchâssement de récits —, mais il demeure quelques facilités consternantes empesant inut

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L’arène des neiges : "Ága"

Drame | de Milko Lazarov (Bul-All-Fr, 1h37) avec Mikhail Aprosimov, Feodosia Ivanova, Galina Tikhonova…

Vincent Raymond | Mardi 20 novembre 2018

L’arène des neiges :

Un couple iakoute gagné par l’âge subsiste contre vents et gelées dans la solitude de sa yourte. La chasse s’avère difficile, et la maladie ronge la femme. Entre deux discussions laconiques, il y a l’évocation nostalgique de leur fille, Ága, partie à la ville… Ága rappelle à bien des égards le cinéma intimiste français en vigueur dans les années 1980-90, ce courant minimaliste “2 pièces-cuisine“ travaillant à l’os le drame ordinaire dans la foulée du nouveau roman — l’influence camionneuse de Duras n’est pas à exclure. Il s’en détache évidemment par son déplacement en un territoire “exotique“ et surtout par l’intégration d’éléments magiques et symboliques renvoyant cette histoire davantage au conte moderne qu’au récit réaliste. Oscillant entre blizzard et bizarre, cette quête surprend par l’intensité des émotions qu’elle dégage en peu de mots et d’images. Un dégel du cœur.

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Camus roi de la steppe : "La Tendre indifférence du monde"

ECRANS | de Adilkhan Yerzhanov (Kaz-Fr, 1h39) avec Dinara Baktybayeva, Kuandyk Dussenbaev, Kulzhamiya Belzhanova…

Vincent Raymond | Mardi 16 octobre 2018

Camus roi de la steppe :

Kazakstan. Les usuriers s’apprêtant à saisir la ferme familiale, la belle Saltanat n’a trouvé qu’un seul moyen pour la sauver : aller en ville, escortée par le costaud Kuandyk, son ami d’enfance. Ces deux innocents découvrent alors un monde corrompu où réussite rime avec compromission… Empruntant au réalisme magique, au roman picaresque, à la philosophie camusienne comme à la comédie sentimentale burlesque, ce conte kazakh où les héros tentent de préserver leur candeur feinte ou réelle, dissimule aux détours de son récit de multiples surprises cocasses ou stupéfiantes. Et notamment cette fascination pour les arts, qu’il partage avec le personnage de Kuandyk, portraitiste à ses heures : le film véhicule en contrebande de discrètes mais reconnaissables reconstitutions d’œuvres picturales (de Van Gogh, Caspar David Friedrich...) inscrivant les protagonistes dans une forme d’éternité, entre la fatalité et l’évidente postérité. Se déroulant sur un territoire à cheval entre l’Asie et l’Europe, La Tendre indifférence du monde peut aisément

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Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Théâtre | À la manière de Maguy Marin dans sa nouvelle création Ligne de crête, l'auteur et metteur en scène Valére Novarina joue de la profusion. Ses mots, ceux de L'Homme hors de lui joués par Dominique Pinon, nous sont racontés par l'acteur. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 19 septembre 2018

Dominique Pinon et le plaisir du jeu

Comment définiriez-vous cette langue si particulière de Valère Novarina, parfois mythologique, contemporaine, populaire, ancienne ? Dominique Pinon : C'est difficile à dire. Elle me paraît à la fois contemporaine et intemporelle. Elle est aussi biblique parfois – Valère est un spécialiste de la Bible. Ce n'est pas une langue savante du tout, c'est presque une langue pauvre. C'est une profusion de paroles pour remplir l'espace de la scène mais ce n’est n’est pas vain, ça a beaucoup de sens. Il est toujours question de la mort. J’aime ce télescopage de pensées et de mots et l'effet comique que ça produit, au sens noble du terme, sans vulgarité. Il y aussi une forme de stupeur. L'Homme hors de lui est un homme qui se regarde, c’est une espèce de duo entre lui et le spectateur, un jeu de miroir. Vous parliez de langue pauvre mais le vocabulaire n'est pas pauvre. Oui mais il y a plein de néologismes dans ses listes. Les noms qu'il invente, je les trouve géniaux. C'est très drôle. On a la sensation d'infini quand on lit ses textes, une parole qui se recrée, se régénère, qui rebondit l'une sur l'autre.

