Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Photo : Nuits sonores © Brice Robert / Nuits sonores


C'est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d'ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n'était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser un troisième à la Halle Tony Garnier en juin comme le veut la municipalité lyonnaise, si ce n'est pour faire de la communication politique et montrer au public qu'on ne reste pas les bras croisés ?).

Roselyne Bachelot a donc reçu jeudi 18 février plusieurs organisateurs de festivals. Et a continué son jeu d'actrice de moins en moins crédible : oui, les festivals d'été auront lieu, mais… De passage à Lyon quelques jours plus tard pour les Victoires de la Musique Classique, elle n'a vu aucun organisateur de festival de musique. Ni eu le moindre mot pour eux. La ministre, comme son prédécesseur Franck Riester, ne sait visiblement pas à quoi ressemble et comment se monte la grande majorité des festivals d'été, quand elle dit qu'ils pourront se tenir avec une jauge de 5000 personnes assises. Et pour l'instant, de surcroît, sans bar ni restauration, cruciaux pour équilibrer les budgets de nombre d'événements — on ne parle même pas de la convivialité. Et quid des campings ? C'est, encore une fois, un oxymore qui nous est asséné par le ministère de la Culture, un refus de prendre ses responsabilités : on dit sur les plateaux TV et dans les matinales des radios : « allez-y, c'est possible avec ces règles », alors que dans la réalité, ces mêmes règles imposent de fait l'annulation de la grande majorité des festivals. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture à Lyon, s'est aussi bien imprudemment avancée en déclarant le 19 février sur BFM Lyon : « c'est une bonne nouvelle pour les Nuits de Fourvière. Et sur la ville de Lyon, non, il n'y aura pas d'annulations de festivals. » Intérieur Queer, festival 100% lyonnais porté par Plusbellelanuit et Arty Farty, est d'ores et déjà annulé. L'adjointe nous a ensuite précisé : « oui, tout un aspect des festivals est passé sous silence par la ministre. Certains ne rentrent pas dans ces mesures, exclure le debout c'est exclure les musiques actuelles, comme chez nous Nuits sonores. Il faut que l'on regarde : comment la Ville peut les accompagner ? Tout un pan de l'activité culturelle est ignoré par le gouvernement. Et plus largement la jeunesse. Est-ce un modèle de culture qui ne correspond pas à ce que veut ce gouvernement ou bien est-ce un véritable impératif sanitaire ? » La Ville de Lyon se tient prête à aider dit-elle : « le reliquat du fonds d'urgence peut aller sur les festivals. C'est la volonté du maire, Grégory Doucet, de les accompagner. »

Rappelons-le : non, un concert ou un festival en live-stream n'est pas un festival. C'est juste une émission de télévision. Souvent très peu regardée. Plus l'horloge tourne — aucune date de début ou de fin de ces mesures n'a été communiquée —, plus il sera impossible pour les festivals d'été de se retourner même si la situation sanitaire évolue positivement : une programmation d'ampleur ne se façonne pas en quelques jours. Alors, oui, Avignon en théâtre, les festivals de musique classique pourront se tenir ainsi — « il va nous rester les festivals municipaux ou classiques » nous dit Claire Henocque, patronne de Tour Makers qui gère les tournées de Obi ou Java. Mais pour les autres...

Car il faudra aussi jongler avec les tournées annulées : un headliner ne prend pas la route avec un planning en forme de gruyère. Ceux qui devaient jouer à Glastonbury ou Hellfest risquent fort de se dire qu'il est plus raisonnable d'attendre l'année suivante. Et donc de planter d'autres festivals qui comptaient sur eux. C'est déjà en cours : Thom Yorke, qui devait passer par Fourvière, a annulé toute sa tournée. Céline Dion a fait de même. Damon Albarn aussi. Des gros tourneurs confient n'avoir plus aucun artiste anglo-saxon à leur catalogue pour l'été.

De plus, aux États-Unis comme en Angleterre, locomotives du marché de la musique, nombre de petits producteurs, tourneurs et artistes sont aujourd'hui exsangues, ne bénéficiant pas du régime d'intermittent du spectacle ou d'aide de l'État telle que le chômage partiel, comme en France. Combien ne sont plus en état d'organiser une tournée aujourd'hui pour cause de difficulté financière ? Si les petits sont à terre et que les gros du style Live Nation prennent le temps d'attendre un an, qui restera-t-il sur les affiches des festivals français en 2021 ? Des artistes locaux, au mieux. D'autant plus qu'un énième problème peut bloquer : la quarantaine dans certains pays (difficile d'imaginer Gorillaz patienter sept jours dans un hôtel avant de pouvoir passer dans un pays voisin — cette tournée serait d'ailleurs déjà annulée nous dit-on), voire même certaines frontières fermées provisoirement en cas de flambée d'épidémie dans un point du globe. Encore ? Les restrictions d'entrées sur le territoire Shengen : des tourneurs nous confient leurs grandes difficultés pour obtenir l'autorisation pour des artistes étrangers, le ministère de l'Intérieur retoquant nombre de dossiers. « Sans compter pour les tourneurs le risque pris, en cas d'annulations de festivals au dernier moment... Et Bachelot ne donne aucune date de reprise des festivals. La dernière deadline pour les festivals de juillet, c'est fin mars : sans mesures très claires sur le sanitaire et le financier, ce sera trop tard » précise Claire Henocque.

S'ajoute à cela — oui, encore — le problème du Brexit : entre les visas et les coûts des artistes (frais de douane, de dossiers, etc.) en augmentation, les festivals déjà en difficulté (plombés par les annulations de 2020 et précédemment par les frais de sécurité de la circulaire de Gérard Collomb) risquent fort d'avoir des soucis pour boucler leurs budgets. Car pour les téméraires qui se lanceront malgré tout dans l'aventure d'une édition 2021 s'ajouteront les frais pour faire respecter les protocoles sanitaires : barrières, plexigas ou encore agents de sécurité et d'accueil. Et au vu de l'ambiance actuelle, on attend avec impatience le premier débarquement de forces de police (la loi sécurité globale qui passe en mars au Sénat le permettrait) sur un site de festival pour contrôler que la jeunesse porte bien son masque, reste sagement assise et ne consomme surtout pas d'alcool en cachette si les bars sont encore fermés. Qui veut d'un festival sous cette forme ? Personne. Vincent Carry enfonce le clou du cercueil : « quel est le dispositif répressif par rapport à tout ça ? Sur les règles sanitaires, qui est responsable de quoi ? Si tout le monde descend dans la fosse d'un festival en amphithéâtre à 22h12, ça va se passer comment ? Si un cluster est identifié sur un festival assis, qui est responsable ? »

C'est Éric Fillion, de chez Médiatone, qui résume le mieux l'ambiance générale : « sur les neuf premiers mois de la crise, j'étais résilient, j'étais optimiste. Là, très près du premier anniversaire, on a pris un gros coup au moral. C'est très dur en ce moment : le moral est vraiment au plus bas. »

Tour d'horizon des festivals​ lyonnais

Chants de Mars : annulé, mais présent sur le Net

La communication du festival insiste sur le fait qu'il n'est pas annulé : « les Chants de Mars 2021 aura bien lieu du 17 au 27 mars, sous des formes inédites et adaptées au contexte. » Bon, dans les faits, c'est annulé et remplacé par plusieurs opérations sur Internet : un clip avec Ma Pauvre Lucette diffusé le 24 mars, ou encore "Les 24h du mot" — « un challenge créatif avec À Thou Bout d'Chant qui fera l'objet d'une captation et d'une retransmission en ligne le vendredi 26 mars. » D'autres alternatives seront annoncées dans les jours qui viennent.

