Aux Célestins et à l'Auditorium de Lyon, de lourds déficits

Crise Sanitaire | Certes très subventionnées, les structures culturelles en régie directe de la Ville de Lyon n’en sont pas moins fortement impactées par la crise sanitaire, car elles ne peuvent bénéficier d’aucun dispositif d’aide. Les Célestins tablent sur un déficit de 600 000€ en 2021, l’Auditorium affiche déjà un trou de 2M€ pour 2020. Toutes deux en appellent à l’État pour pallier la rupture d’égalité avec d’autres établissements aux missions similaires.

Nadja Pobel | Vendredi 12 mars 2021

Photo : © NP


« Même si on rouvre en mai et juin, avec une jauge dégradée d'environ 50%, fin décembre la perte de recette de billetterie du théâtre s'élèvera à 600 000€ » affirme Pierre-Yves Lenoir, co-directeur du Théâtre des Célestins. Du côté de l'Auditorium de Lyon, son homologue Aline Sam-Giao estime à un million d'euros ses pertes à la fin de l'année civile avec la même hypothèse de reprise — fatalement très aléatoire —, qui se cumuleront avec les deux millions de déficit sur 2020. Aux Célestins, le dernier exercice s'est terminé à l'équilibre notamment grâce au fonds de soutien de la Ville de Lyon ; et parce qu'ils n'avaient pas prévu de jouer dans la grande salle entre avril et juin 2020 en raison de travaux, les engagements étaient moindres qu'habituellement.

« Dans nos pires cauchemars, on se dit qu'on va nous oublier sur le bord de la route »

Les budgets de ces deux structures sont des budgets annexes à la Ville mais « nos dépenses et nos recettes sont celles de la Ville aussi, dont nous sommes une entité. Nous sommes en dialogue très étroit avec elle » nous précise la directrice générale de l'Auditorium.

Selon ces deux directeur et directrice, la Ville de Lyon continue à les accompagner et accepte le report de déficit sur les années suivantes. Mais « elle n'a pas à absorber ce déficit prévisible, c'est à l'État de jouer son rôle » déclare Pierre-Yves Lenoir. Car le bât blesse au niveau du statut juridique — la régie directe — de ces deux salles, qui les exclut de tous les dispositifs d'aide auxquels ont droit celles qui fonctionnent en association ou en syndicat mixte. Ici, pas de recours au chômage partiel possible pour les salariés, pas d'exonération de charges non plus.

« Ça nous semble totalement injuste de ne pas bénéficier de ces aides, que reçoit le secteur culturel par ailleurs, car nous accompagnons les artistes que nous avons programmés en faisant systématiquement des arrangements financiers en leur faveur, en les dédommageant au moins des frais qu'ils avaient engagés » confie Pierre-Yves Lenoir. Même constat du côté de l'Auditorium qui en 2020 a maintenu les dépenses (travail de l'orchestre pour maintenir son niveau et permettre ses missions de service public, indemnisation des concerts annulés), sans pouvoir compter sur les ressources de billetterie, qui représentent habituellement 30% des recettes (soit entre 4 et 5 M€ par an) propres de la structure. Aux Célestins, ce sont normalement 35% des recettes..

« On fait le même métier que beaucoup d'orchestres, on est financé de la même façon globalement par l'État et les collectivités. C'est inégal que ce soit uniquement la différence de statut juridique — qui ne se traduit pas dans nos missions et modèles de financements — qui justifie que certains soient aidés, et pas d'autres » abonde Aline Sam-Giao. « J'ai l'impression que la politique de l'État dit que c'est aux collectivités de le faire, or nous avons un label national, on est financé aussi par le ministère de la Culture ».