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Partir ! : "Tesnota – Une vie à l’étroit"

ECRANS | de Kantemir Balagov (Rus, int-12 ans avec avert., 1h58) avec Darya Zhovner, Veniamin Kats, Olga Dragunova…

Vincent Raymond | Mardi 6 mars 2018

Partir ! :

Russie, 1998. Ilana vit avec ses parents dans une petite congrégation juive plus ou moins intégrée dans le Nord Caucase. Un soir, après le célébration des fiançailles de son frère, celui-ci et sa future femme sont kidnappés et une rançon réclamée. À quels sacrifices consentir pour réunir les fonds ? S’inspirant de faits avérés, Balagov décrit un contexte particulièrement pesant pour les citoyens juifs, considérés par la population locale comme des individus de seconde zone ; des butins ambulants à détrousser impunément ou des corps adaptés aux émois privés. Loin de faire le seul procès de la société russe, le cinéaste montre également l’archaïsme coutumier de cette communauté étouffant sa jeunesse, où l’on en est réduit à brader une fille pour sauver un fils. Parce qu’il se concentre sur Ilana, garçonne ayant soif d’indépendance et de l’énergie à revendre, Balagov prend le parti de la jeunesse, de la révolte et de la modernité. Elle se pose non à la place de la victime consentante, dans l’acceptation de la fatalité, mais dans un désir d’émancipation, d’ailleurs e

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Le roi du pipeau : "Bravo Virtuose"

Pruneaux d'Arménie | de Levon Minasian (Arm-Fr-Bel, 1h30) avec Samuel Tadevosian, Maria Akhmetzyanova…

Vincent Raymond | Mardi 6 février 2018

Le roi du pipeau :

À la suite d’un quiproquo, Alik, un jeune clarinettiste récupère le portable, les contrats et l’argent d’un tueur à gages. La manne tombe à pic, car il cherche à financer l’orchestre de son grand-père lâché par son mécène. Seul hic : Alik doit exécuter les cibles désignées par le commanditaire… À quoi reconnaît-on un polar arménien ? Aux plans sur le mont Ararat, équivalant à ceux sur la Tour Eiffel dans une production française ? Au fait que l’un des méchants — en l’occurrence un bureaucrate corrompu — vante la qualité des loukoums stambouliotes dont il se gave à longueur de journée ? Plutôt à l’évocation des anciens combattants du Haut-Karabagh, où sont morts les parents du héros, et dont certains sont devenus des mafieux. Hors cela, ce premier long-métrage promenant une élégante indécision entre comédie sentimentale, burlesque et thriller, s’aventure aussi dans le semi-expérimental, en matérialisant les images mentales et oniriques d’Alik, caverne d’Ali-Baba fantasmatique où circule la silhouette de la séduisante Lara. Levon Minasian donne l’i

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Le Nova Mix Club migre au Sucre

Clubbing | C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, (...)

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Le Nova Mix Club migre au Sucre

C'est une première : l'emblématique Nova Mix Club, l'émission de Nova qui prend le pouls de la scène électronique en prise directe avec sa source, le club, s'installe à Lyon pour une mensuelle au Sucre. Jusque-là, seul le Badaboum à Paris accueillait ce before retransmis en direct sur les ondes de 21h à minuit, trois fois par mois. Il n'y en aura plus que deux à Paris, le troisième migrant du côté de Confluence : première le vendredi 12 janvier, avec en guise de headliner le chantre de la house qu'est S3A. Membre du crew Concrete - il est résident de la péniche, Sampling As An Art (de son patronyme complet) se rapproche dans l'esprit d'un MCDE et pérennise l'esprit le plus utopique de la house nation, celui d'une musique chaleureuse, hypnotique et sexy ; pas étonnant que Laurent Garnier lui ait commandé un remix... On guettera aussi Patchworks, le plus connu des inconnus de la ville, producteur stakhanoviste aux multiples projets et mille et une nuits de fête (la dernière en date, c'était vendredi dernier pour l'anniversaire d'une Maison Mère blindée à craquer, sous son alias afro Voilaaa sound-system)

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Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Radio | Bernard Zekri est de retour au bercail : directeur de Radio Nova depuis le rachat de la radio par Matthieu Pigasse en mai 2016, le journaliste ranime la flamme d'une maison bouillonnante où il a débuté, débusqué par Jean-François Bizot qui en avait fait son homme dans le New-York des 80's et un pilier du magazine Actuel. Passé par la case Canal Plus, puis la direction de I-Télé et celle des Inrockuptibles, l'ami de Jamel Debbouze nous dévoile ici pourquoi entre Nova et Lyon, it's a match. Le reste (et c'est palpitant) est à lire dans son autobiographie rédigée à quatre mains avec le grand Michel-Antoine Burnier, Le Plein emploi de soi-même, parue en 2013.

