Ma vie de Courgette : l'envers du décor

L'Expo | Après avoir dévoilé l’univers de Wes Anderson et son Grand Budapest Hotel, le Musée Miniature & Cinéma épluche celui de Courgette, tourné à quelques arrêts de bus de là. Quand on dit que le circuit court a du bon…

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Photo : © DR


Dix années. C'est la durée qui s'est écoulée entre la découverte par Claude Barras du roman de Gilles Paris et la sortie du film qu'il lui a inspiré. Une décennie, quasiment une petite vie, pour concevoir et accomplir une œuvre dont chaque seconde aura nécessité d'être disséquée en une suite d'images minutieusement composées, photographiées, puis rassemblées pour donner l'harmonieuse illusion du mouvement…

Un film en stop motion est, décidément, une drôle d'espèce cinématographique, ontologiquement contrariante : non seulement il dévore des quantités absurdes de temps pour en restituer une quintessence par la ruse, profitant de notre rémanence rétinienne ; mais en plus, il fait disparaître toutes les traces apparentes de sa chimérique création. Résultat ? Après la phase de tournage, poupées-marionnettes et décors sont rendus à leur état d'objets inanimés… c'est-à-dire inutiles, et promis à la destruction.

Les précieux éléments de Ma vie de courgette auraient connu ce funeste destin si l'un des producteurs Marc Bonny, en voisin lyonnais du Musée Miniature & Cinéma, n'avait décroché son téléphone durant les prises de vues au Pôle Pixel, et suggéré à l'équipe de Dan Ohlmann le projet d'une exposition. Une bienheureuse inspiration qui a reçu un accueil des plus chaleureux, et bénéficié de l'inventivité de Laurie Courbier, la commissaire de l'exposition qui a su mettre en valeur ce trésor “sauvé de la benne”.

Une bibliothèque de sourires

Deux salles dédiées au film accomplissent ainsi le prodige de rendre compte de l'ensemble des ambiances du film à travers neuf décors impeccables, parfois monumentaux — la maison d'enfance de Courgette ou le chalet à la montagne, impressionnant. L'examen approfondi de chacune des pièces présentées (dans un état remarquable) laisse entrevoir les indices de la manipulation, tels que les trous où étaient fichés les personnages sur le stand de la fête foraine. Plus que des œuvres figées dans leur respectabilité muséale, les éléments exposés s'affichent comme les vestiges encore tièdes d'un processus artistique. Et leur finalité se révèle au moyen de petits écrans intégrés dans les décors, diffusant les séquences où ceux-ci interviennent.

Complément indispensable pour qui s'intéresse aux techniques d'animation, des reportages précis réalisés sur le tournage (façon making of) instruisent sur cet art de la patience et de la méthode, ainsi que sur la fabrication des marionnettes — des mines d'innovations ayant nécessité des collaboration multiples à travers l'arc alpin afin que le squelette articulé puisse être revêtu de têtes imprimées en 3D magnétisées et de membres en silicone.

Si l'on est étonné par les “bibliothèques” de sourires, garantissant la fluidité des expressions aux poupées, on ressent une émotion singulière devant l'exemplaire personnel du livre de Claude Barras, jouxtant les dessins du story board. Plié, corné, comme ridé par ses dix années d'usage intensif, il est le témoin muet du grand œuvre accompli.

Appelée à voyager (la scénographie sera différente au Musée de Carouge qui l'accueillera en mai 2017, puisque tout ici a été construit sur mesure), cette exposition prolongeant la magie du film sans la dissoudre, fera peut-être des émules dans le domaine du stop motion : lors du vernissage, on a aperçu un cinéaste plus que fasciné par cette technique. Ça tombe bien : il prépare un film…

L'Envers du décor du film Ma vie de courgette
Au Musée Miniature & Cinéma jusqu'au 2 avril www.museeminiatureetcinema.fr


