Benjamin Petit : « atteindre d'ici trois, quatre ans le véritable potentiel du Marché Gare »

SMAC | Rénové – et même pratiquement reconstruit – de fond en comble sur son site de Confluence, le nouveau Marché Gare ne rouvrira pas avant le printemps 2022 mais l'équipe bénéficiera d'un outil propre à satisfaire de nouvelles ambitions. On a fait le point sur le projet avec Benjamin Petit, son directeur, et Nathalie Perrin-Gilbert, adjointe à la Culture de la Ville qui a fait grimper considérablement l'enveloppe municipale en même temps que la subvention allouée à la SMAC lyonnaise.

Stéphane Duchêne | Mercredi 22 septembre 2021

Photo : © DR


Le projet a beaucoup évolué notamment pendant la démolition d'une partie de l'ancien Marché Gare. Comment a-t-il pris forme, avec quel nouvel engagement de la Ville ?
Nathalie Perrin-Gilbert : Au départ, on avait une enveloppe Ville de 500 000€, aujourd'hui elle s'est engagée à auteur d'1, 5M€, la Métropole 2M€ : on a un projet de 3, 5M€ mais parce que le projet s'est amélioré au fur et à mesure.
Benjamin Petit : C'est vrai qu'il y a eu ce premier programme, ensuite il y a eu une nouvelle ambition portée par la Ville sur cet équipement. Mais il n'y a pas eu une escalade du budget, c'est l'enveloppe qui a été revue à la hausse. C'est à partir de là qu'on a pensé un nouveau projet plus ambitieux dans lequel on a pu faire passer nos idées pour cet équipement.

Quel regard portez vous sur le projet tel qu'il est aujourd'hui ?
NPG : Sur le projet culturel, je suis ravie d'hériter de cette décision concernant le Marché Gare, qu'une nouvelle salle dédiée aux musiques actuelles se développe comme cela. La Ville de Lyon veut conforter ses deux SMAC, le Marché Gare et le Périscope. Et qu'on assiste à un vrai développement de ce pôle. Ce qui m'intéresse aussi au-delà de ces deux lieux, c'est un dispositif plus global, un réseau. Ce n'est pas pour rien si on a gardé la Halle Tony Garnier dans le giron public. Ce qui m'intéresse c'est de voir comment on conforte cette filière avec le Transbo, le Périscope, le Marché Gare, un certain nombre de petits lieux ; de créer des projets communs et des passerelles entre ces lieux. Mon sujet en tant qu'adjointe à la Culture c'est de conforter nos acteurs locaux. Pour ça on a besoin d'équipes, de lieux de diffusion, de création, de répétition, de résidence, d'accompagnement vers la professionnalisation. De fixer une activité culturelle et artistique mais aussi une économie, de l'emploi, de garder aussi des talents. Le Marché Gare est un élément de ce tout. Un élément très important.

L'idée c'est d'apporter l'épaule de la Ville au travail coopératif qui existe entre toutes les salles depuis un bon moment ?
NPG : Le rôle du politique ce n'est certainement pas de se mêler de choix artistiques mais de fixer des orientations générales. Cette orientation c'est cette coopération entre les lieux et les structures et comment on conforte une filière.

BP : C'est très spécifique à Rhône-Alpes et encore plus présent à Lyon. Ça vient du fait qu'on a un écosystème très riche ici. Contrairement à d'autres villes où il va manquer des producteurs de spectacle forts, des labels identifiés, des lieux qui rayonnent. À Lyon on a tout, tous les métiers, beaucoup d'esthétiques, des professionnels reconnus. Cette vivacité alimente un terreau artistique et commercial très riche, hyper stimulant. Et l'échelle de la ville qui reste assez humaine fait que tout le monde se connaît, on n'est pas dans l'anonymat et le libéralisme sauvage de Paris.