Sébastien Broquet | Mardi 9 janvier 2018

Bernard Zekri : « la ville naturelle de Nova, c'est Lyon »

Lyon, c’est la ville de Jean-François Bizot, le défunt fondateur de Nova. J’imagine qu’il y a eu une certaine émotion dans les bureaux à l’annonce de l’obtention de la fréquence lyonnaise ? Bernard Zekri : Oui, c’est comme avoir le sentiment de retrouver des racines. Jean-François est originaire de Lyon, moi-même je suis allé m’y balader plusieurs fois avec lui. C’est un retour aux sources, mais surtout ça nous faisait vraiment de la peine de ne pas y être présent : c’est une ville qui a une vocation européenne, qui a toujours eu un amour de l’innovation, du progrès, de la modernité. C’est une ville de circulation. À Nova, on guette les nouveautés, on défriche et on partage ça avec les gens. On s’est toujours dit que la ville naturelle de Nova, c’était Lyon. C’est un vieux combat, cette fréquence, qui date des années 90 : c’était l’une des toutes premi

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Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Nova Lyon | Radio Nova installe au Sucre son Nova Mix Club en mensuel et délocalise pour un one shot sa matinale Plus près de toi.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 décembre 2017

Édouard Baer en direct à Lyon le 11 janvier

Premiers effets de l'arrivée de Nova Lyon dès les foulées initiales de 2018 : Édouard Baer délocalise sa matinale à succès au restaurant À La Piscine, le jeudi 11 janvier. L'émission baptisée Plus près de toi, décomplexée et cultivée, se déroulera donc face au public lyonnais de 7h à 9h. Les invités ne sont pas encore connus, le live non plus. Autre nouveauté : le Nova Mix Club déboule au Sucre, une fois par mois. Ce before très clubbing se déroulait jusque-là trois vendredis par mois au Badaboum, club parisien dédié à la house et situé près de Bastille (et anciennement La Scène Bastille, donc un lieu historique pour Nova : c'est là qu'ont été créées les fêtes Nuits Zébrées). Il n'y en aura plus que deux à Paris, la troisième migrant du côté de Confluence. Le concept de l'émission : tro

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Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Médias | Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 octobre 2017

Nova Lyon, c'est pour le 7 novembre

Cette fois, c'est officiel : Radio Nova arrive sur les ondes lyonnaises le mardi 7 novembre prochain. Le CSA en a décidé ainsi lors de sa séance plénière, le mercredi 18 octobre, et nous l'a confirmé par la voix de Christine Derville, secrétaire générale du CTA de Lyon, en ce lundi 23 octobre. Les premiers pas de Nova Lyon, fusion de RTU et de Nova, se feront donc en compagnie d'Édouard Baer et de sa matinale dès 7h.

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Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

Clubbing | Trois plans pour vos nuits blanches.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Insomniaque : trois plans pour vos nuits blanches

14.10.17 > TRANSBORDEUR GRAND MIX Une grande fête pour le mariage entre Radio Nova et RTU, à l'image de leur programmation : éclectique. Avec du live (la soul garage de Buttshakers, le hip-hop de Supa Dupa ou encore Joao Selva, Ashinoa et Uto) et des DJ sets des résidents de la plus groove des fréquences lyonnaises (Boolimix, Klaaar, Lotfi...). Comme d'hab', c'est gratuit mais il faut se procurer une invite au préalable sur le Net. Groovy. 14.10.17 > EUREXPO HYPNOTIK Direction Eurexpo pour la grand messe annuelle d'Hypnotik, rave à l'ancienne où l'on pourra se lobotomiser dans la grande salle au rythme démentiel des stars Len Faki et Ben Klock. La salle house est plus passionnante : le génial sud-africain Culoe de Song côtoie Âme, Manoo et Étienne de Crécy. Comme de cout

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"Lettres de la guerre" : franchise postale