Pas de label national pour le Théâtre des Célestins, qui reste un établissement majeur sur le territoire national. « L'État dit ne pas pouvoir accompagner tous les théâtres municipaux de France et de Navarre, mais les Célestins, parmi ce paysage, a une position particulière — ne serait-ce que parce que nous sommes un théâtre de création, contrairement à la plupart des autres qui ne font que de l'accueil ». Et c'est en cela que pour Pierre-Yves Lenoir, il y a également une rupture d'équité avec ses confères : « nos missions de service public tant en terme d'accessibilité — tarifaire, création, accompagnement des compagnies et même éducation artistique — sont pratiquement les mêmes que celles d'un CDN. Nous sommes le deuxième plus important théâtre municipal de France, mais nous n'avons pas le même statut que le premier — le Théâtre de la Ville à Paris est associatif. Nous demandons donc à l'État de pouvoir être accompagné à hauteur de la moitié ou du tiers de nos déficits ; pour le reste, la Ville nous accompagnera dans les difficultés que l'on rencontrera, mais elle n'a pas à nous tenir à bout de bras ».

Reprise en mai envisagée

Selon Aline Sam-Giao, l'État « est conscient qu'il y a un trou dans la raquette » à cause de ces statuts différents, mais n'a donné aucune échéance pour répondre aux demandes. Pour l'heure, « nous avons reçu récemment 250 000€ du Centre National de la Musique, pour compensation de billetterie, au plafond de l'aide qu'on pouvait recevoir : ça couvre le manque à gagner avec les jauges réduites de septembre et octobre. »

La directrice envisage une programmation plus clairsemée, pour le moment où elle aura le droit de rouvrir l'Auditorium (vers le mois de mai, estime-t-elle) et la fin de saison en juin. « Pour bien rassembler nos forces sur la saison prochaine, car il faudra absolument de l'ambition artistique. Nous allons supprimer les projets les plus lourds sur la fin de cette saison, pour ne garder que ceux qui sont soit à l'équilibre soit en très léger déficit ». L'ONL, pour autant ne jouera pas plus car « le planning des musiciens est déjà au maximum par rapport à ce qu'autorisent les règles écrites et physiques. »

Pour l'instant, bien malin celui qui pourrait annoncer la date de réouverture des lieux culturels. En attendant, des artistes et intermittents occupent de plus en plus massivement les théâtres (dont le TNP à Villeurbanne depuis ce vendredi 12 mars), et appellent les spectateurs et spectatrices à les rejoindre. Roselyne Bachelot n'a eu pour seule réponse, méprisante, lors des questions d'actualité au gouvernement du 10 mars, que cela était « inutile et dangereux car ça met en menace des lieux patrimoniaux fragiles ». Conserver le velours des fauteuils face au vide.

Rappelons qu'aucun cluster n'a été à déplorer lors de la courte réouverture de la rentrée automnale dernière. Les protocoles Covid sont plus respectés dans les théâtres que dans n'importe quel magasin ou moyen de transport. La question n'est pas de savoir si l'art est essentiel ou pas, mais de quoi parle cet acharnement à laisser ces lieux fermés.

Mais quand les théâtres seront autorisés à rouvrir, cela ne pourra pas se faire à n'importe quelle condition de jauge, rappelle Pierre-Yves Lenoir, car cela mettrait fortement en péril cet équilibre financier déjà si malmené : « ce dont j'ai peur est que les syndicats, pour obtenir des reprises à tout prix, acceptent des situations encore plus dégradées que les jauges qu'on a connues jusque-là. Pour les établissements qui ont 35% de recettes comme nous, ce ne sera pas possible car effectivement dans ces cas-là, ça coûte moins cher de ne pas jouer, bien que ce soit une aberration. »

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Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

Classique | La saison de l'Auditorium, un lieu où l'on peut s'assoir et garder ses distances, vient tout juste de reprendre. Au menu, un nouveau chef, des cheffes, des classiques, une taupe, Tintin, Et de la musique en veux tu, en voilà. Panorama.

