Cinémas : chronique d'une reprise espérée

Réouverture des salles | Comme si de rien n’était, ou presque… La 93e cérémonie des Oscar s’est tenue fin avril, avec deux mois de retard par rapport aux années précédentes. Pendant ce temps, la planète cinéma demeure encore et toujours suspendue à l’évolution favorable d’une cohorte d’indicateurs, espérant une réouverture pérenne des salles. Résumé des épisodes précédents et état des lieux avant un retour (incertain) mi-mai…

Vincent Raymond | Mercredi 28 avril 2021

Photo : © VR / @gforestier / captures Twitter


La fermeture des salles de cinéma s'est désormais installée dans le paysage culturel et économique : à la différence de la période mars-juin 2020, elle constitue depuis fin octobre une parenthèse qui n'en finit plus de se refermer. Et les rebondissements incessants de la crise sanitaire, dignes d'un film catastrophe à l'issue incertaine, comme sa gestion internationale cacophonique, rendent le futur immédiat illisible. Partout dans le monde. Ainsi, si l'on jette un coup d'œil aux pays limitrophes de la France, seule l'absence d'harmonisation fait figure de cohérence : si la Belgique n'envisage pas de réouverture avant début juin (avec une jauge limitée à 200 personnes) et l'Allemagne la retarde encore en envisageant d'exiger la présentation d'un test Covid négatif de moins de 24h, les salles sont ouvertes au Luxembourg (depuis janvier avec distanciation et couvre-feu à 23h), en Espagne (suivant les restrictions locales des régions), en Suisse (depuis le 19 avril avec masque, distanciation et jauge), en Italie (depuis le 26 avril, avec couvre-feu à 22h)…

Et la France ?

Las, il ne suffit pas de décréter une date pour que les écrans se rallument par magie : comme des avions à l'affût d'un slot — un créneau horaire libre —, près de 400 œuvres attendent de disposer d'une date pour se frayer leur place dans les quelque 5800 salles hexagonales qu'elles doivent se partager. Des films inédits (Nomadland, The Father, récemment primés) ou retardés plusieurs fois (Slalom, Mandibules, Le Discours, La Nuée, Falling, Gagarine, Sans un bruit 2, Kaamelott…) mais aussi ceux méritant de poursuivre une carrière prématurément interrompue en octobre. D'autant que certains, ayant résisté à l'appel de la VOD, ont depuis glané leur content de récompenses prescriptrices : Adieu les cons, Antoinette dans les Cévennes ou même Drunk peuvent ainsi connaître un regain d'intérêt du public. D'un point vue pratique, il faut donc répartir les sorties, les équilibrer (grosses productions, films indépendants, continuations…) ; d'un point de vue organisationnel, que les distributeurs puissent les commercialiser “proprement”, c'est-à-dire qu'ils disposent de suffisamment de délais pour effectuer leur campagne de promotion, placarder des affiches, etc.

Sur la première question, l'ensemble de la filière a tôt compris que tout le monde irait au casse-pipe si chacun se livrait dès la réouverture à sa petite stratégie du rouleau-compresseur. Pour éviter un engorgement massif et des bras de fer à répétition se soldant par des recours sans fin auprès du Médiateur du cinéma — l'arbitre qui tranche notamment lorsque les exploitants n'arrivent pas à obtenir les copies d'un film —, les distributeurs ont esquissé la possibilité de se concerter pour planifier de concert (à titre exceptionnel et temporaire) leurs sorties. Proposition vertueuse pour l'écosystème, qui soulève paradoxalement un problème légal : en l'état du droit, l'Autorité de la concurrence saisie par précaution par le Médiateur du cinéma a estimé le 16 avril « qu'un accord temporaire de ce type [était] susceptible de constituer une entente prohibée par le droit de la concurrence national et européen mais qu'il pourrait en revanche, dans un cadre contentieux, bénéficier d'une exemption individuelle, à condition de remplir un certain nombre de critères » — dont, par exemple la garantie que le public bénéficie d'une offre diversifiée ou que d'autres formes de concurrences entre distributeurs subsisteraient par ailleurs. Malgré son apparence de casse-tête juridique, ce point n'est certes pas le plus complexe à démêler.

