Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Photo : Loïc Graber © Anne Bouillot / Florence Verney-Carron ©. DR


Avant l'effondrement

Loïc Graber : Quand j'ai pris mon mandat en 2017, je l'ai dit à plusieurs acteurs culturels : j'espère qu'on n'aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d'entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu'adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu'ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l'époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n'ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public !

Impact dans…

Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu'il faut faire quelque chose. On va être en avance, car on va tout de suite faire une réunion avec une vingtaine d'acteurs culturels. C'était très intéressant : tous les secteurs étaient représentés, alors qu'ils n'ont pas forcément l'habitude de se voir, le livre, le cinéma, le spectacle vivant, le patrimoine… Pour nous qui sommes sur ce territoire de 9M d'habitants, tous les chiffres sont importants : 450 festivals, 250 compagnies, c'est vertigineux à notre échelle. Très vite on se parle. Ce qui va entraîner immédiatement la décision prise avec Laurent Wauquiez de mobiliser nos services.

LG : Malheureusement, le pire s'est produit. Progressivement : les jauges à 5000, puis 1000, et à partir de là, ça a été très rapide. On n'a pas réalisé tout de suite, car on n'avait pas de visibilité sur la durée. On pensait à dix jours, un mois, on a mis du temps à réaliser l'impact que ça allait avoir. Surtout, c'est arrivé au pire moment pour les salles. Avril, mai et juin sont les trois plus gros mois pour l'ensemble de la profession. Les lieux font la plus grosse partie de leur billetterie. C'est là où on lance tous les festivals. Toutes les futures saisons. Le pire moment ! Dès la fin mars, on s'est mis en route à l'Hôtel de Ville, du côté de la délégation des affaires culturelles, pour essayer de voir ce que l'on pouvait débloquer comme situations. On commençait à avoir des signaux, quelques coups de fil.

Allo, les urgences ?

LG : Deux types de coup de fil : le premier, de nos établissements culturels. Qui de fait se sont arrêtés. Il a fallu mettre en place des plans de continuité. Notamment sur les musées : au Musée des Beaux-Arts, il a fallu vite protéger les œuvres de l'exposition Picasso. S'occuper des assurances : il y avait pour plusieurs millions d'œuvres d'art réunies. Mettre les équipes en sécurité, s'assurer qu'il y avait des agents pour surveiller.
Seconde mesure, mobiliser les équipes en télétravail pour enclencher une démarche d'écoute des acteurs culturels. Les premiers à nous contacter sont ceux du spectacle vivant, pour nous demander si on savait quand ils allaient pouvoir rouvrir, dans quelles conditions. Nous, on était dans la même situation que tout le monde : le flou le plus total. On a assez vite mis en place un questionnaire, envoyé fin mars à toutes les structures dans les radars de la Ville. Pour connaître leur état : côté programmation, qu'est-ce qui annulé, suspendu, repoussé. Leur état en RH : qui était en statut d'intermittent, au chômage technique, en rupture de contrat… Et pour la visibilité financière, savoir si ces structures allaient basculer dans le rouge très vite ou si elles avaient un peu de marge. On a envoyé 170 questionnaires, avec une difficulté : les administrateurs n'étaient pas présents sur place, on a eu des retours très tardifs et très incomplets.

Ce travail d'écoute, on l'a conduit sur tout le mois d'avril. J'ai eu plusieurs structures au téléphone. Très vite, on s'est aperçu qu'on avait trois catégories : les acteurs publics, peu impactés car la collectivité prend en charge toutes les difficultés, avec des salaires payés, des contrats indemnisés même si les activités n'ont pas eu lieu, même si ça coinçait encore un peu fin juin avec la Trésorerie Générale. Ce secteur public représente beaucoup de gens à Lyon : à l'Opéra, les musiciens et les danseurs sont des agents de la Ville. L'Auditorium, les Célestins : pareil. Ce secteur public, et c'est plutôt une chance dans cette crise, a joué un rôle d'amortisseur. Seconde catégorie, les privés subventionnés par la Ville. Et les privés non subventionnés.

FVC : Les premiers appels étaient très concernés. Solidaires. Respectueux. Tous les acteurs culturels que j'ai eu étaient responsables. Ils n'avaient pas tous les chiffres, les éléments. Mais personne n'a essayé de tirer la couverture à soi, au contraire dès le début il y avait une volonté de travailler en commun. C'était très intéressant car je n'ai pas eu des gens catastrophés, mais qui cherchaient comment s'en sortir tous ensemble.

Collomb et Wauquiez entrent dans la danse

LG : Au début de la crise, ou… un peu plus tard on va dire, Gérard Collomb a quand-même remis le nez dans la gestion de crise. Et très vite il s'est aperçu que des secteurs entiers allaient la subir : les commerçants, le secteur culturel… Il m'a alors passé un coup de fil pour savoir ce qu'il en était, et on l'a tenu au courant souvent de l'évolution de la situation. La difficulté qui se pose alors à lui, c'est que la Ville a déjà engagé au 15 juin 60M€ dans la gestion de cette crise, entre les pertes de recettes et les frais supplémentaires engagés. Sur un budget annuel de 600M€, c'est conséquent. Quels moyens supplémentaires débloquer ? Le prochain exécutif devra décider ça. Cette contrainte financière impose d'être pragmatique. Je ne dirais pas qu'il y a eu un contact main dans la main, néanmoins il y a eu une mise entre parenthèse pendant cette période de début avril jusqu'à fin mai, des querelles et des difficultés de la campagne électorale pour se remettre au travail en tant qu'exécutif et gérer la crise le mieux possible.

FVC : Laurent Wauquiez a pris tout de suite conscience de la situation du monde culturel. Avec la première réunion, puis la seconde où il est revenu. Il a été extrêmement impliqué sur ce sujet, et dans la crise en général. À la Région, ç'a été le premier secteur que l'on a aidé et suivi, la culture. Derrière, pour l'ensemble des différents secteurs comme le tourisme et le sport, Laurent Wauquiez a demandé à ce que ça se calque sur ce que nous avons fait pour la culture.

Cellule de crise

FVC : Pendant le confinement, on avait une réunion avec le service tous les jours de une à deux heures pour faire le point. On avait fait une petite cellule qui s'est réunie ainsi pendant deux mois tous les jours. On a tout de suite aussi quarante personnes de nos services qui vont se mobiliser et vont appeler un à un tous les acteurs de la culture, en leur demandant comment on peut les aider. Très tôt, à la suite de ces appels et des mille questionnaires envoyés, on va avoir un diagnostic. On voit bien alors que tout le monde est dans l'angoisse, même si on n'a pas encore les annonces d'annulations en chaîne.

