La mécanique bien huilée du cirque Eloize

Cirque | Quatre ans après sa création, Cirkopolis du cirque Eloize débarque à Lyon avec force acrobaties et le sens du grandiose. Triomphe garanti grâce à des artistes-athlètes rodés et sacrément soudés.

Nadja Pobel | Mardi 18 octobre 2016

Photo : © Cirque Eloize


De toute évidence, avant même la qualité individuelle de chacun, le collectif est leur force. Les dix membres du casting de Cirkopolis font alliance pour ce spectacle qui, plus que Nebbia, est narratif. Au cœur d'un monde futuriste passé (une sorte de Métropolis), des jeunes gens, tous semblables en costard gris, s'agitent, traversent de long en large le plateau. Ils sont affairés. Comme si le monde industriel, représenté par des images de machines des temps modernes, allait céder le pas à celui de la finance. Wall Street balbutie.

Un travail vidéo prolonge cette brume des villes qu'une circassienne de la roue Cyr défie, robe rouge voluptueuse collée à la peau. Ses homologues masculins de la (double) roue allemande se mettront jusqu'à cinq pour pousser leur engin. C'est la force du cirque Eloize : à défaut d'émouvoir, ils maîtrisent mieux que personne leurs agrès et en font une utilisation plus technique que les autres, comme ce mât chinois en fin de spectacle sur lequel deux circassiens tête-bêche progressent verticalement pieds contre pieds.

Dix pour un

Autre trait de cette création : sa racine première est bel et bien le cirque. Ainsi, de nombreux numéros sont ponctués par les ricanements ou le haussement d'épaule d'un autre camarade sur le thème "moi aussi je peux le faire" ; évidemment, il n'en est rien : rire des enfants assuré.

La danse est aussi l'une des composantes du liant de ce travail avec de nombreuses parties chorégraphiées par Dave Saint-Pierre (Un peu de tendresse bordel, à la Biennale de la danse en 2008) : à plusieurs reprises, tous se mettent à l'unisson, accompagnant ou non une performance solo se déroulant dans les airs.

C'est lorsque ce show à l'américaine, à la bande son originale, parfois trop tubesque, se calme que la douceur affleure : le numéro d'un acrobate avec une jeune fille épouvantail (simple robe accrochée à un cintre) est touchant. C'est à ce moment-là que le cirque Eloize (créé en 1993) interroge son art, qui si maîtrisé soit-il, se fait tout petit face à l'amour. Belle humilité dans cette mécanique si bien huilée.

Cirkopolis
À la Maison de la danse jusqu'au samedi 22 octobre
Dès 8 ans


Cirkopolis

Cirque, théâtre et danse par le Cirque Eloize
Maison de la Danse 8 avenue Jean Mermoz Lyon 8e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Street art : cuvée d’automne

Street Art | Après les murs de la ville et ceux des galeries d'art, le street art s'invite cet automne sur les pavés, au centre commercial et au stade !

Lisa Dumoulin | Jeudi 6 décembre 2018

Street art : cuvée d’automne

Après la vague d’expositions de street art à la rentrée dont on vous parlait ici, l’automne regorge encore de projets artistiques dédiés à cet art urbain. Du côté du crew décidément superactif de Superposition, plusieurs projets d’envergure ont vu le jour. Comme la fresque peinte à même le sol de la rue Victor Hugo et de la place Ampère, un projet mené en partenariat avec la Taverne Gutenberg, Maison G et l’association My Presqu’île. Onze artistes ont mis la main à la pâte : Azed, Bambi, Alex Beretta, Laurent Claveau, Khwezi, Masta, Koey, Osru, Quetzilla, Sphinx et Yandy. Le résultat filmé en vidéo est bluffant. Autre projet ambitieux : la réunion d’une trentaine d’artistes lyonnais et internationaux sur les murs d’un magasin du centre commercial Confluence. Une “coque” vide dans le jargon, en attente avant l’emménagement prochain d’une nouvelle marque. La boutique est transformée en galerie ép

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Le Cirque Éloize sera aux prochaines Nuits de Fourvière pour une création

Nuits de Fourvière | Au tour de Nuits de Fourvière de dévoiler une partie de sa programmation : l'on apprend ainsi que le Cirque Éloize sera programmé l'été prochain pour une (...)