ECRANS | de Ivo M. Ferreira (Por, 1h45) avec Miguel Nunes, Margarida Vila-Nova, Ricardo Pereira…

Vincent Raymond | Mardi 11 avril 2017

1973. Envoyé sur le front angolais pour plusieurs mois, un jeune médecin portugais entame avec son épouse un long échange épistolaire. Racontant tout de la guerre, de ses espérances, de l’attente, ses courriers maintiennent le lien ténu entre eux, que la géographie eût pu distendre… Il s’agit là clairement d’un film à deux voix. Pas seulement parce qu’il consiste en un dialogue entre les deux épistoliers, chacun(e) lisant en off les missives qu’il (elle) reçoit de son (sa) correspondant(e) — l’épouse étant plus souvent destinataire, son timbre nous accompagne le plus clair du temps. Mais aussi parce qu’à ce récitatif vocal s’ajoute une autre mélodie : les images. Leur somptuosité rare (prodigieux noir et blanc de João Ribeiro) n’est pas qu’une belle “enveloppe” pour les mots du soldat : elle leur apporte, à la manière des films de Malick (en moins élaboré, tout de même) autant de compléments visuels que de digressions. En s’unissant, sons et images offrent en sus de la représentation intime de la guerre vécue par le soldat, sa part de non-dits et celle d

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Radio Nova débarque à Lyon

Médias | Radio Nova est sélectionnée par le CSA pour émettre à Lyon, en association avec RTU. Rendez-vous à l'automne.

Sébastien Broquet | Jeudi 9 mars 2017

Radio Nova débarque à Lyon

On connaît l'heureux nouveau locataire de la précieuse fréquence 89.8 de la bande FM, jusqu'ici confiée à la locale RTU : il s'agit de Radio Nova, en association avec RTU. La décision a été prise mercredi 8 mars par le CSA lors de son assemblée plénière et rendue publique le lendemain. C'est à partir de septembre, octobre au plus tard, que la transition devrait être opérationnelle et que RTU devrait se transformer officiellement en Nova Lyon. L'équipe de RTU conservera ainsi ses cinq emplois salariés et assurera plusieurs émissions locales, réalisées à Lyon, tout en récupérant plusieurs émissions phares de Nova, à commencer par la matinale d'Édouard Baer qui n'en finit plus de faire le buzz depuis septembre. Entre dix et douze heures, selon la convention passée avec le CSA, seront réalisées en local, principalement l'après-midi et en soirées où les rendez-vous avec les DJs locaux (James Stewart, etc) seront conservés. « On rassure les auditeurs : l'équipe reste en place et à l'

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Nos corps tissés de mots

CONNAITRE | Le dramaturge Valère Novarina est invité pour un grand entretien à la Fête du livre de Bron. Une œuvre majeure à (re)découvrir à cette occasion, où le langage et sa chair poétique sont le personnage principal.

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 7 mars 2017

Nos corps tissés de mots

Depuis le début des années 1980, Valère Novarina poursuit une œuvre dramatique poétique et singulière. Il est, sans doute, ce qui est arrivé de plus déroutant et de plus créatif au théâtre contemporain aux côtés d'un théâtre du corps (Jan Fabre et la scène flamande) et d'un théâtre lyrique de l'extrême anglo-saxon (Edward Bond, puis Sarah Kane et beaucoup d'autres, scrutant la violence, la guerre, la folie...). Dramaturge et metteur en scène, Novarina a présenté la plupart de ses pièces au TNP à Villeurbanne, de L'Acte inconnu à, très récemment, Le Vivier des noms... Il vient de publier Voie négative, ensemble de textes de théâtre et de réflexions sur le langage. Car c'est bien de cela, du langage, dont parle et qu'entreprend de sonder jusqu'en ses confins et ses replis inconnus Valère Novarina : « La langue est notre autre chair vraie. Nous sommes tressés par son architecture invisible, mus par le croisement et le combat des mots ; nous sommes nourris de leurs intrigues, de

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Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Plus Loin | Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 janvier 2017

Les Nuits Zébrées de Nova au Transbordeur

Radio Nova investit de nouveau le Transbordeur pour l'une des ses programmations chamarrées qui font tout le charme des fameuses Nuits Zébrées, nées du côté de la Bastille pour conquérir le pays tout en étant retransmises en direct sur la FM (et le Net). Le 24 février, seront ainsi réunis le génial angolais Bonga, les groovy locaux The Bongo Hop, ou encore Juniore, Alltta et Neue Grafik. C'est gratuit : pensez à retirer vos places dès le 8 février sur lesnuitszebrees.com.