Quel rôle va jouer le Marché Gare ?
BP : Le projet du Marché Gare dont j'ai hérité était déjà très marqué par cet esprit. Parce que les caractéristiques de l'équipement et son projet initial sont très importants. Cette jauge qui va passer de 300 à 400 est très spécifique. On doit rester dans ce créneau-là, cette jauge est essentielle car c'est celle qui fait le lien entre les cafés-concerts et les plus grosses salles, comme l'Épicerie Moderne ou le Transbo. On est vraiment dans cette posture d'interface, de carrefour entre les métiers et entre les esthétiques. Certaines salles sont spécialisées et font un travail remarquable comme À Thou Bout d'Chant, notre vocation à nous c'est d'être pointus dans les différentes esthétiques.

Avec ce nouvel outil qui va gagner un tiers de capacité plus un club, qu'est-ce que ce nouveau Marché Gare va apporter de plus ?
BP : Il y a en effet cette deuxième scène, qui n'était pas prévue initialement. C'est venu en cours de route. Et on ne se doutait pas que cet apport allait modifier le projet culturel. On a un continuum de jauge entre 30 places minimum sur ce club et 400 pour la grande salle, on peut agir sur ce spectre sans angle mort. On peut donc répondre aux besoins d'artistes en tout début de parcours, amateurs expérimentés, jusqu'à des artistes de renommée nationale et internationale. On va pouvoir travailler en lien avec le Périscope sur un artiste qui aura besoin d'une toute petite configuration pour un premier concert et qui ensuite ira chez eux, ou à l'inverse accueillir un artiste du Kraspek qui va jouer sur la grande scène. On gagne énormément en adaptabilité et en lien potentiel avec les autres acteurs, en typologie d'artistes concernés, qu'on va pouvoir tantôt faire découvrir, tantôt faire travailler en résidence. Avec deux scènes on gagne en capacité d'occupation de plateaux. On a les bases d'un projet prometteur, à nous de réaliser son potentiel.

Tout cela va nécessiter un budget plus conséquent et davantage de moyens humains que les quatre permanents actuels...
BP : Oui, ces quatre permanents pour un lieu comme le Marché Gare sont déjà une exception voire une aberration en l'état actuel et ce sera intenable avec la transformation de l'outil. Il va falloir être prudent, surtout au vu du contexte de ces derniers mois mais la montée en puissance est obligatoire, on n'a pas d'autre choix que de passer un cap pour atteindre d'ici trois ou quatre ans le véritable potentiel de cet équipement. Je me réjouis donc de cette hausse de subvention de la Ville, que l'exécutif aille plus loin dans son accompagnement.

NPG : Avec la DRAC, la Ville de Lyon essaie d'être en construction de politique publique. Faire progresser la subvention de la Ville à hauteur de 100 000€, c'est indiquer à la DRAC, à l'État, que la Ville continue à accompagner mais en plus passe un cap. Je crois beaucoup à la stratégie des effets leviers. Si nous faisons ce pas, ça peut engager l'État à aller de l'avant aussi. Il y a aussi la question de la Métropole qui est davantage dans un soutien à la constitution des filières. La question est comment on avance ensemble sur des objectifs de politique commune. La Ville toute seule ne peut pas soutenir ce développement mais peut initier un effort conjugué.

Vous avez identifié clairement vos besoins en termes de budget et en termes humains pour passer le cap évoqué ?
BP : Oui. Bien sûr, il ne s'agit pas de vivre aux crochets des collectivités publiques. Mais en même temps le traitement réservé aux musiques actuelles est presque discriminant dans les politiques publiques. On a des recettes propres à développer et le nouvel outil va favoriser ça. En revanche, cette gestion des ressources propres répond à des missions de service public pour lesquelles on obtient des subventions, c'est un modèle particulier qui a vraiment deux jambes. Et donc il faudra faire progresser le budget jusqu'à 850 000€ d'ici trois ans quand il était de 550 000 avant la fermeture. C'est pour ça que je ne veux pas parler en termes de subventions, ce n'est pas comme ça qu'il faut voir les choses. On pourrait faire progresser le budget en augmentant le prix des entrées — on est une des salles de ce type les moins chères de France — mais on ne souhaite pas actionner ce levier. Il faut savoir faire bouger un ensemble de curseurs petit à petit. Je pense aussi que d'ici trois ans, il faudra que les effectifs aient doublé pour espérer une progression d'un tiers de l'activité avec 130-140 concerts par an.

