La main passe au Musée Cinéma et Miniature de Lyon

Vincent Raymond | Mardi 4 janvier 2022

Photo : © DR / capture Facebook


Un “au revoir” XXS, à l’image de l’art minutieux qu’il pratique et de sa relative discrétion : c’est sur Facebook que Dan Ohlmann, le directeur du Musée Cinéma et Miniature de Lyon, a annoncé mi-décembre qu’il transmettait les rênes de sa création à Julien Dumont. Passé par l’École Émile-Cohl, ce trentenaire d’origine lyonnaise assure, depuis 2018, les fonctions de gérant, réalisateur et producteur au sein de la société genevoise Titan Films. C’est donc la seconde fois pour l’établissement de Dan Ohlmann que la providence est helvétique : en 2005, après la fermeture de son Palais de la Miniature rue Juiverie, la mécène suisse Gisela Oeri avait acquis la Maison des Avocats afin qu’il y héberge les collections du musée et puisse le développer. Pari gagné : grâce à ses nombreuses expositions temporaires (Wes Anderson, Jeunet & Caro…), son fonds exceptionnel régulièrement enrichi, le musée — entièrement privé — pointait en 2019 à la troisième place des plus fréquentés de Lyon avec 222 810 visiteurs (source City Trends). Maintenir, voire progresser : un défi motivant pour son successeur…

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Jeunet & Caro en version majuscule

Exposition | C’est l’histoire chaque fois recommencée d’un tout petit musée qui ne cesse de grandir. Et qui après Wes Anderson ou Ma vie de Courgette s’offre Jeunet & Caro en expo temporaire…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

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Petit à petit, Le Musée Cinéma et Miniature de Lyon est devenu un géant. Au point de faire passer pour des succédanés les établissements thématiques comparables. Certains sont pourtant installés dans de grandes capitales ou à proximité immédiate, voire à l’intérieur, de studios leur offrant une forme de rente de situation. Conséquence : ils misent avec paresse sur une ou deux pièces d’exception ou des animations vaguement interactives en lien avec les effets spéciaux. À mille lieux du concept du Musée créé par Dan Ohlmann, dont le profil artistique — il est miniaturiste lui-même — et l’obstination viscérale pour la préservation d’un patrimoine en péril expliquent le succès. Ohlmann et son équipe sauvent non seulement des éléments cinématographiques divers (décors, maquettes, maquillages, accessoires…) d'une inéluctable destruction, mais ils restaurent et valorisent ces objets trop longtemps réduits à leur fonction strictement utilitaire. Derrière des vitrines mais à portée de regard du public, sous une lumière savamment travaillée, ils atteignent alors la noblesse muséale sans abandonner leur essen

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Ma vie de Courgette : l'envers du décor

L'Expo | Après avoir dévoilé l’univers de Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel, le Musée Miniature & Cinéma épluche celui de Courgette, tourné à quelques arrêts de bus de là. Quand on dit que le circuit court a du bon…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Ma vie de Courgette : l'envers du décor

Dix années. C’est la durée qui s’est écoulée entre la découverte par Claude Barras du roman de Gilles Paris et la sortie du film qu’il lui a inspiré. Une décennie, quasiment une petite vie, pour concevoir et accomplir une œuvre dont chaque seconde aura nécessité d’être disséquée en une suite d’images minutieusement composées, photographiées, puis rassemblées pour donner l’harmonieuse illusion du mouvement… Un film en stop motion est, décidément, une drôle d’espèce cinématographique, ontologiquement contrariante : non seulement il dévore des quantités absurdes de temps pour en restituer une quintessence par la ruse, profitant de notre rémanence rétinienne ; mais en plus, il fait disparaître toutes les traces apparentes de sa chimérique création. Résultat ? Après la phase de tournage, poupées-marionnettes et décors sont rendus à leur état d’objets inanimés… c’est-à-dire inutiles, et promis à la destruction. Les précieux éléments de Ma vie de courgette auraient connu ce funeste destin si l’un des producteurs Marc Bonny, en voisin lyonnais du Musée Miniature & Cinéma, n’avai

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Fantastique Maître Ohlmann

ARTS | On le rencontre dans un de ses ateliers aux murs tapissés d’outils, en train de recouvrir un cadre de bois ouvragé par petites touches de peinture orangée, (...)

Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

Fantastique Maître Ohlmann

On le rencontre dans un de ses ateliers aux murs tapissés d’outils, en train de recouvrir un cadre de bois ouvragé par petites touches de peinture orangée, histoire de lui donner une apparence patinée «un peu broc’». «Celui-là ? Je l’ai sculpté ce matin. Avec les dents» lance-t-il en guettant la réaction de ses interlocuteurs. Avant d’éclater de rire. Son éternel chapeau vissé sur le crâne, Dan Ohlmann a tout de l’authentique showman. Musicien autrefois, ébéniste et décorateur ensuite, il est le créateur du Musée Miniature & Cinéma et son âme depuis près de 30 ans. «Je reçois même des courriers à l’entête de “Monsieur le Conservateur” » s’amuse-t-il. Son amour pour le cinéma, son admiration respectueuse pour les artisans et son sens du contact, voire son bagou — «quand je parle de ma passion, c’est comme si je vendais des moulinettes» — en ont fait un haut lieu en Europe. S’il confie «ne pas [être] toujours très fort» sur les noms des comédiens, il est intarissable sur les décorateurs, costumiers, concepteurs d’effets spéciaux, maquilleurs… «Dans l’ombre il y a des artistes incroyable

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