Transfer : reporté à septembre (ou plutôt à 2022)

Ce merveilleux petit festival consacré au rock indie est dans le dur : évidemment, il ne peut se dérouler mi-mars comme prévu. Pour l'instant, il est reporté du 23 au 25 septembre 2021, avec la même programmation, incluant Shame. Mais des dates avec les artistes en question sont d'ores et déjà optionnées pour mars 2022, au cas où il soit nécessaire là encore d'annuler 2021. Ce qui semble le plus probable : « on est déjà en train de se dire qu'il n'y aura pas de Transfer en 2021. Mais nous n'avons pas de certitudes sur la programmation en 2022 : un manager peut vouloir changer la stratégie pour son groupe, surtout sur cette esthétique — c'est dans un an » nous explique Éric Fillion, co-producteur avec sa structure Médiatone de l'événement, en partenariat avec Loud Booking de Malick Fadika.

Reperkusound : en live-stream sur une seule soirée

C'était le premier à annuler l'an dernier. Le domino initial, qui allait enclencher une prise de conscience collective débouchant sur l'Appel des Indépendants. Et là encore, c'est l'incertitude. Éric Fillion de Médiatone, qui porte ce festival prisé de la jeunesse lyonnaise : « très tôt, on a compris qu'il fallait proposer une version light, assise, masquée. En passant du Double Mixte au Transbordeur, mais en gardant les mêmes dates : on voulait éviter l'embouteillage d'events en se déplaçant sur le calendrier. On a annoncé que peu de choses au public, volontairement, pour ne pas trop s'avancer. On a longtemps espéré pouvoir accueillir 470 personnes au Transbo avec neuf artistes comme Suzane, Salut c'est Cool ou Worakls... Avec un live-streaming un peu novateur, interactif, avec un présentateur. Et là, nous sommes en pleine incertitude : ça va être très compliqué d''espérer accuellir du public en avril, pour le live-stream nous n'avons pas les aides nécessaires — le fonds de diffusion alternative ne permet de financer que 50% du projet (la réponse du CNM nous sera donnée le 11 mars), mais il nous faudrait les 100%. Nous discutons avec des chaînes de télévision ou CultureBox pour avoir le complément. Et trois têtes d'affiche nous ont déjà dit qu'elles voulaient bien s'adapter au public assis, mais qu'elles ne se déplaceraient pas si c'était uniquement du live-stream. » Il est quasi acté à l'heure actuelle que Reperkusound sera réduit à une seule soirée en live-stream. Sans public.

European Lab : maintenu en juin

Selon nos informations, Arty Farty devrait bientôt annoncer le maintien de l'European Lab sur la première semaine de juin, décorrelé de Nuits sonores. Avec un contenu hybride mêlant visioconférence, présentiel et contenus média. Programmation à venir.

Nuits sonores : l'automne dans le viseur

Le festival de musiques électroniques n'aura pas lieu à ses dates habituelles, c'est la seule certitude pour l'instant. Plusieurs scénarii sont à l'étude et la décision sera prise le 31 mars. Nuits sonores pourrait se dérouler durant l'été ou bien à l'automne. Vincent Carry, le directeur d'Arty Farty, nous explique « qu'il n'a pas assez d'éléments concrets sur le dispositif Bachelot pour prendre une décision et lancer un geste Nuits sonores sur l'été. Il nous manque des informations sur les bars, sur la période. Et une autre info capitale : le mécanisme du fonds de compensation des jauges par le CNM. On discute avec le cabinet de la ministre, avec la Ville et avec le CNM pour en savoir plus. » Si l'équipe décide de faire l'impasse sur l'été à cause du flou des annonces du ministère, alors ce sera décalé au début de l'automne. « On se laisse un mois pour prendre la décision. Il y a trois enjeux : l'impact économique, bien sûr, ne pas faire d'édition nous mettrait en grand danger. L'impact social, pour les équipes, pour qui c'est très dur en ce moment. Et le troisième enjeu est le public : si on passe encore notre tour, ça fera trois ans sans festival : c'est de la folie ! Ce sont les trois difficultés que l'on veut éviter, c'est pour ça que l'on veut faire une édition cette année. » L'atout Nuits sonores réside dans son format très adaptable et par sa non-dépendance aux têtes d'affiches internationales et aux grosses tournées : ce festival peut se métamorphoser plus vite que d'autres et peut se permettre de prendre encore un peu de temps avant de décider. « Les équipes artistiques viennent de se remobiliser pour prendre la température du côté des artistes » nous précise le directeur.

Nuits de Fourvière : ok, mais avec quelle prog' ?

Après les annonces de la ministre, on a lu et entendu un peu partout : « c'est bon pour Fourvière ». En réalité, c'est bien plus complexe que ça. Dominique Delorme, le directeur des Nuits de Fourvière, détaille : « on garde le festival sur les mêmes dates, du 27 mai au 31 juillet. Nous sommes associés sur cette édition avec la Biennale de la Danse. On va presque tout recentrer sur le grand amphithéâtre, où nous avons une jauge normale de 3200 personnes assises (plus de 4000 en debout). En respectant la distanciation, nous serons à 2000 places assises. Soit 50% de moins que pour une jauge pleine debout. Or, le budget de Nuits de Fourvière repose à 70% sur les recettes. Il faut donc que l'on recombine une économie, tout en mettant en place les mesures sanitaires pour gérer les files d'attente, les agents de sécurité supplémentaires... Ce qui va engager un surcoût. » Voilà pour l'aspect économique. Avec au moins une bonne nouvelle : « les mécènes et les sponsors sont les amis du festival, il faut les saluer. Ils sont tous au rendez-vous, ils nous soutiennent tous dans cette période difficile. LDLC, qui œuvre dans l'électronique et a bien vécu cette période, a même augmenté son soutien. »

Côté artistique, il va falloir faire avec les annulations de nombreuses tournées, en particulier des stars anglo-saxonnes. « C'est un grand mercato, l'artistique, entre ceux qui annulent, ceux qui reportent, ceux qui changent de modèle... Les tournées qui s'annulent en conséquence. D'habitude, les tournées des artistes se montent pour qu'il y ait le moins de jours off possibles. Et en cas d'annulation d'une date, les assurances prennent en charge le déficit du tourneur. Là, les assureurs ne veulent plus le faire... On réorganise. On travaille dans le cadre donné par la ministre. Et on communiquera la programmation bientôt, quand tout sera bien réorganisé. » Thom Yorke a déjà annulé.