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Fagor-Brandt, ce sera jusqu'en novembre 2023

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Grand Hôtel-Dieu : pour NPG, « l'époque des artistes non rémunérés est révolue »

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Sébastien Broquet | Jeudi 17 juin 2021

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« Une scène ouverte pour célébrer la performance artistique » : c'est ainsi qu'est présentée la programmation estivale et musicale du Grand Hôtel-Dieu, qui a installé dans la cour St-Henri une scène pour des concerts devant se dérouler tout l'été, dès le samedi 19 juin à 20h, jour où est programmée l'artiste folk Thaïs Té. Et c'est gratuit. Pour le public... Mais aussi pour les artistes : aucune rémunération n'est prévue pour eux. Et c'est bien là que se niche le problème. Le gros problème. Car nombre d'entre eux ont vivement réagi sur les réseaux sociaux à l'appel à projets lancé sur Instagram et Facebook. Pour résumer l'avis quasi général, le temps de l'artiste rémunéré en visibilité pour se faire connaître, c'est terminé. Musicien, c'est un travail, comme un autre. Sur Facebook, l'organisation a répondu ainsi : « cette scène ouverte s'adresse essentiellement à des artistes en devenir. Nous souhaitons permettre à de jeunes artistes et groupes locaux de présenter leur talent en mettant à leur disposition une scène et

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Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

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Stéphane Duchêne | Mardi 30 mars 2021

Marché Gare : lancement de la deuxième phase des travaux

Voilà un an et demi que le Marché Gare est fermé. Non pas à cause du Covid-19 mais parce qu'à la rentrée 2019, la salle labellisée Smac en 2018 a commencé de subir d'importants travaux de rénovation afin d'offrir un plus bel écrin à ses différentes activités. En attendant, jusqu'à la crise sanitaire, le Marché Gare investissait les scènes de ses confrères pour des concerts hors-les-murs labellisés "L'Équipée sauvage". La démolition des "ailes" du bâtiment-porche étant achevée, les travaux entrent désormais dans leur seconde phase pour une livraison du bâtiment au printemps 2022. Conduit par la SPL Lyon Confluence pour le compte de la Métropole et de la Ville de Lyon, cette seconde phase de travaux comprend notamment une mise aux normes du bâtiment, entrée historique de l'ancien Marché de Gros, dont le projet a choisi de conserver l'identité pour faire le lien entre le quartier historique de Perrache / Sainte-Blandine et le Quartier du Marché en cours de construction. Deux scènes, de l'ambiance Au programme, notamment, une rénovation énergétiq

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Denis Trouxe : « une décision courageuse »

Opéra de Lyon | L'ancien adjoint à la Culture de Raymond Barre, Denis Trouxe, donne à son tour son avis sur la décision de flécher une partie — 500 000€ — de la subvention municipale de l'Opéra de Lyon vers de nouveaux projets.

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Dans le dossier de la réattribution d’une fraction de la subvention municipale de l’Opéra vers des nouveaux projets et structures culturels, une voix ne s’était pas faite entendre : celle de Denis Trouxe, qui fut l’adjoint à la Culture de Raymond Barre (1995-2001) — il fut à l’initiative des Subsistances — avant de présider quelques années le Théâtre de la Renaissance à Oullins. Il comprend sans ambiguïté la proposition de Nathalie Perrin-Gilbert, sa lointaine successeure, au nom de la jeune création. Verbatim. « Je la ressens courageuse ! Je mesure toute la difficulté : ça a été mon objectif quand j’étais aux commandes de faire glisser l’argent de certaines institutions vers la création. Parce qu’il y a d’un côté les arguments logiques de l’Opéra qui poursuit des objectifs de rayonnement et qui a besoin de fonds pour y parvenir ; et d’un autre côté la création qui se débat comme elle peut, avec de petits moyens… À

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Collège Truffaut : en 2022, la rentrée sera très classe…

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Vincent Raymond | Lundi 22 mars 2021