Sébastien Broquet | Jeudi 15 novembre 2018

Le Cirque Éloize sera aux prochaines Nuits de Fourvière pour une création

Au tour de Nuits de Fourvière de dévoiler une partie de sa programmation : l'on apprend ainsi que le Cirque Éloize sera programmé l'été prochain pour une nouvelle création dénommée HOTEL, qui prendra place au sein du grand théêtre du 17 au 22 juin 2019. La compagnie de Montréal fêtera à cette occasion ses 25 ans. Ouverture de la billetterie pour ce spectacle le 15 janvier sur le site www.nuitsdefourviere.com. Le Cirque Éloize est actuellement programmé à la Maison de la Danse avec le spectacle Saloon, et ce jusqu'au 25 novembre.

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Pâques en salle sombre

Cinématokids | Avec son récurrent programme Cinématokid, l'Institut Lumière soigne les mirettes de notre progéniture en leur donnant accès au meilleur de l'animation internationale.

Antoine Allègre | Mardi 3 avril 2018

Pâques en salle sombre

Le rendez-vous est pris. Faisons chauffer le pop-corn. Pendant les vacances d'avril, les enfants (à partir de 6 ans) auront droit à un programme aux petits oignons du côté de l'Institut Lumière. Tout débute le samedi 7 avril – dans le cadre du festival Quais du Polar – avec la projection du Secret de la pyramide, prequel imaginaire où Watson rencontre Sherlock Holmes sur les bancs de l'école. Produit par le maître du divertissement (comprendre Steven Spielberg), ce film est la plus parfaite des mises-en-jambe pour les 7-8 ans dans le monde merveilleux et accidenté de l'intrigue policière. Les mardis 10 et vendredis 20 avril, partons à la rencontre d'Horton, pachyderme tête en l'air et touché par la graisse, dans une aventure tutoyant l'absurde bon enfant (ça tombe bien). Le goûter est offert Attention chef d'œuvre intergénérationnel : Le Roi et l'oiseau. D'une beauté à couper le souffle, la merveille signée Paul Grimault est un must-see (projection les mercredi 11, samedi 14 et mercredi 25 avril). À découvrir également, une perle de l'animation made in France :

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Watching You à Fourvière : Merci Marie

Street Art | L’exposition Watching You au Musée d’Art Religieux de Fourvière invite le street art dans une ancienne chapelle du monument religieux le plus important de Lyon. Rencontre au sommet.

Lisa Dumoulin | Mardi 9 janvier 2018

Watching You à Fourvière : Merci Marie

Un grand chantier de réhabilitation du site de Fourvière va débuter cette année. La Basilique restera bien sûr ouverte, mais le Musée d’Art Religieux de Fourvière va fermer ses portes pour de grands travaux de restauration et d’agrandissement. Et la Fondation Fourvière a eu une idée de génie. À l’instar de la Tour Paris 13, de Rehab à la Cité Universitaire de Paris et de nombreux autres lieux qui, de plus en plus, confient leurs murs à des street artistes pour une exposition éphémère avant travaux ou démolition, le Musée d’Art Religieux de Fourvière à pris le parti d’inviter des artistes à repeindre ses murs avant le début des travaux - à priori début février, mais aucune date fixe n’a encore été précisée. Un contraste détonnant qui traduit l’ambition de la Fondation d’être en phase avec l’actualité culturelle et urbaine de Lyon, d’attirer des nouveaux publics, de moderniser son image… Et c’est réussi ! Vitraux coquins L’ancienne chapelle désacralisée est passée à la peinture fraîche, parfois sur des

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Pec, un grand enfant

Portrait | Vous connaissez tous Pec : c’est le créateur des Birdy Kids. Ces oiseaux ronds et colorés, vous n’avez pas pu passer à côté. Mais ces gentils volatiles ne sont que la face émergée de l’iceberg.

Lisa Dumoulin | Mardi 29 août 2017

Pec, un grand enfant

Souriant, grand, svelte, jean et tee-shirt gris chiné assorti à sa barbe et perles en bois au poignet. Il s’est cassé la main, il n’en parle pas tout de suite, mais finira par lâcher qu’il bout intérieurement à cause de ce chômage technique. Un artiste lyonnais a priori lambda. Si ce n’est cette précision de son collègue et ami d’enfance Cart’1 : « Il faut savoir que Pec est l’un des plus anciens graffeurs lyonnais. C’est la deuxième génération, mais c’est l’un des plus anciens aujourd’hui. Et c’est celui, personne ne dira le contraire, qui a le plus défoncé le périph’ à Lyon. Les gens le respectent pour ça. » On ne sait pas trop pourquoi, on avait imaginé un mec aussi bariolé et insouciant que ses peintures. S’il y a une chose qui définit son œuvre, c’est bien la couleur. Un univers enfantin, rond, joyeux et coloré. « On venait de banlieue, d’un univers gris, et on avait juste envie de foutre de la couleur sur ces putains de murs gris » poursuit Cart’1. Pas de revendication politique, chose que Pec revendique : « Je pars du principe que tu es suffisamment matraqué avec toutes les p