Stéphane Duchêne | Jeudi 24 septembre 2020

Dans un fauteuil : la saison de l'Auditorium

On avait bien compris que, cet automne, la saison musicale ne serait pas comme les autres et qu'il allait falloir avancer masqué en restant assis (un peu de souplesse ne nuit pas) ou bien rester chez soi à regarder Culturebox ou de vieux concerts de Herbert Von Karajan tentant de faire atterrir des avions à la Philharmonie de Berlin. Mais à l'Auditorium si la saison s'annonce particulière, ce n'est pas à cause d'un vulgaire (et néanmoins grossier) virus. Car voici la saison du changement, le mercato des grands orchestres ayant fait atterrir à la direction de l'ONL le jeune chef israëlo-danois Nikolaj Szeps-Znaider, qui a mené à la baguette certaines des formations les plus prestigieuses. Le chef aura débuté la saison du côté des Subs pour les Journées du Patrimoine mais on pourra le retrouver le 25 septembre pour un Expresso du chef, ces concerts en 55 minutes chrono pour gens pressés et dès le lendemain où il délaissera la baguette pour le violon (pas d'Ingres, car son

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Les théâtres ouverts, mais en trompe l’œil

Rentrée Culturelle | Lyon, en zone rouge : les théâtres rouvrent de façon trompeuse avec des jauges réduites à 60%. Heureux de revoir le public, les directeurs des grande salles font le point sur ce moment fragile. Et sans date de fin.

Nadja Pobel | Jeudi 24 septembre 2020

Les théâtres ouverts, mais en trompe l’œil

Il y a les mesures visibles (les masques obligatoires, l’espacement d’un fauteuil entre différents groupes). Et ce que l'on voit moins. Tout va bien ? Pas tant que ça : « on n’avait pas envie de faire comme si rien ne s’était passé » dit Stéphane Malfettes. D’où ces « premières nécessités » que le directeur des Subs a imaginées cet été : des concerts allongés (Christina Vantzou, un membre des divins Ez3kiel…), des balades avec les Femmes de Crobatie. Gratuites ou peu chères, ces propositions sont à la portée de toutes les bourses — sous conditions de réserver fissa. Peu seront servis et « on n’a pas envie de faire toute la saison comme ça ». Tout n’est pas reporté sur cette même saison, car l’hiver est peu sûr : « c’est un cauchemar pour les artistes, surtout avec des créations » dit-il. Exit Clédat & PetitPierre et Nina Santes : « en deuxième partie de son spectacle, les gens devaient venir sur scène, on ne peut plus le faire. Elle est la première à être soulagée de ce décalage d’un an. » La crainte est grande chez les directeurs de voir la rentrée prochaine totalement encombrée. Et mêm

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Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Théâtre des Célestins | Il a travaillé au Rond-Point, au Théâtre National de l'Odéon et tout récemment au lancement de La Scala : Pierre-Yves Lenoir est depuis le 1er mars co-directeur des Célestins, aux côtés de Claudia Stavisky. Retour sur son parcours et son projet pour la scène théâtrale majeure de l'agglomération.

Nadja Pobel | Mardi 19 mars 2019

Pierre-Yves Lenoir : « nous sommes un théâtre du monde »

Est-ce qu'en faisant l'école de commerce, l'EDHEC, vous saviez que vous travailleriez dans le milieu du théâtre ? Pierre-Yves Lenoir : Non. C'est vraiment au cours des stages dans cette école que j'ai commencé à me poser des questions sur mon adéquation avec les métiers classiques de la banque. Celui qui m'a vraiment ouvert les portes du théâtre est Daniel Benoin, qui dirigeait la Comédie de Saint-Étienne à l'époque. Ensuite, j'ai rencontré Daniel Mesguich qui dirigeait ce qui est maintenant le Théâtre du Nord, à Lille. J'ai fait un autre stage et je n'ai pas quitté ce milieu-là. Puis je suis parti à La Colline pendant cinq ans, ensuite le Rond-point huit ans, l'Odéon neuf ans et La Scala l'année dernière. Pendant longtemps ma fonction a été administrateur, en lien direct avec mes études. Mais je ne peux penser l'administration d'un théâtre en dissociation avec ce qui fait le cœur de notre activité, à savoir la programmation et les spectacles. Je me pense plutôt comme un compagnon des artistes. Mon métier est de rendre possible. Vous avez avez beaucoup travaillé avec Thomas Jolly ce

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Pierre-Yves Lenoir arrive aux Célestins

Nomination | Pierre-Yves Lenoir rejoindra au 1er mars Claudia Stavisky à la tête du Théâtre des Célestins. Il remplace Marc Lesage, parti diriger le Tthéâtre de l'Atelier à Paris.

