Les montagnards ne sont pas las

| Mercredi 9 mai 2007

Musique / On connaît les propriétés minérales des sommets volcaniques du Massif Central. Elles expliquent sans doute la vitalité actuelle de la scène musicale auvergnate. Car si on ne sait pas, comme le dit la pub, si quand un volcan s'éteint un être s'éveille, ce qui semble clair c'est qu'à chaque fois un groupe émerge, faisant de Clermont-Ferrand une place de plus en plus forte de la musique hexagonale. Cocoon en est l'un des derniers avatars de qualité. Quand les Elderberries ou les Kissinmas cavalent sur les sommets de la région comme des dahus dératés, le duo (un gars, une fille) arpente d'un pas tranquille leur versant folk aux côtés d'Helian in the Sun (mélange de Bert Jansch sous aligot et de Nick Drake passé au charbon) ou The Delano Orchestra (dans une veine neurasthénique à la Mark Linkous). Et, l'air de rien, Cocoon emporte tous les suffrages : révélés fin 2006 par le flair de la compile CQFD des Inrocks, découverte du dernier Printemps de Bourges, les voilà Lauréats du tremplin Eurockéennes 2007. Collègues de label des excellents Hey Hey My My, ils contribuent déjà discrètement à hisser une école française folk d'un éclectisme stupéfiant à la hauteur de ses consœurs américaines (Sufjan Stevens) et scandinave (Loney, Dear, Thomas Dybdhal). Leurs mélodies fragiles faites d'arpèges cristallins, de cordes bourdonnantes et de claviers paresseux semblent avoir effectivement incubé dans un cocon de soie. Mais les voix de Mark et Morgane (à peine 40 ans à eux deux), elles, butinent au grand air comme des Simon(e) & Garfunkel amateurs de pâquerettes. Leur deuxième EP 5 titres, en attendant l'album pour l'automne, est parfait de bout de en bout et son titre, From Panda Moutains, rend justice à leur musique : une mélancolie gracieuse, de la douceur et des montagnes, qui jamais n'accouchent de souris. SDCOCOONAu Double SixJeudi 3 mai«From Panda Mountains» (Sober & GentleDiscograph)

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