Babar et les enfants d'abord

Nadja Pobel | Mardi 28 mars 2017

Photo : © Marc Domage


C'est l'histoire d'une compagnie irritante qui pourtant nous intrigue encore. Le Zerep va s'adresser au jeune public au TNG du 3 mars au 2 avril avec Babarman, créé ici-même avant de rejoindre notamment les Amandiers-Nanterre. En ouverture de saison dernière ce duo était passé par ici, par les Subsistances avec son Biopigs, revisitation souvent ironique de grandes scènes du théâtre qui cultivait un entre-soi gênant.

Là, ça se passera entre enfants (dès 7 ans) invités à être au cœur d'un chapiteau avec les amis de Babar et sans leurs parents restés au dehors, dans la salle à entendre les bruits de l'intérieur et voir les coulisses de ce qui se trame pour les plus petits. Ainsi ce sont eux sur qui l'adulte a habituellement le pouvoir qui vont avoir la primeur du travail de Sophie Perez et Xavier Boussiron.

Au programme, un questionnement sur la notion de roi. Qui l'a ? Comment faire quand il disparaît ? Qu'est-ce que le royaume sans roi et inversement ? Une série de questions qui ont conduit à sa perte un certain Richard III, dont la supplique toute shakespearienne « Mon royaume pour un cheval ! » fait écho au sous-titre de Babarman « Mon cirque pour un royaume ».


Babarman, mon cirque pour un royaume

De Sophie Perez et Xavier Boussiron, par la Cie du Zerep, création 2017. Un chapiteau où seuls les enfants sont admis et un deuxième spectacle en simultané pour les parents ou coulisses et arrangements sont révélés
TNG-VAISE 23 rue de Bourgogne Lyon 9e
ce spectacle n'est pas à l'affiche actuellement


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Nadja Pobel | Mardi 15 septembre 2015

Passer les codes du théâtre à la moulinette ? Sophie Perez, Xavier Boussiron et leur compagnie du Zerep s’en sont fait une spécialité qui ne manque ni de panache ni de pertinence. Les applaudissements n’interviennent d'ordinaire qu’en fin de pièce ? Qu’à cela ne tienne : en voilà qui scandent le début de Biopigs de façon mécanique – et ce pourrait être drôle si ce n'était pas qu'un exercice. Plus tard, après que les comédiens, survitaminés, ont moqué des artistes comme Peggy Guggenheim ou Sammy Davis Jr., des scènes plus ou moins cultes du théâtre sont détournées sous le regard laconique d'une grosse tête gluante aux yeux globuleux (pour en montrer la vacuité ? La force ? La question reste ouverte). C’est ainsi que l’on retrouve avec plaisir les notes de Massive Attack sur lesquelles ont dansé Pascal Gréggory et Patrice Chéreau dans Dans la solitude des champs de coton ou des ersatz de Stanislas Nordey et Audrey Bonnet rejouer, sans les cris et la douleur, Clôture de l’amour de Pascal Rambert. Mais à qui s’adresse ce spectacle ? De toute évidence, à ceux qui fréqu

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SCENES | Les Subsistances clôturent leur saison avec "Livraisons d’été". Soit une grande guinguette gastronomique et quatre créations singulières et attendues, dans les domaines de la danse et du théâtre. Jean-Emmanuel Denave

Jean-Emmanuel Denave | Vendredi 14 juin 2013

Livrés frais aux Subsistances

Pour les musiciens, le "pleurage" consiste à ralentir le son (un disque vinyle de 45 tours qui passe en 33 tours par exemple), l’auditeur pouvant alors avoir l’impression que la musique "pleure". Le "scintillement" renvoie lui à la déformation en accéléré du son. L’auditeur perçoit ainsi une musique qui s’emballe, qui "brille". Pleurage et scintillement, création de l’Association W. aux Subsistances, c’est donc la musique de la vie qui ralentit ou qui accélère. Une idée simple qui suffisait d’ailleurs à un philosophe comme Spinoza, dans son Ethique, à définir une vie, un individu : un rapport de vitesses et de lenteurs, mâtiné de quelques affects tristes ou joyeux… «Deux personnages se rencontrent de manière inattendue. Ils esquissent une sorte de valse des humeurs, sentiments et émotions se déclinent en variations», résume le circassien et danseur Jean-Baptiste André. Créé avec Julia Christ (qui a le même parcours que lui, entre danse et cirque, mais avec une culture plus allemande), ce premier duo s’inspire directement de l’œuvre du photographe expressionniste suédois Anders Petersen.

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Monstres gentils

SCENES | Sophie Perez et Xavier Boussiron aiment les masques vendus dans les boutiques de farces et attrapes, les coussins péteurs et ne pas parler sérieusement de leur travail. Ils aiment aussi Gombrowicz et lui rendent hommage dans une création présentée trois soirs aux Subsistances. Dorotée Aznar

Dorotée Aznar | Mardi 4 novembre 2008

Monstres gentils

Sophie Perez et Xavier Boussiron ont (au moins) un point commun. Ils vouent un amour inconditionnel à Gombrowicz, grand écrivain polonais du XXe siècle. De lui, ils ont tout lu, vouent un culte à sa mauvaise foi et à son caractère acariâtre. Ils convoquent régulièrement l’auteur, par bribes, dans leurs créations. Gombrowiczshow est donc un moyen d’en finir avec cet auteur, de traverser son oeuvre avec pour fil rouge un roman : Les Envoûtés. On nous a souvent reproché de faire des private jokes, d’être trop élitistes. Avec Les Envoûtés, Gombrowicz voulait écrire un vrai roman de gare, un livre facile qui ne s’adresse pas à l’élite. Il s’est rendu compte que c’était beaucoup plus difficile... Avec Gombrowiczshow, nous avons décidé nous aussi de créer un vrai succès populaire, s’amuse Xavier Boussiron. QUESTION DE FORMEDans son oeuvre, Gombrowicz parle toujours du problème de la forme. Gombrowiczshow est sans doute plus proche de la forme théâtrale qu’ont pu l’être les autres spectacles de la compagnie. Dans la forme, l’écriture de Gombrowicz est très classique. Son œuvre est faussement

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