LG : La difficulté, c'était le télétravail. On ne pouvait pas se voir. J'avais des points bi-hebdomadaires avec les équipes de la direction culturelle. Et j'ai appelé pas mal de structures par téléphone pour connaître leur état. J'ai pu avoir une vision globale et avoir des alertes, notamment sur le secteur des indépendants. Les libraires, les disquaires. Les artistes programmés en festival. Tout ces milieux fragilisés aujourd'hui. J'ai beaucoup poussé pour que Tout l'Monde Dehors joue sous une forme ou une autre et que tous les dossiers déposés soient financés.

Help !

LG : La problématique, c'est combien on met sur un fond d'urgence. Je suis bien incapable de savoir combien on doit mettre. Les différences entre les structures sont extrêmement fortes : quand je vois qu'une Maison de la Danse est en danger si en septembre elle doit accueillir seulement un tiers de sa jauge, car ses subventions ne permettent pas d'éponger le déficit… On a une très grosse structure en danger, qui nous alerte depuis plusieurs semaines en nous disant : attention si les collectivités ne sont pas là pour nous aider, ce n'est pas avec nos fonds de réserve qu'on va être en capacité de passer la fin de l'année. S'ils peuvent rouvrir en septembre avec une jauge pleine et une programmation grand public pour avoir un remplissage très fort, ils vont pouvoir amortir. Mais il y aura un déficit. Et à côté, les structures 100% indépendantes vont avoir besoin d'un soutien extrêmement fort.

FVC : À la Région, on a mis en place un numéro d'urgence et un fond d'urgence immédiat, pour alléger les trésoreries. Entre les réunions avec Laurent Wauquiez, les appels de nos services, ensuite les questionnaires, tout de suite on essaye de faire du sur-mesure, s'adapter, sortir des normes. Notamment en rajoutant des codes NAP pour élargir le fond aux photographes, à d'autres secteurs. Là, on va toucher des acteurs qui n'étaient pas en lien avec nous mais que l'on va aussi aider. L'objectif qui est affirmé dès le début, c'est de dire qu'on a un écosystème extrêmement riche sur l'ensemble de notre Région, que l'on y tient, et qu'il faudra sauver tout le monde en ayant une attention plus particulière aux plus fragiles. C'est pour ça que l'on fait du sur-mesure, quand on prend conscience au fil des jours de ce que va être le confinement.

LG : Une vraie difficulté dans cette crise : la multiplicité des dispositifs mis en place par l'État et ses antennes, c'est illisible pour les structures. Et c'est très compliqué encore aujourd'hui de comprendre ce à quoi elles ont vraiment droit et ce qu'elles vont toucher réellement. Même fin juin, quand on leur demandait si elles étaient en mesure de passer les trois mois à venir, beaucoup nous répondaient être en attente, ne pas trop savoir. On est alors dans une difficulté à appréhender la réalité du déficit et de la situation économique. L'urgence pour nous a été de s'assurer entre fin mars et fin avril que les subventions déjà votées en décembre et en janvier étaient bien arrivées sur les comptes bancaires : 13, 83M€. Afin d'alléger les trésoreries : pour certaines structures ce n'est que 2000€, pour d'autres ça peut être beaucoup plus important. Parallèlement, on a maintenu l'engagement sur tous les événements. Même s'ils n'avaient pas lieu. Une seule contre-partie : il faut que tous les contrats pris soient bien honorés, pour éviter l'effet domino avec les artistes et les prestataires.

FVC : On a débloqué 32M€ d'aides. Dont du redéploiement, et de l'argent en plus. En fonction des groupes de travail, on fera évoluer ce montant. Et nous avons plusieurs festivals qui se tiennent malgré tout cet été, La Baume en Musique, Saoû Chante Mozart par exemple. On va s'adapter à chacun. On était là pour les moments difficiles, mais on doit être là aussi pour créer le cadre de réflexion pour rester une Région très en avance sur la culture. Les subventions sont également maintenues à frais engagés même si les événements sont annulés. On fera un état des lieux précis le moment venu. On a eu 481 dossiers validés sur le fond d'urgence culture (dont 163 sur le Rhône) au 19 juin, pour un montant accordé de 2 045 287 M€. Les plus touchés sont le livre (18, 08% des dossiers), le cinéma (17, 25%) et le spectacle vivant (25, 36%). Dans les dispositifs pour les TPE, on a pu parfois les réorienter aussi sur d'autres aides, notamment vers l'économie. L'association des théâtres privés en Région, que l'on n'aide pas habituellement : plus de la moitié ont bénéficié de notre fond d'urgence.

LG : Début mai, quand on a commencé à voir le déconfinement arriver, on a entamé une réflexion supplémentaire. On a eu l'opportunité de verser d'autres subventions : 546 800€ de plus, par décision du maire, qui devaient être votées en juin et juillet et sont passées par ordonnance le 1er avril. Et on a rajouté 50 000€ en plus pour les écoles de musique, en juin. Ce sont des subventions qui étaient prévues mais auraient dû arriver sur septembre, on a fait le choix de reporter les mêmes montants que l'année précédente. 86 structures sont concernées, plus une quinzaine d'écoles de musique.

Jouer collectif

LG : Au démarrage, il y a eu beaucoup de rencontres avec la DRAC, la Région, la Métropole et la Ville, surtout au niveau technique plus que politique. Notamment pour s'assurer que les dispositifs étaient complémentaires les uns des autres. Et pour s'assurer que toutes les collectivités se mettent autour de la table si jamais une structure vient nous appeler au secours. Que les tutelles se mobilisent ensemble.

FVC : On a aussi été forts en concertation avec les autres collectivités. La volonté de la Région, c'est depuis toujours de se poser comme ensemblier. On a fait la même chose : on est là en complément, en lien avec les collectivités. Dans les groupes de travail, pilotés avec la DRAC, toutes sont invitées à participer. Tous nos techniciens sont en lien constant avec la Ville et la Métropole.