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C’est la fin d’une histoire, ou plutôt d’une parenthèse, et le début d’une autre qui se profilent au Collège Truffaut. D’abord école de filles et de garçons à son ouverture en 1887, puis collège jusqu’à sa désaffection en novembre 2013, l’imposant édifice aura ensuite occupé bien des conversations et des esprits : la question de sa reconversion cristallisant les différences de visions politiques, urbanistiques et sociales entre les élus de la mairie du 1er arrondissement, de la mairie centrale et de la Métropole — propriétaire du site. Occupé, le Collège l'aura d’ailleurs été durant cette longue phase, de façon temporaire à plusieurs reprises : dès décembre 2013 par un collectif citoyen pour reloger des familles à la rue (l’affaire avait valu à la maire du 1er d’alors, Nathalie Perrin-Gilbert qui avait participé au mouvement, d’être placée en garde à vue) ; puis en mai 2016 par des opposants à la Loi Travail ayant laissé de leur passage force slogans tagués.

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Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

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Vincent Raymond | Vendredi 5 mars 2021

Lyon : trois anciens adjoints à la Culture réagissent à la baisse de la subvention de l'Opéra

Patrice Béghain, adjoint à la Culture (2001-2008) de Gérard Collomb : Je n’ai jamais eu l’habitude de juger publiquement les décisions de mes prédécesseurs ou de mes successeurs, que ce fût quand j’étais DRAC ou adjoint. Georges Képénékian, adjoint à la Culture (2008-2017) de Gérard Collomb : Nathalie Perrin-Gilbert dit que ce n’est pas une punition. Mais c’est quand même une punition chez elle : elle a eu une telle hargne pendant toutes ces années au sujet du rapport que l’on avait fait sur les frais de Serge Dorny, malgré la mise au point que j’avais essayé de gérer — en reconnaissant qu’il y avait bien eu des anomalies, j’ai travaillé avec Serge Dorny. Mais elle a quelque chose de vengeur. Loïc Graber, adjoint à la Culture de Georges Képénékian (2017-2018) et Gérard Collomb (2018-2020) : Il y a des problèmes de forme et de fond dans cette annonce. Le premier problème, de forme, c’est la précipitation : la Ville, membre de droit de l’Opéra, ne dit rien en décembre lorsque le budget est voté ; et quelques jours avant le conseil

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Subvention de l'Opéra de Lyon : Richard Brunel interloqué, Serge Dorny indigné

500 000€ réaffectés vers d'autres structures | Richard Brunel, futur directeur de l'Opéra, et Serge Dorny, l'actuel dirigeant du lieu, ont vivement réagi à l'annonce de la baisse de la subvention de l'Opéra de Lyon.

Sébastien Broquet | Vendredi 5 mars 2021

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Suite à la confirmation dans nos colonnes par Nathalie Perrin-Gilbert de la baisse prochaine de la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000 euros, qui portera la subvention de fonctionnement à 7M€ annuels au lieu de 7, 5M€ dès cette année si la proposition est votée lors du conseil municipal des 25 et 26 mars prochains, les deux directeurs — l'actuel, Serge Dorny, et le futur, Richard Brunel (actuellement en résidence au sein de l'Opéra pour Mélisande), ont réagi vivement — le premier par un communiqué de presse, le second en sortant de répétition ce jeudi soir. « Des impacts conséquents » pour Richard Brunel Richard Brunel nous a ainsi déclaré : « concernant l'annonce de la Ville sur cette baisse de 500 000€, je laisse Serge Dorny réagir au nom de l’Opéra. Ce que je puis dire c'est que je n’ai, moi-même, pas été directement contacté et informé par l'adjointe à la Culture de cette décision qui semble acqu