Ma vie de courgette

De Claude Barras (Sui-Fr, 1h06) animation Courgette n’a rien d’un légume, c’est un vaillant petit garçon. Il croit qu’il est seul au monde quand il perd sa mère. Mais c’est sans compter sur les rencontres qu’il va faire dans sa nouvelle vie au foyer pour enfants. Simon, Ahmed, Jujube, Alice et Béatrice : ils ont tous leurs histoires et elles sont aussi dures qu’ils sont tendres. Et puis il y a cette fille, Camille. Quand on a 10 ans, avoir une bande de copains, tomber amoureux, il y en a des choses à découvrir et à apprendre. Et pourquoi pas même, être heureux.
UGC Ciné-Cité Confluence 121 cours Charlemagne Lyon 2e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Jeunet & Caro en version majuscule

Exposition | C’est l’histoire chaque fois recommencée d’un tout petit musée qui ne cesse de grandir. Et qui après Wes Anderson ou Ma vie de Courgette s’offre Jeunet & Caro en expo temporaire…

Vincent Raymond | Mardi 30 octobre 2018

Jeunet & Caro en version majuscule

Petit à petit, Le Musée Cinéma et Miniature de Lyon est devenu un géant. Au point de faire passer pour des succédanés les établissements thématiques comparables. Certains sont pourtant installés dans de grandes capitales ou à proximité immédiate, voire à l’intérieur, de studios leur offrant une forme de rente de situation. Conséquence : ils misent avec paresse sur une ou deux pièces d’exception ou des animations vaguement interactives en lien avec les effets spéciaux. À mille lieux du concept du Musée créé par Dan Ohlmann, dont le profil artistique — il est miniaturiste lui-même — et l’obstination viscérale pour la préservation d’un patrimoine en péril expliquent le succès. Ohlmann et son équipe sauvent non seulement des éléments cinématographiques divers (décors, maquettes, maquillages, accessoires…) d'une inéluctable destruction, mais ils restaurent et valorisent ces objets trop longtemps réduits à leur fonction strictement utilitaire. Derrière des vitrines mais à portée de regard du public, sous une lumière savamment travaillée, ils atteignent alors la noblesse muséale sans abandonner leur essen

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Trois salles toutes neuves au Comœdia

Exploitation | Il aura fallu six années pour porter la capacité totale du Comœdia de 980 à près de 1200 fauteuils. Une durée moins liée aux contraintes du chantier qu’aux (...)

Vincent Raymond | Mardi 29 août 2017

Trois salles toutes neuves au Comœdia

Il aura fallu six années pour porter la capacité totale du Comœdia de 980 à près de 1200 fauteuils. Une durée moins liée aux contraintes du chantier qu’aux impondérables. Lorsque l’INPI quitte ses locaux du 7e arrondissement à l’automne 2011, Marc Bonny saute sur l’occasion. N’ayant pas la capacité d’acheter la parcelle seul, il fait offre commune avec le promoteur Eiffage, qui souhaite bâtir un hôtel rue Raulin et utiliser les parkings sous le cinéma. L’INPI est séduit et un permis de construire unique est accordé pour l’ensemble du chantier. L’architecte des Bâtiments de France pose alors ses conditions à Eiffage : conserver intacts des éléments de façade et les voûtes souterraines. Deux ans de blocage suivront. Lorsqu'un accord est trouvé, Marc Bonny doit repenser ses plans : l’Institut Lumière s’est glissé dans le jeu en reprenant

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Marc Bonny : « Il y aura des films en plus au Comœdia »

Exploitation | Marc Bonny fête en septembre les vingt ans de sa société de production et distribution Gebeka — qui a décroché deux César pour Ma vie de Courgette. En octobre, il ouvre trois nouvelles salles au Comœdia et sort Zombillénium. 2017 est une belle année, pas encore achevée…

Vincent Raymond | Vendredi 25 août 2017

Marc Bonny : « Il y aura des films en plus au Comœdia »