Reste à savoir combien de places seront en vente pour le grand public et à quel tarif : sur une si petite jauge, elle vont s'arracher encore plus que d'habitude. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, nous a précisé : « sur Nuits de Fourvière, il faut que l'on regarde : nous allons accompagner. Et il faut que la Métropole soit au rendez-vous. »

Felyn Festival : probablement annulé

Normalement, le Felyn Festival est programmé les 18 et 19 juin au Parc OL. Normalement. Ce devrait être la première édition d'un festival qui devait être créé l'an dernier, fruit de l'association entre l'OL et Olympia Production (émanation de Vivendi). Et si personne ne communique officiellement pour l'instant, on se dirige tout droit vers l'annulation : conçu économiquement pour le gigantisme et les milliers de personnes, le Felyn ne peut se contenter d'une jauge à 5000 personnes assises pour accueillir les Red Hot Chili Peppers et The Hives, qui vont probablement annuler leurs tournées. Black Eyed Peas devait ainsi jouer la même semaine à Solidays et à Garorock, tous deux annulés : ils ne viendront probablement pas en Europe et au Felyn cet été. Donc, ce n'est pas officiel, mais on voit mal comment ce festival pourrait avoir lieu cette année.

Fête de la Musique à Lyon : annulation du boulevard électro

« L'appel à projets à été lancé tout de même : je ne veux pas qu'il n'y ait rien ! » nous dit Nathalie Perrin-Gilbert, l'adjointe à la Culture. « On va abandonner pour cette année le boulevard électro, dans le 7e, qui a une jauge de 13 000 personnes. On sera sur des formes plus modestes. Avec une partie en streaming : on regarde pour des partenariats sur ce point, peut-être aussi avec des radios locales. L'idée, c'est que si c'est difficile de monter des scènes, on puisse quand-même diffuser de la musique dans toute la ville, avoir malgré tout une scène par arrondissement. »

Jazz à Vienne : maintenu, mais tout n'est pas si facile

Là encore, on pourrait penser que la jauge à 5700 personnes assises favoriserait le festival de jazz de Vienne qui se déroule dans un amphithéâtre romain. Ce n'est pas totalement faux : du jazz, ça s'écoute très bien assis et en plein air. Ce n'est pourtant pas si vrai. Benjamin Tanguy, programmateur : « la prise de parole de la ministre, la définition d'un cadre, tout le monde l'attendait. Mais... il reste beaucoup de flou. On ne connaît pas la mesure de la distanciation sociale : un mètre ou deux ? Le rang devant doit-il être vide ? On se retrouve encore une fois seuls face à nous-mêmes, comme ces derniers mois. »

À Vienne, la jauge est de 7500 personnes au total, 5700 si tout le monde est assis. « a priori, on pourrait donc accueillir 4000 personnes avec la distanciation, mais ce n'est pas encore acté. » Reste le problème des artistes : qui sera en tournée ? « Depuis le vendredi suivant la prise de parole de la ministre, tous les tourneurs m'appellent : le festival est-il maintenu ? Est-ce que vous maintenez le montant des cachets ? J'ai très peur pour les grosses tournées, qui risquent de toutes s'annuler. Plusieurs seront repoussées à 2022, d'autres vont remonter leur planning. Pour l'instant, on entend beaucoup les festivals, les agents. Mais les artistes sont assez silencieux. »

Avec le risque que dépourvu de headliners, les festivals soient contraints d'annuler même avec une jauge respectée. « On va être très déshabillés dans nos programmations, et si ça continue on ne pourra pas faire de festival. Les locaux, ok, ils sont prêts à jouer. Mais les têtes d'affiches ne se positionnent pas pour l'instant : on essaye de les persuader d'adapter leur formule, par exemple en piano / voix, de baisser leurs cachets, d'être solidaires. »

Concrètement, quels artistes à Jazz à Vienne ? « Avant la prise de parole de la ministre, 80% de la programmation était faite. Là, je suis moins serein. J'ai peur pour les Américains âgés, les tournées importantes. Je reprends tout le programme, différemment, avec des artistes dont je suis sûr. On voudrait pouvoir tout annoncer fin mars / début avril. » Pour l'instant, les noms annoncés en décembre dernier ne sont pas déprogrammés : Salif Keita, Jamie Cullum, Keziah Jones, Avishai Cohen, Julia Sarr...

Reste les scènes annexes : à Cybèle et les afters, « tout est remis en question. Et puis on essaye de rebâtir un budget — mais les responsables billetterie ne peuvent pas faire d'estimation pour l'instant. Et l'équilibre budgétaire se fait aussi chez nous avec les grosses tournées du type M. Pokora, qui passent à l'amphithéâtre après le festival, et tout ça j'ai très peur que ça s'annule. »

Les Invites : reporté à septembre

Repoussé, sagement, du 16 au 18 septembre, le festival d'arts de la rue de Villeurbanne se donne une chance d'exister presque normalement.

Plane'R Fest : pas encore annulé, mais...

« 5000 personnes assises, pas de buvette : c'est pas vraiment adapté à un métalleux » lâche désabusé Éric Fillion, de Médiatone qui organise le festival à Montcul pour le compte de la commune de Colombier Saugnieu. Deux groupes américains ont d'ores et déjà annulé leur tournée européenne et donc leur date au Plane'R Fest. « Mais de toute manière, maintenant c'est moi qui contacte les autres artistes pour voir la possibilité d'un report à 2022 : à 95%, on va vers une annulation. »

Authentiks : a priori, c'est ok

« Si Jazz à Vienne se maintient avec une jauge adaptée, on devrait pouvoir faire les Authentiks de la même manière » nous explique Éric Fillion, qui co-programme ce festival se déroulant à la fin du festival de jazz, dans l'amphithéâtre romain de Vienne, fin juillet pour le compte de Locomysic, dirigée par Régis-Olivier Garnon, association qui a créé l'événément et continue de le porter. C'est donc pour l'instant maintenu, avec l'idée de travailler sur une jauge de 4000 personnes assises au lieu des 7500 que peut accueillir le lieu habituellement. « C'est peut-être notre seul espoir pour cette saison... »

Sylak Festival : annulé

Le festival de métal qui se déroule dans l'Ain a rendu les armes, comme le Hellfest son esprit même est totalement incompatible avec les normes en vigueur. Et l'annulation du Hellfest annule de fait les tournées de plusieurs groupes de métal. « On aurait aimé pouvoir dire qu'on va s'adapter (porter un masque, demander un test...) mais l'idée d'un Sylak assis (et sûrement sans buvette, stands, camping... ) nous paraît bien trop triste en plus d'être techniquement irréalisable sur le site actuel. Les très nombreuses incertitudes concernant l'ouverture des frontières (même européennes !), la situation sanitaire, et beaucoup d'autres paramètres nous confortent dans cette décision douloureuse » est-il ainsi communiqué sur la page Facebook du festival.