Car la seconde question, celle la date effective, risque de demeurer dans le flou jusqu'au dernier moment. Pendant des mois, les représentants des professionnels de la distribution et de l'exploitation se sont lamentés d'une absence de dialogue avec les autorités décisionnaires quant à l'ébauche d'un calendrier de reprise, en particulier le CNC et la rue de Valois. Il y a cependant eu des réunions avec une mission commune d'information du Sénat, laquelle a débouché le 13 avril sur diverses propositions dont une « reprise d'activité progressive et encadrée », c'est-à-dire avec distanciation physique, réduction à 50% de la jauge, pas de restauration/confiserie, etc. mais pas d'instauration de passeport vaccinal exigé à l'entrée non plus.

Voulant d'un tweet saluer ces débats, Roselyne Bachelot s'était faite vertement railler par les "professionnels de la profession" pour la vacuité de sa formule sans date et sa transparence ministérielle. Il faut dire que ceux-ci avaient moyennement goûté le fait qu'elle ait décommandé sans raison et la veille leur rendez-vous du 5 mars pourtant prévu de longue date autour d'une « réouverture graduée » (en réalité, pour aller admirer les chênes devant servir à la reconstruction de Notre-Dame…) puis déplacé celui du 11 au 12 mars…

Vers des ouvertures territorialisées et des jauges ?

La ministre de la Culture a pourtant réussi à reprendre la main indirectement dans les colonnes du Canard Enchaîné le 21 avril dernier : une indiscrétion laissait entrevoir qu'elle avait obtenu un accord de principe pour une réouverture des cinémas dès le 17 mai. Sous certaines conditions toutefois : qu'elle soit progressive, respectant des jauges d'abord à 35% des capacités des salles, puis à 65% trois semaines plus tard ; ensuite que les conditions sanitaires aient évolué favorablement. Loin d'être anodin, ce dernier point constitue l'aspect le plus préoccupant : on l'a bien vu avec la pandémie de la Covid-19, la vérité d'un jour peut être balayée par les résultats du lendemain, par l'apparition imprévue d'un variant ou d'un recombinant — la flambée indienne en témoigne…

La balle est à présent dans le camp du chef de l'État. En marge de sa visite le 26 mai dans une école de Melun, Emmanuel Macron a de son côté confirmé que les lieux culturels devraient rouvrir à la « mi-mai ». Avec, si l'on en croit la petite musique jouée à l'AFP, des « jauges [pouvant] varier en fonction des territoires, avec un seuil plancher à 35% » (selon le niveau de circulation du virus). Au dernières nouvelles [au mercredi 28 avril], une intervention du chef de l'État destinée à préciser les étapes du calendrier de réouverture à compter du 12 mai, serait programmée pour le vendredi 30 avril…

Reste un étrange paradoxe : on parle de réouverture alors que le nombre des personnes hospitalisées avec diagnostic Covid-19 au 26 avril est supérieur de plus de 15% par rapport à celui du 30 octobre — date de la fermeture — ; quant à celui des patients en réanimation, il a bondi de 30% ! Le monde de la culture, qui n'a jamais compté de cluster — comme le prouve encore le concert-test barcelonais —, a toujours donné des gages de sécurité mais s'est vu « non essentialisé » pendant six mois, pourrait avoir du mal à comprendre cette étrange lecture arithmétique…

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De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Edito | Ou comment créer de toute pièce une polémique remontant jusqu’à l’État — qui pourtant devrait avoir d’autres chats à fouetter — grâce à une poignée de secondes de vidéo sur les réseaux sociaux, montrant des jeunes se lâchant quelques instants à la fin d’un apéro en plein air, alors que le couvre-feu approchait.