Nadja Pobel | Vendredi 4 janvier 2019

Pierre-Yves Lenoir arrive aux Célestins

C'est une nomination qui aura pris moins de temps que celle visant à remplacer Gwenael Morin au Théâtre du Point du Jour : Pierre-Yves Lenoir a été nommé ce 3 janvier codirecteur des Célestins. Il prendra ses fonctions le 1er mars 2019 et remplace Marc Lesage, qui avait annoncé son départ subitement début décembre. Auparavant, Pierre-Yves Lenoir a exercé des responsabilités au sein d’établissements nationaux de création artistique (La Colline, Centre National de la Danse), accompagné Jean-Michel Ribes dans la création du Théâtre du Rond-Point et a été administrateur de l’Odéon où il a travaillé aux côtés d’Olivier Py, de Luc Bondy et de Stéphane Braunschweig avant de rejoindre le théâtre La Scala à Paris en tant que directeur exécutif.

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Marc Lesage quitte les Célestins

Théâtre | Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er (...)

Nadja Pobel | Mercredi 21 novembre 2018

 Marc Lesage quitte les Célestins

Le co-directeur du Théâtre des Célestins quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour prendre la direction du Théâtre de l'Atelier à Paris, au 1er janvier 2019. Claudia Stavisky est donc seule à bord des Célestins jusqu'à une prochaine nomination pour perpétuer cette co-direction. Après l'annonce du départ de Cathy Bouvard aux Subsistances (qui part fin décembre pour les Ateliers Médicis en Seine-Saint-Denis), l'attente d'une nomination au Théâtre du Point du Jour (suspendue à l'avis de Gérard Collomb qui a pris la main sur ce dossier), le renouvellement dans un an du directeur du TNP, le paysage théâtral local connait des changements d'une ampleur majeure.

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Apéro à l'Audito

Mix & match | Un afterwork avec Haydn et Schumann, c'est chic, non ? L'Auditorium propose de dépoussiérer les classiques autour d'une soirée concert et apéro tropical.

Lisa Dumoulin | Mercredi 17 octobre 2018

Apéro à l'Audito

Au programme, une soirée en trois temps, comme un bon repas. En amuse-bouche et en dessert, une formule afterwork avec des cocktails, de la musique et de la cuisine du monde, le tout dans un décor tropical créé pour l'occasion. En plat de résistance, un concert de l'Orchestre National de Lyon pour (re)découvrir les célèbres compositeurs Schumann et Haydn. Joseph Haydn (1732-1809) forme avec Mozart et Beethoven la première Ecole de Vienne. Son influence sur la musique allemande est considérable : il fixe le cadre classique des grands genres comme la symphonie et le quatuor, et pose les bases de ce qui deviendra l’orchestration romantique du XIXème siècle. Quant à Robert Schumann (1810-1856), il fait partie de la première génération des romantiques, avec Chopin et Mendelssohn. Issu d’une famille d’érudits allemands, il réhabilite la poésie en musique et son écriture pianistique est originale et très symphonique. Le concert de l'Orchestre National de Lyon, dirigé par Christian Zacharias, chef émérite de nombreux orchestres en Europe et aux États-Unis, qui inteprétera l'Ouverture, Scherzo et Finale, op. 52 de Schumann

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La Célestine out toute la saison prochaine

Théâtre | Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison (...)