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Le Périscope ou la grande famille du jazz

Un lieu pour les vacances | Au Périscope, durant les vacances, les kids aussi ont leur place : zoom sur l'un de ces lieux de culture ayant infusé sa programmation d'effluves family friendly.

Antoine Allègre | Mardi 18 octobre 2016

Le Périscope ou la grande famille du jazz

Cela fait neuf ans que le Périscope instille dans nos oreilles nécessiteuses des vapeurs de jazz plus ou moins improvisé, de hip-hop mutant, d'électro vrillée et autres chouettes bizarreries. Un haut lieu des ondes expérimentales intercalé entre gare de Perrache, cours Charlemagne et faculté catholique qui, à chaque salve, accueille entre 100 (assises) et 200 (debouts) âmes. En somme, des esthétiques censées passer au dessus du seuil de tolérance d'un public non averti, juvénile ou, encore pire, les deux. Pourtant, en parallèle à ce fourmillement sonique, s'est développée une offre jeune public qui réapparaît comme par enchantement (pour les parents) à chaque session de vacances scolaires. « Nous nous efforçons de toujours leur préparer des événements qui soient en résonance avec la programmation adulte » lance Pierre Dugelay, directeur du Périscope et responsable de la programmation. Et ceci « quelle que soit la proposition artistique : de la séance d'écoute sur vinyles, de la lecture de contes, des sets DJ où toute la famille peut danser à 15 heures l'après-midi, du théâtre, des balances commentées par notre régisseur général » ajou

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Kidsaredead, fils prodigue de la pop lorraine

MUSIQUES | Lorrain exilé à Paris, on a connu furtivement Kidsaredead sur ses terres il y a bien longtemps, presque dans une autre vie. Le plaisir de retrouver ce jeune gars bourré de pop pour un album et un concert lyonnais, nous ne pouvions que tenter de le partager. Stéphane Duchêne

Stéphane Duchêne | Mardi 17 février 2015

Kidsaredead, fils prodigue de la pop lorraine

Un jour de l'été 2000, en convalescence chez papa-maman à Clouange, Moselle, pour cause d'explosion du coude consécutive à une bagarre molle sur le parvis du mythique McDo Guillotière, votre serviteur s'est retrouvé dans la cave d'une maison de la vallée sidérurgique dite de l'Orne, à écouter les bandes enregistrées chez lui par un tout frais bachelier, ami du frère d'un ami d'enfance. Là, on découvrait déjà l'influence criante de Pavement, des Beach Boys, de Stevie Wonder, de Neil Young, de Fleetwood Mac. Et pas mal de génie aussi – faisant regretter que le dénommé Vincent Mougel, que l'on avait déjà perçu fasciné par la figure du loser magnifique, ne s'en aille suivre quelque prépa, littéraire si on se souvient bien, à Strasbourg. Après quoi on ne l'a plus jamais revu. Pas autrement du moins qu'en suivant à distance et bien plus tard sa progression de musicien touche-à-tout finalement débarqué à Paris, aux côtés notamment du Variety Lab de Thierry Bellia – comme sur l'excellent Team Up ! – Orval Carlos Sibelius, Herman Düne ou Zombie Zombie. Quelles étaient les chances de se retrouver un jour à écrire sur cette rencontre et ce musicien qui sor

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Les enfants du folk

MUSIQUES | Quelque part entre son compatriote Rufus Wainwright pour la voix de crooner un rien affectée, le Vandaveer originel pour ce timbre si particulier et cet (...)

