Julien Poncet : « que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? »

Théâtre | Trois mois après la reprise, le directeur de la Comédie Odéon, Julien Poncet, dresse un bilan de cette étrange rentrée et interpelle les pouvoirs publics pour que cette salle de la Presqu’île ait un avenir. Il ne la défendra pas sans leur collaboration. Entretien.

Nadja Pobel | Mercredi 1 décembre 2021

Photo : © Jeanne Claudel


Comment s'est passé cette rentrée en jauge pleine, dans une ère (peut-être) post-Covid?
Julien Poncet : en septembre, on a rouvert avec des spectacles de 2019, 2020 dont certains avaient été reporté cinq fois comme la série de Pierre Palmade. J'avais concentré ces spectacles "tête d'affiche" pour créer une sorte d'appel d'air. Les gens étaient nombreux, mais les billets avaient été commercialisés avant le Covid.

En octobre, on a vraiment lancé notre saison avec le fonctionnement habituel : une production maison sur le premier horaire de 19h (Intra muros d'Alexis Michalik) puis ensuite les Chiche Capons... Une semaine de Didier Super a été annulée — reportée fin janvier — car un de ses musiciens a eu le Covid bien qu'étant vacciné – ça nous a obligé à appeler 800 personnes, c'est un surplus de travail et ça a un impact économique. Mais on peut constater que les gens sont plutôt au rendez-vous. On commence à être un peu complet sur les samedis une semaine à l'avance. Je me l'explique, car on a fidélisé un public au fil des années, ils sont déjà venus chez nous, on leur a donné des nouvelles pendant le confinement. On a eu le sentiment que les gens voulaient ressortir, mais on sent depuis quelques jours une crispation. On n'est pas au summum de l'angoisse mais la cinquième vague arrive. Il y a de plus en plus de cas contact ou cas de Covid dans les équipes artistiques et donc une angoisse de se retrouver à fermer le théâtre pendant sept jours. C'est anxiogène au possible. Notre montant journalier des ventes ralentit alors qu'on rentre dans la période d'hiver, fondamentale pour nos lieux. Sans la fréquentation de novembre, décembre, janvier, on a du mal à tenir nos modèles d'avril à août. Et je sais, puisque je suis membre du conseil d'administration de l'ASTP (Association pour le Soutien du Théâtre Privé créée durant le premier confinement) et que je vois tous les chiffres de France, qu'on sort mieux à Lyon qu'à Paris par exemple, parce que le lieu est plus singulier dans le paysage. Globalement, en France, on est sur un recul de fréquentation de 30 à 40% sur la période de la rentrée – on se situe plutôt aux alentours de 15 et 20% à la Comédie Odéon.

Vous avez pu produire un spectacle qui tourne beaucoup et entre dans l'économie de la Comédie Odéon…
Nous sommes les producteurs principaux de Tout ça pour l'amour que j'ai écrit et mis en scène. Le théâtre Le Bien Public de Bruxelles est co-producteur avec celui du Montparnasse à Paris. Ce sera à la Comédie-Odéon du 4 au 8 janvier et ça fera 60 dates minimum au Montparnasse dès le 20 janvier, ça ira au Off d'Avignon, etc.

Avec cette somme on ne va pas aller très loin

Est-ce qu'il y a encore des aides à la billetterie ?
Les aides spécifiques du ministère de la Culture se sont toutes arrêtées. On attend désormais l'organisation d'un plan de relance pour janvier-février-mars qui est une enveloppe de 10M€ pour toutes les compagnies non subventionnées et le théâtre privé en France qui avait été provisionnée pour ce qui était la première relance à la rentrée de septembre 2020. Mais avec cette somme on ne va pas aller très loin.