Nadja Pobel | Mercredi 25 avril 2018

La Célestine out toute la saison prochaine

Fortement endommagée suite aux crues de la Saône cet hiver, la "petite" salle des Célestins n'est plus utilsable depuis. Et ne le sera pas durant la saison 2018/19, ainsi que le théâtre munipal lyonnais l'a appris ce mardi 24 avril. Si jusqu'alors les spectacles avaient trouvé refuge au TNG-Ateliers, le lieu d'accueil des neuf propositions au menu de la saison prochaine reste à trouver. Les Ateliers à nouveau ? Une construction éphémère ? Un autre théâtre (Le Point du Jour n'aura plus de directeur et donc de programmation à compter du 15 août) ? Plus les ouvriers analysent les dégâts en Célestine, plus il s'avère que des couches de cette salle située en sous-sol du bâtiment sont touchées. Viendront ensuite des décisions quant aux travaux à effectuer, l'appel d'offre BTP et la réalisation de cette réfection. En attendant, le bar l'Étourdi s'est lui déplacé du niveau -1 au 2e étage du théâtre.

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L'Auditorium lance sa Démos

Éducation | L'Auditorium rejoint l'initiative menée par la Philharmonie de Paris depuis 2015 visant à encourager la pratique musicale classique auprès d'enfants défavorisés socialement.

Sébastien Broquet | Mardi 6 juin 2017

L'Auditorium lance sa Démos

C'est un projet né à la Philharmonie de Paris, décliné petit à petit sur le territoire, qui va également faire escale à Lyon désormais, grâce à l'Auditorium emmené par sa directrice, Aline Sam-Giao. Ce dispositif vise à l'éducation musicale et orchestrale, le tout avec une vocation sociale : Démos convie des enfants de 7 à 14 ans, issus de zones rurales éloignées et de zones urbaines sensibles, à apprendre la musique classique ensemble, au sein d'un orchestre, gratuitement. Initié en 2010 en phase de test, le dispositif a commencé à se déployer en 2015. Selon le principe initial, chaque enfant est doté d'un instrument de musique, et va suivre quatre heures de cours par semaine, dans une structure proche de son environnement, sous l'égide de musiciens et d'animateurs sociaux. Une fois par mois, les enfants répètent en formule orchestrale. Et en fin d'année, un concert public est donné. En parallèle, des visites de lieux de culture (lutherie, musées) sont prévues. C'est ce dispositif que l'Auditorium a décidé d'adopter à son tour, dès la rentrée prochaine. Les contours de la version lyonnaise de Démos sont encore en cours de réflexion.

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Aline Sam-Giao, nouvelle directrice générale de l’ONL et de l'Auditorium

Auditorium Maurice Ravel | C'est donc Aline Sam-Giao qui devient directrice générale de l’Orchestre national de Lyon et de l’Auditorium Maurice Ravel, en remplacement de Jean-Marc (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 29 décembre 2016

Aline Sam-Giao, nouvelle directrice générale de l’ONL et de l'Auditorium

C'est donc Aline Sam-Giao qui devient directrice générale de l’Orchestre national de Lyon et de l’Auditorium Maurice Ravel, en remplacement de Jean-Marc Bador, comme l'a annoncé ce jeudi Audrey Azoulay, la ministre de la Culture. Depuis 2008, Aline Sam-Giao était administratrice générale de l’Orchestre des Pays de Savoie, aux côtés du chef Nicolas Chalvin, après avoir accompagné l’ensemble baroque Le Poème Harmonique du côté de Paris. Âgée de 40 ans, chevalier des Arts et des Lettres, elle a également été partie prenante du Festival Berlioz. Selon le communiqué envoyé par le ministère conjointement avec la mairie de Lyon, « son projet est fondé sur la recherche de l’excellence artistique, de l’ouverture à la diversité des publics de la musique et des esthétiques les plus variées. Elle entend miser sur le dynamisme et l’innovation (...). Elle poursuivra ainsi le travail de diffusion et d’animation de la vie musicale aux côtés des autres institutions et festivals lyon

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Une saison revue à la baisse

SCENES | Si priorité est donnée dans ces colonnes aux spectacles et aux artistes, impossible de faire l’impasse sur les gels ou amputations de budgets culturels annoncés par la Ville en juin. Explications avec Georges Képénékian, 1er adjoint au maire délégué à la culture et réaction des Subsistances et des Célestins. Nadja Pobel