Stéphane Duchêne | Mardi 1 avril 2014

Les enfants du folk

Quelque part entre son compatriote Rufus Wainwright pour la voix de crooner un rien affectée, le Vandaveer originel pour ce timbre si particulier et cet art de la richesse dans le dépouillement et Tom Waits pour ce sens du swing éthylique, David Simard est en train de se poser petit à petit comme un parangon d’élégance folk (et folle – le jeune homme porte plutôt beau, il faut bien le reconnaître). La simplicité biblique de ses morceaux et de ses arpèges hypnotiques n’a d’égale que leur efficacité à vous prendre dans leurs filets (Be Mine, The Guitar Player, Good Friend...). Et quand il les parsème de quelque arrangement doucement percussif ou de cuivres chaleureux, c’est carrément le paradis (le splendide single The Aegean Sea). Cet énième Canadien gagnant à être connu sera sur la scène du Kraspek ce mercredi 2 avril en compagnie des Viennois de Kentuckids. Rangé des guitares à moteur, le duo Miss Tanchou / Mister Mat officie lui aussi dans un registre folk qualifié d’«into the wild», et l’on comprend assez rapidement pourquoi. Leur EP éponyme (EP-onyme donc) donnant immédiatement envie de s’installer dans un bus dégl

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Jeux d'enfants

ARTS | Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. (...)

Benjamin Mialot | Mardi 11 mars 2014

Jeux d'enfants

Invader a ses envahisseurs pixelisés, héritiers de faïence de ceux que massacra toute une génération d'early gamers au début des années 80. Thomas Vuille a M. CHAT, matou rigolard et ailé dont on s'étonnera toujours qu'il n'ait pas fait des petits dans le comté de Cheshire. Les Birdy Kids, eux, ont de tout aussi identifiables volatiles au plumage acidulé et atteints de strabisme divergent, dont ils recouvrent éléments de mobilier urbain (comme les bowls du skate park des berges du Rhône) et produits dérivés depuis vingt-cinq ans. Initiée dans la clandestinité et devenue au gré de son expression à travers l'Europe un gagne-pain légitime, cette démarche de réenchantement du béton est pour le moins salutaire.  Elle trouve toutefois sa limite dans la revendication de sa vacuité : là où Invader se présente comme un hacker et pense son art comme une contamination et où Vuille, avant de se rapprocher des collectivités territoriales, définissait sa mascotte autant comme un vecteur d'optimisme que comme un défi lancé à l'autorité, ce trio parisiano-lyonnais avoue n'avoir d'autre

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Trouver la voix

MUSIQUES | Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans (...)

Stéphane Duchêne | Vendredi 15 novembre 2013

Trouver la voix

Si l'on excepte Woodkid et Fauve qui ont fait sauter la banque en quelques heures et ne sont plus à présenter – pour cela il faudrait que leurs fans laissent un peu de places aux autres –, Nouvelles Voix est, comme son nom l'indique et avec la même régularité que le Beaujolais Nouveau, voué à la découverte d'artistes en devenir. Le tout étant de savoir où exactement est placé le curseur du "devenir". Pour le reste, Nouvelle Voix étend cette raison sociale à un champ toujours plus élargi d'esthétiques : chanson bien sûr avec Maissiat, Barcella et Sophie Maurin, rock (celui pour enfants de The Wackids et celui qui leur fait peur par Darko), pop(s) (Edward Barrow, Pegase, Puggy) et même country-folk québécois avec Lisa Leblanc, quelque part entre Linda Lemay (non, ne partez pas !) et Mama Rosin. Sans oublier la place laissée à la scène locale avec le duo du bayou jurassien Catfish, les propositions indécentes d'Erotic Market, l'inépuisable catch & shoot de Taïni & Strongs et Victor, le régional de l'étape

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Un été bœuf

MUSIQUES | Ça alors ! Comme le temps passe vite. L'hiver a peine terminé voici venir le 21 juin, l'été et la Fête de la Musique. Ah ! Comme l'envie de tout voir est grande ! Mais comme c'est impossible, voici notre sélection rock-pop-jazz-variété, totalement subjective et non exhaustive. «100 % pur bœuf» assure l'organisateur, mais garantie sans flûte à bec. Stéphane Duchêne

Benjamin Mialot | Vendredi 14 juin 2013

Un été bœuf

Cette année à Lyon, la fête de la musique est, nous dit-on, garantie «100 % pur bœuf» et sera entièrement financée par Findus et la fratrie Spanghero (l'une de ces deux informations est fausse, l'autre contient un merveilleux jeu de mots). Surtout, le credo de cette année, c'est matin, midi et soir – ce qui fait beaucoup de bœuf, on vous l'accorde. Il faudra donc par exemple prendre une RTT ou profiter de sa pause de midi pour aller voir le joli plateau composé du prometteur folkeux Adam Wood et du plus pop... Poppy (en duo avec Silène) au Musée des Beaux-Arts entre 12h et 14h. Pour ceux dont la pause sandwich est trop courte, Adam Wood rejouera en fin de journée place Johannès Ambre, en groupe cette fois. Rappelons en tout cas que chaque année, le 21 juin est l'occasion de découvrir certains nouveaux talents. Remember Joe Bel l'an dernier et le chemin parcouru depuis. Elargis ton monstre Parmi les scènes emblématiques de l'événement, celle de Lerockepamort – associé au Marché Gare, au Périscope, à Thou Bout

