Le vinyle, c'est trop magique

Disquaire Day | Non, Corentin(e). La musique, ça n'a pas été que du streaming ou, au mieux, ces CD rayés qui traînent dans le break familial. Nous sommes partis en balade du côté des disquaires, un enfant sous le bras, à la découverte de ce continent musical inconnu des moins de 15 ans : le vinyle. Petite leçon d'histoire.

Antoine Allègre | Mardi 11 avril 2017

Photo : © DR


Chez Émile

Longtemps confiné au sous-sol d'un magasin de vêtements de la rue Constantine, Chez Émile a déménagé l'an passé à quelques mètres de la place Sathonay. Changement de décor mais pas de mentalité : on continue de trouver, sous les conseils avisés d'un staff prévenant, la meilleure sélection de wax typée techno et house de cette bonne vieille ville. « Que le petit n'hésite pas à jouer avec le pitch de la platine » nous glisse, amusé, un des tenanciers. Ce dernier a conseillé au petit de 6 ans la house de Buffet Froid : « idéale avant d'aller à l'école » et l'ambient de Gigi Masin, « parfait pour finir la journée en douceur. » Choix validés par le petit auditeur qui ne veut pas partir, les oreilles rivées au casque, les yeux collés au mouvement du disque.

Chez Émile
38 rue Sergent Blandan, Lyon 1er
Tél. 04 72 46 39 11
Ouvert du mardi au samedi de 12h à 20h30

Sofa Records

Avec ses quelques 10 000 références, Sofa est le paradis du digging. 10 000 histoires à raconter aux enfants... avec une élogieuse sélection au rayon black music. Une pochette dans la main, un choco dans l'autre, les yeux du digger débutant traînent sur la belle pochette du disque métissé franco-malien de Midnight Ravers (Jarring Effects). Avec dextérité, il arme le bras sur le premier morceau : Sou Kono, une balade entêtante qui le subjugue. Papa prépare déjà l'anthologie de A Tribe Called Quest, histoire de se mettre un coup de pression pour continuer le périple.

Sofa
7 rue d'Algérie, Lyon 1er
Tél. 04 78 39 06 56
Ouvert du lundi au vendredi de 13h à 19h ; le samedi de 10h30 à 19h

Groovedge

Véritable laboratoire d'esthétiques musicales non alignées, on trouve chez Groovedge une des sélections électroniques les plus mutantes de France – et aussi de musique du monde déglinguée, de hip-hop pas poli ainsi que pas mal de matériel d'écoute. Le samedi, c'est open deck : platines ouvertes. Et si l'héritier(e) balançait sur les enceintes les coups de cœur de la maison, dénichés pour lui/elle, comme la house racée de Enrico Mantini (1992) ou encore la soul rayonnante d'Eddie Beau ?

Groovedge
18 bis rue des Tables Claudiennes, Lyon 1er
Ouvert du mardi au vendredi de 13h à 20h ; le samedi de 10h à 20h ; le dimanche de 15h à 19h

Dangerhouse

Le vétéran des disquaires de la place de Lyon. Bientôt vingt ans d'activisme au service du rock'n'roll millésimé et contemporain, du punk énervé, du blues puissant – sans oublier ce formidable rayon soul music. Aux murs sont accrochés des guitares, des affiches de concerts fluo, des pochettes de disques pas sages : suffisamment de bonnes raisons pour que l'enfant se sente un peu canaille. Le passionnant maître des lieux fait écouter au gamin un best-of de Blind Owl Wilson, magicien parti trop tôt du groupe Canned Heat. Parfait pour rentrer de l'école. Puis le punk/rap débraillé de deux traîne-savates originaires de Nottingham Sleaford Mods, sorte de cousins désaxés de The Streets. Idéal pour marcher en direction du CP. Ou faire le mur au collège.