Nadja Pobel | Mardi 8 septembre 2015

Une saison revue à la baisse

Les salles de la Ville – qui consacre 20% de son budget à la culture – risquent bien de devoir modifier leur offre de programmation dans les mois et années à venir. Car le 15 juin dernier, lors de l’annonce des grandes orientations budgétaires pour la période 2016-2020, le milieu a tremblé : pour combler le désengagement de l’État vis-à-vis des collectivités territoriales (moins 240 M€) et malgré un endettement calculé pour continuer à investir, deux domaines ont souffert plus que d’autres, le sport et la culture. Bilan pour cette dernière délégation : budget gelé pour l’Auditorium-Orchestre National de Lyon, l’Opéra et les Célestins, baisse de 150 000€ pour le musée des Beaux-arts et le Musée d’Art Contemporain, et de 450 000€ pour les Subsistances. «Ce n’est pas un rabotage, nous avons voulu prendre des options qui font sens sans faire dérailler le train plutôt que d’appliquer systématiquement - 8% à tout le monde. On a plutôt fait contribuer les maisons les plus grosses à cet effort pour préserver l’émergence. Et faire en sorte que les budgets cré

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La saison 2015/2016 de l'Auditorium

ACTUS | L’Orchestre National de Lyon et l’Auditorium viennent de dévoiler une saison 2015/2016 monumentale et foisonnante dont les promesses vont ravir les mélomanes avertis comme ceux qui voudraient faire leurs premiers pas dans le répertoire symphonique. Philippe Yves

Benjamin Mialot | Mercredi 29 avril 2015

La saison 2015/2016 de l'Auditorium

Du côté des monuments symphoniques, Leonard Slatkin dirigera les épiques 5ème (les 12 et 14 novembre) et 9ème (le 12 septembre) Symphonies de Beethoven avant de s'attaquer, plus tard, à Ainsi Parlait Zarathoustra (le 4 février 2016), la plus kubrickienne des œuvres de Richard Strauss. Plus généralement, les pianistes tiendront le haut de l’affiche, en témoignent les invitations aux solistes Hélène Grimaud (les 17 et 19 septembre), Nikolaï Luganski (18 et 19 décembre), Lang Lang (le 11 janvier) ou encore Murray Perahia, qui se produira avec la Londonienne Academy of Saint Martin in the Fields (le 4 juin). Parmi les pépites de la saison, notons les Kindertotenlieder, le chef d’œuvre endeuillé de Mahler, sous la jeune baguette de Lionel Bringuier (19 et 21 mai) ou encore la venue du chef d’orchestre Charles Dutoit à la tête du Royal Philharmonic Orchestra de Londres (le 20 octobre) ainsi que le retour de T

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L'Auditorium à la fête

MUSIQUES | A l'Auditorium cette saison, c’est champagne. Quarante bougies pour le lieu, soixante-dix pour son chef Leonard Slatkin, de nouveaux événements étonnants... De la musique comme s’il en pleuvait, de l’Amérique en découverte, de la danse, et même une intégrale des symphonies de Brahms. Une saison qui risque le trop ? Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mardi 23 septembre 2014

L'Auditorium à la fête

Jean-Marc Bador, directeur de l’Auditorium, a posé son style et la maison doit suivre. Il dépoussière, a envie, pense vite... Trop selon certains. Pourtant, il offre au public un choix inouï, varié, éclectique, sans perdre pour autant de vue l’option symphonique. «Une saison toute en couleurs qui porte au plus haut l’exigence artistique tout en s’aventurant avec délectation hors des sentiers battus». C'est ainsi qu'il nous résume son programme. Le décor étant posé, regardons de plus près ce patchwork musical. A commencer par les dix jours de fête qui marqueront les quarante années d’existence de l’Auditorium et qui verront, comme un cadeau, Serge Baudo donner le 8 février La Symphonie fantastique, lui qui avait dirigé cette même œuvre le 14 février 1975 à l’ouverture de l’Auditorium. Séquence émotion donc. Plusieurs fils rouge traversent le reste de la programmation. Les compositeurs américains, chers à Slatkin, vont ainsi côtoyer leurs homologues français, explorant ensemble les univers musicaux particuliers des deux pays. On entendra notamment Porgy and Bess (le 11 décembre) et We