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Édouard, le réveil malin

Plus près de toi | C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 janvier 2017

Édouard, le réveil malin

C'est à Radio Nova qu'Édouard Baer s'est fait un nom. Quand Jean-François Bizot, le maître de maison (à qui Ouvert la nuit est dédié), l'a mis à l'antenne et en tandem avec un autre iconoclaste, Ariel Wizman. Les deux durant cinq années mirent le feu à la bande FM avec une émission nommée La Grosse Boule. Façon flipper, la boule : ça remuait dans tous les sens, sans peur du tilt. Culte. Depuis octobre 2016, surprise, Édouard Baer est revenu à la maison, ramené au bercail par Bernard Zekri, lui-même un ancien de la bande d'Actuel / Nova, chargé par Matthieu Pigasse (qui l'avait précédemment embauché puis écarté des Inrockuptibles, au profit d'Audrey Pulvar) de filer un coup de fouet à la radio qu'il a racheté l'an dernier. Zekri a fait ce que l'on n'attendait pas : retourner chercher les vieux. Moustic, pour une hebdomadaire, le samedi à minuit : Ok ok super FM. Gérard Davet et Fabrice Lhomme, pour une interview politique, chaque vendredi. Solide ! Et donc, Édouard Baer, propulsé sur la mat

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"Ouvert la nuit" : À la Baer étoile !

Critique | Farandole joyeusement erratique à travers un Paris nocturne sublimé, cette déambulation d’un directeur de théâtre aussi fantasque qu’impécunieux signe le retour du cinéaste-interprète Édouard Baer pour un film-synthèse superlatif : la plus mélancolique, hilarante, aboutie et (surtout) réussie de ses réalisations.

Vincent Raymond | Mardi 10 janvier 2017

Inconséquent charmeur jonglant avec les mots et les promesses, épris de l’instant et du talent des autres, Luigi gère depuis vingt ans un théâtre parisien grâce à de l’argent qu’il n’a pas. À la veille d’une première, il doit pourtant en trouver en urgence. Ainsi qu’un singe. Le voici en cavale dans la capitale, escorté par une stagiaire de Sciences-Po au caractère bien trempé. La nuit est à lui ! Accompagner Édouard Baer n’a pas toujours été chose aisée : les délires de ses personnages de dandys logorrhéiques en semi roue libre au milieu d’une troupe de trognes, nécessitaient d’être disposé à l’absurdité, comme à l’humour glacé et sophistiqué cher au regretté Gotlib. Mais de même que Jean-Pierre Jeunet a réussi à cristalliser son univers dans Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, Baer est parvenu à réunir ici la quintessence du sien. Si les deux auteurs partagent, outre la présence d’Audrey Tautou à leur générique, le plaisir d’entretenir une troupe fidèle et une affection certaine pour le Paris d’antan, les similitudes s’arrêtent là : Baer n’aime rien tant que faire voler les contraintes et les cadres, voir j

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La fréquence de RTU attribuée en janvier

FM | On connaîtra bientôt le nom de tous les candidats, jugés recevables par le CSA, à la reprise de la fréquence libérée l'an dernier par RTU ; et avant fin janvier, celui du lauréat.

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

La fréquence de RTU attribuée en janvier

Un petit cataclysme s'est produit dans le paysage radio lyonnais en mai 2015 : RTU annonçait avoir rendu sa fréquence, ce 89.8 qui enchante encore les mélomanes (la radio continue d'émettre, bien entendu). Une denrée (très) rare dans la ville : la dernière fois que c'était arrivé, c'était en 2010. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) a mis en concurrence la fréquence libérée et les dossiers ont été déposés cette année. Du côté du CTA (Conseil Territorial de l'Audiovisuel), Christine Derville, la secrétaire générale, nous confirme que ceux-ci sont actuellement en cours d'instruction. Une soixantaine ont été déposé pour les fréquences disponibles en région Rhône-Alpes (Annecy, etc) qui seront prochainement réattribuées, mais l'on ne sait combien exactement concernent la fréquence lyonnaise rendue par RTU. Ce qui est sûr, c'est que l'arrivée de France Bleu, un temps pressentie, n'est pas d'actualité : le ministère de la Culture et de la Communication n'a à ce jour pas préempté la fréquence comme il en a la possibilité, au bénéfice du service public. « Mais c'est encore possi

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Les mots à vif de Valère Novarina

SCENES | Du Discours aux animaux jusqu'au Vivier des noms, les titres des pièces de Valère Novarina indiquent d'elles-mêmes ce que traque l'auteur : cette vie (...)