Tout l'monde dehors : budget augmenté

Tout l'monde dehors, pur produit de l'ère Collomb, est reconduit par la nouvelle municipalité, avec le même concept, le même nom. Du moins pour l'instant : ça va évoluer en cours de mandat. En 2020, ce (faux) festival fourre-tout, voulu pour dynamiser les mois d'été à Lyon où autrefois plus rien ne se passait en dehors des Nuits de Fourvière — c'est moins le cas maintenant — avait permis de faire revivre quelques formes de culture dans cette année sinistrée. Le budget a été augmenté, les appels à projets ont été lancés, en petite jauge et avec une multiplicité des formes, en plein air : tout est réuni pour être à nouveau une sorte de bouée de sauvetage de la culture pour l'été 2021. Nathalie Perrin-Gilbert : « il ne faut pas oublier la situation sanitaire. Mais il faut éviter à tout prix le stop & go en vigueur jusqu'ici pour les lieux culturels. Il faut trouver des formes compatibles avec le "vivre avec", avec le virus, avec les variants. »

Woodstower : maintenu, mais adapté

Pour l'instant, c'est maintenu. Avec l'avantage d'être plus loin dans la saison : fin août, donc d'avoir le temps de voir venir. Du moins un peu plus que les autres. Le festival qui clôture les vacances et lance la rentrée lyonnaise sera forcément différent des éditions passées. Maxime Noly, directeur et programmateur du festival Woodstower, nous explique : « on ne veut pas repasser une année sans rien, donc on adapte. On va essayer de proposer quelque chose en retravaillant le format ; les équipes bossent en ce moment pour imaginer une maquette quasi finale. On sait déjà que le format week-end habituel ne tiendra pas, à cause des frais engendrés pour louer des gradins et des chaises, qui coûtent très cher. Pour rentabiliser, il faudra plusieurs jours, probablement cinq ou six. Et on part sur une jauge à 5000. Il reste beaucoup de flou : les bars et la restauration, la distanciation à combien de mètres... Mais on doit avancer, sinon ce sera trop tard. » La programmation annonce pour l'instant Lorenzo, Stand High Patrol, PLK ou encore Bon Entendeur. « Lorenzo, ça ne va pas se faire, ce n'est pas adapté au format. Pour les autres, on discute. La programmation sera très remaniée. Les choix des artistes qui ne veulent pas jouer devant un public assis sont parfaitement compréhensibles. Nous sommes larges sur les esthétiques, donc on peut moduler. On travaille beaucoup sur du francophone : on avait déjà pris ce parti l'an dernier, de limiter les artistes étrangers — c'est le seul moyen de tenir. Par contre, on fera des soirées de cinq heures maximum, pas toute la nuit comme avant : c'est déjà long, cinq heures assis. » Pour l'instant, pas de danger de disparition du festival pour cause de finances dans le rouge : « 2020 s'est bien terminé grâce aux aides de l'État et au maintien des subventions locales. Mais nous avons beaucoup d'interrogations pour 2021 : ce format adapté sera forcément déficitaire. On travaille pour avoir un déficit acceptable, entre 50 000 et 100 000€. Donc on devra être accompagné financièrement par l'État, sinon ça ne fonctionnera pas. Et il reste la question du protocole d'accueil : tests ? vaccins ? On espère que l'on ne nous fera pas porter la responsabilité de réaliser des tests à l'entrée... On fera probablement uniquement des préventes, pas de billetterie sur place. L'expérience sera forcément écornée par rapport à d'habitude, mais on va jouer sur le cadre, sur le lac. »

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Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

MUSIQUES | Alors, Fête de la Musique ou pas ? Au-delà des errances du ministère de la Culture, de la contre-communication de la Ville de Lyon qui désire s'ériger en défenseur des artistes, entre annulations diverses, lundi soir et jauges vite complètes, il ne va pas être si simple d'écouter de la musique ce soir.

Sébastien Broquet | Lundi 21 juin 2021

Lyon : une Fête de la Musique en modèle réduit

« Nous vous avons invité cet après-midi pour vous informer que, à l'initiative du ministère de la Culture, en étroite coopération avec les grands médias, dans la soirée du 21 juin, soirée du solstice d'été, la musique (...) va prendre possession des trottoirs, des fenêtres, des places, des chaussées, des parcs, des jardins, des cours, des cours de casernes aussi bien que d'autres endroits moins inhabituels. » C'est ainsi que Jack Lang, le 1er juin 1982, annonçait la création de la Fête de la Musique, quelques mois après l'élection de François Mitterrand. 39 ans après sa création en vingt jours, c'est peu dire que l'édition 2021 ne suscite pas grande émotion en comparaison. Il aura fallu attendre le dernier moment pour écrire quoi que ce soit sur cette Fête de la Musique, chaotique à souhait dans son organisation, sa communication, sa validation. Ordres et contre-ordres, annulations et confirmations, reprogrammations et décrets contradictoires, déclarations de plus en plus ahu

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

Lyon | L'appel à participation gratuite de musiciens à une scène ouverte estivale au sein du Grand Hôtel-Dieu est restée en travers de la gorge de nombre d'artistes qui se sont exprimés sur les réseaux sociaux du centre commercial. L'adjointe à la Culture Nathalie Perrin-Gilbert a réagi vertement.

Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Festival | L'excellente nouvelle du jour : Nuits sonores ne se couche plus, et l'on pourra danser et circuler, bel et bien debouts, à Fagor-Brandt. La programmation est en cours de remodelage pour s'adapter aux nouvelles conditions.

Sébastien Broquet | Mercredi 16 juin 2021

Lyon : Nuits sonores, ce sera debout et on pourra danser !