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Peaux neuves

MUSIQUES | Il se passe quelque chose à l’Auditorium de Lyon. Un sentiment de plaisir retrouvé. Un nouveau directeur artistique doublé enfin d’un nouveau Directeur Général et la machine s’est mise en route. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 13 septembre 2012

Peaux neuves

Le nouveau Directeur Général de l’Orchestre national de Lyon vient d’être nommé. Jean-Marc Bador, 43 ans, actuel Directeur Général de l’Orchestre de Chambre de Paris, prendra ses fonctions le 1er octobre. Il aura la lourde responsabilité, après le passage très controversé de Laurent Langlois, de fédérer, de donner une vision limpide des aspirations artistiques de cette belle maison. On l’attendait un peu comme le Messie, il était là au concert d’ouverture, apparemment serein et déterminé. Jean-Marc Bador aux côtés du nouveau Directeur Artistique, Leonard Slatkin, c’est une double direction cohérente. Côté programmation, Slatkin a eu l’intelligence d’éradiquer ces festivals qui n’en étaient pas. Du culot pour nous monter sa patte, il en a eu dès l’Ouverture avec ce gigantesque Requiem de Berlioz qui a su attirer un public immense. Une salle bondée, un silence religieux, des applaudissements à tout rompre : l’émotion a su sortir de sa baguette pour atterrir directement dans nos trippes. Cette saison est lisible, du symphonique bien sûr mais un retour aussi des grands Oratorios, du Requiem de Dvorak au Via Crucis de Liszt, un cycle complet des concertos pour piano de Rachm

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Psitt ! Ohé ! le loup revient

MUSIQUES | Lorsqu’on est petit et que l’on a peur, on y va quand même, on y retourne, on transpire, on claque des dents, mais on en redemande. Le loup, celui qui (...)

Pascale Clavel | Jeudi 5 avril 2012

Psitt ! Ohé ! le loup revient

Lorsqu’on est petit et que l’on a peur, on y va quand même, on y retourne, on transpire, on claque des dents, mais on en redemande. Le loup, celui qui dévore la grand-mère du petit chaperon, celui qui s’époumone à souffler sur les maisons des cochons, le loup caché sous le lit : un héros. L’Auditorium propose une semaine rien que pour les enfants, une semaine où le loup va sortir du bois. Une série de concerts qui fera sonner des loups bien connus, celui de Prokofiev comme celui de Dutilleux, mais mieux encore pour les 8–12 ans : des ateliers autour du loup, si bien ficelés qu’on aimerait tous avoir dix ans. Jusqu'au dimanche 22 avril, les bambins vont voir les loups – les vrais – au parc de Courzieu, assister à une répétition de l’Orchestre National de Lyon, puis, immersion totale pour tous dans le monde de la création avec des ateliers vidéo, sculpture, fabrication de décors, visite technique de l’Auditorium… Cerise sur le gâteau, le célèbre Michel Richard – les plus grands salivent déjà – animera un atelier dégustation-découverte autour du chocolat et du loup ! Pascale Clavel

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Du nez et de l’air

MUSIQUES | De l’audace dans les deux grandes maisons lyonnaises, du culot et de l’inattendu : l’Opéra et l’Auditorium se transcendent. Il faut le redire, Lyon a su se doter de deux orchestres à rayonnement international ; c’est rare et c'est bon. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Jeudi 15 septembre 2011