Jean-Emmanuel Denave | Mardi 8 novembre 2016

Les mots à vif de Valère Novarina

Du Discours aux animaux jusqu'au Vivier des noms, les titres des pièces de Valère Novarina indiquent d'elles-mêmes ce que traque l'auteur : cette vie du langage, cette prolifération des mots qui, à la fois, nous constitue et nous déborde, nous emmène ailleurs... Le langage est un corps et un champ de forces, le théâtre l'active et le rend visible, sensible, presque tangible. Mis en scène par Novarina, Le Vivier des noms (paru en juin 2015) est présenté au TNP du 14 au 16 novembre, et nous avons hâte de nous y plonger !

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Xavier Dolan : « Je ne pouvais pas imaginer de personnages plus prometteurs »

3 questions à | Ce film marque-t-il, selon vous, un moment crucial dans votre carrière ? Xavier Dolan : Oui. Ce n’est pas un “entre-film” ; je ne l’ai pas fait envers (...)

Vincent Raymond | Mardi 20 septembre 2016

Xavier Dolan : « Je ne pouvais pas imaginer de personnages plus prometteurs »

Ce film marque-t-il, selon vous, un moment crucial dans votre carrière ? Xavier Dolan : Oui. Ce n’est pas un “entre-film” ; je ne l’ai pas fait envers ou en en attendant un autre. Les choses se prolongeaient sur la préparation de The Death and Live of John F. Donovan et moi, j’avais besoin de tourner, de raconter une histoire. Quels rapports aviez-vous avec cette pièce de Lagarce et de manière plus générale, avec son théâtre ? X. D. : Un rapport un peu ignare. Je n’ai pas lu toute son œuvre et je n’ai jamais vu ses pièces jouées sur scène. Anne Dorval un jour m’a parlé d’une pièce que je devais absolument lire, qui lui avait été donnée de jouer, absolument inoubliable, « faite sur mesure pour moi » selon ses mots. J’ai commencé à lire la pièce et je n’ai pas été convaincu de ressentir le choc qu’elle m’avait promis. Je l’ai rangée dans la bibliothèque. Après Lawrence Anyways,

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Gaspard Ulliel : « La parole sert de fuite, tout est dans le non-dit »

Juste la fin du monde | Acteur discret et intérieur, Gaspard Ulliel incarne Louis, le pivot de Juste la fin du monde. Xavier Dolan et lui reviennent sur la genèse de ce film, ainsi que leur rapport à l’écriture de l’auteur, Jean-Luc Lagarce…

Vincent Raymond | Dimanche 18 septembre 2016

Gaspard Ulliel : « La parole sert de fuite, tout est dans le non-dit »

Ce film marque-t-il, selon vous, un moment crucial dans votre carrière ? Xavier Dolan : Oui. Ce n’est pas un “entre-film” ; je ne l’ai pas fait envers ou en en attendant un autre. Les choses se prolongeaient sur la préparation de The Death and Live of John F. Donovan et moi, j’avais besoin de tourner, de raconter une histoire. Si on m’avait appelé pour me dire « on peut faire Donovan tout suite », j’aurais dit « trop tard, c’est celui-ci que je fais. » Quels rapports aviez-vous avec cette pièce de Lagarce et de manière plus générale, avec son théâtre ? X. D. : Un rapport un peu ignare. Je n’ai pas lu toute son œuvre et je n’ai jamais vu ses pièces jouées sur scène. Anne Dorval un jour m’a parlé d’une pièce que je devais absolument lire, qui lui avait été donnée de jouer, absolument inoubliable, « faite sur mesure pour moi » selon ses mots. J’ai ramené chez moi son grand cahier — son texte de théâtre, en fait — avec ses annotations en marge, les déplacements... J’ai commencé à lire la pièce et je n’ai pas été co

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Culture interface : le futur au musée

ARTS | Le film Steve Jobs présente l’éphémère concept NeXTCube, une unité centrale bien nommée, aux dimensions inégales afin de corriger la perspective et d’offrir (...)