Après Nuits de Fourvière, c'est au tour de l'équipe de Nuits sonores de sortir de son rendez-vous à la Préfecture avec un grand sourire tranche papaye : en effet, la réunion du vendredi 11 juin et les échanges des jours suivants ont permis aux organisateurs du festival de musique électronique d'y voir beaucoup plus clair sur plusieurs protocoles d'ouverture et surtout, ils ont pu avoir confirmation que le festival pourrait se dérouler... debout ! C'est le premier grand festival à avoir officiellement cette autorisation — sachant que l'immense friche de 24 000m2 de Fagor-Brandt est considérée comme un extérieur, telle une halle et non une salle, en raison d'un grand volume d'air et d'ouvertures pérennes. Ainsi, on pourra danser — et circuler sur le site — à condition de rester masqués, après avoir franchi l'épreuve du pass sanitaire pour pénétrer sur le site (que ce soit à Heat comme à Fagor-Brandt). Côté jauge, c'est encore en discussion.

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Cinémas : chronique d’une reprise espérée

Réouverture des salles | Comme si de rien n’était, ou presque… La 93e cérémonie des Oscar s’est tenue fin avril, avec deux mois de retard par rapport aux années précédentes. Pendant ce temps, la planète cinéma demeure encore et toujours suspendue à l’évolution favorable d’une cohorte d’indicateurs, espérant une réouverture pérenne des salles. Résumé des épisodes précédents et état des lieux avant un retour (incertain) mi-mai…

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

Cinémas : chronique d’une reprise espérée

La fermeture des salles de cinéma s’est désormais installée dans le paysage culturel et économique : à la différence de la période mars-juin 2020, elle constitue depuis fin octobre une parenthèse qui n’en finit plus de se refermer. Et les rebondissements incessants de la crise sanitaire, dignes d’un film catastrophe à l’issue incertaine, comme sa gestion internationale cacophonique, rendent le futur immédiat illisible. Partout dans le monde. Ainsi, si l’on jette un coup d’œil aux pays limitrophes de la France, seule l’absence d’harmonisation fait figure de cohérence : si la Belgique n’envisage pas de réouverture avant début juin (avec une jauge limitée à 200 personnes) et l’Allemagne la retarde encore en envisageant d’exiger la présentation d’un test Covid négatif de moins de 24h, les salles sont ouvertes au Luxembourg (depuis janvier avec distanciation et couvre-feu à 23h), en Espagne (suivant les restrictions locales des régions), en Suisse (depuis le 19 avril avec masque, distanciation et jauge), en Italie (depuis le 26 avril, avec couvre-feu à 22h)… Et la France ? Las, il n

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

Vincent Raymond | Vendredi 19 mars 2021

Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

Urbanisme | Presqu’une décennie après sa désaffection, le Collège Truffaut (Lyon 1er) attaque la seconde grande phase des travaux qui lui permettra d’enfin rouvrir ses portes. Et d'élargir le spectre de ses visiteurs en changeant d’affectation : en 2022, le vénérable bâtiment accueillira notamment une crèche, des logements étudiants, un hostel et un prometteur pôle piloté par Lyon BD Organisation, le Collège graphique…

Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, Georges Képénékian et Loïc Graber | Les trois prédécesseurs de Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture, se prononcent sur l'annonce qui secoue le monde culturel lyonnais depuis quelques heures : la baisse de 500 000€ de la subvention municipale à l'Opéra de Lyon, somme réaffectée à d'autres projets et lieux culturels tels que la CinéFabrique. Magnéto.

Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

Politique Culturelle | Coup de tonnerre à l'Opéra de Lyon : la Ville, par l'intermédiaire de son adjointe à la Culture, a décidé d'ôter 500 000€ par an de subvention au lieu dirigé par Serge Dorny pour quelques mois encore. Ce dernier a été prévenu il y a trois jours. Nathalie Perrin-Gilbert nous explique la raison de ce choix, qu'Étienne Blanc fustige.

Sébastien Broquet | Jeudi 4 mars 2021

La Ville de Lyon supprime 500 000 euros par an de subvention à l'Opéra

C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

Politique | La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, vient assister ce mercredi aux Victoires de la Musique Classique à l'Auditorium de Lyon.

Sébastien Broquet | Lundi 22 février 2021

Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

La ministre de la Culture sera à Lyon mercredi 24 et jeudi 25 février : Roselyne Bachelot, que l'on sait amatrice d'art lyrique, ne pouvait manquer les Victoires de la Musique Classique qui se dérouleront ce mercredi 24 février à l'Auditorium de Lyon. L'ancienne chroniqueuse des Grosses Têtes fera donc le déplacement en terre rhône-alpine afin d'assister à la cérémonie retransmise à 21h en direct sur France 3 et France Musique, et présentée par Marina Chiche et Stéphane Bern, avec l'Orchestre national de Lyon dirigé par Nikolaj Szeps-Znaider. Roselyne Bachelot se rendra ensuite jeudi matin à la Villa Gillet pour s'entretenir avec la directrice du lieu,

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Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Bibliothèque | Dans nos colonnes, l’adjointe à la culture Nathalie Perrin-Gilbert, interpellée via une pétition des usagers du département Art vivants de la médiathèque de Vaise, affirmait le mois dernier qu’il n’était « pas question de démanteler ce pôle Arts vivants, bien au contraire ! ». Une partie du personnel doute de l’application de cette volonté.

Nadja Pobel | Jeudi 18 février 2021

Au pôle Arts vivants de Vaise, toujours des craintes quant à l’avenir

Le pôle Arts vivants de Vaise est en réorganisation. Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, a récemment présenté son projet pour sa refonte. Marc Fintzi, délégué syndical SUD, en est « très content » — mais il dit « craindre que l’administration ne bouge pas » et soit sourde aux paroles de l'élue, qui affirme notamment que le « même nombre de personnes dédiées au pôle » serait conservé, notamment en recrutant un bibliothécaire dédié suite au départ à la retraite de la personne qui occupait le poste précédemment. C’est là que le bât blesse pour le syndicaliste. La fiche de recrutement est selon lui trop vague : « c’est un poste qui s’occupe de coordination transversale et non de la création. Ce n’est pas tellement "arts vivants " ». Plus précisément, il est question d’assurer « la gestion, l’animation et le développement du pôle Arts vivants et Création — Ce pôle couvre les domaines suivants : Littérature

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Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Mercato | Pour succéder à l'historique Thierry Téodori, qui prendra sa retraite en juin prochain, c'est Thierry Pilat qui a été choisi par la nouvelle municipalité. Le Lyonnais, qui était jusqu'ici directeur du Fil — la SMAC de Saint-Étienne —, fait son retour sur sa terre natale en prenant en main l'avenir de la Halle Tony Garnier, dans un contexte difficile nourrissant plusieurs questions.