Le ministre invisible

LG : Aucun lien avec la rue de Valois de notre côté. J'espère que la DRAC en avait plus ! Sinon, ce serait très inquiétant. Mais nous, niveau Ville, Métropole et Région, on n'avait pas de liens particuliers avec le ministère. Ils auraient dû mettre en place un guichet unique, une seule porte d'entrée avec derrière des gens en capacité de répondre à tous les acteurs culturels. C'est ce qui a vraiment manqué. Et ça continuait fin juin : on apprenait du jour au lendemain qu'une enveloppe était débloquée, qu'elle pouvait toucher tant de personnes, qu'elle était augmentée la semaine d'après… C'est sûr que le ministère découvrait l'ampleur des dégâts au fur et à mesure : peut-être qu'à un moment donné il aurait fallu faire preuve d'une réelle ambition, dire on met un milliard sur la table, qui va se répartir dans telles catégories. On aurait retrouvé sans doute ce qui a été mis dans plusieurs antennes, CNM ou fonds de soutien au cinéma — tous ces dispositifs auraient pu être affichés avec une réelle ambition plutôt que d'être éparpillés au fur et à mesure, ce qui donne à la fois une illisibilité des dispositifs, un manque d'ambition, et pour les acteurs une difficulté d'accès et une incompréhension. Malgré les efforts fait par l'État.

FVC : Nous, on avait ce lien avec le ministre de la Culture. Il a été quand-même très très touché par le Covid-19, il faut que les gens admettent ceci, il a été très malade pendant trois ou quatre semaines. Il a été pour ce qui nous concerne présent, avec une réunion intéressante et importante organisée par Franck Riester avec l'ensemble des vice-présidentes et vice-présidents à la Culture, au travers de l'Association des Régions de France (ARF). Il a été trois heures avec nous et a détaillé l'ensemble des mesures. On a pu voir que toutes les Régions avaient été pro-actives. On partageait déjà beaucoup, avec Christian Estrosi qui préside la commission culture de l'ARF, on a cherché ensemble des idées nouvelles. Tout le monde s'est mobilisé. On n'a pas attendu forcément non plus le ministère de la Culture, grâce à la force des Régions, qui ont des réponses plus adaptées aux territoires car on connaît bien les acteurs sur nos secteurs.

Le fameux petit festival de 50 personnes

LG : Là, on pousse un gros coup de gueule. Sérieux. On avait la veille au soir des gens qui nous disent : on ne peut rien organiser cet été. On annonce nous aux organisateurs qu'ils ne pourront rien faire. Et le lundi on découvre que le ministre déclare qu'on peut organiser des petits festivals ? Sans dire ce qu'est un petit festival ? L'illisibilité la plus totale. Gros coup de colère. C'était d'un amateurisme le plus terrible. Bon, il faut aussi reconnaître que cette maladie, personne n'arrive à l'appréhender ni ne l'avait vue venir. Et la vérité du lundi n'était plus la même le lendemain, c'était complexe d'arriver à bâtir des stratégies. Pour autant, il valait mieux ne rien dire plutôt que faire des effets d'annonce comme ça et laisser espérer.

En bras de chemise

LG : L'allocution de M. Macron, je ne l'ai pas suivie en direct. Mais en différé. Je me suis dit que c'était bien que le Président de la République s'intéresse à la culture et se dise qu'il y avait un vrai problème, qu'il fallait y aller. Mais j'ai regretté qu'il ne profite pas de cette occasion pour dire : on met le paquet. Il a annoncé des choses, oui, notamment pour les intermittents… Mais j'attendais qu'il affirme une ambition aussi. Avec un montant protégeant le secteur culturel, comme ce qu'il a fait dans l'aéronautique et le tourisme. Comme si finalement la culture, 1, 5M d'emplois, dont énormément en précarité, n'avait pas d'impact financier et économique. On va le ressentir à Lyon et dans toutes les grandes villes cet été avec l'absence de festivals ! L'approche était trop limitée, surtout par rapport à d'autres secteurs. Peut-être qu'il y a une méconnaissance du sujet.

En circuit court

FVC : On a réorienté aussi des structures vers le prêt garanti par la Région. Il n'y a pas un dossier que l'on n'a pas traité dans la journée quand on nous a contacté. Nous n'avons pas encore de retour sur le nombre de PGR culture accordés par la direction de l'économie. Les libraires ont aussi un soutien maintenant, pour l'achat de Plexiglas de protection.

LG : Le montant des crédits annuels d'acquisition de la Ville, ça dépend des années : entre 200 000 et 300 000€. Le principe, c'est que l'ensemble de nos équipements culturels, y compris la délégation culture en direct, a un budget d'acquisition d'œuvres d'art. Ça comprend l'Artothèque de la bibliothèque, la Bibliothèque elle-même qui achète beaucoup d'ouvrages, les musées, les Archives et la délégation culture : l'adjoint a une enveloppe d'acquisition pour toutes les œuvres exposées dans les bâtiments de la Ville de Lyon. L'idée, cette année — c'est le nouvel exécutif qui choisira — c'était de flécher sur des galeries, des lieux, librairies et artistes uniquement à Lyon. Jusqu'à présent on était sur des dispositifs d'achat, par exemple pour nos musées, où l'on était à la recherche de la perle rare comme un Matisse à l'autre bout du monde, ou un livre très rare pour la bibliothèque acheté à un vendeur parisien. Là, on va privilégier le local : acheter des photographies aux galeries comme Le Réverbère ou le Bleu du Ciel. Pour les bouquins, privilégier tout ce qui est structure locale. Pour les autres œuvres, des galeries ou artistes lyonnais. Le Musée d'Art Contemporain pour ses expositions de rentrée a fait le choix de passer commande en direct à des artistes lyonnais en prenant en charge les coûts de production. Juste avant le confinement, je ne savais pas encore ce qui allait se passer, mais j'avais déjà fait un grand tour des galeries lyonnaises pour acheter des tableaux et photographies lyonnais.

Une fois passé le peak time

LG : On a passé beaucoup de temps à faire des entretiens au cas par cas, des comités de suivi. La Ville de Lyon sera la collectivité qui va devoir combler les trous de la raquette : il y a tellement de dispositifs mis en place, que lorsque le bilan global sera fait, on saura ce qu'il manque et la Ville devra le faire, sans doute en binôme avec la Métropole. Je ne sais pas si la Ville de Lyon sera en capacité de sauver toutes les structures, certaines étaient déjà fragiles avant la crise. Notamment des petits lieux. Mais il n'y aurait rien de plus terrible que la richesse de l'écosystème culturel lyonnais s'effondre en partie : ce serait vraiment dommage. Aussi, il faudra accompagner techniquement certains dispositifs — par exemple les Scènes Découvertes, qui ont des capacités de cinquante places, en ouvrant à un tiers ça fait quinze places, c'est pas possible — donc leur mettre à disposition une salle municipale de 200 places, garantissant une jauge rentable même si réduite. On a regardé pour la Salle Paul Garcin par exemple si c'était possible. On a regardé aussi pour que les disquaires et les libraires puissent ouvrir des terrasses extérieures comme le font les restaurants, pour agrandir leurs surfaces de vente.