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C'est Frédéric Martel, journaliste à France Culture, qui a dévoilé l'information ce jeudi via Twitter et que nous pouvons confirmer : la Ville de Lyon a décidé de réduire la subvention de l'Opéra de Lyon de 500 000€ par an. C'était annoncé durant la campagne, Nathalie Perrin-Gilbert avait alors déclaré dans nos colonnes : « oui, il va y avoir une réorientation au sein de ce budget. Je ne veux pas la présenter comme une punition aux institutions, leur dire qu'ils ont fait du mauvais travail. (...) Je souhaite qu'il y ait un audit indépendant qui soit réalisé, notamment, sur la gestion de l'Opéra de Lyon. » De 7, 5M€ à 7M€ par an Après les paroles de campagne, place aux actes et l'adjointe a donc pris sa décision, qui a été annoncée à

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Situation (sanitaire) : c'est compliqué | Si la ministre de la Culture se montre optimiste dans ses récents propos concernant les festivals d'été, c'est surtout parce qu'elle occulte tout ce qui concerne la jeunesse et les musiques qui se dansent, du rock à la techno en passant par le rap. Une vision "OK boomer" et bourgeoise de la culture qui laisse sur le carreau un pan entier de la création, et les emplois qui vont avec. Et des publics désemparés, à qui l'on fait croire à tort qu'ils pourront vivre normalement cet été. Explications et tour d'horizon des festivals lyonnais.

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C’est la pagaille. Euphémisme ! Solidays, Hellfest, Glastonbury, Garorock — ou Foreztival dans notre région : plusieurs des plus gros festivals européens prennent les devants et ont d’ores et déjà annoncé l'annulation de leur édition 2021. D'autres dévoilent comme si de rien n’était leur programmation et mettent en branle leur billetterie. Et Roselyne Bachelot continue de patauger dans une communication illisible, récupérant au passage l'idée des concerts test à Paris et Marseille dont elle n'est pas à l'origine (un écran de fumée pour les festivals : on ne voit pas à quoi les résultats, obligatoirement tardifs, leur serviront, a contrario des scientifiques — car il sera impossible pour la majorité d'entre eux d'appliquer les mêmes process sanitaires que lors de ces concerts soigneusement encadrés et gourmands en personnels ; à quoi bon essayer d'en organiser

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Vous avez pour projet de faire de Lyon une ville accueillant les artistes réfugiés en danger dans leur pays. Pouvez-nous nous expliquer en quoi ça consiste ? Nathalie Perrin-Gilbert : La Ville de Lyon va rejoindre le réseau ICORN, un réseau de villes refuges, prévu notamment pour les demandeurs d'asile, mais pas que. C'est un réseau anglo-saxon au départ, très actif pour la protection des artistes dans le monde. En France, seules Paris et Poitiers font partie de ce réseau. Avec le maire de Lyon, avec l'adjointe en charge des Relations Internationales Sonia Zdorovtzoff et moi-même, on a décidé de rejoindre ce réseau. Barcelone, par exemple, en fait partie : lors de mon voyage dans cette ville, j'avais rencontré la maire Ada Colau, et ce qui m'avait intéressé dans sa politique, c'était sa capacité à affirmer des valeurs et à mettre en adéquation valeurs et actes. Et sur ce sujet de l'accueil, elle l'a fait très vite. En tant qu'adjointe à la Culture, l'accueil des artistes menacés me concerne tout particulièrement. Ça rejoint un autre de mes combats anciens, celui pour les droit

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Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Nathalie Perrin-Gilbert : « la politique culturelle doit irriguer l’ensemble du projet municipal »

Si Grégory Doucet est élu maire de Lyon, confirmez-vous que vous seriez son adjointe à la culture ? Nathalie Perrin-Gilbert : Oui, c’est officiel. Il a choisi de dévoiler dans Libération le nom de sa potentielle première adjointe, Audrey Henocque. Je suis ravie de ces éventuelles nouvelles fonctions — il faut parler au conditionnel, je me garde bien de penser que l’élection est gagnée d’avance. Ça fait partie des délégations qui me motivaient considérablement. Par goût personnel, pas forcément la meilleure des raisons, mais ce serait mieux d’avoir un ou une adjointe portée par son sujet. Mais aussi, par conviction. On parle d’un « monde d’après », c’est à la mode, et je pense qu’il va falloir refonder un contrat social et écologique pour la ville de Lyon. La culture va être un pilier

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SMAC : les musiques actuelles voient triple

ACTUS | En décembre dernier, trois salles de l'agglomération lyonnaise, L'Épicerie Moderne, le Périscope et le Marché Gare ont obtenu de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) le statut de SMAC (Scène de Musiques Actuelles), une première dans le Rhône – et une bonne nouvelle – qui s'inscrit dans la suite logique de la S2M, projet collectif de préfiguration lancé il y a quatre ans.