Mi-octobre, le Comœdia ouvre trois salles de plus. Après beaucoup de rebondissements… Marc Bonny : Au départ, je m’étais intéressé à l’Odéon, mais sans solutions architecturales pour les sorties de secours, ni possibilité de faire plusieurs salles, j’avais laissé tomber. Ce projet d’extension est alors arrivé en 2011. Il était initialement plus ambitieux en terme de fauteuils, avec deux salles en bas et une grande en haut. L’annonce de la reprise de la Fourmi et des CNP par l’Institut Lumière a alors été faite ; je savais qu’ils seraient positionnés sur le même créneau que nous. Cette nouvelle concurrence étant une grosse inconnue, j’ai revu la capacité à la baisse avec trois salles plus petites, sur un même niveau, pour baisser le coût de l’opération, à environ 2 millions d’euros. Il faut savoir que pour ce type d’investissements, les salles Art et Essai bénéficient d’aides fortes du CNC et de la Région. Le risque est donc balisé. Avec neuf écrans, y aura-t-il une inflexion dans la programmation ? MB : Non : on va continuer à faire ce pourquoi on a repris le Comœdia i

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Arac, 25 ans d’âge

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Pas étonnant que Roger Planchon, apôtre de la décentralisation théâtrale et cinéphile dans ses jeunes années, ait été à la manœuvre pour créer l’entité. 254 films plus tard, cette philosophie créatrice reste la même, revendiquant une pluralité encore omniprésente et une indépendance de l’Ile-de-France affirmée. « Notre ligne éditoriale se trouve dans la diversité des projets. On ne s’enferme pas dans une ligne exclusive : c’est le choix de la Région. » explique Grégory Faes, directeur général d’Auvergne-Rhône-Alpes cinéma. En théorie, le refus des querelles de clochers explique la bonne santé de l’entreprise privée, devenue Auvergne-Rhône-Alpes cinéma depuis la fusion des régions de tutelles début 2016. Pourtant, la réalité demeure beaucoup plus complexe.

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Comment transformer ses mots en images ? Vaste problématique à laquelle tout scénariste se confronte. Pour tenter d’élucider ce mystère et d’initier les apprentis auteurs de cinéma, trois associations (Enjeux sur image, Prémisses et L’Accroche Scénaristes) organisent une table ronde au cours de laquelle interviendront des autorités en la matière : Michel Fessler, dont la plume a signé La Marche de l’Empereur, Jean-Pierre Améris (réalisateur des Émotifs anonymes), Alexandre Ferré, délégué général adjoint du Festival international des scénaristes de Valence ou encore Marc Bonny, hôte de la réunion en tant que patron du Comœdia mais également coproducteur de Ma vie de Courgette. À vos stylos ! Au Comœdia le samedi 18 mars à 10h30

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Des vacances qui cartOOnnent !

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Julien Homère | Mardi 14 février 2017

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Dans le créneau compétitif du film d’animation pour enfants, l’alternative au blockbuster formaté existe : elle vous attend dans 28 salles de l’agglomération lyonnaise, avec On Cartoon dans le Grand Lyon. Un festival qui diffuse des perles rares de la production européenne, ouvrant les bouts de chou à d’autres époques et horizons culturels : la réédition tchèque Les Nouvelles Aventures de Ferda la fourmi (1977) ou la coproduction franco-danoise Tout en haut du monde en sont de brillants exemples. Aussi ludique qu’instructive, la manifestation ne s’en tient pas aux seules projections : ateliers et expositions parallèles complètent les séances et initient aux métiers du cinéma (bruitage, musique etc.) les jeunes spectateurs n’en ayant souvent que des notions floues. Pour aller pl

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Court toujours !