Sébastien Broquet | Jeudi 21 janvier 2021

Thierry Pilat, nouveau directeur de la Halle Tony Garnier

Elle aura pris son temps, la nouvelle municipalité, pour acter le choix de son candidat. Ou du moins multiplié les étapes. Il faut dire que l'enjeu est de taille : cette Halle Tony Garnier est régulièrement revendiquée comme étant le naviral amiral de la flotte des salles de l'agglomération lyonnaise. Et, bonus, elle rapporte de l'argent à la Ville. Entre 200 000€ et 400 000€ par an, selon les années. Bon, bien sûr, beaucoup moins en 2020 : et cette crise sanitaire qui a plombé les finances et vidé la salle de ses concerts et salons divers, a en plus sérieusement questionné le modèle, déjà interrogé préalablement par l'évolution du secteur du divertissement (la précédente équipe municipale se posait presque les mêmes questions il y a deux ans) : quid de la concurrence de l'Arena ? Quand reprendront les grosses tourn

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Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

Clubbing | DJ emblématique de la scène techno, attaché à Lyon, Laurent Garnier sera le premier à rejouer au Sucre lorsque les clubs seront autorisés à ouvrir de nouveau.

Sébastien Broquet | Vendredi 15 janvier 2021

Laurent Garnier sera le premier DJ à faire re-danser Le Sucre

On ne sait pas quand. Mais on sait qui : Laurent Garnier sera le tout premier DJ à rejouer au Sucre, le club du quai Rambaud, lorsque la réouverture des spots nocturnes sera autorisée. Bien sûr, ce sera dans de longs mois. Mais la présence du maître absolu des platines, du DJ historique de la scène techno, augure d'ores et déjà d'une reprise mythique. Et il faudra bien cela après des mois de fermeture et d'interdiction totale de danser. « Pour poser le premier disque, et le second, et le troisième, après une telle absence, il fallait quelqu'un en qui nous avons une totale confiance car ce ne sera pas facile ; et en Laurent, j'ai une totale confiance » nous a confié Vincent Carry, le directeur de Arty Farty, qui précise qu'un soin tout particulier sera accordé à la programmation de la première semaine de réouverture. Une programmation à laquelle Laurent Garnier devrait

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Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Lyon | Inquiets du devenir du département Arts vivants de la BM de Vaise, les usagers ont interpellé en ce début d'année, via une pétition, l'adjointe à la Culture de la Ville de Lyon, Nathalie Perrin-Gilbert, qui leur répond.

Nadja Pobel | Lundi 18 janvier 2021

Le pôle Arts vivants de la BM de Vaise ne sera pas démantelé

Le 2 janvier dernier, des « usagers du département Art vivants — amateurs, professionnels du spectacle vivant, étudiants, éditeurs, intervenants, ou usagers "lambdas" — de la médiathèque de Vaise » se mobilisaient au sujet de la restructuration en cours de ce pôle, afin de le « sauvegarder ». Et lançaient une pétition à l’adresse de l’adjointe à la Culture de la Ville de Lyon en décriant notamment la nouvelle organisation du personnel car « la polyvalence sera de mise. C’est donc une accumulation de temps partiels qui va être attribuée à la thématique. En rassemblant ces morceaux, nous arrivons à la moitié du temps de travail initialement dévolue au fonctionnement de l’ancien département ». La pétition a obtenu 1972 signatures au lundi 18 janvier. L’objectif étant d’en récolter 2500. Contactée à ce su

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Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Politique | Lyon, ville refuge pour les artistes et intellectuels menacés dans leurs pays : c'est le projet acté par Nathalie Perrin-Gilbert et Grégory Doucet, qui vont faire de notre cité un membre du réseau international ICORN dans les prochaines semaines. Explications.

Sébastien Broquet | Mardi 20 octobre 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « les journalistes, les universitaires, les artistes sont les premiers menacés »

Vous avez pour projet de faire de Lyon une ville accueillant les artistes réfugiés en danger dans leur pays. Pouvez-nous nous expliquer en quoi ça consiste ? Nathalie Perrin-Gilbert : La Ville de Lyon va rejoindre le réseau ICORN, un réseau de villes refuges, prévu notamment pour les demandeurs d'asile, mais pas que. C'est un réseau anglo-saxon au départ, très actif pour la protection des artistes dans le monde. En France, seules Paris et Poitiers font partie de ce réseau. Avec le maire de Lyon, avec l'adjointe en charge des Relations Internationales Sonia Zdorovtzoff et moi-même, on a décidé de rejoindre ce réseau. Barcelone, par exemple, en fait partie : lors de mon voyage dans cette ville, j'avais rencontré la maire Ada Colau, et ce qui m'avait intéressé dans sa politique, c'était sa capacité à affirmer des valeurs et à mettre en adéquation valeurs et actes. Et sur ce sujet de l'accueil, elle l'a fait très vite. En tant qu'adjointe à la Culture, l'accueil des artistes menacés me concerne tout particulièrement. Ça rejoint un autre de mes combats anciens, celui pour les droit

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La Salle Rameau, revue et corrigée

Lyon | Le projet de nouvelle Salle Rameau a pris du retard, pour cause de crise sanitaire, mais son futur était aussi une question au vu des changements à la tête de la Ville : on fait le point.

Sébastien Broquet | Lundi 19 octobre 2020

La Salle Rameau, revue et corrigée

Dans la foulée de l'abandon des Ateliers de la Danse au Musée Guimet, ça aurait pu être l'un des dossiers chauds de la rentrée dans le monde culturel : le devenir de la Salle Rameau, projet désormais porté par le promoteur immobilier La Compagnie de Phalsbourg et pour la partie contenu par Scintillo, la société de Steven Hearn. On sait qu'alors maire du 1er arrondissement, Nathalie Perrin-Gilbert n'avait pas été tendre avec ce choix opéré par l'ancien exécutif. Certaines sources disant même que l'attitude du jury réuni en octobre 2018 avait été plutôt clémente pour ce dossier qui provisionnait une somme conséquente pour les travaux, beaucoup moins avec celui porté par le promoteur Carré d'Or et l'agence Urban Project de Damien Beaufils (le troisième projet, emmené par Les Chevaliers du Fiel, partait de bien