Sébastien Broquet | Mercredi 31 mars 2021

De l'imaginaire fête sauvage sur les quais à Lyon, et de l'indignation sélective

Selon plusieurs médias, locaux comme nationaux, une « fête sauvage » aurait eu lieu ce mardi soir sur les quais de Saône, en plein centre-ville. Les plus réactionnaires d’entre-eux, du Figaro au Bonbon en passant par LyonMag, s’en offusquent vigoureusement, s’appuyant en grande partie sur quelques secondes de vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des politiques leur emboîtent le pas — Christophe Guilloteau, sur BFM, apparaît scandalisé. Sérieusement, le président LR du département du Rhône était donc le seul politique disponible pour donner son avis sur cette « fête sauvage » ? La ministre Marlène Schiappa n’a pu manquer l’occasion de se faire remarquer à son tour ce matin, stigmatisant les participants et participantes. Ces gens n’ont jamais fait la fête. Ou nous mentent. Assurément. Ils sauraient sinon qu’une grosse demi-heure de liberté et de joie arrachée à une année plombante, ce n’est pas une fête. Juste une soupape de sécurité, une cocotte-minute prête à exploser dont on prend soin de libérer un peu

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Festivals d'été, faut pas rêver

Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

Sébastien Broquet | Mardi 2 mars 2021

Festivals d'été, faut pas rêver

C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

Politique | La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, vient assister ce mercredi aux Victoires de la Musique Classique à l'Auditorium de Lyon.

Sébastien Broquet | Lundi 22 février 2021

Roselyne Bachelot à Lyon cette semaine

La ministre de la Culture sera à Lyon mercredi 24 et jeudi 25 février : Roselyne Bachelot, que l'on sait amatrice d'art lyrique, ne pouvait manquer les Victoires de la Musique Classique qui se dérouleront ce mercredi 24 février à l'Auditorium de Lyon. L'ancienne chroniqueuse des Grosses Têtes fera donc le déplacement en terre rhône-alpine afin d'assister à la cérémonie retransmise à 21h en direct sur France 3 et France Musique, et présentée par Marina Chiche et Stéphane Bern, avec l'Orchestre national de Lyon dirigé par Nikolaj Szeps-Znaider. Roselyne Bachelot se rendra ensuite jeudi matin à la Villa Gillet pour s'entretenir avec la directrice du lieu,

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Lyon : le préfet serre la vis

Covid-19 | Nouvelles consignes de sécurité et fermeté se sont invitées dans le discours de Pascal Mailhos, le préfet du Rhône, afin d'endiguer la propagation de l'épidémie de Covid-19. Ce qui, bien sûr, impacte encore un peu plus le secteur culturel.

Sébastien Broquet | Lundi 21 septembre 2020

Lyon : le préfet serre la vis

Le couperet est tombé lundi après-midi après un week-end d'inquiétude : lors d'une conférence de presse à la Préfecture du Rhône, Pascal Mailhos, le préfet, a annoncé les nouvelles mesures réclamées jeudi dernier par Olivier Véran, le ministre de la Santé, suite à la constante dégradation de la situation sanitaire. Et sans surprise, elles assomment un peu plus un secteur culturel et événementiel déjà... en apnée. La fameuse jauge de 5000 personnes autorisée au niveau national, qu'aucun organisateur n'a jamais vraiment su comment adapter et visiblement ajustable selon les départements et la sévérité de la préfecture locale, est abaissée à 1000 personnes, en extérieur comme en intérieur. Le préfet a précisé « assises » lors de son allocution, sans que ce soit précisé sur le site de la Préfecture, ce qui laisse un doute en ce qui concerne les musées, par exemple. À l'heure où nous bouclons, la précision ne nous a pas été apportée sur ce point. Une mesure qui de fait provoque l'annulation de plusieurs événements, Foire de Lyon et Vogue des Marrons en premier lieu. Et place un peu plus les équipes de la Fête des Lu

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Les salles de concerts se résignent

Covid-19 | Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations (...)

Stéphane Duchêne | Dimanche 6 septembre 2020

Les salles de concerts se résignent

Qu'on a été naïf de penser que peut-être la rentrée musicale se ferait sans trop de dégâts : en raison du passage du Rhône en zone rouge et des obligations sanitaires liées au Covid-19 — notamment "la distanciation d’un siège [qui] doit être observée entre le siège occupé par chaque personne ou chaque groupe de 9 personnes au plus" — le Sonic annule toutes ses dates prévues en septembre. Comme Le Farmer. De son côté le Transbordeur a reporté deux dates ces jours derniers (Zoufris Maracas le 4 septembre, Meute le 8) et redoute d'avoir à faire de même avec les dates à venir. Enfin, l'Épicerie Moderne et le Marché Gare ont été contraints de re-reporter la date d'Andy Shauf du 23 octobre, le chanteur américain ayant annulé sa tournée européenne. Le concert de Lara Fabian est aussi annulé. Quelque chose nous dit, comme Francis Cabrel, que c'est que le début.