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Vincent Raymond | Mardi 13 décembre 2016

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Quand il n’y a pas de festival de court métrage… il y a la Fête du Court métrage — manifestation succédant au Jour le plus court, en reprenant le même principe : donner accès à un catalogue d’œuvres brèves à tous les lieux (pas uniquement des cinémas permanents) proposant d’en projeter. Bibliothèque, café, établissement scolaire, mairie… il y a forcément une salle temporaire près de chez vous. Mais si vous préférez les contextes traditionnels, optez pour la carte blanche à Claude Barras le 18 décembre à 10h30 au Comœdia. Fête du Court-métrage Au Comœdia du jeudi 15 au dimanche 18 décembre

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"Ma vie de courgette" : gratin d’amour sauce résilience

Le film | Avec ce portrait d’une marmaille cabossée par la vie retrouvant foi en elle-même et en son avenir, Claude Barras se risque sur des sentiers très escarpés qu’il parcourt avec une délicatesse infinie. Un premier long-métrage d’animation en stop motion vif et lumineux ; un chef-d’œuvre.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Que vous soyez un enfant de 5 ou de 105 ans, accordez sans tarder un peu plus d’une heure de votre vie à cette grande œuvre ; elle vous ouvrira davantage que des perspectives : des mondes nouveaux. Ma vie de courgette est de ces miracles qui redonnent confiance dans le cinéma, qui prouvent sans conteste que tout sujet, y compris le plus sensible, est susceptible d’être présenté à un jeune public, sans qu’il faille abêtir les mots ni affadir le propos. « Tout est affaire de décor » écrivait Aragon en d’autres circonstances, ce film l’illustre en traitant successivement d’abandon, d’alcoolisme et de mort parentaux, des maltraitances enfantines, d’énurésie, d’éveil à l’amour et à la sexualité… un catalogue de tabous à faire pâlir le moindre professionnel de l’enfance. Des thématiques lourdes, attaquées de front sans ingénuité falote ni brutalité, amenées par le fil éraillé de l’existence des petits héros du film : Courgette et ses amis vivent dans un foyer, où ils tentent de guérir de leurs traumatismes passés. Où on les entoure de l’amour et l’attention dont ils ont été frustrés.

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Gilles Paris, l’auteur de "Autobiographie d’une courgette"

Trois questions à... | Publié en 2002, déjà transposé pour la télévision en 2008 par Luc Béraud, le roman Autobiographie d’une courgette est davantage qu’un phénomène littéraire. Conversation avec un auteur heureux.

Vincent Raymond | Mardi 18 octobre 2016

Gilles Paris, l’auteur de

C’est la seconde fois que votre Courgette est “adopté” (plus qu’adapté) par des parents de cinéma. Comment se passent la séparation, puis les retrouvailles du point de vue de l'auteur ? Gilles Paris : À la fois de loin (je laisse aux professionnels le soin d’adapter ce roman librement) et à la fois de près car je suis à la trace ce qu’ils font et je m’en émerveille chaque fois. Je suis comme le premier fan. J’aime que d’autres s’accaparent mon univers pour y insérer le leur. Claude Barras explique avoir « adouci » votre roman, rendant son film accessible à un jeune public dès 7 ans. Pourtant, il traite des mêmes thèmes graves que vous. Le cinéma, l’animation, atténuent-ils la crudité du sujet ? La mort de la mère par exemple était difficile à traiter à l’image, ce que je comprends bien. C’est beaucoup plus “acceptable” dès le début du film, ce qui, en effet ne l’a pas empêché d’être fidèle à l’esprit du roman, à sa poésie et à ce fond social qui rapproche ces enfants. Depuis sa parution, votre roman a été lu par des milliers d’adolescents et étudié par de très nombreux coll

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Sorties cinema de la rentrée 2016 : Comme un (faux) air de déjà-vu

Un semestre en salles | Un Harry Potter, un Star Wars, un Marvel, un Loach Palme d’Or… Non non, nous ne sommes pas victimes d’un sortilège nous faisant revivre en boucle la dernière décennie. Regardez d’un peu plus près : c’est dans les détails que se nichent les nuances…