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Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Élections Municipales 2020 | Rien n’est joué, concernant ces élections municipales, en particulier car le très fort taux d’abstention, le contexte particulier du premier tour et le jeu des alliances peuvent encore venir chambouler les pronostics. Reste que lors de ce premier round, Lyon a placé assez largement en tête la liste écologiste menée par Grégory Doucet. Lequel s’est allié depuis avec La Gauche Unie de Sandrine Runel et Lyon en Commun, mené par Nathalie Perrin-Gilbert. Comme dévoilé par Rue89Lyon, c’est la maire du 1er arrondissement qui deviendrait adjointe à la culture — et troisième adjointe — si Grégory Doucet l’emporte, comme elle nous le confirme officiellement pour la première fois, dévoilant ici les grands axes de son programme pour les six années à venir en cas de succès.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Si Grégory Doucet est élu maire de Lyon, confirmez-vous que vous seriez son adjointe à la culture ? Nathalie Perrin-Gilbert : Oui, c’est officiel. Il a choisi de dévoiler dans Libération le nom de sa potentielle première adjointe, Audrey Henocque. Je suis ravie de ces éventuelles nouvelles fonctions — il faut parler au conditionnel, je me garde bien de penser que l’élection est gagnée d’avance. Ça fait partie des délégations qui me motivaient considérablement. Par goût personnel, pas forcément la meilleure des raisons, mais ce serait mieux d’avoir un ou une adjointe portée par son sujet. Mais aussi, par conviction. On parle d’un « monde d’après », c’est à la mode, et je pense qu’il va falloir refonder un contrat social et écologique pour la ville de Lyon. La culture va être un pilier

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Vincent Carry : « mon seul engagement citoyen sera européen, pour Place Publique »

Politique | Vincent Carry, directeur du festival Nuits sonores, fait partie des 22 signataires du manifeste publié le 6 novembre par Place Publique, nouveau mouvement politique citoyen dont les figures de proue sont Raphaël Glucksmann ou Claire Nouvian. Président du comité de soutien de Gérard Collomb lors des dernières municipales, il nous explique qu'il ne s'engagera plus au niveau local, mais au niveau européen.

Sébastien Broquet | Mercredi 14 novembre 2018

Vincent Carry : « mon seul engagement citoyen sera européen, pour Place Publique »

Place Publique a été lancé le 6 novembre. Vous faites partie des premiers acteurs de ce… mouvement, parti ? Vincent Carry : Place Publique est un mouvement de citoyens et d’activistes œuvrant pour différents projets autour de sujets d’inquiétude majeurs. Ce sont des gens qui portent des actions de terrain, qui ont décidé de passer de l’ère de l’inquiétude à l’ère de la responsabilité. De se dire que l’on ne pouvait pas rester dans cet état de fatalisme, tétanisés en regardant la situation se dégrader. En particulier sur deux points : la gigantesque crise écologique d’une part, et la crise démocratique de l’autre, qui se traduit par un basculement de pays vers des régimes nationaux populistes, ce que l’on n’imaginait pas il y a quelques mois encore possible. Je pense évidemment à l’Italie et au Brésil. C’est de ce constat partagé qu’est né Place Publique, suite à la rencontre entre des personnes qui se connaissaient de par leurs actions : Thomas Porcher, Claire Nouvian, Raphaël Glucksmann, Caroline Kamal… Tous se sont rassemblés,

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Mediatone : « Donner du plaisir aux gens cool »

Activisme | Après vingt ans d'activisme musical et de créations d'événements (Reperkusound, Just rock ?, le salon Diskover) et d'action sociale, Mediatone, plus ancienne association de sa catégorie à Lyon, s'organise une fête d'anniversaire bien méritée au Transbordeur. Petit bilan avec ses fondateurs : Jérôme Laupies et Éric Fillion.

Stéphane Duchêne | Mardi 6 juin 2017

Mediatone : « Donner du plaisir aux gens cool »

Comment est né Mediatone ? Jérôme Laupies : En 1997, j'étais étudiant, déjà dans l'associatif et des copains m'ont demandé si ça me disait de monter un concert. On a fait Louise Attaque au Pezner, juste avant qu'ils n'explosent, avec des groupes locaux comme Les Gueules de Bois. Puis des concerts qui ont bien marché, comme Dolly et Cornu. On a monté l'asso en 1998, avec Éric – qui a été présent dès le début – avec pour devise, inscrite dans nos statuts : « donner du plaisir aux gens cool et ouvrir l'esprit des autres. » Éric Fillion : Pour moi, fan de musique, continuer Mediatone ça voulait dire faire deux ou trois concerts. Vingt ans plus tard, on est toujours là avec une structure qui a beaucoup évolué tout en gardant son objectif initial : faire le choix assumé de concerts très éclectiques et aider la scène locale à se développer, comme on l'a fait en suivant pendant plusieurs années des groupes comme Fake Oddity ou La Mine de Rien, qui ont été de vraies aventures humaines ou artistiques. On le sait moins mais Mediatone, c'est aussi de l'action sociale autour de la musique...

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Vincent Carry : « l’avenir de nos collaborations avec Jean Michel se situe du côté des idées »

Jean Michel Jarre à la Halle Tony Garnier | Jean Michel Jarre, le Lyonnais revendiqué, n'a encore jamais joué sur Nuits sonores, le festival emblématique des musiques électroniques. Entre Vincent Carry et le précurseur des sons synthétiques, un dialogue fertile existe pourtant depuis plusieurs années. Mais c'est peut-être bien du côté de l'European Lab que se profilent de futures collaborations.

Sébastien Broquet | Jeudi 24 novembre 2016

Vincent Carry : « l’avenir de nos collaborations avec Jean Michel se situe du côté des idées »

Que représente Jean-Michel Jarre pour toi, amateur de musiques électroniques : l’as-tu écouté dès ta jeunesse, l’as tu renié à un moment, l’écoutes-tu toujours ? Vincent Carry : C’est un musicien important de l’histoire de la musique électronique dans la mesure où il est le premier à l’avoir fait rentrer dans la pop culture. Il est un indiscutable pionnier ! Après, je suis plus intéressé par certaines phases de sa carrière. Je reste très attaché à Oxygène. Quels sont vos liens ? Lui se dit votre grand frère bienveillant, il est venu vous rendre visite… Mais jamais Jarre n’a joué sur Nuits sonores. Tout a commencé lorsque Jean Michel Jarre a répondu à une interview publiée dans 20 Minutes dans laquelle il faisait part de son grand intérêt pour Nuits sonores. Je l’avais contacté pour en parler avec lui, puis l’avais invité pour l’inauguration de la Gaîté Lyrique à Paris et nous avons beaucoup discuté

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Trois questions à Dominique Delorme

MUSIQUES | Dominique Delorme, le directeur des Nuits de Fourvière, revient sur neuf ans de gestation avant l’événement. Propos recueillis par Stéphanie Lopez