Du nez et de l’air

A l’Opéra, la saison est réjouissante. Chostakovitch et un Nez très attendu en ouverture, un Parsifal qui n’avait plus retenti depuis 35 ans, une petite opérette d’Offenbach peu connue, le retour d’une brillante Carmen… Comment dire ? L’Opéra de Lyon se porte bien. La neuvième saison de Serge Dorny est éclectique, surprenante tant par les œuvres choisies que par les points de vus de chefs d’orchestres et de metteurs en scènes talentueux. Le fil conducteur, dont Serge Dorny a fait sa marque de fabrique, sera cette saison la quête. Sujet vaste, un peu fourre-tout mais qui a l’intérêt de rassembler nombre d’opéras. Le Nez arrive d’Aix où il a eu un franc succès. La mise en scène éblouissante de Kentridge y est pour beaucoup, la direction de Ono également. Parmi les autres productions, L'Enfant et les sortilèges de Ravel partagera une soirée enfance cruelle avec Le Nain d’Alexander von Zemlinski. Dans les audaces de l’année, citons Terre et cendres, opéra du compositeur contemporain Jérôme Combier, inspiré du roman d’Atiq Rahimi. Un conte sur la quête de la rédemption et de l’harmonie face à l’horreur de la guerre. L’incontournable Festival sera consacré à Puccini. Les trois opéras cho

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Palettes sonores

MUSIQUES | De l’Opéra à l’Auditorium en passant par Grame, le choix musical à Lyon est immense. Dans chaque lieu, la saison se poursuit avec une envie d’imposer des musiques riches en diversité : Incursion dans le temps, passage du sacré au profane, de l’éphémère à la durée. Pascale Clavel

Pascale Clavel | Mercredi 22 décembre 2010

Palettes sonores

Classique / Lorsqu’on veut prendre la température de la création contemporaine, on vient aux Journées Grame et on renifle l’air du temps. Toujours attendues avec bonheur, ces journées disent à elles seules, toute la pluralité de la création musicale. En 8 concerts, films, installations, Grame montre avec force son engagement politique, esthétique et intellectuel dans le processus de fabrication d’œuvres «interartistique». Du 8 avril au 20 mai, zoom sur la Chine et Taiwan, célébration de l’année du Mexique en France, hommage à Luigi Nono, sans oublier une place de choix faite aux compositeurs de la région ; la création musicale est vivante et se montre dans ce qu’elle a de plus vivifiant pour l’esprit. Petit panel : l’ensemble Forum Music de Taipei et les Percussions Claviers de Lyon présentent ensemble un concert «frappé». Les petites boîtes sonores reviennent, ces objets insolites nous invitant à découvrir un paysage musical rien qu’à soi. Sous l’impulsion du flûtiste Fabrice Jünger, Au-delà des perspectives du sacré soumet chaque auditeur à une sorte de contemplation intime dans l’acoustique du Temple du Change. Tout est en effervescence, tout bouillonne. De l’insolite, encor

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Chassé croisé à l’ONL

MUSIQUES | Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour (...)

Pascale Clavel | Jeudi 17 septembre 2009

Chassé croisé à l’ONL

Orchestre / Pour l’un, Laurent Langlois, nouveau directeur général de l’Auditorium/ONL, c’est une première saison, celle de tous les dangers. Pour l’autre, Thierry Escaich, compositeur en résidence, c’est la dernière saison, celle du bilan, celle qui clôt un travail riche et approfondi avec l’orchestre. En fil conducteur, omniprésent depuis quatre saisons, Jun Märkl, on trouve un chef qui a su développer une belle cohérence au sein de l’ONL, qui a su mieux que quiconque transmettre le plaisir et la rigueur de jouer ensemble et a donné des ouvertures musicales surprenantes par une programmation audacieuse. Le nouveau directeur général, Laurent Langlois, est un homme d’action et n’a pas attendu que cette saison passe pour marquer son empreinte. Dès la rentrée, sous son impulsion, trois belles nouveautés s’installent. La série ‘Chefs d’œuvres’ viendra au secours d’un public potentiel qui n’ose que rarement franchir les portes de l’Auditorium avec un prix très accessible proposé pour entendre des œuvres du grand répertoire. Cette saison, rien de moins que le Requiem de Verdi, la Symphonie Jupiter de Mozart et la 7e de Beethoven. Dans les nouveautés encore, la série ‘Orchestres invités’

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