Vincent Raymond | Mardi 2 février 2016

Culture interface : le futur au musée

Le film Steve Jobs présente l’éphémère concept NeXTCube, une unité centrale bien nommée, aux dimensions inégales afin de corriger la perspective et d’offrir l’illusion d’une régularité parfaite. Une trouvaille de ce maniaque de Jobs. Obsédé par la symétrie, l’efficacité du trait, il permit à Apple de trouver un second souffle salvateur en lançant au tournant du XXIe siècle des ordinateurs à la robe acidulée et translucide, tranchant avec le beige ayant prévalu jusqu’alors. C’est grâce au mix entre un design attractif et la technologie intuitive des écrans tactiles que sa société régna sur le marché des smartphones dès 2007, devenant la première capitalisation boursière mondiale. Pas étonnant de retrouver aujourd’hui les fameux mobiles parmi les objets sélectionnés par Nicolas Nova comme représentatifs de cette Culture Interface, l’exposition de la Cité du Design dont il est le commissaire et qui célèbre les influences réciproques entre science-fiction et numérique. HOMO TECHNICOLOGICUS Organisée par îlots (réalité augmentée, visiocasques, surfaces interactives, montres intelligentes…) et décorée de schémas de br

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Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

MUSIQUES | Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (...)

Benjamin Mialot | Mardi 24 novembre 2015

Au Transbo, Radio Nova fait sa Nuit Zébrée

Au moment où vous lirez ces lignes, les places encore disponibles pour la prochaine Nuit Zébrée (vendredi 27 novembre au Transbordeur), soirée annuelle (auto-)célébrant l’éclectisme bon enfant de Radio Nova, devraient se compter sur les doigts d'une main – voire d'un moignon. Rien de très surprenant à cela quant on sait qu'elles sont à retirer gratuitement auprès des disquaires partenaires de l'événement. D'autant que l'affiche de cette troisième édition lyonnaise brille plus encore que les précédentes par son starpower et son potentiel festif. On pourra en effet y entendre les chansons viscérales et baroques de Mansfield.TYA, prendre une leçon de groove nord-africain avec la diva soudanaise Alsarah et ses Nubatones et voir l'insatiable Joeystarr enfiler son tout nouveau costume de Caribbean Dandee, du nom du projet dancehall (sidekick à dreadlocks et soundsystem inclus) qu'il a mûri au grand air chargé de particules psychotropes de la Jamaïque. Y compris le booty vissé sur son canapé, le tout étant retransmis en direct sur Nova, évidemment, mais aussi sur sa petite sœur locale RTU. Heureux les retardataire

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Drôles de zèbres

MUSIQUES | «C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Drôles de zèbres

«C'est en faisant n'importe quoi qu'on devient n'importe qui» affirme Rémi Gaillard, risible émule de Johnny Knoxville dont les impostures font sur Youtube la joie de millions de procrastinateurs – et prouvent depuis le début du mois qu'à l'instar d'un costume, un écran peut être trop grand. L'un des titres les plus représentatifs de Congopunq, tête d'affiche aux côtés, notamment, des so french Mustang, de la prochaine Nuit Zébrée de Radio Nova (au Transbordeur mardi 14 mars), s'intitule N'importe quoi. A raison tant cette licencieuse leçon de groove ne ressemble à rien de sensé. A moins de considérer comme tel un bœuf réunissant l'ensemble tradi-moderne Konono n°1 et The Brian Jonestown Massacre. Pour autant, elle n'est pas l’œuvre d'un simple quidam, ce duo étant mené par Cyril Atef, excentrique et virtuose batteur de Bumcello qui, avec le dénommé Monsieur Cong, colosse pileux aussi inutilement indispensable au projet que le tambouriniste Joel Gion l'est au groupe d'Anton Newcombe, repousse ici et sur deux albums son goût des rythmes panafricains, des postures punk et des tenues de nomade perché – l'équivalent tropical du clochard céleste. As

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Insomniaque - Semaine du 11 au 17 décembre

MUSIQUES | 14.12 Le grand bal sixties Le métro, ce «lieu de charme» où les «rencontres incroyables» et les «moments de grâce» sont monnaie courante, s'agrandit : il (...)