FVC : On est dans la troisième phase, en lien avec la DRAC qui est sur le même périmètre que nous. On doit maintenant s'adapter par esthétique pour accompagner la relance, les nouvelles formes, pour aider à la créativité de tout ce qui va se mettre en place en s'adaptant aux conditions d'aujourd'hui. On continue d'accompagner, et on a début juillet un nouvel état des lieux prévu pour la fin de nos groupes de travail.

L'important, c'est pas la chute, c'est l'atterrissage

LG : Non, je ne sais pas encore quelle est l'ampleur des dégâts. J'ai quelques noms en tête comme le Kraspek Myzik qui est dans une situation extrêmement fragile. L'Espace 44 qui nous a alerté. La Comédie Odéon qui espère vraiment se refaire cet été dans les espaces publics. Je ne sais pas encore si c'est dix ou cinquante structures très menacées : on le saura au fil de l'été.

FVC : Je vais aller sur les festivals cet été : il y a des choses très intéressantes qui malgré tout ont réussi à se lancer.

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Sébastien Broquet | Jeudi 23 juillet 2020

Le Lyon Bière Festival annulé

Face aux incertitudes demeurant en ce qui concerne la situation de la crise sanitaire à l'automne, le Lyon Bière Festival est à son tour annulé. Déjà reporté une fois aux 31 octobre et 1er novembre, après l'impossibilité de se tenir en avril comme prévu, le rendez-vous des amateurs de bière artisanale est cette fois annulé : il n'y aura pas d'édtion 2020 et il faudra attendre 2021 pour voir le cinquième volet de ce qui est le plus grand festival de bière artisanale en France se dérouler dans des conditions adéquates. Les organisateurs, Bieronomy et l'Agence Tintamarre (liée au Petit Bulletin), ont envoyé ce communiqué : « il y a encore quelques mois nous étions contraints de décaler notre cinquième édition aux 31 octobre et 1er novembre 2020, en raison de la situation sanitaire évidente. Nous étions loin de nous imaginer nous retrouver aujourd’hui dans une situation toujours aussi incertaine. Les mesures sanitaires indispensables à appliquer dans notre quotidien et dans nos événements, impactent lourdement toute notre organisation. Cap

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Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Élections Municipales 2020 | L'outsider. Ancien adjoint à la Culture de Gérard Collomb, maire durant le passage de ce dernier au ministère de l'Intérieur, Georges Képénékian est le troisième homme, dissident de LREM non accrédité, fâché avec l'ancien édile ami, marchant désormais en tandem avec David Kimelfeld à la Métropole. Arrivé quatrième au premier tour avec 11, 98 %, n'ayant noué aucune alliance, il compte sur un sursaut de participation et un retour au centre très lyonnais pour être, en somme, l'arbitre du second tour. Attablé au Café Bellecour en compagnie de Loïc Graber, candidat dans le 7e arrondissement et son référent culture durant la campagne, l'ancien chirurgien nous décortique son programme culturel.

Sébastien Broquet | Mardi 23 juin 2020

Georges Képénékian : « quand on a un héritage, on ne le dilapide pas »

Avez-vous choisi votre adjoint ou adjointe à la Culture ? Georges Képénékian : Non. Vraiment, non. Ce n’est pas une bonne manière d’aborder une élection. Se préparer et avoir en tête comme je l’ai fait les cent premiers jours avec les grandes décisions à prendre, oui. Distribuer des postes tant que l’on n’est pas en place, ce n’est pas très bien vis-à-vis des électeurs. Je n’ai pas cette forme d’arrogance. On verra dimanche soir quels messages nous envoient les Lyonnais. Quelle composition sera pressentie pour ce conseil municipal. Quels seront les enjeux. Pour aucun des postes, je n’ai choisi ; et j’aime bien avoir cette liberté jusqu’au 28 juin au soir. Si vous êtes élu, vous allez arrivez au pouvoir face à un secteur culturel que vous connaissez très bien — puisque vous avez été vous-même adjoint à la Culture — et qui connaît une crise sans précédent. Vous avez annoncé un plan d'urgence de 10M€. GK : J’ai mené un travail que David Kimelfeld m'a commandé sur le déconfinement. On a fait un rapport en deux étapes : la première jusqu’à juin, et une seconde tranche que j’avais bien anticipé, qui couvrirait

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Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Story | On connaît bien par ici cet illustre pensionnaire du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine, musicien et activiste américain autant que citoyen du monde, installé désormais à Barcelone. Moins peut-être son projet de tournée mondiale verte mené avec sa compagne, la musicienne et artiste Nova Ruth, aux commandes du bateau-scène Arka Kinari. Lequel lui vaut, à lui et son équipage, d'errer au milieu du Pacifique avec nulle part où accoster pour cause de confinement mondial des frontières. Récit de cette ubuesque aventure nautique malheureusement toujours en cours, aux rebondissements dignes d'un roman.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 juin 2020

Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Vous pensiez avoir vécu l'aventure de votre vie en étant confiné à la campagne avec belle-maman, dans un 50m2 avec votre progéniture et les programmes de CM2 et de Seconde, ou même seul en tête à tête avec Netflix et 18 litres d'alcool ? Attendez de lire celle qu'est en train de vivre l'équipage de l'Arka Kinari, une goëlette de 1947 quelque peu pimpée en mode durable par un des fameux pensionnaires du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine et sa musicienne de compagne Nova Ruth. Depuis le mois de février, le musicien et son équipage composé de six personnes de nationalités diverses (américaine, portugaise, britannique, française, espagnole) sont "coincés" en plein milieu du Pacifique sans nulle part où accoster pour cause de lock-out mondial. La mésaventure a commencé comme une aventure tout court, plutôt très belle en plus, lorsque Grey Filastine et Nova Ruth se questionnant sur le bilan c

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Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Palais Idéal du Facteur Cheval | Comme beaucoup de responsables d’institutions culturelles, Frédéric Legros se souviendra du printemps 2020 comme d’une saison non en enfer, mais au purgatoire. Le directeur du Palais Idéal du facteur Cheval se projette néanmoins avec confiance dans l’avenir…

Vincent Raymond | Vendredi 29 mai 2020

Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Comment s’est déroulée votre réouverture ? Frédéric Legros : Pour tout vous dire, nous nous attendions à rouvrir en juin. Et au cours d’une conférence de presse, le préfet de la Drôme a annoncé qu’il invitait les musées et différentes structures du département à rouvrir au public, dont le Palais Idéal — seule structure nommément citée. On a donc accéléré le travail en cours sur le protocole de réouverture qui passait notamment par la mise en place d’une billetterie en ligne et d’un système de réservation, ce qui n’avait jamais existé au Palais. On l’avait prévu pour juin afin de gérer les flux, et au finale on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts. Mais c'était plutôt heureux d’avancer dans ce sens. D’autant que ça été vécu vraiment comme une bonne nouvelle, et un très bon signe. La semaine dernière j’ai fait une réunion en visio avec les différents partenaires de la Communauté de commune — 39 communes entre l’Ardèche et l