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Le port du masque désormais obligatoire au cinéma et au théâtre

Covid-19 | Le port du masque sera désormais obligatoire pendant les séances de cinéma, les représentations de théâtre et dans les autres lieux culturels. Le premier (...)

Sébastien Broquet | Mercredi 26 août 2020

Le port du masque désormais obligatoire au cinéma et au théâtre

Le port du masque sera désormais obligatoire pendant les séances de cinéma, les représentations de théâtre et dans les autres lieux culturels. Le premier ministre l'a annoncé ce matin sur l'antenne de France Inter, où Jean Castex répondait aux questions de Léa Salamé. La décision a été prise mardi lors du conseil de défense. S'il a ajouté « oui, je dis aux Françaises et aux Français : allez au cinéma, allez au théâtre, vous ne risquez rien », il faudra donc être masqué. Ce qui, de toute évidence, devrait encore faire baisser la fréquentation des salles de cinéma déjà lourdement impactées depuis le début de la crise sanitaire. La date de mise en œuvre de cette mesure n'a pas encore été communiquée mais devrait être effective rapidement. La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, a ensuite précisé sur Twitter que dans les zones où le virus circulait peu, la distanciation sociale serait supprimée pour les lieux de spectacle et seul le port du masque serait obligatoire. Dans le

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Le Lyon Bière Festival annulé

Covid-19 | Pas d'édition en 2020 pour le rendez-vous des amateurs de bière artisanale. Rendez-vous est pris pour 2021.

Sébastien Broquet | Jeudi 23 juillet 2020

Le Lyon Bière Festival annulé

Face aux incertitudes demeurant en ce qui concerne la situation de la crise sanitaire à l'automne, le Lyon Bière Festival est à son tour annulé. Déjà reporté une fois aux 31 octobre et 1er novembre, après l'impossibilité de se tenir en avril comme prévu, le rendez-vous des amateurs de bière artisanale est cette fois annulé : il n'y aura pas d'édtion 2020 et il faudra attendre 2021 pour voir le cinquième volet de ce qui est le plus grand festival de bière artisanale en France se dérouler dans des conditions adéquates. Les organisateurs, Bieronomy et l'Agence Tintamarre (liée au Petit Bulletin), ont envoyé ce communiqué : « il y a encore quelques mois nous étions contraints de décaler notre cinquième édition aux 31 octobre et 1er novembre 2020, en raison de la situation sanitaire évidente. Nous étions loin de nous imaginer nous retrouver aujourd’hui dans une situation toujours aussi incertaine. Les mesures sanitaires indispensables à appliquer dans notre quotidien et dans nos événements, impactent lourdement toute notre organisation. Cap

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Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Covid-19 | Crash-test : la culture en PLS, en quelques jours, tel est le bilan immédiat de la crise induite par le Covid-19, virus pas très mélomane qui a mis a terre un pan entier de l’économie du pays — et pas n’importe lequel, celui qui donne du sens à nos existences tout en étant trop souvent pris pour partie négligeable, comme l’a montré sa gestion par un ministère de la Culture un brin largué. Du coup, on a questionné ici Florence Verney-Carron, vice-présidence à la Culture de la Région, et Loïc Graber, désormais ex-adjoint en charge du secteur à la Ville de Lyon. Pour savoir comment on réagit face à un tel uppercut quand on est aux commandes. Interview cut-up.

Sébastien Broquet | Mercredi 8 juillet 2020

Florence Verney-Carron / Loïc Graber : gestion de crise

Avant l’effondrement Loïc Graber : Quand j’ai pris mon mandat en 2017, je l’ai dit à plusieurs acteurs culturels : j’espère qu’on n’aura jamais à vivre un nouveau Bataclan. Je pensais alors à un attentat terroriste, susceptible d’entraîner une disparition du public des salles. Au quotidien, en tant qu’adjoint, on voit les budgets, les bilans des lieux : on sait ce qu’ils ont en réserve. Et je me disais, si jamais on doit surmonter quinze jours ou un mois de fermeture — je pensais ça à l’époque —, concrètement, ça va être très complexe. Les salles n’ont pas de réserve suffisante pour tenir plusieurs semaines sans public ! Impact dans… Florence Verney-Carron : Je prend conscience de la crise très tôt, puisque dès début mars on a les premières annulations — notamment Quais du Polar le 13 mars. On se rend compte avec Laurent Wauquiez qu’il faut fai