Dangerhouse
3 rue Thimonnier, Lyon 1er
Tél. 04 78 27 15 64
Ouvert du lundi au samedi de 13h30 à 19h

Le Disquaire Day en famille

Le 22 avril, la tournée des disquaires est l'occasion rêvée de faire une jolie balade sur les pentes et de participer au mini jeu de piste imaginé par la street artist Idys. Tous les disquaires prévoient des animations pour leur fête : DJ set, live et expositions. On pense notamment à Livity Records qui propose un concert reggae bien calme pour les kids. Tiki Vinyl Store fait venir la pop psyché planante de Gloria. Si vous commencez à fatiguer, faites un saut au Village du Disquaire Day où les enfants pourront admirer ce fascinant objet qu'est la platine pendant que les grands se loveront dans un canapé.

Programmation complète : disquaireday-lyon.tumblr.com

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Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Disquaire Day | Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, (...)

Stéphane Duchêne | Mercredi 9 juin 2021

Samedi 12 juin, c'est le D-Day du disque

Le Disquaire Day c'est un peu la version pour adultes du dimanche de Pâques : ayant passé l'âge de traquer les œufs en chocolat dans le jardin de mémé, l'amateur de vinyle se lance dans son annuelle grande chasse à la galette, avec une petite préférence pour les collectors – parfois dispensables, il faut bien l'avouer – édités spécialement pour l'occasion (un 45t live de Ziggy Stardust où Bowie a le hoquet à la fin de Starman ; un split single Adamo / Dinosaur Jr., ce genre). Et histoire de faire de la journée une fête qui ne soit pas que mercantile (on n'est pas des bêtes, enfin pas que), l'événement s'accompagne d'une poignée d'événements. Tels cette année, un showcase de la jeune Claire Days, ancienne finaliste du Ninkasi Musik Lab (dont le Creatures sort le 23 juin), au Village du Disquaire Day (situé à l'Away Hostel, du côté de Croix-Paquet), deux concerts d'After Geography (pop en survêt') et de Midnight Cassette (psyché pop franco-néo Z) au Groom. Ce dernier fera l'objet d'un enregistrement sur vi

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Princes de la Guill'

Raï à Lyon | Dans ce quartier de la Guillotière remuant, métissé, encore rétif à la gentrification, une industrie do it yourself, proto punk dans l’esprit, 100% communautaire et en marge de la ville comme de tous les réseaux habituels du disque s’est façonnée dès le début des seventies. Une scène à part entière s’est élaborée, que l’on retrouve en partie exhumée aujourd’hui par la grâce d’un vinyle édité conjointement par la boutique Sofa Records et le label suisse Bongo Joe. Récit.

Sébastien Broquet | Mercredi 10 juin 2020

Princes de la Guill'

Tout est parti dans les années 20 des montagnes près d’Oran, en Algérie. Une cité bâtie par les marins andalous en 903... Là-bas, comme souvent dans les villes portuaires — Bristol par exemple —, par la grâce du brassage de populations qui s'y croisent et s'y mêlent — arabes, berbères, hispaniques, françaises… s'est créé une riche scène musicale. La nuit est toujours plus longue dans ce genre de ville et pour faire danser tout le monde, les sons s’hybrident. À Oran, dans les cabarets jusqu’au petit matin, Fadela, Cheb Mami ou avant eux la grande Cheikha Rimitti font leurs premières scènes, dans une nuit plus ouverte, plus libérée aussi que dans le reste du pays. C’est là que les gays et les travestis s’affichent, Cheb Abdou le chantait. Popularisé dans les années 40, le raï devient phénomène de société dans les années 80 dans la foulée d’une vague de jeunes chanteurs tel Cheb Khaled, qui vont adopter synthés et basse électrique, parler de femmes et d'alcoo

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Du Sucre au Terminal sur un même tempo

Clubbing | C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à (...)

Sébastien Broquet | Mardi 13 décembre 2016

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C'est devenu un rituel : Le Sucre pour le jour de l'an lâche totalement prise et accueille sa soirée la plus déjantée, la désormais incontournable Garçon Sauvage à l'impertinence affichée, conviant les souvenirs des nuits les plus mythiques du clubbing, évoquant les souvenirs des fêtes dantesques du Palace et du Paradise Garage, flirtant avec les fantasmes comme avec les interdits : c'est jouissif et un brin décadent, c'est surtout très bien achalandé côté... musique, où l'incontournable Bolito sera bien évidemment de la fête, comme L'Homme Seul. Le traditionnel live de minuit sera assurée par une chorale, Omega, au répertoire jazz & variété... Et la suite assurée par The Man Inside Corrine puis les icônes du clubbing gay de San Francisco que sont le Honey soundsystem. Ambiance. Du côté du Terminal, le club le plus à l'affût des sons qui feront demain, on finit l'année en version all star game avec le programmateur maison Stakhan (Tunnel Vision), Mush des voisins de Chez Émile, Markus Gibb, Mohammed Vicente, G'Boi & Jean-Mi de La Chinerie... Collision des sons en prévision et surtout,