Stéphane Duchêne | Mardi 29 janvier 2019

SMAC : les musiques actuelles voient triple

«C'est un peu notre cadeau de Noël », s'enthousiasme François Jolivet, directeur de l'Épicerie Moderne de Feyzin, au sujet d'une décision qui a été annoncée à la veille du 25 décembre. Celle de la labellisation SMAC de trois salles de l'agglomération par la DRAC : l'Épicerie Moderne donc, mais aussi à Lyon le Marché Gare et le Périscope. Cela fait donc trois SMAC d'un coup dans un département, le Rhône, qui n'en comptait jusque-là aucune. La fin d'une anomalie en quelque sorte que Benjamin Petit, administrateur et programmateur du Marché Gare, tempère néanmoins : « le modèle originel du dispositif était surtout dédié à des territoires bénéficiant de très peu d'offre culturelle. On ne s'est intéressé aux grandes villes que dans un second temps, ce modèle ne pouvant alors pas correspondre à un territoire comme Lyon ». « La particularité d'un département comme le Rhône, c'est la diversité des acteurs et il n'y a pas trop de trois SMAC pour tenter de répondre par leur singularité et leur complémentarité aux attentes et au besoin du secteur. On n'oublie d'ailleurs pas

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Décret son : The sound of silence ?

Salles de concerts | Alors qu'un nouveau "décret son" impose depuis octobre dernier aux diffuseurs de musique (salles de concerts, clubs, festivals) des mesures toujours plus drastiques en matière de régulation du niveau sonore, beaucoup, à commencer par les petits lieux, s'inquiètent de ses conséquences artistiques, techniques et économiques sur leur activité. Petit tour d'horizon de la question avec quelques-uns des acteurs lyonnais emblématiques de la musique live.

Stéphane Duchêne | Mardi 15 janvier 2019

Décret son : The sound of silence ?

« Hello darkness my old friend... I've come to talk with you again ». C'est un peu l'ouverture du The Sound of silence de Simon & Garfunkel qui semble courir dans les têtes des différents diffuseurs de musique actuelle depuis octobre dernier, date de la mise en application du nouveau décret son n°2017-1244 du 7 août 2017. Un décret dont la plupart des mesures pourraient bien réduire ces diffuseurs au silence, ou en tout cas à quelque chose qui, pour une salle de musiques actuelles (et donc la plupart du temps amplifiées), s'en rapproche dangereusement. Parmi ces mesures, qui concernent également les festivals, y compris en plein air, l'obligation de « ne pas dépasser des niveaux de pression acoustique continus équivalents à 102 décibels pondérés A (...) et 118 décibels pondérés C [en gros, les basses, NdlR] sur 15 minutes », quand le niveau sonore à respecter était jusqu'ici de 105 db. Si sur le papier la différence paraît infime, en réalité, elle est énorme. Stéphane Bony et Thierry Vignard, co-gérants du Sonic, expliquent : « Le son c'est

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Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Marché Gare | Repoussé hors-les-murs par des travaux conséquents, le Marché Gare s'offre le temps de cette parenthèse "Une Échappée sauvage", à coups de concerts, de projections et d'animations dans toute la ville. L'occasion de mener une réflexion sur les projets de la salle. Le point avec Benjamin Petit, coordinateur et programmateur du lieu.

