Singa met en relation réfugiés et accueillants

Solidarité | Une chambre libre, l’envie d’accueillir et de vivre une expérience interculturelle, et de la bienveillance. Ce sont les seules conditions nécessaires à l’accueil de personnes réfugiées avec le programme J’accueille de Singa.

Louise Grossen | Mardi 24 août 2021

Photo : © Kenia Sadoun / Ricardo Espinoza


« On veut casser la relation aidants-aidés. Notre logique, c'est le faire-avec. Pas le faire-pour » explique Birgit Vynckier, membre du mouvement citoyen Singa — le fil, en lingala. Une communauté de 2700 membres à Lyon, 50 000 dans toute l'Europe, avec un objectif : favoriser les liens entre les personnes réfugiées et les citoyens de la société d'accueil. Pour ce faire, plusieurs leviers sont mis en place, dont le programme J'accueille qui met en relation les habitants disposant d'une chambre libre et les personnes bénéficiaires de la protection internationale sans solution de logement. « L'idée n'est pas seulement de proposer un hébergement, mais surtout un accueil, du partage, de l'échange interculturel entre accueillants et accueillis. Il faut que tout le monde y gagne. »

Un programme né d'un double constat : d'un côté, des milliers de personnes réfugiées bénéficiant de la protection de la France se retrouvent sans solution de logement stable ni de contact avec les membres de leur société d'accueil. De l'autre, des milliers de citoyens manifestent leur souhait d'ouvrir leur porte à une personne réfugiée.

« Grâce à J'accueille, les personnes réfugiées acquièrent la stabilité leur permettant de se consacrer entièrement à leurs projets. Certains reprennent leurs études (42, 4%), d'autres ont enfin le temps de rechercher un emploi ou une solution de logement pérenne ou même de monter des projets entrepreneuriaux. »

Parmi les personnes accueillies : des adultes (68% d'hommes et 21% de femmes), des familles (12%) mais aussi des enfants (11%). Au total, 630 personnes ont été accueillies par 2000 accueillants depuis le début du dispositif.

Un dispositif qui pâtit de la crise sanitaire

« Le Covid a vraiment impacté le programme. Comme les personnes ont eu peur du virus, elles ont eu tendance à se renfermer et ne plus souhaiter accueillir, ou à repousser la démarche. Ce qui est entendable, car intégrer une personne à temps plein dans sa vie privée en plein confinement, c'est vivre H24 avec elle. C'est quelque chose qui peut effrayer. »

Problème : le niveau de demande lui, ne cesse de croitre. À ce jour, ce sont quinze accueils qui ont lieu en simultané à Lyon. Trop peu. « L'idée, c'est d'avoir un roulement avec les familles. Souvent elles démarrent pour un mois, pour tester. 95% rejoignent l'aventure et prolongent l'hébergement. Certaines familles accueillent un an sans problème. »

Des démarches simplifiées

Pour accueillir, il faut pouvoir proposer une chambre fermée pendant au moins trois mois et habiter à Lyon, en région parisienne, à Montpellier ou à Toulouse. « On accompagne les familles dans toutes les démarches de l'accueil, avant, pendant, et après. Si tu souhaites accueillir, le processus peut se faire très vite, parfois en quinze jours »

Comptez dix étapes au total, de l'inscription à la prise de décision (réunion d'information, rencontre avec des accueillants, première mise en relation, accompagnement social et administratif…) « Ensuite, on signe un contrat tripartite entre Singa, les personnes accueillies et les familles. Ça c'est pour le très formel. Puis on élabore une charte d'accueil rédigée entre les accueillis et les accueillants. Ça évite certaines formes de frustration et ça permet de s'assurer de l'adéquation des attentes réciproques. »

J'accueille travaille en lien avec des experts du travail social : « ça déleste la famille des responsabilités qui ne sont pas les siennes, comme l'administratif ou le juridique. Le tout, c'est de vivre une belle aventure et de passer des moments de qualité ensemble. C'est génial de voir comme les personnes reprennent confiance en elles grâce aux familles. » Et pour les plus frileux de l'hébergement long, l'association a développé Les Vacances O Calm, une déclinaison du programme offrant la possibilité d'accueillir sur quelques jours, pendant des périodes de vacances.

Singa
Tuba, 145 cours Lafayette, Lyon 6e
T. 07 69 54 61 91
www.jaccueille.fr

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Studio Hirundo : le monde en "Faces"

Sono Mondiale | Le vendredi 12 mars a paru "Faces" de Studio Hirundo, un album 6 titres disponible sur Soundcloud, Bandcamp et YouTube, réunissant une poignée d'individualités en exil. Un projet porté par un quatuor d'étudiants de Lyon 2 avec le soutien de l'association Singa et du Jack Jack. Une belle initiative qui a su se muer en projet artistique à la découverte à la découverte de voix fortes.

Stéphane Duchêne | Lundi 15 mars 2021

Studio Hirundo : le monde en

Au commencement est un projet académique dans le cadre du Master développement de projets artistiques et culturels internationaux à Lyon 2. Quatre étudiants tous musiciens et désireux de faire leur trou dans ce milieu autant qu'intéressés par les liens qu'entretiennent le social et l'artistique projettent une idée un peu folle : créer et enregistrer en cinq mois, à partir d'octobre 2020, un album multiculturel qui puisse être un vecteur d'expression et de visibilisation des personnes exilées, musiciens ou pas. Les quatre se rapprochent alors de l'association Singa, « association et mouvement citoyen qui propose des espaces de rencontres et d'échanges avec des personnes nouvellement arrivées et des membres de la société d'accueil », nous détaille Leïla, l'une des quatre étudiantes à la racine du projet. Rapidement, ils deviennent porteurs de projets pour Singa dans l'idée « de se regrouper autour de la musique et des textes et de montrer notre diversité. » L'association se fait notamment le relais de l'appel à candidature qui voit affluer les participants. Parmi eux, Camara qui

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Ramadan Bozhlani : « je suis un poète sans papier »

Poésie | Dan Bozhlani, poète et écrivain publié en Albanie, a trouvé refuge à Lyon, mais n'a toujours pas de papiers. Demandeur d'asile en sursis, il continue d'écrire sans répit. Pour être vivant.