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Friends With Kids

ECRANS | De Jennifer Westfeldt (USA, 1h47) Avec Adam Scott, Jennifer Westfeldt, Maya Rudolph

Jerôme Dittmar | Vendredi 13 juillet 2012

Friends With Kids

Dans l'enfer moderne de la comédie romantique, Friends With Kids sort étonnamment son épingle du jeu. Tout en reprenant la tendance lourde actuelle (l'amour sécuritaire, le non-engagement, le zéro risque), le film de Jennifer Westfeldt en sape tranquillement les impasses. Le sujet du jour : comment faire un enfant hors couple, entre amis, pour fuir les aléas du mariage, se voit ainsi traité avec une intelligence que la première bobine, un peu manichéenne, ne présumait pas. Embrassant la question avec sensibilité et humour, le film surprend graduellement à force d'étoffer son classicisme. La moralité est toujours la même : nul ne peut se préserver des sentiments, mais Westfeldt l'impose en quelques scènes clés où les idées s'entrechoquent avec une étonnante lucidité. Contre l'arrogance de ceux qui croient gérer leur vie amoureuse comme leur carrière professionnelle, le film balance des vérités nuancées comme ses personnages. C'est tendre, démocratique, et assez réussi.Jérôme Dittmar  

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Hail ! Hail ! Rock'n'roll

MUSIQUES | Rock / Nous sommes en 2011 après Jésus-Christ, et toute la Gaule vibre au rythme d'un rock'n'roll surproduit, poseur et inoffensif. Toute ? Non ! Car des (...)

Benjamin Mialot | Vendredi 28 octobre 2011

Hail ! Hail ! Rock'n'roll

Rock / Nous sommes en 2011 après Jésus-Christ, et toute la Gaule vibre au rythme d'un rock'n'roll surproduit, poseur et inoffensif. Toute ? Non ! Car des îlots peuplés d'irréductibles bad boys à rouflaquettes (et des bad girls à la crinière arrosée à l'eau oxygénée) résistent encore et toujours à l'envahisseur. Dans le Grand Lyon, le Trokson et le Clacson sont de ces poches de résistance et le secret de leur endurance tient en un festival : le Big Tinnitus qui, une fois l'an depuis 2008, permet à leur population de faire le plein de décibels, d'aérer sa collec' de boucles de ceinture ornées de cartes à jouer et de humer d'inimitables parfums de bière chaude et de cuir ruisselant de condensation. Mais laissons-là les clichés. Car avant d'être le défenseur d'une certaine idée du rock, le Big Tinnitus est un événement à la programmation modèle, au sens où s'y mêlent le starpower, la découverte et l'insolite. Les 3, 4 et 5 novembre, on pourra ainsi prendre la mesure du petit culte entourant les

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Kids are easy

ACTUS | Clément Darlix et Clément Fermaud ont monté l’association Inked kids pour promouvoir le punk-rock et l’easy-core à Lyon.

Dorotée Aznar | Dimanche 25 septembre 2011

Kids are easy

Ils s’appellent tous les deux Clément, ont tous deux 21 ans, se sont rencontrés au collège et partagent aujourd’hui une même passion musicale et un même projet : l’association Inked Kids. Clément Darlix, le plus prolixe des deux, a d’abord fait trois mois à l’Université Lyon 3 avant d’intégrer l’EAC (Economie Art et Communication), une école d’ingénierie en arts du spectacle qui prépare à devenir médiateur culturel. Clément Fermaud, lui, vient de passer un an à l’IDRAC, une école de commerce. « Mais je n’ai pas validé mon année, précise-t-il, alors je me demande si je vais continuer dans une branche plutôt économique ou si je m »oriente vers quelque chose de clairement culturel. » Il y a un an, les deux Clément créent Inked kids, avec une troisième personne, Lou, qui se charge de la direction artistique et du site web de l’association (elle fait des études en infographie).Core à core« J’avais un groupe qui s’appelait At last you can fall, explique Clément Darlix, et l’association devait servir à promouvoir les concerts du groupe. On a fait la première date le 6 décembre 2010 au Warm Audio à Décines, mais ça a aussi été notre dernière date ! Ça ne m’a pa

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Enfants soldés

MUSIQUES | Musique / Ce doit être dans l'ADN américain, l'atavisme d'un peuple fou de sport, mais nombreux sont ces groupes indé US (The Killers, Kings of Leon, on en (...)