Vincent Raymond | Mardi 30 août 2016

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Après un gros premier semestre dévolu aux blockbusters, la fin de l’année accueille traditionnellement le cinéma d’auteur — exception faite des incontournables marteaux-pilons de Thanksgiving et Noël, conçus pour vider une bonne fois pour toutes les goussets des familles. Les candidats 2016 sont, dans l’ordre, Les Animaux fantastiques de David Yates (16 novembre), spin off de la franchise Harry Potter et Rogue One : A Star Wars Story de Gareth Edwards (14 décembre). Qui de Warner ou Disney l’emportera ? Un peu avant (26 octobre), Benedict Cumberbatch tentera de déployer la bannière Marvel dans le film de Scott Derrickson, Doctor Strange — un second couteau parmi les superhéros. Cette impression d’avoir à faire des versions alternatives ou dégraissées de vieilles connaissances se retrouve aussi chez Tim Burton qui signe avec Miss Peregrine et les enfants particuliers (5 octobre) un nouveau conte fantastique sans Helena Bonham Carter, ni Johnny Depp, ni son compositeur fétiche Danny Elfman ! Au moins, on peut espére

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Fantastique Maître Ohlmann

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Vincent Raymond | Mardi 22 décembre 2015

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On le rencontre dans un de ses ateliers aux murs tapissés d’outils, en train de recouvrir un cadre de bois ouvragé par petites touches de peinture orangée, histoire de lui donner une apparence patinée «un peu broc’». «Celui-là ? Je l’ai sculpté ce matin. Avec les dents» lance-t-il en guettant la réaction de ses interlocuteurs. Avant d’éclater de rire. Son éternel chapeau vissé sur le crâne, Dan Ohlmann a tout de l’authentique showman. Musicien autrefois, ébéniste et décorateur ensuite, il est le créateur du Musée Miniature & Cinéma et son âme depuis près de 30 ans. «Je reçois même des courriers à l’entête de “Monsieur le Conservateur” » s’amuse-t-il. Son amour pour le cinéma, son admiration respectueuse pour les artisans et son sens du contact, voire son bagou — «quand je parle de ma passion, c’est comme si je vendais des moulinettes» — en ont fait un haut lieu en Europe. S’il confie «ne pas [être] toujours très fort» sur les noms des comédiens, il est intarissable sur les décorateurs, costumiers, concepteurs d’effets spéciaux, maquilleurs… «Dans l’ombre il y a des artistes incroyable

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Un premier centenaire pour le Comœdia

ACTUS | Inauguré en 1914, détruit lors des bombardements de la deuxième guerre mondiale, reconstruit puis fermé par le circuit UGC en 2003 avant d’être repris par Marc Bonny en 2006, le Comœdia fête ses 100 ans durant tout le mois de septembre… et prépare déjà l’avenir. Christophe Chabert

Christophe Chabert | Mardi 2 septembre 2014

Un premier centenaire pour le Comœdia

«Un cinéma peut mourir. Le Comœdia a d’ailleurs failli mourir deux fois…» dit Marc Bonny, aujourd’hui propriétaire du cinéma de l’avenue Berthelot, un siècle après son ouverture sous le nom du "Berthelot". «Aujourd’hui, d’ailleurs, il est plus facile de fermer un cinéma que d’en ouvrir un» complète-t-il. Il sait de quoi il parle… Lorsqu’il décide de racheter le Comœdia, le cinéma est à l’abandon depuis décembre 2003, date à laquelle UGC avait décidé de fermer le site pour se concentrer sur ses autres écrans et préparer, déjà, l’ouverture du Ciné Cité Confluence. L’inauguration a lieu en novembre 2006 et, huit ans après, le lieu a trouvé sa place et sa vitesse de croisière — entre 310 000 et 330 000 spectateurs annuels, une programmation basée sur le cinéma art et essai, le jeune public, le cinéma de répertoire et une association au long cours avec des événements comme Lumière ou Hallucinations collectives et des acteurs culturels comme les Célestins, le TNP, le TJA ou ses voisins du CHRD.   Cinéma bombardé, mais cinéma libéré ! La vie du Comœdia n’a pas été un long fleuve tranquille. A

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