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Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

Cinéma | Situation ubuesque en France où, sur fond de pandémie, le principe du drive-in (voire du cinéma en plein air) se trouve menacé par la puissante Fédération Nationale des Cinémas Français. En Métropole lyonnaise, cette crise se donne même des airs de duel de western…

Vincent Raymond | Samedi 16 mai 2020

Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

C’est un bien étrange feuilleton qui se joue derrière les projecteurs. Alors que les spectateurs privés de séances se reportent depuis le début du confinement sur les offres de streaming, et que la réouverture des salles ne s’esquisse pas avant le début, voire la mi-juillet, selon les derniers échos du Ministère de la Culture et de l’ensemble de la profession, on commence à entendre parler ici ou là de drive-in. Il faut dire qu’ailleurs en Europe, ce recours à la voiture pour sortir tout en restant confiné fait florès : le Festival Art Parking de Prague a été un triomphe, quant au Danemark à l’Allemagne et à la Pologne, ils l’ont adopté pour des concerts… ou des messes. En quelques jours, les spectateurs lyonnais voient des propositions concurrentes éclore. Malheureusement, et c’est assez paradoxal, aucune ne risque de voir le jour. Indissociable du chromo nostalgique de l’Amérique des fifties — celle de l’après-guerre qui roule —, le drive-in n’est pourtant pas une nouveauté en terre lyonnaise, o

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Woodstower, évidemment, annulé

Festival | Woodstower a officialisé à son tour l'annulation de son édition 2020, après avoir pris le temps de réfléchir à un éventuel report à l'automne, au-delà de la date (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 15 mai 2020

Woodstower, évidemment, annulé

Woodstower a officialisé à son tour l'annulation de son édition 2020, après avoir pris le temps de réfléchir à un éventuel report à l'automne, au-delà de la date fatidique du 1er septembre. Mais ce report s'est révélé impossible : « ces dernières semaines, nous avons voulu y croire jusqu’au bout avec la ferveur et l’optimisme qui nous animent depuis toujours, mais les dernières directives du gouvernement interdisant les rassemblements de plus de 5000 personnes jusqu’à septembre nous contraignent à annuler le festival. Nous avions bien conscience que c’était une issue possible mais, jusque-là, nous avions envisagé toutes les hypothèses pour tenir le festival : réduire la jauge à moins de 5000 personnes, reporter le festival en septembre… mais aucune de ces possibilités n’étaient malheureusement viables. En concertation avec notre partenaire et terre d’accueil le Grand Parc Miribel Jonage, nous avons dû prendre cette triste décision : le festival Woodstower n’aura pas lieu cet été » indique l'équipe dans un communiqué envoyé ce vendredi 15 mai au matin. Les date

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Chronologie des médias vs. Covid-19 : Chronos contre Thanos

ECRANS | La fermeture des salles de cinéma en France, comme sur la quasi totalité de la planète n’est qu’un aspect (un symptôme) de la vitrification de l’industrie du 7e Art — tous les tournages s’étant stoppés. Cette mise en sommeil a des répercussions immédiates considérables…

Vincent Raymond | Mardi 31 mars 2020

Chronologie des médias vs. Covid-19 : Chronos contre Thanos

Dans Avengers : Endgame, plus gros succès au box-office mondial de l’Histoire, les mutants de Marvel triomphaient de Thanos, super-vilain ayant résolu de “rectifier“ l’Univers en sacrifiant aveuglément la moitié de son effectif. Si la létalité du Covid-19 n’atteint pas (heureusement). un aussi macabre ratio, la tentation est grande de voir dans ce fléau viral une menace aussi redoutable contre le cinéma. Contre les cinémas, et tout particulièrement en France. Pourquoi cette exception ? À cause justement de “l’exception culturelle”. L’état des choses Pour protéger son parc cinématographique de la concurrence d’abord télévisuelle, puis vidéographique (VHS, DVD…), de la location et enfin de tous les opérateurs Internet (VOD) — non seulement diffuseurs mais aussi souvent par obligation, coproducteurs de leurs contenus — la France a adopté dès 1980 une règle hiérarchique de diffusion des œuvres après leur première

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Manu Dibango est décédé

Covid-19 | Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Manu Dibango est décédé

Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de nombreux musiciens, était âgé de 86 ans. Ses proches l'ont confirmé dans un communiqué : « chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre 'Papy Groove', survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19 » Il était l'auteur d'un hit au parcours unique, Soul Makossa, passé de face B à sample de Michael Jackson dont l'histoire est retracée dans ce podcast :

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Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Covid-19 | Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 mars 2020

Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, centres hospitaliers, en leur mettant à disposition les 181 litres d’alcool neutre présents dans sa distillerie de Tarare. Les soignants qui le souhaitent peuvent récupérer cet alcool gracieusement auprès d’Alban Perret, maître-distillateur du Ninkasi en le contactant au préalable à l’adresse suivante : alban.perret@ninkasi.fr.

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Toutes les annulations et reports de spectacles à Lyon

Covid-19 | Les annulations et reports s'accumulent dans presque toutes les structures de la métropole, impactant durement tout un écosystème déjà fragile. Voici ce qui nous a été communiqué. Nous mettrons cet article à jour au fur et à mesure. (dernière mise à jour : samedi 14 mars à 18h)

La rédaction | Jeudi 12 mars 2020

Toutes les annulations et reports de spectacles à Lyon

#Update Édouard Philippe a annoncé la fermeture samedi 14 mars dès minuit de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays » : restaurants, discothèques, bars, commerces non nécessaires, etc. Musique L'Auditorium annule l’ensemble des manifestations publiques (concerts, ateliers, conférences…) prévues jusqu'au 15 avril. ➜ En savoir plus sur : bit.ly/aonlcovid19 Tous les évènements au Bellona Club sont annulés jusqu'à nouvel ordre. À la Halle Tony Garnier, plus rien ne se déroulera jusqu'au 15 avril. - Gims a été reporté au 1er juillet. - Thérapie Taxi est repoussé au 27 mai. - Patrick Bruel au 18 septembre. - M au 29 septembre. - Simple Minds et d'autres r

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Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de "Kooza"

Covid-19 | Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de

Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril 2020. Le communiqué précise que « menant des opérations partout dans le monde, le Groupe Cirque du Soleil met régulièrement à jour ses procédures et applique des mesures spécifiques à chaque région du monde et à chaque projet. Bien que cette situation résulte de circonstances indépendantes de sa volonté, le Cirque du Soleil s'excuse de tout inconvénient que cette annulation pourrait causer. L’équipe de planification des tournées du Cirque du Soleil travaille dès lors à l’élaboration de la prochaine visite d’un de nos Grands Chapiteaux à Lyon. » Tous les billets seront remboursés. Le service clientèle peut être contacté au 00 800 1 548 0000.