Dorotée Aznar | Vendredi 29 avril 2011

Enfants soldés

Musique / Ce doit être dans l'ADN américain, l'atavisme d'un peuple fou de sport, mais nombreux sont ces groupes indé US (The Killers, Kings of Leon, on en passe) dont les chansons batailleuses et mal peignées n'ont pas pu s'empêcher au fil des albums de se muer en monstrueux hymnes pour superdomes à toit ouvrant. Réussir un touchdown ou un home-run devant les 60 000 personnes hurlantes d'une arena pleine comme un Big Mac, pour un Américain, ça doit être irrésistible. Mais pour ça, il faut soit porter une armure et un casque et peser 300 kilos (touchdown), soit accepter de faire du sport en pyjama moulant en agitant un bâton (home-run). Tout ça alors qu'on peut très bien obtenir le même résultat avec une guitare, une bonne chanson qui résonne et peut-être quelques concessions artistiques. «Tentant», ont dû se dire les Cold War Kids à leur de préparer Mine is yours, album au titre innocemment mélenchonien. Car ces Cold War Kids ne sont plus tout à fait les gamins turbulents de Long Beach des deux premiers albums. Impression nous est donnée que le chanteur Nathan Willett, déjà suffisamment extraverti vocalement pour mériter des beignes de temps à autres, s'est pris de passion pour

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Tout va bien, The Kids are all right

ECRANS | De Lisa Cholodenko (ÉU, 1h46) avec Annette Bening, Julianne Moore, Mark Ruffalo…

Christophe Chabert | Lundi 4 octobre 2010

Tout va bien, The Kids are all right

Au croisement de deux sujets forts (l’homoparentalité et la question de l’insémination artificielle du point de vue des enfants), "The Kids are all right" s’avère un film incroyablement normé, rabattant tous les enjeux possibles de son scénario sur un vaudeville prévisible. C’est sans doute le but de Cholodenko : montrer que des questions comme la famille, le couple ou la recherche de son identité sont universelles, non réductibles à la sexualité des parents ou à l’origine biologique des enfants. Il y aurait même matière à en rire, mais le film est si standardisé, dans sa forme comme dans ses péripéties, que la comédie s’avère poussive et attendue. Baigné dans le rock branché, estampilllé à chaque plan cinéma indépendant Sundance, "The Kids are all right" étonne par son manque d’envergure, sa transparence cinématographique et le cabotinage un peu lourd de son casting (Moore et Ruffalo, notamment, on fait beaucoup mieux). CC

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Un cirque d'images poétiques

SCENES | Cirque / Et le cirque découvrit... la poésie ! C'est-à-dire aussi le circuit des salles de théâtre, quelques subventions, un peu de chaleur et de confort. Et (...)

Jean-Emmanuel Denave | Jeudi 10 décembre 2009

Un cirque d'images poétiques

Cirque / Et le cirque découvrit... la poésie ! C'est-à-dire aussi le circuit des salles de théâtre, quelques subventions, un peu de chaleur et de confort. Et c'est très bien ainsi : les spectacles suintent moins la décrépitude, le clown triste, la trapéziste maigrichonne et sous-payée... La structure et le rythme des spectacles demeurent, quant à eux, souvent les mêmes : une succession de numéros alternant des saynètes plus ou moins drôles en devant de scène (avec adresses au public, chansonnettes participatives, clowneries en tous genres, parfois graveleuses...), et des séquences plus construites et techniques, faisant valdinguer le cœur du spectateur dans les airs ou au voisinage d'assiettes tournant sur elles-mêmes... Après "Nomade" et "Rain", "Nebbia" est la troisième collaboration entre le cirque canadien Eloize et la troupe de théâtre suisse de Daniele Finzi Pasca. Ce dernier, s'inspirant des souvenirs baignés de brouillards de son enfance, signe la mise en scène du spectacle, tout en confiant dans le programme aimer «l'inexprimé du théâtre, le voilé, le geste qui demeure invisible». Rassurez-vous, "Nebbia" n'a rien d'obscur et multiplie même nombre d'images scéniques superbe

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