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Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Story | On connaît bien par ici cet illustre pensionnaire du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine, musicien et activiste américain autant que citoyen du monde, installé désormais à Barcelone. Moins peut-être son projet de tournée mondiale verte mené avec sa compagne, la musicienne et artiste Nova Ruth, aux commandes du bateau-scène Arka Kinari. Lequel lui vaut, à lui et son équipage, d'errer au milieu du Pacifique avec nulle part où accoster pour cause de confinement mondial des frontières. Récit de cette ubuesque aventure nautique malheureusement toujours en cours, aux rebondissements dignes d'un roman.

Stéphane Duchêne | Jeudi 18 juin 2020

Filastine et l'Arka Kinari, Lost in Pacific

Vous pensiez avoir vécu l'aventure de votre vie en étant confiné à la campagne avec belle-maman, dans un 50m2 avec votre progéniture et les programmes de CM2 et de Seconde, ou même seul en tête à tête avec Netflix et 18 litres d'alcool ? Attendez de lire celle qu'est en train de vivre l'équipage de l'Arka Kinari, une goëlette de 1947 quelque peu pimpée en mode durable par un des fameux pensionnaires du label lyonnais Jarring Effects, Grey Filastine et sa musicienne de compagne Nova Ruth. Depuis le mois de février, le musicien et son équipage composé de six personnes de nationalités diverses (américaine, portugaise, britannique, française, espagnole) sont "coincés" en plein milieu du Pacifique sans nulle part où accoster pour cause de lock-out mondial. La mésaventure a commencé comme une aventure tout court, plutôt très belle en plus, lorsque Grey Filastine et Nova Ruth se questionnant sur le bilan c

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Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Palais Idéal du Facteur Cheval | Comme beaucoup de responsables d’institutions culturelles, Frédéric Legros se souviendra du printemps 2020 comme d’une saison non en enfer, mais au purgatoire. Le directeur du Palais Idéal du facteur Cheval se projette néanmoins avec confiance dans l’avenir…

Vincent Raymond | Vendredi 29 mai 2020

Frédéric Legros : « on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts »

Comment s’est déroulée votre réouverture ? Frédéric Legros : Pour tout vous dire, nous nous attendions à rouvrir en juin. Et au cours d’une conférence de presse, le préfet de la Drôme a annoncé qu’il invitait les musées et différentes structures du département à rouvrir au public, dont le Palais Idéal — seule structure nommément citée. On a donc accéléré le travail en cours sur le protocole de réouverture qui passait notamment par la mise en place d’une billetterie en ligne et d’un système de réservation, ce qui n’avait jamais existé au Palais. On l’avait prévu pour juin afin de gérer les flux, et au finale on a travaillé deux fois plus vite pour être prêts. Mais c'était plutôt heureux d’avancer dans ce sens. D’autant que ça été vécu vraiment comme une bonne nouvelle, et un très bon signe. La semaine dernière j’ai fait une réunion en visio avec les différents partenaires de la Communauté de commune — 39 communes entre l’Ardèche et l

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Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

Cinéma | Situation ubuesque en France où, sur fond de pandémie, le principe du drive-in (voire du cinéma en plein air) se trouve menacé par la puissante Fédération Nationale des Cinémas Français. En Métropole lyonnaise, cette crise se donne même des airs de duel de western…

Vincent Raymond | Samedi 16 mai 2020

Drive-in, drive out : retrait de permis en vue pour les séances en plein air ?