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Annulations et reports en cascade

Covid-19 | Le virus Covid-19 qui se répand partout dans le monde a contraint le gouvernement à limiter les rassemblements publics à 1000 personnes jusqu'au 15 avril : tour d'horizon des salles impactées.

Sébastien Broquet | Lundi 9 mars 2020

Annulations et reports en cascade

C'est un jeu de massacre qui se déroule sous nos yeux dans le secteur fragile de la culture et celui du divertissement, qui touche tout un écosystème par ricochet. L'annonce dimanche soir par le ministère de la Santé de l'interdiction des événéments réunissant plus de 1000 personnes, réduisant ainsi encore la jauge qui la semaine précédente était fixée à 5000 personnes, impacte directement nombre de structures. D'autant que contrairement au premier arrêté, cette fois aucune différenciation n'est faite entre extérieur et intérieur. Si du côté du secteur sportif, les compétitions peuvent encore se jouer à huis clos — c'est le cas par exemple du match entre l'Olympique Lyonnais et Reims ce vendredi au Parc OL — du côté du spectacle vivant, bien entendu, jouer sans public est impossible. Au Ninkasi, la jauge du Kao étant de 735 places, tout est maintenu. À L'Épicerie Moderne comme pour le programme Hors les Murs du Marché Gare, idem : les jauges sont inférieures. À l'Opéra, c'est plus compliqué : la jauge est de 1100 personnes et les représentations de Rigoletto sont compl

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Friche Lamartine, bientôt la lumière

Entretien | La Friche Lamartine, lieu de travail, de création, de résidence pour de nombreux artistes, attendait une solution de relogement depuis de longs mois. Tout s'est accéléré depuis l'été et deux sites seront finalement investis au printemps prochain, dont l'un pouvant désormais accueillir du public. Le point avec Loïc Graber, l'adjoint à la Culture de la Ville.

Sébastien Broquet | Mardi 4 décembre 2018

Friche Lamartine, bientôt la lumière

Quelle solution de relogement a été trouvée pour les artistes de la Friche Lamartine ? Loïc Graber : Historiquement, la Ville de Lyon a toujours eu un rapport particulier avec les artistes de la Friche RVI, puis celle de Lamartine. Quand ils se sont installés à Lamartine, ça a été compliqué car c’était un site plus petit et ça avait déjà donné lieu de leur part à un travail important de recomposition du noyau dur, de sélection des disciplines et des artistes accueillis sur le nouveau site. La Friche Lamartine avait été mise à disposition pour une durée provisoire, étant fléchée dès le départ pour une extension du stade Foé. Extension du stade qui devait avoir lieu il y a deux ans… C’est ça. Donc, nous avons pris l’engagement à ce moment-là de ne pas mettre les artistes à la rue, de par cette histoire remontant à RVI, mais encore fallait-il trouver une solution de relogement. Il s’avère que le patrimoine immobilier de Lyon est en train de se réduire comme peau de chagrin, en particulier sur les grands espaces un peu bruts de décoffrage. C’est à dire d’un espace qu’ils pourraient investir et transformer à leur guise : on en

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Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Tomorrowland | Alors qu'une nouvelle tribune, initiée cette fois par les grands festivals de musiques électroniques de tout le pays, demande aux élus d'être plus attentifs à l'écosystème français, Florence Verney-Carron, vice-présidente à la culture de la Région, a tenu à s'exprimer au sujet de la fronde des acteurs culturels locaux face à la subvention accordée au festival belge Tomorrowland.

Sébastien Broquet | Mardi 3 avril 2018

Florence Verney-Carron : « Je ne pense pas que Tomorrowland provoque un déséquilibre »

Au tour des festivals de musiques électroniques de l'ensemble du pays de réagir à l'arrivée de Tomorrowland à l'Alpe d'Huez. Une tribune est parue via le magazine Trax, signée par tous les grands acteurs de la techno et de ses dérivés, parmi lesquels Nuits sonores, Weather Festival, Astropolis, Positive Education à Saint-Étienne, Tapage Nocturne et bien sûr Holocène, directement impacté puisque se déroulant à Grenoble à la même période que l'événement hivernal de la franchise belge. « Si nous voulons faire face à l'hégémonie des multinationales du divertissement qui s'implantent en France et se livrent une guerre à coups de millions d'euros, et préserver notre patrimoine culturel, il serait judicieux que les institutions, au-delà de leurs engagements verbaux, soutiennent le développement de nos acteurs des musiques électroniques qui travaillent d’arrache-pied à créer de la valeur et n’ont pas pour seul objectif le profit et la sati

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Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Tribune Libre | Le vendredi 9 mars, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et son président Laurent Wauquiez ont annoncé fièrement que Tomorrowland, l'un des plus gros festivals du monde basé à Anvers, installerait du 13 au 15 mars 2019 une édition hivernale à l'Alpe d'Huez (Isère). Et ce avec 400 000 euros de subvention. Une décision politique à laquelle ont souhaité réagir de nombreux acteurs culturels régionaux évoluant dans les musiques actuelles par la tribune que voici.