Sébastien Broquet | Lundi 11 juin 2018

Ramadan Bozhlani : « je suis un poète sans papier »

Une force éclatante qui s'empare de la pièce, un regard clair et perçant posé sur vous et le ton décidé d'un homme qui sait ce qu'il veut, malgré tout : Ramadan Bozhlani dégage une présence peu commune, planqué sous sa casquette qui ne le quitte jamais ; « je la garde pour la photo, les gens ne me connaissent qu'avec ma casquette ». De son passé, on ne saura que peu, sinon que le jeune homme est né à Vushtrri, au Kosovo, pays qu'il a quitté suite à la guerre. Dan, comme on l'appelle, préfère parler d'avenir, qu'il imagine fertile pour mieux oublier le présent, accaparé par les turpitudes de l'administration française qui lui a refusé par deux fois l'asile, c'était à Bourg-en-Bresse où il est arrivé en septembre 2012. « À chaque fois, j’ai été déçu : réponse négative. Je vais déposer un nouveau dossier, cette fois à Lyon, en juillet. Je pense qu’ici ils peuvent accepter un poète. Lyon est un épicentre de culture et je suis dans cette ville depuis deux ans. » Lyon est devenue « ma ville de cœur et la France, ma seconde patrie. Les gens me demandent parfois pourquoi j’aime autant un pa

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Margot Chevignard : « Notre bénéficiaire, c’est la société »

Initiatives | L'association Singa, dont une émanation est active à Lyon depuis 2015, n'œuvre pas pour les réfugiés. Elle agit avec. Et c'est toute la différence, cette inclusion, permettant à chacun d'apprendre à connaître l'Autre, de découvrir comment construire ensemble en combinant les compétences. Précieux.

Sébastien Broquet | Lundi 11 juin 2018

Margot Chevignard : « Notre bénéficiaire, c’est la société »

Singa ? Margot Chevignard : C’est une association née en 2012, à Paris, fondée par trois amis, Nathanaël Molle, Guillaume Capelle et Alice Barbe. Leur constat : les personnes réfugiées ont énormément de barrières bloquant leur intégration socio-économique dans leur société d’accueil. Pourquoi ? La plupart des Français qu’ils connaissaient sont payés pour les accompagner. Bizarrement, ils vivent en France, mais c’est difficile pour eux de rencontrer la société qui les accueille. En parallèle, il y a une image très négative des personnes réfugiées, les médias confondent les termes, on parle de vague, de flux… Alors que les réfugiés sont des personnes, avec des compétences, des expériences. Des envies. Toute cette partie est souvent éludée. Ils se sont dit : comment faire pour permettre une meilleure intégration ? L’idée : la rencontre. Les deux entendent beaucoup parler l’un de l’autre, mais ne se connaissent pas. Donc, créer des espaces pour permettre les rencontres et permettre aux personnes réfugiées une meilleure compréhension de la société dans laquelle ils vivent. Et offrir un autre regard aux accueillants. C’est de là que Singa est né. À Ly

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Nasruddin Gladeema : « l’art est toujours sans frontières »

Documentaire | À 38 ans, Nasruddin Gladeema s’apprête à présenter le premier documentaire issu de sa société Nuvoscale Productions. Accompagné par Singa, il travaille à la Cordée Valmy (Lyon 9e) où ses co-workers l’appellent du diminutif Glad — heureux. Heureux, il l’est aujourd’hui.

Vincent Raymond | Lundi 11 juin 2018

Nasruddin Gladeema : « l’art est toujours sans frontières »

À quel moment avez-vous choisi de vous exprimer dans le champ artistique ? Nasruddin Gladeema : Officiellement, je suis un artiste depuis l’an dernier, 2017, quand j’ai créé Nuvoscale Productions, une entreprise spécialisée dans le domaine de la production audiovisuelle. Je la présente toujours comme une plateforme d’échanges créatifs entre des artistes “accueillants“ et d’autres qui arrivent et dont la situation administrative ou le statut varie entre réfugiés et migrants. Mais en fait, dès mon arrivée en France en 2011, alors que j’étais demandeur d’asile, j’ai cherché un chemin artistique pour me stabiliser. À quel endroit viviez-vous ? J’ai commencé ma vie en France à Grenoble — une ville incroyable pour moi, car entourée de montagnes. Je n’en avais jamais vues de pareilles puisque je suis né et ai grandi à Khartoum (Soudan) ; il n’y a pas de montagnes là-bas. Cet espace blanc en face de moi a donc été un premier grand changement. Et d’une certaine manière, mon premier projet artistique après mon arrivée à Grenoble a été de trouver un sens à ma présence en France.

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Paroles de réfugiés

Conférence | Des réfugiés racontent leur parcours créatif.

Lisa Dumoulin | Samedi 24 juin 2017

Paroles de réfugiés

Une soirée pour découvrir le parcours de huit personnes réfugiées mais avant tout pleines de projets. Rwandais, syriens, bangladais, français, gabonais, et afghan, ils ont décidé de monter leur association, leur entreprise, de reprendre leurs études... Sur le format d'une conférence TED, ils présenteront leurs parcours atypiques. L'humoriste Karim Duval animera la soirée.

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