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Chez Émile ouvre sa boutique rue du Sergent Blandan

Disquaire | Ce spot manquait dans une ville où la scène électronique est si vivace, où le clubbing est si intense : un shop dédié aux scènes house et techno. Chez Émile, après (...)

Sébastien Broquet | Samedi 17 septembre 2016

Chez Émile ouvre sa boutique rue du Sergent Blandan

Ce spot manquait dans une ville où la scène électronique est si vivace, où le clubbing est si intense : un shop dédié aux scènes house et techno. Chez Émile, après avoir germé dans le sous-sol du magasin de fringues Kapadokya, s'installe rue du Sergent Blandan, formant ainsi la pointe haute d'un triangle d'or pour diggers avec Dangerhouse pour la facette rock et Sofa sur le versant sono mondiale. « Nous voulions nous agrandir pour être raccord avec ce que l'on défend : une musique indépendante dans une boutique qui est aussi un lieu social, de discussion. On veut être accessibles et populaires, pas arty » explique Léo, co-fondateur. Près des bacs de vinyles, « quatre postes d'écoute seront à dispo, avec un membre de l'équipe devant : on distribue un produit qui n'est plus sensé exister dans le monde contemporain, on

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Lyon : Tiki Vinyl Store, l'épure et l'écoute

Disquaire | Pour se constituer la discothèque idéale des cinquante dernières années, direction Tiki Vinyl Store.

Sébastien Broquet | Mardi 5 avril 2016

Lyon : Tiki Vinyl Store, l'épure et l'écoute

C'est le dernier né des disquaires lyonnais : au fil des pentes, dans la rue René Leynaud, se niche le Tiki Vinyl Store, boutique ouverte en décembre 2014 par Ludovic Ferrarra, un ancien de maison de disque parisienne (Sony, Naïve). Là-bas, il a appris les différentes facettes commerciales du cheminement d'un album : utile, aujourd'hui. À l'intérieur de l'échoppe, de la nouveauté, des rééditions, le tout en vinyle, uniquement. Du neuf, seulement. Des Beatles à Scott Walker, en passant par Chet Baker et Kraftwerk, des bandes originales de films (Kieslowski), du High Tone, un choix assez large côté genres pour une sélection qui se veut très éclectique et un peu subjective. Des livres, aussi : les excellentes collections Rivages Rouges et Le Mot et le Reste sont en bonne place sur les rayons. Fait maison, les rayons. Ici, l'épure est au service du disque et tout est soigneusement agencé, éclairé. Murs blancs, parquet impeccable. Pas de piles improbables à soulever pour dénicher la perle insoupçonnée. Mais l'on peut s'y perdre, temporellement parlant : slow

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Lyon : Sofa Records, so good

Disquaire | Chez Sofa Records, c'est le paradis des diggers toute l'année.

Stéphane Duchêne | Mardi 5 avril 2016

Lyon : Sofa Records, so good

En 2000, alors que l'industrie du disque se craquelait plus vite que le proverbial pantalon en cuir de Pascal Nègre, alors grand manitou d'Universal, le CD mourait de sa belle mort et l'on n'avait même pas un vinyle à se mettre sous la dent. À l'arrivée du "compact", pour la plupart, on avait tout jeté ou remisé au grenier. En 2000, on ne s'attendait pas à ce qu'un mélange de retour de vintage, de fétichisme et de début d'opportunisme de la part des labels allait relancer ce drôle d'objet pur et pas pratique, au son unique et décomplexé, qu'est le vinyle. Et c'est en 2000 encore, époque où seuls quelques amis disc jockey se baladaient avec des galettes au blé noir sous le bras, qu'ouvrait Sofa Records. Disquaire spécialisé en la matière, dans tous les sens du terme, demeurant aujourd'hui qu'il pleut des vinyles l'une des plus belles cavernes d'Ali Baba discographiques lyonnaises — compter quelque chose comme 10 000 disques. Et si l'on peut y trouver les dernières nouveautés (et les classiques) rock au sens large et quelques pépites locales, c'est surtout du côté black de la musiq

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Lyon : Dangerhouse, l'ancien

Disquaire | Pas de Disquaire Day réussi sans un passage chez le mythique Dangerhouse.