La rédaction | Vendredi 16 mars 2018

Tomorrowland : les acteurs de la culture en Auvergne-Rhône-Alpes interpellent les élus du conseil régional

Nous, acteurs culturels étiquetés "musiques actuelles" de la région Auvergne-Rhône-Alpes, tenons à réagir au communiqué de presse annonçant l’accueil de la première édition du Tomorrowland Winter 2019 à l’Alpe d’Huez, ainsi que la participation financière de la Région à ce projet, pour un montant de 400 000 €. Face aux difficultés rencontrées par un nombre croissant de structures de notre secteur depuis quelques années, nous sommes stupéfaits par cette annonce. Nombre d’équipes ont en effet vu diminuer voire disparaître leurs financements régionaux (essentiellement via la suppression des financements liés aux contrats de développement durable Rhône-Alpes), impactant leur activité, lorsque cela ne l’a pas stoppé net. Les conséquences économiques et culturelles sont lourdes, mais la Région n’a jusqu’alors pas réagi aux conséquences de ses décisions. Nous participons au rayonnement de notre région Parallèlement, nous voyons fleurir la communication autour de la « préférence régionale » partout sur no

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Les nuits raccourcies du Sonic

Politique Culturelle | Au Sonic, on ne navigue toujours pas en eaux calmes : l'autorisation d'ouverture tardive a été momentanément retirée au bateau rock. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 12 décembre 2017

Les nuits raccourcies du Sonic

Le Sonic a encore défrayé la chronique ces derniers jours. L'autorisation de nuit de la péniche la plus rock de la ville, à la programmation impeccable, lui a en effet été retirée suite à un avis défavorable des services de l'écologie urbaine de la Ville de Lyon. Coup dur : si les concerts en début de soirée attirent du monde, c'est surtout l'activité clubbing de nuit qui permet de faire tourner le lieu (représentant 65% de l'économie de la salle selon ses responsables). Comme de coutume, les réseaux sociaux ont été prompts à s'indigner. Et un concert de soutien est organisé ce vendredi 15 décembre, avec Abschaum et Pratos, fleurons de la scène locale. Stéphane Bony, le directeur du Sonic, nous confirme les faits : « Nous avons reçu un courrier des services de l'écologie urbaine : on nous reproche un non respect de la législation actuelle sur le niveau sonore des concerts. Nous devons aussi recalibrer notre limiteur, qui était devenu obsolète. C'est en cours. » Le limiteur en question enregistre à la fois le niveau sonore et l'amplitude horaire de l'activité. Il avait déjà été la cause de préc

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Des châteaux et une coupe franche

Politique Culturelle | Un conseiller de l'ombre, des châteaux régionaux mis en lumière et une subvention revue à la baisse pour l'Opéra de Lyon : dernières nouvelles du front culturel à la Région.

Sébastien Broquet | Mardi 7 novembre 2017

Des châteaux et une coupe franche

D'abord, le Musée des Tissus, sauvé pour la com' mais pas vraiment dans les faits. Ensuite, la présentation du livre blanc pour une politique culturelle régionale, manquant de réelles propositions (d'ailleurs, Laurent Wauquiez ne s'est pas déplacé et a laissé sa vice-présidente Florence Verney-Carron s'en charger). Et dans la foulée, retour de Laurent Wauquiez en personne pour dévoiler devant la presse sa nouvelle marotte : un focus sur les 50 sites régionaux qui font l'Histoire de France. Ou, vu autrement, une plongée dans la grande querelle actuelle de l'Histoire. M. Wauquiez a tranché, pour lui l'Histoire c'est le retour à Ernest Lavisse et son enseignement doit se conformer à un grand roman national au parfum identitaire, tel qu'une partie de la droite et de l'extrême-droite l'entendent : « Qu’est-ce que notre histoire ? S’interroger sur nos origines, notre identité, sur les moments qui ont fait la France et les lieux qui en incarnent son passé est devenu pour certains une transgression, presque un interdit. Cela doit cesser. » On s'étonne ainsi moins du soutien appuyé de Stéphane Bern au sujet de Mus

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La Région dévoile son livre blanc

Politique Culturelle | Après 22 mois, la Région a enfin fini de rencontrer les acteurs culturels et élaboré un "livre blanc" pour réfléchir aux orientations que compte suivre Laurent Wauquiez durant sa mandature.

Sébastien Broquet | Mardi 17 octobre 2017

La Région dévoile son livre blanc

Quand Laurent Wauquiez tweetait le 9 octobre dernier au sujet du Musée des Tissus que « la culture et le patrimoine ne peuvent pas uniquement se résumer à des frais et à des coûts », l'on ne pensait pas que les chiffres étaient à ce point occultés dès lors que l'on parlait de ce sujet à la Région. Car lors de la présentation le jeudi 12 octobre du "Livre blanc pour la construction d'un projet culturel régional", il fût bien difficile pour les journalistes présents face à Florence Verney-Carron, la vice-présidente à la Culture, et Anita Weber, vice-président de l'Observatoire des Politiques Culturelles qui était en charge de cette étude menée ces derniers mois, d'obtenir des précisions sur les 60M€ de budget alloués cette année au secteur (le même qu'en 2016, en baisse par rapport à la mandature socialiste). Comment sont répartis les arbitrages, au profit de quel secteur, de quel territoire ? Combien a coûté cette étude ? Ce fût longtemps le grand flou derrière les bonnes intentions, même si l'on apprendra finalement que le prix de l'étude est intégré à la subvention versée à l'Observatoire et que le budget cul

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Loïc Graber : l'inconnu

Portrait | Nouvel adjoint en charge de la Culture de la Ville de Lyon, Loïc Graber est le nom que l'on n'attendait pas pour ce poste. Dans un milieu culturel qui ne le connaissait que peu, il commence à se faire un nom.

Sébastien Broquet | Mardi 10 octobre 2017

Loïc Graber : l'inconnu

Son nom a surgi à nos oreilles lors d'une soirée, le 13 juillet dernier : sa nomination venait d'être actée dans les salons de l'Hôtel de Ville, Loïc Graber serait le prochain adjoint à la Culture de Georges Képénékian, le nouvel édile de Lyon. Avant l'officialisation, nous avions tenté de sonder ceux qui font la culture ici : la plupart ne connaissaient pas son nom. Un directeur de festival nous chuchota que vu les autres idées qui circulaient, « ce serait plutôt une bonne chose. » Les jours suivants, une question se faufila dans les conversations : pourquoi lui, cet élu du 7e si discret, que personne ne semblait avoir croisé jusque-là dans une salle de spectacle ? Il faut dire que dans son arrondissement, pour émerger sur la culture, c'est le parcours du combattant : Myriam Picot, la maire, est elle-même en charge de cette délégation à la Métropole et fût pressentie pour le poste. Comme Jean-Yves Sécheresse, passionné, qui est resté à la Sécurité. Et Romain Blachier, qui a en charge la culture de l'arrondissement, est omniprésent sur les réseaux sociaux comme dans les salles de concerts. Mais c'est bien Loïc Graber qui s'est empar

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Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

Politique Culturelle | Florence Verney-Carron, vice-présidente à la Culture, va dévoiler ce jeudi le programme culturel voulu par la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Sébastien Broquet | Mercredi 30 août 2017

Florence Verney-Carron va dévoiler sa feuille de route pour la culture

[Mise à jour : un communiqué de presse de la Région ce mercredi à 17h nous informe que la conférence de presse de Florence Verney-Carron prévue jeudi matin est repoussée à une date ultérieure, non communiquée, « en raison d’un contretemps de dernière minute. »] La Région Auvergne-Rhône-Alpes et la culture, c'est un long fleuve pas tranquille du tout depuis l'élection de Laurent Wauquiez. L'absence de dialogue lors des premiers mois, les coupes franches dans les associations (par exemple, les festivals de cinéma LGBT) sans explication, les soupçons de clientélisme avec l'augmentation des subventions pour les festivals des villes aux maires amis du président (Vienne, Chambéry) ont instillé le doute, voir

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Loïc Graber à la culture

Mairie de Lyon | Loïc Graber est nommé adjoint à la culture de Georges Képénékian, en remplacement de ce dernier.