Dorotée Aznar | Vendredi 22 juin 2012

Trois questions à Dominique Delorme

Sur  I Miss You, Björk chante : “If you believe in dreams, or what is more important, that a dream can come true”. Pour le festival, c’est donc un vieux rêve qui va se réaliser le 30 juin ? Dominique Delorme : Quand je suis arrivé à la programmation des Nuits de Fourvière en 2003, c’est la première artiste à qui j’ai fait une demande. J’ai réitéré cette demande chaque année, patiemment, jusqu’à cet hiver où elle a fini par accepter. Mais d’abord je suis allé à son concert de Nîmes pour la rencontrer, puis à Reykjavik, l’automne dernier, pour la voir dans le théâtre où elle se produisait. C’est le cumul de toutes ces intentions qui a permis ce que je considère comme un aboutissement. La persévérance a été payante avec Björk, comme avec d’autres artistes d’ailleurs. Nous avons dû attendre des années aussi avant de pouvoir programmer Leonard Cohen ou Antony. Que pouvez-vous nous révéler quant à la scénographie – supposée spectaculaire – du concert et du concept Biophilia ? Tout l’enjeu de cette programmation tenait au fait que Björk et son

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«Nous ne sommes pas un apéro géant facebook»

MUSIQUES | Entretien / Vincent Carry, coordinateur général de Nuits Sonores dresse le bilan de la huitième édition du festival. Bilan et perspectives. Propos recueillis par Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Lundi 31 mai 2010

«Nous ne sommes pas un apéro géant facebook»

Petit bulletin : Avec 81 000 spectateurs, dont plus de 39 000 sur les sites payants, Nuits sonores 2010 a affiché un record d’affluence. Avez-vous été surpris par le succès du festival cette année ?Vincent Carry : On est toujours surpris par l’ampleur du succès. Cette année, ce qui est dingue et inédit, c’est que l’ensemble des événements payants a affiché complet avant l’ouverture des portes. Aucun billet n’a été vendu sur place. Comment expliquez-vous cette augmentation de fréquentation ? La présence de quelques têtes d’affiche comme 2 Many DJ's a-t-elle joué ?Je pense qu’il faut relativiser le rôle des têtes d’affiche. Il ne s’agissait pas de têtes d’affiche «vues à la télé», nous sommes restés dans une programmation très «Nuits sonores» si on peut dire. En fait, ce qui a joué, c’est tout d’abord la croissance naturelle du festival qui gagne environ 10% de fréquentation chaque année et nous avons également remarqué un effet «N -1», c’est-à-dire que quand une édition fonctionne bien, l’édition suivante profite d’un vrai buzz. Enfin, je pense que c’est la première fois que l’on réussit à mettre tout le monde d’accord en termes de programmation. Nous a

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«Une volonté d’ouverture»

MUSIQUES | Entretien / Eric Fillion, directeur de Mediatone, co-organisateur du festival Just Rock ? avec Birdy Birdy Partners. Propos recueillis par Stéphane Duchêne

Dorotée Aznar | Vendredi 16 octobre 2009

«Une volonté d’ouverture»

Petit Bulletin : C’est la troisième édition de Just Rock… Quelle était au départ l’idée de ce festival ?Eric Fillion : Donner une vraie place à la musique rock, pop et folk, connue sous le terme «indie»… Un peu comme le fait le festival des Inrocks un peu partout en France, sauf à Lyon ! Avec dès le départ, cette volonté de déborder, d’imaginer des plateaux avec des formations parfois assez différentes. Cette année particulièrement il y a eu une volonté d’ouverture avec des projets hybrides comme le folk électro de Sébastien Schuller, du hip-hop (Zone Libre vs Casey & B. James) ou du blues touareg (Tinariwen). On ne voit pas tous les jours une troupe de touaregs maliens drapés dans des habits traditionnels et faisant sonner des guitares électriques… Beaucoup de festivals rock lyonnais ont été des one-shot… Pensez-vous être parvenus à faire du festival un événement incontournable et pérenne ?On le souhaite, mais un événement n’est jamais pérenne à priori, sauf s’il est pris en charge en grande partie par les collectivités publiques, ce qui est loin d’être le cas du Just Rock ?. Cette troisième édition me semble bien aller dans le sens de cette ambition

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«Récupérer au vol des artistes»

MUSIQUES | Entretien / Vincent Carry, coordinateur général de Nuits Sonores, fait le point sur Arty Farty, dix ans après sa création. Propos recueillis par CC

Christophe Chabert | Jeudi 2 avril 2009

«Récupérer au vol des artistes»

Petit Bulletin : Arty Farty fête ses dix ans cette année… Quelles sont les activités de l’association ?Vincent Carry : Il y en a quatre : l’organisation du festival Nuits Sonores depuis 7 ans ; les Échos Sonores depuis 2004, qui ont donné lieu à 70 événements — Squarepusher sera le 71e — dans 10 endroits différents dont la Plateforme, la Marquise, le DV1… Ensuite le booking, qu’on a commencé il y a trois ans avec Flore. Aujourd’hui, l’association s’occupe de 11 artistes, dont Flore, Spitzer et Danger : enfin, nous répondons à des appels à projets venus de collectivités pour organiser des événements nationaux ou internationaux. On revient de Zurich où avait lieu La Belle Voisine, on s’apprête à aller faire trois jours de Nuits Sonores à Barcelone en juin… Il y a cinq ans, les Échos sonores étaient mensuels et axés électro ; la fréquence a augmenté et les styles se sont diversifiés…Cette ouverture a accompagné celle du festival. Effectivement, on s’est ouvert au rock, au hip-hop… Mais les Échos Sonores ont toujours servi à récupérer au vol des artistes qu’on ne pouvait pas avoir pendant le festival. Quant au fait d’être passé de un à deux par mois, c’est

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Dans la brume électronique

CONNAITRE | Festival / Vincent Carry, coordinateur général de Nuits Sonores, commente la sixième édition et le visage actuel du festival, son public, ses choix et son futur… Propos recueillis par Christophe Chabert

Christophe Chabert | Jeudi 1 mai 2008

Dans la brume électronique

Petit Bulletin : Vous avez changé le sous-titre du festival en «electronic & indie festival» : on s’attendait à ce que la programmation suive ce changement, mais j’ai plutôt l’impression d’un retour aux fondamentaux…Vincent Carry : C’est la base line qui a suivi l’évolution de la programmation, pas l’inverse. On n’a pas cherché à ce que la programmation s’adapte, c’est plutôt le sous-titre qui s’est adapté à une réalité. Depuis le début, Nuits sonores n’est pas un festival exclusivement de musiques électroniques, il y a toujours eu des groupes qui venaient jouer guitare-basse-batterie, rock, pop, folk, hip-hop, jazz, musique expérimentale, punk… C’était une manière d’être plus cohérent avec nous-mêmes ; même si nos racines culturelles sont électroniques, en grande partie issue de la scène techno de la fin des années 80 et du début des années 90, il y a cette diversité de points de vue dans l’équipe. On a évolué aussi, et on n’est pas isolés, la plupart des festivals de musique électronique ont suivi le même chemin. Ce sont aussi les artistes qui nous dictent ce que l’on doit faire. Quant à savoir s’il y a un côté «back to basics»… Il y a peut-être des choses symb

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