Maxence Grugier | Mardi 5 avril 2016

Lyon : Dangerhouse, l'ancien

Lieu de culte pour tout amateur de musique qui se respecte, Dangerhouse est une institution. En plus de vingt-cinq ans d'existence, le magasin situé en presqu'île a largement eu le temps d'établir sa réputation : c'est le plus ancien actuellement en activité dans la catégorie disques neufs et d'occasions. Si le nom de l'établissement (hommage à un mythique label punk de Los Angeles) sonne "dangereusement" rock, vous ne trouverez pas uniquement des références de ce genre électrique — qui reste en bonne place, étant un pilier de la culture du propriétaire de la maison. Mais il partage généreusement ses bacs avec toutes sortes de musiques authentiques et vivantes, de l'easy listening à la soul, de l'afrobeat aux musiques de film. « Les seuls genres sur lesquels je ne me suis pas penché au magasin, ce sont l'électro et le rap. Pas que cela me déplaise, mais je n'ai clairement pas le temps avec tout ce qui existe parallèlement » explique le patron du lieu, Bruno Biedermann. Et il ajoute enthousiaste : « la musique aujourd'hui fait partie de notre histoire sociale. La plupa

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Disquaire Day : «On peut parler de circuit court»

ACTUS | Aujourd'hui, c'est le Disquaire Day. Rencontre avec Benjamin Petit, programmateur du Marché Gare et coordinateur de la déclinaison rhônalpine de cette journée festive durant laquelle les disquaires indépendants font le plein de vinyles en édition limitée. Valentine Martin

Valentine Martin | Samedi 18 avril 2015

Disquaire Day : «On peut parler de circuit court»

Quel est le but du Disquaire Day ? Benjamin Petit : Le Disquaire Day, c'est la journée internationale des disquaires. Elle a été lancée aux États-Unis il y a sept ans. Pour nous, à Lyon, c'est la troisième édition. Depuis quelques temps, il y a un changement de rapport à la musique, à travers nos modes de consommation, de distribution et d'action. L'idée de cette journée, c'est de mettre en avant les acteurs essentiels de la filière "musiques actuelles" que sont les disquaires. Et de rappeler que ces derniers, qui sont en danger à cause de la crise de l'industrie du disque, restent prescripteurs en matière de musique. Le Disquaire Day montre aussi que c'est une véritable démarche d'aller chez les disquaires, d'acheter et d'échanger, de se faire conseiller. C'est un peu l'idée d'un commerce de proximité au final. On peut même parler de circuit court, car nous avons des références internationales, nationales mais aussi des disques d'indépendants, auto-produits, de la région ou de Lyon même. C'est un coup de projecteur sur ces acteurs de la filière. Comment vous êtes-vous retrouvé à le coordonner sur la région ? E

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Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

MUSIQUES | Les 3 RDV nocturnes à ne pas manquer cette semaine : le "barathon" du Riddim Collision, Alto Clark au Kraspek Myzik et JD Twitch au Club Transbo. Benjamin Mialot

Benjamin Mialot | Mercredi 23 octobre 2013

Insomniaque - Semaine du 30 octobre au 5 novembre

31.10 Riddim Collision Lancée le 10 octobre, la quinzième édition du Riddim Collision connaitra son acmé les 8, 9 et 10 novembre au Transbordeur. Entre temps, le festival investira les pentes de la Croix-Rousse pour une sorte de barathon, durant lequel se produiront simultanément une quinzaine de formations (au Trokson, aux Valseuses, aux Capucins, au Buffet Froid et au Kraspek Myzik). Parmi elles, le one-man-band qui en a sous la pédale d'effet Jessica93, les métalleux a

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