C’est un bien étrange feuilleton qui se joue derrière les projecteurs. Alors que les spectateurs privés de séances se reportent depuis le début du confinement sur les offres de streaming, et que la réouverture des salles ne s’esquisse pas avant le début, voire la mi-juillet, selon les derniers échos du Ministère de la Culture et de l’ensemble de la profession, on commence à entendre parler ici ou là de drive-in. Il faut dire qu’ailleurs en Europe, ce recours à la voiture pour sortir tout en restant confiné fait florès : le Festival Art Parking de Prague a été un triomphe, quant au Danemark à l’Allemagne et à la Pologne, ils l’ont adopté pour des concerts… ou des messes. En quelques jours, les spectateurs lyonnais voient des propositions concurrentes éclore. Malheureusement, et c’est assez paradoxal, aucune ne risque de voir le jour. Indissociable du chromo nostalgique de l’Amérique des fifties — celle de l’après-guerre qui roule —, le drive-in n’est pourtant pas une nouveauté en terre lyonnaise, o

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Woodstower, évidemment, annulé

Festival | Woodstower a officialisé à son tour l'annulation de son édition 2020, après avoir pris le temps de réfléchir à un éventuel report à l'automne, au-delà de la date (...)

Sébastien Broquet | Vendredi 15 mai 2020

Woodstower, évidemment, annulé

Woodstower a officialisé à son tour l'annulation de son édition 2020, après avoir pris le temps de réfléchir à un éventuel report à l'automne, au-delà de la date fatidique du 1er septembre. Mais ce report s'est révélé impossible : « ces dernières semaines, nous avons voulu y croire jusqu’au bout avec la ferveur et l’optimisme qui nous animent depuis toujours, mais les dernières directives du gouvernement interdisant les rassemblements de plus de 5000 personnes jusqu’à septembre nous contraignent à annuler le festival. Nous avions bien conscience que c’était une issue possible mais, jusque-là, nous avions envisagé toutes les hypothèses pour tenir le festival : réduire la jauge à moins de 5000 personnes, reporter le festival en septembre… mais aucune de ces possibilités n’étaient malheureusement viables. En concertation avec notre partenaire et terre d’accueil le Grand Parc Miribel Jonage, nous avons dû prendre cette triste décision : le festival Woodstower n’aura pas lieu cet été » indique l'équipe dans un communiqué envoyé ce vendredi 15 mai au matin. Les date

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Chronologie des médias vs. Covid-19 : Chronos contre Thanos

ECRANS | La fermeture des salles de cinéma en France, comme sur la quasi totalité de la planète n’est qu’un aspect (un symptôme) de la vitrification de l’industrie du 7e Art — tous les tournages s’étant stoppés. Cette mise en sommeil a des répercussions immédiates considérables…

Vincent Raymond | Mardi 31 mars 2020

Chronologie des médias vs. Covid-19 : Chronos contre Thanos

Dans Avengers : Endgame, plus gros succès au box-office mondial de l’Histoire, les mutants de Marvel triomphaient de Thanos, super-vilain ayant résolu de “rectifier“ l’Univers en sacrifiant aveuglément la moitié de son effectif. Si la létalité du Covid-19 n’atteint pas (heureusement). un aussi macabre ratio, la tentation est grande de voir dans ce fléau viral une menace aussi redoutable contre le cinéma. Contre les cinémas, et tout particulièrement en France. Pourquoi cette exception ? À cause justement de “l’exception culturelle”. L’état des choses Pour protéger son parc cinématographique de la concurrence d’abord télévisuelle, puis vidéographique (VHS, DVD…), de la location et enfin de tous les opérateurs Internet (VOD) — non seulement diffuseurs mais aussi souvent par obligation, coproducteurs de leurs contenus — la France a adopté dès 1980 une règle hiérarchique de diffusion des œuvres après leur première

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Manu Dibango est décédé

Covid-19 | Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de (...)

Sébastien Broquet | Mardi 24 mars 2020

Manu Dibango est décédé

Manu Dibango est décédé ce mardi 24 mars, des suites du Covid-19. Sa famille avait annoncé le 18 mars qu'il était contaminé. Le saxophoniste, collaborateur de nombreux musiciens, était âgé de 86 ans. Ses proches l'ont confirmé dans un communiqué : « chers parents, chers amis, chers fans, une voix s’élève au lointain… C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons la disparition de Manu Dibango, notre 'Papy Groove', survenue le 24 mars 2020 à l'âge de 86 ans, des suites du Covid-19 » Il était l'auteur d'un hit au parcours unique, Soul Makossa, passé de face B à sample de Michael Jackson dont l'histoire est retracée dans ce podcast :

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Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Covid-19 | Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, (...)