Comment pallier ce manque ?
Il va falloir qu'on trouve des soutiens à l'échelle des territoires. On a bien reçu le fond d'urgence de la Ville de Lyon, on a été correctement accompagné sur cette période mais c'était une aide spécifique et ponctuelle en temps de situation dramatique et exceptionnelle. Maintenant quelle est la suite ? On avait déjà du mal à s'équilibrer avant le Covid, on sait maintenant que si on continue de fonctionner avec 15 à 20% de perte, on n'y arrivera pas. On ne cherche pas à gagner toujours plus d'argent – jamais un actionnaire n'a revu son argent et c'est impossible à imaginer, mais on peut espérer équilibrer. Chaque euro qui rentre repart directement dans un projet artistique et à l'emploi. C'est comme ça qu'on assure entre 2800 et 3000 cachets pour des gens qui sont sur le territoire. Il nous faut avoir un dialogue structurant avec la collectivité. En ce moment, il y a l'appel d'offre pour les Scènes découvertes. On ne peut pas y répondre car il est stipulé par les tutelles que c'est réservé à des structures à but non lucratif. Or, toute l'année, on reçoit des compagnies, on les héberge, on les accompagne (techniquement, répétition, programmation…). On leur reverse via la coréalisation entre 250 000 et 300 000 € par an. On fait ce travail d'émergence. Aujourd'hui, je souhaiterais qu'on se mette autour de la table avec la Ville, la Métropole, la Région, la DRAC.

Le fonds souverain d'Abu Dhabi n'aurait jamais signé avec une association

Pensez-vous rester longtemps à la barre du théâtre ?
Je me pose la question. On a exploité au maximum ce lieu. Il y a la place en France pour créer un marché d'hiver, alternatif à Avignon pour certaines formes de théâtre. La nouvelle municipalité, quand elle est arrivée, avait l'air d'être à l'écoute et aujourd'hui, je suis en train de lancer un avis de recherche. Depuis plusieurs mois, l'adjointe à la Culture a rompu les relations sans que je ne comprenne pourquoi alors qu'on s'était engagé dans un processus de développement accompagné en faveur du territoire. Mon avenir ici dépend du fait que je puisse continuer à développer le lieu. Si je ne peux plus le faire, ça perd de son intérêt et je vais préférer faire des spectacles et ne plus porter sur mon propre risque un projet aussi lourd sans avoir en face la reconnaissance du travail qu'on a fait. Je ne comprends pas pourquoi avoir un numéro de SIRET, de société, m'exclut de l'intérêt général. Je trouve cela ringard. Notre forme juridique est la seule qui permette de produire sérieusement et d'être face à des bailleurs comme le fonds souverain d'Abu Dhabi qui n'auraient jamais signé avec une association. Et que deviendra la Comédie Odéon si on arrête ce projet ? J'ai bien peur que ce ne soit plus du tout un lieu culturel. La Ville ne peut pas ne pas se soucier à ce point de la Comédie Odéon.


Intra Muros

Texte et ms d'Alexis Michalik, 1h40
Comédie Odéon 6 rue Grolée Lyon 2e
Du 1 mars au 2 avril 2022, du mar au sam à 19h, relâches les 12 fév, 5 mars et du 8 au 12 mars


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Début mai, le rapport de l’infectiologue François Bricaire faisait l'effet d'une bombe dans le milieu du théâtre : il préconise alors des comédiens masqués et une distanciation d'1, 50m entre chaque personne dans le public, donc des taux de remplissage qui tomberaient à 30% de leur capacité initiale... Édouard Philippe a beau avoir annoncé, dans son allocution du 28 mai, l'ouverture possible des théâtres dès le 2 juin, c'est tout bonnement injouable : ce serait à perte. Du côté des théâtres subventionnés, les artistes ne sont pas prêts : il n'y a pas eu de répétitions pour les grosses productions. Les cafés-théâtres peuvent s’adapter plus facilement. Ainsi, le Rideau Rouge, qui accueille habituellement des spectacles de troupe, fera place à des one-man-show comme son cousin du Boui Boui dont c'est l'activité principale. Les deux salles de Stéphane Casez sont ouvertes depuis le 5 juin à 60% ou 70% de leur jauge. Car les conditions se sont considérablement assouplies dans le décret finalement paru le 31 mai :

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