Sébastien Broquet | Mardi 18 juillet 2017

Loïc Graber à la culture

La décision était prise depuis jeudi dernier : c'est bien Loïc Graber qui est nommé adjoint à la culture de la Ville de Lyon, prenant ainsi la succession à ce poste emblématique du tout nouveau maire fraîchement élu cette semaine, Georges Képénékian. Sa promotion dans le rang des adjoints (de 21e et bon dernier, à 7e) le laissait augurer dès lundi soir. Après avoir sondé plusieurs possibilités, dont celle de nommer un transfuge venu de la droite (Emmanuel Hamelin a été souvent cité, ce qui inquiétait le petit monde de la culture lyonnaise) ou le respecté Jean-Yves Sécheresse, c'est donc l'ancien adjoint à la démocratie participative, élu dans le 7e arrondissement, qui hérite de la fonction, un peu par surprise : il n'a que peu œuvré jusque-là dans ce domaine. Le 7e est décidément pourvoyeur d'élus à la culture : la maire Myriam Picot est elle-même en charge de la culture à la Métropole, et Romain Blachier reste l'adjoint à la culture de l'arrondissement.

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Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

Politique Culturelle | Ça coince. Depuis le changement d’exécutif à la tête de la Région en décembre, aucune ligne claire concernant la culture n'a été édictée. Pire : les budgets sont rabotés voire réduits à néant sans concertation. Le milieu culturel s'échauffe.

Nadja Pobel | Mardi 6 septembre 2016

Le discours et la méthode : un point sur la politique culturelle en Rhône Alpes

La culture n'est pas une compétence obligatoire des Régions. Les lycées, la formation professionnelle et les transports régionaux sont bien évidemment des priorités (l'A45 aussi, manifestement). D'où, certainement, le fait que le Plateau, un espace dédié à l'art contemporain, soit aujourd'hui vide ; et que lors de sa conférence de presse sur le budget ce printemps, Laurent Wauquiez ait appris par notre question que la Région était présente au festival d'Avignon via la location d'une péniche où des débats devaient être organisés : location aussitôt annulée. Voilà pour la méthode : trancher dans le vif en une minute. Exit les commissions d'experts (bénévoles) chargés d'étudier des dossiers très complets de demande de subventions à l'attention des élus. Pourquoi ce système a disparu ? La vice-présidente en charge de la Culture, Florence Verney-Carron nous explique : « C'était un problème de délai sur ce budget : nous n'aurions pas pu réunir les commissions dans les temps. Mais tout a été étudié de très près par nos services et la direction de la culture. Pour l'avenir, nous all

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La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

ACTUS | C’est la compétence sur laquelle une gouvernance de droite est souvent soupçonnée des moins bonnes intentions et, par conséquent, sur laquelle elle n’a pas envie de se vautrer. En matière culturelle, Laurent Wauquiez entretient pour le moment un brouillard épais, promettant de le dissiper d’ici cet été.

Dalya Daoud / Rue89Lyon | Mardi 28 juin 2016

La culture, ce caillou dans la chaussure de Laurent Wauquiez

Avec Rue89Lyon C’est un chiffre quasi officiel qui circule : on estime que la baisse prévue dans le budget dédié à la culture en Auvergne-Rhône-Alpes s’approche de 10%. L’explication générale, on la connaît : la Région se met à la diète et tous les domaines de compétences seront touchés (75 millions d’euros d’économies cette année, et 300 millions d’euros à la fin du mandat). Mais les premières décisions de l’exécutif concernant la culture n’ont pour autant pas toujours été comprises. Si Laurent Wauquiez n’a de cesse de fustiger son prédécesseur socialiste, parfois à raison, il sait que Jean-Jack Queyranne a été apprécié dans le milieu culturel où il a su mener sa barque, reconnu comme un amoureux des arts. Pour l’heure, les nouveaux locataires de la Confluence semblent quant à eux naviguer à vue. Une augmentation de subventions par ici, une coupe par là : les décisions tombent sans explication. Où est Florence ? Florence Verney-Carron, vice-présidente en charge de la Culture, a pris le parti de se taire. Aucune déclaration publ

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Florence Verney-Carron : "Il faut dialoguer avec les artistes"

Florence Verney-Carron | Depuis l'élection de Laurent Wauquiez à la tête de la Région en décembre dernier, le monde de la culture s'est inquiété, parfois offusqué, au minimum s'est posé des questions : d'une déclaration pour le moins malheureuse de son président sur les formations de clowns en pleine campagne, jusqu'au traitement du dossier de la Villa Gillet, c'est peu dire que la vice-présidente en charge de la Culture est attendue. Florence Verney-Carron s'exprime ici pour la première fois sur l'ensemble de ces sujets.

Sébastien Broquet | Mardi 26 avril 2016

Florence Verney-Carron :

En janvier, après l'élection, vous demandiez du temps avant de dévoiler votre feuille de route concernant la culture. Aujourd’hui, pouvez-vous nous dire quels sont les points qui vont être privilégiés ? C’est la première fois qu'une élection se déroulait en décembre. C’était très compliqué de nous atteler à ce budget 2016 en si peu de temps. Durant ces trois premiers mois, j’ai analysé pas mal de choses. On avait un certains nombre de principes, déjà évoqués par Laurent Wauquiez durant la campagne, notamment deux points très forts : d'abord, accompagner évidemment les créateurs culturels de premier plan. Ensuite, encourager l’émergence ; ce qui est l’essentiel pour une collectivité publique. Ça nous a amené à tracer deux grands points de notre politique culturelle : avoir une offre de qualité partout, même dans les endroits les plus reculés du territoire et y apporter beaucoup d’attention : ce peut-être une librairie, un festival, un cinéma. Le second point, ce sera de respecter et d’encourager tous les lieux de création. Ce qui est important pour nous, puisque nous arrivons au moment de la fusion des régions, c'est aussi de faire la conver

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