Benjamin Mialot | Jeudi 5 décembre 2013

Insomniaque - Semaine du 11 au 17 décembre

14.12 Le grand bal sixties Le métro, ce «lieu de charme» où les «rencontres incroyables» et les «moments de grâce» sont monnaie courante, s'agrandit : il est désormais possible de rallier Oullins via la ligne B. Who cares ? Le Clacson cares, d'autant que ce développement coïncide avec le cinquantième anniversaire de la MJC. Elle le fera savoir en abritant un bal rock'n'roll animé par une bande locale de garageux durs à la tâche (d'huile), The Cavemen Five, et un groupe tout aussi local de surfeurs ignorant le sens de l'expression "

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Party hard !

MUSIQUES | Le versant électronique de la Fête de la musique telle qu'on la célèbre à Lyon ressemble à un Apéro sonore à retardement (la gratuité, le réenchantement de l'espace public, l'hédonisme en partie diurne, tout ça). La programmation de qualité en moins ? Pas nécessairement. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Jeudi 13 juin 2013

Party hard !

Chaque année, c'est la même question qui revient : où passer le soir du 21 juin lorsque l'on n'a d'oreilles que pour les onomatopées de synthèse ? Déjà, pas dans Lyon extramuros, où chorales et fanfares règnent quasiment sans partage. En centre-ville en revanche, au moins quatre spots valent le détour. D'abord la très populaire place Colbert, dans le premier arrondissement, où l'association Dofus Dofus proposera un plateau ghetto ascendant tropical de haute volée (avec Douster, JayWeed et

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Let's folk !

MUSIQUES | Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 25 janvier 2013

Let's folk !

Où qu'il puise ses origines éparpillées, le folk aura toujours été une affaire de transmission. C'est bien là l'esprit de la double rencontre organisée à la Maison du Livre, de l'Image et du Son de Villeurbanne. D'abord, autour de l'ouvrage Folk et Renouveau (Le Mot et le Reste), publié en 2011 par Bruno Meillier et l'immense Philippe Robert : une plongée dans pas moins de neuf décennies d'americana, d'Harry Smith à Bon Iver, en passant par les incontournables Dylan, Donovan, Young, Jansch et consorts pour comprendre non seulement d'où elle vient mais également où elle va. À ce titre, il sera aussi utile d'aller à la rencontre de Yann Tambour, alias Stranded Horse, petit gars du Cotentin bercé au rock anglais et toqué de kora, instrument traditionnel mandingue dont la pratique est traditionnellement réservée à la caste des griots mais dont il fait son miel en même temps qu'une drôle de tambouille, entre folk, musique africaine et pop anglo-saxonne. Sur le sublime Humbling Tides, il reprenait par exemple

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Apocalypse No(w) ?

CONNAITRE | Entre supposées prédictions mayas, sortie de "4h44, dernier jour sur terre", le nouveau film d'Abel Ferrara, et soirées labellisées «fin du monde», tout semble converger vers un 21 décembre apocalyptique – même si on ne fera que s'y bourrer la gueule. Peu étonnant quand on songe que ladite fin du monde est vieille comme... le monde. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Vendredi 14 décembre 2012

Apocalypse No(w) ?

«Dans le roman qu'est l'histoire du monde, rien ne m'a plus impressionné que le spectacle de cette ville jadis grande et belle, désormais renversée, désolée, perdue […], envahie par les arbres sur des kilomètres à la ronde, sans même un nom pour la distinguer». Ce pourrait être la voix-off du survivant d'un film post-apocalyptique déambulant dans Londres, New-York, Paris, Lyon... Ce ne sont "que" les mots de John Lloyd Stephens, découvrant au XIXe siècle la splendeur passée d'une ancienne ville maya mangée par la jungle du Yucatan. Ces mêmes Mayas dont le calendrier aurait prévu la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Peu importe que la NASA elle-même ait démentie ces rumeurs dont les illuminés, les conspirationnistes et les survivalistes font leur miel.   Qu'on la nomme Apocalypse («révélation» dans la Bible) ou Armageddon (d'Harmaguédon, le "Waterloo" hébreu du Livre de l'Apocalypse), la fin du monde est depuis toujours le sujet de conversation p

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