Sébastien Broquet | Lundi 23 mars 2020

Le Ninkasi met à disposition des soignants son stock d'alcool neutre

Face à la pénurie de gel hydroalcoolique et à l’urgence de la situation, le Ninkasi se mobilise et soutient l’ensemble du personnel soignant, pharmacies, centres hospitaliers, en leur mettant à disposition les 181 litres d’alcool neutre présents dans sa distillerie de Tarare. Les soignants qui le souhaitent peuvent récupérer cet alcool gracieusement auprès d’Alban Perret, maître-distillateur du Ninkasi en le contactant au préalable à l’adresse suivante : alban.perret@ninkasi.fr.

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Toutes les annulations et reports de spectacles à Lyon

Covid-19 | Les annulations et reports s'accumulent dans presque toutes les structures de la métropole, impactant durement tout un écosystème déjà fragile. Voici ce qui nous a été communiqué. Nous mettrons cet article à jour au fur et à mesure. (dernière mise à jour : samedi 14 mars à 18h)

La rédaction | Jeudi 12 mars 2020

Toutes les annulations et reports de spectacles à Lyon

#Update Édouard Philippe a annoncé la fermeture samedi 14 mars dès minuit de tous les « lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays » : restaurants, discothèques, bars, commerces non nécessaires, etc. Musique L'Auditorium annule l’ensemble des manifestations publiques (concerts, ateliers, conférences…) prévues jusqu'au 15 avril. ➜ En savoir plus sur : bit.ly/aonlcovid19 Tous les évènements au Bellona Club sont annulés jusqu'à nouvel ordre. À la Halle Tony Garnier, plus rien ne se déroulera jusqu'au 15 avril. - Gims a été reporté au 1er juillet. - Thérapie Taxi est repoussé au 27 mai. - Patrick Bruel au 18 septembre. - M au 29 septembre. - Simple Minds et d'autres r

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Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de "Kooza"

Covid-19 | Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril (...)

Sébastien Broquet | Mardi 10 mars 2020

Le Cirque du Soleil annule toutes ses représentations de

Le Cirque du Soleil vient d'annoncer l'annulation de l'intégralité des représentations de Kooza qui devaient se tenir au Parc OL du 19 mars au 26 avril 2020. Le communiqué précise que « menant des opérations partout dans le monde, le Groupe Cirque du Soleil met régulièrement à jour ses procédures et applique des mesures spécifiques à chaque région du monde et à chaque projet. Bien que cette situation résulte de circonstances indépendantes de sa volonté, le Cirque du Soleil s'excuse de tout inconvénient que cette annulation pourrait causer. L’équipe de planification des tournées du Cirque du Soleil travaille dès lors à l’élaboration de la prochaine visite d’un de nos Grands Chapiteaux à Lyon. » Tous les billets seront remboursés. Le service clientèle peut être contacté au 00 800 1 548 0000.

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Annulations et reports en cascade

Covid-19 | Le virus Covid-19 qui se répand partout dans le monde a contraint le gouvernement à limiter les rassemblements publics à 1000 personnes jusqu'au 15 avril : tour d'horizon des salles impactées.

Sébastien Broquet | Lundi 9 mars 2020

Annulations et reports en cascade

C'est un jeu de massacre qui se déroule sous nos yeux dans le secteur fragile de la culture et celui du divertissement, qui touche tout un écosystème par ricochet. L'annonce dimanche soir par le ministère de la Santé de l'interdiction des événéments réunissant plus de 1000 personnes, réduisant ainsi encore la jauge qui la semaine précédente était fixée à 5000 personnes, impacte directement nombre de structures. D'autant que contrairement au premier arrêté, cette fois aucune différenciation n'est faite entre extérieur et intérieur. Si du côté du secteur sportif, les compétitions peuvent encore se jouer à huis clos — c'est le cas par exemple du match entre l'Olympique Lyonnais et Reims ce vendredi au Parc OL — du côté du spectacle vivant, bien entendu, jouer sans public est impossible. Au Ninkasi, la jauge du Kao étant de 735 places, tout est maintenu. À L'Épicerie Moderne comme pour le programme Hors les Murs du Marché Gare, idem : les jauges sont inférieures. À l'Opéra, c'est plus compliqué : la jauge est de 1100 personnes et les représentations de Rigoletto sont compl

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