Stéphane Duchêne | Lundi 24 septembre 2018

Benjamin Petit : « améliorer les conditions d'accueil du public »

Il était question un temps que vous déménagiez, le bâtiment étant censé être détruit, finalement il va être largement rénové et le Marché Gare pérennisé. Benjamin Petit : En effet, la salle a toujours été en sursis du fait de sa situation et du projet Lyon Confluence. Ç'a laissé cours à des rumeurs de déménagement, de destruction mais il n'y a jamais eu de projet alternatif concret. En revanche, il y a toujours eu un flou et cet avenir incertain a beaucoup conditionné le développement du Marché Gare. On a eu la confirmation qu'on resterait il y a quatre ans mais le projet définitif, on ne l'a entrevu qu'il y a deux ans. Comment expliquer cette décision ? C'est forcément une volonté politique. Si la ville de Lyon et la SPL en viennent à se dire que la salle doit rester, c'est qu'elle représente des enjeux politiques forts. Ce n'est pas non plus anodin que la labellisation SMAC soit en cours, ça veut dire que la Ville, le ministère de la Culture et la Région croient en notre travail : avec des petits moyens, on a réussi à bâtir une activité de qualité, saine, avec une fréquentation de 1500

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Disquaire Day : «On peut parler de circuit court»

ACTUS | Aujourd'hui, c'est le Disquaire Day. Rencontre avec Benjamin Petit, programmateur du Marché Gare et coordinateur de la déclinaison rhônalpine de cette journée festive durant laquelle les disquaires indépendants font le plein de vinyles en édition limitée. Valentine Martin

Valentine Martin | Samedi 18 avril 2015

Disquaire Day : «On peut parler de circuit court»

Quel est le but du Disquaire Day ? Benjamin Petit : Le Disquaire Day, c'est la journée internationale des disquaires. Elle a été lancée aux États-Unis il y a sept ans. Pour nous, à Lyon, c'est la troisième édition. Depuis quelques temps, il y a un changement de rapport à la musique, à travers nos modes de consommation, de distribution et d'action. L'idée de cette journée, c'est de mettre en avant les acteurs essentiels de la filière "musiques actuelles" que sont les disquaires. Et de rappeler que ces derniers, qui sont en danger à cause de la crise de l'industrie du disque, restent prescripteurs en matière de musique. Le Disquaire Day montre aussi que c'est une véritable démarche d'aller chez les disquaires, d'acheter et d'échanger, de se faire conseiller. C'est un peu l'idée d'un commerce de proximité au final. On peut même parler de circuit court, car nous avons des références internationales, nationales mais aussi des disques d'indépendants, auto-produits, de la région ou de Lyon même. C'est un coup de projecteur sur ces acteurs de la filière. Comment vous êtes-vous retrouvé à le coordonner sur la région ? E

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Gare au Marché Gare

MUSIQUES | Entretien / Nanti depuis le début de l’année d’un nouveau programmateur, le Marché Gare entame la saison avec une programmation bien plus ouverte qu’à l’accoutumée. Explications avec l’intéressé, Benjamin Petit. Propos recueillis par Stéphane Duchêne.

Stéphane Duchêne | Vendredi 18 septembre 2009

Gare au Marché Gare

Petit Bulletin : Votre parcours ?Benjamin Petit : Je suis originaire de Lyon où j’ai fait une partie de mes études dont Sciences Po, mais mon expérience professionnelle s’est faite à Paris. Notamment chez Naïve, puis à la mairie de Paris, au cabinet de l’adjoint à la Culture. J’ai également travaillé dans un cabinet d’études et de conseil en projets culturels qui faisait une étude sur les Musiques Actuelles à Paris. Qu’est-ce qui va changer avec votre arrivée ? On ne peut pas cloisonner une salle à une esthétique, on est obligé d’être à la fois généraliste et pointu dans tous les domaines. L’idée globale c’est de fonder la programmation sur un socle rock, et d’aller chercher des compétences, des partenariats sur des esthétiques particulières (Jarring, L’Original, Les Gourmets). Je vais aussi continuer à programmer des groupes locaux, mais ils ne passeront au Marché Gare que parce qu’ils me plaisent. Quel regard portez-vous sur la scène lyonnaise ?J’ai plongé direct dedans et j’ai été très surpris. C’est terrible que la scène locale souffre d’un tel complexe. Quand tu dis que tel ou tel groupe est lyonnais, c’est presque dévalorisant : dan

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